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        <title>Un jardin d'Adonis - stephanophorie</title>
        <description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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                <title>Mardi 12 septembre 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
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                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Wed, 13 Sep 2006 03:15:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai déjà dit, je crois, que j’avais divisé le secteur dans lequel je distribue mes prospectus en plusieurs circuits. Or l’un de ces circuits correspond justement au parcours qu’une espèce de cycliste amateur effectue sans doute plusieurs fois par semaine, parce que ce n’est pas la première fois que je le croise. C’est peut-être même bien la vingtième (au moins&amp;nbsp;!), car ce garçon n’en finit pas de tourner autour du pâté de maisons, sur son peu viril vélo de ville&amp;nbsp;: il doit passer devant moi toutes les six ou sept minutes environ. J’imagine qu’il essaie de perdre du poids, car il est un peu grassouillet&amp;nbsp;: disons qu’il a juste ce qu’il faut de gras pour que j’y trouve du charme, même si, d’habitude, je préfère les grands minces (aux ‘‘visages d’Aryens’’, s’empresserait d’ajouter &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, qui n’a aucun goût et ne supporte pas d’entendre parler allemand, ai-je remarqué presque par hasard, lors de notre séjour à Barcelone, tandis que nous entreprenions de baiser dans sa chambre, alors que la télévision étant encore allumée se mettait soudain à cracher des sons germaniques&amp;nbsp;: il se mit à pousser un terrible hurlement qui, pour une fois, n’était pas causé par moi. Je comprends d’autant moins son dégoût que, sa mère étant Autrichienne, on pourrait presque dire que l’allemand est la langue maternelle d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;…) Pour en revenir à mon cycliste, ce que je lui trouve de charmant (touchant serait plus juste), c’est qu’il s’efforce de perdre ce peu de gras que je disais. S’il avait l’air de s’en satisfaire, j’en serais sans doute profondément dégoûté. Quand il arrive à mon niveau, il me jette un petit regard difficile à interpréter&amp;nbsp;et il a des joues toujours un peu plus rouges, sans doute à cause de l’effort, mais je préfère me dire que c’est son trouble, et sa confusion, qui s’intensifient à chaque nouveau passage devant moi. Je ne serais pas étonné qu’il soit de la pédale, même lorsqu’il n’est pas sur son vélo. Il y a aussi quelque chose de très émouvant dans ses cheveux, qu’il porte courts. Il me semble que ce garçon est du genre à se coiffer soigneusement. Mais lorsque je le croise, ses cheveux, apparemment très fins, sont tout ébouriffés par la sueur et le vent. On voudrait y porter la main ou &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;les peigner. Sur le terrain de football près duquel je gare ma voiture (au point de départ et d’arrivée dudit circuit), les internes du lycée tout proche viennent courir, le soir, avant de se coucher. Leurs torses nus luisent dans la pénombre. On les entend s’essouffler. Le midi, d’autres lycéens (je préfère me dire que ce ne sont pas les mêmes) viennent hanter un petit supermarché où je me rends parfois. Ils ont l’air idiot, font beaucoup de bruit et prennent énormément de place. Sur le site du parti de l’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;In-nocence&lt;/span&gt;, dans son&lt;/font&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.in-nocence.org/pages/parti/editoriaux/edit_43_main.html&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;éditorial&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot;&gt;du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; août 2006, intitulé &lt;em&gt;Que va-t-il se passer&amp;nbsp;&lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;?&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Renaud Camus semblait craindre que ne finisse par s’imposer en France «&amp;nbsp;le rapport ‘‘&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;arabo-musulman&lt;/span&gt;’’ à l’espace, […] à la ville, à l’immeuble, au hall d’immeuble, […] au trottoir, au regard, à l’objet, au détritus, etc.&amp;nbsp;». En réalité, ce rapport existe déjà et s’impose en effet, mais c’est celui de presque toute la jeunesse et pas seulement des Arabes (il est vrai que la jeunesse affecte souvent de suivre les épouvantables mœurs des ‘‘cités’’, où vivent justement tant d’Arabes&amp;nbsp;!). A propos d’Arabes, j’avais oublié de parler de l’arrêt que nous fîmes, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; et moi, lors de notre retour de Bilbao, sur une aire d’autoroute, en Espagne, à quelques kilomètres de la frontière française. L’endroit était littéralement envahi d’Arabes et nous étions probablement les seuls non arabes, avec le personnel espagnol. J’imagine que tous ces gens revenaient du Maroc. C’était un spectacle très déplaisant, angoissant même, oppressant. A un moment, un enfant qui courait dans tous les sens (mais tous les enfants couraient en hurlant) est venu se heurter à moi. J’ai dû avoir un geste de recul et une expression de grand dégoût sur le visage (je déteste tous les enfants, et pas seulement ceux des Arabes) car la mère de l’abominable petit être, dont le très beau visage était serré dans un foulard, m’a lancé un regard… indéfinissable… terrible… plus exactement, c’est moi qui préfère ne pas définir ce regard, parce que cela reviendrait à jeter sur moi un jour par trop hideux. Je me montre déjà bien assez détestable comme ça. Il est inutile d’en rajouter&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Vendredi 8 septembre 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
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                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Sat, 09 Sep 2006 01:59:33 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Suite et fin de la &lt;em&gt;Stéphanophorie&lt;/em&gt;. Puisque j’emportais Esteban avec moi partout où j’allais, lors de ce court voyage hors de France, &lt;em&gt;Stéphanophorie&lt;/em&gt; sera un excellent titre pour le compte rendu que j’en fais dans ce journal. (Je lis dans le Bailly que στεφανηφορία existe, avec un η.) Je m’étais arrêté au dîner avec Laurence et Myriam. Le lendemain, vendredi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; septembre, nous dûmes faire un détour jusqu’à Mont-de-Marsan, où j’avais à récupérer ma cargaison hebdomadaire de prospectus. Après quoi, nous reprîmes aussitôt la route pour Bilbao, dans une voiture qu’Esteban avait louée à l’aéroport de Bordeaux. Au musée Guggenheim, j’ai surtout été impressionné par un tableau de Anselm Kiefer intitulé &lt;em&gt;Cette clarté obscure qui tombe des étoiles&lt;/em&gt; (sic, c’est du moins dans cet ordre que les mots sont écrits au sommet de l’immense toile, sur laquelle il me semblait réellement voir une obscure clarté tomber comme pulvérulente sur une espèce d’immensité désertique.). Notre hôtel était situé juste en face du musée et, le lendemain matin, nous prîmes le petit déjeuner sur la terrasse du dernier étage, surplombant la bizarre architecture. Avant de quitter la ville, nous entrâmes chez un marchand de livres anciens. Il y avait un gros volume relié portant le titre&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Moyen Age&lt;/em&gt;. Les pages étaient entièrement couvertes d’une élégante écriture manuscrite. Il s’agissait sans doute d’un travail qui ne trouva jamais d’éditeur. L’auteur était une femme dont j’ai oublié le nom et qui fit probablement relier son manuscrit. Ses héritiers, j’imagine, s’en débarrassèrent, comme de toute sa bibliothèque. C’était un très bel objet, qu’Esteban, évidemment, proposa de m’offrir. Je pris beaucoup sur moi pour refuser. C’était au-dessus de ses moyens, qui sont devenus à peu près nuls, hélas, et pour combien de temps encore&amp;nbsp;? A notre retour à Mont-de-Marsan, il me déposa à ma voiture et nous nous séparâmes sans plus de cérémonie.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Jeudi 6 septembre 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
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                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Thu, 07 Sep 2006 22:35:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai trouvé ce matin dans ma boite aux lettres électronique un message d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; m’annonçant qu’il était enfin arrivé dans son île, dont je ne retiens jamais le nom, qui est imprononçable, de toute façon. Sa conversation me manque, quand même il croit qu’elle m’ennuie profondément, parce que j’ai dû lui dire une &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;ou&lt;/span&gt; deux fois, il y a longtemps, que je le trouvais pontifiant. Régulièrement, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; s’interrompt donc, lorsqu’il parle, et me demande, alors que je suis pourtant tout ouïe&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu me trouves pontifiant, c’est ça&amp;nbsp;?&amp;nbsp;– Mais non, pas du tout, je t’écoute.&amp;nbsp;» Il est vrai que la plupart du temps, je ne fais qu’écouter, sans rien dire, ce qui, à la longue, doit être un peu déconcertant. Je suis décidément bien mauvaise compagnie&amp;nbsp;! Il doit y avoir quelque chose, dans mon regard, qui, par moment, fait croire à qui me parle que je ne le suis plus. Je me souviens que mon professeur de grec s’interrompait souvent pour me demander si je n’étais pas d’accord avec lui ou si j’avais une question à poser&amp;nbsp;: uniquement parce qu’il y avait quelque chose de bizarre dans mon regard, alors que j’étais seulement attentif. Il faudrait que je reprenne le récit de mon séjour à Barcelone. Je l’avais arrêté au mardi 29 août. Nous passâmes la journée du lendemain, mercredi 30 août, à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Sitges&lt;/span&gt;. Je dois dire que j’y allais en traînant les pieds. J’aurais préféré visiter le musée maritime de Barcelone, où se trouve, selon le guide d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; (qu’il a d’ailleurs oublié de me laisser avant de repartir), la reconstitution en grandeur nature d’une&lt;/font&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.museumaritimbarcelona.com/default.asp?idApartado=105#galeraReialJoanAustria&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;galère&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot;&gt;du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, que j’aurais beaucoup aimé voir. En temps normal, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; est toujours partant pour visiter les musées ayant un rapport même éloigné avec la mer. Mais, cette fois-ci, je crois qu’il avait besoin de grand air. Moi, je craignais de ne trouver que de grands airs à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Sitges&lt;/span&gt;, cette «&amp;nbsp;Cannes de la Catalogne&amp;nbsp;», disait mon vieux Guide Bleu, espèce de Saint-Tropez espagnol. Mais, finalement, nous fîmes bien de nous y rendre. La vieille ville est charmante et passionnant le spectacle des plages&amp;nbsp;: partout, il y avait des garçons, des bras, des mollets, des genoux, des nageurs, des coureurs. On ne savait plus où donner de la tête. Hélas, j’avais oublié mes lunettes de soleil. La lumière m’aveuglait. Pendant le déjeuner, à cause de la nappe blanche qui réfléchissait davantage encore cette maudite lumière, je dus prendre ses lunettes à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;. Comme il ne voulait pas d’abord me les donner, il fallut que je rabatte tous mes cheveux sur mon visage, ce qui me donna l’air d’un fou, certes, mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; détestant se faire remarquer ne se fit pas prier davantage pour me donner ce que je voulais. (De même, quand il marche trop vite dans la rue, il faut s’arrêter, le laisser s’éloigner encore, puis crier très fort son nom&amp;nbsp;: sa honte est alors si grande qu’il ne me quitte plus d’une semelle.) A la table derrière moi, il y avait toute une petite famille de Brésiliens parlant un mélange de portugais et d’allemand. Selon &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, c’étaient peut-être (mais pas nécessairement) les descendants d’un allemand qui aurait émigré au Brésil après 1945. Le lendemain, jeudi 31 août, il y a donc une semaine, nous reprenions le minuscule avion pour Bordeaux. Nous étions cinq passagers. J’ai calculé que huit personnes avaient eu à s’occuper de nous cinq à l’aéroport de Barcelone (hôtesses d’accueil, bagagistes) et dans l’avion (personnel de bord, pilote et co-pilote). En comptant le personnel de l’aéroport de Bordeaux, ça devait bien faire un total d’une douzaine de personnes, pour cinq passagers seulement. A notre arrivée, nous ne trouvâmes pas la valise d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, qui avait été égarée. Par chance, elle fut retrouvée et livrée à l’hôtel le soir même ou le lendemain (je ne sais plus). J’avais craint un instant que ne fussent définitivement perdus les livres qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; m’avait offerts et qu’il transportait avec ses affaires, ma valise étant pleine. L’après-midi, nous allâmes à la librairie &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mollat&lt;/span&gt;, qui fut celle où je m’approvisionnais, quand j’étais étudiant, dis-je à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, comme lui faisait à la librairie Payot lorsqu’il étudiait à Genève. J’ai découvert que les volumes des séries grecque et latine de la collection Budé n’étaient plus cousus comme autrefois. Les éditions des Belles Lettres auraient-elles profité de ce qu’un incendie détruisit une partie de leur fonds, il y a quelques années, pour abandonner les cahiers et le fil dans la fabrication des Budé&amp;nbsp;? Pourtant, paradoxalement, l’énorme édition espagnole des &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;Poesías&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; de Catulle que j’ai achetée l’autre jour à Barcelone, bien que son format soit d’un (très gros) livre de poche (800 pages, tout de même), est encore bel et bien cousue (elle devrait donc pouvoir être lue plusieurs fois, contrairement à mon édition (Poésie/Gallimard) des vers de Chénier&amp;nbsp;: 590 pages, dont beaucoup, déjà, ‘‘par paquets’’, sont décollées et glissent hors du volume…) Dans la collection Budé sont publiées des œuvres antiques, qui ont donc énormément ‘‘duré’’, et qu’on peut estimer devoir durer encore longtemps. Mais l’objet contenant ces œuvres, lui, est désormais fabriqué de telle sorte qu’il dure moins d’une vie&amp;nbsp;! L’absurdité me semble d’autant plus manifeste qu’il s’agit justement de Budé. Le soir, nous dînions avec Laurence et Myriam. Le lendemain, et même le surlendemain, il me semble que je fus plus aimable que d’ordinaire. Je me demande s’il n’y a pas un rapport entre ma meilleure humeur et ce dîner que nous fîmes avec mes amies. D’habitude, lors de nos voyages, je suis toujours en tête à tête avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;. Mais pour le solitaire que je suis, peut-être est-il plus difficile, curieusement, d’être avec une seule personne que plusieurs. Si donc nous devons nous associer, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; et moi, (nous &lt;em&gt;associer&lt;/em&gt;, pas nous &lt;em&gt;unir&lt;/em&gt;, comme je m’amusais à dire, pendant nos conversations, mais qui&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; évoque trop le mariage au vieux bouc), il faudra que nous ayons des amis, afin que je supporte et sois supportable.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Mardi 5 septembre</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
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                                <category>Rimes et vers</category>
                                <category>Sonnets</category>
                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Wed, 06 Sep 2006 02:10:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; C’était affreux. Il faisait nuit noire. J’étais au volant de ma voiture. Soudain, je regarde dans le rétroviseur central. Une énorme araignée s’y trouvait. Ma peur fut si grande que j’ai bien failli ‘‘partir dans le décor’’. Il a fallu que je m’arrête au beau milieu de la nuit, pour tuer, après d’interminables hésitations, l’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;abominable&lt;/span&gt; bête. C’est à croire que la mort me guette, depuis quelque temps. (J’ai les insectes en horreur, et toutes les bestioles du même acabit, comme les araignées ou les grenouilles. Il n’y a que les abeilles qui me plaisent. Elles m’évoquent des moutons d’une poussière qui serait solaire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Dès qu’arrive l’été, j’attrape&amp;nbsp;mon stylo/Et m’installe au soleil, au milieu des &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;avettes&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;,/&lt;/span&gt;Pour écrire un peu vite, et comme à la sauvette,/Mes mauvais petits vers, assis au bord de l’eau.//Ces vers, je le sais bien, sont des bijoux pâlots,/Des pierres sans valeur, de simples olivettes./Mais s’ils ne sont pas beaux comme un chant de fauvette,/C’est que je suis distrait par le doux bruit du flot.//Au lieu d’être à mes vers, je ne suis qu’à plonger,/Sortir, plonger encor, pour enfin m’allonger/Parmi les faux bourdons, ces moutons de lumière.//Leur discrète industrie est prompte à me bercer./A ce son velouté, mon esprit s’empoussière/Et bientôt je m’endors sur mes vers délaissés.&amp;nbsp;» Mais ce n’est plus tout à fait vrai. Je ne crois pas avoir écrit un seul vers depuis le début de l’été.) Du coup, je ne suis plus du tout d’humeur à raconter la fin de mon petit séjour à Barcelone. Ce sera pour une autre fois.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Lundi 4 septembre 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 05 Sep 2006 03:00:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je n’ai plus écrit dans ce journal depuis mardi dernier, remettant toujours au lendemain le rapport de mes journées passées avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, lequel est reparti samedi pour son île du bout du monde. Aussitôt après son départ, je suis tombé malade. Sans doute voudra-t-il voir dans cette maladie, lorsque, rentré chez lui (mercredi), il pourra me lire de nouveau, la manifestation physique de quelque douleur morale causée par notre séparation. Et, qui sait, peut-être aura-t-il raison&amp;nbsp;: je serais si incapable de ressentir moralement cette douleur qu’elle n’aurait d’autre moyen d’exister que physiquement&amp;nbsp;! Toujours est-il que le soir même, j’eus beaucoup de fièvre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot; style=&quot;text-align: center&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Greek&quot;&gt;StrÒfoj&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Greek&quot;&gt;m' &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;œcei&lt;/span&gt; t¾n &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;gastšr&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;ðner&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;kçdÚnh&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span&gt;(&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aristophane&lt;/span&gt;, &lt;em&gt;Th&lt;/em&gt;., 484).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot; style=&quot;text-align: center&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Je tremblais si fort que je ne pouvais plus contrôler mes gestes. Tout ce que je pouvais faire, c’était me coucher. Pendant la nuit, je me réveillai plusieurs fois, trempé de sueur. Le lendemain, j’avais toujours de la fièvre, et des maux de têtes. Je ressentais que tout mon corps luttait contre une infection dont aucun médecin ne me dira le nom. J’en guérirai bien tout seul. Déjà, je me trouve mieux. Mais hier, j’étais épuisé. Je me sentais terriblement périssable&amp;nbsp;: comme si j’avais oublié jusqu’alors que j’étais mortel. Et j’étais conscient que les fièvres et douleurs que j’avais étaient bien peu de choses à côté de celles dont la nature s’amuse à nous affliger avant de nous laisser mourir, puis pourrir. Cette cruelle pousse même le vice jusqu’à nous faire pourrir avant notre mort. C’est ce pourrissement de moi que je ressentais si vivement hier.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot; style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;(Pour lire la citation grecque, on peut télécharger la police GREEK.TTF à cette adresse&amp;nbsp;:&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;ftp://ftp.ac-toulouse.fr/pub/lettres/grec/greek.ttf&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;ftp://ftp.ac-toulouse.fr/pub/lettres/grec/greek.ttf&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Mardi 29 août 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
                                                <category>Journal</category>
                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Wed, 30 Aug 2006 01:20:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’allais dire qu’étant retournés à la &lt;em&gt;Casa&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Milà&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; à un moment où la queue à l’entrée était, par chance, plus courte qu’avant-hier, nous l’avions enfin visitée&amp;nbsp;; mais la vérité est qu’il n’y a presque rien à visiter, qu’un petit appartement dans l’un des derniers étages de l’immeuble, les combles et la terrasse sur le toit. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; s’est acheté plusieurs livres en langue espagnole, pour laquelle il a une passion si exclusive que, même les livres d’auteurs anglais, américains ou allemands, il les lit dans cette langue. Il n’y a pas de livres sur son île exotique et les commander sur Internet coûterait une fortune. Il profite donc de son séjour ici pour en faire provision. Comme il n’a plus les mêmes moyens qu’autrefois, je voulais payer de ma poche l’édition de Catulle et sa traduction en espagnol que je désirais acquérir, mais j’ai eu beau insister&amp;nbsp;: &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; préférait se priver d’un livre supplémentaire plutôt que de me voir débourser le moindre euro. Nous sommes tombés d’accord sur un point, ce soir, pendant la conversation du dîner&amp;nbsp;: mon coiffeur avait raison de dire,&lt;/font&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2006/08/08/lundi-7-aout-2006.html&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;l’autre jour&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;, que la différence d’âges ne facilitait pas nos rapports. Mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; ajoute qu’il s’agirait plutôt d’une différence de générations. De son temps, me dit-il, les différentes générations avaient en commun de nombreuses valeurs, qui étaient celles de la civilisation, mais que les générations les plus récentes, dont la mienne, ne partageraient plus du tout. Et toutes ces nouvelles valeurs que je déteste tellement chez mes contemporains sont précisément celles auxquelles &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; déteste tant me voir adhérer. Alors que je me sens si souvent étranger dans mon époque, j’en ai presque entièrement épousé les formes, aux yeux d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;. Et de fait, lors de nos petits voyages, c’est à lui que je me sens étranger bien plus qu’à mon époque&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;Mais c’est encore pire que cela, ai-je répondu. Car cette différence de générations que tu dis vient s’&lt;em&gt;ajouter&lt;/em&gt; à la différence d’âges dont parlait mon coiffeur. C’est un véritable abîme qu’il y a entre nous&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» De son temps, poursuivit-il, il pouvait attendre énormément de choses d’un ami parce que cet ami attendait les mêmes choses en retour. L’amitié était vraiment une âme à l’intérieur de deux corps. Alors qu’aujourd’hui, selon lui (à moins que ce ne soit moi qui aie lancé cette idée), elle ne serait plus qu’un corps vide, sans plus d’âme. Et si, en effet, je sais pouvoir compter entièrement sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, il est aussi certain que lui ne peut aucunement se fier à moi. D’ailleurs, moi non plus, je n’ai pas la moindre confiance dans les amis de mon âge, si du moins j’ai bien des amis… Ainsi, il a fallu que j’envoie un courriel à Laurence et Myriam, hier soir, pour vérifier qu’elles se rappelaient bien que nous devons nous voir jeudi, à Bordeaux, pour que je leur présente &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;. Je m’attendais presque à ce qu’elles l’eussent oublié.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Lundi 28 août 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
                                                <category>Journal</category>
                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Tue, 29 Aug 2006 01:55:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je suis trop fatigué, ce soir, pour m’installer dans la chambre d’Esteban, comme hier et avant-hier, et écrire bien longtemps dans ce journal. Si j’avais été une femme, j’aurais sans doute parlé de migraine. Je reste donc dans mes appartements&amp;nbsp;! Sommes allés à Montserrat. Dans le train qui nous y menait, il y avait un couple d’amoureux. Le garçon, très jeune et légèrement efféminé, dévorait des yeux la fille qui rougissait beaucoup, comme si elle était brûlée par ce regard qui ne se détachait jamais d’elle. Ils se tenaient les mains. «&amp;nbsp;Outre les bâtiments occupés par les moines bénédictins et ceux destinés aux visiteurs et aux pèlerins (le monastère peut loger 2.000 personnes), dit mon vieux guide, il faut citer l’&lt;em&gt;Escolania&lt;/em&gt;, très ancienne et célèbre école de musique, qui forme des jeunes chanteurs dans le style de la chapelle Sixtine&amp;nbsp;; la &lt;em&gt;bibliothèque&lt;/em&gt; (plus de 200.000 vol.) et l’&lt;em&gt;imprimerie&lt;/em&gt; avec maison d’édition, dont la fondation remonte à 1499.&amp;nbsp;» Je m’attendais donc à ce qu’il y eût sur place une librairie, mais les seuls et rares livres que j’ai trouvés étaient au milieu des hideux souvenirs habituels. Il est vrai que je n’ai peut-être pas bien cherché car, je ne sais pourquoi, toute la journée, je me suis senti très faible… Peut-être est-ce un effet secondaire des antibiotiques que je prends en ce moment. J’ai tout de même acheté deux petits livres édités par les &lt;em&gt;Publicacions de l’abadia de Montserrat&lt;/em&gt;, écrits en catalan et que je ne lirai donc sans doute jamais&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Sobre Jesucrist&lt;/em&gt;, Miquel Estradé, 2000, et &lt;em&gt;Jesucrist, el nostre contemporani&lt;/em&gt;, Lluís Duch, 2001.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Dimanche 27 août 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
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                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Mon, 28 Aug 2006 02:05:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il est faux de dire que les églises ne sont plus fréquentées. Elles le sont fort, mais par les touristes. Nous ne sommes guère restés longtemps dans la cathédrale de Barcelone, ou &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;Basilica&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Santa&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Eulalia&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, à cause de la foule qui s’y pressait. Il y avait un garde à l’entrée, dont la principale fonction était de demander à la jeunesse en casquette de se découvrir avant de pénétrer dans la ‘‘maison du Seigneur et porte du ciel’’, comme il était gravé sur le lourd battant de bois&amp;nbsp;: &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;Domus&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;Dei et porta &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;coeli&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Dans le cloître, nous avons regardé pendant un moment les oies blanches de la &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;fuente&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;de las &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;ocas&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Un peu plus tôt, nous avions aperçu une petite vieille qui allumait un cierge. Au milieu des flashes, sous les centaines de regards sans feu qui ne la voyaient pas, elle semblait tout éteinte. Une ombre blanche est passée, comme un fantôme&amp;nbsp;: c’était un prêtre. Il y avait beaucoup trop de monde à l’entrée du musée Picasso, dont la bizarre situation ne fait augurer rien de bon&amp;nbsp;: on a relégué ce ‘‘pauvre’’ Picasso dans un sombre passage du quartier gothique. Je ne peux rien en dire d’autre&amp;nbsp;: le musée n’existait évidemment pas en 1959, année où fut publié mon Guide Bleu et où Franco avait encore un peu plus de quinze ans à vivre. «&amp;nbsp;J’ai bien assez de ta queue, ai-je grossièrement dit à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, pour subir encore celle de tous ces touristes&amp;nbsp;! Nous nous passerons donc de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;picassoteries&lt;/span&gt; pour cette fois&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» A la &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;Sagrada&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Familia&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, il y avait encore plus de monde qu’à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Sainte-Eulalie&lt;/span&gt;. Des grues de chantier se dressaient autour des flèches, une forêt de tubulures et d’échafaudages foisonnait à l’intérieur, lesquels, peut-être, curieusement, &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;participaient&lt;/span&gt; de la bizarre beauté du lieu. Des distributeurs de boissons étaient les seuls troncs de cette église. Nous n’avons pas visité non plus la &lt;em&gt;Casa&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Milà&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; à cause, là encore, de l’importante foule qui attendait de pouvoir y entrer. J’avais été bien déçu, hier, en constatant que la &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;Plaza&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;toros&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; (dite ‘‘&lt;em&gt;Las &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Arenas&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;’’), qui se trouve sur la place d’Espagne, était actuellement en pleine rénovation. Mais cet après-midi, comme nous nous rendions à la &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;Sagrada&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;familia&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, nous sommes passés devant d’autres arènes, dites ‘‘monumentales’’, où se donnait justement à six heures une corrida, la première à laquelle assista &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;. Nous fûmes accueillis par de ces nouveaux barbares (fossoyeurs de la culture locale) qui voudraient voir interdites les courses de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;toros&lt;/span&gt;. Il paraît qu’il y a en Catalogne beaucoup d’ennemis de la corrida. J’ai même entendu parler d’un projet de loi qui l’interdirait dans la &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em&gt;comunidad&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2006/08/27/samedi-26-aout-2006.html</guid>
                <title>Samedi 26 août 2006</title>
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                <author>noreply@ (Olivier Bruley)</author>
                                                <category>Journal</category>
                                <category>Stéphanophorie</category>
                                                <pubDate>Sun, 27 Aug 2006 00:45:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;text-indent: 35.4pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Nous sommes arrivés hier soir à Barcelone, après un vol d’une petite heure dans un avion minuscule, «&amp;nbsp;de la taille d’un jet privé&amp;nbsp;», selon Esteban. Je l’avais rejoint à l’aéroport de Bordeaux mais étais arrivé trop tard pour l’accueillir à sa descente d’avion, ayant préféré au taxi (par souci d’économie) un bus faisant la navette entre la gare et l’aéroport, mais qui prit énormément de retard, à cause du chauffeur, qui était une femme, meilleure conductrice que caissière&amp;nbsp;: elle avait le plus grand mal à rendre leur monnaie aux passagers qui ne cessaient d’être plus nombreux à se présenter à mesure que l’heure tournait. A Barcelone, le chauffeur du taxi qui nous conduisit à notre hôtel ayant remarqué que nous étions français nous demanda, comme nous passions devant une FNAC, quelle était la façon de prononcer ce mot en France. «&amp;nbsp;FNAC, répondit Esteban, comme vous avez dit.&amp;nbsp;» Et le Catalan d’ajouter, conscient de sa supériorité, que les Madrilènes, ces Béotiens, que dis-je, ces barbares, prononçaient&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Fénac&amp;nbsp;». L’hôtel est très à mon goût, plein de charme, mais Esteban, qui est devenu fort regardant depuis qu’il ne peut plus faire montre des mêmes largesses que naguère, le trouve bien en dessous des prétentions que laissent supposer le prix des chambres… Il me trouve amaigri, voire cadavérique, moi qui pensais avoir encore grossi. N’en pouvant plus de la continence à laquelle le condamne la vie insulaire, il ne craignit pas de s’exposer à la contagion. Aujourd’hui, nous sommes allé à Montjuich (comme il est écrit dans mon vieux &lt;em&gt;Guide Bleu&lt;/em&gt; &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;(où c’est le castillan qui est encore en vigueur)), c’est-à-dire à Montjuïc (selon &lt;em&gt;La Guía&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Verde&lt;/em&gt; d’Esteban, écrite en castillan, mais donnant en Catalan les noms de lieux), autrement dit au ‘‘Mont Juif’’, &lt;em&gt;montaña de los&lt;/em&gt; &lt;em&gt;judíos&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Guide Vert&lt;/em&gt;), &lt;em&gt;Mons Judaicus&lt;/em&gt; (mon guide), à moins qu’il ne s’agisse (toujours selon mon guide) d’un &lt;em&gt;Mons Jovis&lt;/em&gt;. J’étais étonné de constater qu’en 1959 (date de publication de mon guide), Montjuich, culminait à 213 mètres, alors qu’aujourd’hui (selon le guide d’Esteban), l’altitude de Montjuïc n’est plus que de 173 mètres. Que s’est-il passé entre temps&amp;nbsp;? Aucun guide n’en parle. Nous avons visité la &lt;em&gt;Fundació&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Joan&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Miró&lt;/em&gt;. Dans les toilettes du musée, comme j’étais en train de me sécher les mains, que je lave désormais même &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; de me saisir de mon organe (car Esteban, à qui je lis ces phrases à mesure que je les écris, n’aime pas m’entendre dire ni &lt;em&gt;queue&lt;/em&gt; ni &lt;em&gt;bite&amp;nbsp;&lt;/em&gt;!), un jeune homme est venu se placer devant l’urinoir le plus proche du distributeur de papier devant lequel je me trouvais. Il a ouvert sa braguette. Je n’ai rien vu. Mais j’ai senti une odeur qui, sans être mauvaise ni trop forte, était néanmoins très caractéristique et m’a fort ému. Ne fréquentant guère ces sortes de lieux, je ne soupçonnais pas qu’ils pouvaient réserver de telles surprises.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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