07/05/2009

Mercredi 6 mai 2009

            Il y a parfois de ces coïncidences… C’est presque par hasard que je reparlais tout récemment du beau Nicandre, que je ne fréquente plus depuis longtemps. J’avais seulement dit que je l’avais reconnu sur une photo publiée sur le facebook du sublime Callias. Or la mère de Nicandre est venue me parler hier soir sur MSN. Elle voulait savoir si je n’avais pas de nouvelles de son fils. « Il a disparu depuis trois jours, m’a-t-elle dit. Il ne répond plus au téléphone. J’ai tellement peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. » « Nicandre n’est-il pas parti passer quelques jours à Bordeaux, ai-je donc demandé à Callias. – Si, pourquoi ? – Parce que je viens de parler à sa mère sur son MSN. Elle croit qu’il a disparu. Elle n’a plus de nouvelles de lui depuis trois jours. – Mais elle est complètement flippée, celle-là. Ce n’est pas parce qu’elle n’a plus de nouvelles de lui qu’il a disparu ! » Quelle sorte de mère peut donc bien être cette dame ? Monstrueusement aimante, j’imagine. Nicandre m’avait dit l’aimer intensément, lui aussi : « Je ne sais pas, m’avait-il même confié, je ne sais pas ce que je deviendrais, si ma mère mourait. » Pauvre Nicandre. Avais-je écrit, à l’époque, qu’il souffrait de trouble panique ? Tityre m’a dit tout à l’heure, au téléphone, qu’il avait dîné hier soir avec Osman, qu’il ne connaissait que de loin, mais qui se trouve être aussi l’ami d’un sien ami. C’est grâce à cette révélation que j’ai compris comment Osman avait pu être informé, comme il me l’a dit tout à l’heure, lui aussi, au téléphone, de ma récente déconvenue avec Phédon sans même m’avoir revu depuis. « Ah ? Tu sais déjà ?, m’étais-je étonné. Les nouvelles vont vite ! Je vais avoir une belle réputation, maintenant… » Tityre aime que je lui parle de mes victoires ou de mes défaites, ce que je fais donc souvent volontiers, par amitié. Mais Tityre est une mauvaise langue, qui ne sait pas la tenir. Pourquoi donc crois-tu, mon blond lecteur, que je me permette de dire tant de choses à ce journal, sans pudeur ou presque ? C’est parce que, la plupart du temps, ces choses sont déjà sues du monde avant même que je les écrive ! Ainsi Camille faisait-il lire à tout le monde mes lettres et mes SMS. Il racontait au premier venu que j’étais phobique social ! Polémon avait d’ailleurs entendu parler de mes névroses avant même de me rencontrer. L’autre soir, pour faire la conversation, Osman racontait ma psychanalyse à Callias et pourquoi j’étais tombé sous le charme de Camille : parce qu’il était roux et qu’il me rappelait une fille que j’avais connue, et parce que ceci, et parce que cela… Grâce à l’impudeur de ce journal, les judas qui me servent d’amis sont un peu moins coupables de leurs indiscrétions. Et comment pourrais-je les leur reprocher ? N’était-ce pas moi qui disais l’autre jour à Didymias qu’il n’avait qu’à tenir sa langue, s’il ne voulait pas que ses secrets fussent trahis ? En disant tout ou presque à ce journal, je me donne l’illusion d’avoir autorisé des révélations qui, de toute façon, seront faites en ma présence ou dans mon dos. Je peux croire ainsi que je garde le contrôle, si ce n’est sur ma vie, du moins sur les récits qui en sont faits ! C’est probablement parce que je ne tiens à personne, pas même à moi, que je me laisse regarder ainsi. S’il y avait quelqu’un qui me fût vraiment cher, sans doute alors reviendrais-je à plus de pudeur, parce que je ne me sentirais pas le droit de me montrer à d’autres yeux que ceux de l’être aimé. Et sans doute m’interdirais-je de parler de lui, pour le protéger des mauvais regards. Je tairais notre amour, ma vie, notre vie, notre bonheur, pour ne pas nous attirer le mauvais œil. Mais que mes lecteurs se rassurent : cela n’arrivera sans doute jamais et ce journal n’aura pas de fin.

03:10 Publié dans 2009, Callias, Didymias, Journal, Nicandre, Osman, Phédon, Polémon, Tityre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

09/02/2009

Dimanche 8 février 2009

            Les yeux me brûlent. Il ne m’arrive que des malheurs, depuis quelque temps. Les enceintes dont je me servais pour écouter les mp3 de mon ordinateur portable semblent avoir rendu l’âme. Les nombreuses coupures d’électricité qui ont suivi la tempête ont complètement déréglé mon réfrigérateur, qui s’est transformé en congélateur. Je dois faire le contrôle technique de ma voiture avant la fin du mois, mais il faut d’abord que je change les plaquettes de frein et les miroirs des rétroviseurs. Parce que j’étais en retard pour le vernissage au Centre d’art contemporain, jeudi soir, dans ma précipitation, j’ai cassé le flacon de ce merveilleux parfum que m’avait offert ma sœur, qui m’allait si bien, mais qui est absolument au-dessus de mes moyens. Ma mère ne veut pas comprendre que je ne peux plus inviter à mon tour les membres de ma famille à dîner le dimanche soir, chez moi, parce que cela me revient trop cher. (C’est nouveau, depuis quelques mois : elle a décidé que nous devions nous inviter à tour de rôle.) Elle prétend que je ne suis pas obligé de faire un festin. Certes. Mais il ne restait, à la fin du mois de janvier, que 2,70 EUR sur celui de mes comptes en banque où sont versées mes rares entrées d’argent. Même la cuisine la plus simple coûterait plus de 2,70 EUR ! Mais elle ne comprend pas. D’ailleurs, elle n’a jamais rien compris. L’autre soir, il était prévu que je dîne chez elle, mais j’ai dû partir soudain, parce que j’avais envie de la tuer. Pas exactement de la tuer, mais de la battre si violemment qu’elle en serait sûrement morte. Depuis que je me suis lancé dans cette psychanalyse avec Tirésias, je me suis remis à éprouver de la haine pour ma mère. Ce ne peut pourtant pas être déjà un effet de l’analyse, qui vient à peine de commencer. Mais, pour l’instant, je ne puis m’empêcher de me rendre aux séances chez Tirésias en me disant (peut-être à tort) que, probablement, me soigner et guérir, c’est me soigner et guérir de ma mère. D’où mes accès de haine. Hier soir, au dîner chez Tityre, son amie Parthénie, dont je m’étais sans doute mal fait comprendre, m’a demandé depuis combien de temps ma mère était membre de l’association du Centre d’art contemporain. J’ai dû lui expliquer qu’Arthénice, la présidente de l’association, qui est une connaissance de ma mère depuis le lycée, ne cessait de me demander quand cette dernière finirait par se décider à devenir adhérente ; mais qu’elle ne le deviendrait sans doute jamais, parce qu’elle était une personne qui n’aimait pas la vie en société et que, n’étaient ses deux lesbiennes, elle ne fréquenterait sans doute personne. A quoi Parthénie a répondu que ma mère ne perdait pas grand-chose. Sans doute. Mais ce m’était pénible d’avoir à dire cela à Parthénie, parce que j’avais l’impression de me justifier, d’expliquer pourquoi, moi, j’étais comme je suis, c’est-à-dire comme ma mère. La grande phobique sociale de la famille, c’est elle. Elle nous a transmis ses névroses, à ma sœur et moi. Le pire est qu’elle s’en lave les mains. D’où mon fantasme de les lui voir tranchées. Il y avait la voix de la sagesse à la télévision, cet après-midi : le grand Robert Badinter, qui nous expliquait encore une fois que la peine de mort était une abomination, au cas où nous ne l’aurions pas compris, depuis le temps. Mais bien sûr qu’il y a des mères qui méritent la peine de mort ! Moi, je rêverais que le bourreau couche la mienne sur la bascule et la coupe en deux, encore vivante, blablabla, pour enfin ne plus jamais voir sa maudite tête de mère, sa tête de Méduse, de Clytemnestre de banlieue pavillonnaire. Je donnerais un dernier grand coup de pied dedans, comme dans le ballon que va chercher et me rapporte la chienne Pélagie, quand je joue avec elle. La tête volerait par-dessus la clôture et les chiens de la voisine se feraient une joie de la bouffer. Au lieu de quoi c’est moi qui devais faire la bouffe à ma mère, ce soir, pour moins de 2,70 EUR, donc ! Mais c’était la dernière fois. Enfin ! J’exagère. Tout n’est pas si noir. Sappho, sa chienne, a peut-être un cancer. On attend les résultats de la biopsie. Mais tout de même, c’est un peu dur de ne plus pouvoir me réchauffer à la rousseur de Camille, pour m’apaiser. Il y aura bientôt trois semaines que je ne l’ai pas vu. Polémon dit qu’il aide chez son père, où la tempête a fait beaucoup de dégâts. Il n’en partirait que pour se rendre à son travail. Mais c’est de Polémon que je le tiens. Camille n’a même pas pensé à me le dire lui-même, si seulement il se souvient que j’existe. Je tiens moins de place dans sa vie que les poulets qu’il va ramasser la nuit dans les fermes des Landes. J’ai dit qu’il avait hébergé Alcidor, l’amant de Flipote, pendant quelque temps. Ça ne le dérangeait pas de dormir dans le même lit que ce grand hétéro malpropre qui allait se coucher sans même se laver, encore tout couvert de fientes et de plumes. Lorsque c’était moi qui l’hébergeais, Camille préférait dormir dans le salon, sur le canapé, loin de moi, qui sens pourtant l’éclair au chocolat, aux dires de Tityre. Il aimait mieux baiser avec Ascylte, ce déjà vieil accroupi, avec Tityre, cette brute qui ne sent pas sa force, ou avec Polémon, qui est presque aussi gros que Damis et qui vient d’attraper la gale ! Mais moi ? Moi, je suis un garçon compliqué. « C’est un garçon compliqué », voilà ce qu’il avait dit à sa cousine, je crois, qui lui demandait, dans l’une de ses conversations sur MSN, dont j’ai pu lire la sauvegarde, pourquoi il n’était plus mon amant, alors que je l’hébergeais pourtant, au mois de septembre ou d’octobre 2008. Il semblait embarrassé, il ne savait trop quoi répondre. « Parce que c’est un garçon compliqué », avait-il finalement expliqué à sa cousine. Ça m’avait touché de trouver sous la plume de Camille cette expression qui veut tout et rien dire. Il me semble qu’en disant cela, il avait compris que ce n’était pas contre lui que j’étais comme j’étais. Il avait compris que mon intention n’était pas de le heurter, mais que je ne cessais de me heurter à moi, plus encore qu’à lui, sans le vouloir, sans pouvoir faire autrement. Camille est bête, mais il comprend les choses, parfois. Peut-être même a-t-il reconnu le gouffre dans lequel je m’efforce de ne pas tomber, aussi profond que le sien, par quoi nous nous ressemblons, lui et moi, je l’ai déjà dit. Mais contrairement à moi, Camille n’a pas le vertige. Il joue les funambules au-dessus de l’abîme. C’est en quoi nous sommes si différents. A lui la grâce, à moi la gravité. Pas étonnant qu’il m’ait fui. Je l’aurais fait tomber.

02:27 Publié dans 2009, Alcidor, Arthénice, Ascylte, Camille, Damis, Flipote, Journal, Ma mère, Ma soeur, Parthénie, Pélagie, Polémon, Sappho, Tirésias, Tityre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : robert badinter

15/01/2009

Mercredi 14 janvier 2009

            Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! (Et je dois bien m’inclure, si je veux être honnête, dans ce lot de coquins et de crapules, même si j’en suis le plus candide, comme je disais récemment.) Je ne sais par où commencer. Je ne sais même pas s’il y a un quelconque intérêt à rapporter tout cela et risque fort d’en oublier beaucoup. Polémon me disait l’autre jour qu’il avait eu la visite d’un certain Philostrate, qui vit à Aire, comme lui. « Un Philostrate de vingt et un ans et qui vit à Aire, me suis-je dit, ce pourrait bien être celui avec qui je chatte depuis peu, et qui est d’Aire également. » Je me suis donc empressé d’aller demander à ce Philostrate s’il était bien celui dont m’avait parlé Polémon. C’était bien lui ! « Mais est-il vrai que vous êtes tombés passionnément amoureux l’un de l’autre et que vous avez échangé de fougueux baisers, comme Polémon le prétend ? – Quoi ? Il a dit ça ? Mais pas du tout. Nous ne nous sommes jamais embrassés et je lui ai d’ailleurs fait cette visite en toute amitié. » Quand j’ai demandé à Polémon pourquoi il m’avait fait ce mensonge, il m’a répondu que c’était pour ne pas me dire qu’il s’était remis avec Camille ! « Tu comprends, je me doutais que tu le prendrais mal. Mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour qu’il quitte Ascylte. » Comme si Camille avait besoin de personne pour quitter tout le monde ! Je préfère infiniment savoir Camille entre les bras de Polémon qu’entre ceux d’Ascylte. Mais il m’est pénible d’être pris pour un idiot par tous ces garçons. Polémon m’avait juré qu’il ne se remettrait plus jamais avec Camille, parce qu’il avait trop souffert à cause de lui. Bien sûr, je ne l’avais pas cru et le lui avais d’ailleurs fait remarquer : « Te remettre avec lui, peut-être pas, mais y remettre un petit coup pour tuer le temps, je suis sûr que tu le feras à la première occasion », ce dont il était convenu. Pourquoi donc m’avoir juré qu’il ne voulait pas se remettre avec lui, s’il ne le pensait pas ? Sans doute était-ce pour me mettre moi-même dans son lit, mais enfin, je n’avais pas besoin de ces sortes de promesses pour y entrer ! Lorsqu’il me disait que Camille avait quitté Ascylte et qu’il était déjà avec quelqu’un d’autre, c’était de lui-même que parlait Polémon. Et lorsque, je ne sais plus quel jour de la semaine dernière, Camille m’a dit qu’il ne pouvait pas venir me voir à telle heure, comme prévu, ce n’était pas parce qu’il avait été appelé pour son travail, mais parce qu’il était en sa compagnie. Le plus triste ou le plus amusant est que Polémon ne se rend pas compte que Camille n’est pas plus avec lui qu’il a jamais été avec Ascylte ou moi-même. Il n’est avec personne, ou avec tout le monde, si l’on préfère. Surtout, il ne cesse de mentir et s’emmêle dans ses mensonges. Par exemple, il m’avait dit que le nouvel amant de Flipote, la fille-mère, s’appelait Hermogène. En réalité, il s’appelle Alcidor. « Mais je croyais que l’amant de Flipote s’appelait Hermogène ! – Mais non, voyons, c’est Alcidor, son nom ! », m’a répondu Camille au téléphone, tout à l’heure, avec un aplomb incroyable, comme je l’appelais pour lui demander si je pouvais le retrouver chez lui. « Attends-moi à l’appartement, Alcidor t’ouvrira la porte, j’arrive le plus vite possible. » J’ai profité de ce que j’étais seul avec ce pauvre garçon, qui m’a accueilli presque nu, pour lui demander quel était son véritable nom : Alcidor, a-t-il reconnu, tout penaud, car Camille fait participer son entourage à tous ses mensonges. Encore cet après-midi, quand il fut enfin revenu dans son appartement, celui-ci s’est amusé à téléphoner à Ascylte, pour lui demander s’il avait des nouvelles de moi. Il voulait lui faire croire que lui n’en avait plus depuis longtemps. Flipote (qui nous avait rejoints tous les trois), Alcidor et moi, nous ne devions faire aucun bruit, parce que Camille, qui avait mis le haut-parleur de son téléphone, voulait faire croire au traitre qu’il était seul chez lui, pour mieux le faire parler. « Non, disait Ascylte, je n’ai pas de nouvelles de ce naze, etc. » Voilà comment Ascylte parle de moi ! (Alcidor et Flipote ne faisaient pas grand bruit, en effet : ils étaient en train de baiser aussi discrètement que possible dans le lit de Camille, non sans en avoir d’abord demandé la permission à Camille. « Moi, ça ne me dérange pas, avait-il répondu, c’est Olivier qui pourrait en être incommodé. – Ah mais pas du tout, faites donc comme chez vous ! » Que dire d’autre ? Ces créatures sont si bestiales ! Il fallait d’ailleurs voir la saleté de l’appartement de Camille. Je la lui ai fait remarquer et, comme si mon opinion avait pour lui quelque importance, il s’est mis à faire du rangement et à passer le balais, tandis que les deux parasites, qui sont sans doute ceux qui ont réellement sali l’endroit (car je n’ai pas souvenir que Camille était si salissant que cela lorsqu’il habitait chez moi) commençaient à se tripoter sous les couvertures.) Pendant une pause de leur conversation (car Ascylte, qui conduisait sa voiture, a dû poser son téléphone le temps de faire une manœuvre), Camille s’est moqué de lui devant nous : « Qu’il est bête, disait-il, il croit qu’on est encore ensemble… ». Camille voulait aussi savoir si, en son absence, l’abstinence n’était pas trop pénible à cet obsédé sexuel d’Ascylte, qui se croyait donc, ou plutôt affectait de se croire encore avec Camille. « Crois-tu vraiment qu’Ascylte ne va pas baiser à droite et à gauche en ton absence ? », ai-je ensuite demandé à Camille. « Oh ! Il ne m’a sûrement pas déjà remplacé, puisque j’ai toujours le double des clés de son appartement. S’il avait quelqu’un d’autre, il aurait voulu les reprendre. – Non, sans doute ne t’a-t-il pas encore remplacé, mais crois-moi, je le connais bien, et je suis sûr qu’il a déjà plus souvent baisé avec d’autres garçons qu’avec toi-même, depuis que vous vous êtes rencontrés ! » Je lui ai aussi rapporté ce qu’Ascylte raconte aux amis que nous avons en commun lui et moi. Christophe, le sidéen psychotique, m’a rapporté qu’Ascylte disait à qui voulait l’entendre que Camille lui avait volé 2000 EUR, ainsi qu’une espèce de lecteur MP3, ou quelque chose de ce genre. « Moi ? J’aurais volé 2000 EUR à Ascylte ? Et comment ça ? – Tu as dit toi-même, l’autre jour, que ce crétin t’avait donné le code de sa carte bancaire. – Oui, mais il l’a toujours avec lui… – Ce ne doit pas être bien difficile de la lui prendre sans qu’il s’en aperçoive. Mais tu sais, Camille, tu peux bien l’avoir volé, moi je m’en fiche complètement. Au contraire, je trouve qu’il l’a bien mérité. Et puis ça te ressemble bien, de voler les gens. Polémon m’avait déjà dit que tu étais un voleur et que tu avais volé ton propre père ! – Oui, mais c’était il y a longtemps ! Je ne sais pas ce que c’est que ces 2000 EUR. Peut-être que c’est le total de tout ce que je lui ai coûté, entre la bague, les bouquets, les vacances à la neige… » Camille ne voulait pas en démordre : il jurait n’avoir pas volé Ascylte. Je ne sais qui d’Ascylte ou de Camille dit la vérité. Et d’ailleurs, quelle importance ? Je sais bien, moi, qu’ils sont aussi perdus de vice l’un que l’autre, quoique différemment : l’un l’est comme en toute innocence, alors que le traître l’est par vice à proprement parler. Comme nous étions en train de parler de vol, et que Camille avait encore avec lui les clés de l’appartement de l’autre, il s’est mis à s’imaginer dépouillant vraiment ce pigeon d’Ascylte ! Je ne saurais dire s’il plaisantait ou s’il n’était pas un peu sérieux. Je crois surtout qu’il n’a aucun bon sens ni aucune morale. « Tu m’aiderais, Alcidor ! Il n’y aurait pas d’effraction, puisque j’ai les clés. Et puis le gardien de l’immeuble me connaît. – Mais justement, réfléchis, si le gardien te connaît et qu’il te voit, Ascylte saura que tu es le voleur ! Ne crois pas qu’il est aussi bête qu’il en a l’air. Tu sais qu’il serait prêt à tout pour se défendre. Méfie-toi de lui. Tu as bien vu qu’il a menacé de recourir aux pires mensonges pour se défendre de moi, quand j’ai menacé de le dénoncer à la justice, pour avoir violé le secret de l’instruction. – Oui, je sais, mais c’est parce qu’il avait peur. Tu lui as fait très peur, tu sais. » La pensée de la peur d’Ascylte m’est d’un très grand réconfort. Du coup, je n’ai pas résisté au plaisir de la raviver en lui envoyant des vœux pour la nouvelle année : « Mon cher Ascylte, / Ce n’est pas parce que tu essaies de te faire oublier de moi (comme en me bloquant sur MSN, par exemple), que je vais effectivement oublier de te souhaiter une bonne et heureuse année 2009. Je souhaite sincèrement que cette année ne soit pas la dernière à te voir exercer ce métier que tu aimes tant. J’espère de tout cœur que tu pourras encore trahir le secret de l’instruction aussi longtemps que tu le voudras et que des juges continueront à te donner de nombreuses missions d’expertise partout en France, pour que tu puisses encore te faire accompagner de ces jolis garçons que tu séduis à coups de voyages, de dîners et de chambres d’hôtel (sais-tu que tu es connu pour cela, dans le petit milieu de la justice ?). Puisse tout cela ne pas se terminer en 2009 ! / Ton ami, comme tu osais m’appeler encore tout récemment, / ‘‘ce naze’’, comme tu dis à notre jeune ami commun, / Olivier. » Je sais que le traitre m’a ‘‘bloqué’’ sur MSN, parce que, en me connectant sur le compte de Camille, dont je connais le code et où je vais régulièrement vérifier qui lui a écrit et qui se trouve parmi ses contacts, j’ai pu constater qu’Ascylte paraissait connecté quand, au même moment, mon propre compte m’indiquait qu’il était déconnecté. Preuve que je n’inventais rien, lorsque je parlais de la laideur d’Ascylte, l’autre jour : Camille a dit tout à l’heure qu’il avait l’air plus vieux que son père, qui n’a pourtant pas loin de vingt ans de plus ! « Il est tout ridé, tout chiffonné, tout pelé ! – C’est bien vrai qu’il est tout pelé », a confirmé Flipote. Je crois bien que je suis tombé sur un nid. J’ai passé presque ma vie entière à vaguer sur des chemins solitaires et suis finalement tombé sur un nid de guêpes. Ils sont tous aussi mauvais les uns que les autres.

00:41 Publié dans 2009, Alcidor, Ascylte, Camille, Flipote, Journal, Philostrate, Polémon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

13/01/2009

Lundi 12 janvier 2009

            J’ai beaucoup parlé de ma méchanceté dans ce journal, souvent avec complaisance. Don Esteban me disait encore tout récemment qu’il bénissait la crise immobilière, financière, économique et mondiale d’avoir rendu impossible la vente de ce terrain des Baléares qui devait le remettre à flot : grâce à la crise, il n’a pas eu les moyens de commettre ce qui, estime-t-il, aurait sans doute été la plus grande erreur de sa vie : se rapprocher du monstre d’égoïsme et de méchanceté qui se donne à lire dans les pages de ce journal ! Je n’ai pas de raison de douter de la sincérité de son soulagement. Mais je me demande si mes lecteurs les plus attentifs ont remarqué cet autre trait de mon caractère, dont je n’ai peut-être jamais parlé ici, mais qui se laisse probablement voir à chaque ligne que j’écris : je parle de ma naïveté, de la très grande candeur qui, sans doute, fait paraître encore plus sombre tout ce qui n’est pas elle, c’est-à-dire tout le reste de moi. Je suis un candide : je n’ai découvert que ces tout derniers mois certaines hideurs des hommes et de la vie dont je savais l’existence, bien sûr, mais dont je n’avais aucune connaissance personnelle, faute d’expérience. Je suis tombé de très haut. La phobie qui m’empêchait de connaître le meilleur de la vie et des hommes m’avait aussi préservé du pire. Ma candeur est telle que je suis encore tout étonné de constater que ce pire était si près de moi et si fait pour moi, que non seulement il a pu entrer du jour au lendemain dans ma vie, dans mon lit, dans ma bouche, mais encore que c’est moi qui ai voulu l’y faire entrer, dans l’espoir il est vrai de trouver le meilleur, c’est moi qui ai voulu y goûter, y mettre la main. A présent, j’aurais beau me laver, comme après l’amour : je sais que l’odeur à la fois délicieuse et dégoûtante qui reste sur ces doigts que j’ai moi-même glissés à l’intérieur de Camille, ce trou béant, je sais que le goût qui reste dans cette bouche que j’avais moi-même mise autour du braquemart d’Ascylte, pour mon malheur, des années avant Camille, je sais que tout cela ne partira pas. La rencontre de Camille et d’Ascylte ne pouvait mener qu’à ma perte. Camille, c’est une poche où tout peut se loger, une béance qui ne tient à rien ; Ascylte, lui, voudrait tout pénétrer, tout posséder. Le premier a tout naturellement servi de fourreau au second. Mais trop lâche, aussitôt le poignard glissé en elle, cette gaine informe est tombée par terre, où d’autres viendront la ramasser (Polémon déjà) pour se fourrer dedans à leur tour. Il fallait donc que la lame restât dégainée : elle voulait d’une victime. J’étais si candide que je me suis littéralement jeté sur elle. Ascylte et Camille m’ont poignardé, non pas dans le dos, non, mais dans les yeux : ils m’ont mis au monde.

03:23 Publié dans 2009, Ascylte, Camille, Don Esteban, Journal, Polémon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

07/01/2009

Mercredi 7 janvier 2009

            C’est tout de même un drôle de personnage que cet Ascylte. Il a donné le code de sa carte de crédit à Camille, alors qu’il s’était déjà fait voler de plus de 1000 EUR par l’un de ses anciens amants, à qui il avait aussi donné ce code. Il a besoin de forcer les choses, pour se donner l’illusion d’un amour total et fusionnel, j’imagine. D’où cette ‘‘bague de fiançailles’’, si tôt, et des projets de Pacs, déjà. Mais Polémon me rapportait tout à l’heure que Camille lui avait confié hier soir qu’il avait l’intention de quitter Ascylte et qu’il avait d’ailleurs déjà rencontré quelqu’un pour le remplacer. J’ai sans doute déjà dit que Camille racontait presque toujours n’importe quoi. Ce quelqu’un existe peut-être, bien sûr. Mais ce pourrait être aussi bien le bel hétéro de Strasbourg, qu’il héberge en ce moment chez lui. Rien ne me ferait plus plaisir, pour commencer l’année, que de voir Ascylte abandonné. Ce ne serait que justice. Un début de justice. Presque rien, en vérité, parce que j’ai toujours su que ni Camille ni Ascylte n’étaient vraiment amoureux l’un de l’autre. Etre abandonné ne devrait donc pas beaucoup affecter le traitre, d’autant plus traitre que la trahison de notre amitié n’avait pas même l’excuse de l’amour, contre lequel j’aurais pu comprendre qu’il lui était difficile de lutter. Il m’a volé, voilà tout. Il est entré dans ma maison, y a trouvé un objet qui lui plaisait, et s’en est emparé, sans même se cacher. Mais il le paiera, d’une manière ou d’une autre.

21:03 Publié dans 2009, Ascylte, Camille, Journal, Polémon | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

Mardi 6 janvier 2009

            L’espèce d’hilarité qui anime Camille lorsqu’il parle de cette crevure d’Ascylte a quelque chose de rassurant : elle tend a prouver que le garçon sait parfaitement ce qu’il fait et que j’avais tort de me faire tant de souci pour lui, que je croyais tombé sous la coupe du traitre manipulateur ; c’est le manipulateur qui est manipulé. J’étais chez Camille avant-hier qui, retour de Bordeaux, était en train de fouiller dans son sac de voyage. Le voici soudain qui s’écrie : « Mince ! J’ai oublié de rendre à Ascylte sa crème à 100 EUR ! Oh ! Et son gommage à 60 EUR aussi ! Tant pis pour lui. – Mais tu connais donc le prix de toutes les choses qui appartiennent à Ascylte ? » Eh bien oui ! Ascylte dit à Camille le prix de tout ce qu’il possède et de tout ce qu’il lui offre, pour l’émerveiller, sans doute ! Ce bouquet de rose, que Camille s’est empressé de mettre à la poubelle, parce qu’il l’encombrait dans son petit appartement, a coûté 30 ou 40 EUR, je ne sais plus exactement. Sa bague de fiançailles, comme il dit, qui est en réalité une alliance, 300 EUR. « C’est un peu bête d’avoir dépensé autant d’argent pour cette bague, a dit Camille, transi d’amour, parce que si je dois quitter Ascylte bientôt, ce seront 300 EUR de jetés par la fenêtre. – Mais jeter l’argent par les fenêtres, c’est tout ce qu’il sait faire, c’est sa façon d’exister : il a besoin d’acheter les choses les plus chères pour donner aux autres l’impression qu’il est quelqu’un ! Est-ce qu’il a toujours ses trois téléphones portables ? Et son téléphone plaqué or, il l’a encore ? – Plaqué or ? Non, je ne crois pas. Par contre, il m’a donné l’un des siens. Mais qu’est-ce qu’il veut que j’en fasse, de son téléphone ? » Il y avait avec nous un bel hétéro de Strasbourg et qui habite chez Camille en attendant de trouver où se loger à Mont-de-Marsan, où il veut s’installer, parce qu’il est amoureux de la fille-mère, celle qui voulait se faire épouser de Camille et qui veut à présent se marier avec le Strasbourgeois. Notre hétéro s’étonnait qu’Ascylte achète si cher des crèmes apparemment bien peu efficaces, du moins sur son épouvantable peau, qu’il a si sèche qu’elle pèle littéralement aux abords de ses cheveux, au point qu’on pourrait presque croire que ses pellicules ne lui viennent pas du cuir chevelu mais bien du front ! C’est dire s’il est beau. Il nous a fallu expliquer au Strasbourgeois que ce n’était pas pour leur efficacité qu’Ascylte achetait ces crèmes, mais seulement pour pouvoir en dire le prix… Camille m’a fort effrayé en disant qu’il voulait déménager. « Quoi ? Tu vas t’installer à Bordeaux. – Non, je vais déménager à Mont-de-Marsan. – Mais tu y habites déjà, à Mont-de-Marsan. – Oui, mais je voudrais un appartement plus grand. Celui-ci est trop petit. Mais je ne veux pas habiter à Bordeaux. C’est trop stressant. Il y a trop de monde, trop d’agitation. Je veux rester à Mont-de-Marsan, parce que c’est ici que sont mes amis », a-t-il dit en me regardant malicieusement, du coin de l’œil. Il ne m’en fallait pas plus pour être heureux. Mais je ne me fais aucune illusion. Camille est ce qu’on appelle une mauvaise langue. J’ai parfaitement conscience qu’il rit de moi dans mon dos, comme il le fait d’Ascylte, de la fille-mère, de Polémon (qui m’a rapporté une grande partie des moqueries que Camille faisait en sa présence à mon sujet), de ce gros porc de Corydon, bref : de tout le monde.

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31/12/2008

Mardi 30 décembre 2008

            Quelle épouvantable journée ! Elle a fort mal commencé par un SMS de Damis, qui voulait savoir si je n’avais personne à lui présenter, puisque c’était moi, lui avait rapporté Corydon, qui avais permis à Camille de se ‘‘recaser’’ avec l’un de mes amis… A cause de ce gros porc de Corydon, je suis probablement la risée de tous ces cons de pédés, maintenant. Elle s’est terminée par un SMS de Polémon, qui m’annonçait qu’il annulait notre réveillon en tête à tête, parce qu’il préférait aller se goinfrer des fruits de mer que ses patrons, comme il dit, lui proposaient de partager avec eux. Quelle élégance ! Quelle classe ! Il me préfère des huîtres ! Sans doute sont-elles, il est vrai, plus fraîches, plus vives que moi, qui ne suis pas bien d’humeur à faire la fête, en ce moment. Mais ne devine-t-il pas qu’on peut trouver aussi des perles à l’intérieur de moi ? Quant à ce qui s’est passé entre la réception de ces deux SMS, je préfère ne pas en parler. C’était une de ces journées où les pensées, les soupçons et les craintes s’accélèrent dans ma tête et me font complètement dérailler, au point de dire à ceux qui m’abandonnent des choses insensées qui me font passer pour fou et justifient qu’on me fuie. Ma résolution pour 2009 : me faire aider, comme disent pudiquement tous ces cons de psys.

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27/12/2008

Samedi 27 décembre 2008

            J’écrivais mardi, au sujet de Polémon, que j’ai d’ailleurs eu l’occasion de connaître un peu plus en profondeur, hier soir, qu’il avait ‘‘fait la pute à Toulouse’’, à une époque. Mais que les gens sont mauvaises langues ! Cyrille, l’actuel amoureux de ma sœur, a travaillé pendant un certain temps comme serveur dans un bar de Mont-de-Marsan tenu par un vieux pédé à qui je n’ai jamais adressé la parole de ma vie, même si nous avons eu des connaissances en commun, avec lesquelles il a pu m’arriver d’entrer dans son établissement. J’ai toujours trouvé cet homme antipathique et lui moi. Or j’ai tout récemment appris de la bouche de Cyrille, au cours d’une petite soirée chez ma sœur donnée en l’honneur de Matio, qui se trouvait pour une fois à Mont-de-Marsan (c’était avant-hier), que ce patron de bar avait d’abord tenté de dissuader son employé de sortir avec elle en le prévenant qu’elle était séropositive. Et sans doute pour bien lui faire entendre que ma sœur était d’une famille vraiment peu fréquentable, il avait ajouté que le frère de celle-ci, c’est-à-dire moi, ‘‘faisait la pute à Toulouse’’, cela dit exactement dans les mêmes termes que ceux que j’ai utilisés à propos de Polémon. Comment diable les rumeurs se forment-elles donc, si précises et si vagues, si vraies et si fausses ? Sans doute y a-t-il une part de vérité dans toutes les rumeurs, mais pourquoi donc Toulouse, puisque c’est à Bordeaux que j’ai fait mes études ? Matio et moi sommes donc allés finir de nous soûler dans le bar de cette langue de vipère (l’un des seuls à être ouverts un vingt-cinq décembre à Mont-de-Marsan), pour lui dire que nous faisions des promotions pour Noël et qu’il pouvait avoir deux putes pour le prix d’une, s’il le souhaitait, ce vieux cochon ! Mais nous ne sommes pas restés longtemps dans cet endroit, qui était infesté de gitans, avec qui Matio a d’ailleurs eu des mots, et en espagnol, pour faire plus viril. En sortant du bar, nous avons croisé ce pauvre Trimalcion, qui n’est pas sans charme, finalement, ai-je d’ailleurs pu remarquer, à cette très brève occasion, parce que je n’ai pas pensé à m’arrêter pour le saluer, trop saoul et furieux que j’étais de la gitanerie ambiante. Je crois qu’il me prend pour un fou. Il avait l’air complètement abasourdi de me voir sortir de ce bar, ou peut-être était-il ébloui par ma nouvelle coiffure et par la fraîcheur de mon teint, même en pleine ivresse et si tard ! Sans doute allait-il rejoindre le beau Nicandre, qui était à l’intérieur. Je ne serai jamais heureux. Je sais déjà que ce que j’aime en Polémon, c’est qu’il m’aime, me trouve beau et me le dise. « Tu es beau même quand tu as les yeux fermés et que tu dors », me dit-il, sauf que je ne dors pas, bien sûr. « Même quand tu fais la grimace ! » Ce que j’aime aussi, c’est qu’il me dise sans doute les mêmes paroles qu’il a tenues à Camille, que Polémon a beaucoup aimé. Au fond, je ne me suis intéressé à lui que par esprit de symétrie et pour rétablir un certain équilibre. Un prétendu ami m’a volé Camille ? Il me fallait donc prendre possession d’un amant de ce dernier. Grâce à cela, Camille et moi nous parlons plus facilement désormais : nous nous parlons en égaux. J’ai même pu retrouver une certaine supériorité sur lui, car Polémon, en ne sachant pas tenir sa langue, a réussi à insinuer le doute en Camille, qui soupçonne fort les tromperies d’Ascylte. Camille a bien sûr parlé de ses soupçons au traitre, qui fait donc tout pour l’empêcher de me voir : il craint sans doute que je l’éloigne définitivement de lui. Pourquoi donc cette crainte, se demandera mon lecteur, puisqu’il n’est probablement pas très attaché à lui, s’il le trompe ? C’est sans doute parce qu’il n’a encore trouvé personne pour le remplacer, et qu’il ne veut pas aller tout seul ‘‘au ski’’ ! C’est tout ! Peut-être est-ce aussi parce qu’il a peur que j’attende que Camille et lui ne soient plus ensemble pour me venger. Je lui avais dit, en effet, que j’y renonçais non pas par bonté, mais par amour pour Camille, à qui ma vengeance aurait causé de la peine. Même si Ascylte n’a aucun scrupule, même s’il serait sans doute prêt à tout pour se défendre, il a peur, il a peur de moi, parce qu’il ne peut pas être entièrement sûr de remporter la victoire et parce que, finalement, il a bien plus à perdre que moi. Sa peur est manifeste, dans la deuxième grande conversation qu’il a eue avec le personnage que je me suis inventé de petit pédé candide pour le démasquer à Camille. Comme Polémon a parlé à Camille de la première conversation qu’Ascylte avait eue avec mon petit personnage, qui s’appelle Antoine, et que Camille en a parlé à son tour à Ascylte, pour avoir des explications, ce dernier est venu demander lui aussi des explications au pauvre Antoine : il voulait savoir comment Polémon pouvait avoir eu vent de leur conversation. La peur et la mauvaise foi d’Ascylte sont à peine croyables, à moins qu’il ne se joue à son tour de moi, comme m’a fait remarquer Polémon, ce que j’ai pourtant peine à croire. Mais il faut à présent que je recopie ces fameuses conversations, que je publierai sans doute demain, ou dans le courant de la semaine prochaine.

23:59 Publié dans 2008, Ascylte, Camille, Cyrille, Journal, Ma soeur, Matio, Nicandre, Polémon, Trimalcion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

24/12/2008

Mardi 23 décembre 2008

            J’ai téléphoné dimanche à Camille, que j’avais envie de voir, mais qui est à Bordeaux jusqu’à Noël. Il m’a dit qu’il savait déjà que j’allais peut-être sortir avec Polémon, qui le lui aurait répété. Polémon me jure qu’il n’a plus parlé à Camille depuis des jours. De qui Camille peut-il donc tenir cela ? Du petit Ilisos, son autre ancien amant, à qui il me faut bien finalement donner un nom ? De cette fille-mère qui est aussi l’amie de Polémon ? De ce journal, peut-être, dont je sais qu’Ascylte connaît l’existence ? Ayant en effet récemment demandé à celui-ci depuis quand il lui semblait que j’avais besoin des services d’un psychanalyste (comme il le prétend depuis que j’ai menacé de le dénoncer, ce qui ne serait pas une réaction des plus saines, selon lui), je me suis entendu répondre qu’il le pensait depuis bien longtemps déjà, depuis qu’un de ses amis, qui me lisait à l’époque, lui avait donné l’adresse de ce blogue, dont il avait lu une partie, mais une partie seulement, tant le contenu l’avait dérangé : il avait été en effet sur le point de s’évanouir, tant il avait ressenti d’ondes négatives émaner de cette lecture. Car j’avais oublié de dire que notre psy est également un peu voyant à ses heures, extralucide ! C’est dire le niveau du type, qui est pourtant expert en psychologie auprès de bien des tribunaux de France et de Navarre, et même du Luxembourg ! Camille m’a semblé être un peu troublé, au téléphone, par cette perspective d’une association entre Polémon et moi, dont il s’est immédiatement mis à me parler avec inquiétude. Il faut dire que nous sommes sans doute les deux garçons qui l’avons le plus aimé dernièrement, ou du moins ceux qui le lui avons le plus montré. Il s’aperçoit soudain que nous lui échappons peut-être, et que nous lui échappons ensemble et l’un grâce à l’autre. Maintenant qu’il sait que j’ai rencontré physiquement Polémon hier soir, Camille se montre avec moi très prévenant, dans nos conversations sur MSN. Il m’invite à me méfier de son ancien amant, sur lequel il ne tarit plus, mais non pas d’éloges, comme on s’en doute ! Et quand je lui demande pourquoi il se montre soudain si soucieux de mon bonheur, il me répond que c’est parce qu’il est attaché à moi, parce qu’il a peur pour moi, etc. Je l’ai remercié pour ses conseils, même si, comme je le lui ai expliqué, je risquais de ne pas plus l’écouter que lui moi lorsque je lui ai conseillé de se méfier de ce fourbe d’Ascylte, dont je sais qu’il ne tient pas plus à Camille qu’au minet qu’il est déjà en train de rechercher pour le remplacer. Je ne voulais pas en parler plus tôt dans ce journal, parce que je nourrissais encore l’espoir de me venger d’Ascylte, et que les moyens dont je me suis servi dans le but de prouver à Camille la fausseté de son amant sont les mêmes qu’une partie de ceux grâce auxquels j’espérais pouvoir prouver le parjure de cet homme assermenté ; mais après avoir longuement pesé la chose, conseillé par un ami qui est avocat, je me suis aperçu que toute l’affaire, au fond, consisterait à établir quelle serait la plus crédible de nos deux paroles : ce serait la sienne contre la mienne ! Autant dire que le combat est perdu d’avance contre cet individu sans aucun scrupule, qui a nécessairement la confiance des juges pour qui il travaille, et précisément parce qu’il est assermenté. Il aurait fallu que plusieurs personnes l’accusassent des mêmes faits pour pouvoir espérer le perdre. J’ai renoncé à ma vengeance et n’ai donc plus à cacher au traitre, qui lit peut-être ce blogue, que les conversations que nous avons sur MSN sont automatiquement enregistrées depuis plusieurs mois déjà sur le disque dur de mon ordinateur portable, comme je m’en suis aperçu tout récemment, au moment de faire justement en sorte de les enregistrer, dans l’espoir de lui faire répéter les aveux qu’il m’avait fait une première fois, mais sur mon autre ordinateur, la petite machine ‘‘ultra portable’’ que je me suis offerte à mon anniversaire, et sur laquelle les conversations MSN n’étaient hélas pas encore automatiquement enregistrées à ce moment-là, ce qui n’est désormais plus le cas. De toute façon, même si j’avais pu lui faire répéter ses aveux, mon ami avocat m’a dit qu’ils n’auraient pas eu bien grande valeur et qu’Ascylte n’aurait eu qu’à se rétracter. Je connais fort bien les goûts de ce dernier, pour le fréquenter depuis plus de quatre ans. Je me suis donc créé un personnage susceptible de lui plaire, pour le piéger sur l’un des chat de rencontre entre pédés que je le sais fréquenter. J’ai également créé une nouvelle adresse hotmail, pour pouvoir enregistrer toute la conversation que nous avons eue (car Ascylte est évidemment tombé dans mon piège) et dans le but de la faire lire au pauvre Camille, au moment opportun. Il ressort de cette conversation, que je recopierai tout à l’heure, qu’Ascylte n’est pas du tout amoureux de Camille, comme il me l’avait fait croire, pour  excuser la trahison de notre amitié, tant il est vrai que l’amour peut faire agir parfois en dépit du bon sens ou de la morale. Mais l’excuse était un mensonge et ce n’est pas par amour qu’Ascylte m’a trahi mais, comme je le soupçonnais déjà fort, uniquement parce qu’il avait envie d’enculer un joli garçon de plus. Le crime n’en est que plus grave. J’ai demandé à Camille s’il était amoureux d’Ascylte. Il me répond qu’il l’est, ce que j’ai bien du mal à croire. Je lui objecte que je ne crois pas en la sincérité de son amour. Ce qu’il aime en Ascylte, c’est… « Son argent ? Si c’est ce que tu crois, tu te trompes. – Non, pas seulement son argent, mais aussi les relations qu’il a dans les milieux médicaux, et qui pourraient te servir à mieux soigner ton diabète. Je suis tellement persuadé que tu n’es pas amoureux d’Ascylte que, même si je pouvais prouver qu’il te trompe, tu t’empresserais de lui pardonner, ou tu ferais celui qui ne me crois pas, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses libéralités. – Non, absolument pas, parce que je sais qu’Ascylte ne me tromperait jamais. Mais s’il le faisait, je le quitterais immédiatement. – Si tu le dis… » Je ne sais plus quoi faire. J’ai peur de causer de la peine à Camille, en lui apprenant qu’Ascylte le trompe et ne l’aime pas. Il doit aller ‘‘au ski’’ avec lui, en Suisse, peu avant le nouvel an. Autant l’y laisser aller. Ce sera toujours cela de gagné pour Camille. Il sera toujours temps de lui ouvrir les yeux, plus tard. Camille jure n’être pas intéressé par l’argent d’Ascylte, mais il est tout de même un peu pute sur les bords, comme tous les garçons de son âge (c’était aussi mon cas), et tout heureux à l’idée de se faire offrir bientôt par lui un nouvel ordinateur portable. « Et tu dis que l’argent ne compte pas ! Profites-en tant qu’il en est encore temps, Camille, et si tu veux que je te donne un conseil, fais-toi offrir par Ascylte le plus de choses possible. Ses libéralités pourraient ne pas durer. – Mais non, il m’aime. Regarde, il m’a offert une bague de fiançailles. On va se pacser, au mois de mars ! – Eh bien je souhaite sincèrement pour toi qu’Ascylte ne se joue pas de toi. » (Polémon aussi faisait la pute, lorsqu’il vivait à Toulouse. Il habitait chez des hommes qui le nourrissaient et le blanchissaient. Il sortait beaucoup la nuit, avait fini par boire énormément, et c’est pour se mettre au vert qu’il s’est retrouvé à Aire-sur-l’Adour, où il vit désormais. Je ne sais si mes lecteurs l’ont compris, car je ne suis pas toujours bien clair ni très explicite, mais tous les gens dont je parle dans ce journal ne sont le plus souvent que des roués.) Je suis presque sûr que ce projet de pacs est un mensonge de Camille si ce n’est d’Ascylte. J’ai dit que je m’étais aperçu récemment que les conversations MSN étaient automatiquement enregistrées sur le disque dur de mon ordinateur portable depuis des mois. J’ai donc pu lire toutes celles que Camille avait eues lorsqu’il habitait chez moi et qu’il se servait de mon ordinateur. C’est ainsi que j’ai pris conscience de son génie pour le mensonge et que j’ai appris bien des tours qu’il m’avait joués dans le dos. Si j’ai su que Ménécrate était déjà venu dans ma nouvelle maison, c’est grâce à la conversation enregistrée qu’il avait eue d’abord avec Camille, qui l’invitait à l’y rejoindre pour se faire baiser. J’ai pu constater que celui-ci avait très souvent ‘‘levé’’ des garçons, sur différents chat de rencontre, dans le but de coucher avec eux : avec eux plutôt qu’avec moi ! Bien sûr, Camille se défend en me rappelant qu’il s’était déjà souvent amusé à exciter des garçons en ma compagnie, pour rien, pour s’occuper, pour me faire rire, pour passer le temps, mais je suis sûr que parmi tous ces garçons, il y en a avec qui il a finalement baisé malgré tout. Il fallait voir la tête de Camille à l’écran de l’ordinateur, lorsque je lui ai révélé que j’avais lu toutes ses conversations ! C’était très amusant. Et je crois que cela nous a encore un peu plus rapprochés. Il sait désormais que j’ai pu lire en lui à livre ouvert. C’est grâce à cette lecture que j’ai également pu constater que Camille était réellement très remonté contre son père. Certaines conversations qu’il a eues avec l’une de ses cousines me le montrent assoiffé de vengeance et des mots épouvantables plein la bouche : il a dans ces passages-là quelque chose de proprement effrayant. Ce n’est plus mon Camille, c’est le Camille qu’il me cachait, et qu’il sait que j’ai vu désormais. Je l’ai vu si souvent mentir, dans toutes ces conversations, que j’ai presque la certitude que ce projet de pacs est une invention de lui. D’un autre côté, la candeur et la joie avec lesquelles il a rapproché son alliance de l’objectif de la caméra pour mieux me la faire voir étaient si saisissantes de vérité que j’hésite réellement à lui faire lire la conversation que j’ai enregistrée entre Ascylte et le personnage que j’ai inventé pour le lui démasquer : et si Camille était réellement amoureux ? Et s’il en avait le cœur brisé ? Je ne veux pas être celui qui lui fera verser des larmes. Je me suis aperçu, en relisant certains passages de ce journal, que je n’avais pas vraiment su faire passer dans ces pages l’horreur et l’effroi que m’inspire Ascylte. On pourrait croire que je le hais pour ce qu’il m’a fait, ce qui est d’ailleurs vrai en grande partie. Mais je le hais également parce qu’il est réellement détestable. Je le hais pour ce qu’il est, ce qu’il est réellement, indépendamment de mes petites et grande contrariétés, et que je vais tenter de dire à présent. Ascylte, c’est L’Imposteur de Molière, un nain posteur, comme écrit Polémon, pour me faire sourire. C’est l’air irrespirable du temps qui s’est engouffré dans ma maison pour tout empester et me voler ma femme et mon bien, c’est-à-dire mon mignon et mon bonheur déjà si précaire. L’air irrespirable du temps, c’est, de nos jours, l’inhumaine psychologie, dont Ascylte a fait son métier, c’est l’arrogante et froide expertise de parvenus assermentés, c’est l’impitoyable ‘‘humanisme’’ (celui des antiracistes, des ‘‘homophobophobes’’ et apparentés), qui n’hésite pas à censurer, à calomnier, à ruiner, à lyncher des hommes pour le bien de l’humanité. Qu’on songe par exemple qu’Ascylte, dans un récent procès, était le seul expert psychologue qui, dans son rapport, voulait faire passer l’accusé, qui reconnaissait d’ailleurs sa culpabilité dans une affaire d’assassinat et de tentative d’assassinat dont deux homosexuels avaient été les victimes, pour un homophobe, ce qui aurait sans doute considérablement alourdi sa peine, s’il avait été reconnu tel. En réalité, même si l’accusé était sans doute homophobe, c’est à cause d’une querelle de voisinage qui durait depuis plus de dix ans qu’il en était arrivé à commettre l’irréparable. L’on peut sans doute être homophobe et ne pas assassiner des homosexuels par homophobie, mais pour la même raison qu’on assassine parfois des hétérosexuels, raison sans doute universelle : parce qu’on n’aime pas ses voisins ! Pourquoi donc Ascylte est-il si acharné à débusquer l’homophobe, le pédophile, le tortionnaire ou le bourreau ? Parce qu’il prétend avoir été lui-même victime des attouchements ou du viol d’un pédiatre, lorsqu’il était un jeune adolescent. Nous voici au cœur de l’époque, c’est la pestilence même du temps : nous avons assisté depuis peu à l’avènement de l’empire des victimes. Ascylte, qui en a été une, s’est fait le champion de toutes. Comment donc, dans ces conditions, pourrait-il être objectif, impartial ? « Malheur à la ville dont le prince est un enfant », surtout si c’est un enfant maltraité ! C’est, pour commencer, une ville où il ne peut plus y avoir de justice. Mais Ascylte n’est pas qu’une victime ! Il est un monstre plus effrayant encore ! C’est un assuré social ! Sous prétexte qu’il était ‘‘en arrêt maladie’’ (pour cause d’épuisement !), Ascylte, dans le procès dont j’ai déjà parlé, ne s’était pas rendu à l’audience le jour prévu. C’est en entendant faire le compte rendu des débats, le soir, à la télévision, et en constatant que la thèse de l’homophobie semblait ne pas devoir être retenue, qu’il avait fait l’effort de se déplacer, le lendemain, pour être entendu. Mais le juge n’avait pas voulu l’écouter : Ascylte avait dû rester muet, dans la salle, au milieu du public, ce qui l’avait fort contrarié. « Quand même, elle aurait pu m’écouter, cette juge (c’était une femme). Elle aurait dû tenir compte du fait que je m’étais déplacé malgré mon arrêt maladie. C’était une preuve de ma bonne volonté, de mon souci d’aider la justice. – Oui, sans doute, mais je crois qu’elle aurait été encore plus impressionnée si tu avais fait l’effort de venir malgré ton ‘‘arrêt maladie’’ le jour prévu ! Surtout que tu n’as pas l’air si épuisé que cela… » Malheur à la ville dont le prince est un assuré social ! Comment donc un assuré social pourrait-il sérieusement aider à rendre une bonne justice ? Je me souviens tout à coup de ce qu’écrivait Céline : « Je voudrais voir un peu Louis XIV avec un ‘‘assuré social’’ !... Il verrait si l’Etat c’est lui ! » Je n’ai plus le courage de recopier la conversation que mon personnage inventé de petit pédé candide à eue avec ce satyre lubrique d’Ascylte. Je le ferai un autre jour.

00:29 Publié dans 2008, Ascylte, Camille, Ilisos, Journal, Ménécrate, Polémon | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

19/12/2008

Jeudi 18 décembre 2008

            J’ai parlé avec un autre ancien amant de Camille, à qui je ne suis pas sûr qu’il me faille déjà donner un nom, ne sachant pas si j’aurai l’occasion de reparler de lui dans ce journal, même s’il le mériterait fort, tant il est joli à regarder. Son jugement sur Camille n’est pas bien différent de celui de Polémon. Voici ce qu’il m’a dit de lui, en des termes que je m’efforce de reproduire aussi fidèlement que possible : « Non mais tu n’as rien à te reprocher, tu sais, et puis ce n’est pas ton ami qui te l’a piqué, c’est Camille qui a été voir ailleurs. C’est son trip de coucher avec tout le monde comme une pute. Alors, sérieux, ne souffre plus pour une tapette comme lui, tu te gâches la vie. » Mais il a beau dire, je souffre, et je souffre encore plus d’entendre parler si unanimement mal de Camille. Ce n’est pas à lui que j’en veux le plus, c’est à ces prétendus amis qui ont couché avec lui sans me le dire, qui m’ont laissé me confier à eux, lorsque ma peine était trop grande, sans me dire qu’ils avaient activement participé à ce qui l’avait causée, comme ce Tityre, avec qui je me dispute presque à chaque fois que je le vois, parce qu’il ne veut pas reconnaître que son comportement n’était pas digne d’un ami, ou comme ce Ménécrate, avec qui je baise occasionnellement, dont il me faudra d’ailleurs reparler dans ce journal, et qui affectait l’autre jour de ne pas savoir où se trouvait ma nouvelle maison, alors qu’il était déjà venu y coucher avec Camille, en mon absence, lorsque ce dernier habitait encore avec moi ! Tous ceux-là ont aussi mal agi que Camille, mais ils sont plus coupables que lui, parce que je sais que Camille, qui n’est pas quelqu’un d’équilibré, ne peut pas se comporter autrement que très mal, alors que mes prétendus amis, qui sont des gens bien portant, n’ont pas hésité un instant, en toute liberté, et au mépris des sentiments qu’ils me savaient avoir pour Camille, à participer aux mauvaises actions que celui-ci, par faiblesse, croyait n’avoir pas d’autre choix que de commettre : ils n’ont aucune morale, alors que Camille n’a plus tout son bon sens, lui qui se croit obligé de mentir, pour être aimé. Il manque à l’un son libre arbitre ; les autres ont choisi de me trahir. Polémon me conseille d’effacer Camille de ma vie. Je lui réponds que je ne peux pas, parce que je ne le veux pas. Je lui explique qu’à cause de ma névrose phobique, j’ai rarement eu beaucoup d’amis, j’ai toujours fait fuir la plupart des gens : Camille est venu vers moi, lui. Je ne peux pas lui en vouloir complètement, parce que je ne m’en sens pas tout à fait le droit. Malgré tout le mal qu’il m’a fait, je lui suis d’abord reconnaissant d’avoir bien voulu devenir mon ami, à sa mauvaise façon de pauvre être aussi tourmenté que moi, quoique bien différemment. Les Camille et les Olivier pourraient commettre les pires actions qui soient, ils ne seront jamais aussi mauvais que les Ascylte, les Ménécrate et les Tityre qui les subissent de trop bonne grâce !

02:17 Publié dans 2008, Ascylte, Camille, Journal, Ménécrate, Polémon, Tityre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

17/12/2008

Mardi 16 décembre 2008

            Je suis entré en relation avec cet ancien amant de Camille, que je croyais d’une grande bestialité pour avoir osé monter la fille-mère dans le lit de ce dernier, en sa présence et sans aucun égard pour sa pudeur, dont il est vrai qu’il est sans doute entièrement dépourvu. Appelons-le Polémon. C’est en réalité un garçon plein d’humanité, qui m’a beaucoup écouté, et surtout beaucoup appris sur Camille, qu’il connaît depuis bien plus longtemps que moi et contre lequel il est très remonté. Grâce à lui, je sais que Camille ne s’est pas comporté comme il a fait avec moi à cause de ma manière d’être, mais bien à cause de la sienne. Il se comporte ainsi, c’est-à-dire plutôt mal, avec tout le monde, avec son père, sa mère, sa sœur, Polémon et sans doute avec Ascylte, en ce moment. Cela ne change rien au fait que ma manière d’être ne me rend pas aimable  du tout, mais je suis soulagé d’apprendre que même si je l’avais été, Camille ne m’aurait pas plus ni moins aimé. Polémon m’a donné un nouvel éclairage sur une multitude de faits, qui en disent très longs sur Camille et sur le génie avec lequel il sait les tordre à sa convenance. Lors de mon récent dîner en tête à tête avec le traître Ascylte, celui-ci m’avait expliqué qu’il estimait que Polémon ne devait plus faire partie des amis de Camille, parce qu’il s’était rendu coupable de coucher avec le père en même temps qu’il était l’amant du fils ! Mais la version de Polémon est un peu plus développée que celle dont Camille a fait le récit à cet imbécile d’Ascylte, qui n’est pas un bien fin psychologue, j’en ai peur. En réalité, c’est Camille qui a jeté Polémon dans les bras de son père. Il a joué les rabatteurs. Après quoi, il s’est servi de ce prétexte pour quitter Polémon, dont il s’estimait trompé ! Ils finirent bien sûr par se remettre ensemble, puisqu’ils n’ont cessé de se séparer et de se réconcilier depuis qu’ils se connaissent. D’ailleurs, le soir où Camille a rencontré Ascylte chez moi, il était de nouveau avec Polémon depuis deux semaines, alors même qu’il était en train de jouer le jeu du fourbe psychologue, qui affectait de vouloir nous remettre ensemble, pour finalement me le voler. Le soir où Camille avait deviné que j’étais pour quelque chose dans la rupture inexpliquée d’Ascylte, il m’avait interdit, plein de fureur, de jamais revenir vers lui. D’ailleurs, avait-il ajouté, il s’était déjà remis avec Polémon, ce qui n’avait pas manqué de me surprendre beaucoup, puisqu’il était censé être follement amoureux d’Ascylte. En réalité, notre Camille, qui est un garçon prévoyant, n’avait pas encore prévenu le pauvre Polémon qu’il le quittait pour ce dernier : il attendait d’être sûr de la sincérité des sentiments du traître, ce qui est bien compréhensible… Quant aux sentiments de Camille à l’égard de ce pendard d’Ascylte, ils sont des plus bas : Camille aime son argent (il en a plus que moi, mais le premier venu en aurait plus) et ses relations médicales, grâce auxquelles il espère équilibrer enfin son diabète. Je sais qu’il n’aime pas du tout le corps d’Ascylte et qu’il daigne à peine baiser avec ce débauché, qui lui ne pense qu’à ça et qui est donc ces temps-ci tellement frustré que je l’ai surpris ce soir en train de traîner sur un site Internet de baise entre pédés, que je le sais fréquenter habituellement et où j’étais venu incognito le prendre sur le fait. (Ascylte passe en effet la semaine à Bordeaux, son jeune ami étant très pris ici par son travail de ‘‘ramassage’’ de volailles, les fêtes de fin d’année approchant. Il a dont tout le loisir de tromper le garçon dont il prétend être tombé follement amoureux.) Pour le malheur d’Ascylte, Camille est très peu porté sur le sexe. Il a des envies, bien sûr, qu’il ne s’est pas privé d’assouvir sans moi, lorsqu’il me laissait vainement espérer ce que je voulais pouvoir espérer, mais ce n’est pas du tout le genre de personne à baiser plusieurs fois dans la journée, ni même une fois par jour, comme me l’a confirmé Polémon, qui semble être lui-même très porté sur la chose et qui a été, lui aussi, accusé par Camille de lui faire l’amour contre sa volonté ! C’est dire si ce dernier est sujet à caution lorsqu’il me menace, sous l’influence d’Ascylte, qui ose prétendre qu’il veut rester mon ami, de m’accuser d’atteinte sexuelle sur sa personne ! (Mais il faudrait qu’il ait quinze ans ! Il en a vingt…) Polémon m’a dit que Camille pouvait être très violent. Il peut se mettre dans de telles colères qu’il l’a déjà vu soulever son père de ses maigres bras et le projeter à terre. Quant à sa mère, qui est une ancienne voisine de Polémon, c’est pour se protéger des coups que Camille lui donnait qu’elle se serait défendue avec un couteau. Jamais elle n’aurait voulu le tuer, comme il m’avait fait croire, et comme Ascylte le croit encore. Mais le plus grave n’est pas là. Toutes ces révélations que m’a faites Polémon et qui devraient m’ouvrir les yeux, me faire mépriser et détester Camille, ce demi-fou, ce menteur, ce profiteur, ce manipulateur et ce voleur (car il volait régulièrement son père, à qui il doit d’ailleurs beaucoup d’argent, ce qui est un comble, quand on sait qu’il le poursuit en justice pour en recevoir une pension), toutes ces révélations m’attendrissent et me font l’aimer davantage encore. Je me dis qu’il doit être bien malheureux et que c’est le besoin d’être aimé, la nécessité de se faire passer pour aimable, c’est-à-dire pour quelqu’un qu’il ne croit pas être, qui le poussent à mentir, et à changer d’amant dès qu’il se sait ou se croit découvert. Finalement nous nous ressemblons un peu lui et moi, par notre faille et par le gouffre qui s’ouvre sous nos pieds. Moi c’est dans la sincérité et la méchanceté que je suis tombé. Lui c’est dans le mensonge et la manipulation. Ni lui ni moi ne savons nous faire aimer pour ce que nous sommes. C’est une illusion qu’on aime en lui. On l’aime parce qu’il est pâle et roux, non parce qu’il est Camille. Il est seul.

12:32 Publié dans 2008, Ascylte, Camille, Journal, Polémon | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note