<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://oliviermb.hautetfort.com/trimalcion/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Un jardin d'Adonis - trimalcion</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/trimalcion/</link>
<lastBuildDate>Mon, 07 Dec 2009 13:34:26 +0100</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/27/samedi-27-decembre-2008.html</guid>
<title>Samedi 27 décembre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/27/samedi-27-decembre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Matio</category>
<category>Nicandre</category>
<category>Polémon</category>
<category>Trimalcion</category>
<pubDate>Sat, 27 Dec 2008 23:59:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’écrivais mardi, au sujet de Polémon, que j’ai d’ailleurs eu l’occasion de connaître un peu plus en profondeur, hier soir, qu’il avait ‘‘fait la pute à Toulouse’’, à une époque. Mais que les gens sont mauvaises langues&amp;nbsp;! Cyrille, l’actuel amoureux de ma sœur, a travaillé pendant un certain temps comme serveur dans un bar de Mont-de-Marsan tenu par un vieux pédé à qui je n’ai jamais adressé la parole de ma vie, même si nous avons eu des connaissances en commun, avec lesquelles il a pu m’arriver d’entrer dans son établissement. J’ai toujours trouvé cet homme antipathique et lui moi. Or j’ai tout récemment appris de la bouche de Cyrille, au cours d’une petite soirée chez ma sœur donnée en l’honneur de Matio, qui se trouvait pour une fois à Mont-de-Marsan (c’était avant-hier), que ce patron de bar avait d’abord tenté de dissuader son employé de sortir avec elle en le prévenant qu’elle était séropositive. Et sans doute pour bien lui faire entendre que ma sœur était d’une famille vraiment peu fréquentable, il avait ajouté que le frère de celle-ci, c’est-à-dire moi, ‘‘faisait la pute à Toulouse’’, cela dit exactement dans les mêmes termes que ceux que j’ai utilisés à propos de Polémon. Comment diable les rumeurs se forment-elles donc, si précises et si vagues, si vraies et si fausses&amp;nbsp;? Sans doute y a-t-il une part de vérité dans toutes les rumeurs, mais pourquoi donc Toulouse, puisque c’est à Bordeaux que j’ai fait mes études&amp;nbsp;? Matio et moi sommes donc allés finir de nous soûler dans le bar de cette langue de vipère (l’un des seuls à être ouverts un vingt-cinq décembre à Mont-de-Marsan), pour lui dire que nous faisions des promotions pour Noël et qu’il pouvait avoir deux putes pour le prix d’une, s’il le souhaitait, ce vieux cochon&amp;nbsp;! Mais nous ne sommes pas restés longtemps dans cet endroit, qui était infesté de gitans, avec qui Matio a d’ailleurs eu des mots, et en espagnol, pour faire plus viril. En sortant du bar, nous avons croisé ce pauvre Trimalcion, qui n’est pas sans charme, finalement, ai-je d’ailleurs pu remarquer, à cette très brève occasion, parce que je n’ai pas pensé à m’arrêter pour le saluer, trop saoul et furieux que j’étais de la gitanerie ambiante. Je crois qu’il me prend pour un fou. Il avait l’air complètement abasourdi de me voir sortir de ce bar, ou peut-être était-il ébloui par ma nouvelle coiffure et par la fraîcheur de mon teint, même en pleine ivresse et si tard&amp;nbsp;! Sans doute allait-il rejoindre le beau Nicandre, qui était à l’intérieur. Je ne serai jamais heureux. Je sais déjà que ce que j’aime en Polémon, c’est qu’il m’aime, me trouve beau et me le dise. «&amp;nbsp;Tu es beau même quand tu as les yeux fermés et que tu dors&amp;nbsp;», me dit-il, sauf que je ne dors pas, bien sûr. «&amp;nbsp;Même quand tu fais la grimace&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Ce que j’aime aussi, c’est qu’il me dise sans doute les mêmes paroles qu’il a tenues à Camille, que Polémon a beaucoup aimé. Au fond, je ne me suis intéressé à lui que par esprit de symétrie et pour rétablir un certain équilibre. Un prétendu ami m’a volé Camille&amp;nbsp;? Il me fallait donc prendre possession d’un amant de ce dernier. Grâce à cela, Camille et moi nous parlons plus facilement désormais&amp;nbsp;: nous nous parlons en égaux. J’ai même pu retrouver une certaine supériorité sur lui, car Polémon, en ne sachant pas tenir sa langue, a réussi à insinuer le doute en Camille, qui soupçonne fort les tromperies d’Ascylte. Camille a bien sûr parlé de ses soupçons au traitre, qui fait donc tout pour l’empêcher de me voir&amp;nbsp;: il craint sans doute que je l’éloigne définitivement de lui. Pourquoi donc cette crainte, se demandera mon lecteur, puisqu’il n’est probablement pas très attaché à lui, s’il le trompe&amp;nbsp;? C’est sans doute parce qu’il n’a encore trouvé personne pour le remplacer, et qu’il ne veut pas aller tout seul ‘‘au ski’’&amp;nbsp;! C’est tout&amp;nbsp;! Peut-être est-ce aussi parce qu’il a peur que j’attende que Camille et lui ne soient plus ensemble pour me venger. Je lui avais dit, en effet, que j’y renonçais non pas par bonté, mais par amour pour Camille, à qui ma vengeance aurait causé de la peine. Même si Ascylte n’a aucun scrupule, même s’il serait sans doute prêt à tout pour se défendre, il a peur, il a peur de moi, parce qu’il ne peut pas être entièrement sûr de remporter la victoire et parce que, finalement, il a bien plus à perdre que moi. Sa peur est manifeste, dans la deuxième grande conversation qu’il a eue avec le personnage que je me suis inventé de petit pédé candide pour le démasquer à Camille. Comme Polémon a parlé à Camille de la première conversation qu’Ascylte avait eue avec mon petit personnage, qui s’appelle Antoine, et que Camille en a parlé à son tour à Ascylte, pour avoir des explications, ce dernier est venu demander lui aussi des explications au pauvre Antoine&amp;nbsp;: il voulait savoir comment Polémon pouvait avoir eu vent de leur conversation. La peur et la mauvaise foi d’Ascylte sont à peine croyables, à moins qu’il ne se joue à son tour de moi, comme m’a fait remarquer Polémon, ce que j’ai pourtant peine à croire. Mais il faut à présent que je recopie ces fameuses conversations, que je publierai sans doute demain, ou dans le courant de la semaine prochaine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/08/dimanche-7-decembre-2008.html</guid>
<title>Dimanche 7 décembre 2008.</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/08/dimanche-7-decembre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Corydon</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Mon coiffeur</category>
<category>Pierre Driout</category>
<category>Tityre</category>
<category>Trimalcion</category>
<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 01:26:06 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Pour l’instant, j’ai beaucoup parlé de la trahison d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;.&amp;nbsp;Mais Camille est loin de s’être très bien comporté avec moi. Depuis le jour où nous nous sommes séparés, à cause de l’impossibilité où nous étions de nous voir autant que nous le voulions, il n’a cessé de me faire croire que nous pourrions un jour nous remettre ensemble. J’ai eu la faiblesse de lui faire confiance. A chaque fois que je lui demandais s’il avait rencontré quelqu’un, s’il avait couché avec d’autres garçons, il me jurait que non, comme s’il n’en avait pas le droit, comme si nous nous étions juré fidélité, ce qui n’était pas formellement le cas. Camille m’a constamment fait croire que, même si nous n’étions plus &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;en couple&lt;/em&gt;, comme dirait ce chien d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, nous n’étions jamais loin de l’être de nouveau. En réalité, pendant tout ce temps, Camille n’a cessé de me ‘‘tromper’’, de coucher avec d’autres garçons, avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, par exemple, et même avec l’épouvantable &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt;, dont il aurait été l’amant pendant plusieurs jours, sans doute pendant toute la période où je n’ai plus eu de nouvelles de lui après sa disparition, le jour de mon anniversaire. Il me faut bien me rendre à l’évidence. Si Camille me mentait à ce point, c’est sans doute parce qu’il voulait me garder attaché à lui, pour des raisons qu’il est le seul à connaître vraiment, probablement parce qu’il n’est qu’un profiteur, comme disait je ne sais plus qui, peut-être le gros Corydon. Parce que j’ai cru Camille, parce que je lui ai fait confiance, je me sens à présent comme une femme que son mari n’aurait cessé de tromper. Camille a commis ce tour de force d’abuser de ma gentillesse, moi qui suis d’un naturel si méchant. Comme je disais à Pierre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Driout&lt;/span&gt;, il m’a fait pousser de si grandes cornes, que c’est à peine si j’arrive encore à tenir la tête droite. Et certains des garçons qu’il m’a préférés sont d’une telle laideur que je n’ose plus me regarder dans une glace, tant je me sens devenu laid. J’ai d’ailleurs résolu de changer de coupe de cheveux.&amp;nbsp;J’ai rendez-vous mercredi chez le coiffeur. Quelqu’un qui a vu une photo de moi datant de l’époque où j’avais les cheveux courts m’a dit que j’étais alors bien plus beau. J’ai besoin de changer d’aspect. Cela devrait m’aider à tourner la page. Je dois perdre l’apparence que j’avais quand Camille me regardait encore pour m’arracher au regard que, de toute façon, il n’a plus pour moi, si du moins &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;il l’a&lt;/span&gt; jamais eu&amp;nbsp;! Il me faut trancher ces cheveux qui ont poussé pendant le temps de notre lamentable histoire. Ils sont devenus trop lourds pour ma pauvre tête. Je demanderai au coiffeur de m’en garder une mèche. Je la rangerai avec les reliques de Camille, parmi ses quelques cheveux, son poil pubien, ces petits mots manuscrits pleins de fautes d’orthographe, cette boîte d’aiguilles pour son stylo à insuline qu’il avait oubliée chez moi. Don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; est d’avis que je devrais en vouloir à Camille bien plus qu’au traître &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;. Je n’y arrive pas. Une part de moi continue de croire qu’il y avait peut-être un peu de sincérité dans l’amitié qu’il me montrait. Je crois qu’il me déteste, désormais. Il a deviné que j’étais pour quelque chose dans sa brève rupture avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, ou peut-être ce dernier lui a-t-il révélé que je l’avais fait chanter. Quelle importance&amp;nbsp;? Il me déteste parce qu’il avait besoin d’une raison de me détester. J’ai beaucoup fait pour lui (je dis &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;beaucoup&lt;/em&gt; parce que je ne suis pas le genre de personne à faire habituellement beaucoup pour qui que ce soit) et lui n’avait rien à me donner en retour qu’un amour que je ne lui inspirais pas. Ma supériorité lui pesait. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; croit que Camille a trouvé &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; plus impressionnant que moi, parce qu’il a un vrai métier et plus d’argent que j’en aurai sans doute jamais. Mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; est un parvenu, en qui tout est ridicule. Je suis persuadé que si Camille a pu s’en éprendre, c’est précisément pour son infériorité. Il ne se sent plus regardé de haut. Il s’est trouvé un égal à aimer. J’ai demandé à ce sinistre &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;psy&lt;/em&gt; d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; s’il pouvait me dire la raison pour laquelle Camille m’avait fait croire que nous étions encore ensemble, &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;même&lt;/span&gt; quand nous ne l’étions pas vraiment. «&amp;nbsp;C’est parce que Camille ne sait pas dire non, m’a-t-il répondu. Si je n’avais pas été là, il serait sur le point de se marier avec cette fille qui vient d’avoir un enfant. Elle exigeait de lui qu’il l’épouse avant de reconnaître le petit. – Mais s’il ne sait pas dire non, comment peux-tu être sûr qu’à toi, il ose le dire, ce non, quand il le voudrait&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Ce crétin n’a pas su quoi répondre. Il a probablement compris que je voyais clair dans son jeu et que je ne faisais pas grand cas de ses billevesées &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;psy&lt;/em&gt; à la con de revues pour bonnes femmes. «&amp;nbsp;Et qu’est-ce que c’est que ce non qu’il ose me dire enfin&amp;nbsp;? Est-ce bien le sien&amp;nbsp;? Ou est-ce le tien, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, crevard, traître, voleur&amp;nbsp;? Tu es un ogre, qui dévore tout ce qui lui tombe sous la main. Tu me dégoûtes. Et tu oses me demander de rester ton ami&amp;nbsp;? Je sais que tu manipules ce pauvre Camille. Je n’ai pas cru en la sincérité du SMS que tu lui as fait m’envoyer, dans lequel il dit qu’il veut qu’on se &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;réconcilie&lt;/em&gt;, qu’on se &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;réconsile&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, comme il l’écrit&amp;nbsp;! Ce n’est pas un mot de lui&amp;nbsp;! C’est le tien&amp;nbsp;! Lui s’est mis à me détester. C’est toi qui veux nous réconcilier, pour m’adoucir, parce que tu as peur que je te dénonce. Tu n’es qu’un lâche&amp;nbsp;! &amp;nbsp;» Voilà le genre de conversation que nous avons, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; et moi, lorsque nous nous retrouvons sur MSN. Il est très conciliant et me laisse l’insulter autant que je veux. C’est parce qu’il a peur de moi. Et il faut bien dire qu’il y a de quoi avoir peur. Je crois en effet que je suis un peu effrayant, lorsque je me lance dans ces sortes de tirades, qui sont bien dignes des plus grandes tragédiennes&amp;nbsp;! Je suis plutôt froid, en temps normal, mais dans ces moments-là, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; doit me trouver glaçant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/25/lundi-24-novembre-2008.html</guid>
<title>Lundi 24 novembre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/25/lundi-24-novembre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Camille</category>
<category>Corydon</category>
<category>Damis</category>
<category>Féliciane</category>
<category>Journal</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Tityre</category>
<category>Trimalcion</category>
<category>Violette</category>
<pubDate>Tue, 25 Nov 2008 02:12:20 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il y a déjà trois ou quatre jours que j’ai découvert l’appartement de Camille. Celui-ci avait posé bien en évidence, sur une étagère, le petit chien en peluche que je lui avais offert, orné du ruban de la chienne Pélagie, qui était de la même couleur que la tenue que portait Camille le soir de notre rencontre, et qu’il avait de nouveau sur lui ce jour-là (ce devait être vendredi). C’était une charmante attention, qui m’a beaucoup touché, une sorte d’invitation à renouer plus sereinement. Nous nous sommes allongés sur son lit. Il s’est mis dans la position d’un fœtus, de dos à moi, et je suis allé l’envelopper de mon corps et de mes bras, le nez dans sa nuque. Je lui ai redemandé si c’était à cause des méchantes paroles que je lui avais dites qu’il était parti, le jour de mon anniversaire. Il m’a répondu que non, mais qu’il en avait eu besoin, que moi aussi, et que cette séparation nous avait fait du bien. Tout cela était si vrai que je n’en suis toujours pas revenu de l’intelligence de Camille (que j’ai toujours pris pour une tête de linotte (ce qu’il est d’ailleurs en grande partie, malgré l’intelligence qu’il me faut bien lui reconnaître)), de sa parfaite connaissance de mon caractère, de sa profonde compréhension de ma souffrance et de mes peurs. L’appartement qu’il occupe n’est pas celui qui lui était réservé, dont il n’aurait dû avoir les clés que dans une semaine ou deux. Seulement, la veille de l’heureux jour où on lui donna les clés de celui qu’il occupe aujourd’hui, il avait décidé de partir de chez l’amie d’enfance qui l’hébergeait depuis le jour où il m’avait quitté, et dont il ne supportait plus le petit ami. Il s’était retrouvé à la rue. L’association caritative qui s’occupe de lui avait dû le loger à l’hôtel pour une nuit. Cette nuit d’hôtel a permis d’accélérer les choses. Dès le lendemain, on lui donnait les clés de son appartement, un studio en réalité, beaucoup plus petit que celui qu’il était d’abord prévu de lui faire occuper. Camille m’a fait cet aveu que c’était aussi dans le but de faire accélérer les choses qu’il était parti une première fois de chez moi&amp;nbsp;; puis une seconde fois de chez son amie d’enfance. Il donnait ainsi de nouvelles preuves de la précarité de sa situation et de l’urgence qu’il y avait de lui trouver un logement. J’ai d’abord été contrarié de n’avoir été qu’un pion parmi d’autres sur le terrain de ses basses manœuvres. Puis je me suis dit qu’en effet, ce n’était pas à cause de moi ni de ma méchanceté que Camille était parti, mais parce qu’il est, lui aussi, quelqu’un d’incroyablement capricieux, au fond, et qu’il n’est pas possible de tenir en laisse. A propos de laisse&amp;nbsp;: je ne pourrai plus offrir à Camille un collier et une laisse pour la chienne Violette, comme j’avais l’intention de le faire à Noël, puisque la pauvre bête a dû être ramenée chez le père de Camille, l’appartement occupé par son jeune maître étant trop petit pour qu’un dalmatien puisse y vivre heureux. C’était pourtant le cadeau idéal&amp;nbsp;: Camille l’aurait tenu tous les jours dans sa belle main pâle éclaboussée de mille tâches de rousseur. Il va falloir que je trouve une autre idée de cadeau, maintenant. Je suis retourné chez lui hier soir, comme nous en étions convenus plus tôt dans la journée, au téléphone (il n’a jamais assez de crédit téléphonique devant lui&amp;nbsp;; aussi m’envoie-t-il à chaque fois des SMS dans lesquels il me demande de le rappeler). Quand je suis arrivé sur son palier (il m’a donné le code pour entrer dans l’immeuble), j’ai trouvé porte close. Il m’avait laissé un petit mot (que je conserve précieusement, comme tous ses petits mots), dans lequel il m’expliquait qu’il avait dû conduire à l’hôpital la mère vulgipecque de la place Saint-Roch, qui souffrait d’un mal que la décence m’interdit de rapporter dans ce journal. Il voulait que j’attende son retour. Je ne l’ai pas attendu mais suis revenu chez lui, vers minuit, après qu’il m’eut de nouveau envoyé un SMS dans lequel, etc. Vers une heure et demie du matin, son téléphone à sonné&amp;nbsp;: il fallait aller chercher la grande malade, qui souffrait le martyre, et la reconduire chez elle, où nous sommes restés, pour lui tenir compagnie. En écoutant la conversation qui se tenait devant moi, j’ai appris des choses qui m’ont fort contrarié. Mais la disparition de Camille le jour de mon anniversaire m’a servi de leçon et je me suis bien gardé de montrer ma contrariété. J’ai laissé passer un peu de temps. Puis j’ai feint d’être fatigué et suis rentré chez moi. Je savais que Camille devait passer la soirée de la veille, samedi, avec la ‘‘fille mère’’ récemment accouchée et un ancien petit ami à lui. Je savais aussi que les trois dormiraient dans le même lit, chez Camille. Je savais encore que cet ancien amoureux aurait les mains baladeuses, dans le lit de Camille, comme celui-ci s’y attendait, et qu’il lui ferait des avances. Je savais enfin que Camille refuserait ces avances&amp;nbsp;: il avait tenu à me le dire, comme s’il avait le sentiment de m’appartenir un peu. Mais je ne m’attendais absolument pas à ce que l’amoureux se rabatte sur la fille, et qu’il la monte devant Camille qui n’arrivait pas à dormir. La pensée que cette fille se soit laissé baiser par ce garçon dans le lit de mon Camille, et surtout en la présence de mon Camille, me remplit d’indignation. Cette révoltante promiscuité, cette indifférence à la pudeur de Camille, a vraiment tout de la bestialité. Mais ce qui m’afflige le plus, c’est que Camille n’en soit pas plus offensé&amp;nbsp;: il en a ri au contraire, et moi, je me suis senti profondément blessé par ce sourire, par tant d’indulgence, par une telle complicité. Mais je n’en ai rien fait voir. Pendant que Camille laissait souiller le lieu de son sommeil par ces deux abjectes créatures, j’étais chez Tityre, qui recevait de ses amis (il semble s’être mis en tête de me présenter à tout ce qu’il connaît&amp;nbsp;!). Il a fini par convaincre Damis, qui ne savait pas que j’étais chez lui, de nous y rejoindre. Celui-ci a semblé fort contrarié de me trouver là. Il faut dire qu’il m’en veut un peu d’avoir répondu à la question qu’il me posait l’autre jour, dans un SMS, que nous coucherions de nouveau ensemble quand il aurait enfin terminé son régime&amp;nbsp;! J’étais ivre, comme toujours, quand je suis chez Tityre. A un moment, Damis a fait exprès de me bousculer, et je suis tombé par terre de tout mon poids quasi mort, en me cognant d’abord le bras, que j’aurais pu me casser, contre un fauteuil. Je n’ai rien senti, grâce à l’alcool, du moins jusqu’au lendemain. Cet après-midi, j’ai croisé Féliciane, qui m’a regardé très froidement, sans me saluer. Quelqu’un a dû dire à l’abominable Trimalcion, dont elle est l’amie, tout le bien que je pensais de lui, ce ‘‘petit protégé’’ de Tityre, comme dit ce dernier, pour m’énerver. Qui donc a pu parler&amp;nbsp;? Est-ce Camille, ce grand muet, qui parle trop, et toujours pour ne rien dire&amp;nbsp;? Est-ce Corydon, qui ne m’aime plus et qui m’en veut&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/01/vendredi-31-octobre-2008.html</guid>
<title>Vendredi 31 octobre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/01/vendredi-31-octobre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Camille</category>
<category>Damète</category>
<category>Dominique Autié</category>
<category>Journal</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Renaud Camus</category>
<category>Tityre</category>
<category>Trimalcion</category>
<category>Violette</category>
<pubDate>Sat, 01 Nov 2008 03:33:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il y a quelques jours que je suis tombé par hasard sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, que je n’avais pas revu depuis des années. Je n’avais pas encore l’âge de Camille à l’époque où nous nous fréquentions. Lors d’un petit dîner qu’il avait donné chez lui, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; avait essayé de me faire boire, dans le but de me mettre plus facilement dans son lit, m’avait expliqué &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damète&lt;/span&gt;, l’un des convives, qui m’avait tiré du piège grossier tendu par notre hôte, mais pour mieux me faire tomber dans le sien. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; m’a invité à venir chez lui prendre l’apéritif avant-hier. J’y suis resté pour le dîner, puis nous avons téléphoné à Camille pour qu’il nous rejoigne au moment du café. Nous sommes rentrés lui et moi sur les sept heures du matin. Nous avons passé la nuit au coin du feu à boire du whisky (que Camille prétend être un des alcools qui lui sont permis, à moins que ce ne soit le seul auquel il ait droit, si tant est qu’il y ait vraiment droit, et dans de telles quantités, ce dont je doute fort). &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, qui a été ‘‘un peu artiste’’ en son temps, nous a montré ses perruques, ses robes et ses chapeaux. Nous avons écouté pendant des heures de ses disques vinyles. Il y a dans sa bibliothèque beaucoup de livres anciens, mais très abîmés. Je me suis redit à part moi la phrase qui sert à me faire honte quand je maltraite mes propres livres&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si Dominique &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Autié&lt;/span&gt; avait vu ça&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Ce n’est pas la bibliothèque d’un bibliophile&amp;nbsp;: &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; l’a simplement héritée de son grand-père&amp;nbsp;: avec la maison. Il n’en a pas soigné les livres. (A propos de ce verbe &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;soigner&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: Camille, qui est plein d’expressions que j’imagine être propres à la campagne dont il est, me demande toujours&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Veux-tu que je soigne aussi ta chienne&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». C’est qu’il est alors en train de nourrir la sienne et veut savoir s’il me plairait qu’il en fasse autant pour la mienne. Soigner Violette et Pélagie, c’est remplir leurs gamelles. Je lui réponds souvent avec une autre de ses expressions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;De là étant&lt;/em&gt;, je ne peux pas le faire, la gamelle est vraiment trop loin&amp;nbsp;», car je suis généralement assis sur le canapé, en train de le suivre des yeux.) A &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, qui me demandait qui je lisais, j’ai répondu en prononçant le nom de Renaud Camus. «&amp;nbsp;Ah oui&amp;nbsp;! &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Tricks&amp;nbsp;&lt;/em&gt;!&amp;nbsp;», &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;a-t-il&lt;/span&gt; dit. Je me suis alors souvenu de ce qu’écrivait Camus sur Duras et la musique, dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Corée l’absente&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On y apprenait qu’elle écoutait et réécoutait le &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Requiem&lt;/em&gt; de Mozart, les symphonies de Beethoven et les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Passions&lt;/em&gt; de Bach – bref qu’elle n’aimait pas la musique, ou peut-être plutôt que la musique tenait peu de place dans sa vie, ce dont on se doutait un peu.&amp;nbsp;» L’on pourrait peut-être dire aussi de tous ces homosexuels qui ont lu &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Tricks&lt;/em&gt; qu’ils n’aiment pas Renaud Camus ou du moins que Renaud Camus tient peu de place dans leurs bibliothèques&amp;nbsp;! Cela dit, je m’avance peut-être un peu et ne sais pas vraiment de quoi je parle, car bien qu’il y ait beaucoup de Camus dans ma bibliothèque, je dois confesser que je n’ai pas lu &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Tricks&lt;/em&gt;. Comme nous cherchions à savoir si nous avions d’autres connaissances communes que celles de l’époque où nous nous fréquentions encore, lui et moi, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; a dit de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt; que c’était «&amp;nbsp;son petit protégé&amp;nbsp;», ce qui a fait sourire Camille, qui connaît l’aversion que j’ai pour cet individu, qu’il s’est pourtant mis à fréquenter occasionnellement. Quand je pense qu’il habite dans la rue parallèle à la mienne… Il ne faudrait pas trois minutes à Camille pour se rendre chez lui&amp;nbsp;! Je suis sûr qu’il l’a déjà fait, même s’il ne veut pas l’admettre. Mais si&amp;nbsp;! Il l’a reconnu, puisqu’il m’a dit une fois qu’il n’avait pas trouvé l’appartement de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt; aussi sale que je l’avais dit&amp;nbsp;! Nous sommes retournés chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; hier soir, jusqu’à très tôt ce matin, comme la veille. Il y avait un autre invité, qui avait les mains baladeuses et voulait absolument voir la rousseur entre les jambes de Camille&amp;nbsp;! On m’a dit ensuite que je n’avais pas fait beaucoup d’efforts pour cacher ma contrariété et ma mauvaise humeur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/28/mardi-28-octobre-2008.html</guid>
<title>Mardi 28 octobre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/28/mardi-28-octobre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Bandit</category>
<category>Camille</category>
<category>Damis</category>
<category>Féliciane</category>
<category>Journal</category>
<category>Nicandre</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Trimalcion</category>
<category>Violette</category>
<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 23:04:16 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; C’était presque prévisible. L’appartement qui doit être attribué à Camille n’est pas encore disponible, parce qu’il faut d’abord y faire des travaux, pour réparer les dégâts qu’y a faits l’ancien locataire, qui était probablement un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;jeune&lt;/em&gt; ou un étranger, comme sont tous ces ‘‘cas sociaux’’ qu’on couvre d’aides et d’or, autant dire des barbares, des vandales&amp;nbsp;! Camille est sorti promener sa chienne, qui pisse partout dans la maison. Ces promenades durent généralement fort longtemps. Je ne crois pas l’avoir encore dit dans ce journal, mais Camille est un grand marcheur. Il peut se promener pendant des heures, la nuit, pour se ‘‘vider la tête’’ comme il dit, c’est-à-dire sans doute pour penser, ce qui le rattache à tout une tradition qu’il ignore. Il connaît la plupart des rues d’Aire-sur-l’Adour, ou il a vécu quelques mois, et déjà presque toutes celles de Mont-de-Marsan, alors que je ne dois pas en connaître le dixième, prisonnier que je suis, depuis tant d’années, des itinéraires qui me sont familiers, à cause de ma névrose phobique. Mais je sais aussi, pour l’avoir accompagné un soir, avec la chienne Pélagie, qu’il rend visite à ses connaissances, lorsqu’il passe devant leur porte et qu’il n’est pas trop tard, comme par exemple à cette famille que j’évoquais hier, qui est d’une vulgarité que je croyais n’exister que dans les œuvres de fiction&amp;nbsp;! Cela dit, cette famille est aussi foncièrement gentille et, finalement, sympathique, qu’elle est sale et grossière. Et puis il y a chez ces gens un adorable chiot qui s’appelle Bandit et avec qui la chienne Pélagie s’entend très bien. Cette dernière est également devenue très amie avec Violette, qui reste encore un peu distante, très grande dame&amp;nbsp;: elle ne ressemble pas du tout à son maître, qui n’est jamais qu’un cul-terreux avec un joli minois. Celui-ci a croisé &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt;, cet après-midi, et s’est étonné d’apprendre, en parlant avec lui, qu’il connaissait aussi &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt;, qui passait d’ailleurs par là, et cette &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Féliciane&lt;/span&gt; qui est une lesbienne de ses amies. On s’imagine toujours que, parce qu’il est contraint de travailler la nuit dans sa boulangerie et de dormir quand il fait jour, ce pauvre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt; ne connaît personne. Au contraire, c’est un habitué de la rocade, ce baisodrome à ciel ouvert, par où passent tous les mâles de ce petit monde, qui sont donc sans doute aussi tous passés par le cul de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt;. Tout le monde l’a connu, même moi&amp;nbsp;! &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt; a dit à Camille que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt; avait quitté la ville. Il vit désormais à Bordeaux, chez son nouvel amant, qui est bien à plaindre, à mon avis, sans doute autant que je le suis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/28/lundi-27-octobre-2008.html</guid>
<title>Lundi 27 octobre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/28/lundi-27-octobre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Camille</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Journal</category>
<category>Trimalcion</category>
<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 01:07:07 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Camille devrait quitter la maison demain. Il se fait aider par toutes sortes d’organismes et d’associations caritatives, grâce auxquels il a trouvé un appartement qui doit être libéré demain et qu’on lui réserve en priorité. A moins que quelqu’un de moins chanceux que lui ne se soit fait connaître au même organisme, c’est-à-dire quelqu’un qui n’aurait pas même un ami pour l’héberger en attendant qu’il ait trouvé un logement, l’appartement devrait revenir à Camille, et sans qu’il ait rien à payer, puisqu’il appartient à l’association qui l’aide. Camille a également droit, tous les mois, à 80 EUR pour faire ses courses dans l’un de ces supermarchés où les produits sont moins chers et à 150 EUR pour ses frais d’essence. Et son avocat, qu’il n’a pas à payer non plus, va poursuivre ses parents pour qu’ils lui versent une pension de 600 EUR&amp;nbsp;! Moi qui avais pitié de Camille, je ne suis pas loin désormais d’envier son sort&amp;nbsp;! Il est temps qu’il parte. J’ai de plus en plus de mal à le supporter. J’ai parfois l’impression que je l’aime. Je le désire seulement et souffre du fait qu’il ne m’aime pas plus. Il se sert de mes sentiments pour s’assurer un toit jusqu’à demain. Il n’était pas nécessaire d’en passer par là. J’ai déjà dit dans ce journal que même les personnes qui le mériteraient le moins pouvaient avoir besoin d’être secourues. Je ne crois pas que je l’aiderais moins s’il se montrait plus indifférent, moins (faussement) sensible à mes charmes. Il se montre caressant avec moi quand il croit qu’il le faut, me laisse le caresser quand j’en ai le désir, mais sans jamais s’impliquer plus qu’il n’est nécessaire à l’illusion. La plupart du temps, il considère cette maison comme un hôtel et un restaurant. Il passe énormément de temps dehors, chez des amis, sans même songer à me demander si je voudrais l’accompagner… «&amp;nbsp;Pourquoi donc ne demandes-tu pas à ces amis chez qui tu passes tellement de temps de t’héberger à leur tour, puisque tu te plais tant chez eux&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Ce soir, il allait chez ces amis que j’ai vus pour la première fois il y a quelques jours et qui sont d’une vulgarité à peine croyable. (Si j’en avais la force, je rapporterais les propos épouvantables que j’ai entendus chez ces gens-là, les manières que j’y ai observées. Comparée à eux, la famille du grand C passerait pour honnête et civilisée&amp;nbsp;!) Mais voici le pire&amp;nbsp;: &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt; devait l’y rejoindre. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Je suis anéanti. Heureusement que Camille doit partir demain. S’il restait chez moi plus longtemps, je crois que la jalousie me ferait aussi mal agir que son père. Je serais bien capable de le chasser moi aussi&amp;nbsp;! Quelle honte ce serait d’en arriver là.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/10/jeudi-9-octobre-2008.html</guid>
<title>Jeudi 9 octobre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/10/jeudi-9-octobre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Nicandre</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Trimalcion</category>
<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 01:03:39 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je craignais tellement une trahison de Camille qu’il me semblait trouver des raisons de la soupçonner dans tous les propos qu’il me tenait. J’en étais arrivé au point que je désirais presque en avoir une preuve, pour me sortir enfin des sables mouvants du doute où je me sentais étouffer. Car je trouve plus doux de me noyer dans mes larmes que de connaître la suffocation de l’incertitude, ce rien qui devient tout, ce vide qui prend la place de tout l’air dans la poitrine. Je m’en suis donc allé à la recherche de cette preuve, avant-hier soir, en me rendant sur un site de rencontre que je savais &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;fréquenté&lt;/span&gt; par Camille. Je l’y ai facilement retrouvé, malgré le changement de son pseudonyme. Je fus sûr qu’il s’agissait bien de lui quand il me donna son adresse électronique pour continuer notre conversation sur MSN. Je m’étais quant à moi créé une nouvelle adresse, une fausse identité pour l’occasion. J’appris ainsi que Camille cherchait un nouvel amoureux, qui le servît &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;durablement&lt;/em&gt;. ‘‘Durablement’’, c’est le grand mot des Camille, qui ne veulent pas qu’on les prenne pour des marie-couche-toi-là&amp;nbsp;! Quand je lui ai demandé pour quelle raison il n’était plus avec son ancien ami, il m’a répondu qu’il ne savait pas pourquoi, comme il m’avait dit, quelques jours plus tôt, qu’il ne savait pas si c’était vraiment ce qu’il voulait, mais qu’il valait mieux nous séparer. J’ai cru que j’allais mourir en l’entendant me demander si j’avais des animaux. Je le reconnaissais tellement dans cette question&amp;nbsp;! Tout lui semblait contenir dans cette simple préoccupation. Les animaux tiennent une telle place dans sa jeune vie, une place bien plus grande que celle que j’occuperai jamais dans son cœur&amp;nbsp;! Avait-il donc déjà oublié la chienne Pélagie, témoin de nos amours, qui portait sa couleur, le soir de notre rencontre&amp;nbsp;? J’ai fait croire à Camille que je ne cherchais quant à moi que des relations d’une nuit, espérant ainsi l’effrayer et lui faire mettre un terme à notre conversation. Au contraire, il accepta de me rencontrer le soir même&amp;nbsp;! J’apprenais donc que son père lui avait rendu sa liberté, si vraiment il la lui a prise un jour, et qu’il préférait en jouir pour rencontrer des inconnus plutôt que moi&amp;nbsp;! Je lui ai ensuite donné rendez-vous sur un parking de Mont-de-Marsan où, bien sûr, je ne me suis pas rendu&amp;nbsp;: je n’avais pas besoin de plus de preuves de la trahison de Camille. Je me suis contenté de lui écrire une lettre hier matin, dans laquelle je lui demandais si sa rencontre de la veille avec ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; pour lequel je m’étais fait passer s’était déroulée aussi bien qu’il l’avait espéré. Sa réponse me surprit. Après m’avoir dit toute la colère qu’il avait contre moi, qui aurais dû savoir d’autant mieux ce que c’était que d’être abusé de la sorte, prétendait-il, que je lui avais moi-même raconté, lors de son séjour à l’hôpital,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/06/14/samedi-14-juin-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’avoir été pareillement de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, Camille me jura qu’il était innocent, qu’il n’était pas allé au rendez-vous, qu’il m’avait d’ailleurs reconnu dès la veille dans ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; inventé et qu’il avait voulu voir si je finirais par me démasquer. Il ne comprenait pas que je ne lui reprochais pas de m’avoir trompé, mais d’en avoir eu l’intention. Car il ne pouvait pas m’avoir déjà reconnu lorsqu’il confia à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; qu’il cherchait un amant pour l’aimer durablement. Or nous nous étions séparés, quelques jours plutôt, dans l’espoir de mieux nous retrouver ensuite&amp;nbsp;! Je n’en reviens toujours pas de trouver autant de fausseté dans le cœur d’un être aussi simple que Camille. C’est à désespérer du genre humain. D’un autre côté, je ne suis pas loin d’être attendri par les explications désespérées et désespérantes de ce pauvre grand enfant, qui ment comme mentent tous les enfants, c’est-à-dire comme il respire. Mais le plus terrible n’est pas là. Ce qui m’achève, c’est la pensée que ce chien de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt;, cette créature atroce, cette hyène hideuse, basse du cul, à peine pourvue d’une queue, mais dont les oreilles toutes rondes entendent tout, se repaîtra de ma déconvenue. Lui qui n’aura jamais la chance de connaître autant qu’il voudrait les Camille et les &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;, il doit se contenter de regarder un Olivier les dévorer de ses baisers, pour pouvoir se jeter ensuite sur les miettes qu’il reste de lui quand il les a perdus. Il se contente fort bien de ce régime. Je le vois déjà repu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/19/vendredi-19-septembre-2008.html</guid>
<title>Vendredi 19 septembre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/19/vendredi-19-septembre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Camille</category>
<category>Corydon</category>
<category>Journal</category>
<category>Nicandre</category>
<category>Trimalcion</category>
<pubDate>Fri, 19 Sep 2008 22:34:01 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’étais très inquiet de n’avoir plus de nouvelles de Camille depuis hier soir. Je craignais que Nicandre, par jeu, n’ait réussi à se mettre entre nous, ou même l’abominable Trimalcion, qui doit avoir plus de qualités que je veux bien le croire pour être capable de jouer comme il fait les chefs de meute. Mais c’est encore pire que tout ce que je redoutais. Camille, que j’ai enfin retrouvé tout à l’heure sur MSN, m’a dit que son père n’était pas favorable à notre jeune histoire&amp;nbsp;! Il me trouve trop vieux pour son fils, l’hypocrite&amp;nbsp;! Car c’est un hypocrite&amp;nbsp;! Il est lui-même homosexuel et a déjà couché plusieurs fois avec Corydon, qui se trouve être plus jeune que lui de plus d’années que Camille l’est de moi&amp;nbsp;! Et si la situation était plus grave encore que je le crois&amp;nbsp;? Peut-être que Camille n’a pas osé m’avouer qu’il était l’amant de son père… Il y a de tels dégénérés dans les campagnes&amp;nbsp;! La mère de Camille le battait lorsqu’il était enfant et, quand il était adolescent, elle aurait tenté de le tuer&amp;nbsp;: j’ai vu les marques du couteau sur les bras de mon ami. Ce serait depuis cette tentative que Camille souffrirait du diabète qui est, selon Corydon, une maladie causée parfois (mais je ne sais si c’est vrai) par une très violente émotion. Qui sait si le père, qui ne se cache plus que depuis tout récemment, n’assouvissait pas jusqu’alors ses besoins avec le fils&amp;nbsp;? Je me fais sûrement des idées, mais il est tout de même étrange que ce soit Camille qui ait si souvent à conduire son père &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;à la rocade&lt;/em&gt;, comme on dit ici, c’est-à-dire en un lieu de débauche à ciel ouvert&amp;nbsp;! Comme si celui-ci ne pouvait pas s’y rendre seul&amp;nbsp;! Et pourquoi donc refuse-t-il de lui prêter sa voiture pour que Camille, qui a la sienne en panne, puisse venir me voir&amp;nbsp;? J’ai dit à ce dernier que je pouvais aller le chercher avec la mienne. Il m’a répondu qu’il en était bien conscient, mais sans me demander de le faire&amp;nbsp;! Est-il la proie, le prisonnier de son père&amp;nbsp;? Le craint-il tellement&amp;nbsp;? L’aime-t-il tant qu’il le préfère à moi&amp;nbsp;? Le fait que son père me le refuse me le rend encore plus désirable. L’amertume que nous éprouvons de ne pouvoir être ensemble en ce moment, Camille et moi, est d’une étrange douceur&amp;nbsp;: elle est comme la promesse de retrouvailles plus délicieuses encore. Et j’aime cette idée, qui n’est probablement qu’un fantasme, d’être peut-être un refuge pour Camille.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/19/jeudi-18-septembre-2008.html</guid>
<title>Jeudi 18 septembre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/19/jeudi-18-septembre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Barthénoïde</category>
<category>Camille</category>
<category>Corydon</category>
<category>Féliciane</category>
<category>Journal</category>
<category>Mélanire</category>
<category>Nicandre</category>
<category>Trimalcion</category>
<pubDate>Fri, 19 Sep 2008 00:21:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Camille nous a rejoints chez moi, mardi soir, Corydon et moi, accompagné d’une certaine Barthénoïde (donnons-lui ce nom-là), une proche amie de lui, la fille la plus étrange, peut-être la plus détestable, qu’il m’ait été donné de rencontrer. Barthénoïde est dépressive depuis le collège. Ses bras sont recouverts des cicatrices qu’elle s’est faites. Cette pauvre fille est si bonne à rien que même après plusieurs tentatives, elle n’a toujours pas réussi à se donner la mort&amp;nbsp;! Et je devine que je serai donc obligé de la subir toutes les fois que Camille, qui recueille tous les oiseaux tombés du nid et l’a donc prise sous son aile, décidera d’en être accompagné. C’est à peine si elle a plus de présence qu’un moineau. Corydon la trouve jolie. Quant à moi, je ne suis pas sûr que je la reconnaîtrais dans la rue&amp;nbsp;! Elle est bête et mal élevée. Elle m’a dit hier, car j’ai dû la subir hier aussi, que j’étais beaucoup moins beau avec mes lunettes que sans. En regardant sans les voir les livres qu’il y avait autour d’elle, comme elle constatait qu’il n’y avait pas de télévision chez moi, elle m’a demandé si je ne m’ennuyais pas sans cela&amp;nbsp;! Hier, après m’en avoir demandé la permission, d’une voix dont la puérilité met franchement mal à l’aise,&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; elle a passé le plus clair de son temps à chatter avec des hommes de plus de cinquante ans qui se font passer pour des mignons de l’âge de mon Camille et lui envoient des photos censées être d’eux et qu’elle n’est pas même capable de reconnaître comme ayant été probablement téléchargées sur des sites pornographiques. Quelle pitié&amp;nbsp;! C’est bien simple&amp;nbsp;: Barthénoïde est si insignifiante que si, par miracle, elle réussissait enfin à se supprimer, je ne suis pas sûr qu’il y aurait quelqu’un pour s’apercevoir de sa disparition&amp;nbsp;! Sans Camille, elle n’existerait pas&amp;nbsp;! Barthénoïde, Corydon, Camille et moi, nous sommes allés, mardi soir, dans un bar où devait se trouver Trimalcion, qui voulait enfin rencontrer physiquement mon ami, à qui il avait donc donné rendez-vous, dans l’espoir de pouvoir le connaître ensuite plus bibliquement. L’idée plaisait à Camille de se montrer à ce lubrique orné de ma désagréable présence et des suçons que je lui avais laissés dans le cou pour faire voir à l’autre qu’il était bien à moi. C’était amusant de voir ce pauvre Trimalcion danser avec mon Camille&amp;nbsp;: on aurait dit un caniche se frottant à la jambe de sa maîtresse&amp;nbsp;! J’ai cru que j’allais avoir un orgasme lorsque Trimalcion, un peu perdu, est venu me demander si ça ne me dérangeait pas de voir mon ami danser avec d’autres que moi, ou même de savoir qu’il avait regardé l’autre soir le grotesque spectacle de sa nudité gigotant derrière la caméra numérique. Je lui ai répondu que je ne le considérais pas comme un bien grand danger pour moi. J’ai revu une partie de la clique qui accompagne toujours notre Trimalcion, comme cette Mélanire, qui profitait de ce que son amant, un étranger, musulman et néanmoins joli garçon, était parti faire son ramadan au Maroc pour faire une autre sorte de ramadan de son côté&amp;nbsp;: elle voulait aller au ramdam (ce n’est pas moi qui l’en blâmerai) mais peinait quelque peu à trouver son bonheur, la pauvre, entourée qu’elle était de tous ces pédés&amp;nbsp;! Il y avait aussi Féliciane, une lesbienne, qui passe pour être belle et qui n’est pas laide, en effet. Et d’autres personnes encore, que je ne connaissais pas et dont j’ai oublié les noms. Inutile, donc, de leur en trouver de nouveaux. Je ne sais pourquoi, peut-être est-ce parce que j’étais mieux disposé que la dernière fois que j’avais rencontré ces gens, mais j’ai trouvé tout ce petit monde très agréable, même Trimalcion, qui est plus à plaindre qu’à détester. Camille n’est pas resté dormir avec moi, cette nuit-là. Il avait à faire dans la ferme (cela se dit-il encore&amp;nbsp;?), disons dans ou sur l’exploitation de son père, très tôt le lendemain. Il m’a raconté hier soir qu’une fois de retour dans sa chambre, il s’était connecté à MSN, où l’attendait Trimalcion, qu’avait rejoint chez lui le beau Nicandre, lequel aurait demandé de mes nouvelles… La terreur s’est alors abattue sur moi. S’il est vrai que je n’ai rien à craindre d’un Trimalcion, qui n’est jamais qu’un bouffon de plus, je ne puis en dire autant de Nicandre, cet ange odieux et manipulateur. Qu’a-t-il bien pu dire sur moi&amp;nbsp;? Camille m’assure qu’il n’a fait que s’enquérir, mais comment en être sûr&amp;nbsp;? Depuis que le nom de Nicandre est passé par sa bouche, j’ai acquis la certitude que je ne saurai pas retenir Camille bien longtemps. Il y aura toujours cette ombre sur nous, l’ombre d’un Nicandre, qui sera plus jeune, plus gai, moins inquiet, moins dur, moins méchant que moi, ou disons&amp;nbsp;: plus plaisamment mauvais.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/11/mercredi-10-septembre-2008.html</guid>
<title>Mercredi 10 septembre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/11/mercredi-10-septembre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Alexandre</category>
<category>Alexis</category>
<category>Camille</category>
<category>Corydon</category>
<category>Damis</category>
<category>Journal</category>
<category>Trimalcion</category>
<pubDate>Thu, 11 Sep 2008 02:45:27 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai pris tant de retard dans le récit des derniers événements de ma vie que la relation que je veux en faire risque fort d’être incomplète, l’oubli s’étant déjà emparé de ma tête de linotte. Il y a quelques jours que Damis m’a envoyé plusieurs SMS, dont le premier était bien loin d’augurer du dernier&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;J’ai un service à te demander, avait-il commencé par m’écrire. Mais ne te sens surtout pas obligé de me le rendre. Si tu ne veux pas, je ne t’en voudrai pas.&amp;nbsp;» Il voulait que je lui fasse un chèque de caution, pour pouvoir emprunter une voiture, en attendant que la sienne soit réparée, laquelle ne le sera finalement jamais, ai-je appris par la suite, pour être bien trop abîmée&amp;nbsp;: il lui faudra en acheter une autre. Comme j’hésitais à lui rendre ce service, «&amp;nbsp;tu es mon seul véritable ami&amp;nbsp;», m’écrivait-il, «&amp;nbsp;blablabla, blablabla…&amp;nbsp;», pensant sans doute que de telles paroles feraient pencher la balance du côté qu’il voulait. Elles m’aidèrent au contraire à ne pas avoir trop mauvaise conscience de la voir pencher de l’autre&amp;nbsp;! Me prend-il donc pour un tel crétin&amp;nbsp;? J’ai vraiment bien fait de ne pas lui rendre ce service que je répugnais à seulement envisager tant la pensée de perdre de l’argent en cas de nouvel accident de voiture m’était douloureuse, car son dernier SMS fut odieux&amp;nbsp;: il osait dire qu’il avait eu des ‘‘sentiments forts’’ pour moi (le con&amp;nbsp;!), qu’il le regrettait beaucoup et ne voulait plus jamais me revoir&amp;nbsp;! Evidemment, deux jours plus tard, il me téléphonait de nouveau, parce qu’il avait besoin que quelqu’un le conduise de son travail à l’autre bout de la ville, où son cousin lui avait donné rendez-vous pour le ramener chez lui. Si je suis sûr d’une chose, c’est que Damis a toujours eu des sentiments forts pour ma voiture&amp;nbsp;! Grand seigneur, je me suis empressé de lui rendre ce service-là, pour regarder le fourbe dans les yeux&amp;nbsp;! Sans doute avais-je sur mon misérable compte en banque de quoi courir le risque insensé de perdre de l’argent par la faute et pour le bénéfice d’un autre, mais je m’efforce de gérer mes affaires en bon père de famille et de ne dépenser dans le mois jamais plus que ce que j’ai gagné. Ayant de très petits revenus, je suis donc obligé d’être pingre. Et puis le proverbe est bien vrai qu’on ne prête qu’aux riches. Mais j’ai un cœur, moi aussi, et la proposition que je lui avais faite de le loger chez moi, pour le rapprocher du lieu de son travail, tient toujours… J’avais oublié de dire que j’ai enfin les clefs de ma nouvelle maison, que je n’habiterai sans doute pas avant la fin du mois. Le serrurier (nous eûmes besoin de ses services) était charmant, avec son léger strabisme convergent. Il fallait le voir s’affairer, s’agenouiller, s’accroupir devant moi&amp;nbsp;! Et pendant que je le regardais faire, depuis le trottoir, devant ma nouvelle demeure, j’ai pu apercevoir le fils des voisins qui rentrait du lycée. Je l’ai revu quelques jours plus tard, en faisant visiter les lieux à Corydon&amp;nbsp;: il était devant chez lui et parlait avec un camarade de classe. Tout cela était charmant. Ce brave Corydon a joué les entremetteurs avec cet autre garçon sur lequel j’avais des vues, dont je parlais&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/08/23/samedi-23-aout-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’autre jour&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Appelons-le Camille. Samedi soir, Corydon, qui était venu me rendre visite, voulut se connecter à MSN, où se trouvait déjà Camille. Corydon lui demanda d’allumer sa caméra. Nous eûmes rapidement droit à un strip-tease intégral du garçon peu farouche. «&amp;nbsp;Je crois qu’il a envie de tirer son coup, me dit Corydon, c’est le moment de vous présenter l’un à l’autre&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Nous l’invitâmes donc à venir boire le thé. Plus tard, Corydon ayant discrètement consulté Camille (pendant que je m’affairais dans la cuisine) m’envoya un SMS pour me confirmer que &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;je pouvais y aller&lt;/em&gt;, que c’était &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dans la poche&lt;/em&gt;. Il finit par nous laisser seuls, Camille et moi, et nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre. Je lui fis tant d’effet qu’il en tomba malade&amp;nbsp;! Dès le lendemain, il était hospitalisé&amp;nbsp;: sa glycémie était sens dessus dessous (il est diabétique). Et son cœur lui jouait des tours&amp;nbsp;: on lui a trouvé un souffle en l’auscultant. Il y aurait du liquide, si j’ai bien compris, sous le péricarde. «&amp;nbsp;Te voilà bien, si ton cœur prend l’eau&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Depuis, je vais le voir tous les jours à l’hôpital. Il se trouve dans l’ancien service de ma mère, où travaille encore l’une de ses copines lesbiennes. Je reste affalé pendant des heures contre lui dans son lit à écouter battre son cœur, à le regarder se faire engueuler par l’infirmière parce qu’il n’a pas changé le code de son appareil à &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dextro&lt;/em&gt;, faussant ainsi tous les derniers relevés de sa glycémie, à l’entendre répondre mal à cette dernière, comme un adolescent ferait avec sa mère. Nous parlons de nos connaissances communes. Bien sûr, il connaît Alexis. Evidemment, il a vu&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/08/11/dimanche-10-aout-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;les photos de la nudité d’Alexandre&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, qui ont fait le tour de la ville. Il connaît Damis, qui est son ancien voisin. Il a même chatté récemment avec l’horrible Trimalcion, qui se trémoussait nu devant sa caméra, et qui aurait une petite bite, selon les dires de Camille, ce qui ne m’étonne pas du tout. Nous ne pouvons pas faire grand-chose de plus, parce qu’il partage sa chambre avec un pauvre vieux à qui l’on a coupé les doigts de pied. Mais je peux caresser son ventre, qu’il a si plat qu’on le croirait presque creux, tant il est maigre&amp;nbsp;! Et je ne me lasse pas de regarder ses tétons, qui sont à peine rosés, presque blancs. J’ai oublié de dire que Camille était roux. Il est recouvert de taches de rousseur et ses poils font comme des flammes autour de sa bite. Il est perfusé dans le bras, et je ne suis pas loin de m’évanouir à chaque fois que je touche ou vois sans le faire exprès le petit tuyau qui lui entre dans la veine&amp;nbsp;! J’ai la tête qui tourne en l’écrivant. Nous ne nous sommes rencontrés que samedi, mais nous avons déjà l’impression de nous connaître depuis des mois. Hier, en rentrant d’Oloron, où j’étais allé gagner quelque argent d’une façon que, je crois, la morale réprouve, cette bonne femme, et peut-être aussi sa commère la police, je n’avais de pensée que pour lui, j’avais le cœur léger, je me sentais comme ces hommes laborieux, heureux de retrouver leur femme et leurs enfants après une dure journée de travail&amp;nbsp;! Ma journée de travail à moi, qui n’avait pas duré deux heures, avait été fort douce, j’avais de l’argent dans ma poche, et pour me remettre de si peu de peine, il y avait Camille, qui m’attendait impatiemment sur son lit d’hôpital. J’étais le plus heureux des hommes. Cet après-midi, vers les quatre heures, comme je voulais m’en retourner chez ma mère, pour profiter un peu de la piscine et des derniers jours de beau temps, Camille m’a invité à le rejoindre pour le dîner. A mon retour dans sa chambre, j’eus la surprise de trouver mon repas déjà servi&amp;nbsp;: il était descendu l’acheter dans la cafétéria de l’hôpital avant mon arrivée. Il y avait de quoi manger pour trois hommes&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;Mais je ne pourrai jamais avaler tout ça&amp;nbsp;! – Ce n’est pas grave, il en restera pour demain.&amp;nbsp;» Cette charmante attention m’a beaucoup touché. Je crois pouvoir dire que ce fut l’un des meilleurs repas de ma vie. C’est Pierre Driout qui va rire. Il me demandait l’autre jour si, après les boulangers et garagistes, j’envisageais d’aller jusqu’aux antiquaires et brocanteurs. J’ai bien peur que mes amours ne volent toujours aussi bas, puisque Camille est boucher, charcutier, traiteur de profession&amp;nbsp;! Comme je me moquais de lui, si maigre, si frêle d’apparence, qui proposait de m’aider lors de mon prochain déménagement, dont je n’ai toujours pas commencé la préparation, il m’a dit que les énormes pièces de bœuf qu’il avait l’habitude de soulever pesaient plus lourd que moi&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
</channel>
</rss>