04/05/2009
Dimanche 3 mai 2009
Au fond, tout ce que demandait Monsieur Véto, c’est de pouvoir me dire, dans les commentaires de mon propre blogue, tout le mal qu’il pensait de moi, tout le mépris que je lui inspirais, mais sans qu’en retour je bronchasse du tout. Est-ce que ce n’est pas le droit de tout homme, après tout, que de provoquer son prochain, de le pousser à bout, et de n’en subir aucune riposte ? Mais dans quelle époque vit-on ? Ce droit que voulait exercer Monsieur Véto, c’est celui de se comporter et d’être traité comme une femme, comme une de ces femmes qui se réservent le droit de rendre la vie impossible à des maris qui ont quant à eux le devoir de garder le sourire ou de baisser la tête ! Il arrive parfois que l’homme la relève, le temps de donner une gifle et d’être conduit en prison. Cela dit sans vouloir tenir de propos discriminatoires à l’encontre des femmes ni faire l’apologie de la violence conjugale, comme on dit de nos jours ! (Attention ! La police veille et lit peut-être encore ce blogue…) Monsieur Véto, c’est un de ces hommes-femmes comme il y en a de plus en plus : c’est un homme émasculé qui, n’en revenant pas d’avoir pris des coups qu’il a tout fait pour recevoir, est allé pleurer dans les bras de sa mère la police. En d’autres temps, heureusement révolus, dois-je m’empresser de préciser, car je n’ai pas non plus l’intention de faire l’apologie des pratiques qui avaient cours alors, cette ridicule affaire se serait probablement terminée par un duel. Mais il est vrai qu’en ces temps, un être aussi petit, aussi pleutre, aussi vile que Monsieur Véto n’aurait sans doute jamais été du nombre de ceux qui portaient l’épée et, d’ailleurs, il n’y aurait pas eu d’affaire, parce que les injures qui me sont reprochées n’auraient jamais été prononcées : une simple bastonnade les aurait remplacées ! Je crois qu’il y a un énorme malentendu relativement au fait que je laisse à mes lecteurs la possibilité de commenter ce blogue. Si les commentaires sont ‘‘ouverts’’, c’est surtout pour laisser à un éventuel prince charmant, pour parler comme un pédé (cela dit sans vouloir offenser la communauté homosexuelle, bien sûr, oh la la, loin de moi cette idée !), pour lui laisser la possibilité, disais-je, de se faire connaître à moi. Evidemment, vue la tournure que ce blogue a prise depuis quelques mois, la venue de cet hypothétique prince charmant est très compromise et ce d’autant plus que je l’ai déjà rencontré, il y a quelques années. Il avait hélas perdu son royaume et sa fortune : c’était don Esteban ! La Providence serait tout de même bien généreuse, et bien indulgente, en me permettant d’en rencontrer un second grâce à ce blogue. Je devrais sans doute m’estimer heureux de tomber sur un maquereau, compte tenu de ce que j’ai pu y écrire ! Je plaisante, évidemment. Moi vivant, jamais il ne sera fait l’apologie de la prostitution dans les pages de ce journal ! Si je laisse ouverts les commentaires, c’est aussi parce que j’aimais lire ceux de Pierre Driout, qui semble hélas avoir définitivement cessé de fréquenter ces lieux. C’est enfin pour ne pas décevoir un peu plus don Esteban, qui ne cesse de me dire que c’est une lâcheté que de les ‘‘fermer’’ ! Le malentendu porte également sur la raison qui me fait publier ce journal sur Internet. Je ne pensais pas avoir à l’écrire, mais enfin, il semble que ce soit nécessaire : si je le publie, ce n’est absolument parce que je suis curieux des réflexions que sa lecture peut inspirer aux internautes, même s’il est vrai qu’il peut m’être agréable de les connaître, lorsqu’elles sont aussi flatteuses que dans le commentaire que m’a laissé par exemple hier un certain Philip. Tout internaute est libre de l’opinion, bonne ou mauvaise, que je lui inspire, bien sûr, mais je trouve fort indélicat qu’on tienne absolument à me dire la mauvaise ici-même : pourquoi donc le faire, si ce n’est pour me blesser, pour me nuire, c’est-à-dire pour assouvir ses plus bas instincts, comme a fait Monsieur Véto, quoique en toute bonne conscience ? On n’a qu’à l’écrire dans son propre blogue ! Non, si je publie le mien, c’est parce qu’il est aux confidences ce que le fuckbuddy est aux amours ! C’est le propre de l’homme que d’avoir à se confier. Et pour être ce que je suis ou ce que je semble être à tous les Monsieur Véto qui lisent peut-être encore ce journal, c’est-à-dire pour leur être le plus souvent des plus détestables, je n’en suis pas moins homme ! Mais j’ai peu d’amis à qui me confier. Dans la confidence, le plus important n’est pas le secrétaire et, d’ailleurs, mes lecteurs les plus attentifs auront bien vu que j’ai peu de secrets pour eux ! Non, le plus important, c’est que ces secrets soient dits. Qu’ils soient dévoilés, chassés de moi, jetés dans l’air ambiant. Dans un tel but, écrire pour soi seul n’est pas suffisant : ce n’est pas tout à fait dire. Je publie donc tout ce que j’écris parce que j’ai besoin de le dire. Il me semble d’ailleurs que c’est également l’un des fondements de la psychanalyse. Je pourrais bien découvrir seul tout ce que je fais depuis que j’ai commencé nos séances avec Tirésias. Mais l’important est de le dire, du moins pour cheminer jusqu’au point de découvrir ce qui a toutes les chances d’être proprement indicible. J’écris ce journal sur Internet parce que je n’ai personne à qui le dire. Même ma mère ne me prêterait pas l’oreille qu’il y faudrait, surtout pas elle, d’ailleurs, qui est complètement folle et probablement la racine de tous mes maux. Pour que mon lecteur puisse se faire une idée de cette marâtre, qu’il songe seulement qu’elle est la première à me dire d’aller me prostituer quand, depuis qu’elle a décidé de devenir avec moi moins prodigue de son argent, je lui demande encore, sans grand espoir, de m’en donner un peu. « Tu n’as qu’à te trouver un vieux riche ou bien aller faire la pute », me répond-elle souvent. Elle le dit sans aucun dégoût pour la pratique qu’elle me recommande, mais comme si c’était la chose la plus naturelle du monde et le métier le plus fait pour moi, qui ne sais pas faire grand-chose ni de mes mains ni de ma tête, il est vrai, et je ne vois d’ailleurs pas comment je pourrais le nier, ce journal en étant la preuve, ou plutôt l’aveu… Je n’ai pas particulièrement envie de me confier à une mère si disposée à se satisfaire que son fils fasse le plus vieux métier du monde, auquel seule l’antiquité, peut-être, pourrait donner un peu de prestige. Allons ! Il va de soi que je n’y trouve aucun prestige, non plus que de honte. J’espère qu’on voit bien qu’il n’y a dans ce journal nulle apologie de la prostitution. Je ne fais que la constater dans ma vie et dans le monde.
03:22 Publié dans 2009, Don Esteban, Journal, Ma mère, Monsieur Véto, Pierre Driout, Tirésias | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17/01/2009
Samedi 17 janvier 2009
Mon amie Myriam, qui lit ce blogue, m’écrivait tout à l’heure qu’elle n’aimait pas me voir évoluer dans un milieu aussi malsain que celui dont je parle depuis quelque temps dans ces pages. Pierre Driout lui-même faisait tout récemment ce commentaire : « J’abdique, écrivait-il, je suis comme un roi découronné devant l’art avec lequel Olivier nous retire tout espoir de nous élever en sa compagnie. O vous qui entrez dans son blog, quittez fierté, joie et espérance. Ici l’âme est désolée devant les sombres avenues de l’engeance humaine ! Rendez les armes, il n’y a que piperies sur Terre… Il nous reste à visiter le royaume des morts pour y retrouver nos frères défunts. » C’est que, suivant ma pente, je parle plus volontiers du mauvais que du bon. Mais tout n’est pas si mauvais dans ce qui m’arrive. Il y a aussi de bonnes choses, dont je pourrais aussi bien parler. C’est d’ailleurs à cause d’elles que je continue de fréquenter mon Camille. Que peut-il y avoir de meilleur au monde, par exemple, que de lui faire, comme hier soir, un massage avec le lait pour le corps à 100 EUR d’Ascylte qui est à la noix de coco et qu’il a fait venir de là-bas, comme dit Camille ? « De là-bas ? Comment ça ? D’où donc, exactement ? – Ah ça ! Je ne sais pas. De là-bas quoi… Il l’a commandé sur Internet. – Ah d’accord… » Quand tout le lait à pénétré dans la peau si pâle de Camille, il se met à rouler sous mes mains comme de petits lambeaux noirs d’une crasse dont tant de blancheur ne laissait pas soupçonner la présence. « Mais depuis quand ne t’es-tu pas lavé ? » Camille aime aussi se faire percer les boutons ‘‘quand ils sont murs’’, dit-il, et se faire enlever les points noirs qu’il a dans le dos. Parfois, après le pus, c’est du sang qui perle sous la pression de mes doigts. Polémon m’avait déjà parlé du plaisir que prenait Camille à se faire ainsi charcuter le dos. Il prétendait, avec un peu de dégoût dans la voix, que c’était à cause de sa mauvaise hygiène que Camille avait tant de comédons. C’est qu’il ne savait pas, « Muse, que cette crasse était tout le génie », « que c’était tout mon sacre » ! Il y a du bon dans Camille. Il est venu m’aider, cet après-midi, à scier de vieilles planches qu’il y avait chez ma mère et qui pourront servir de bois de chauffe. Il a commencé par me montrer comment on se servait d’une scie. « Regarde, m’expliquait-il, il faut laisser travailler la scie dans toute sa longueur et le bois se coupe presque tout seul. » Mais comme il sait que je suis un grand mou et que je n’ai pas oublié ce qu’il m’avait dit sur la force et les nerfs, lors de mon déménagement, c’est lui qui a fait presque tout le travail. Moi j’aidais à tenir en place la planche qu’il était en train de scier. Penchées l’une et l’autre sur elle, nos têtes se frôlaient sans cesse et quand, après un effort trop intense, son corps se relâchait un peu, Camille appuyait son front au mien, pour se reposer quelques secondes. (Le front, c’est un peu le genou de la tête, quand on est plus intime.) J’aime que Camille me téléphone, comme ce soir, alors qu’on était encore ensemble, deux heures plus tôt, à la recherche d’une voiture d’occasion dont il veut faire l’acquisition, pour me dire sa joie d’en avoir enfin trouvé une, grâce à l’un de ses amis, qui lui vend la sienne pour 300 EUR. « Je n’aurai même pas besoin de faire un emprunt. Elle a juste le contrôle technique à passer et si des réparations sont ordonnées, leur coût sera déduit des 300 EUR. » J’aime qu’il me dise que sa nouvelle voiture affiche 500000 km au compteur. Ça me paraît énorme, mais je ne connais rien aux voitures. Je ne suis pas bien sûr qu’il ait fait une bonne affaire. A moins qu’il n’ait mal lu le nombre en question. J’aime aussi cela, d’ailleurs : que Camille ne sache pas lire les grands nombres ! Pour lui, 15000, 50000, 150000 ou 500000, sont des nombres illisibles et qui se confondent dans son esprit. Je trouve cela charmant. J’aime encore les regards exaspérés qu’il me lance dans le dos d’Alcidor (l’amant de Flipote), qu’il héberge en ce moment et qui lui dévore tout ce qu’il y a de comestible dans ses placards. Je l’aime aussi pour les énormités qu’il peut dire : « Je croyais, m’avoua-t-il par exemple, cet après-midi, qu’Ascylte était un grand bourgeois » ! Ce sont exactement les mots qu’il a prononcés ! (Je ne pense pas que Camille sache vraiment ce qu’ils signifient, parce que j’ai toujours dit qu’Ascylte avait l’air de ses origines, malgré les grands qu’il veut se donner : il a beau se parfumer, il empeste le caniveau !) « J’ai cru que c’était un grand bourgeois, disait-il donc, et puis j’ai vite compris, à force de le voir manger… » Et Camille d’imiter ce cochon d’Ascylte en train de mastiquer, avec force bruit, la bouche ouverte. « Et tu as vu comme il boit ? Le bruit qu’il fait aussi ? » S’il l’avait vu ! Ah ! S’il l’avait entendu ! J’aime rire avec Camille pour des bêtises et Ascylte nous fait beaucoup rire en ce moment. Il est devenu un véritable Aschenbach ! Il s’est fait couper les cheveux beaucoup plus courts et y met du gel, désormais ! Il avait confié à Camille vouloir se faire faire un piercing ou un tatouage. « Oh ! Oui, un tatouage ! Tu ne devrais pas le quitter tout de suite. Pousse-le d’abord à se faire tatouer quelque chose comme ‘‘Camille pour toujours’’ et ne le quitte qu’ensuite ! » C’est très bête, mais ça nous fait beaucoup rire.
22:13 Publié dans 2008, Alcidor, Ascylte, Camille, Flipote, Journal, Myriam, Pierre Driout | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08/12/2008
Dimanche 7 décembre 2008.
Pour l’instant, j’ai beaucoup parlé de la trahison d’Ascylte. Mais Camille est loin de s’être très bien comporté avec moi. Depuis le jour où nous nous sommes séparés, à cause de l’impossibilité où nous étions de nous voir autant que nous le voulions, il n’a cessé de me faire croire que nous pourrions un jour nous remettre ensemble. J’ai eu la faiblesse de lui faire confiance. A chaque fois que je lui demandais s’il avait rencontré quelqu’un, s’il avait couché avec d’autres garçons, il me jurait que non, comme s’il n’en avait pas le droit, comme si nous nous étions juré fidélité, ce qui n’était pas formellement le cas. Camille m’a constamment fait croire que, même si nous n’étions plus en couple, comme dirait ce chien d’Ascylte, nous n’étions jamais loin de l’être de nouveau. En réalité, pendant tout ce temps, Camille n’a cessé de me ‘‘tromper’’, de coucher avec d’autres garçons, avec Tityre, par exemple, et même avec l’épouvantable Trimalcion, dont il aurait été l’amant pendant plusieurs jours, sans doute pendant toute la période où je n’ai plus eu de nouvelles de lui après sa disparition, le jour de mon anniversaire. Il me faut bien me rendre à l’évidence. Si Camille me mentait à ce point, c’est sans doute parce qu’il voulait me garder attaché à lui, pour des raisons qu’il est le seul à connaître vraiment, probablement parce qu’il n’est qu’un profiteur, comme disait je ne sais plus qui, peut-être le gros Corydon. Parce que j’ai cru Camille, parce que je lui ai fait confiance, je me sens à présent comme une femme que son mari n’aurait cessé de tromper. Camille a commis ce tour de force d’abuser de ma gentillesse, moi qui suis d’un naturel si méchant. Comme je disais à Pierre Driout, il m’a fait pousser de si grandes cornes, que c’est à peine si j’arrive encore à tenir la tête droite. Et certains des garçons qu’il m’a préférés sont d’une telle laideur que je n’ose plus me regarder dans une glace, tant je me sens devenu laid. J’ai d’ailleurs résolu de changer de coupe de cheveux. J’ai rendez-vous mercredi chez le coiffeur. Quelqu’un qui a vu une photo de moi datant de l’époque où j’avais les cheveux courts m’a dit que j’étais alors bien plus beau. J’ai besoin de changer d’aspect. Cela devrait m’aider à tourner la page. Je dois perdre l’apparence que j’avais quand Camille me regardait encore pour m’arracher au regard que, de toute façon, il n’a plus pour moi, si du moins il l’a jamais eu ! Il me faut trancher ces cheveux qui ont poussé pendant le temps de notre lamentable histoire. Ils sont devenus trop lourds pour ma pauvre tête. Je demanderai au coiffeur de m’en garder une mèche. Je la rangerai avec les reliques de Camille, parmi ses quelques cheveux, son poil pubien, ces petits mots manuscrits pleins de fautes d’orthographe, cette boîte d’aiguilles pour son stylo à insuline qu’il avait oubliée chez moi. Don Esteban est d’avis que je devrais en vouloir à Camille bien plus qu’au traître Ascylte. Je n’y arrive pas. Une part de moi continue de croire qu’il y avait peut-être un peu de sincérité dans l’amitié qu’il me montrait. Je crois qu’il me déteste, désormais. Il a deviné que j’étais pour quelque chose dans sa brève rupture avec Ascylte, ou peut-être ce dernier lui a-t-il révélé que je l’avais fait chanter. Quelle importance ? Il me déteste parce qu’il avait besoin d’une raison de me détester. J’ai beaucoup fait pour lui (je dis beaucoup parce que je ne suis pas le genre de personne à faire habituellement beaucoup pour qui que ce soit) et lui n’avait rien à me donner en retour qu’un amour que je ne lui inspirais pas. Ma supériorité lui pesait. Esteban croit que Camille a trouvé Ascylte plus impressionnant que moi, parce qu’il a un vrai métier et plus d’argent que j’en aurai sans doute jamais. Mais Ascylte est un parvenu, en qui tout est ridicule. Je suis persuadé que si Camille a pu s’en éprendre, c’est précisément pour son infériorité. Il ne se sent plus regardé de haut. Il s’est trouvé un égal à aimer. J’ai demandé à ce sinistre psy d’Ascylte s’il pouvait me dire la raison pour laquelle Camille m’avait fait croire que nous étions encore ensemble, même quand nous ne l’étions pas vraiment. « C’est parce que Camille ne sait pas dire non, m’a-t-il répondu. Si je n’avais pas été là, il serait sur le point de se marier avec cette fille qui vient d’avoir un enfant. Elle exigeait de lui qu’il l’épouse avant de reconnaître le petit. – Mais s’il ne sait pas dire non, comment peux-tu être sûr qu’à toi, il ose le dire, ce non, quand il le voudrait ? » Ce crétin n’a pas su quoi répondre. Il a probablement compris que je voyais clair dans son jeu et que je ne faisais pas grand cas de ses billevesées psy à la con de revues pour bonnes femmes. « Et qu’est-ce que c’est que ce non qu’il ose me dire enfin ? Est-ce bien le sien ? Ou est-ce le tien, Ascylte, crevard, traître, voleur ? Tu es un ogre, qui dévore tout ce qui lui tombe sous la main. Tu me dégoûtes. Et tu oses me demander de rester ton ami ? Je sais que tu manipules ce pauvre Camille. Je n’ai pas cru en la sincérité du SMS que tu lui as fait m’envoyer, dans lequel il dit qu’il veut qu’on se réconcilie, qu’on se réconsile, comme il l’écrit ! Ce n’est pas un mot de lui ! C’est le tien ! Lui s’est mis à me détester. C’est toi qui veux nous réconcilier, pour m’adoucir, parce que tu as peur que je te dénonce. Tu n’es qu’un lâche ! » Voilà le genre de conversation que nous avons, Ascylte et moi, lorsque nous nous retrouvons sur MSN. Il est très conciliant et me laisse l’insulter autant que je veux. C’est parce qu’il a peur de moi. Et il faut bien dire qu’il y a de quoi avoir peur. Je crois en effet que je suis un peu effrayant, lorsque je me lance dans ces sortes de tirades, qui sont bien dignes des plus grandes tragédiennes ! Je suis plutôt froid, en temps normal, mais dans ces moments-là, Ascylte doit me trouver glaçant.
01:26 Publié dans 2008, Ascylte, Camille, Corydon, Don Esteban, Journal, Mon coiffeur, Pierre Driout, Tityre, Trimalcion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
05/12/2008
Jeudi 4 décembre 2008
Pendant qu’Ascylte était en train d’être heureux à ma place, j’ai relu hier soir la Médée de Sénèque. J’étais furieusement installé dans mon lit, en train de brailler le texte, devant le public médusé que constituait la chienne Pélagie. Moi aussi, je pourrais faire ma Médée. Pierre Driout, ce vil flatteur, dit qu’il me trouve doué pour écrire des pièces de théâtre ! Je pourrais écrire une tragédie qui s’appellerait La Vengeance. Dans le premier acte, chez moi, on verrait Ascylte me trahir en détournant de moi le petit Camille. Au second acte, dans le cabinet d’un avocat, l’un de mes anciens amants, de qui je suis venu prendre conseil, on me voit mûrir ma vengeance et, au téléphone, menacer finalement Ascylte, qui s’est rendu coupable de violer le secret de l’instruction en me faisant lire ses rapports d’expertise, de le dénoncer à la justice s’il ne quitte pas immédiatement le pauvre Camille. Dans le troisième acte, chez Camille, je viens repaître mes regards du désespoir du petit amoureux abandonné, plein de haine contre moi. Il a deviné que j’étais responsable de son malheur. Au quatrième acte, dans le cabinet d’Ascylte, je fais croire, dans un premier temps, n’être venu que pour repaître encore ma vue du désespoir de ce dernier. Mais ayant eu pitié de celui de Camille, dans un second temps, je rends sa liberté au traître, sans lui pardonner, mais par amour pour celui qu’il m’a pris. Dans le dernier acte, qui se passe de nouveau dans le cabinet de l’ami avocat, l’on apprend que n’ayant pas supporté de voir les amants heureux à ma place et sans moi, j’ai dénoncé Ascylte, qui s’est suicidé en prison. Camille est mort après être tombé dans un coma diabétique causé par le désespoir. L’avocat, qui m’aime encore, menace de dénoncer à la justice le chantage que j’avais d’abord fait à Ascylte, si je refuse de l’aimer de nouveau. Qu’il me dénonce donc ! Qu’on me jette en prison ! Qu’on rétablisse la peine de mort et me tranche la tête. A quoi me serviraient mes yeux, maintenant que Camille n’est plus là pour être vu ? A quoi me servirait ma bouche, si je n’ai plus ses lèvres à baiser ni son sexe à sucer ?
02:31 Publié dans 2008, Ascylte, Camille, Pélagie, Pierre Driout | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11/10/2008
Samedi 11 octobre 2008
« Camille se défend des entreprises amoureuses d’un certain Olivier qui lui colle au cul », m’écrivait hier Pierre Driout. Je me demande d’où peut connaître de telles expressions un homme au fondement de qui ne doit pourtant pas adhérer grand monde ! J’essaie bien de me détacher de Camille, mais comment faire, quand tout le monde veut que je sois toujours avec lui ? Tout à l’heure encore, Corydon me téléphonait pour m’avertir qu’il l’avait surpris sur un site de rencontre, qui refusait coupablement de reconnaître qu’il était bien notre Camille ! De quoi donc Corydon se mêle-t-il ? A cause de lui, Camille va croire que je continue de l’espionner, alors même que j’ai fait l’effort de m’excuser hier de lui avoir joué ce mauvais tour, l’autre jour. Même si tout avait bien commencé entre nous, Camille aura désormais un mauvais souvenir de moi ! Le meilleur moyen de laisser un Camille en paix, c’est encore d’en trouver un autre, même si ce n’est que pour la nuit. J’ai fait mieux qu’en trouver, hier soir : j’en ai retrouvé un, que je pensais ne plus jamais revoir. C’était le garçon dont je parlais le 27 mai dernier, celui qui faisait l’amour comme si c’était la dernière fois pour lui. « Mais je m’avise maintenant, écrivais-je alors, que c’était bien la dernière fois : la première et la dernière fois avec moi. » Eh bien non. Il y eut une seconde fois ! Je connais maintenant le nom du garçon, pour l’avoir lu sur la sonnette de sa porte, ayant préféré cette fois aller moi chez lui, plutôt que lui chez moi. Donnons-lui le nom qu’il s’était inventé pour notre première rencontre : appelons-le Maxime, même si je doute qu’il y en ait une troisième, c’est-à-dire une nouvelle occasion de parler de lui dans ce journal. Je ne sais comment il a fait pour me verser un peu de sa semence dans l’œil. Ce serait tout de même amusant d’avoir attrapé le Sida par les yeux, cette autre paire de couilles, comme je crois que racontent les psychanalystes !
20:58 Publié dans 2008, Camille, Corydon, Journal, Maxime, Pierre Driout | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note