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<title>Un jardin d'Adonis - nicandre</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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<title>Jeudi 5 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 20:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ce n’était aujourd’hui que ma vingt-neuvième séance chez Tirésias, quand ç’aurait pu être la trente et unième. Mais la séance de jeudi dernier, qui aurait dû être la trentième, avait été annulée, parce qu’ayant manqué notre rendez-vous du huit octobre (pour n’avoir pas eu le temps de dessoûler de la veille), je n’avais pu confirmer le suivant (pris à l’avance) pour le vingt-neuf (si longtemps après, parce que Tirésias devait s’absenter entre temps). J’aurais pu faire en sorte de téléphoner, pour maintenir cette seconde séance ratée, mais ma mauvaise volonté m’en a empêché. J’ai donc passé un peu plus d’un mois sans voir mon analyste. Peut-être avais-je besoin de suspendre momentanément un travail d’analyse auquel je n’arrive pas toujours à m’intéresser. J’ai commencé par parler aujourd’hui de l’étrange rencontre que j’ai faite hier soir chez Tityre. Ce dernier m’avait invité à dîner chez lui pour me présenter un certain Elithios, qu’il avait rencontré quelques jours plus tôt à la rocade, comme on dit ici, c’est-à-dire dans ce baisodrome à ciel ouvert que je suis un des rares, semble-t-il, à ne pas fréquenter, mais dont j’ai sans doute déjà parlé dans ce journal. Ce garçon, prétendait mon hôte, avait une vingtaine d’années, était plein de charme et fort porté sur la chose, et me conviendrait peut-être, même s’il était loin d’avoir inventé la poudre. Osman, qui était également là, et qui connaissait la bête, lui aussi, pour l’avoir pratiquée quelques mois plus tôt, était d’accord avec Tityre sur ce point&amp;nbsp;: Elithios était un garçon franchement limité. En comparaison, me disaient-ils, la simplesse de Camille eût pu passer pour de la vivacité d’esprit&amp;nbsp;: aussi le risque pour moi était-il assez grand de m’éprendre du garçon, ajoutèrent-ils perfidement, quoique assez justement. Elithios arriva donc vers onze heures, après son travail (il est plongeur dans un restaurant). J’ai assez vite compris qu’il était encore plus bête que tout ce qu’on m’avait dit&amp;nbsp;: la déficience mentale d’Elithios est caractérisée. Par exemple, il a le plus grand mal à se situer dans le temps. Il a d’abord en effet prétendu, quand je lui ai posé la question, ne travailler que deux heures par jours. Mais quand je lui ai demandé de me dire à quelle heure il commençait et terminait son travail, j’ai compris qu’il y passait beaucoup plus de temps qu’il m’avait dit. Seulement, comme il a une pause de plusieurs heures, tous les jours, chaque mi-temps de son travail représente, dans son esprit de simplet, ce qu’il appelle une heure. Il ne sait pas non plus à quelle époque il a commencé à travailler. C’était il y a longtemps, voilà tout. Mais qu’est-ce que longtemps, pour lui&amp;nbsp;? Des mois, des années&amp;nbsp;? Elithios est incapable de dire quel est le montant de son salaire. Ce n’est pas lui qui s’occupe de ça, comme il dit, mais son frère, dont il est sous la tutelle. Le plus frappant est qu’il rit pour des choses qui ne devraient faire rire personne, si ce n’est des adolescents de quatorze ans à peine, et encore&amp;nbsp;: même des enfants de treize ans n’en riraient peut-être déjà plus&amp;nbsp;! L’extrême candeur d’Elithios, qui illumine littéralement son visage, le fait paraître beaucoup plus jeune qu’il n’est. Mais il a les mêmes rides que moi au coin des yeux, plus prononcées encore, sans doute parce qu’il a déjà beaucoup plus travaillé que moi dans la vie, et beaucoup plus baisé également, puisqu’il passe habituellement toutes ses soirées à la fameuse rocade, où il fait toutes ses rencontres, parce qu’il refuse de s’abonner à Internet et qu’il n’a pas de téléphone (à moins que ce ne soit son tuteur qui lui ait mis dans la tête qu’il n’en avait pas besoin). En réalité, il a mon âge. Il n’est né qu’un mois après moi, en décembre 1975&amp;nbsp;! A la fin de la semaine, il quitte toujours Mont-de-Marsan, pour passer le week-end chez ses parents. Je me suis finalement levé pour rentrer chez moi quand, me voyant faire, Elithios s’est écrié&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu t’en vas&amp;nbsp;? – Oui, je dois me lever tôt demain, j’ai la séance chez mon psy à midi&amp;nbsp;! Pourquoi, tu voulais que je reste encore un peu&amp;nbsp;? – Bah oui&amp;nbsp;! – Oh&amp;nbsp;! Comme il est mignon, il veut que je reste encore avec lui. Mais regarde donc Tityre, c’est son heure, il est en train de piquer du nez, il faut qu’on le laisse dormir. – On n’a qu’à aller chez moi…&amp;nbsp;» Car tout débile léger qu’il soit, Elithios a son propre appartement (dans l’immeuble en face de celui qu’habitait Nicandre naguère encore, qu’il a d’ailleurs beaucoup observé depuis son balcon, assez pour savoir qu’il fréquentait assidûment un petit noir qui n’était autre, sans doute, que mon Phédon, de sinistre mémoire et qui semble avoir définitivement quitté la ville), il conduit un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;scooter&lt;/em&gt; et a littéralement le feu au cul, mais d’une façon tout à fait gracieuse, et comme allant de soi, sans doute du fait de sa stupidité. Avec lui, on est bien loin de l’obscénité calculée d’un Phédon, dont la perpétuelle ondulation, sur la piste de danse, semblait le retentissement, dans tout le corps, d’un péristaltisme de son cul, mais d’un péristaltisme inverse, servant non pas à expulser, mais à aspirer des bites, dont il n’est probablement jamais repu. Quand Elithios dit tout de même des obscénités, pour inviter à le sucer ou à l’enculer, c’est d’une façon qui sonne si faux que c’en devient tout à fait juste&amp;nbsp;: on dirait un enfant qui répète des obscénités dont il ne comprend pas le sens. Ce qui échappe entièrement à Elithios, c’est la part d’ordure qu’il y a dans les termes qu’il emploie et, l’ignorant, il en reste comme vierge en prononçant ces mots&amp;nbsp;: il n’y a pas le plus petit reliquat de saleté dans l’intonation de sa voix, dans son regard, dans ses gestes, dans les poses pourtant très suggestives qu’il peut prendre pendant l’amour (mais qui ne sont justement pas du tout suggestives&amp;nbsp;: elles sont absolument naturelles). Le peu que j’ai vu de la sexualité d’Elithios (car je n’ai pas voulu trop en voir, pour l’instant) a quelque chose d’immaculé. La raison pour laquelle je n’ai d’abord pas voulu trop en voir a été le sujet de cette séance chez Tirésias. Même s’il est évident qu’Elithios est très demandeur, sexuellement, comment puis-je être sûr de ne pas abuser de lui, puisqu’il est intellectuellement si limité, puisqu’il est presque un enfant&amp;nbsp;? N’est-il pas anormal que je me sois senti si bien avec lui&amp;nbsp;? Pour une fois, je n’étais plus en représentation, contrairement à mon habitude, qui est de toujours veiller à bien jouer mon rôle, même et surtout au moment d’avoir des relations sexuelles. Je croyais que la prise de conscience libérait&amp;nbsp;? Comment se fait-il donc, dans ce cas, que je continue d’être attiré par les garçons plus jeunes ou plus bêtes que moi, ou de faible constitution physique ou intellectuelle (en un mot&amp;nbsp;: par des garçons qui me sont inférieurs), puisque j’ai découvert, au cours de cette analyse, la plupart des raisons de cette attirance, c’est à savoir, en l’occurrence, le fait que je me sente moins en danger avec eux (ce qui n’est que partiellement vrai, car dans le même temps, je puis me sentir très en danger avec de tels garçons, avec Callias, par exemple). Tirésias m’a répondu que le but de l’analyse n’était pas de ne plus se trouver bien avec les personnes auprès desquelles on se trouve bien, mais de cesser de se trouver mal avec les personnes auprès desquelles on se trouve mal… «&amp;nbsp;Ce qui est très important, dans ce que vous venez de dire, c’est qu’on peut retourner votre inquiétude&amp;nbsp;: vous craignez de jouir abusivement d’autrui parce que votre plus grande crainte est d’être abusé par autrui. C’est une très bonne chose que vous ayez ainsi le souci de votre prochain.&amp;nbsp;» Le garçon qui me fait sentir plus particulièrement en danger, ces temps-ci, comme j’ai dit à l’instant, c’est Callias. Je ne sais pas interpréter les signes qu’il peut donner de son attirance pour moi ou, contraire, de son indifférence. Ou plutôt, j’ai tendance à sur-interpréter tout ce qui se produit comme d’éventuels signes de quelque chose que je ne comprends pas. Mon long retrait du monde a fait que je ne possède pas le code qui me permettrait de déchiffrer les garçons (puisque les garçons sont des livres&amp;nbsp;!). Vendredi soir, par exemple, après la fête chez Iolaos, dans la rue, pourquoi Callias, s’adressant à Osman et moi, a-t-il dit plaisamment que j’étais gros et qu’Osman était tout mince, alors que c’est évidemment le contraire&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais non, voyons&amp;nbsp;! Tout le monde sait que c’est Osman le petit gros de la bande&amp;nbsp;! – Mais non, Osman est trop maigre, il ne pourrait pas me porter dans ses bras jusque chez moi, il n’est pas assez fort. Toi tu pourrais&amp;nbsp;! – Te porter jusque chez toi&amp;nbsp;? Mais non, c’est trop loin&amp;nbsp;! – Quoi&amp;nbsp;? Tu veux dire que tu me trouves trop gros&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Callias voulait-il dire quelque chose de précis, peut-être sans le savoir lui-même, en faisant une telle allusion à nos corps, ou si c’est moi qui en ai le fantasme&amp;nbsp;? Nous n’avons finalement pas suivi les autres invités de Iolaos, Callias et moi, et plutôt que d’aller avec eux au bar d’Ascagne, où devait se poursuivre la soirée, nous avons préféré rentrer chacun chez soi, c’est-à-dire, pour lui, dans l’appartement de son amant, chez qui je l’ai donc raccompagné. Nous avons fait le chemin à pied. Quand nous fûmes arrivés presque à destination, Callias a fait cette remarque que son amant ne serait peut-être pas chez lui, sorti qu’il était de son côté. Puis, une fois que nous fûmes parvenus au pied de l’immeuble, il m’a demandé de lui expliquer de nouveau où j’habitais, ce que je lui avais déjà dit un peu plus tôt dans la soirée. Ce n’est qu’après l’avoir salué que je me suis dit qu’il m’avait peut-être tendu des perches pour que je l’invitasse à venir chez moi, ce que m’a sœur, à qui j’ai rapporté cet épisode le lendemain, m’a dit être en effet vraisemblable. Mais comment y penser, sur le moment, et, surtout, comment en être sûr&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais ce n’est pas si grave, si tu te trompes&amp;nbsp;», dit Julie. Le problème est pourtant bien là&amp;nbsp;: la pensée du plus petit échec dans ces situations prend chez moi une ampleur inouïe. Tout ce passe précisément comme si c’était une affaire très grave. Je suis incapable de légèreté dans la conduite de mes amourettes. C’est très pénible. Ma paralysie devient peut-être plus grande encore lorsqu’il y a des témoins de mes invisibles tentatives de séduction. Le plus terrible est que, même si nous nous trouvons seuls, le garçon que je désire est encore un témoin de la scène qui, de ce fait, ne peut avoir lieu. Même si le garçon était tout à fait bienveillant, mon malheur est si grand qu’il y aurait encore un témoin dont le regard me figerait&amp;nbsp;: c’est moi&amp;nbsp;! Si le regard d’autrui m’est si pénible, c’est parce que je le ressens comme malveillant (moqueur ou convoitant de me dépouiller de ce que je convoite moi-même). «&amp;nbsp;Encore une fois, me dit Tirésias, vous avez peur d’être abusé ou dépouillé, comme vous avez dit, par un autre méchant. Pour vous, l’autre est presque toujours méchant.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Lundi 29 juin 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 04:12:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier soir, dîner chez Tityre, qui fêtait son anniversaire. J’y ai vu pour la première fois Parthénie être soûle. Le terrible Cléomédon disait toujours aussi souvent «&amp;nbsp;moi, je…&amp;nbsp;» tandis que son ami le beau Clinias, frêle oisillon tombé du nid, ne pipait mot, sans jamais jeter le plus petit regard sur moi. Phidippide, qui n’avait pas compris de qui il s’agissait, draguait assez ostensiblement le nouvel amant de Tityre, contrariant fort ce dernier. «&amp;nbsp;Phidippide, c’est moi qui t’ai introduit dans cette société, lui ai-je dit tout à l’heure. Pourrais-tu attendre que Tityre et sa conquête se séparent avant de la lui prendre&amp;nbsp;? Je ne voudrais pas passer pour celui qui a fait entrer le loup dans la bergerie.&amp;nbsp;» Tout le monde se moquait de moi, parce que Tityre avait révélé à l’assemblée que j’avais couché, il y a quinze ans, avec le pauvre Damète, qui est fort méprisé dans ce cercle, parce qu’il est mauvaise langue, parce qu’il est laid, parce qu’il est gros, parce qu’il passe pour être sale et se droguer avec du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;poppers&lt;/em&gt;, qui lui brûlerait les narines et y laisserait des croûtes fort peu seyantes. J’étais le seul à prendre la défense de cette créature, dont toutes les peu ragoûtantes qualités qu’on lui prête sont peut-être vraies, je ne sais, pour l’avoir perdu de vue depuis belle lurette, mais qui a eu le mérite, au moins une fois dans sa vie, ai-je dit, de me sauver de Tityre qui, à l’époque, m’avait soûlé, lors d’un dîner qu’il avait organisé à cette seule fin, pour pouvoir coucher ensuite plus facilement avec le garçon fort inexpérimenté que j’étais alors. Cléomédon, prenant assez mal la défense de Tityre, m’a demandé si j’étais naïf au point de croire que Damète n’avait pas &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;lui aussi&lt;/em&gt; quelque arrière-pensée en me sauvant. J’en étais bien évidemment conscient, ai-je reparti, comme je l’écrivais d’ailleurs&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/01/vendredi-31-octobre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;en octobre dernier&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, en notant dans ce journal que je venais de retrouver Tityre après tant d’années, mais les mauvaises intentions ni les mauvaises actions de Damète ne changent rien à la bonne qu’il avait faite pour moi ce soir-là, dont je lui serai éternellement reconnaissant&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;La preuve que Damète n’est pas si gros que vous dites tous, c’est qu’il a été au moins une fois dans sa vie plus fin que Tityre, puisqu’il a su me cacher son piège, où je suis en effet tombé, en me faisant voir celui que m’avait grossièrement tendu ce dernier. Et dans l’intimité, Damète était loin d’être le grossier personnage que vous m’avez décrit. Peut-être l’est-il avec vous,&amp;nbsp;qui ne vous cachez pas de l’aimer si peu, mais avec moi, il n’éprouvait apparemment pas le besoin de se montrer tel.&amp;nbsp;» Au fond, l’horrible portrait qu’en ont fait les membres de cette médisante assemblée en dit plus long sur eux que sur Damète. La veille ou l’avant-veille de ce dîner d’anniversaire, j’ai rendu une courte visite à mon ami Osman, juste après de brèves retrouvailles avec une ancienne relation sexuelle, que je n’avais pas revue depuis bien six mois, mais qui ne devait pas être dans son bon jour (peut-être à cause de la récente naissance d’un premier enfant, qui doit tout de même un peu remuer son homme&amp;nbsp;!), parce que le jeune père me faisait tellement sentir ses dents que j’ai préféré mettre un terme à&amp;nbsp;tant de&amp;nbsp;maladresse, pour aller donc voir mon petit Osman, qui habite tout près du lieu de ce rendez-vous raté. Il m’a rapporté qu’un certain barman avec qui il avait presque couché lui avait raconté que Nicancre et Phédon, qui se connaissent, ce que j’ignorais, avaient ‘‘fait les putes’’ tout récemment à Bordeaux, à l’occasion de la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.oliviermb.gayattitude.com/20060624130853/&quot;&gt;gaypride&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. Où donc crois-tu, mon blond lecteur, que travaille la mauvaise langue qui a fait cette révélation à Osman&amp;nbsp;? Dans le bar de ce vieux pédé qui m’est tellement antipathique et qui avait fait courir à mon sujet le bruit que j’allais moi aussi faire la pute, mais à Toulouse&amp;nbsp;! A Toulouse… C’est dire si la source est peu digne de foi&amp;nbsp;! Autre rumeur, encore plus absurde que la première, et rapportée du même endroit&amp;nbsp;: le petit Phédon, encore lui, aurait violé un jeune homme dans la résidence étudiante où il loge&amp;nbsp;! Alors que ce garçon, il est vrai fort entreprenant, est dans le même temps la chose la plus passive qu’il m’ait été donné de rencontrer&amp;nbsp;! C’est vraiment absurde. Et c’est une honte de faire courir de tels bruits&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Lundi 15 juin 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Camille</category>
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<pubDate>Tue, 16 Jun 2009 03:38:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Demain&amp;nbsp;: dix-huitième séance chez Tirésias. Voici le compte rendu de la dix-septième, qui a eu lieu mardi 9 juin dernier. J’ai demandé à Tirésias s’il avait remarqué, comme moi, que j’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avançais&lt;/em&gt; beaucoup moins vite depuis quelques semaines. (Car j’imagine que c’est de cela qu’il s’agit, que c’est cela qu’il faut&amp;nbsp;: avancer…) Cela s’explique probablement par le fait qu’étant beaucoup moins atteint, sans doute d’ailleurs grâce à cette analyse, par ce que j’appelle ma phobie sociale, je mène une vie sociale, justement, beaucoup plus intense que naguère. La conséquence est que j’ai beaucoup moins de temps pour me retrouver seul avec moi et, donc, pour rechercher entre les séances les diverses associations qui pourraient en faire ensuite la matière. D’une manière générale, je me sens beaucoup mieux et, ressentant donc moins la nécessité d’‘‘avancer’’, je ne cherche pas non plus spécialement à faire ces associations censées me permettre d’aller encore plus loin. Paradoxalement&amp;nbsp;: mieux je me trouve et moins je suis dans de bonnes dispositions pour faire en sorte d’aller mieux&amp;nbsp;! J’ai parlé des rêves faits dans les nuits&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/06/vendredi-5-juin-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;du trois au quatre&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;et&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/10/mardi-9-juin-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;du huit au neuf&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;juin, que je vois bien qui ne sont pas sans rapport entre eux (dans l’un meurt Camille&amp;nbsp;; dans l’autre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;&amp;nbsp;; les deux m’ont rejeté) mais que je peine à interpréter. Pour une fois, Tirésias a peut-être parlé plus que moi, en me donnant une interprétation &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;possible&lt;/em&gt;, a-t-il précisé, de ces rêves. Dans l’un comme dans l’autre, il est important qu’un doute plane sur la réalité de la mort de mes amis. J’ai ce doute, parce que j’ai constamment peur d’être manipulé. C’est particulièrement frappant dans le premier rêve, où la pensée me vient que Camille a pu mettre sa mort en scène pour me faire chanter. Ce qui est plus frappant dans le second rêve, lors de l’enquête que je mène auprès de gens que manifestement j’importune, c’est ma crainte d’être rejeté, méprisé, abandonné. Rien donc que je ne sache déjà… Tirésias a conclu cette séance en m’exhortant à tenter de découvrir pourquoi j’allais mieux. Je n’en ai pas la moindre idée&amp;nbsp;! Au fond, rien n’a été dit lors de cette dix-septième séance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Mardi 9 juin 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 03:24:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Voici le rêve que j’ai fait cette nuit&amp;nbsp;: J’apprends que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt; s’est tué à moto. Je veux savoir si ce n’est qu’une rumeur ou si c’est vrai. Je me rends d’abord à Saint-Sever, chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Chrysanthe&lt;/span&gt;, pour savoir s’il sait ce qu’il en est. Il est furieux de me voir arriver chez lui après dix heures et demie du soir, qui est, selon lui, l’heure après laquelle on ne peut plus venir chez quelqu’un à l’improviste. Il est pourtant loin d’être seul, mais avec sa petite amie et de nombreux amis&amp;nbsp;: je sens bien qu’en réalité, s’il est furieux, c’est parce qu’il ne veut pas qu’on apprenne qu’il a couché avec moi. Je m’excuse et m’en vais. Je vais ensuite chez Alfred, l’ancien amant de ma sœur, où il y a foule. Les gens sont dans une conversation de haute tenue, à laquelle je ne me sens pas capable de prendre part. Je m’éclipse en m’excusant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Mercredi 6 mai 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 07 May 2009 03:10:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il y a parfois de ces coïncidences… C’est presque par hasard que je reparlais&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;tout récemment&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;du beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;, que je ne fréquente plus depuis longtemps. J’avais seulement dit que je l’avais reconnu sur une photo publiée sur le &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; du sublime Callias. Or la mère de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt; est venue me parler hier soir sur MSN. Elle voulait savoir si je n’avais pas de nouvelles de son fils. «&amp;nbsp;Il a disparu depuis trois jours, m’a-t-elle dit. Il ne répond plus au téléphone. J’ai tellement peur qu’il lui soit arrivé quelque chose.&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt; n’est-il pas parti passer quelques jours à Bordeaux, ai-je donc demandé à Callias. – Si, pourquoi&amp;nbsp;? – Parce que je viens de parler à sa mère sur son MSN. Elle croit qu’il a disparu. Elle n’a plus de nouvelles de lui depuis trois jours. – Mais elle est complètement flippée, celle-là. Ce n’est pas parce qu’elle n’a plus de nouvelles de lui qu’il a disparu&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Quelle sorte de mère peut donc bien être cette dame&amp;nbsp;? Monstrueusement aimante, j’imagine. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt; m’avait dit l’aimer intensément, lui aussi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je ne sais pas, m’avait-il même confié, je ne sais pas ce que je deviendrais, si ma mère mourait.&amp;nbsp;» Pauvre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;. Avais-je écrit, à l’époque, qu’il souffrait de trouble panique&amp;nbsp;? &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; m’a dit tout à l’heure, au téléphone, qu’il avait dîné hier soir avec Osman, qu’il ne connaissait que de loin, mais qui se trouve être aussi l’ami d’un sien ami. C’est grâce à cette révélation que j’ai compris comment Osman avait pu être informé, comme il me l’a dit tout à l’heure, lui aussi, au téléphone, de ma récente déconvenue avec Phédon sans même m’avoir revu depuis. «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;? Tu sais déjà&amp;nbsp;?, m’étais-je étonné. Les nouvelles vont vite&amp;nbsp;! Je vais avoir une belle réputation, maintenant…&amp;nbsp;» &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; aime que je lui parle de mes victoires ou de mes défaites, ce que je fais donc souvent volontiers, par amitié. Mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; est une mauvaise langue, qui ne sait pas la tenir. Pourquoi donc crois-tu, mon blond lecteur, que je me permette de dire tant de choses à ce journal, sans pudeur ou presque&amp;nbsp;? C’est parce que, la plupart du temps, ces choses sont déjà sues du monde avant même que je les écrive&amp;nbsp;! Ainsi Camille faisait-il lire à tout le monde mes lettres et mes SMS. Il racontait au premier venu que j’étais phobique social&amp;nbsp;! &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Polémon&lt;/span&gt; avait d’ailleurs entendu parler de mes névroses avant même de me rencontrer. L’autre soir, pour faire la conversation, Osman racontait ma psychanalyse à Callias et pourquoi j’étais tombé sous le charme de Camille&amp;nbsp;: parce qu’il était roux et qu’il me rappelait une fille que j’avais connue, et parce que ceci, et parce que cela… Grâce à l’impudeur de ce journal, les judas qui me servent d’amis sont un peu moins coupables de leurs indiscrétions. Et comment pourrais-je les leur reprocher&amp;nbsp;? N’était-ce pas moi qui disais&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/04/30/mercredi-29-avril-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’autre jour&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Didymias&lt;/span&gt; qu’il n’avait qu’à tenir sa langue, s’il ne voulait pas que ses secrets fussent trahis&amp;nbsp;? En disant tout ou presque à ce journal, je me donne l’illusion d’avoir autorisé des révélations qui, de toute façon, seront faites en ma présence ou dans mon dos. Je peux croire ainsi que je garde le contrôle, si ce n’est sur ma vie, du moins sur les récits qui en sont faits&amp;nbsp;! C’est probablement parce que je ne tiens à personne, pas même à moi, que je me laisse regarder ainsi. S’il y avait quelqu’un qui me fût vraiment cher, sans doute alors reviendrais-je à plus de pudeur, parce que je ne me sentirais pas le droit de me montrer à d’autres yeux que ceux de l’être aimé. Et sans doute m’interdirais-je de parler de lui, pour le protéger des mauvais regards. Je tairais notre amour, ma vie, notre vie, notre bonheur, pour ne pas nous attirer le mauvais œil. Mais que mes lecteurs se rassurent&amp;nbsp;: cela n’arrivera sans doute jamais et ce journal n’aura pas de fin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Samedi 2 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Sat, 02 May 2009 22:37:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; «&amp;nbsp;Tu peux être fier de toi&amp;nbsp;: tu as gagné. A cause de ta plainte, j’ai passé deux bonnes heures au commissariat de police, pour m’entendre expliquer que j’avais fait l’apologie de la prostitution, que c’était un délit, que j’aurais pu être mis en garde à vue pour cela. Maintenant, quelle sorte de vainqueur seras-tu&amp;nbsp;? Clément ou acharné&amp;nbsp;? Cela ne dépend que de toi et relève de ta liberté et de ta conscience. Tiens-tu réellement à me créer de vrais ennuis&amp;nbsp;? Je veux croire que non&amp;nbsp;et espère donc que tu auras la décence de retirer ta plainte, comme j’ai retiré de mon blogue les injures que j’avais proférées contre toi. C’est uniquement pour te demander de faire cela que je t’écris, et certainement pas pour renouer avec toi. Tout ce que je souhaite, c’est que tu sortes définitivement de ma vie. Je veux pouvoir t’oublier enfin, comme j’avais fait jusqu’alors, et continuer ma route en espérant ne plus jamais croiser de gens tels que toi.&amp;nbsp;» Il me semble avoir retrouvé l’adresse électronique de Monsieur Véto. J’espère qu’elle est toujours valide. C’est cette lettre que je viens de lui envoyer. Osman avait donc rendez-vous hier soir avec le sublime Callias, qui n’était pas à son goût, mais qui était très au mien&amp;nbsp;: le moule qui donne leur forme aux garçons du type qui me plaît le plus semblait avoir été fait sur lui. Plus grand que moi, mince et souple comme une herbe, tel était Callias. J’ai pu constater, en regardant ses photos sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, qu’il fréquentait ou avait fréquenté &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;, qui lui ressemble d’ailleurs beaucoup, et la petite &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mélanire&lt;/span&gt;. Hélas, ce n’est pas avec le beau Callias que j’ai &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;failli&lt;/em&gt; baiser, hier soir, mais avec Phédon, un beau petit Guyanais bondissant, qui, après être venu me regarder pisser, comme pour vérifier la qualité de la marchandise, m’a sauvagement embrassé contre le mur des commodités pour me faire comprendre que je pouvais terminer la soirée chez lui, si je le souhaitais. Mais si j’écris que j’ai &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;failli&lt;/em&gt; baiser avec Phédon, c’est parce qu’une fois effectivement rendu chez lui, ayant beaucoup bu et mangé d’un sandwich qui n’était peut-être plus très frais, je fus saisi de nausées qui m’empêchèrent de lui faire ce qu’il aurait voulu. Je n’ai pas eu le temps d’y mettre plus d’un doigt. Pardon pour ces détails, mais le risque était trop grand que je lui vomisse dessus&amp;nbsp;! D’ailleurs, à peine étais-je rentré chez moi que je reprenais les étreintes, mais cette fois avec la cuvette des W.-C., que j’ai beaucoup embrassée, elle aussi&amp;nbsp;! En me réveillant ce matin, c’est-à-dire en début d’après-midi, je me suis aperçu que de petites tâches marron étaient apparues sur ma peau pendant mon sommeil. J’ai réellement cru que c’était le Sida qui venait me faire savoir que non seulement je l’avais attrapé, mais encore qu’il s’était déjà déclaré&amp;nbsp;! Complètement paniqué de me retrouver si tôt à l’article de la mort, je suis allé voir un médecin, qui m’a dit que ce n’était rien de grave&amp;nbsp;: ce n’était que ma peau qui avait cette tendance à produire des tâches marron et il n’était pas même nécessaire d’aller consulter un dermatologue, sauf s’il devait en apparaître trop. Je devais seulement éviter le soleil. Je me suis alors demandé si mon inconscient ne m’avait pas joué quelque tour. Et si je ne m’étais aperçu qu’aujourd’hui de la présence déjà ancienne de ces tâches&amp;nbsp;? Et si mon inconscient me les avait fait paraître plus sombres, plus marron, plus visibles à ce moment précis, je veux dire parce que je venais juste de presque baiser avec un Noir&amp;nbsp;? Je crois qu’il faudra que j’en parle à Tirésias. J’ai toujours pensé n’avoir aucune attirance physique pour les Noirs. Est-ce que, sans le vouloir, je me suis fait trop violence en me frottant à ce Noir, au point d’avoir l’illusion que ma peau devenait semblable à la sienne&amp;nbsp;? Est-ce que la nausée que j’ai eue, hier, n’était pas le fruit de mon imagination, la manifestation physique, comme dans l’hystérie, de causes enfouies, oubliées&amp;nbsp;? C’était Callias que je désirais. Mais justement parce que c’est lui que je désirais vraiment, je n’ai pas eu le courage de rien entreprendre pour le séduire. Au contraire, je me suis laissé draguer par l’autre, par Phédon, le petit Noir, sans lui résister du tout. Je me suis laissé porter par lui, et même littéralement, quand à un certain moment, il s’est emparé de moi, comme un Romain d’une Sabine, pour me faire tournoyer dans ses bras sur la piste de danse. Mais en me laissant faire ainsi, je me demande si je n’ai pas violé une part enfouie de moi, qui ne veut pas du noir. Je suis extrêmement sensible à la blancheur des peaux. Je me souviens que les tétons presque blancs de Camille me rendaient fou. Pendant toute mon adolescence, et longtemps encore après, j’ai absolument refusé de laisser ma peau bronzer au soleil. Que sont donc ce noir et ce blanc qui semblent avoir tant d’importance pour moi&amp;nbsp;? Pureté et impureté&amp;nbsp;? Excréments et lait&amp;nbsp;? Je ne sais. Mes mains tremblent en l’écrivant. C’est sans chercher à faire une heureuse comparaison que j’ai dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;comme un Romain d’une Sabine&amp;nbsp;». Ces mots me sont spontanément venus sous la plume au moment de les écrire. C’en est presque effrayant. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Romain&lt;/em&gt; est le véritable nom de Camille. Quand j’étais adolescent, je suis tombé amoureux d’une très belle fille qui s’appelait Sabine et dont la peau était d’une éclatante blancheur. Elle s’était jouée de moi, un jour, en me faisant croire être tombée amoureuse d’un garçon qui me plaisait beaucoup lui aussi, et dont j’étais également amoureux. Ce n’était qu’une farce que le garçon et la fille avaient voulu me faire, mais j’avais été absolument incapable de la subir, d’y faire face. Je crois que j’avais eu une espèce de crise de panique&amp;nbsp;: j’étais parti en courant, absolument incapable de me contrôler, absolument incapable de réagir autrement. «&amp;nbsp;Comme un Romain d’une Sabine.&amp;nbsp;» Est-ce que mon inconscient veut me dire que Romain, c’est-à-dire Camille dans ce journal, fut pour moi une nouvelle Sabine, son descendant, et non seulement un nouveau julien ni une nouvelle Anja, rousse elle aussi, et très pâle&amp;nbsp;? Quand je me suis mis dans ce journal à donner des pseudonymes aux personnages de ma vie, j’ai d’abord pris le parti (auquel j’ai renoncé depuis) de donner à mes amants des noms assonant parfaitement entre eux&amp;nbsp;: &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Damis&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Alcide&lt;/em&gt;, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Camille&lt;/em&gt;. Or, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;a&lt;/em&gt; et &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;i&lt;/em&gt; sont les deux voyelles qu’on entend en prononçant le nom de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Sabine&lt;/em&gt;. En inventant Julien, j’avais imaginé que, &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;tel&lt;/span&gt; une dame de l’hôtel de Rambouillet, il s’était donné l’un de ces noms dont précieux et précieuses aimaient s’affubler. Ce nom, c’était &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Daphnis&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;a&lt;/em&gt; et &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;i&lt;/em&gt;, déjà.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Dimanche 1er mars 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/02/dimanche-1er-mars-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 02:35:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai accompagné &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, hier soir, qui voulait sortir. Nous sommes allés dans toutes sortes d’endroits et, malgré la foule, je ne me suis pas senti trop mal, sans vraiment pouvoir l’expliquer. Ce ne pouvait pas être seulement grâce à l’alcool que j’avais ingurgité puisque, d’habitude, même en buvant, je ne puis me défaire de cette raideur de tout mon corps, de tout mon être, qui me rend si pénible le fait de me trouver au milieu de gens, ou même dans des endroits seulement susceptibles d’en voir affluer. Pour une fois, je me suis senti presque à mon aise. Se pourrait-il que l’analyse à peine commencée avec Tirésias ait déjà des effets positifs sur moi&amp;nbsp;? Il me semble pourtant avoir toujours eu conscience de la partie (censurée dans ce journal) de ce que j’ai confié à ce dernier qui a à voir avec ce que j’appelle ma phobie sociale et pourrait l’expliquer. Peut-être n’est-ce pas tant la prise de conscience qui mène à la guérison que le fait de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dire&lt;/em&gt; ce dont on a conscience. Ou peut-être mon heureux état de la soirée d’hier n’était-il que la conséquence d’un inexplicable hasard. Je ne sais. J’ai croisé l’aimable Osman, ainsi qu’un ancien ‘‘coup’’, qui n’a pas daigné me saluer. J’ai été dragué plusieurs fois, mais uniquement par des filles. Une en particulier, appelons-la Lydie, a commencé par m’offrir à boire du champagne, puis son numéro de téléphone. Elle nous a fait faire ensuite le tour de ses endroits favoris, jusqu’à ce que nous perdions de vue &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, qui avait ses propres vues sur certain garçon qui n’était pas vraiment à mon goût. Lydie voulut absolument aller dans un bar qui vient d’être rouvert par ce patron de restaurant qui est le seul, dans Mont-de-Marsan, me dit-elle, à ne pas savoir qu’il est pédé. «&amp;nbsp;Il est plutôt le seul à croire qu’on pense qu’il ne l’est pas, lui ai-je répondu, parce que je puis t’assurer qu’il connaît parfaitement ses préférences sexuelles. Il m’a fait plusieurs fois des avances, mais je le trouvais trop gros. Si j’avais su que son commerce était si florissant, j’aurais probablement accepté de donner de ma personne.&amp;nbsp;» Lydie voulait absolument voir le ‘‘numéro’’ que fait parfois ce patron de bar&amp;nbsp;: pour amuser sa clientèle, il lui arrive en effet d’imiter Cindy Sander chantant &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Papillon de lumière&lt;/em&gt;. (Il est vrai que la chanteuse et le cafetier ont à peu près la même corpulence.) Et il s’imagine qu’on le croit hétéro&amp;nbsp;! Lydie n’arrêtait pas de me caresser les cheveux ou de me recoiffer. A un moment, dans un autre bar, elle a voulu que je l’accompagne au petit coin. Elle a insisté pour que j’entre avec elle dans cet endroit et s’est assise devant moi, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Mais le fait le plus incroyable n’est pas là. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que moi aussi, j’ai pissé en sa présence, en me détournant juste un peu, pendant qu’elle se lavait les mains, alors que j’écrivais&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/02/20/jeudi-19-fevrier-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;il y a quelques jours à peine&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’il m’était très difficile de faire cela en présence de quelqu’un, parce que mon inhibition était trop grande. M’étais-je trompé&amp;nbsp;? N’est-ce qu’en présence des garçons que la chose m’est si pénible ou si je découvrais avec Lydie un autre effet positif de mon analyse&amp;nbsp;? J’ai fort peu pratiqué la gent féminine. Anne D*** est toute mon expérience en la matière, et encore, je ne sais pas si cela compte, puisqu’elle a terminé lesbienne. J’ignore s’il est fréquent de se faire inviter au petit coin par une demoiselle. C’était probablement une manière pour elle de me dire que je pouvais lui rentrer dedans. De toute façon, même si j’avais voulu, je n’aurais pas pu&amp;nbsp;: j’étais bien trop soul pour cela. Lydie a fini par me faire venir chez elle, où elle m’a confié qu’elle aimait les garçons &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;et&lt;/em&gt; les filles. Elle était amoureuse d’une jeune femme qui venait de se marier. Elle avait les larmes aux yeux. Elle était complètement soule, elle aussi. J’ai préféré rentrer chez moi. Je me demande parfois si je ne suis pas une espèce d’hétérosexuel refoulé, après tout. Il est évident que je préfère les garçons, mais enfin, les filles ne me dégoûtent pas. Et ce serait probablement plus simple d’en trouver. Et puis il me semble que je me sentais différemment garçon avec Lydie qu’avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt; ou Camille, ou même avec le petit &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Chrysanthe&lt;/span&gt;, qui est pourtant si simple, et si accessible. Avec une Lydie, c’est plus sereinement, plus heureusement, que je me sens garçon. C’est paradoxal, puisque c’est à cause de ma mère qu’il m’est si difficile d’accepter ce qu’il y a de viril en moi, parce qu’elle a toujours eu les hommes en horreur. Mais justement, Lydie me faisait très ostensiblement voir le désir que je lui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;inspirais&lt;/span&gt;. Contrairement à ma mère, elle n’était pas dégoûtée par moi. C’est peut-être pour cela qu’il m’était plus facile d’être moi en sa présence&amp;nbsp;: je n’étais plus encombré de ma masculinité devant elle. Mais si c’est à cause de ma mère qu’il m’est si difficile d’être un garçon (il serait d’ailleurs peut-être temps que je dise «&amp;nbsp;être un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;homme&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», ‘‘mais bon’’, je n’en suis pas encore là, je viens à peine de commencer cette analyse avec Tirésias&amp;nbsp;!), pourquoi donc ai-je également tant de mal, le plus souvent, à l’être avec des garçons, justement&amp;nbsp;? C’est ce qui me fait dire que, peut-être, je suis un hétérosexuel refoulé&amp;nbsp;: je ne me permettrais d’aimer les garçons que parce que ma mère, par son dégoût, m’aurait empêché d’aimer les femmes&amp;nbsp;: j’aurais peur de leur inspirer le même dégoût qu’à elle. Enfin, tout cela n’est que pure hypothèse. J’ai tout de même beaucoup de mal à y croire moi-même, tant le goût des garçons est ancré en moi, et tant il m’est cher. Peut-être que je suis bisexuel&amp;nbsp;? J’aurais besoin du désir des filles pour ne plus douter de celui que j’inspire aux garçons&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Samedi 27 décembre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/27/samedi-27-decembre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Ascylte</category>
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<category>Ma soeur</category>
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<pubDate>Sat, 27 Dec 2008 23:59:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’écrivais mardi, au sujet de Polémon, que j’ai d’ailleurs eu l’occasion de connaître un peu plus en profondeur, hier soir, qu’il avait ‘‘fait la pute à Toulouse’’, à une époque. Mais que les gens sont mauvaises langues&amp;nbsp;! Cyrille, l’actuel amoureux de ma sœur, a travaillé pendant un certain temps comme serveur dans un bar de Mont-de-Marsan tenu par un vieux pédé à qui je n’ai jamais adressé la parole de ma vie, même si nous avons eu des connaissances en commun, avec lesquelles il a pu m’arriver d’entrer dans son établissement. J’ai toujours trouvé cet homme antipathique et lui moi. Or j’ai tout récemment appris de la bouche de Cyrille, au cours d’une petite soirée chez ma sœur donnée en l’honneur de Matio, qui se trouvait pour une fois à Mont-de-Marsan (c’était avant-hier), que ce patron de bar avait d’abord tenté de dissuader son employé de sortir avec elle en le prévenant qu’elle était séropositive. Et sans doute pour bien lui faire entendre que ma sœur était d’une famille vraiment peu fréquentable, il avait ajouté que le frère de celle-ci, c’est-à-dire moi, ‘‘faisait la pute à Toulouse’’, cela dit exactement dans les mêmes termes que ceux que j’ai utilisés à propos de Polémon. Comment diable les rumeurs se forment-elles donc, si précises et si vagues, si vraies et si fausses&amp;nbsp;? Sans doute y a-t-il une part de vérité dans toutes les rumeurs, mais pourquoi donc Toulouse, puisque c’est à Bordeaux que j’ai fait mes études&amp;nbsp;? Matio et moi sommes donc allés finir de nous soûler dans le bar de cette langue de vipère (l’un des seuls à être ouverts un vingt-cinq décembre à Mont-de-Marsan), pour lui dire que nous faisions des promotions pour Noël et qu’il pouvait avoir deux putes pour le prix d’une, s’il le souhaitait, ce vieux cochon&amp;nbsp;! Mais nous ne sommes pas restés longtemps dans cet endroit, qui était infesté de gitans, avec qui Matio a d’ailleurs eu des mots, et en espagnol, pour faire plus viril. En sortant du bar, nous avons croisé ce pauvre Trimalcion, qui n’est pas sans charme, finalement, ai-je d’ailleurs pu remarquer, à cette très brève occasion, parce que je n’ai pas pensé à m’arrêter pour le saluer, trop saoul et furieux que j’étais de la gitanerie ambiante. Je crois qu’il me prend pour un fou. Il avait l’air complètement abasourdi de me voir sortir de ce bar, ou peut-être était-il ébloui par ma nouvelle coiffure et par la fraîcheur de mon teint, même en pleine ivresse et si tard&amp;nbsp;! Sans doute allait-il rejoindre le beau Nicandre, qui était à l’intérieur. Je ne serai jamais heureux. Je sais déjà que ce que j’aime en Polémon, c’est qu’il m’aime, me trouve beau et me le dise. «&amp;nbsp;Tu es beau même quand tu as les yeux fermés et que tu dors&amp;nbsp;», me dit-il, sauf que je ne dors pas, bien sûr. «&amp;nbsp;Même quand tu fais la grimace&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Ce que j’aime aussi, c’est qu’il me dise sans doute les mêmes paroles qu’il a tenues à Camille, que Polémon a beaucoup aimé. Au fond, je ne me suis intéressé à lui que par esprit de symétrie et pour rétablir un certain équilibre. Un prétendu ami m’a volé Camille&amp;nbsp;? Il me fallait donc prendre possession d’un amant de ce dernier. Grâce à cela, Camille et moi nous parlons plus facilement désormais&amp;nbsp;: nous nous parlons en égaux. J’ai même pu retrouver une certaine supériorité sur lui, car Polémon, en ne sachant pas tenir sa langue, a réussi à insinuer le doute en Camille, qui soupçonne fort les tromperies d’Ascylte. Camille a bien sûr parlé de ses soupçons au traitre, qui fait donc tout pour l’empêcher de me voir&amp;nbsp;: il craint sans doute que je l’éloigne définitivement de lui. Pourquoi donc cette crainte, se demandera mon lecteur, puisqu’il n’est probablement pas très attaché à lui, s’il le trompe&amp;nbsp;? C’est sans doute parce qu’il n’a encore trouvé personne pour le remplacer, et qu’il ne veut pas aller tout seul ‘‘au ski’’&amp;nbsp;! C’est tout&amp;nbsp;! Peut-être est-ce aussi parce qu’il a peur que j’attende que Camille et lui ne soient plus ensemble pour me venger. Je lui avais dit, en effet, que j’y renonçais non pas par bonté, mais par amour pour Camille, à qui ma vengeance aurait causé de la peine. Même si Ascylte n’a aucun scrupule, même s’il serait sans doute prêt à tout pour se défendre, il a peur, il a peur de moi, parce qu’il ne peut pas être entièrement sûr de remporter la victoire et parce que, finalement, il a bien plus à perdre que moi. Sa peur est manifeste, dans la deuxième grande conversation qu’il a eue avec le personnage que je me suis inventé de petit pédé candide pour le démasquer à Camille. Comme Polémon a parlé à Camille de la première conversation qu’Ascylte avait eue avec mon petit personnage, qui s’appelle Antoine, et que Camille en a parlé à son tour à Ascylte, pour avoir des explications, ce dernier est venu demander lui aussi des explications au pauvre Antoine&amp;nbsp;: il voulait savoir comment Polémon pouvait avoir eu vent de leur conversation. La peur et la mauvaise foi d’Ascylte sont à peine croyables, à moins qu’il ne se joue à son tour de moi, comme m’a fait remarquer Polémon, ce que j’ai pourtant peine à croire. Mais il faut à présent que je recopie ces fameuses conversations, que je publierai sans doute demain, ou dans le courant de la semaine prochaine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Mardi 28 octobre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/28/mardi-28-octobre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2008</category>
<category>Bandit</category>
<category>Camille</category>
<category>Damis</category>
<category>Féliciane</category>
<category>Journal</category>
<category>Nicandre</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Trimalcion</category>
<category>Violette</category>
<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 23:04:16 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; C’était presque prévisible. L’appartement qui doit être attribué à Camille n’est pas encore disponible, parce qu’il faut d’abord y faire des travaux, pour réparer les dégâts qu’y a faits l’ancien locataire, qui était probablement un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;jeune&lt;/em&gt; ou un étranger, comme sont tous ces ‘‘cas sociaux’’ qu’on couvre d’aides et d’or, autant dire des barbares, des vandales&amp;nbsp;! Camille est sorti promener sa chienne, qui pisse partout dans la maison. Ces promenades durent généralement fort longtemps. Je ne crois pas l’avoir encore dit dans ce journal, mais Camille est un grand marcheur. Il peut se promener pendant des heures, la nuit, pour se ‘‘vider la tête’’ comme il dit, c’est-à-dire sans doute pour penser, ce qui le rattache à tout une tradition qu’il ignore. Il connaît la plupart des rues d’Aire-sur-l’Adour, ou il a vécu quelques mois, et déjà presque toutes celles de Mont-de-Marsan, alors que je ne dois pas en connaître le dixième, prisonnier que je suis, depuis tant d’années, des itinéraires qui me sont familiers, à cause de ma névrose phobique. Mais je sais aussi, pour l’avoir accompagné un soir, avec la chienne Pélagie, qu’il rend visite à ses connaissances, lorsqu’il passe devant leur porte et qu’il n’est pas trop tard, comme par exemple à cette famille que j’évoquais hier, qui est d’une vulgarité que je croyais n’exister que dans les œuvres de fiction&amp;nbsp;! Cela dit, cette famille est aussi foncièrement gentille et, finalement, sympathique, qu’elle est sale et grossière. Et puis il y a chez ces gens un adorable chiot qui s’appelle Bandit et avec qui la chienne Pélagie s’entend très bien. Cette dernière est également devenue très amie avec Violette, qui reste encore un peu distante, très grande dame&amp;nbsp;: elle ne ressemble pas du tout à son maître, qui n’est jamais qu’un cul-terreux avec un joli minois. Celui-ci a croisé &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt;, cet après-midi, et s’est étonné d’apprendre, en parlant avec lui, qu’il connaissait aussi &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt;, qui passait d’ailleurs par là, et cette &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Féliciane&lt;/span&gt; qui est une lesbienne de ses amies. On s’imagine toujours que, parce qu’il est contraint de travailler la nuit dans sa boulangerie et de dormir quand il fait jour, ce pauvre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt; ne connaît personne. Au contraire, c’est un habitué de la rocade, ce baisodrome à ciel ouvert, par où passent tous les mâles de ce petit monde, qui sont donc sans doute aussi tous passés par le cul de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt;. Tout le monde l’a connu, même moi&amp;nbsp;! &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt; a dit à Camille que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt; avait quitté la ville. Il vit désormais à Bordeaux, chez son nouvel amant, qui est bien à plaindre, à mon avis, sans doute autant que je le suis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Jeudi 9 octobre 2008</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/10/10/jeudi-9-octobre-2008.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Camille</category>
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<category>Nicandre</category>
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<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 01:03:39 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je craignais tellement une trahison de Camille qu’il me semblait trouver des raisons de la soupçonner dans tous les propos qu’il me tenait. J’en étais arrivé au point que je désirais presque en avoir une preuve, pour me sortir enfin des sables mouvants du doute où je me sentais étouffer. Car je trouve plus doux de me noyer dans mes larmes que de connaître la suffocation de l’incertitude, ce rien qui devient tout, ce vide qui prend la place de tout l’air dans la poitrine. Je m’en suis donc allé à la recherche de cette preuve, avant-hier soir, en me rendant sur un site de rencontre que je savais &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;fréquenté&lt;/span&gt; par Camille. Je l’y ai facilement retrouvé, malgré le changement de son pseudonyme. Je fus sûr qu’il s’agissait bien de lui quand il me donna son adresse électronique pour continuer notre conversation sur MSN. Je m’étais quant à moi créé une nouvelle adresse, une fausse identité pour l’occasion. J’appris ainsi que Camille cherchait un nouvel amoureux, qui le servît &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;durablement&lt;/em&gt;. ‘‘Durablement’’, c’est le grand mot des Camille, qui ne veulent pas qu’on les prenne pour des marie-couche-toi-là&amp;nbsp;! Quand je lui ai demandé pour quelle raison il n’était plus avec son ancien ami, il m’a répondu qu’il ne savait pas pourquoi, comme il m’avait dit, quelques jours plus tôt, qu’il ne savait pas si c’était vraiment ce qu’il voulait, mais qu’il valait mieux nous séparer. J’ai cru que j’allais mourir en l’entendant me demander si j’avais des animaux. Je le reconnaissais tellement dans cette question&amp;nbsp;! Tout lui semblait contenir dans cette simple préoccupation. Les animaux tiennent une telle place dans sa jeune vie, une place bien plus grande que celle que j’occuperai jamais dans son cœur&amp;nbsp;! Avait-il donc déjà oublié la chienne Pélagie, témoin de nos amours, qui portait sa couleur, le soir de notre rencontre&amp;nbsp;? J’ai fait croire à Camille que je ne cherchais quant à moi que des relations d’une nuit, espérant ainsi l’effrayer et lui faire mettre un terme à notre conversation. Au contraire, il accepta de me rencontrer le soir même&amp;nbsp;! J’apprenais donc que son père lui avait rendu sa liberté, si vraiment il la lui a prise un jour, et qu’il préférait en jouir pour rencontrer des inconnus plutôt que moi&amp;nbsp;! Je lui ai ensuite donné rendez-vous sur un parking de Mont-de-Marsan où, bien sûr, je ne me suis pas rendu&amp;nbsp;: je n’avais pas besoin de plus de preuves de la trahison de Camille. Je me suis contenté de lui écrire une lettre hier matin, dans laquelle je lui demandais si sa rencontre de la veille avec ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; pour lequel je m’étais fait passer s’était déroulée aussi bien qu’il l’avait espéré. Sa réponse me surprit. Après m’avoir dit toute la colère qu’il avait contre moi, qui aurais dû savoir d’autant mieux ce que c’était que d’être abusé de la sorte, prétendait-il, que je lui avais moi-même raconté, lors de son séjour à l’hôpital,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/06/14/samedi-14-juin-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’avoir été pareillement de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, Camille me jura qu’il était innocent, qu’il n’était pas allé au rendez-vous, qu’il m’avait d’ailleurs reconnu dès la veille dans ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; inventé et qu’il avait voulu voir si je finirais par me démasquer. Il ne comprenait pas que je ne lui reprochais pas de m’avoir trompé, mais d’en avoir eu l’intention. Car il ne pouvait pas m’avoir déjà reconnu lorsqu’il confia à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; qu’il cherchait un amant pour l’aimer durablement. Or nous nous étions séparés, quelques jours plutôt, dans l’espoir de mieux nous retrouver ensuite&amp;nbsp;! Je n’en reviens toujours pas de trouver autant de fausseté dans le cœur d’un être aussi simple que Camille. C’est à désespérer du genre humain. D’un autre côté, je ne suis pas loin d’être attendri par les explications désespérées et désespérantes de ce pauvre grand enfant, qui ment comme mentent tous les enfants, c’est-à-dire comme il respire. Mais le plus terrible n’est pas là. Ce qui m’achève, c’est la pensée que ce chien de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Trimalcion&lt;/span&gt;, cette créature atroce, cette hyène hideuse, basse du cul, à peine pourvue d’une queue, mais dont les oreilles toutes rondes entendent tout, se repaîtra de ma déconvenue. Lui qui n’aura jamais la chance de connaître autant qu’il voudrait les Camille et les &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicandre&lt;/span&gt;, il doit se contenter de regarder un Olivier les dévorer de ses baisers, pour pouvoir se jeter ensuite sur les miettes qu’il reste de lui quand il les a perdus. Il se contente fort bien de ce régime. Je le vois déjà repu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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