<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://oliviermb.hautetfort.com/pelagie/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Un jardin d'Adonis - pelagie</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/pelagie/</link>
<lastBuildDate>Mon, 07 Dec 2009 13:34:26 +0100</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/07/dimanche-6-decembre-2009.html</guid>
<title>Dimanche 6 décembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/07/dimanche-6-decembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Cyrnos</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mon père</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Thalie</category>
<category>Tirésias</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 13:34:26 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'ai appris la mort du chat de ma mère quelques heures après avoir parlé de lui lors de la trente-troisième séance chez Tirésias, jeudi dernier. Parce qu'il était trop affaibli pour s'échapper, le chat, contrairement à son habitude, m'avait laissé l'approcher&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/03/1c452d4fda64fa5a19f4e2cb713f3c79.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l'avant-veille&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, retour du restaurant. «&amp;nbsp;Et pourquoi s'échappe-t-il, d'habitude&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», m'a demandé Tirésias. «&amp;nbsp;Que lui avez-vous fait, à ce chat&amp;nbsp;? - Rien. - Vous-êtes sûr&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» (J'éclate de rire.) «&amp;nbsp;J'aime lui faire peur. - Pourquoi donc&amp;nbsp;? - Je ne sais pas... Peut-être parce que le chat, c'est mon père, comme j'ai déjà dû l'évoquer,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lors d'une précédente séance&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;... - Ou c'est parce que vous ne supportez pas que votre mère aime un autre être que vous, ce chat, en l'occurrence.&amp;nbsp;» Ouais... «&amp;nbsp;Je déteste que ma mère me touche ou même que sa main soit trop près de moi, comme quand elle caresse ma chienne. C'est presque toujours lorsqu'elle caresse ma chienne assise entre elle et moi que ma mère me frôle involontairement, ce qui me met hors de moi. Pourtant, ma chienne est une sorte de terrain d'entente entre nous deux. - Oui, c'est parce que c'est votre chienne. Elle vous appartient et vous appréciez que votre mère s'intéresse à quelque chose qui est à vous. Mais dans le même temps, comme vous avez le désir d'échapper à son emprise, la trop grande proximité de votre mère lorsqu'elle caresse votre chienne vous est particulièrement pénible.&amp;nbsp;» Je ne sais si j'oserai dire à Tirésias que je n'aurai pas les moyens de le revoir avant le mois de janvier. Mon compte en banque est déjà vide et je n'ai encore acheté aucun cadeau pour Noël. Je me suis même endetté jusqu'au mois de juillet prochain, en achetant à Thalie quatre des toiles qu'elle exposait au vernissage où nous étions, vendredi soir, Tityre, Cyrnos et moi. Elle veut bien que je la paie en huit mensualités. (Cette Thalie n'est autre que la Camille (de son véritable nom) avec qui j'avais sympathisé l'année dernière,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/07/samedi-6-decembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;à la même époque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;.) En regardant ses toiles de plus près, hier soir, en les accrochant, je me suis aperçu que les matières qui semblent prises dans une toile d'araignée recouvraient en fait (ce dont je ne m'étais pas avisé d'abord) des souliers de tout petit enfant, sans doute ceux de sa propre fille. J'ai trouvé ce détail émouvant&amp;nbsp;: Thalie se sert donc dans ses œuvres des affaires devenues trop petites pour son enfant. Les filaments blanchâtres qui recouvrent le tout ne tissent sans doute pas seulement les toiles d'araignées du temps qui passe sur les choses abandonnées, mais peut-être aussi les chrysalides au sortir desquelles l'enfant doit abandonner les affaires pour lesquelles elle est devenue trop grande.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/30/dimanche-29-novembre-2009.html</guid>
<title>Dimanche 29 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/30/dimanche-29-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Elithios</category>
<category>Journal</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 01:22:11 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Lorsque je caresse les cheveux d’Elithios, il appuie sa tête contre ma main, de la même façon que Pélagie se frotte dans ma paume quand je la complimente. Si je lui dis qu’il me fait penser à ma chienne, il ne s’en offense pas. Peut-être les simples d’esprit reconnaissent-ils plus facilement que d’autres la dignité des bêtes, pour ce qu’elle ressemble à la leur&amp;nbsp;? La semaine dernière, Tityre ma téléphoné tard le soir parce qu’Elithios venait de frapper à sa porte. Celui-ci était inquiet de ne plus avoir de mes nouvelles depuis la semaine précédente. J’étais pourtant allé chez lui, un soir, mais sans doute se trouvait­-il alors à la rocade, ce baisodrome à ciel ouvert, qu’il fréquente assidûment. N’ayant pas de téléphone, il n’avait pas voulu que je lui donne mon numéro, si bien qu’il nous est extrêmement difficile de convenir de rendez-vous (et plus encore de nous prévenir s’il faut annuler) et que la maison de Tityre était le seul endroit où il pouvait s’adresser pour me retrouver. Lorsque nous nous sommes enfin revus, j’ai réussi à le convaincre de noter mon numéro de téléphone. Il pensait pouvoir m’appeler depuis son travail. Je lui ai également dessiné un plan pour qu’il puisse se rendre chez moi. Mais hier, ou avant-hier, Tityre l’a croisé à la rocade, qu’il fréquente également. Le garçon lui a demandé de me transmettre un message&amp;nbsp;: son patron ne voulait pas qu’il se serve du téléphone à son travail pour appeler vers un portable et il n’avait pas réussi à trouver ma maison, malgré le plan que je lui avais fait, ce que j’avais d’ailleurs plus ou moins espéré, parce que je ne suis pas sûr que mes pratiques apprécieraient de voir Elithios débarquer pendant nos ébats&amp;nbsp;! J’en recevais justement une, jeudi soir, et il pleuvait… Or Elithios, qui est un grand romantique, m’a dit qu’il préférait qu’on se voie les jours de pluie. «&amp;nbsp;Les jours de pluie&amp;nbsp;? Mais pourquoi donc&amp;nbsp;? – Mais tu le fais exprès ou quoi&amp;nbsp;? S’il pleut, je ne peux pas aller à la rocade&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/12/mercredi-11-novembre-2009.html</guid>
<title>Mercredi 11 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/12/mercredi-11-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Aribaze</category>
<category>Callias</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Elithios</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mon père</category>
<category>Osman</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Pharnace</category>
<category>Tirésias</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 04:44:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Dans le feu de l’action, avant-hier, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; m’a dit qu’il m’aimait. N’étant pas sûr de l’avoir bien entendu, je lui ai demandé de me le répéter, ce qu’il a fait avec une conviction déconcertante, pour une seconde rencontre. «&amp;nbsp;Qu’avez-vous ressenti à ce moment&amp;nbsp;», m’a demandé Tirésias, hier, lors de ma trentième séance avec lui. «&amp;nbsp;J’aurais bien pris mes jambes à mon cou. Et pourtant je me sens bien avec lui.&amp;nbsp;» J’aime le regarder dans les yeux sans rien dire. Je ne suis pas sûr d’avoir dit grand-chose pendant cette séance chez Tirésias. Je ne savais pas de quoi lui parler, parce qu’il s’est passé peu de choses ces derniers temps, exception faite de la cuite impressionnante d’Osman, le week-end dernier, qui avait appris la mort de son grand-père peu après nous avoir rejoints, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, ma sœur et moi, au bar du bel Ascagne, et surtout de la longue conversation que j’ai eue sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, dans la nuit de vendredi à samedi, avec Callias, que j’avais vu plus tôt dans la soirée (avant l’effondrement d’Osman, qu’on a même pu croire un moment dans le coma), et qui s’est beaucoup confié à moi, sans que je sache vraiment s’il l’a fait précisément parce que c’était moi (parce que c’était lui&amp;nbsp;!) ou parce qu’il avait seulement besoin de se confier. Son vieux chat de quinze ans, qu’il avait depuis sa plus tendre enfance, venait de mourir. Il pleurait, à cause de la mort de cet animal, à cause de la violence du deuil d’Osman, en comparaison duquel il trouvait le sien un peu ridicule, et à cause de l’indifférence de son amant (qui est d’ailleurs serveur dans le bar que tient Pharnace, celui-là même&amp;nbsp;au sujet duquel&amp;nbsp;le grand C*** prétendait (mais sans doute était-ce un mensonge) qu’il faisait courir sur moi le bruit que je faisais ‘‘la pute à Toulouse’’). Callias, qui avait fait bonne figure toute la soirée, cachait en réalité les idées les plus sombres derrière son lumineux sourire. Ma sœur dit qu’il est un ‘‘écorché vif’’. Il peut avoir des accès de violence, dont Osman a été une fois le témoin&amp;nbsp;: Callias voulait battre son amant, dont il se sent mal aimé. Et donc, cette nuit-là, j’étais touché d’être celui à qui il confiait son mal-être. Le lendemain, Callias a prétendu que tout était oublié, qu’il allait beaucoup mieux, que c’était l’alcool ingurgité plus tôt dans la soirée qui l’avait fait s’épancher. Tirésias m’a dit que je n’étais pas obligé de lui parler de ce qui s’était passé entre cette séance et la précédente. «&amp;nbsp;Je sais bien, lui ai-je répondu, mais c’est tout de même plus facile pour moi d’appuyer mon discours sur les faits qui se sont produits récemment, comme je fais d’habitude. – Mais justement, c’est peut-être trop facile. Parlez-moi plutôt de vous.&amp;nbsp;» Voici donc ce que j’ai dit&amp;nbsp;: que j’étais plutôt heureux, ces temps-ci, mais que je perdais beaucoup de temps dans la fréquentation de mes amis. Je ne lis plus ni n’écris autant que naguère encore, même si, sans doute, ce journal est devenu plus fourni depuis que j’ai commencé mon analyse&amp;nbsp;; non pas qu’il soit souvent question d’elle dans ce blogue, mais parce que ses heureuses conséquences sur ma vie sociale et peut-être même sentimentale font que j’ai désormais plus de choses à y raconter. Ma vie d’écrivain est un échec. N’était ce journal, je pourrais dire que j’ai quasi renoncé à écrire. Je n’ai jamais été capable de mener à son terme l’un des romans dont j’ai eu l’idée et commencé le travail. L’impossibilité dans laquelle je suis, pendant l’écriture, d’avoir simultanément à l’esprit l’ensemble de ce qui a déjà été écrit et de ce qui doit l’être encore, me donne une sensation de vertige que je trouve insoutenable. C’est comme si j’étais à la fois en train d’errer dans un immense désert, de chercher mon chemin dans un labyrinthe et de tenter de garder l’équilibre au bord d’un gouffre. Je suis devenu incapable de mener à bien tout travail qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;aurait&lt;/span&gt; quelque ampleur. (Déjà, pendant mes études, je m’étais soudain trouvé dans l’impossibilité de terminer mes dissertations.) Plutôt que de subir ce vertige, je préfère détourner le regard et ne pas travailler. «&amp;nbsp;Ne pas travailler… – Oui, ne pas travailler. Ah&amp;nbsp;! Vous pensez sans doute que c’est pour le même genre de raison que je n’ai pas de véritable travail…&amp;nbsp;» De même que j’étais devenu incapable de terminer une dissertation en temps limité, de même, la pensée de mener un travail dans l’urgence, par exemple, ce qui peut arriver dans la vie professionnelle, me terrifie&amp;nbsp;: j’aurais trop peur que la qualité de mon travail ne satisfasse pas mon employeur. L’organisation hiérarchique de tous les milieux professionnels me semble impossible à affronter. Si j’aime mon travail de distributeur de prospectus, c’est parce que je peux l’organiser à ma guise (du moment qu’il soit fait dans les temps) et l’effectuer en étant absolument seul. «&amp;nbsp;Ce que vous n’aimez pas, me dit Tirésias, c’est que la volonté d’un autre s’impose à vous. – Oui, c’est possible, d’ailleurs, je n’ai pas beaucoup aimé qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; me dise, hier soir, qu’il était tombé amoureux de moi. Je n’aimais pas l’entendre m’imposer son amour.&amp;nbsp;» Les garçons me reprochent souvent de leur préférer la chienne Pélagie, qui a le droit de dormir dans ma chambre, contrairement à eux. J’aime beaucoup les chiens. Ils sont comme des peluches vivantes qu’on peut aimer sans danger. L’amour de ces bêtes ne s’impose pas à leurs maîtres. Je dis que j’aime les chiens, mais c’est les chiennes que j’aime surtout, les femelles et non pas les mâles. «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;? Pourquoi donc les femelles&amp;nbsp;? – Pourquoi&amp;nbsp;? Je ne sais pas… – C’est probablement parce que vous aimez dominer et qu’il vous semble plus facile de dominer une femelle. – Oui, c’est possible. D’ailleurs, j’ai toujours aimé terroriser les chats. Or je vous avais dit,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;au début de cette analyse&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, que j’associais les chats à mon père, qui avait dessiné l’une de ces bêtes, un jour de ma plus tendre enfance, sur le mur de ma chambre. J’étais dans les bras de ma mère, et j’avais fait un caprice, parce que je ne comprenais pas pourquoi mon père avait sali mon mur.&amp;nbsp;» (Avais-je interprété ce dessin comme une marque que mon père voulait m’imposer, une marque de sa volonté concurrente&amp;nbsp;?) Terroriser les chats, dans mon enfance, c’était sans doute, inconsciemment, me venger de mon père, le dominer enfin. Est-ce à dire que les chiennes sont le symbole de ma mère&amp;nbsp;? Je n’ai pas pensé à dire à Tirésias que Pélagie était le nom de ma chienne. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pélagie&lt;/em&gt;, c’est la mer. De la mer à la mère, il n’y a qu’un pas, que le psychanalyste franchirait aisément. «&amp;nbsp;C’est vous qui venez de le franchir, m’aurait-il sans doute répliqué, puisque c’est vous qui l’avez dit.&amp;nbsp;» J’ai écrit tout à l’heure que j’aimais regarder &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; dans les yeux sans rien dire. C’est peut-être parce qu’il a le regard simple et franc d’un bon chien. J’aime aussi regarder Pélagie dans les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/10/jeudi-9-juillet-2009.html</guid>
<title>Jeudi 9 juillet 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/10/jeudi-9-juillet-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Camille</category>
<category>Corydon</category>
<category>Damis</category>
<category>Journal</category>
<category>Mnasyle</category>
<category>Osman</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Phidippide</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Fri, 10 Jul 2009 03:57:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Mnasyle&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/09/mercredi-8-juile-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Son nom fait palpiter mon cœur&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Je l’aurais voulu près de moi, hier soir, lors du dîner qu’Osman donnait chez lui. Outre Tityre et Phidippide, il y avait parmi nous un bel hétéro, qui est, je crois, le meilleur ami d’Osman, et deux autres pédés, dont un m’avait apparemment déjà connu, sans que je m’en souvinsse du tout, ce qui a fait beaucoup rire la médisante assemblée, qui en a conclu que j’étais une plus grande &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;salope&lt;/em&gt; encore que notre hôte, ce qui n’est pas peu dire, mais est entièrement faux&amp;nbsp;! Tityre, qui ne manque jamais plus une occasion de me déconsidérer aux yeux des autres, était en train de raconter à tous quel être odieux j’étais («&amp;nbsp;un scorpion, pensez donc&amp;nbsp;!), parfaitement incapable d’aimer. La preuve en était, selon lui, qu’après le déduit, je serais un tel goujat que je ferais toujours dormir mes conquêtes sur le canapé, comme encore tout récemment le pauvre Mnasyle, auquel je semblais pourtant m’être plus attaché qu’à d’autres. «&amp;nbsp;Mais non&amp;nbsp;! Pas toujours, ai-je répondu. Avec Camille dans mon lit, j’arrivais parfaitement à dormir&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» C’est à ce moment que celui des deux pédés qui me disait en effet vaguement quelque chose a cru bon de confirmer qu’il avait bel et bien dormi sur mon canapé, lui aussi, alors que ma chienne avait eu le droit de rester près de moi dans la chambre… (Damis avait également été jaloux de la chienne Pélagie&amp;nbsp;!) «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;? Nous nous connaissions donc déjà&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Mais je n’avais gardé aucun souvenir de cette éphémère relation, qui ne m’avait apparemment guère durablement impressionné… Je me rappelais bien m’être une fois rendu quelques mois plus tôt chez lui, en compagnie de Corydon, qui le connaît, mais quant au reste… Ce jour-là, mon immémoré c’était abstenu de me rappeler notre première rencontre, en quoi il s’était montré plus courtois qu’hier soir&amp;nbsp;! Avait-il gardé bon souvenir de notre ancienne relation, voulut-on savoir&amp;nbsp;? Apparemment pas… Ce qu’apprenant, Tityre et Phidippide furent ravis d’ajouter qu’eux non plus n’avaient guère été satisfaits de leurs rapports sexuels avec moi… «&amp;nbsp;Et vous croyez dire du mal de moi, en prétendant que je suis un mauvais coup&amp;nbsp;? Mair pour mal baiser, comme pour bien faire l’amour, il faut être au moins deux&amp;nbsp;! Et puis figurez-vous que vous n’êtes pas le centre du monde&amp;nbsp;! Ce n’est pas parce que je me conduis d’une certaine façon avec vous que j’ai nécessairement la même conduite avec d’autres&amp;nbsp;! Est-ce qu’il ne vous a jamais traversé l’esprit que si je vous avais paru un si mauvais coup, c’était peut-être tout simplement parce que je n’avais pas spécialement envie de baiser avec vous&amp;nbsp;? – Mais alors pourquoi, m’a demandé celui des deux autres pédés que je ne connaissais pas, pourquoi as-tu couché avec eux, si tu n’en avais pas vraiment envie&amp;nbsp;? – Mais c’est parce que je ne veux pas être contrariant&amp;nbsp;! – Dans ce cas, c’est bien ce que nous disions, tu es vraiment la dernière des salopes&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» A quoi n’ayant su que répondre, je me suis contenté de me resservir de vin. «&amp;nbsp;Mais pourquoi donc m’invitez-vous à vos dîners, si vous me trouvez si détestable que vous le dites&amp;nbsp;? – C’est parce que tu rends bien sur les photos&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Car, je l’ai peut-être déjà dit dans ce journal, le plus souvent, je passe aux yeux de ces messieurs pour un gentil écervelé, enfin, pour un méchant écervelé… «&amp;nbsp;Je sais bien que vous me prenez pour un idiot. Mais moi, si je vous fréquente, c’est justement pour m’épargner d’avoir à penser&amp;nbsp;! Et si vous me souffrez si complaisamment, ce n’est pas parce que je rends bien sur vos photos, mais parce que vous vous croyez autorisés, pour me voir faire bonne figure, à rire de moi, à vous moquer, à être blessants.&amp;nbsp;» Mais ce n’est pas parce que je gardais un sourire de façade, hier soir, que je n’étais pas profondément blessé par les paroles de mes convives. C’est pourquoi j’ai peut-être bu plus qu’à mon habitude (d’où l’ivresse que je me suis empressé de noter hier soir dans ce journal à mon retour chez moi)&amp;nbsp;: afin de m’aider à entendre cet incessant persiflage&amp;nbsp;; c’est aussi pourquoi j’aurais voulu Mnasyle près de moi&amp;nbsp;: pour continuer à flirter avec lui plutôt que d’écouter tous ces médisants si satisfaits d’avoir avec eux de qui médire. Je perds des heures à &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatter&lt;/em&gt; sur MSN avec Mnasyle. J’ai déjà presque épuisé mon forfait téléphonique du mois, à force de l’appeler. Et j’ai dû consommer en quelques jours, à cause de mes allées et venues pour le voir, l’essence de deux ou trois mois ordinaires&amp;nbsp;! Je voudrais qu’il vienne ici pour les fêtes de la Madeleine, mais il n’est pas sûr de pouvoir se libérer, se libérer de son travail, de son amant, de sa vie d’avant moi. Après le dîner, nous sommes allés vider d’autres verres dans le bar tenu par ce petit pédé qui plaît tellement à tout le monde et qui m’a fait quelques jolis sourires. Puis à la fermeture, nous sommes allés au &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Dix bis&lt;/em&gt; écouter des gitans chanter du flamenco, dont c’est en ce moment le festival à Mont-de-Marsan. Là encore, j’aurais voulu que Mnasyle fût avec moi, parce que j’étais heureux d’écouter cette musique, et que mon bonheur aurait été plus complet avec lui près de moi&amp;nbsp;: contre moi. Il y eut un moment où un vieux gitan, apparemment très respecté des autres, s’est mis à chanter à son tour. Mais il avait déjà tellement vécu, tellement fumé, tellement bu, tellement chanté dans sa vie de gitan, il était tellement usé d’être lui, que presque aucun son ne sortait plus de son corps, qui se tendait pourtant encore d’une ferveur impossible&amp;nbsp;: on eût dit que les guitares accompagnaient le chant non pas du silence, mais des dernières angoisses d’une vie joyeuse d’être épuisée. Devant lui, dans son cri inaudible, dansait une jeunesse de sa race, belle et fière, d’un monde complètement autre, inquiétant, absolument étranger au mien, incompréhensible, impénétrable, inaccessible, quoique à portée de main. La musique de ces gitans envers qui j’ai souvent l’occasion d’éprouver la haine la plus viscérale est peut-être la plus belle du monde.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/06/dimanche-5-juillet-2009.html</guid>
<title>Dimanche 5 juillet 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/06/dimanche-5-juillet-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mnasyle</category>
<category>Osman</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Phidippide</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Mon, 06 Jul 2009 01:45:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Mon ami Phidippide, qui est migraineux, n’ayant pas été en état de m’accompagner hier au concert qui était donné en la cathédrale de Dax, j’ai demandé à Mnasyle s’il voulait y aller avec moi. Quand je lui ai téléphoné, au début de l’après-midi, il m’a dit qu’il se trouvait justement dans cette ville, avec sa mère et sa sœur. «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;! Très bien. Surtout, restes-y, je vais t’y rejoindre et nous y passerons la journée ensemble jusqu’au concert.&amp;nbsp;» J’ai donc eu toute une journée pour observer ce qui me semblait insupportable chez lui. J’ai d’abord pu vérifier que Mnasyle parlait comme un enfant&amp;nbsp;: les intonations qu’il donne à sa voix sont d’une puérilité invraisemblable. Et il a vingt-cinq ans&amp;nbsp;! J’ai rapidement remarqué qu’il ne savait pas marcher dans la rue. Il était en effet irrésistiblement attiré par mon corps. Je veux dire par là qu’il lui fallait toujours marcher très près de moi, de façon à rester en contact avec mon corps, qu’il frôlait constamment.&amp;nbsp;Là encore, il me faisait penser à ces petits enfants qui, marchant ensemble, vont si près l’un de l’autre qu’ils semblent ne faire qu’un seul être. Je faisais exprès de m’éloigner toujours un peu de lui dès qu’il entrait en contact avec moi, pour vérifier s’il viendrait de nouveau se presser contre mon bras, ce qu’il ne manquait jamais de faire, si bien qu’il nous était impossible de marcher droit&amp;nbsp;! Régulièrement, nous nous retrouvions arrêtés par le mur que je finissais immanquablement par rencontrer&amp;nbsp;! Quand je le lui ai fait remarquer, il m’a expliqué, de sa voix si puérile, qu’ayant besoin d’être ‘‘en confiance’’ lorsqu’il marchait dans les rues, il ne pouvait s’empêcher, soit de raser les murs, lorsqu’il était seul, soit de se coller contre son voisin, s’il était accompagné. J’ai vite compris qu’il fallait donner à Mnasyle quelques instructions pour le faire se bien tenir pendant le concert, ce que faisant, je l’ai entendu me demander s’il lui serait tout de même permis d’apporter une bouteille d’eau, au cas où il aurait soif… J’ai failli annuler mon projet d’assister à ce concert&amp;nbsp;! Nous y sommes allés malgré tout. Evidemment, je ne pouvais pas penser à tout ce qui pourrait ne pas aller dans le comportement de Mnasyle avant d’avoir vu comment il se tiendrait effectivement pendant le concert… Il m’a donc encore fallu lui demander, sur le moment, de se tenir correctement assis, et non pas avachi comme il s’était d’abord mis&amp;nbsp;; d’arrêter de gigoter comme il faisait&amp;nbsp;(«&amp;nbsp;Sais-tu que tu n’es plus un enfant, Mnasyle&amp;nbsp;? Tu devrais être capable de te tenir immobile pendant deux ou trois heures, tout de même&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»)&amp;nbsp;; &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;de&lt;/span&gt; cesser de bayer constamment, comme il faisait, ou du moins, de le faire le plus discrètement possible, si vraiment il ne pouvait pas s’en empêcher&amp;nbsp;; et surtout de regarder vers le chœur et non pas vers moi, dont il ne devait pas chercher à attirer l’attention, pour ne pas me déconcentrer. Quand je lui ai demandé ce qu’il avait pensé du concert, il m’a répondu que c’était &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;à faire au moins une fois dans sa vie&lt;/em&gt;. «&amp;nbsp;Je ne savais pas que tu aimais &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;ce genre&lt;/em&gt; de musique, a-t-il ajouté, surtout que tu es encore jeune…&amp;nbsp;» J’ai tenté de lui expliquer que la musique que j’aimais, qui était la musique par excellence, la seule véritable musique, je ne sais trop comment le dire, n’avait pas à être qualifiée comme il le faisait et que c’était la sienne, si l’on peut encore parler de musique, qu’on devait appeler ‘‘ce genre’’ de musique, et uniquement la sienne. Mais je ne crois pas qu’il m’ait compris. Evidemment, je n’ai pas tenté de lui faire entendre que mon goût pour la musique n’avait rien à voir avec mon âge… L’explication m’aurait demandé trop d’efforts. Mnasyle semblait vraiment croire, en effet, que les personnes plus âgées que nous qui assistaient à ce concert étaient de la même génération que Jean-Sébastien Bach… Au milieu de la seconde partie du concert sont entrés dans l’église des gens qui, sans doute, passaient par là et, entendant du bruit dans l’église, se sont dit qu’ils iraient bien voir ce que c’était que cette musique qui s’y jouait. Bien sûr, ceux-là n’ont pas acheté de billets. Je ne crois pas qu’ils aient seulement eu conscience d’être des fraudeurs, c’est-à-dire quasi des voleurs, habitués qu’ils sont, probablement, à faire usage de leur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;droit à la culture&lt;/em&gt;, aux musées gratuits, pour les plus jeunes (et c’étaient justement des jeunes&amp;nbsp;!), aux livres gratuits, dans les bibliothèques, etc. Il y avait parmi ces jeunes gens un garçon qui était ‘‘chaussé’’ de ‘‘claquettes’’ et qui marcha jusqu’à la place qu’il avait choisie en faisant force bruit, c’est-à-dire en faisant claquer ces chaussures qui n’en sont pas contre la plante de ses pieds. Il était grotesquement coiffé d’une casquette de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;rappeur&lt;/em&gt; qu’une fille qui était peut-être sa sœur a mis cinq bonnes minutes à lui demander d’ôter de sa tête&amp;nbsp;puisqu’il était dans une église. «&amp;nbsp;Tu vois, ai-je dit ensuite à Mnasyle, tu n’étais finalement pas le garçon qui s’est le plus mal tenu à ce concert&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Hélas&amp;nbsp;! Même une église n’est plus à l’abri du monde, qui ne se contente pas de passer devant ses portes, mais y entre, s’il entend du bruit, et s’y répand sans la moindre vergogne, sans le moindre respect, pour reprendre un mot à la mode. Après l’arrivée du garçon à casquette, que personne, pas même moi, n’a eu le courage d’aller immédiatement demander de se décoiffer, je n’ai plus été en état d’écouter la musique. J’ai donc laissé libre cours à mes pensées, et je me suis fait cette réflexion que si le reste des Français n’était pas capable de se tenir debout pour faire face aux innombrables fléaux qui le menacent, dont la ‘‘barbarisation’’ et l’islamisation ne sont évidemment pas des moindres, c’était aussi, c’était d’abord parce qu’il ne savait plus se tenir tout simplement assis. Cette position est peut-être éminemment, mais non pas exclusivement, celle de la culture et de la civilisation. Allez-vous-en donc cultiver et civiliser des &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;jeunes&lt;/em&gt; ou des sauvageons, s’ils ne savent pas se tenir assis plus d’une heure&amp;nbsp;! (Assis ou&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; debout, d’ailleurs, mais correctement, constamment, dignement, studieusement, respectueusement assis, ou debout, donc…) Même ma chienne sait rester assise cinq minutes sans bouger si je lui en donne l’ordre&amp;nbsp;! C’était d’ailleurs le grand principe que j’essayais de faire entendre à Mnasyle, lorsque je voulais lui faire accepter le bien-fondé des instructions que je lui donnais&amp;nbsp;: « Vois-tu, Mnasyle, nous ne sommes pas des bêtes. Ce n’est donc pas parce que ton corps te dit qu’il a soif, pendant le concert auquel tu assistes, que tu dois pour autant boire aussitôt, comme si tu étais l’une de tes chiennes (car il en a deux), qui irait en effet sûrement directement s’abreuver à sa gamelle d’eau, elle, puisqu’elle n’est qu’une bête. Si l’envie t’avait pris de pisser, serais-tu donc allé te soulager dans un bénitier, et devant tout le monde&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Avant, pendant et après le concert, Mnasyle avait un tel besoin de me frôler, de me toucher, de me tripoter, de me caresser ou de me regarder que je me sentais à la fin littéralement étouffer de son oppressante présence. Tellement qu’il m’a été pénible de baiser avec lui, cette fois… J’ai préféré mettre un terme rapide à notre relation sexuelle, hier soir, et l’envoyer dormir sur le canapé. Je l’ai reconduit ce matin chez ses parents. Voici la lettre électronique que j’ai trouvée ce soir (j’en corrige seulement l’orthographe et la syntaxe)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Coucou mon poulet («&amp;nbsp;mon poulet&amp;nbsp;»… Tout est dit&amp;nbsp;!), juste un petit mot pour m’excuser de mon comportement. Je suis vraiment désolé de t’avoir autant collé et de tout ce que tu m’as reproché ce matin dans la voiture. Enfin, j’espère qu’on pourra rester en contact. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Tu es un mec super&lt;/em&gt; (c’est moi qui souligne&amp;nbsp;!). Voilà ce que je voulais faire hier soir, en prenant cette feuille&amp;nbsp;: c’était pour t’écrire ce petit mot. J’espère avoir une réponse de ta part. Surtout ne fais pas attention aux fautes. &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: EN-GB&quot;&gt;Mnasyle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: EN-GB&quot;&gt;&amp;nbsp;» &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;Il&lt;/span&gt; écrit donc qu’il trouve que je suis ‘‘un mec super’’…&lt;/span&gt; J’ai mauvaise conscience, maintenant. Je me fais penser à tatie Danielle, cet odieux personnage de cinéma qui déteste tout le monde et se montre d’une méchanceté absolue même avec les chiens. A la fin du film, comme une infirmière de la maison de retraite demande à une autre petite vieille pourquoi elle passe tellement de temps dans la chambre de celle-ci, la malheureuse, qui est devenue le souffre-douleur consentant de tatie Danielle, lui répond que c’est parce qu’elle la trouve gentille&amp;nbsp;! Je ne sais plus quels sont mes sentiments. Maintenant que Mnasyle est reparti, il me manque et je voudrais le revoir. Mais je sais déjà qu’à peine l’aurai-je revu que je ne songerai plus qu’à le voir repartir&amp;nbsp;! Je ne trouverai jamais personne pour partager ma vie, tout simplement parce qu’il n’y aura jamais personne que j’agréerai. Tout cela, c’est à cause de ma mère. Je suis trop occupé à faire en sorte de me délivrer de l’emprise qu’elle a sur moi pour me remettre déjà sous celle de quelqu’un d’autre. Et Mnasyle était toujours si désireux de m’embrasser, de me tenir enfermé dans ses bras, que je ne songeais plus qu’à m’en dégager&amp;nbsp;! A la fin, je ne supportais plus le moindre contact de son corps avec le mien, exactement comme je ne supporte plus le moindre contact avec ma mère, cette grande coupable, qui a fait de moi le monstre que je suis, c’est-à-dire un monstre encore pire qu’elle, puisque fait pour survivre à la monstruosité dont il est issu (il faudra que je le dise à Tirésias&amp;nbsp;: pour moi, tout contact physique est devenu le début d’une emprise et me devient très vite intolérable). Camille a demandé encore aujourd’hui plusieurs fois de mes nouvelles. J’ai donc connu de nouveau le plaisir de ne pas lui répondre. J’ai besoin de me venger de lui, et pourtant, il me manque toujours, et ma tendresse pour lui est restée la même. Osman m’a dit l’autre jour que lorsqu’il le croisait, comme il lui arrive parfois,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/11/mardi-10-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;son petit Espagnol&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lui demandait toujours de mes nouvelles. J’aimerais beaucoup avoir une aventure avec cet Espagnol, qui est très à mon goût. Mnasyle, quant à lui, est de race portugaise&amp;nbsp;: il est donc d’une beauté très brune, quand ma préférence est pour les peaux blanches. Mais enfin, dans son type, il est presque parfait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/13/vendredi-12-juin-2009.html</guid>
<title>Vendredi 12 juin 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/13/vendredi-12-juin-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Monsieur Véto</category>
<category>Osman</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Phidippide</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Sat, 13 Jun 2009 02:19:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai profité de l’absence de ma mère, qui est partie en vacances avec ses lesbiennes, pour organiser chez elle un petit dîner au bord de la piscine, où j’avais invité mes amis Osman, Phidippide qui, à cause de Monsieur Véto, sera peut-être bientôt mon avocat, et Tityre, qui s’est déjà trouvé un nouvel amant ‘‘attitré’’. (Mais comment fait-il donc&amp;nbsp;? Moi, il me semble avoir toujours été célibataire…) La soirée fut tellement arrosée que j’en ai oublié toute la fin. C’est Phidippide qui me l’a dit tout à l’heure, quand je suis passé chez lui pour lui rendre son maillot de bain et lui faire prendre des photos de mon dos, qui porte les traces de la chute que j’ai faite, peu de temps avant de sombrer dans le noir complet. Apparemment, j’aurais passé plusieurs heures dans ses bras, à me montrer très tendre avec lui, même si, m’a-t-il dit, je ne savais plus qui il était, à me laisser tripoter et rouler des pelles, et à tenir des propos complètement incohérents en réclamant la présence de Tityre, qui était reparti. J’ai tout oublié. A cause de moi, ce dernier, qui semblait s’intéresser beaucoup à Phidippide, et réciproquement, a dû rentrer sans lui, qui a préféré rester pour garder un œil sur moi en attendant que je recouvre un peu mes esprits&amp;nbsp;: ce que j’ai fait en vomissant au pied d’un canapé, juste avant de me traîner jusqu’au lit le plus proche. La chienne Pélagie, que j’avais oublié de nourrir hier soir, a vraiment les façons d’une bête&amp;nbsp;: elle a mangé ce matin tout ce que j’avais rendu cette nuit avant de me coucher. J’ai encore vomi toute la journée et j’arrivais à peine à me tenir debout, tant mes jambes tremblaient, ainsi que mes bras. Maintenant, je vais mieux. Tout cela, c’est à cause de l’eau un peu fraîche de la piscine. Pour me réchauffer, j’ai vidé cul sec trop de verres de vodka. Je suis resté si longtemps sans vivre que je tombe à présent dans l’excès inverse. Osman a pris quelques photos, où l’on me voit hélas fort peu vêtu, pour ne pas dire complètement nu, et sur lesquelles j’ai l’air d’être plein de vie. Je me demande s’il va les publier sur son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/09/samedi-9-mai-2009.html</guid>
<title>Samedi 9 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/09/samedi-9-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Lambert</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mme P***</category>
<category>Mon père</category>
<category>Monsieur Véto</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Sat, 09 May 2009 22:51:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je n’ose plus trop écrire dans ce journal&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/17/lundi-16-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que je suis pauvre&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, puisqu’il y a toujours une lectrice pour me dire que je ne le suis pas&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;Pauvre toi&amp;nbsp;?, me disait celle à laquelle je pense. N’es-tu pas propriétaire de ta nouvelle demeure&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Non mais rends-toi compte, mon blond lecteur&amp;nbsp;: je suis &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;propriétaire&amp;nbsp;&lt;/em&gt;! Comment donc pourrais-je être pauvre&amp;nbsp;? Mais il y a pire encore. A l’époque où j’avais écrit ce qui avait inspiré son commentaire à ma lectrice, j’étais encore moins pauvre qu’aujourd’hui, puisque je n’étais pas seulement propriétaire de ma nouvelle demeure, mais encore de l’ancienne, que j’ai donc vendue avant-hier. J’étais un riche propriétaire, comme disait plaisamment Tityre. Et maintenant que j’ai vendu mon appartement de la rue des Cordeliers, non seulement je suis toujours le ‘‘riche propriétaire’’ de la maison que j’occupe depuis octobre ou novembre 2008, mais encore ai-je un compte en banque de plusieurs dizaines de milliers d’euros&amp;nbsp;! Cela dit, comme je dois rembourser mes dettes à la banque, à ma mère et à mon père, à qui j’ai emprunté l’argent nécessaire à l’achat de ma demeure actuelle, j’aurai tout reperdu la semaine prochaine. Mais à strictement parler, une fois mes dettes remboursées, je ne serai pas redevenu pauvre pour autant, si je comprends bien la pensée de ma lectrice, puisque je serai toujours propriétaire de ma maison, enfin, d’une partie de ma maison, pour être exact, puisque c’est ma mère qui possède le reste&amp;nbsp;; mais justement, comment donc pourrais-je me prétendre pauvre, puisque je peux toujours compter sur mes parents pour faire l’avance, d’une part, des milliers d’euros qui me manquent pour acheter mes palais, et, d’autre part, pour placer leurs liquidités ‘‘dans la pierre’’, comme on dit, dans le reste des pierres de ces palais que je n’ai pas les moyens de m’offrir entièrement&amp;nbsp;? Grâce à ma mère, la maison où je vis a plus d’un mur&amp;nbsp;! Le plus petit m’appartient&amp;nbsp;; les trois autres sont à elle&amp;nbsp;! C’est donc grâce à elle qu’il y a un toit au-dessus de ma tête, car, bien que je ne sois pas architecte, je crois pouvoir dire sans trop m’avancer qu’il est peu vraisemblable que j’en aurais eu, s’il n’y avait eu qu’un mur, le seul dont j’avais les moyens, pour le soutenir. C’est donc bien, je le répète, grâce à ma mère, à ma chère mère, qui est si bonne pour moi, si tendre et si aimante, que je ne suis pas pauvre, puisqu’un pauvre, c’est quelqu’un qui, selon ma lectrice, «&amp;nbsp;ne possède rien, ni maison, ni boulot, ni voiture, bref, rien du tout&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! Et comme j’ai aussi une voiture et un travail, je suis décidément très loin d’être pauvre. Mon travail me rapporte en effet un peu plus de 300 EUR par mois, tout de même&amp;nbsp;! C’est dire si je suis un nanti&amp;nbsp;! Il est vrai qu’avec ces 320 EUR, j’avais à payer l’essence pour ma voiture (quel luxe, quand j’y pense&amp;nbsp;!), la nourriture, pour moi et pour ma chienne (car j’ai une chienne, autre luxe d’un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bling-bling&lt;/em&gt; éhonté, comme disent les journalistes et tous ces veaux qui braient comme eux (mais ce sont les ânes qui braient)), l’abonnement de mon téléphone portable et celui d’Internet (qui sont deux dépenses de pur agrément&amp;nbsp;!), les charges de la maison que j’occupe et les charges de copropriété dont la possession de l’appartement de la rue des Cordeliers me rendait redevable. Mais même en payant tout cela, il est arrivé plusieurs fois qu’il reste plus de 10 EUR sur mon compte en banque à la fin du mois. C’était généralement parce que je m’étais prostitué. En vérité, ce n’est pas toujours parce qu’on possède un petit patrimoine qu’on est riche. Mais c’est souvent parce qu’on a de très faibles revenus qu’on est pauvre. Ce que voulait dire cette lectrice indécente, je crois, ce n’était pas que je n’étais pas pauvre, mais que je n’étais pas à plaindre, point sur lequel je la rejoins entièrement. Il y a des gens qui sont réellement dans le besoin, contrairement à moi&amp;nbsp;: ce sont ceux-là qui seraient bien à plaindre. Mais moi, certainement pas. (Et qu’on ne s’imagine pas que je sois à plaindre pour cette autre raison qu’il m’arrive de me prostituer. Je le fais en toute liberté et parce que j’ai sans doute la chance, car j’imagine que c’est une chance, qui ne durera qu’un temps, de pouvoir me le permettre. D’ailleurs, à ce sujet, je dois dire que j’ai le plus grand mal à comprendre le ton misérabiliste de ces reportages que l’on voit parfois à la télévision et qui sont consacrés à ce qu’on appelle, je crois, la nouvelle prostitution, c’est à savoir celle de ces étudiantes, par exemple, qui offrent leurs charmes en prospectant sur Internet pour financer leurs études et qu’on voudrait faire passer pour des Cosettes. Quant à moi, je trouve qu’elles devraient s’estimer heureuses d’être assez bien faites pour pouvoir subvenir à leurs besoins de la sorte. Ce sont les mochetés ou, si l’on me permet cette expression, les coincées du cul, qui, aussi pauvres qu’elles, sont bien à plaindre. Comment font-elles donc, celles-là, pour subvenir à leurs besoins&amp;nbsp;? Cela dit, je ne suis pas une fille. Peut-être la chose leur est-elle plus pénible qu’aux garçons&amp;nbsp;; ce qui pourrait expliquer pourquoi elles s’estiment bien à plaindre elles aussi. Et puis la prostitution, chez les pédés, c’est une espèce d’institution, comme le sont les travestis, les folles ou la fornication dans les bois. L’opprobre n’est pas aussi grand. Cela dit, bien sûr, sans vouloir faire l’apologie de la prostitution, comme on m’en a accusé. Il faudra d’ailleurs que j’en reparle (ainsi que de Monsieur Véto, qui a répondu à la lettre électronique que je lui ai envoyée dernièrement), mais pas ce soir, faute de temps.) Comme ma lectrice fait vraisemblablement partie (car je ne vois pas d’autre explication à sa remarque si déplacée, si fausse, surtout), comme elle fait vraisemblablement partie de ces gens qui sont tellement absorbés par les possibilités de consommation qui s’offrent à eux de toutes parts, et dont ils ont les moyens, qu’ils ne savent plus faire la différence entre des pauvres et des miséreux (comme si c’était nécessairement être miséreux que de ne pas pouvoir consommer autant que ces gens incapables de concevoir qu’il est possible de vivre chichement et néanmoins décemment), elle avait cru qu’en me prétendant pauvre, je cherchais à me faire plaindre comme si j’avais été véritablement miséreux&amp;nbsp;! Il n’y a pas de mots assez forts pour dire l’indignation, le dégoût, que m’inspire une pareille tournure d’esprit, que je trouve infiniment plus obscène, par exemple, que celle du chef de l’état, dont il est de bon ton de mépriser le dit &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bling-bling&lt;/em&gt; (comme si ce mot voulait dire quelque chose (mais c’est sans doute parce qu’on ne sait pas vraiment ce qu’on lui reproche exactement, quand on parle de son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bling-bling&lt;/em&gt;, qui n’est d’ailleurs pas si différent de celui du premier venu, après tout, qu’on recourt à ce mot vide de sens…)) ou que celle de ces patrons qui se font attribuer des ‘‘parachutes dorés’’ ou organisent leurs assemblées dans des palaces ou sur des îles paradisiaques, comme si le coût de ces largesse peu morales (mais je trouve beaucoup plus immorale et indubitablement illégale la séquestration des patrons dans les usines, et parfaitement injustifiable l’impunité des ouvriers ou employés voyous (comme on dit des patrons voyous) qui se rendent coupables de tels faits), comme si ces largesses, disais-je, étaient la cause de la crise économique ou de la crise de l’emploi, ce qui me semble plus que douteux. Il me faut bien le confesser&amp;nbsp;: le fait qu’il y ait des miséreux ne me révolte pas autant que le fait qu’il y ait des gens assez indécents pour ne plus savoir faire la différence entre des miséreux et de simples pauvres. La discrète obscénité de ces gens, d’un faux bon sens, quotidienne, banale, est bien plus grande que celle, si m’as-tu-vu, si ‘‘nouveau riche’’, des ‘‘riches’’, tout simplement parce qu’elle est plus répandue, étant entendu qu’il y a beaucoup moins de ‘‘riches’’ que d’hommes appartenant à la classe moyenne, si c’est bien ainsi qu’il faut dire. Et cette obscénité supérieure par sa médiocrité même rend caduque la réprobation dont il est convenu de faire montre à l’encontre de celle du petit nombre des plus riches. Quelle différence y a-t-il, en effet, entre un bouffon qui croit qu’on a raté sa vie si l’on ne possède pas de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Rolex&lt;/em&gt; à cinquante ans (pauvre don Esteban, qui a la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Rolex&lt;/em&gt; depuis des lustres, mais plus les moyens de l’entretenir&amp;nbsp;!), et quelqu’un qui croit qu’à tout âge on est miséreux si l’on n’est que pauvre, c’est-à-dire si l’on n’a pas les moyens d’acheter les mêmes choses que lui, sans lesquelles on ne vit pourtant pas misérablement, que je sache&amp;nbsp;? Tout ce que montrent ces gens qui voient la misère où elle n’est pas, c’est leur propre immoralité. Ce n’est que par jalousie qu’ils réprouvent l’étalage de richesses de ceux qui possèdent plus qu’eux et c’est par la même arrogance que celle qu’ils condamnent chez les ‘‘riches’’ qu’ils prennent de simples pauvres pour des miséreux. Ils me dégoûtent. Cette lectrice me fait un peu penser à Lambert, ce travailleur social, comme je crois qu’on dit, qui suivait mon dossier de Rmiste au centre communal d’action sociale de Mont-de-Marsan. Quand il avait appris que j’étais propriétaire de l’appartement de la rue des Cordeliers, que j’occupais encore à l’époque (car c’était avant d’avoir acheté la nouvelle maison), il m’avait dit le plus sérieusement du monde que plus rien ne justifiait que je reste à Mont-de-Marsan, où le marché du travail était fort limité. Je n’avais qu’à mettre mon appartement en location, m’avait-il expliqué, et partir dans une autre ville, où il y aurait eu plus de travail et où j’aurais pu me loger, selon lui, grâce au revenu que m’aurait apporté mon appartement loué&amp;nbsp;! Je trouve de telles paroles proprement scandaleuses. Ce n’était que grâce à la propriété de cet appartement que je pouvais vivre décemment malgré la faiblesse de mes revenus, et ce travailleur social voulait m’inciter à me faire partir à l’aventure et devenir ailleurs locataire. Il s’imaginait peut-être que j’aurais trouvé sans la moindre difficulté un locataire pour mon propre appartement. Sans doute n’avait-il jamais entendu parler de ces locataires qu’il est impossible d’expulser et qui ne paient jamais leur loyer. N’est-ce pas le ministre Boutin, qui, tout récemment encore, voulait interdire les expulsions, s’il n’y avait pas de solution de relogement pour les mauvais payeurs&amp;nbsp;? De tels projets font des locataires, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;de facto&lt;/em&gt;, des propriétaires, mais des propriétaires entièrement exemptés des charges impliquées par la propriété, comme, par exemple, le paiement de taxes foncières. Il y avait une telle ‘‘incompatibilité d’humeur’’, pour le dire en trois mots, entre Lambert et moi, que j’avais moi-même demandé à être radié de la liste des allocataires du RMI, parce que je ne voulais pas subir une nouvelle fois l’arbitraire de cet homme qui m’a toujours détesté, sans que je sache pourquoi, peut-être parce qu’il n’aime pas les pédés. La mauvaise foi des reproches qu’il me faisait est évidente, parce que, dans la même période, sa collègue, une jeune Mme P***, me trouvait irréprochable&amp;nbsp;! Si j’ai demandé dernièrement à redevenir allocataire du RMI, ce n’est que parce que j’ai appris, en allant m’informer à la CAF sur le futur RSA, que Lambert ne travaillait plus au centre communal d’action social et que je ne risquais donc pas d’avoir affaire à lui&amp;nbsp;: il a été muté à la maison d’accueil spécialisée, ce que je trouve si surprenant que je me suis même demandé si cette mutation n’était pas une conséquence disciplinaire de la lettre que j’avais écrite au président du conseil général pour lui demander ma radiation. J’ai pensé qu’on avait peut-être demandé à Lambert de s’expliquer sur cet allocataire qui demandait lui-même à être radié, pour ‘‘incompatibilité d’humeur’’, donc... Mais ç’aurait tout de même été sans doute beaucoup de bruit pour rien, c’est-à-dire pour ma petite personne. Il y a pourtant quelque chose d’étrange dans cette affaire, car quand je suis retourné au centre communal d’action social, le mois dernier, pour remplir un nouveau ‘‘dossier RMI’’, Mme P***, qui, m’ayant demandé pour qu’elle raison j’avais été radié la dernière fois et s’étonnant fort, en entendant ma réponse, qu’on pût l’être sur sa propre demande et pour ‘‘incompatibilité d’humeur’’, a vérifié quelle était la raison consignée dans les archives du centre, a trouvé finalement qu’il était écrit que j’avais été radié en décembre 2007 (ce qui est vrai), parce que mes revenus étaient devenus trop grands pour que je pusse prétendre encore au RMI, ce qui est entièrement faux, puisque entre décembre 2007 et avril 2009, si mon salaire le plus élevé fut, en mai 2008, de 417 EUR (une fortune, diront certaines), le plus bas fut, en janvier 2008, de 138 EUR&amp;nbsp;! Quant à la moyenne des dix-sept mois, elle est de 317 EUR. Mes revenus n’ont donc pas été trop élevés pendant cette période pour que je puisse prétendre au RMI. Quand je lui ai fait part à mon tour de mon grand étonnement, Mme P*** s’est empressée de passer à autre chose, comme si elle était embarrassée (mais j’ai peut-être imaginé cet embarras). Quelqu’un a pourtant fait une espèce de fausse déclaration, ou créé un faux document, dont la conséquence est que la véritable raison de ma radiation n’apparaît pas dans les archives du centre communal d’action sociale. A moins qu’il n’y ait effectivement pas, comme l’étonnement de Mme P*** pourrait l’indiquer, de formulation prévue lorsque la radiation a eu lieu à la demande de l’allocataire lui-même. Mais dans ce cas, puisque c’est pour éviter d’avoir à subir l’arbitraire de Lambert qui, j’en suis sûr, m’aurait fait convoquer devant la commission d’insertion (si c’est bien son nom, car je n’en suis pas certain) pour me faire radier, comme il avait déjà fait une fois, que j’ai moi-même demandé à l’être, je trouve qu’il aurait été plus fidèle à la vérité de dire que je l’avais été à cause de la faiblesse des moyens que Lambert prétendait, à tort, certes, que je mettais en œuvre pour m’insérer dans la société, plutôt que sous le faux prétexte de mes prétendus trop grands revenus. Il faudrait que je mène ma petite enquête, pour savoir ce qu’il en est exactement, mais je dois bien reconnaître que je ne suis pas sûr d’en trouver l’énergie nécessaire. Si j’ai demandé à redevenir allocataire du RMI,&amp;nbsp;c’est d’abord parce que je suis intéressé par le RSA, qui n’est pas encore appliqué, mais auquel auront automatiquement droit tous les bénéficiaires du RMI, le moment venu, et, surtout, parce que ma situation financière est devenue vraiment délicate depuis que j’ai commencé mon analyse, qui me coûte presque un tiers de mes revenus&amp;nbsp;! Pour faire face à toutes ces dépenses, il faudrait que je me prostitue davantage, ce qui n’est pas du tout mon intention. Au contraire, j’aurais plutôt le désir d’arrêter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html</guid>
<title>Jeudi 12 mars 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Coccymèle</category>
<category>Frisquette</category>
<category>Journal</category>
<category>Laura</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mon père</category>
<category>Nikita</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Stéphanie</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Fri, 13 Mar 2009 01:43:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Cinquième séance chez Tirésias avant-hier. Il voulait que je lui parle de mon père. Ma mère m’a toujours reproché de faire peur aux chats. «&amp;nbsp;A ton âge, me dit-elle, terroriser les chats…&amp;nbsp;» Quand j’étais enfant, avant la naissance de ma sœur, mon père, pour m’amuser, était venu dessiner un chat sur la tapisserie de ma chambre. J’étais dans les bras de ma mère et j’avais fait un caprice&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Pourquoi papa a-t-il dessiné un chat sur ma tapisserie&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», avais-je demandé à ma mère en pleurant. Ma mère m’a raconté plusieurs fois que mon père et elle avaient eu un chien avant ma naissance. Mais ils avaient dû s’en séparer,&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; à cause de mon père, qui le battait. Plus tard, lorsque j’avais treize ou quatorze ans (ou était-ce plus tôt&amp;nbsp;?), mon père eut une autre adorable petite chienne noire, un caniche, qui s’appelait Frisquette, dont il dut se séparer également, parce qu’il ne pouvait pas s’empêcher de la battre, lorsque sa présence lui était trop pénible. (Je n’ai pas pensé à en faire la remarque à Tirésias, mais sans doute est-ce à cause de Frisquette que je ne conçois d’avoir pour chien que des caniches noirs et femelles (Coccymèle d’abord, et maintenant Pélagie).) Mon père eut ensuite des chats (encore aujourd’hui), avec lesquels il s’est toujours beaucoup mieux entendu (à quelques exceptions près). La passion qu’il s’est découverte pour la défunte chienne Nikita, qui appartenait à son amie Stéphanie, est survenue au moment où s’opérait un grand changement en lui. Pendant des années, mon père avait eu en effet l’obsession de l’hygiène, de la propreté, la terreur des microbes, etc. Il nous était formellement interdit de boire à la bouteille, par exemple, ou bien encore, nous devions nous figurer où se trouvait tel produit qu’on voulait prendre dans le réfrigérateur avant d’en ouvrir la porte, pour s’en saisir le plus rapidement possible et éviter ainsi tout réchauffement à l’intérieur de l’appareil. Il faut dire que la ‘‘chaîne du froid’’ était la grande préoccupation professionnelle de mon père&amp;nbsp;: jusqu’à ce qu’il change de métier, pour ne plus se consacrer qu’au syndicalisme. Il donna alors libre cours à sa bestialité, en se prenant de passion pour la chienne Nikita, qu’il laissait lui lécher le visage ou à qui il donnait à manger avec sa fourchette, qu’il portait ensuite joyeusement à &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;sa&lt;/span&gt; propre bouche, en répétant puérilement qu’il était le chef de meute&amp;nbsp;! Mon père a toujours été terrifiant. Il fut d’abord terrifiant par sa violence difficilement contenue, par sa sévérité et par la rigidité de ses nombreux principes. Il exigeait par exemple un silence si absolu, lorsqu’il lisait, qu’on osait à peine respirer&amp;nbsp;: c’était la vie de la maison qui s’arrêtait, ou presque. Il avait également voulu m’apprendre les pourcentages à un âge où je savais à peine écrire et compter, et me força toute mon enfance à jouer aux échecs avec lui pendant ce qui me paraissait être des heures entières. J’ai donc les échecs en horreur et n’ai jamais été un matheux. (J’ai d’ailleurs eu pour note un sur vingt à l’épreuve de mathématiques au baccalauréat. «&amp;nbsp;Ç’a donc fait série, ce dégoût des mathématiques&amp;nbsp;», a remarqué Tirésias.) Je me souviens d’une terrible colère de mon père qui, lorsque j’avais dix-sept ou dix-huit ans, m’avait surpris en train de boire à la bouteille. Je savais que je n’en avais pas le droit, mais je croyais qu’il ne l’aurait pas vu. M’apercevant du violent changement de son humeur, je m’étais efforcé de me faire le plus discret possible, me contentant d’acquiescer à tout ce qu’il braillait, comme m’a toujours dit que faisait ma mère avec lui du temps de leur mariage et comme j’ai moi-même toujours fait avec celui-ci, heureusement inspiré par celle-là. (La grande peur de ma mère, durant son mariage, était d’être battue par mon père. Elle ne le fut cependant jamais, contrairement à la mère de mon autre sœur, Laura, qui quitta mon père pour cette raison.) Mais ma sœur Julie, lors de cette grande colère de mon père, avait pris ma défense&amp;nbsp;: elle lui avait tenu tête, en lui soutenant que sa colère était excessive, et ç’avait été vraiment terrible. Cet épisode est d’ailleurs resté dans les mémoires. Il est une référence fameuse dans ma famille. (Est-ce pour terroriser mon père à mon tour, que j’aime faire peur aux chats&amp;nbsp;?) Ensuite, c’est par sa bestialité affichée que mon père fut effrayant. Effrayant et dégoûtant. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Plus&lt;/em&gt; dégoûtant encore, devrais-je dire, car ma mère, à cause de lui, a pour les hommes un grand dégoût depuis longtemps, dégoût qu’elle m’a toujours fait ressentir et que je lui ai toujours inspiré moi aussi. (Paradoxalement, ce dégoût n’a pas empêché ma mère de rester en très bons termes avec mon père depuis leur divorce.) Sans doute est-ce par ce dégoût de ma mère pour les hommes et la virilité, et donc pour moi, que s’explique en partie mon angoisse d’être mal jugé, ma peur du regard des autres. Pourtant, ai-je fait remarquer à Tirésias, je me donne beaucoup à regarder dans le journal intime que je publie sur Internet, et sans presque aucune honte. Ce n’est pas moralement que j’ai honte de moi, mais physiquement&amp;nbsp;: c’est ma présence, mon corps livré au regard d’autrui, qui sont l’objet de ma névrose. Et encore, le regard d’une seule &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;personne m’est&lt;/span&gt; tout à fait supportable. De deux ou trois également. Je puis avoir des relations sexuelles sans éprouver de honte de mon corps. Il m’est déjà plus difficile d’avoir des relations sexuelles avec plus d’une personne en même temps. Les deux seules fois où cela m’est arrivé, c’était avec des garçons que je connaissais, et avec qui j’avais déjà couché seul. C’est le regard de personnes peu connues ou inconnues qui m’est pénible, dès lors qu’elles sont nombreuses, c’est-à-dire plus de quatre en général. C’est aussi l’idée de ce regard,&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; sa possibilité, qui m’est insupportable. Je pourrai me sentir très mal dans un bar presque vide, parce que je garderai à l’esprit que la foule peut y affluer à tout moment. J’ai parfois encore du mal à marcher dans certaines rues, même si elles sont désertes. Je ne peux pas aller dans les piscines publiques, à la plage, dans les saunas, sur les lieux de drague. Je ne peux pas non plus faire de sport ni danser. «&amp;nbsp;Bien, me dit Tirésias, on progresse. Vous vous êtes vraiment mis au travail. Il sera temps, la prochaine fois, de vous allonger sur le divan. Je vous regarderai, mais vous ne me verrez pas vous regarder. Et ce sera un regard amical. Rappelez-le-moi la prochaine fois. Et essayez de creuser d’ici là la question de ce corps qui ne supporte pas d’être regardé.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/02/25/mardi-24-fevrier-2009.html</guid>
<title>Mardi 24 février 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/02/25/mardi-24-fevrier-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Mon père</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 01:38:32 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’avais dit que je voulais me détourner de Camille mais, bien sûr, c’est impossible. J’ai assez de volonté pour rester des jours et des jours sans lui donner de nouvelles, mais à la fin, constatant que lui non plus ne m’en donne pas, je ne peux pas m’empêcher de lui téléphoner, pour lui dire tout le mal que je pense de lui, pour lui dire que je ne lui téléphonerai plus jamais et que tout est fini entre nous. En général, je le rappelle dès le lendemain, pour m’excuser, pour lui dire qu’il me manque, qu’il sera toujours dans mon cœur, que je veux le revoir. Il ne m’en veut pas, parce qu’il sait ‘‘que je suis un garçon compliqué’’. Depuis la tempête, il passe énormément de temps chez son père. Il y dort d’ailleurs très souvent, comme ce soir. En lui téléphonant tout à l’heure, vers onze heures, je l’ai réveillé. Il venait de s’endormir. Je pensais qu’il serait tout juste rentré de son travail, mais il n’en était rien&amp;nbsp;: il ne travaillait pas ce soir. C’est merveilleux de le surprendre dans son sommeil. Sa voix encore endormie est pleine d’une douceur qui lui manque d’habitude&amp;nbsp;: il semble plus affectueux, plus proche, plus offert. Je donne un sens qui n’a peut-être pas vraiment lieu d’être au fait qu’il ait répondu à un coup de téléphone si tardif alors qu’il avait déjà sombré dans le sommeil. Je me dis qu’il a lu mon nom sur l’écran de son téléphone portable et qu’il a &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;voulu&lt;/em&gt; me répondre. Il ne me reproche pas de l’avoir réveillé. J’y vois une preuve d’amitié. Je me dis qu’il est sans doute permis aux véritables amis de se téléphoner à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Nous nous sommes donné des nouvelles l’un de l’autre. Il m’a dit qu’Ascylte lui avait téléphoné&amp;nbsp;: celui-ci voulait le voir pour lui rendre quelques affaires à lui qu’il avait encore en sa possession. J’aimerais que Camille lui dise qu’il ne veut plus le revoir et qu’il préfèrerait que ce soit moi qui récupère ses affaires&amp;nbsp;: pour mon plaisir, pour le plaisir d’être désagréable à cette belle enflure, pour lui montrer que c’est moi qui l’emporte, à la fin, malgré tout. A moi aussi, Ascylte a fait signe plusieurs fois, sur MSN, le plus souvent pour me parler de sa mauvaise santé, qui s’est encore dégradée. Mais qui sait s’il ne l’a pas prétendu pour m’attendrir&amp;nbsp;? Il en serait bien capable. A l’en croire, il serait actuellement ‘‘en arrêt maladie longue durée’’. Il ne manquerait plus qu’il crève avant que j’aie pu me venger de lui&amp;nbsp;! C’est curieux, ce besoin que Camille semble encore avoir de son père, au point d’aller dormir si souvent chez lui, ces temps-ci. Il est vrai qu’il n’a que vingt ans et que, par bien des aspects, il n’est encore qu’un enfant, ne serait-ce que par le faible développement de son intelligence, dont on se demande parfois s’il en a. Mais bien sûr qu’il en a&amp;nbsp;! Il suffit d’entendre de quelle façon il me répond au téléphone. Sans même dire «&amp;nbsp;allo&amp;nbsp;» en décrochant, il me demande directement comment je vais&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Comment ça va&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Tu vas bien&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Comment tu vas&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», en le disant très vite, comme s’il était sincèrement inquiet pour moi&amp;nbsp;! Il me prend ainsi au dépourvu et me laisse le plus souvent complètement désarmé. J’ai l’impression d’être pour lui comme une évidence, comme si j’étais justement dans ses pensées avant même de l’appeler, comme s’il avait deviné que je n’allais pas bien, et que, sachant que j’aurais besoin de le lui dire, il m’invitait à le faire aussitôt, sans aucun préambule, sans détour, comme s’il allait de soi qu’il y avait urgence et que j’étais sur le point d’exploser ou de m’effondrer. Même quand je le surprends dans son sommeil, comme tout à l’heure, il a la présence d’esprit, l’intelligence de me répondre de cette astucieuse façon. Il est vrai que, me considérant comme ‘‘un garçon compliqué’’, il doit se dire que je suis constamment dans un genre d’état appelant cette façon de me prendre. C’est comme s’il y avait une compassion de son indifférence. Il a donc bien son intelligence, oui&amp;nbsp;: j’ai d’ailleurs sûrement déjà dit dans ce journal que Camille était un grand manipulateur&amp;nbsp;: il fait de moi ce qu’il veut, ou presque. Avant de raccrocher, il m’a demandé d’embrasser pour lui la chienne Pélagie. Ça n’a l’air de rien, mais c’est prodigieusement intelligent. En quelques mots, il me fait comprendre que l’espèce d’intimité à laquelle nous étions parvenus à l’époque où, chassé de chez lui par son père, il était venu trouver refuge chez moi est restée la même. Et c’est tout ce que je souhaite, au fond&amp;nbsp;: être l’intime de quelqu’un. Il sait que Pélagie est un autre moi, un prolongement de moi, plutôt, le plus souvent prolongement de ma main, quand je la caresse, et qui obéit au son de ma voix comme mon corps aux ordres de mon cerveau. En embrassant ma chienne, il m’embrasse une seconde fois. Plus précisément, il me montre qu’il pense à embrasser une part de moi qu’il est l’un des seuls à connaître, pour l’avoir vue lorsqu’il partageait mon quotidien et mon intimité. Tirésias voudrait que je lui parle de mon père, dont je me passe très bien, moi, contrairement à Camille. Je suis bien embêté. Je n’ai encore rien trouvé d’intéressant à dire sur le sujet…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/02/24/lundi-23-fevrier-2009.html</guid>
<title>Lundi 23 février 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/02/24/lundi-23-fevrier-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Cléomédon</category>
<category>Clinias</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Osman</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Tue, 24 Feb 2009 02:22:58 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier soir, j’ai revu le beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt;, l’amant de ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt; qui s’était battu avec l’énorme mignon d’un ami de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/02/05/mercredi-4-fevrier-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;il y a quelque temps&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, chez ce dernier. Après le dîner chez ma sœur, j’étais d’abord allé rendre visite à Osman, puis j’avais rejoint &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; dans le bar de ce vieux pédé&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/27/samedi-27-decembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qui fait courir le bruit&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’il m’arrive de ‘‘faire la pute à Toulouse’’. (&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt; était parti se coucher.) A la fermeture du bar, nous sommes allés terminer la soirée chez moi. En jouant avec la chienne Pélagie, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt;, qui n’a pas une très bonne coordination psychomotrice, si c’est bien ainsi qu’on dit, n’arrêtait pas de lancer sur moi, sans le faire exprès, la peluche de la bête, pour la lui faire rapporter. C’était charmant. Lui qui travaille dans la douane, on espère qu’il n’aura jamais à se servir d’une arme dans l’exercice de ses fonctions, car il risquerait fort de ne pas tuer les bonnes personnes. Je l’ai encore revu ce soir, avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, au dîner chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;. Il est d’une douceur et d’une patience &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;infinies&lt;/span&gt;. C’est à peine si l’on entend le son de sa voix, lorsqu’il participe à la conversation. (Il faut dire qu’il est fort difficile de se faire entendre, une fois que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; a pris la parole. Si donc &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt; est aussi de la partie, cela devient impossible.) Il a l’accent de Bordeaux, la nuque presque aussi fine que les poignets, l’air amoureux de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, mais des regards furtifs en ma direction en présence de ce dernier et moins discrets en son absence. Ce gracieux petit être est aussi parfois d’une incroyable grossièreté. Par exemple, hier soir, dans la rue, en chemin pour chez moi, il s’est mis à cracher par terre en faisant un épouvantable bruit venu du fond de la gorge, un peu comme un arabe. Et puis il a pissé contre le porche de l’ancienne gendarmerie à cheval. Hélas, il m’est absolument inaccessible, à cause du terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui est tout de même capable de faire rouler par terre un obèse à cause de la mauvaise orthographe de ses SMS&amp;nbsp;! J’ose à peine imaginer ce qu’il ferait à un gringalet comme moi qu’il surprendrait en train de faire des avances à son &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
</channel>
</rss>