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<title>Un jardin d'Adonis - tiresias</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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<title>Dimanche 6 décembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Cyrnos</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mon père</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Thalie</category>
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<category>Tityre</category>
<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 13:34:26 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'ai appris la mort du chat de ma mère quelques heures après avoir parlé de lui lors de la trente-troisième séance chez Tirésias, jeudi dernier. Parce qu'il était trop affaibli pour s'échapper, le chat, contrairement à son habitude, m'avait laissé l'approcher&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/03/1c452d4fda64fa5a19f4e2cb713f3c79.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l'avant-veille&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, retour du restaurant. «&amp;nbsp;Et pourquoi s'échappe-t-il, d'habitude&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», m'a demandé Tirésias. «&amp;nbsp;Que lui avez-vous fait, à ce chat&amp;nbsp;? - Rien. - Vous-êtes sûr&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» (J'éclate de rire.) «&amp;nbsp;J'aime lui faire peur. - Pourquoi donc&amp;nbsp;? - Je ne sais pas... Peut-être parce que le chat, c'est mon père, comme j'ai déjà dû l'évoquer,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lors d'une précédente séance&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;... - Ou c'est parce que vous ne supportez pas que votre mère aime un autre être que vous, ce chat, en l'occurrence.&amp;nbsp;» Ouais... «&amp;nbsp;Je déteste que ma mère me touche ou même que sa main soit trop près de moi, comme quand elle caresse ma chienne. C'est presque toujours lorsqu'elle caresse ma chienne assise entre elle et moi que ma mère me frôle involontairement, ce qui me met hors de moi. Pourtant, ma chienne est une sorte de terrain d'entente entre nous deux. - Oui, c'est parce que c'est votre chienne. Elle vous appartient et vous appréciez que votre mère s'intéresse à quelque chose qui est à vous. Mais dans le même temps, comme vous avez le désir d'échapper à son emprise, la trop grande proximité de votre mère lorsqu'elle caresse votre chienne vous est particulièrement pénible.&amp;nbsp;» Je ne sais si j'oserai dire à Tirésias que je n'aurai pas les moyens de le revoir avant le mois de janvier. Mon compte en banque est déjà vide et je n'ai encore acheté aucun cadeau pour Noël. Je me suis même endetté jusqu'au mois de juillet prochain, en achetant à Thalie quatre des toiles qu'elle exposait au vernissage où nous étions, vendredi soir, Tityre, Cyrnos et moi. Elle veut bien que je la paie en huit mensualités. (Cette Thalie n'est autre que la Camille (de son véritable nom) avec qui j'avais sympathisé l'année dernière,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/07/samedi-6-decembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;à la même époque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;.) En regardant ses toiles de plus près, hier soir, en les accrochant, je me suis aperçu que les matières qui semblent prises dans une toile d'araignée recouvraient en fait (ce dont je ne m'étais pas avisé d'abord) des souliers de tout petit enfant, sans doute ceux de sa propre fille. J'ai trouvé ce détail émouvant&amp;nbsp;: Thalie se sert donc dans ses œuvres des affaires devenues trop petites pour son enfant. Les filaments blanchâtres qui recouvrent le tout ne tissent sans doute pas seulement les toiles d'araignées du temps qui passe sur les choses abandonnées, mais peut-être aussi les chrysalides au sortir desquelles l'enfant doit abandonner les affaires pour lesquelles elle est devenue trop grande.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vendredi 27 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/28/vendredi-27-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Laura</category>
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<category>Sabylinthe</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 03:24:19 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Voici le compte rendu de ma trente-deuxième séance chez Tirésias, qui a eu lieu mardi dernier. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; m’a écrit tout récemment sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour me dire de ne pas me faire d’illusions&amp;nbsp;: nous ne serions rien de plus que des amis. Il aimait parler avec moi, mais c’était tout. J’en ai été d’autant plus surpris que je trouve quant à moi nos conversations souverainement ennuyeuses. Mais surtout, j’avais sincèrement cru que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; était attiré par moi. Certains des ses regards me l’avaient fait penser. Même ma sœur Julie me disait qu’il ne semblait pas être insensible à mon charme. Si je ne me sens pas très affecté par cette déconvenue (ce qui est indubitablement le signe que je vais mieux, à moins que le fait d’avoir déjà couché avec lui, il y a un peu moins d’un an, ne me soit une consolation suffisante), le constat qu’il me faut bien faire de l’incapacité totale où je suis de reconnaître et d’interpréter les signes qu’on m’envoie me désole. Il est peu vraisemblable que je sois un meilleur interprète des signes que m’envoient les autres garçons, par exemple le sublime Callias, auprès de qui je pressens qu’une déconvenue, pourtant courue d’avance, m’affecterait beaucoup plus. «&amp;nbsp;Attendez de pouvoir comparer, me dit Tirésias. A force de garçons, vous finirez bien par les reconnaître, tous ces signes.&amp;nbsp;» Ouais… J’ai reparlé avec ma sœur Laura du mauvais coup que lui avait fait mon père. Si elle a fini par se réconcilier avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Sabylinthe&lt;/span&gt;, elle est toujours aussi furieuse contre son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;géniteur&lt;/em&gt;, comme elle l’a appelé sur ‘‘son &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;’’. Ce dernier est tellement égoïste, me dit Laura, qu’elle ne serait pas étonnée qu’il ne se soit pas seulement aperçu qu’elle avait rompu avec lui, ce qui lui ressemble en effet beaucoup… Eh là, tiens-toi bien, mon blond lecteur, voici ce que m’a dit Tirésias&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Oui, très bien. Vous voyez qu’il faut laisser libre cours à votre parole, lors de nos séances, et les associations se font d’elles-mêmes. (Je me demandais bien quel rapport il pouvait y avoir entre ce que j’avais raconté sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; et ce que sur ma sœur et mon père…) Votre père est trop égoïste, a poursuivi Tirésias, pour voir votre sœur, comme vous n’avez pas été capable de voir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, puisque vous n’avez pas su voir quelles étaient ses véritables intentions&amp;nbsp;! (Ce que Tirésias disait là ne devait pas être complètement faux, parce que, en l’entendant, j’ai senti mon cœur battre plus vite.) Cela est d’autant plus problématique, pour vous, que votre père est à vos yeux l’anti-modèle par excellence. – Oui, vous avez peut-être raison. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, je me suis encore une fois disputé, cette semaine, avec ma mère. Je m’étais très soudainement emporté contre elle à cause d’une remarque injuste qu’elle m’avait faite (mais que la remarque fût injuste n’a guère d’importance, car toutes les remarques qu’elle fait me mettent hors de moi.) Rancunière, ma mère est restée longtemps sans plus m’adresser la parole. Plus tard, je lui ai demandé pourquoi elle ne me parlait plus. Elle a répondu qu’elle ne voulait pas déchaîner de nouveau ma colère en disant quelque chose qui me déplairait. J’ai eu l’impression, en l’entendant, qu’elle pensait, à part soi, que je ressemblais à mon père par la soudaineté des colères que je pouvais avoir. Mais j’ai trouvé cette pensée que je lui prêtais contrariante et injuste&amp;nbsp;: contrariante, parce qu’il me déplaît fort, en effet, de ressembler à mon père, et injuste, parce que, s’il est vrai que nos colère peuvent être très soudaines, les miennes sont sans violence. Mon père hausse la voix, fait de grands gestes terrifiants, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;parle avec son corps&lt;/em&gt;, se montre sciemment menaçant&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;; alors que mes colères à moi son purement verbales. Mon père est violent&amp;nbsp;; je suis méprisant. Mais ma mère adopte apparemment dans les deux cas le même système de défense&amp;nbsp;: elle se soumet pour éviter le déclenchement de la colère.&amp;nbsp;» Je n’y pense qu’au moment d’écrire ces lignes&amp;nbsp;: si ma mère se protège de moi de la même façon qu’elle faisait de mon père, c’est donc qu’elle continue de penser que tous les hommes se valent, c’est-à-dire qu’ils sont comme lui et que, moi, je ne vaux pas mieux que lui, ce qu’elle m’a toujours fait ressentir. Mais si, durant mon enfance et mon adolescence, elle me le faisait ressentir dans le but de me modeler à l’image qu’elle voulait (c’est-à-dire dans le but de faire de moi un émasculé), elle semble désormais avoir renoncé à son projet, qu’elle a pourtant presque entièrement réussi, puisque c’est en grande partie à cause d’elle que je m’estime si… si… si comme je suis&amp;nbsp;! Elle voit apparemment en moi un homme aussi terrifiant pour elle que le serait n’importe quel autre homme, c’est-à-dire aussi terrifiant que mon père. C’est à la fois pour moi une victoire et une défaite. Victoire, parce que ma mère n’a pas réussi à faire de moi ce qu’elle aurait voulu. Défaite, parce qu’elle continue de voir en moi ce que je ne suis pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 26 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/26/jeudi-26-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Laura</category>
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<category>Sabylinthe</category>
<category>Stéphanie</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 16:50:47 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Voici donc enfin la relation de ma trente et unième séance chez Tirésias&amp;nbsp;: Ma sœur Laura m’avait rapporté quelques jours plus tôt la traîtrise de notre père. L’été dernier, elle l’avait accompagné en Tunisie pour son inspection des travaux d’une maison qu’il fait construire dans ce pays. L’ami qui lui avait proposé cette bonne affaire n’est autre que le père de Sabylinthe, le garçon dont elle s’était alors éprise et qui n’était apparemment pas qu’une amourette de vacances, puisque Laura a continué à le voir une fois rentrée en France. Le garçon vit avec sa mère (une Allemande) à Paris, où il travaille avec mon père, sur la recommandation du sien, que ses affaires retiennent en Tunisie, dont il est natif. Les parents de Sabylinthe sont séparés de fait, même s’ils ne sont pas divorcés. Bien qu’elle partage déjà la vie de quelqu’un, Laura rend visite au garçon aussi souvent qu’elle le peut. Elle a l’intention de quitter bientôt Nice pour reprendre ses études à Paris et s’installer à cette occasion avec Sabylinthe. J’imagine que c’est alors qu’elle quittera son amant ‘‘officiel’’. Quant à l’‘‘officieux’’, il est bien sûr informé de la situation actuelle de ma sœur. Il se trouve que le père de Sabylinthe n’aime pas du tout Laura. Elle avait découvert, lors de son séjour en Tunisie, que celui-ci avait une maîtresse. Sans doute craint-il qu’elle en fasse la révélation à sa femme, dont il ne veut pas divorcer (contre la volonté de l’intéressée), probablement parce qu’il a en France des affaires au nom de celle-ci&amp;nbsp;: je crois savoir, par exemple, qu’il refuse de payer certaines dettes à cause desquelles cette dame, qui voudrait retourner s’installer en Allemagne, doit rester en France pour l’instant. Je ne connais pas le père de Sabylinthe, que je n’ai jamais rencontré, mais tout ce que j’ai entendu dire sur lui me fait penser qu’il est ce qu’on appelle un personnage douteux. Un jour, Sabylinthe a révélé à ma sœur que son père avait confié à sa femme que notre père lui avait dit que Laura était une fille &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;vénale&lt;/em&gt; et une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;mangeuse d’hommes&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! Sans doute, pensait alors Laura, le père de Sabylinthe avait-il inventé cela pour monter contre elle son fils et sa femme, pour la raison que j’ai dite. Quelques jours plus tard, Sabylinthe a téléphoné à son père, pour lui dire qu’il avait décidé de quitter la maison familiale et qu’il souhaitait que celui-ci se décide enfin à payer les dettes à cause desquelles sa mère était retenue en France&amp;nbsp;; ce qu’apprenant, le père est aussitôt rentré à Paris. Le lendemain de son arrivée, Laura a reçu un coup de téléphone de notre père. Elle a immédiatement senti, m’a-t-elle confié, que quelque chose n’allait pas. Sa voix était différente. Il s’est permis de lui faire la morale et de lui demander de cesser de tromper son amant de Nice (ce qui est vraiment un comble (mes deux sœurs et moi sommes entièrement d’accord sur ce point), venant d’un homme tel que notre père, qui n’a jamais cessé de tromper toutes ses femmes, de ma mère jusqu’à celle dont il partage actuellement la vie). Il exigeait que Laura vînt au plus vite à Paris, pour qu’une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;explication&lt;/em&gt; puisse avoir lieu entre Sabylinthe, son père et le nôtre&amp;nbsp;! Elle a refusé. Après avoir raccroché, elle a téléphoné à Sabylinthe, pour lui demander d’essayer de savoir où était alors son père, car le soupçon lui était venu qu’il pouvait fort bien se trouver avec le nôtre au moment de son appel téléphonique, ce qui aurait pu expliquer la drôle de voix qu’il avait eue pendant leur conversation. Sabylinthe devait la rappeler aussitôt après, pour lui dire ce qu’il en était. Il ne le fit pas. C’est Laura qui finit par lui téléphoner, le soir venu.&amp;nbsp;Lui répondit un Sabylinthe hors de lui. Il savait tout, prétendait-il, son père l’avait éclairé&amp;nbsp;: elle n’était qu’une menteuse, qui n’avait cherché qu’à lui ‘‘pomper son fric’’, à lui ‘‘baiser la gueule’’ et qui n’avait jamais eu l’intention de s’installer à Paris avec lui&amp;nbsp;! Laura tenta bien de lui faire comprendre que son père lui avait menti, mais Sabylinthe ne voulait rien entendre. Si vraiment Laura n’était pas une menteuse, disait-il, elle devait venir à Paris pour une confrontation, ce qu’ayant refusé catégoriquement, elle s’entendit traiter de lâche. Fin de la conversation. Puis elle n’eut plus de nouvelles du garçon pendant plusieurs jours. A l’évidence, les deux pères avaient manœuvré pour détourner Sabylinthe de Laura. A cause de cette traitrise, celle-ci a décidé de couper les ponts avec notre père. Bien que j’aie toujours cru qu’elle avait eu avec ce dernier une ‘‘relation privilégiée’’, Laura m’a confié qu’elle avait depuis longtemps de nombreux griefs contre lui. Cette traitrise était la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On la comprend… Ce qu’on comprend beaucoup moins, c’est ce qui a pu pousser notre père, qui n’est pourtant pas quelqu’un qui se laisse facilement influencer, à commettre une telle trahison. Nous ne voyons qu’une explication qui se tienne&amp;nbsp;: c’est que l’affaire de Tunisie n’était pas si bonne que cela et que le père de Sabylinthe tient le nôtre par les couilles&amp;nbsp;! J’ai tellement tardé à noter le compte-rendu de cette séance chez Tirésias (même dans mon autre journal, où je me contente, le plus souvent, de recopier ce que j’écris dans celui-ci), que j’en ai depuis oublié une bonne part. Je ne sais plus par quel chemin j’étais arrivé à cette conclusion que ma mère, malgré son divorce d’avec lui, il y a plus de vingt ans, était toujours sous l’influence de mon père. C’est un lieu commun, dans ma famille, de dire que mes parents sont restés en bons termes. Mais, je m’en avise depuis quelque temps, la vérité est que ma mère est restée complètement soumise à son ex-mari. Elle dit elle-même qu’elle n’aurait jamais osé divorcer, si ce n’avait pas été lui qui avait demandé à le faire. Elle a toujours eu peur de lui et parce qu’elle n’a jamais eu l’occasion de surmonter sa peur en tenant tête à mon père (ce que le divorce ne lui a pas permis de faire, puisqu’il eut lieu d’un commun accord), elle en est restée l’esclave, je veux dire l’esclave de sa peur, et donc de mon père. Ainsi, plus de vingt ans après leur divorce, celui-ci peut téléphoner à n’importe quel moment pour annoncer son arrivée&amp;nbsp;: ma mère ne saura pas lui refuser l’hospitalité&amp;nbsp;: plutôt que de lui dire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;non&lt;/em&gt; (ce que, soit dit en passant, elle n’a cessé de faire avec moi depuis son divorce), elle l’accueillera, le logera, le nourrira, le craindra et se taira donc de peur de déclencher ses colères. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Lundi 23 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 22:45:14 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’aurais voulu écrire plus tôt dans ce journal le compte rendu de la trente et unième séance chez Tirésias (qui a eu lieu mardi 17 (la trente-deuxième étant déjà prévue pour demain)), mais je ne savais pas comment m’y prendre pour ne froisser personne (ce qui, de toute façon, est impossible). Lors de cette séance, en effet, j’ai commencé par parler de choses qui ne me concernent pas directement moi, mais un être qui m’est très cher, qui connaît l’existence de ce journal et continue peut-être à le lire. C’est à cause de ce blogue, par exemple, que ma sœur Laura (puisque c’est d’elle qu’il s’agit) avait découvert, il y a quelques années, la séropositivité de ma sœur Julie, ce qui n’était sans doute pas la meilleure façon de l’apprendre. De manière générale, l’existence de ce blogue&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/23/mercredi-22-juillet-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;ayant été révélée par &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt; à mes amis&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(que j’aurais préféré qui en restassent dans l’ignorance), j’éprouve de plus en plus souvent de scrupules à écrire ici certaines choses. Ce journal a même fini par devenir l’objet de disputes avec certains de mes amis, disputes dont c’est souvent moi qui suis à l’origine. Car je ne comprends absolument pas que mes familiers se permettent de lire mon journal, même s’il est vrai que j’aurais toujours la possibilité de ne pas le publier, si vraiment je ne voulais pas me sentir (comme c’est actuellement le cas) épié par eux. Bien sûr, je comprends que la tentation soit grande de le lire et j’étais moi-même un lecteur assidu de celui de ma sœur, lorsque j’étais adolescent, ce qui m’a donné l’occasion de beaux fous rires, lorsque je m’amusais à faire des allusions très précises aux mésaventures de celle-ci, pendant les repas, ce qui la mettait d’autant plus hors d’elle qu’elle ne comprenait pas (peut-être parce qu’elle ne pouvait s’empêcher d’avoir confiance en moi) que j’avais tout simplement profané le secret du gros cahier qu’elle cachait sous son matelas&amp;nbsp;: sans doute me prenait-elle pour un extra-lucide&amp;nbsp;! Il est probablement très naturel de céder à la tentation, mais il me semble que la moindre des choses serait d’en avoir honte et de s’en cacher. Ce n’est pas parce que la possibilité est si facilement offerte à mes amis de lire mon journal qu’ils en ont le droit. Bien sûr, la loi ne le leur interdit pas, puisque j’ai fait le choix de le publier. Mais c’est une chose que d’être lu par des inconnus&amp;nbsp;; c’en est une autre de l’être par ses proches. Je ne comprends pas que leur conscience le leur permette. Ce n’est pas moi qui suis impudique, c’est eux qui sont indiscrets. Mais comment le leur faire comprendre&amp;nbsp;? Ils n’ont aucune morale, non seulement parce qu’ils n’ont aucune culture, mais encore parce qu’ils sont à peine civilisés, pour la plupart. Je trouve parfaitement indécent qu’ils se permettent de me parler du contenu de ce journal, ou qu’ils m’annoncent, complètement hilares, qu’ils ont prévu de lire mes dernières observations lors de leur prochaine connexion à Internet, alors que je ne cesse de leur demander de ne plus le faire. Et j’ai beau les prier de rester discrets quant à l’existence de ce journal, ils l’évoquent sans même s’en rendre compte devant des gens que je viens à peine de rencontrer. Un tel mépris pour ma personne est l’une des raisons qui m’ont fait écrire plusieurs fois dans ce journal que mes ami n’étaient pas de vrais amis, mais qu’ils étaient seulement à l’amitié ce qu’à l’amour les &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;fuckbuddies&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;. Je les fréquente comme je vais baiser&amp;nbsp;: parce que je suis un homme et que ma nature humaine me pousse à avoir des relations, sexuelles ou d’amitié, peu importe. Finalement, j’ai demandé à Laura si elle me permettait de rapporter ici le mauvais coup que lui a fait mon père, dont j’ai parlé à Tirésias. Je le ferai donc, puisque j’en ai la permission, mais demain seulement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 11 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 04:44:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Dans le feu de l’action, avant-hier, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; m’a dit qu’il m’aimait. N’étant pas sûr de l’avoir bien entendu, je lui ai demandé de me le répéter, ce qu’il a fait avec une conviction déconcertante, pour une seconde rencontre. «&amp;nbsp;Qu’avez-vous ressenti à ce moment&amp;nbsp;», m’a demandé Tirésias, hier, lors de ma trentième séance avec lui. «&amp;nbsp;J’aurais bien pris mes jambes à mon cou. Et pourtant je me sens bien avec lui.&amp;nbsp;» J’aime le regarder dans les yeux sans rien dire. Je ne suis pas sûr d’avoir dit grand-chose pendant cette séance chez Tirésias. Je ne savais pas de quoi lui parler, parce qu’il s’est passé peu de choses ces derniers temps, exception faite de la cuite impressionnante d’Osman, le week-end dernier, qui avait appris la mort de son grand-père peu après nous avoir rejoints, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, ma sœur et moi, au bar du bel Ascagne, et surtout de la longue conversation que j’ai eue sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, dans la nuit de vendredi à samedi, avec Callias, que j’avais vu plus tôt dans la soirée (avant l’effondrement d’Osman, qu’on a même pu croire un moment dans le coma), et qui s’est beaucoup confié à moi, sans que je sache vraiment s’il l’a fait précisément parce que c’était moi (parce que c’était lui&amp;nbsp;!) ou parce qu’il avait seulement besoin de se confier. Son vieux chat de quinze ans, qu’il avait depuis sa plus tendre enfance, venait de mourir. Il pleurait, à cause de la mort de cet animal, à cause de la violence du deuil d’Osman, en comparaison duquel il trouvait le sien un peu ridicule, et à cause de l’indifférence de son amant (qui est d’ailleurs serveur dans le bar que tient Pharnace, celui-là même&amp;nbsp;au sujet duquel&amp;nbsp;le grand C*** prétendait (mais sans doute était-ce un mensonge) qu’il faisait courir sur moi le bruit que je faisais ‘‘la pute à Toulouse’’). Callias, qui avait fait bonne figure toute la soirée, cachait en réalité les idées les plus sombres derrière son lumineux sourire. Ma sœur dit qu’il est un ‘‘écorché vif’’. Il peut avoir des accès de violence, dont Osman a été une fois le témoin&amp;nbsp;: Callias voulait battre son amant, dont il se sent mal aimé. Et donc, cette nuit-là, j’étais touché d’être celui à qui il confiait son mal-être. Le lendemain, Callias a prétendu que tout était oublié, qu’il allait beaucoup mieux, que c’était l’alcool ingurgité plus tôt dans la soirée qui l’avait fait s’épancher. Tirésias m’a dit que je n’étais pas obligé de lui parler de ce qui s’était passé entre cette séance et la précédente. «&amp;nbsp;Je sais bien, lui ai-je répondu, mais c’est tout de même plus facile pour moi d’appuyer mon discours sur les faits qui se sont produits récemment, comme je fais d’habitude. – Mais justement, c’est peut-être trop facile. Parlez-moi plutôt de vous.&amp;nbsp;» Voici donc ce que j’ai dit&amp;nbsp;: que j’étais plutôt heureux, ces temps-ci, mais que je perdais beaucoup de temps dans la fréquentation de mes amis. Je ne lis plus ni n’écris autant que naguère encore, même si, sans doute, ce journal est devenu plus fourni depuis que j’ai commencé mon analyse&amp;nbsp;; non pas qu’il soit souvent question d’elle dans ce blogue, mais parce que ses heureuses conséquences sur ma vie sociale et peut-être même sentimentale font que j’ai désormais plus de choses à y raconter. Ma vie d’écrivain est un échec. N’était ce journal, je pourrais dire que j’ai quasi renoncé à écrire. Je n’ai jamais été capable de mener à son terme l’un des romans dont j’ai eu l’idée et commencé le travail. L’impossibilité dans laquelle je suis, pendant l’écriture, d’avoir simultanément à l’esprit l’ensemble de ce qui a déjà été écrit et de ce qui doit l’être encore, me donne une sensation de vertige que je trouve insoutenable. C’est comme si j’étais à la fois en train d’errer dans un immense désert, de chercher mon chemin dans un labyrinthe et de tenter de garder l’équilibre au bord d’un gouffre. Je suis devenu incapable de mener à bien tout travail qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;aurait&lt;/span&gt; quelque ampleur. (Déjà, pendant mes études, je m’étais soudain trouvé dans l’impossibilité de terminer mes dissertations.) Plutôt que de subir ce vertige, je préfère détourner le regard et ne pas travailler. «&amp;nbsp;Ne pas travailler… – Oui, ne pas travailler. Ah&amp;nbsp;! Vous pensez sans doute que c’est pour le même genre de raison que je n’ai pas de véritable travail…&amp;nbsp;» De même que j’étais devenu incapable de terminer une dissertation en temps limité, de même, la pensée de mener un travail dans l’urgence, par exemple, ce qui peut arriver dans la vie professionnelle, me terrifie&amp;nbsp;: j’aurais trop peur que la qualité de mon travail ne satisfasse pas mon employeur. L’organisation hiérarchique de tous les milieux professionnels me semble impossible à affronter. Si j’aime mon travail de distributeur de prospectus, c’est parce que je peux l’organiser à ma guise (du moment qu’il soit fait dans les temps) et l’effectuer en étant absolument seul. «&amp;nbsp;Ce que vous n’aimez pas, me dit Tirésias, c’est que la volonté d’un autre s’impose à vous. – Oui, c’est possible, d’ailleurs, je n’ai pas beaucoup aimé qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; me dise, hier soir, qu’il était tombé amoureux de moi. Je n’aimais pas l’entendre m’imposer son amour.&amp;nbsp;» Les garçons me reprochent souvent de leur préférer la chienne Pélagie, qui a le droit de dormir dans ma chambre, contrairement à eux. J’aime beaucoup les chiens. Ils sont comme des peluches vivantes qu’on peut aimer sans danger. L’amour de ces bêtes ne s’impose pas à leurs maîtres. Je dis que j’aime les chiens, mais c’est les chiennes que j’aime surtout, les femelles et non pas les mâles. «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;? Pourquoi donc les femelles&amp;nbsp;? – Pourquoi&amp;nbsp;? Je ne sais pas… – C’est probablement parce que vous aimez dominer et qu’il vous semble plus facile de dominer une femelle. – Oui, c’est possible. D’ailleurs, j’ai toujours aimé terroriser les chats. Or je vous avais dit,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;au début de cette analyse&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, que j’associais les chats à mon père, qui avait dessiné l’une de ces bêtes, un jour de ma plus tendre enfance, sur le mur de ma chambre. J’étais dans les bras de ma mère, et j’avais fait un caprice, parce que je ne comprenais pas pourquoi mon père avait sali mon mur.&amp;nbsp;» (Avais-je interprété ce dessin comme une marque que mon père voulait m’imposer, une marque de sa volonté concurrente&amp;nbsp;?) Terroriser les chats, dans mon enfance, c’était sans doute, inconsciemment, me venger de mon père, le dominer enfin. Est-ce à dire que les chiennes sont le symbole de ma mère&amp;nbsp;? Je n’ai pas pensé à dire à Tirésias que Pélagie était le nom de ma chienne. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pélagie&lt;/em&gt;, c’est la mer. De la mer à la mère, il n’y a qu’un pas, que le psychanalyste franchirait aisément. «&amp;nbsp;C’est vous qui venez de le franchir, m’aurait-il sans doute répliqué, puisque c’est vous qui l’avez dit.&amp;nbsp;» J’ai écrit tout à l’heure que j’aimais regarder &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; dans les yeux sans rien dire. C’est peut-être parce qu’il a le regard simple et franc d’un bon chien. J’aime aussi regarder Pélagie dans les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 5 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/05/jeudi-5-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 20:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ce n’était aujourd’hui que ma vingt-neuvième séance chez Tirésias, quand ç’aurait pu être la trente et unième. Mais la séance de jeudi dernier, qui aurait dû être la trentième, avait été annulée, parce qu’ayant manqué notre rendez-vous du huit octobre (pour n’avoir pas eu le temps de dessoûler de la veille), je n’avais pu confirmer le suivant (pris à l’avance) pour le vingt-neuf (si longtemps après, parce que Tirésias devait s’absenter entre temps). J’aurais pu faire en sorte de téléphoner, pour maintenir cette seconde séance ratée, mais ma mauvaise volonté m’en a empêché. J’ai donc passé un peu plus d’un mois sans voir mon analyste. Peut-être avais-je besoin de suspendre momentanément un travail d’analyse auquel je n’arrive pas toujours à m’intéresser. J’ai commencé par parler aujourd’hui de l’étrange rencontre que j’ai faite hier soir chez Tityre. Ce dernier m’avait invité à dîner chez lui pour me présenter un certain Elithios, qu’il avait rencontré quelques jours plus tôt à la rocade, comme on dit ici, c’est-à-dire dans ce baisodrome à ciel ouvert que je suis un des rares, semble-t-il, à ne pas fréquenter, mais dont j’ai sans doute déjà parlé dans ce journal. Ce garçon, prétendait mon hôte, avait une vingtaine d’années, était plein de charme et fort porté sur la chose, et me conviendrait peut-être, même s’il était loin d’avoir inventé la poudre. Osman, qui était également là, et qui connaissait la bête, lui aussi, pour l’avoir pratiquée quelques mois plus tôt, était d’accord avec Tityre sur ce point&amp;nbsp;: Elithios était un garçon franchement limité. En comparaison, me disaient-ils, la simplesse de Camille eût pu passer pour de la vivacité d’esprit&amp;nbsp;: aussi le risque pour moi était-il assez grand de m’éprendre du garçon, ajoutèrent-ils perfidement, quoique assez justement. Elithios arriva donc vers onze heures, après son travail (il est plongeur dans un restaurant). J’ai assez vite compris qu’il était encore plus bête que tout ce qu’on m’avait dit&amp;nbsp;: la déficience mentale d’Elithios est caractérisée. Par exemple, il a le plus grand mal à se situer dans le temps. Il a d’abord en effet prétendu, quand je lui ai posé la question, ne travailler que deux heures par jours. Mais quand je lui ai demandé de me dire à quelle heure il commençait et terminait son travail, j’ai compris qu’il y passait beaucoup plus de temps qu’il m’avait dit. Seulement, comme il a une pause de plusieurs heures, tous les jours, chaque mi-temps de son travail représente, dans son esprit de simplet, ce qu’il appelle une heure. Il ne sait pas non plus à quelle époque il a commencé à travailler. C’était il y a longtemps, voilà tout. Mais qu’est-ce que longtemps, pour lui&amp;nbsp;? Des mois, des années&amp;nbsp;? Elithios est incapable de dire quel est le montant de son salaire. Ce n’est pas lui qui s’occupe de ça, comme il dit, mais son frère, dont il est sous la tutelle. Le plus frappant est qu’il rit pour des choses qui ne devraient faire rire personne, si ce n’est des adolescents de quatorze ans à peine, et encore&amp;nbsp;: même des enfants de treize ans n’en riraient peut-être déjà plus&amp;nbsp;! L’extrême candeur d’Elithios, qui illumine littéralement son visage, le fait paraître beaucoup plus jeune qu’il n’est. Mais il a les mêmes rides que moi au coin des yeux, plus prononcées encore, sans doute parce qu’il a déjà beaucoup plus travaillé que moi dans la vie, et beaucoup plus baisé également, puisqu’il passe habituellement toutes ses soirées à la fameuse rocade, où il fait toutes ses rencontres, parce qu’il refuse de s’abonner à Internet et qu’il n’a pas de téléphone (à moins que ce ne soit son tuteur qui lui ait mis dans la tête qu’il n’en avait pas besoin). En réalité, il a mon âge. Il n’est né qu’un mois après moi, en décembre 1975&amp;nbsp;! A la fin de la semaine, il quitte toujours Mont-de-Marsan, pour passer le week-end chez ses parents. Je me suis finalement levé pour rentrer chez moi quand, me voyant faire, Elithios s’est écrié&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu t’en vas&amp;nbsp;? – Oui, je dois me lever tôt demain, j’ai la séance chez mon psy à midi&amp;nbsp;! Pourquoi, tu voulais que je reste encore un peu&amp;nbsp;? – Bah oui&amp;nbsp;! – Oh&amp;nbsp;! Comme il est mignon, il veut que je reste encore avec lui. Mais regarde donc Tityre, c’est son heure, il est en train de piquer du nez, il faut qu’on le laisse dormir. – On n’a qu’à aller chez moi…&amp;nbsp;» Car tout débile léger qu’il soit, Elithios a son propre appartement (dans l’immeuble en face de celui qu’habitait Nicandre naguère encore, qu’il a d’ailleurs beaucoup observé depuis son balcon, assez pour savoir qu’il fréquentait assidûment un petit noir qui n’était autre, sans doute, que mon Phédon, de sinistre mémoire et qui semble avoir définitivement quitté la ville), il conduit un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;scooter&lt;/em&gt; et a littéralement le feu au cul, mais d’une façon tout à fait gracieuse, et comme allant de soi, sans doute du fait de sa stupidité. Avec lui, on est bien loin de l’obscénité calculée d’un Phédon, dont la perpétuelle ondulation, sur la piste de danse, semblait le retentissement, dans tout le corps, d’un péristaltisme de son cul, mais d’un péristaltisme inverse, servant non pas à expulser, mais à aspirer des bites, dont il n’est probablement jamais repu. Quand Elithios dit tout de même des obscénités, pour inviter à le sucer ou à l’enculer, c’est d’une façon qui sonne si faux que c’en devient tout à fait juste&amp;nbsp;: on dirait un enfant qui répète des obscénités dont il ne comprend pas le sens. Ce qui échappe entièrement à Elithios, c’est la part d’ordure qu’il y a dans les termes qu’il emploie et, l’ignorant, il en reste comme vierge en prononçant ces mots&amp;nbsp;: il n’y a pas le plus petit reliquat de saleté dans l’intonation de sa voix, dans son regard, dans ses gestes, dans les poses pourtant très suggestives qu’il peut prendre pendant l’amour (mais qui ne sont justement pas du tout suggestives&amp;nbsp;: elles sont absolument naturelles). Le peu que j’ai vu de la sexualité d’Elithios (car je n’ai pas voulu trop en voir, pour l’instant) a quelque chose d’immaculé. La raison pour laquelle je n’ai d’abord pas voulu trop en voir a été le sujet de cette séance chez Tirésias. Même s’il est évident qu’Elithios est très demandeur, sexuellement, comment puis-je être sûr de ne pas abuser de lui, puisqu’il est intellectuellement si limité, puisqu’il est presque un enfant&amp;nbsp;? N’est-il pas anormal que je me sois senti si bien avec lui&amp;nbsp;? Pour une fois, je n’étais plus en représentation, contrairement à mon habitude, qui est de toujours veiller à bien jouer mon rôle, même et surtout au moment d’avoir des relations sexuelles. Je croyais que la prise de conscience libérait&amp;nbsp;? Comment se fait-il donc, dans ce cas, que je continue d’être attiré par les garçons plus jeunes ou plus bêtes que moi, ou de faible constitution physique ou intellectuelle (en un mot&amp;nbsp;: par des garçons qui me sont inférieurs), puisque j’ai découvert, au cours de cette analyse, la plupart des raisons de cette attirance, c’est à savoir, en l’occurrence, le fait que je me sente moins en danger avec eux (ce qui n’est que partiellement vrai, car dans le même temps, je puis me sentir très en danger avec de tels garçons, avec Callias, par exemple). Tirésias m’a répondu que le but de l’analyse n’était pas de ne plus se trouver bien avec les personnes auprès desquelles on se trouve bien, mais de cesser de se trouver mal avec les personnes auprès desquelles on se trouve mal… «&amp;nbsp;Ce qui est très important, dans ce que vous venez de dire, c’est qu’on peut retourner votre inquiétude&amp;nbsp;: vous craignez de jouir abusivement d’autrui parce que votre plus grande crainte est d’être abusé par autrui. C’est une très bonne chose que vous ayez ainsi le souci de votre prochain.&amp;nbsp;» Le garçon qui me fait sentir plus particulièrement en danger, ces temps-ci, comme j’ai dit à l’instant, c’est Callias. Je ne sais pas interpréter les signes qu’il peut donner de son attirance pour moi ou, contraire, de son indifférence. Ou plutôt, j’ai tendance à sur-interpréter tout ce qui se produit comme d’éventuels signes de quelque chose que je ne comprends pas. Mon long retrait du monde a fait que je ne possède pas le code qui me permettrait de déchiffrer les garçons (puisque les garçons sont des livres&amp;nbsp;!). Vendredi soir, par exemple, après la fête chez Iolaos, dans la rue, pourquoi Callias, s’adressant à Osman et moi, a-t-il dit plaisamment que j’étais gros et qu’Osman était tout mince, alors que c’est évidemment le contraire&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais non, voyons&amp;nbsp;! Tout le monde sait que c’est Osman le petit gros de la bande&amp;nbsp;! – Mais non, Osman est trop maigre, il ne pourrait pas me porter dans ses bras jusque chez moi, il n’est pas assez fort. Toi tu pourrais&amp;nbsp;! – Te porter jusque chez toi&amp;nbsp;? Mais non, c’est trop loin&amp;nbsp;! – Quoi&amp;nbsp;? Tu veux dire que tu me trouves trop gros&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Callias voulait-il dire quelque chose de précis, peut-être sans le savoir lui-même, en faisant une telle allusion à nos corps, ou si c’est moi qui en ai le fantasme&amp;nbsp;? Nous n’avons finalement pas suivi les autres invités de Iolaos, Callias et moi, et plutôt que d’aller avec eux au bar d’Ascagne, où devait se poursuivre la soirée, nous avons préféré rentrer chacun chez soi, c’est-à-dire, pour lui, dans l’appartement de son amant, chez qui je l’ai donc raccompagné. Nous avons fait le chemin à pied. Quand nous fûmes arrivés presque à destination, Callias a fait cette remarque que son amant ne serait peut-être pas chez lui, sorti qu’il était de son côté. Puis, une fois que nous fûmes parvenus au pied de l’immeuble, il m’a demandé de lui expliquer de nouveau où j’habitais, ce que je lui avais déjà dit un peu plus tôt dans la soirée. Ce n’est qu’après l’avoir salué que je me suis dit qu’il m’avait peut-être tendu des perches pour que je l’invitasse à venir chez moi, ce que m’a sœur, à qui j’ai rapporté cet épisode le lendemain, m’a dit être en effet vraisemblable. Mais comment y penser, sur le moment, et, surtout, comment en être sûr&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais ce n’est pas si grave, si tu te trompes&amp;nbsp;», dit Julie. Le problème est pourtant bien là&amp;nbsp;: la pensée du plus petit échec dans ces situations prend chez moi une ampleur inouïe. Tout ce passe précisément comme si c’était une affaire très grave. Je suis incapable de légèreté dans la conduite de mes amourettes. C’est très pénible. Ma paralysie devient peut-être plus grande encore lorsqu’il y a des témoins de mes invisibles tentatives de séduction. Le plus terrible est que, même si nous nous trouvons seuls, le garçon que je désire est encore un témoin de la scène qui, de ce fait, ne peut avoir lieu. Même si le garçon était tout à fait bienveillant, mon malheur est si grand qu’il y aurait encore un témoin dont le regard me figerait&amp;nbsp;: c’est moi&amp;nbsp;! Si le regard d’autrui m’est si pénible, c’est parce que je le ressens comme malveillant (moqueur ou convoitant de me dépouiller de ce que je convoite moi-même). «&amp;nbsp;Encore une fois, me dit Tirésias, vous avez peur d’être abusé ou dépouillé, comme vous avez dit, par un autre méchant. Pour vous, l’autre est presque toujours méchant.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 28 octobre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Musique et/ou musiquette</category>
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<category>Valérie</category>
<pubDate>Thu, 29 Oct 2009 01:40:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; «&amp;nbsp;Valérie, Olivier. Vois ces deux initiales&amp;nbsp;: / L’une à l’autre accouplée, et voici qu’apparaît, / Ainsi qu’au cinéma sur un drap le reflet, / Le nom de mon amour&amp;nbsp;: Version Originale.&amp;nbsp;» Je ne sais pourquoi, tout à l’heure, en écoutant&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.deezer.com/fr/music/yann-tiersen/le-phare-304472?song=3171583&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;ce morceau&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;d’un chanteur que m’avait fait découvrir la Valérie de ce piètre quatrain, dont j’étais chastement épris, à l’époque, je ne pouvais m’empêcher de penser à Callias. (Il est vrai que je pense un peu trop souvent à lui ces temps-ci.) Puis je me suis souvenu que le nom patronymique de Valérie, qui m’était sorti de l’esprit, était le même que celui de Callias. Même si c’était en toute chasteté, j’avais été sincèrement amoureux de Valérie. Je ne cessais d’imaginer de nouvelles façons de lui rendre hommage, sans jamais craindre le ridicule, comme un enfant. J’avais même réussi à faire croire à tout le monde, un jour, que j’avais cueilli une rose blanche de derrière son oreille. Aujourd’hui encore, je me demande comment j’avais réussi ce tour, auquel tous les témoins s’étaient laissé prendre. J’aimais Valérie comme on aime une vierge, comme Hippolyte, peut-être, aima la sauvage Artémis. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Vierge&lt;/em&gt; est d’ailleurs l’épithète que je lui avais donnée dans la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090403004933/&quot;&gt;Ballade de mes petites amoureuses&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. (Beauté virginale de Callias&amp;nbsp;? Qu’il m’intimide tellement parce qu’il est une Artémis, comme Valérie, comme Sandrine F***&amp;nbsp;? Il porte à son cou la menace du sort qui fut fait à Actéon&amp;nbsp;: les suçons que lui fait son amant, qui sont pour moi des morsures. Callias m’a dit &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/26/dimanche-25-octobre-2009.html&quot;&gt;l’autre soir&lt;/a&gt; (j’avais oublié de le noter dans ce journal), sur le ton de la plaisanterie (mais il l’a dit tout de même…), que si je continuais à lui tourner ainsi autour (ce qu’il avait donc bien remarqué), il le rapporterait à son amant, qui viendrait me ‘‘casser la gueule’’. Se peut-il qu’il y ait un lien de parenté entre Callias et Valérie&amp;nbsp;? J’ai dit que Callias était le frère d’une célébrité locale, au sujet de laquelle j’ai encore lu, tout récemment, un article dans le journal. Peu après avoir relevé ce lien de parenté dans mon blogue, je me suis aperçu que le nom dudit frère avait disparu du ‘‘mur’’ de Callias, sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;, dont l’une des indispensables fonctionnalités est justement de pouvoir dire de qui&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’on est le frère ou la sœur. Je me suis demandé si ce dernier avait fait exprès de l’effacer. Etait-ce son frère qui lui avait demandé de le faire disparaître, parce qu’il ne voulait pas être associé à quelqu’un d’efféminé&amp;nbsp;? Cette disparition était-elle seulement liée aux récents changements opérés sur le site &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt; et qui n’ont pas été sans occasionner quelques &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bugs&amp;nbsp;&lt;/em&gt;? Je suis même allé jusqu’à imaginer que Callias avait lu mon journal, et que la gêne qu’il avait peut-être éprouvée en trouvant le nom de son frère dans ma prose l’avait poussé à le retirer de son ‘‘mur’’, pour effacer les traces. C’est dire si je suis déjà gravement atteint… Il n’est pas normal que je pense tellement à lui, que je me pose autant de questions, que sa pensée me fasse faire autant d’associations d’idées. D’ailleurs, ce ne sont pas des associations, ce sont des fantasmes. A l’heure où j’écris ces lignes, le nom du frère est miraculeusement réapparu sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;. Lorsque Callias m’avait dit qu’il était le frère de quelqu’un d’assez connu dans le monde de la tauromachie (qui est ici, avec celui du rugby, presque &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;tout&lt;/em&gt; le monde), ç’avait été sur un ton particulier, légèrement méprisant, comme s’il y avait de réelles tensions entre les deux garçons, comme s’ils n’approuvaient pas leurs modes de vie respectifs. D’ailleurs, toujours sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;, Callias écrit qu’il aime toutes les ‘‘musiques’’, «&amp;nbsp;sauf le métal (qu’est-ce donc&amp;nbsp;?) et les musiques de férias&amp;nbsp;». (A chaque fois qu’un garçon qui veut apprendre à me connaître davantage me demande quel est le genre de musique que j’aime, je ne puis m’empêcher de penser que je suis foutu, que je n’ai aucune chance, qu’il ne pourra rien y avoir de sérieux entre nous. Je ne sais jamais quoi répondre à sa question, non seulement parce que je ne suis pas assez versé dans la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;petite&lt;/em&gt; musique pour en connaître tous les genres, mais surtout parce que la néfaste lecture de Renaud Camus m’a fait prendre le parti, pourtant intenable dans le milieu complètement décervelé qui est le mien, de dire, par bravade, la musique tout court où le garçon qui m’interroge dirait comiquement la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;grande&lt;/em&gt; musique ou la musique &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;classique&lt;/em&gt;. «&amp;nbsp;Et toi alors, me demande le joli garçon, quelle musique aimes-tu&amp;nbsp;? – Comment ça, quelle musique j’aime&amp;nbsp;? J’aime la musique, voilà tout&amp;nbsp;! – Oui, mais quelle musique&amp;nbsp;? – Eh bien la musique&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» J’ai généralement l’air d’un fou, dans ces moments-là, ou de quelqu’un qui se moque. D’ailleurs je ne suis pas bien sûr, rinaldo-camusiennement parlant, que ce soit tout à fait la musique que j’aime. J’aime surtout cette partie de la musique ancienne, de la Renaissance et du Moyen Age, qui est essentiellement de la chanson. Evidemment, mes termes sont fort imprécis&amp;nbsp;: ce sont ceux d’un inculte, car je ne suis guère plus savant en grande qu’en petite musique. N’est-ce pas sous la plume de Camus (mais je n’en jurerais pas, d’autant qu’il citait peut-être quelqu’un d’autre) que j’ai lu cette phrase que je cite à mon tour de mémoire, et sans doute fort imparfaitement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La musique baroque, n’est-ce pas la musique qu’aiment ceux qui n’aiment pas la musique&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Alors la musique de la Renaissance ou du Moyen Age…) Callias ne porte pas le même nom patronymique que ses frères, qui ne sont que des demi-frères. Il est le fils d’un autre père. Cela, plus le fait qu’il ne s’entende (peut-être) pas avec son frère célèbre, me fait croire (je dis bien croire, car je ne fais que supposer tout ce que j’écris, et encore, supposer est trop dire, je fantasme, voilà tout) qu’il est possible que Callias ait manqué d’un frère, ce qui me semble avoir été toujours aussi mon cas. L’attirance que j’ai pour Callias n’est pas tellement sexuelle&amp;nbsp;: mais je me verrais bien devenir son ‘‘grand’’ frère, comme il ne faudrait pas dire dans un texte où Renaud Camus vient d’être évoqué. Cela dit, si Callias avait été mon frère, je ne sais pas si je l’aurais aimé comme un frère. Sans doute l’aurais-je aimé comme j’aime les garçons, l’inceste étant, dans mon ‘‘système’’, la quintessence de l’homosexualité. Mais peut-être aurait-il été le seul garçon que j’aurais aimé comme j’aime aujourd’hui les garçons. Parce que j’aurais trouvé en lui ce que je ne trouverai jamais entièrement auprès des autres garçons, c’est à savoir un frère, j’aurais pu, outre lui, me consacrer à l’amour des filles. J’ai appris qu’il se préparait au Brésil &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=3DVa2DKSnU0&amp;amp;feature=player_embedded&quot;&gt;un film&lt;/a&gt; consacré à deux frères qui s’aiment plus qu’ils ne devraient, ou d’une façon qui n’est pas permise, bref, qui ont l’un pour l’autre, autant le dire, un amour incestueux. Je suis très curieux de voir ce film, s’il est un jour projeté sur les écrans. (Inutile de dire à mes délateurs et aux procureurs et policiers qui, les ayant écoutés, viendraient surveiller ce blogue, que je réprouve et condamne l’inceste avec autant de force que la prostitution&amp;nbsp;! Et, s’il a pu m’arriver de donner l’impression, dans ces pages, d’être tenté par l’un et l’autre, ou même d’avoir cédé à la tentation, je tiens à l’écrire de nouveau&amp;nbsp;: je ne dirai jamais assez combien je me désapprouve et condamne, oh là là, non, jamais assez&amp;nbsp;!) Le désordre du texte de ce jour sera sans doute la matière de ma séance demain chez Tirésias. Beaucoup d’éléments relatifs à Callias font remonter en moi de ces choses enfouies dont parle Tirésias, comme ç’avait déjà été le cas avec Camille, qu’il y aura tout juste un an, le deux novembre, qui m’a quitté. Camille, roux comme Sandrine F***&amp;nbsp;; Callias, ‘‘vierge’’ comme Valérie. Callias me sera-t-il un second Camille&amp;nbsp;? Comme je le souhaiterais&amp;nbsp;! Pourvu que non&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dimanche 25 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/26/dimanche-25-octobre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 02:18:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Le dîner chez ma sœur hier soir était annulé, Aribaze et Osman en ayant chacun donné chez soi. Tityre et moi sommes allés à celui d’Osman (ainsi que Cléomédon, mais sans son Clinias, qui n’a paraît-il pas du tout apprécié certaines choses que j’ai dites sur lui dans ce journal), ma sœur et Iolaos (qui est le meilleur ami d’Osman et, depuis peu, le chevalier servant de Julie) à celui d’Aribaze. Ceux du côté d’Aribaze nous ont plus tard rejoints chez Osman, d’où nous sommes ensuite allés dans le bar que tient le bel Ascagne et, de là, pour finir, à Parthénon. Une certaine Nidalie, qui est une grande habituée d’Ascagne, était également des nôtres. Bien que je ne la connusse pas vraiment avant hier soir, où je la voyais pour la première fois chez l’un de nous plutôt qu’en ville, j’ai pu constater, pour avoir longuement parlé avec elle, qu’elle me connaissait apparemment très bien, et en particulier, qu’elle savait déjà que c’était à cause de moi que Phidippide était tombé dans l’espèce de disgrâce d’où personne ne semble très désireux de le sortir, à l’exception de Tityre. Osman, qui était pourtant absent,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/19/dimanche-18-octobre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le soir de notre rupture&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, m’a même fait remarquer qu’il ne lui avait pas du tout coûté de ne pas inviter Phidippide à son dîner. En m’assurant ainsi de leur soutien, mes amis ne se doutaient sans doute pas qu’ils ne faisaient qu’accroître ma mauvaise conscience. Pauvre Phidippide, après tout… D’autres personnes étaient encore chez Osman, dont je n’ai pas retenu les noms, trop aviné que j’étais sans doute, et surtout trop affairé à cultiver le sublime Callias, qui nous honora de son angélique présence. Il était soul et, durant tout le temps de son absence, ne cessa de me demander quand arriverait enfin ma sœur, qu’il aime passionnément, quoique d’un amour tout platonique évidemment. Il l’a pourtant embrassée (à ce que m’a dit Tityre, chez qui je suis allé dîner ce soir), ainsi qu’un autre des invités d’Osman, celui d’entre eux (encore un pédé) qui était célibataire et bien loin d’être un prix de beauté&amp;nbsp;! Il faut dire que Callias embrassait et caressait tout le monde. L’ivresse le rendait débordant d’amour. Plus d’une fois il s’est jeté dans mes bras ou m’a pris dans les siens, me serrant si fort que je pouvais à peine respirer ou lui répondre quand il m’a demandé pourquoi je le touchais ainsi, alors que c’était lui qui… De toute façon, je n’aurais rien su répondre d’intelligent, ni même d’idiot. Je continue de me demander si la relative indifférence que Callias me montre un peu trop ostensiblement n’est pas plutôt de l’intérêt péniblement dissimulé. Lors d’une fois précédence, il m’avait dit cette chose étrange&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Olivier, je n’oublie jamais un visage. Il me semblait bien que je t’avais déjà vu quelque part, mais je n’arrivais pas à me rappeler où. Et puis ça m’est revenu tout à coup. C’est chez Osman que je t’avais vu la première fois&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» C’était une remarque complètement absurde. Aux premiers temps de notre fréquentation actuelle (et qui n’a jamais été qu’actuelle), nous ne nous sommes toujours vus que chez Osman ou du moins en sa présence. Qu’Osman soit celui qui nous a présentés l’un à l’autre est une évidence. En bonne logique, Callias aurait dû me dire qu’il m’avait déjà vu &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avant&lt;/em&gt; de me rencontrer chez Osman, ailleurs que chez ce dernier (ce dont je me serais nécessairement souvenu, de toute façon, parce qu’il correspond parfaitement à mon type de garçons&amp;nbsp;; c’est d’ailleurs bien pourquoi il me fait perdre tous mes moyens&amp;nbsp;: la peur de perdre ce que je désire le plus me paralyse. Je me demande si l’un des nœuds de ma névrose n’est pas que je ne me sente pas le droit de prétendre à ce qui serait le plus fait pour me combler. Je perds tous mes moyens devant le bel être que je voudrais séduire, parce que je ne m’en sens pas digne. Le sentiment que je serais un voleur, pour ne pas dire un violeur (violant quelque loi supérieure, qui m’interdirait d’y prétendre), m’empêche de seulement esquisser le plus petit geste pour séduire la personne qui m’inspire du désir. Il faudrait que j’en parle à Tirésias.) Je me demande donc si Callias n’a pas inventé cette invraisemblable réminiscence pour me dire à sa manière qu’il m’avait remarqué, qu’il avait pour moi un intérêt qu’il n’ose pas me dire trop explicitement, d’autant qu’il est déjà l’amant de quelqu’un, je ne sais plus si je l’avais dit&amp;nbsp;: il s’agit d’un jeune homme de trente ans, avec qui j’ai paraît-il déjà chatté, avec qui j’avais même sympathisé, mais que je n’ai jamais rencontré physiquement. Le fait que Callias soit l’amant d’un garçon de trente ans m’affole complètement&amp;nbsp;: je me dis qu’entre toutes les barrières qu’il y a entre nous, celle de l’âge n’en est pas une. Hier soir, il m’a fait une autre remarque, et précisément au sujet du tout premier jour de notre rencontre. Comme il me demandait si je ne voulais pas danser avec lui&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;! Non&amp;nbsp;! C’est impossible, je ne danse jamais&amp;nbsp;! – Comment ça, tu ne danses jamais&amp;nbsp;? Je t’ai vu danser, une fois, je ne sais plus où. – Moi&amp;nbsp;? J’aurais dansé&amp;nbsp;? Ah oui&amp;nbsp;! Ce devait être avec Phédon, mais c’est uniquement parce qu’il m’y avait forcé et parce que j’étais soul. – Oui, et vous étiez allés faire des choses dans les toilettes aussi. – Euh… Oui, mais non… Là encore, c’est lui qui m’avait entraîné. De toute façon, moi, je ne fais jamais rien dans les toilettes. C’est bien simple, je n’y vais jamais&amp;nbsp;! Je suis au-dessus de ces choses-là&amp;nbsp;! Ç’avait été&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;une très mauvaise soirée&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;pour moi. J’aime autant ne pas en parler, d’ailleurs, je suis sûr que tu sais déjà tout, puisque tout finit toujours pas se savoir.&amp;nbsp;» Callias, qui avait prétendu, quelques jours plus tôt, ne s’être rappelé que tout récemment le premier jour de notre rencontre, semblait donc s’en souvenir désormais très précisément. Mais le plus surprenant, c’est donc qu’il m’avait apparemment observé, ce premier jour, alors que j’avais été si affecté par son indifférence à mon égard. Aussi bien suis-je en train de me faire des idées. Il est tout à fait possible que j’interprète trop les choses. Ma sœur me dit que, Callias étant plus jeune que moi et donc le plus inexpérimenté, c’est à moi de mener la danse, c’est-à-dire de faire précisément ce que je ne sais pas. «&amp;nbsp;Mais je n’y arriverai jamais&amp;nbsp;! Je ne sais même pas danser, au propre comme au figuré&amp;nbsp;! Alors mener la danse… Pourquoi crois-tu que je me saigne aux quatre veines pour m’offrir les services d’un Tirésias&amp;nbsp;? – Mais justement, est-ce que vous ne travaillez pas sur tes difficultés relationnelles, avec ce Tirésias&amp;nbsp;? – Si, bien sûr. Et j’ai fait beaucoup de progrès, mais uniquement dans mes relations avec les groupes. Avec les individus, je suis encore complètement incapable. – Tu te poses trop de questions au sujet de Callias. Tu devrais te contenter de jouir du plaisir d’avoir un beau garçon dans ton entourage et prendre le temps d’apprendre à le connaître, sans penser à autre chose.&amp;nbsp;» Je le sais bien, mais c’était délicieusement affolant de sentir le corps enivré de Callias se presser contre moi. Comment donc penser à autre chose après cela&amp;nbsp;? J’ai de nouveau croisé Callias, par hasard, cet après-midi, pendant ma distribution hebdomadaire. Il avait dessoûlé et semblait fatigué et un peu gêné de me rencontrer (il faut dire que cette rencontre s’est passée dans le hall de l’immeuble où vit son amant (immeuble qui est également celui de la mère de Tityre)). Aucun produit cosmétique n’avait été mis dans ses cheveux, qui étaient tout propres. Il avait l’air plus blond et plus flou. C’était presque quelqu’un d’autre. Je me suis avisé que je ne l’avais vu jusqu’alors que de nuit. «&amp;nbsp;Le jour et la nuit.&amp;nbsp;» Je ne sais pourquoi m’est venue à l’esprit cette expression. Tout nous sépare. Il est le jour, je suis la nuit. Comment donc pourrions-nous vraiment nous rencontrer&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vendredi 2 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/03/vendredi-2-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Don Esteban</category>
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<category>Tirésias</category>
<pubDate>Sat, 03 Oct 2009 03:31:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Vingt-huitième séance chez Tirésias&amp;nbsp;: Il m’est arrivé une chose étrange,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/01/mercredi-30-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;mercredi après-midi&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, à la bibliothèque. J’y ai aperçu Sandrine F***. Elle avait laissé sa sublime rousseur lui tomber jusqu’aux hanches. Nous ne nous sommes salués que d’un signe de nos têtes. J’aurais voulu me lever de ma chaise pour aller jusqu’à elle, mais au moment de le faire, je me suis trouvé comme cloué à mon siège. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Mes bras et mes jambes tremblaient. J’ai dû poser sur la table de lecture le crayon que j’ai toujours à la main, que je n’arrivais plus à tenir. Je me suis senti littéralement foudroyé par cette divinité, dont le passage en ces livres m’a fait le même effet que certaines de ces fulgurances dont on est parfois saisi au détour d’une page, qui empêchent la poursuite de la lecture, le temps qu’il faut pour se remettre de leur pénétration, à moins que ce ne soit précisément le temps qu’elles mettent à se frayer dans la chair une plaie jusqu’aux tréfonds… En même temps est arrivé celui&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/12/vendredi-11-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que j’ai appelé le jeune dieu tutélaire de cette bibliothèque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Il s’est assis face à moi, mais à une autre table. Il était tard et le soleil, bas et peut-être un peu roux lui aussi, illuminait les genoux, les mollets, les chevilles du garçon, dont la chair, splendide, radieuse, me semblait presque inhumaine, adorable, proprement divine. Je ne pouvais plus lire. Je ne pouvais plus rien. Sabine, en Allemagne, et Frédéric P***, que j’aimais tous deux, m’avaient fait croire un jour, par jeu, qu’ils étaient épris l’un de l’autre. Déjà cette fois, j’avais perdu le contrôle de moi-même&amp;nbsp;: exactement comme mercredi, devant Sandrine F***, pure idée jaillie des livres, et le garçon, son page entre les pages. Il est tout de même curieux que ces deux êtres, étrangers l’un à l’autre, m’aient causé le même accablement qu’avaient fait Sabine et Frédéric, qui se connaissaient entre eux. Mes deux divinités avaient pourtant bien une chose en commun, c’était le regard indifférent&amp;nbsp;; le regard sans chaleur de Sandrine, qui ne semblait pas même joyeuse, pas même surprise (preuve de sa divinité&amp;nbsp;?), de retrouver un ancien camarade de classe, comme si nous nous étions quittés la veille&amp;nbsp;; quant au jeune dieu tutélaire, son regard était celui de quelqu’un qui lève un instant le nez de son livre pour y replonger aussitôt les yeux&amp;nbsp;: c’était un regard presque absent. J’étais regardé sans être vu. «&amp;nbsp;‘‘Divinité’’, ‘‘dieu tutélaire’’&amp;nbsp;», me dit Tirésias. «&amp;nbsp;Bien sûr&amp;nbsp;: tout cela me renvoie à ma propre condition d’être bassement humain.&amp;nbsp;» Je ne suis que cette boue toujours indigne de ce qui m’inspire du désir. Et ma mère, qui m’a interdit de toucher les femmes, trop sacrées pour que j’aie le droit d’y porter la main. Non seulement je ne me sens pas le droit de toucher, mais même de regarder ce que je trouve beau. Ma grande peur est que mon regard soit surpris par ce que je regarde. Dans le même temps, je prends plaisir à regarder ce que je sais ne pas être conscient de mon regard. Je suis un peu voyeur. Paradoxe&amp;nbsp;: je ne supporte pas d’être regardé, mais c’était précisément les ‘‘regards sans me voir’’ de Sandrine F*** et du garçon qui m’accablaient. C’est peut-être de ne pas être vu tel que je suis ou tel que je voudrais être qui m’accable. «&amp;nbsp;Le regard, le &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;regaaaard&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Dites-moi les pensées qui vous viennent à ce sujet, m’a demandé Tirésias. – Ce qui me vient à ce sujet&amp;nbsp;? Je ne sais pas, moi… C’est ce que je viens de vous dire, qui me vient à l’esprit&amp;nbsp;! (Un silence.) Là, par exemple, ce qui vient de me traverser l’esprit, c’est mon reflet dans la glace. Il me semble que depuis que j’ai commencé cette analyse, je me vois vieillir. Ou plutôt, je suis en train de m’apercevoir que j’avais commencé de vieillir avant de vous consulter, car je ne peux pas croire que toutes les rides que je me découvre, toutes ces petites imperfections de la peau, me soient venues en moins de six mois&amp;nbsp;! &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En me regardant dans le miroir, je me vois désormais tel que je suis sans doute. – Oui, c’est tout à fait normal. Commencer une analyse, c’est accepter de regarder en soi, et donc de se regarder en face.&amp;nbsp;» Pourtant, nombreux sont ceux qui me disent qu’ils me croyaient beaucoup plus jeune ou qui, connaissant mon âge, trouvent que je ne le fais pas. A dire le vrai, les avis sont fort &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;partagés&lt;/span&gt; quant à cette question des plus délicates. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, par exemple, se moque de moi lorsque je lui dis que je fais croire, sur Internet, que je n’ai que vingt-sept ans. «&amp;nbsp;Tu dois en décevoir beaucoup, me dit-il, si tu leur annonce cet âge. Tu fais beaucoup plus vieux&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Mais don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, qui a regardé dernièrement les photos de moi que j’ai publiées sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, me disait encore tout récemment que je semblais avoir trouvé une seconde jeunesse. Un garçon beaucoup plus jeune que moi prétendait hier encore, en toute bonne foi, qu’il avait cru que je n’avais pas vingt-trois ans&amp;nbsp;! Je ne sais plus quel est mon âge. Quand je me regarde dans le miroir, je commence à voir en effet quelqu’un qui pourrait avoir l’âge du Christ. Mais celui que j’aperçois dans les yeux de mon prochain, ou du moins le reflet que j’apprête spécialement pour ses yeux, à grand renfort de crèmes cosmétiques, de repos et de sommeil (qui est le secret de la fraîcheur), est encore un tout jeune homme. En revanche, si je ferme les yeux, pour mieux considérer ma solitude et mon inadaptation dans le monde où je suis, j’ai l’impression d’avoir mille ans. Ou plutôt, j’ai l’impression d’être un tout petit enfant de mille ans. Je n’avais rien dit de plus, lors de la vingt-septième séance, jeudi 24 septembre, que ce que j’avais noté dans ce journal&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/21/dimanche-20-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le dimanche 20&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Mais Tirésias a cru bon d’ajouter que &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;noli me tangere&lt;/em&gt;, «&amp;nbsp;ne me touche pas&amp;nbsp;», signifiait peut-être aussi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;ne m’émeus pas, ne m’atteins pas, ne me blesse pas, ne me fais pas souffrir&amp;nbsp;». Je ne voudrais plus souffrir à cause de cette femme, ma mère, qui me l’a déjà fait tant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dimanche 20 septembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 00:22:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Et si c’était parce que je suis dans mon âge du Christ que tout cela s’était passé, que tout cela se passait maintenant, c’est-à-dire depuis que Camille m’a quitté, le&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/04/lundi-3-novembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;2 novembre 2008&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, date anniversaire de ma naissance, jour des morts, où je suis donc entré en cet âge symbolique, l’âge de mourir et de renaître&amp;nbsp;? J’assistais hier au concert d’orgue qui était donné en l’église de Saint-Pierre-du-Mont. Comme c’étaient ce week-end les journées du patrimoine, des tableaux étaient exposés dans ladite église. L’un de ces tableaux, qui fait en réalité partie de la collection permanente, était intitulé &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Noli me tangere&lt;/em&gt;. J’ai reçu comme une gifle ce titre prononcé par le curé qui commentait les œuvres. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Noli me tangere&lt;/em&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;nondum&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;enim&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;ascendi&lt;/span&gt; ad &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Patrem&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;meum&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Tirésias m’avait dit que j’avais manqué d’un père pour me détacher de ma mère. C’est peut-être parce que j’ai atteint cet âge où l’on meurt et renaît que le contact physique avec ma mère, qui m’est pénible depuis si longtemps, m’est devenu cette année à ce point insupportable. Il me semble avoir remarqué, lors de sa récente visite, que mes sentiments pour mon père s’étaient beaucoup apaisés. J’ai infiniment moins de dégoût pour lui que naguère encore, comme si l’‘‘ascension’’ vers mon père était l’autre condition de ma renaissance (la première étant la séparation d’avec ma mère). C’est encore parce que je viens probablement d’atteindre la moitié de ma vie. Je suis retourné cet après-midi dans la même église, accompagné cette fois d’Osman, pour assister à la lecture du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Chemin de Croix&lt;/em&gt; de Claudel, sur lequel Pierre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Pincemaille&lt;/span&gt; improvisait à l’orgue. Il m’a semblé que presque tout le texte de la septième station parlait très précisément de moi&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Ce n’est pas la pierre sous le pied, ni le licou tiré trop fort, c’est l’âme qui fait défaut tout à coup. Ô milieu de notre vie&amp;nbsp;! Ô chute que l’on fait spontanément&amp;nbsp;! Quand l’aimant n’a plus de pôle et la foi plus de firmament, parce que la route est longue et parce que le terme est loin, parce que l’on est tout seul et que la consolation n’est point&amp;nbsp;! Longueur du temps&amp;nbsp;! Dégoût en secret qui s’accroît de l’injonction inflexible et de ce compagnon de bois&amp;nbsp;! C’est pourquoi on étend les deux bras à la fois comme quelqu’un qui nage&amp;nbsp;! Ce n’est plus sur les genoux qu’on tombe, c’est sur le visage. Le corps tombe, il est vrai, et l’âme en même temps a consenti. Sauvez-nous de la seconde chute que l’on fait volontairement par ennui.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» Camille a été ma croix. C’était un garçon d’une grande nervosité. La tension en lui était telle que son corps semblait chaque jour se raidir un peu plus, peut-être à cause de moi, qui ne savais pas y faire avec lui. Il était si passif, au lit, que je n’aurais sans doute pas été surpris de le voir les bras en croix&amp;nbsp;! Camille fut pour moi littéralement «&amp;nbsp;ce compagnon de bois&amp;nbsp;» dont parle Claudel. C’est lorsqu’il s’est échappé, croix tombant de mon épaule, à laquelle il était venu s’appuyer, que j’ai moi-même chuté. Mais tout cela était&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;sans doute la condition de ma lente résurrection.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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