29/10/2009

Mercredi 28 octobre 2009

            « Valérie, Olivier. Vois ces deux initiales : / L’une à l’autre accouplée, et voici qu’apparaît, / Ainsi qu’au cinéma sur un drap le reflet, / Le nom de mon amour : Version Originale. » Je ne sais pourquoi, tout à l’heure, en écoutant ce morceau d’un chanteur que m’avait fait découvrir la Valérie de ce piètre quatrain, dont j’étais chastement épris, à l’époque, je ne pouvais m’empêcher de penser à Callias. (Il est vrai que je pense un peu trop souvent à lui ces temps-ci.) Puis je me suis souvenu que le nom patronymique de Valérie, qui m’était sorti de l’esprit, était le même que celui de Callias. Même si c’était en toute chasteté, j’avais été sincèrement amoureux de Valérie. Je ne cessais d’imaginer de nouvelles façons de lui rendre hommage, sans jamais craindre le ridicule, comme un enfant. J’avais même réussi à faire croire à tout le monde, un jour, que j’avais cueilli une rose blanche de derrière son oreille. Aujourd’hui encore, je me demande comment j’avais réussi ce tour, auquel tous les témoins s’étaient laissé prendre. J’aimais Valérie comme on aime une vierge, comme Hippolyte, peut-être, aima la sauvage Artémis. Vierge est d’ailleurs l’épithète que je lui avais donnée dans la Ballade de mes petites amoureuses. (Beauté virginale de Callias ? Qu’il m’intimide tellement parce qu’il est une Artémis, comme Valérie, comme Sandrine F*** ? Il porte à son cou la menace du sort qui fut fait à Actéon : les suçons que lui fait son amant, qui sont pour moi des morsures. Callias m’a dit l’autre soir (j’avais oublié de le noter dans ce journal), sur le ton de la plaisanterie (mais il l’a dit tout de même…), que si je continuais à lui tourner ainsi autour (ce qu’il avait donc bien remarqué), il le rapporterait à son amant, qui viendrait me ‘‘casser la gueule’’. Se peut-il qu’il y ait un lien de parenté entre Callias et Valérie ? J’ai dit que Callias était le frère d’une célébrité locale, au sujet de laquelle j’ai encore lu, tout récemment, un article dans le journal. Peu après avoir relevé ce lien de parenté dans mon blogue, je me suis aperçu que le nom dudit frère avait disparu du ‘‘mur’’ de Callias, sur Facebook, dont l’une des indispensables fonctionnalités est justement de pouvoir dire de qui  l’on est le frère ou la sœur. Je me suis demandé si ce dernier avait fait exprès de l’effacer. Etait-ce son frère qui lui avait demandé de le faire disparaître, parce qu’il ne voulait pas être associé à quelqu’un d’efféminé ? Cette disparition était-elle seulement liée aux récents changements opérés sur le site Facebook et qui n’ont pas été sans occasionner quelques bugs ? Je suis même allé jusqu’à imaginer que Callias avait lu mon journal, et que la gêne qu’il avait peut-être éprouvée en trouvant le nom de son frère dans ma prose l’avait poussé à le retirer de son ‘‘mur’’, pour effacer les traces. C’est dire si je suis déjà gravement atteint… Il n’est pas normal que je pense tellement à lui, que je me pose autant de questions, que sa pensée me fasse faire autant d’associations d’idées. D’ailleurs, ce ne sont pas des associations, ce sont des fantasmes. A l’heure où j’écris ces lignes, le nom du frère est miraculeusement réapparu sur Facebook. Lorsque Callias m’avait dit qu’il était le frère de quelqu’un d’assez connu dans le monde de la tauromachie (qui est ici, avec celui du rugby, presque tout le monde), ç’avait été sur un ton particulier, légèrement méprisant, comme s’il y avait de réelles tensions entre les deux garçons, comme s’ils n’approuvaient pas leurs modes de vie respectifs. D’ailleurs, toujours sur Facebook, Callias écrit qu’il aime toutes les ‘‘musiques’’, « sauf le métal (qu’est-ce donc ?) et les musiques de férias ». (A chaque fois qu’un garçon qui veut apprendre à me connaître davantage me demande quel est le genre de musique que j’aime, je ne puis m’empêcher de penser que je suis foutu, que je n’ai aucune chance, qu’il ne pourra rien y avoir de sérieux entre nous. Je ne sais jamais quoi répondre à sa question, non seulement parce que je ne suis pas assez versé dans la petite musique pour en connaître tous les genres, mais surtout parce que la néfaste lecture de Renaud Camus m’a fait prendre le parti, pourtant intenable dans le milieu complètement décervelé qui est le mien, de dire, par bravade, la musique tout court où le garçon qui m’interroge dirait comiquement la grande musique ou la musique classique. « Et toi alors, me demande le joli garçon, quelle musique aimes-tu ? – Comment ça, quelle musique j’aime ? J’aime la musique, voilà tout ! – Oui, mais quelle musique ? – Eh bien la musique ! » J’ai généralement l’air d’un fou, dans ces moments-là, ou de quelqu’un qui se moque. D’ailleurs je ne suis pas bien sûr, rinaldo-camusiennement parlant, que ce soit tout à fait la musique que j’aime. J’aime surtout cette partie de la musique ancienne, de la Renaissance et du Moyen Age, qui est essentiellement de la chanson. Evidemment, mes termes sont fort imprécis : ce sont ceux d’un inculte, car je ne suis guère plus savant en grande qu’en petite musique. N’est-ce pas sous la plume de Camus (mais je n’en jurerais pas, d’autant qu’il citait peut-être quelqu’un d’autre) que j’ai lu cette phrase que je cite à mon tour de mémoire, et sans doute fort imparfaitement : « La musique baroque, n’est-ce pas la musique qu’aiment ceux qui n’aiment pas la musique ? » ? Alors la musique de la Renaissance ou du Moyen Age…) Callias ne porte pas le même nom patronymique que ses frères, qui ne sont que des demi-frères. Il est le fils d’un autre père. Cela, plus le fait qu’il ne s’entende (peut-être) pas avec son frère célèbre, me fait croire (je dis bien croire, car je ne fais que supposer tout ce que j’écris, et encore, supposer est trop dire, je fantasme, voilà tout) qu’il est possible que Callias ait manqué d’un frère, ce qui me semble avoir été toujours aussi mon cas. L’attirance que j’ai pour Callias n’est pas tellement sexuelle : mais je me verrais bien devenir son ‘‘grand’’ frère, comme il ne faudrait pas dire dans un texte où Renaud Camus vient d’être évoqué. Cela dit, si Callias avait été mon frère, je ne sais pas si je l’aurais aimé comme un frère. Sans doute l’aurais-je aimé comme j’aime les garçons, l’inceste étant, dans mon ‘‘système’’, la quintessence de l’homosexualité. Mais peut-être aurait-il été le seul garçon que j’aurais aimé comme j’aime aujourd’hui les garçons. Parce que j’aurais trouvé en lui ce que je ne trouverai jamais entièrement auprès des autres garçons, c’est à savoir un frère, j’aurais pu, outre lui, me consacrer à l’amour des filles. J’ai appris qu’il se préparait au Brésil un film consacré à deux frères qui s’aiment plus qu’ils ne devraient, ou d’une façon qui n’est pas permise, bref, qui ont l’un pour l’autre, autant le dire, un amour incestueux. Je suis très curieux de voir ce film, s’il est un jour projeté sur les écrans. (Inutile de dire à mes délateurs et aux procureurs et policiers qui, les ayant écoutés, viendraient surveiller ce blogue, que je réprouve et condamne l’inceste avec autant de force que la prostitution ! Et, s’il a pu m’arriver de donner l’impression, dans ces pages, d’être tenté par l’un et l’autre, ou même d’avoir cédé à la tentation, je tiens à l’écrire de nouveau : je ne dirai jamais assez combien je me désapprouve et condamne, oh là là, non, jamais assez !) Le désordre du texte de ce jour sera sans doute la matière de ma séance demain chez Tirésias. Beaucoup d’éléments relatifs à Callias font remonter en moi de ces choses enfouies dont parle Tirésias, comme ç’avait déjà été le cas avec Camille, qu’il y aura tout juste un an, le deux novembre, qui m’a quitté. Camille, roux comme Sandrine F*** ; Callias, ‘‘vierge’’ comme Valérie. Callias me sera-t-il un second Camille ? Comme je le souhaiterais ! Pourvu que non !

01:40 Publié dans 2009, Callias, Camille, Journal, Musique et/ou musiquette, Renaud Camus, Sandrine F***, Tirésias, Valérie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

01/10/2009

Mercredi 30 septembre 2009

            J’ai revu cet après-midi le jeune dieu tutélaire de la bibliothèque, jambes nues encore, jusqu’aux genoux, dont le soleil déjà bas illuminait sous la table de lecture la rondeur encore juvénile. Il m’a regardé plusieurs fois. N’arrivant plus à lire, j’ai tenté d’écrire ce mauvais distique : Revu, tout de lumière et d’or éclaboussé, / Des livres le garçon : ses cheveux ont poussé. « Mon pauvre cœur souspire incessament. »

04:04 Publié dans 2009, Distiques, Journal, Musique et/ou musiquette, Rimes et vers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note