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<title>Un jardin d'Adonis - ma-soeur</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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<title>Mercredi 2 décembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 02:29:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier&amp;nbsp;: anniversaire de ma mère, qu’il a fallu inviter au restaurant. Dans ma famille, nous naissons à des dates symboliques, pour ne pas dire fatidiques. Ainsi l’anniversaire de ma sœur tombe-t-il le quatorze juillet&amp;nbsp;; le mien le deux novembre&amp;nbsp;; si bien que, tandis que ma sœur avait droit aux feux d’artifice pour sa fête, je me contentais des fleurs des tombes. Quant à ma mère, elle est née un jour qui est devenu depuis celui de la foire au Sida. Il n’y a pas de hasard. Sans doute la Providence a-t-elle voulu lui rappeler chaque année la grande part de responsabilité qu’elle avait dans la contamination de ma sœur. Si, d’après cette dernière, c’est à cause de sa mère (qui le traita toujours comme s’il n’était qu’hémophile et non pas également sidéen) que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; fut à ce point dans le déni de sa maladie, qu’il cacha donc à Julie, jusqu’à ce qu’elle se découvre un jour contaminée, l’inconscience de celle-ci fut, à l’évidence, encouragée par notre propre mère, qui l’exhortait à ne pas tenir compte de la rumeur selon laquelle le garçon était séropositif. Car dans ma famille, non seulement nous ne naissons pas à des dates ordinaires, mais encore mettons-nous un point d’honneur à ne pas partager le sens commun (qui nous paraît sans doute trop vulgaire), quitte à en perdre tout bon sens. C’est la raison pour laquelle, plutôt que d’ajouter foi à ce qui se peut dire sur eux, à ce dont on les suspecte, aux mauvaises intentions qu’on leur prête, nous laissons des &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; nous empoisonner le sang ou des Cyrille détourner nos biens, pervertis que nous sommes par l’éducation que nous a donnée une mère complètement folle et qui, depuis, ne trouve plus paradoxal de détester néanmoins un Cyrille et toute sa famille, pour les raisons même que son enseignement nous incitait naguère encore à les aimer&amp;nbsp;: lorsque j’étais enfant, ma mère était par exemple très fière de me savoir, à l’école, le seul ami d’une gitane plus vieille que moi de cinq bonnes années, incroyablement insolente, bagarreuse et probablement voleuse. Ce qui faisait sa fierté, c’était que je ne partageasse pas les mêmes aversions, pourtant légitimes, que mes petits camarades de classe. Une folle, disais-je&amp;nbsp;! C’est sans doute encore à cause de cette éducation (du moins en partie) que j’ai pu me laisser aller à tellement vouloir prendre sous mon aile le pauvre Camille, qui serait sans doute ce qui se fait de plus véreux et gâté en matière de garçons, n’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui me le vola, et avec qui je n’ai toujours pas réussi à couper entièrement les ponts, sans doute encore pour les mêmes raisons. Julie nous a appris sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;, lors du dîner que nous avons offert à notre mère hier soir, quelque chose qui m’a fait tomber des nues et qui, pourtant, avec le recul, me semble une évidence. Longtemps nous avions cru que le grand train que menait celui-ci lui était rendu possible par l’argent de l’indemnité qu’il avait reçue en compensation de sa contamination. S’il est bien vrai qu’il fut indemnisé, c’est à son activité de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; devait d’être si magnifique. J’avais toujours trouvé que la foule qui fréquentait la maison que ma mère lui louait était anormalement nombreuse et systématiquement de mauvais genre. Je savais bien que tous ces gens se droguaient, mais jamais il ne m’était venu à l’esprit que c’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; qui leur vendait leur drogue (du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;shit&lt;/em&gt; ou de l’‘‘herbe’’ uniquement, car il était un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; qui prétendait avoir des principes (nous a rapporté Julie), c’est à savoir, en l’occurrence, qu’il refusait de vendre de la cocaïne ou d’autres drogues réputées, à tort ou à raison, plus dangereuses…). Il paraît que son cousin (car le cousin s’adonnait au même genre de commerce) fut&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’homme les plus heureux du monde lorsque des paquets entiers de drogue s’échouèrent comme par miracle, il y a quelques années, sur les plages des Landes, à moins que ce ne fût du Pays Basque. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; et lui eurent la peur de leur vie lorsqu’une de leurs connaissances communes, qui était dans la même branche qu’eux, fut arrêtée par la police à cause de son trafic. Ils cessèrent alors &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;de fréquenter&lt;/span&gt; personne pendant un assez long temps. Je ne sais où ils en sont aujourd’hui de leurs activités. (Inutile d’écrire que je réprouve non seulement le commerce de la drogue, mais même sa seule consommation. Cela va d’autant plus sans dire qu’ils sont justement le fait de types comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;. Moi qui suis respectueux des lois, je me contente parfaitement des litres de vodka et surtout de vin que le bel Ascagne veut bien me servir dans son bar, et en toute légalité, lui, au moins. J’ai d’ailleurs passé la fin de la soirée d’hier avec lui, n’ayant pas trouvé l’insatiable &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; à son domicile, où j’avais espéré le rejoindre après le dîner. (Sans doute était-il encore à la rocade, même s’il pleuvait, je m’en avise à présent…)&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il n’y avait pas foule chez Ascagne, et je l’avais donc à peu près pour moi seul, car Osman, qui a fait une apparition vers minuit, n’est pas resté bien longtemps. (Il m’a confié qu’il n’avait plus lu mon journal depuis le mois de juillet et que c’était donc pour plaisanter qu’il avait jusqu’alors prétendu continuer à le faire. En revanche, il avait récemment &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatté&lt;/em&gt; avec le terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui lui aurait dit qu’il me détestait, à cause de ce que j’avais écrit sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; et lui dans ce blogue. J’ai eu l’occasion de revoir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, il y a quelque temps, et je dois dire que je ne m’étais pas alors avisé de la détestation que je lui inspire désormais. Il est vrai que j’étais probablement soûl, ce soir-là, et que mon état ne me permettait donc pas d’interpréter avec beaucoup de bonheur les signes qui pouvaient m’être envoyés par les uns et les autres, moi qui le fais déjà si mal quand je suis sobre. Ascagne, qui a toujours une oreille qui traîne, comme tous les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;barmen&lt;/em&gt;, sais donc probablement désormais que je tiens un blogue sur Internet. (Voulait-il me faire comprendre qu’il n’aimerait pas savoir que je parle de lui dans ce journal quand il m’a dit qu’il n’aimait pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour ce que c’était à ses yeux un site où la vie privée était constamment violée&amp;nbsp;?) &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Eryximaque&lt;/span&gt;, une autre des connaissances que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; voudrait me refourguer, a lui aussi entendu parler de ce journal. Quand je lui ai proposé de venir dîner un soir chez moi, il m’a répondu, un peu cavalièrement, tout de même, qu’il ne voulait pas figurer dans mon tableau de chasse ni que d’autres l’apprennent dans ce blogue. J’avais cru que c’était lui qui me tournait autour. J’avais apparemment encore fort mal interprété les signes. Pourquoi donc m’avait-il invité à dîner chez lui, l’autre jour, avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il demandé mon numéro de téléphone&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il écrit tous ces SMS&amp;nbsp;? Mystère&amp;nbsp;! Passons.) J’étais heureux d’entendre mon barman préféré me raconter un peu sa vie. J’avais l’impression d’avoir de l’importance pour lui, d’être son confident. Nous restions de longs instants à nous regarder dans les yeux, qu’il a très beaux, et j’essayais de relever de quel côté il finissait par détourner le regard, pour savoir s’il se pouvait qu’il fût attiré par moi, comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cyrnos&lt;/span&gt;, un ami de ma sœur, prétend qu’on peut le deviner. Hélas, je ne me rappelais plus s’il aurait fallu qu’il tournât les yeux vers la gauche ou vers la droite… Et quand j’étais le premier à vouloir les détourner, je ne savais plus trop dans quelle direction le faire, de peur de révéler mes intentions, si jamais Ascagne avait entendu parler lui aussi de la théorie des regards insoutenables. Avec deux autres habitués, je suis encore resté une heure après la fermeture de l’endroit. Ascagne m’a alors demandé où j’habitais, ou plutôt s’il était vrai que j’habitais non loin de chez l’amant du sublime Callias. Comment pouvait-il savoir cela&amp;nbsp;? Sans doute Callias le lui avait-il dit. Cela veut donc dire qu’il arrive aux deux garçons de parler de moi en mon absence. Mais pourquoi le font-ils&amp;nbsp;? Est-ce à dire que l’un des deux au moins est intéressé par moi&amp;nbsp;? Je ne mens vraiment pas lorsque je dis que je suis incapable d’interpréter les signes. D’ailleurs, quelle interprétation faut-il donner à cet autre fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, que j’avais salué plus tôt dans la soirée en l’apercevant à une autre table du restaurant, ait éprouvé le besoin (alors qu’il m’a fait tout récemment comprendre que je ne l’intéressait ni sexuellement, ni sentimentalement) de dire à Ascagne qu’il m’y avait vu à l’heure du dîner&amp;nbsp;? Comme il avait croisé ma sœur dans l’après-midi, Ascagne se vantait de savoir presque tout de la soirée que j’avais passée avant d’arriver dans son bar. «&amp;nbsp;Alors, m’avait-il demandé à peine la porte refermée derrière moi, comment s’est passé l’anniversaire de ta mère&amp;nbsp;? Avez-vous bien dîné dans tel restaurant&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Etaient-ce des paroles anodines ou leur but était-il de me faire entendre qu’Ascagne avait de la curiosité pour moi&amp;nbsp;? Je ne sais.) Je me demande si le bel &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Equalis&lt;/span&gt;, dont l’haleine chargée n’est pas sans évoquer les substances dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; faisait commerce, était un client de celui-ci. Ma sœur m’a dit qu’elle avait bien remarqué, lors de la dernière soirée où nous sommes tombés sur lui, que nous nous étions beaucoup rapprochés l’un de l’autre, lui et moi, tellement qu’elle avait cru que nous finirions la nuit ensemble, ce que je n’avais pas été loin de croire moi-même, d’autant qu’il m’avait fait l’aveu, cette fois, qu’il n’était en effet pas sûr de ne pas aimer également les garçons pour d’autres raisons que purement sexuelles. Mais la rencontre dans je ne sais plus quelle boîte de nuit du sieur Alfred, l’ancien très grand ami auquel il avait volé ma sœur, a fini par le faire fuir. De toute façon, je crois que je n’aurais pas osé coucher avec un ancien amant de celle-ci, encore que j’aie cru comprendre qu’elle m’en avait donné la permission.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vendredi 27 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 03:24:19 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Voici le compte rendu de ma trente-deuxième séance chez Tirésias, qui a eu lieu mardi dernier. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; m’a écrit tout récemment sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour me dire de ne pas me faire d’illusions&amp;nbsp;: nous ne serions rien de plus que des amis. Il aimait parler avec moi, mais c’était tout. J’en ai été d’autant plus surpris que je trouve quant à moi nos conversations souverainement ennuyeuses. Mais surtout, j’avais sincèrement cru que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; était attiré par moi. Certains des ses regards me l’avaient fait penser. Même ma sœur Julie me disait qu’il ne semblait pas être insensible à mon charme. Si je ne me sens pas très affecté par cette déconvenue (ce qui est indubitablement le signe que je vais mieux, à moins que le fait d’avoir déjà couché avec lui, il y a un peu moins d’un an, ne me soit une consolation suffisante), le constat qu’il me faut bien faire de l’incapacité totale où je suis de reconnaître et d’interpréter les signes qu’on m’envoie me désole. Il est peu vraisemblable que je sois un meilleur interprète des signes que m’envoient les autres garçons, par exemple le sublime Callias, auprès de qui je pressens qu’une déconvenue, pourtant courue d’avance, m’affecterait beaucoup plus. «&amp;nbsp;Attendez de pouvoir comparer, me dit Tirésias. A force de garçons, vous finirez bien par les reconnaître, tous ces signes.&amp;nbsp;» Ouais… J’ai reparlé avec ma sœur Laura du mauvais coup que lui avait fait mon père. Si elle a fini par se réconcilier avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Sabylinthe&lt;/span&gt;, elle est toujours aussi furieuse contre son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;géniteur&lt;/em&gt;, comme elle l’a appelé sur ‘‘son &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;’’. Ce dernier est tellement égoïste, me dit Laura, qu’elle ne serait pas étonnée qu’il ne se soit pas seulement aperçu qu’elle avait rompu avec lui, ce qui lui ressemble en effet beaucoup… Eh là, tiens-toi bien, mon blond lecteur, voici ce que m’a dit Tirésias&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Oui, très bien. Vous voyez qu’il faut laisser libre cours à votre parole, lors de nos séances, et les associations se font d’elles-mêmes. (Je me demandais bien quel rapport il pouvait y avoir entre ce que j’avais raconté sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; et ce que sur ma sœur et mon père…) Votre père est trop égoïste, a poursuivi Tirésias, pour voir votre sœur, comme vous n’avez pas été capable de voir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, puisque vous n’avez pas su voir quelles étaient ses véritables intentions&amp;nbsp;! (Ce que Tirésias disait là ne devait pas être complètement faux, parce que, en l’entendant, j’ai senti mon cœur battre plus vite.) Cela est d’autant plus problématique, pour vous, que votre père est à vos yeux l’anti-modèle par excellence. – Oui, vous avez peut-être raison. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, je me suis encore une fois disputé, cette semaine, avec ma mère. Je m’étais très soudainement emporté contre elle à cause d’une remarque injuste qu’elle m’avait faite (mais que la remarque fût injuste n’a guère d’importance, car toutes les remarques qu’elle fait me mettent hors de moi.) Rancunière, ma mère est restée longtemps sans plus m’adresser la parole. Plus tard, je lui ai demandé pourquoi elle ne me parlait plus. Elle a répondu qu’elle ne voulait pas déchaîner de nouveau ma colère en disant quelque chose qui me déplairait. J’ai eu l’impression, en l’entendant, qu’elle pensait, à part soi, que je ressemblais à mon père par la soudaineté des colères que je pouvais avoir. Mais j’ai trouvé cette pensée que je lui prêtais contrariante et injuste&amp;nbsp;: contrariante, parce qu’il me déplaît fort, en effet, de ressembler à mon père, et injuste, parce que, s’il est vrai que nos colère peuvent être très soudaines, les miennes sont sans violence. Mon père hausse la voix, fait de grands gestes terrifiants, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;parle avec son corps&lt;/em&gt;, se montre sciemment menaçant&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;; alors que mes colères à moi son purement verbales. Mon père est violent&amp;nbsp;; je suis méprisant. Mais ma mère adopte apparemment dans les deux cas le même système de défense&amp;nbsp;: elle se soumet pour éviter le déclenchement de la colère.&amp;nbsp;» Je n’y pense qu’au moment d’écrire ces lignes&amp;nbsp;: si ma mère se protège de moi de la même façon qu’elle faisait de mon père, c’est donc qu’elle continue de penser que tous les hommes se valent, c’est-à-dire qu’ils sont comme lui et que, moi, je ne vaux pas mieux que lui, ce qu’elle m’a toujours fait ressentir. Mais si, durant mon enfance et mon adolescence, elle me le faisait ressentir dans le but de me modeler à l’image qu’elle voulait (c’est-à-dire dans le but de faire de moi un émasculé), elle semble désormais avoir renoncé à son projet, qu’elle a pourtant presque entièrement réussi, puisque c’est en grande partie à cause d’elle que je m’estime si… si… si comme je suis&amp;nbsp;! Elle voit apparemment en moi un homme aussi terrifiant pour elle que le serait n’importe quel autre homme, c’est-à-dire aussi terrifiant que mon père. C’est à la fois pour moi une victoire et une défaite. Victoire, parce que ma mère n’a pas réussi à faire de moi ce qu’elle aurait voulu. Défaite, parce qu’elle continue de voir en moi ce que je ne suis pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 26 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Sabylinthe</category>
<category>Stéphanie</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 16:50:47 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Voici donc enfin la relation de ma trente et unième séance chez Tirésias&amp;nbsp;: Ma sœur Laura m’avait rapporté quelques jours plus tôt la traîtrise de notre père. L’été dernier, elle l’avait accompagné en Tunisie pour son inspection des travaux d’une maison qu’il fait construire dans ce pays. L’ami qui lui avait proposé cette bonne affaire n’est autre que le père de Sabylinthe, le garçon dont elle s’était alors éprise et qui n’était apparemment pas qu’une amourette de vacances, puisque Laura a continué à le voir une fois rentrée en France. Le garçon vit avec sa mère (une Allemande) à Paris, où il travaille avec mon père, sur la recommandation du sien, que ses affaires retiennent en Tunisie, dont il est natif. Les parents de Sabylinthe sont séparés de fait, même s’ils ne sont pas divorcés. Bien qu’elle partage déjà la vie de quelqu’un, Laura rend visite au garçon aussi souvent qu’elle le peut. Elle a l’intention de quitter bientôt Nice pour reprendre ses études à Paris et s’installer à cette occasion avec Sabylinthe. J’imagine que c’est alors qu’elle quittera son amant ‘‘officiel’’. Quant à l’‘‘officieux’’, il est bien sûr informé de la situation actuelle de ma sœur. Il se trouve que le père de Sabylinthe n’aime pas du tout Laura. Elle avait découvert, lors de son séjour en Tunisie, que celui-ci avait une maîtresse. Sans doute craint-il qu’elle en fasse la révélation à sa femme, dont il ne veut pas divorcer (contre la volonté de l’intéressée), probablement parce qu’il a en France des affaires au nom de celle-ci&amp;nbsp;: je crois savoir, par exemple, qu’il refuse de payer certaines dettes à cause desquelles cette dame, qui voudrait retourner s’installer en Allemagne, doit rester en France pour l’instant. Je ne connais pas le père de Sabylinthe, que je n’ai jamais rencontré, mais tout ce que j’ai entendu dire sur lui me fait penser qu’il est ce qu’on appelle un personnage douteux. Un jour, Sabylinthe a révélé à ma sœur que son père avait confié à sa femme que notre père lui avait dit que Laura était une fille &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;vénale&lt;/em&gt; et une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;mangeuse d’hommes&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! Sans doute, pensait alors Laura, le père de Sabylinthe avait-il inventé cela pour monter contre elle son fils et sa femme, pour la raison que j’ai dite. Quelques jours plus tard, Sabylinthe a téléphoné à son père, pour lui dire qu’il avait décidé de quitter la maison familiale et qu’il souhaitait que celui-ci se décide enfin à payer les dettes à cause desquelles sa mère était retenue en France&amp;nbsp;; ce qu’apprenant, le père est aussitôt rentré à Paris. Le lendemain de son arrivée, Laura a reçu un coup de téléphone de notre père. Elle a immédiatement senti, m’a-t-elle confié, que quelque chose n’allait pas. Sa voix était différente. Il s’est permis de lui faire la morale et de lui demander de cesser de tromper son amant de Nice (ce qui est vraiment un comble (mes deux sœurs et moi sommes entièrement d’accord sur ce point), venant d’un homme tel que notre père, qui n’a jamais cessé de tromper toutes ses femmes, de ma mère jusqu’à celle dont il partage actuellement la vie). Il exigeait que Laura vînt au plus vite à Paris, pour qu’une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;explication&lt;/em&gt; puisse avoir lieu entre Sabylinthe, son père et le nôtre&amp;nbsp;! Elle a refusé. Après avoir raccroché, elle a téléphoné à Sabylinthe, pour lui demander d’essayer de savoir où était alors son père, car le soupçon lui était venu qu’il pouvait fort bien se trouver avec le nôtre au moment de son appel téléphonique, ce qui aurait pu expliquer la drôle de voix qu’il avait eue pendant leur conversation. Sabylinthe devait la rappeler aussitôt après, pour lui dire ce qu’il en était. Il ne le fit pas. C’est Laura qui finit par lui téléphoner, le soir venu.&amp;nbsp;Lui répondit un Sabylinthe hors de lui. Il savait tout, prétendait-il, son père l’avait éclairé&amp;nbsp;: elle n’était qu’une menteuse, qui n’avait cherché qu’à lui ‘‘pomper son fric’’, à lui ‘‘baiser la gueule’’ et qui n’avait jamais eu l’intention de s’installer à Paris avec lui&amp;nbsp;! Laura tenta bien de lui faire comprendre que son père lui avait menti, mais Sabylinthe ne voulait rien entendre. Si vraiment Laura n’était pas une menteuse, disait-il, elle devait venir à Paris pour une confrontation, ce qu’ayant refusé catégoriquement, elle s’entendit traiter de lâche. Fin de la conversation. Puis elle n’eut plus de nouvelles du garçon pendant plusieurs jours. A l’évidence, les deux pères avaient manœuvré pour détourner Sabylinthe de Laura. A cause de cette traitrise, celle-ci a décidé de couper les ponts avec notre père. Bien que j’aie toujours cru qu’elle avait eu avec ce dernier une ‘‘relation privilégiée’’, Laura m’a confié qu’elle avait depuis longtemps de nombreux griefs contre lui. Cette traitrise était la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On la comprend… Ce qu’on comprend beaucoup moins, c’est ce qui a pu pousser notre père, qui n’est pourtant pas quelqu’un qui se laisse facilement influencer, à commettre une telle trahison. Nous ne voyons qu’une explication qui se tienne&amp;nbsp;: c’est que l’affaire de Tunisie n’était pas si bonne que cela et que le père de Sabylinthe tient le nôtre par les couilles&amp;nbsp;! J’ai tellement tardé à noter le compte-rendu de cette séance chez Tirésias (même dans mon autre journal, où je me contente, le plus souvent, de recopier ce que j’écris dans celui-ci), que j’en ai depuis oublié une bonne part. Je ne sais plus par quel chemin j’étais arrivé à cette conclusion que ma mère, malgré son divorce d’avec lui, il y a plus de vingt ans, était toujours sous l’influence de mon père. C’est un lieu commun, dans ma famille, de dire que mes parents sont restés en bons termes. Mais, je m’en avise depuis quelque temps, la vérité est que ma mère est restée complètement soumise à son ex-mari. Elle dit elle-même qu’elle n’aurait jamais osé divorcer, si ce n’avait pas été lui qui avait demandé à le faire. Elle a toujours eu peur de lui et parce qu’elle n’a jamais eu l’occasion de surmonter sa peur en tenant tête à mon père (ce que le divorce ne lui a pas permis de faire, puisqu’il eut lieu d’un commun accord), elle en est restée l’esclave, je veux dire l’esclave de sa peur, et donc de mon père. Ainsi, plus de vingt ans après leur divorce, celui-ci peut téléphoner à n’importe quel moment pour annoncer son arrivée&amp;nbsp;: ma mère ne saura pas lui refuser l’hospitalité&amp;nbsp;: plutôt que de lui dire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;non&lt;/em&gt; (ce que, soit dit en passant, elle n’a cessé de faire avec moi depuis son divorce), elle l’accueillera, le logera, le nourrira, le craindra et se taira donc de peur de déclencher ses colères. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Lundi 23 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Journal</category>
<category>Laura</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mnasyle</category>
<category>Mon père</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 22:45:14 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’aurais voulu écrire plus tôt dans ce journal le compte rendu de la trente et unième séance chez Tirésias (qui a eu lieu mardi 17 (la trente-deuxième étant déjà prévue pour demain)), mais je ne savais pas comment m’y prendre pour ne froisser personne (ce qui, de toute façon, est impossible). Lors de cette séance, en effet, j’ai commencé par parler de choses qui ne me concernent pas directement moi, mais un être qui m’est très cher, qui connaît l’existence de ce journal et continue peut-être à le lire. C’est à cause de ce blogue, par exemple, que ma sœur Laura (puisque c’est d’elle qu’il s’agit) avait découvert, il y a quelques années, la séropositivité de ma sœur Julie, ce qui n’était sans doute pas la meilleure façon de l’apprendre. De manière générale, l’existence de ce blogue&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/23/mercredi-22-juillet-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;ayant été révélée par &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt; à mes amis&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(que j’aurais préféré qui en restassent dans l’ignorance), j’éprouve de plus en plus souvent de scrupules à écrire ici certaines choses. Ce journal a même fini par devenir l’objet de disputes avec certains de mes amis, disputes dont c’est souvent moi qui suis à l’origine. Car je ne comprends absolument pas que mes familiers se permettent de lire mon journal, même s’il est vrai que j’aurais toujours la possibilité de ne pas le publier, si vraiment je ne voulais pas me sentir (comme c’est actuellement le cas) épié par eux. Bien sûr, je comprends que la tentation soit grande de le lire et j’étais moi-même un lecteur assidu de celui de ma sœur, lorsque j’étais adolescent, ce qui m’a donné l’occasion de beaux fous rires, lorsque je m’amusais à faire des allusions très précises aux mésaventures de celle-ci, pendant les repas, ce qui la mettait d’autant plus hors d’elle qu’elle ne comprenait pas (peut-être parce qu’elle ne pouvait s’empêcher d’avoir confiance en moi) que j’avais tout simplement profané le secret du gros cahier qu’elle cachait sous son matelas&amp;nbsp;: sans doute me prenait-elle pour un extra-lucide&amp;nbsp;! Il est probablement très naturel de céder à la tentation, mais il me semble que la moindre des choses serait d’en avoir honte et de s’en cacher. Ce n’est pas parce que la possibilité est si facilement offerte à mes amis de lire mon journal qu’ils en ont le droit. Bien sûr, la loi ne le leur interdit pas, puisque j’ai fait le choix de le publier. Mais c’est une chose que d’être lu par des inconnus&amp;nbsp;; c’en est une autre de l’être par ses proches. Je ne comprends pas que leur conscience le leur permette. Ce n’est pas moi qui suis impudique, c’est eux qui sont indiscrets. Mais comment le leur faire comprendre&amp;nbsp;? Ils n’ont aucune morale, non seulement parce qu’ils n’ont aucune culture, mais encore parce qu’ils sont à peine civilisés, pour la plupart. Je trouve parfaitement indécent qu’ils se permettent de me parler du contenu de ce journal, ou qu’ils m’annoncent, complètement hilares, qu’ils ont prévu de lire mes dernières observations lors de leur prochaine connexion à Internet, alors que je ne cesse de leur demander de ne plus le faire. Et j’ai beau les prier de rester discrets quant à l’existence de ce journal, ils l’évoquent sans même s’en rendre compte devant des gens que je viens à peine de rencontrer. Un tel mépris pour ma personne est l’une des raisons qui m’ont fait écrire plusieurs fois dans ce journal que mes ami n’étaient pas de vrais amis, mais qu’ils étaient seulement à l’amitié ce qu’à l’amour les &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;fuckbuddies&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;. Je les fréquente comme je vais baiser&amp;nbsp;: parce que je suis un homme et que ma nature humaine me pousse à avoir des relations, sexuelles ou d’amitié, peu importe. Finalement, j’ai demandé à Laura si elle me permettait de rapporter ici le mauvais coup que lui a fait mon père, dont j’ai parlé à Tirésias. Je le ferai donc, puisque j’en ai la permission, mais demain seulement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 19 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/20/jeudi-19-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Alfred</category>
<category>Ascagne</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Timothée</category>
<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 02:51:10 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Alfred est venu nous rejoindre hier soir, ma sœur et moi, dans le bar du bel Ascagne, accompagné de deux amis à lui, dont un que j’appellerai Timothée. Timothée avait à son poignet une fine chaîne d’un métal imitant grossièrement l’or. Quand je lui ai dit que j’aimais son bracelet et que j’en avais un moi aussi, mais dont la chaîne fait trois fois le tour de mon poignet, il m’a répondu qu’il l’avait bien remarqué lors de notre première rencontre. Il se souvenait donc non seulement d’une première rencontre, qui m’était complètement sortie de la tête, mais encore de ce détail, dont il s’est peut-être inspiré pour son propre bijou. &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 11 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Aribaze</category>
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<category>Tirésias</category>
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<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 04:44:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Dans le feu de l’action, avant-hier, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; m’a dit qu’il m’aimait. N’étant pas sûr de l’avoir bien entendu, je lui ai demandé de me le répéter, ce qu’il a fait avec une conviction déconcertante, pour une seconde rencontre. «&amp;nbsp;Qu’avez-vous ressenti à ce moment&amp;nbsp;», m’a demandé Tirésias, hier, lors de ma trentième séance avec lui. «&amp;nbsp;J’aurais bien pris mes jambes à mon cou. Et pourtant je me sens bien avec lui.&amp;nbsp;» J’aime le regarder dans les yeux sans rien dire. Je ne suis pas sûr d’avoir dit grand-chose pendant cette séance chez Tirésias. Je ne savais pas de quoi lui parler, parce qu’il s’est passé peu de choses ces derniers temps, exception faite de la cuite impressionnante d’Osman, le week-end dernier, qui avait appris la mort de son grand-père peu après nous avoir rejoints, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, ma sœur et moi, au bar du bel Ascagne, et surtout de la longue conversation que j’ai eue sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, dans la nuit de vendredi à samedi, avec Callias, que j’avais vu plus tôt dans la soirée (avant l’effondrement d’Osman, qu’on a même pu croire un moment dans le coma), et qui s’est beaucoup confié à moi, sans que je sache vraiment s’il l’a fait précisément parce que c’était moi (parce que c’était lui&amp;nbsp;!) ou parce qu’il avait seulement besoin de se confier. Son vieux chat de quinze ans, qu’il avait depuis sa plus tendre enfance, venait de mourir. Il pleurait, à cause de la mort de cet animal, à cause de la violence du deuil d’Osman, en comparaison duquel il trouvait le sien un peu ridicule, et à cause de l’indifférence de son amant (qui est d’ailleurs serveur dans le bar que tient Pharnace, celui-là même&amp;nbsp;au sujet duquel&amp;nbsp;le grand C*** prétendait (mais sans doute était-ce un mensonge) qu’il faisait courir sur moi le bruit que je faisais ‘‘la pute à Toulouse’’). Callias, qui avait fait bonne figure toute la soirée, cachait en réalité les idées les plus sombres derrière son lumineux sourire. Ma sœur dit qu’il est un ‘‘écorché vif’’. Il peut avoir des accès de violence, dont Osman a été une fois le témoin&amp;nbsp;: Callias voulait battre son amant, dont il se sent mal aimé. Et donc, cette nuit-là, j’étais touché d’être celui à qui il confiait son mal-être. Le lendemain, Callias a prétendu que tout était oublié, qu’il allait beaucoup mieux, que c’était l’alcool ingurgité plus tôt dans la soirée qui l’avait fait s’épancher. Tirésias m’a dit que je n’étais pas obligé de lui parler de ce qui s’était passé entre cette séance et la précédente. «&amp;nbsp;Je sais bien, lui ai-je répondu, mais c’est tout de même plus facile pour moi d’appuyer mon discours sur les faits qui se sont produits récemment, comme je fais d’habitude. – Mais justement, c’est peut-être trop facile. Parlez-moi plutôt de vous.&amp;nbsp;» Voici donc ce que j’ai dit&amp;nbsp;: que j’étais plutôt heureux, ces temps-ci, mais que je perdais beaucoup de temps dans la fréquentation de mes amis. Je ne lis plus ni n’écris autant que naguère encore, même si, sans doute, ce journal est devenu plus fourni depuis que j’ai commencé mon analyse&amp;nbsp;; non pas qu’il soit souvent question d’elle dans ce blogue, mais parce que ses heureuses conséquences sur ma vie sociale et peut-être même sentimentale font que j’ai désormais plus de choses à y raconter. Ma vie d’écrivain est un échec. N’était ce journal, je pourrais dire que j’ai quasi renoncé à écrire. Je n’ai jamais été capable de mener à son terme l’un des romans dont j’ai eu l’idée et commencé le travail. L’impossibilité dans laquelle je suis, pendant l’écriture, d’avoir simultanément à l’esprit l’ensemble de ce qui a déjà été écrit et de ce qui doit l’être encore, me donne une sensation de vertige que je trouve insoutenable. C’est comme si j’étais à la fois en train d’errer dans un immense désert, de chercher mon chemin dans un labyrinthe et de tenter de garder l’équilibre au bord d’un gouffre. Je suis devenu incapable de mener à bien tout travail qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;aurait&lt;/span&gt; quelque ampleur. (Déjà, pendant mes études, je m’étais soudain trouvé dans l’impossibilité de terminer mes dissertations.) Plutôt que de subir ce vertige, je préfère détourner le regard et ne pas travailler. «&amp;nbsp;Ne pas travailler… – Oui, ne pas travailler. Ah&amp;nbsp;! Vous pensez sans doute que c’est pour le même genre de raison que je n’ai pas de véritable travail…&amp;nbsp;» De même que j’étais devenu incapable de terminer une dissertation en temps limité, de même, la pensée de mener un travail dans l’urgence, par exemple, ce qui peut arriver dans la vie professionnelle, me terrifie&amp;nbsp;: j’aurais trop peur que la qualité de mon travail ne satisfasse pas mon employeur. L’organisation hiérarchique de tous les milieux professionnels me semble impossible à affronter. Si j’aime mon travail de distributeur de prospectus, c’est parce que je peux l’organiser à ma guise (du moment qu’il soit fait dans les temps) et l’effectuer en étant absolument seul. «&amp;nbsp;Ce que vous n’aimez pas, me dit Tirésias, c’est que la volonté d’un autre s’impose à vous. – Oui, c’est possible, d’ailleurs, je n’ai pas beaucoup aimé qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; me dise, hier soir, qu’il était tombé amoureux de moi. Je n’aimais pas l’entendre m’imposer son amour.&amp;nbsp;» Les garçons me reprochent souvent de leur préférer la chienne Pélagie, qui a le droit de dormir dans ma chambre, contrairement à eux. J’aime beaucoup les chiens. Ils sont comme des peluches vivantes qu’on peut aimer sans danger. L’amour de ces bêtes ne s’impose pas à leurs maîtres. Je dis que j’aime les chiens, mais c’est les chiennes que j’aime surtout, les femelles et non pas les mâles. «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;? Pourquoi donc les femelles&amp;nbsp;? – Pourquoi&amp;nbsp;? Je ne sais pas… – C’est probablement parce que vous aimez dominer et qu’il vous semble plus facile de dominer une femelle. – Oui, c’est possible. D’ailleurs, j’ai toujours aimé terroriser les chats. Or je vous avais dit,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;au début de cette analyse&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, que j’associais les chats à mon père, qui avait dessiné l’une de ces bêtes, un jour de ma plus tendre enfance, sur le mur de ma chambre. J’étais dans les bras de ma mère, et j’avais fait un caprice, parce que je ne comprenais pas pourquoi mon père avait sali mon mur.&amp;nbsp;» (Avais-je interprété ce dessin comme une marque que mon père voulait m’imposer, une marque de sa volonté concurrente&amp;nbsp;?) Terroriser les chats, dans mon enfance, c’était sans doute, inconsciemment, me venger de mon père, le dominer enfin. Est-ce à dire que les chiennes sont le symbole de ma mère&amp;nbsp;? Je n’ai pas pensé à dire à Tirésias que Pélagie était le nom de ma chienne. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pélagie&lt;/em&gt;, c’est la mer. De la mer à la mère, il n’y a qu’un pas, que le psychanalyste franchirait aisément. «&amp;nbsp;C’est vous qui venez de le franchir, m’aurait-il sans doute répliqué, puisque c’est vous qui l’avez dit.&amp;nbsp;» J’ai écrit tout à l’heure que j’aimais regarder &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; dans les yeux sans rien dire. C’est peut-être parce qu’il a le regard simple et franc d’un bon chien. J’aime aussi regarder Pélagie dans les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 5 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/05/jeudi-5-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
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<category>Camille</category>
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<category>Nicandre</category>
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<category>Tirésias</category>
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<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 20:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ce n’était aujourd’hui que ma vingt-neuvième séance chez Tirésias, quand ç’aurait pu être la trente et unième. Mais la séance de jeudi dernier, qui aurait dû être la trentième, avait été annulée, parce qu’ayant manqué notre rendez-vous du huit octobre (pour n’avoir pas eu le temps de dessoûler de la veille), je n’avais pu confirmer le suivant (pris à l’avance) pour le vingt-neuf (si longtemps après, parce que Tirésias devait s’absenter entre temps). J’aurais pu faire en sorte de téléphoner, pour maintenir cette seconde séance ratée, mais ma mauvaise volonté m’en a empêché. J’ai donc passé un peu plus d’un mois sans voir mon analyste. Peut-être avais-je besoin de suspendre momentanément un travail d’analyse auquel je n’arrive pas toujours à m’intéresser. J’ai commencé par parler aujourd’hui de l’étrange rencontre que j’ai faite hier soir chez Tityre. Ce dernier m’avait invité à dîner chez lui pour me présenter un certain Elithios, qu’il avait rencontré quelques jours plus tôt à la rocade, comme on dit ici, c’est-à-dire dans ce baisodrome à ciel ouvert que je suis un des rares, semble-t-il, à ne pas fréquenter, mais dont j’ai sans doute déjà parlé dans ce journal. Ce garçon, prétendait mon hôte, avait une vingtaine d’années, était plein de charme et fort porté sur la chose, et me conviendrait peut-être, même s’il était loin d’avoir inventé la poudre. Osman, qui était également là, et qui connaissait la bête, lui aussi, pour l’avoir pratiquée quelques mois plus tôt, était d’accord avec Tityre sur ce point&amp;nbsp;: Elithios était un garçon franchement limité. En comparaison, me disaient-ils, la simplesse de Camille eût pu passer pour de la vivacité d’esprit&amp;nbsp;: aussi le risque pour moi était-il assez grand de m’éprendre du garçon, ajoutèrent-ils perfidement, quoique assez justement. Elithios arriva donc vers onze heures, après son travail (il est plongeur dans un restaurant). J’ai assez vite compris qu’il était encore plus bête que tout ce qu’on m’avait dit&amp;nbsp;: la déficience mentale d’Elithios est caractérisée. Par exemple, il a le plus grand mal à se situer dans le temps. Il a d’abord en effet prétendu, quand je lui ai posé la question, ne travailler que deux heures par jours. Mais quand je lui ai demandé de me dire à quelle heure il commençait et terminait son travail, j’ai compris qu’il y passait beaucoup plus de temps qu’il m’avait dit. Seulement, comme il a une pause de plusieurs heures, tous les jours, chaque mi-temps de son travail représente, dans son esprit de simplet, ce qu’il appelle une heure. Il ne sait pas non plus à quelle époque il a commencé à travailler. C’était il y a longtemps, voilà tout. Mais qu’est-ce que longtemps, pour lui&amp;nbsp;? Des mois, des années&amp;nbsp;? Elithios est incapable de dire quel est le montant de son salaire. Ce n’est pas lui qui s’occupe de ça, comme il dit, mais son frère, dont il est sous la tutelle. Le plus frappant est qu’il rit pour des choses qui ne devraient faire rire personne, si ce n’est des adolescents de quatorze ans à peine, et encore&amp;nbsp;: même des enfants de treize ans n’en riraient peut-être déjà plus&amp;nbsp;! L’extrême candeur d’Elithios, qui illumine littéralement son visage, le fait paraître beaucoup plus jeune qu’il n’est. Mais il a les mêmes rides que moi au coin des yeux, plus prononcées encore, sans doute parce qu’il a déjà beaucoup plus travaillé que moi dans la vie, et beaucoup plus baisé également, puisqu’il passe habituellement toutes ses soirées à la fameuse rocade, où il fait toutes ses rencontres, parce qu’il refuse de s’abonner à Internet et qu’il n’a pas de téléphone (à moins que ce ne soit son tuteur qui lui ait mis dans la tête qu’il n’en avait pas besoin). En réalité, il a mon âge. Il n’est né qu’un mois après moi, en décembre 1975&amp;nbsp;! A la fin de la semaine, il quitte toujours Mont-de-Marsan, pour passer le week-end chez ses parents. Je me suis finalement levé pour rentrer chez moi quand, me voyant faire, Elithios s’est écrié&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu t’en vas&amp;nbsp;? – Oui, je dois me lever tôt demain, j’ai la séance chez mon psy à midi&amp;nbsp;! Pourquoi, tu voulais que je reste encore un peu&amp;nbsp;? – Bah oui&amp;nbsp;! – Oh&amp;nbsp;! Comme il est mignon, il veut que je reste encore avec lui. Mais regarde donc Tityre, c’est son heure, il est en train de piquer du nez, il faut qu’on le laisse dormir. – On n’a qu’à aller chez moi…&amp;nbsp;» Car tout débile léger qu’il soit, Elithios a son propre appartement (dans l’immeuble en face de celui qu’habitait Nicandre naguère encore, qu’il a d’ailleurs beaucoup observé depuis son balcon, assez pour savoir qu’il fréquentait assidûment un petit noir qui n’était autre, sans doute, que mon Phédon, de sinistre mémoire et qui semble avoir définitivement quitté la ville), il conduit un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;scooter&lt;/em&gt; et a littéralement le feu au cul, mais d’une façon tout à fait gracieuse, et comme allant de soi, sans doute du fait de sa stupidité. Avec lui, on est bien loin de l’obscénité calculée d’un Phédon, dont la perpétuelle ondulation, sur la piste de danse, semblait le retentissement, dans tout le corps, d’un péristaltisme de son cul, mais d’un péristaltisme inverse, servant non pas à expulser, mais à aspirer des bites, dont il n’est probablement jamais repu. Quand Elithios dit tout de même des obscénités, pour inviter à le sucer ou à l’enculer, c’est d’une façon qui sonne si faux que c’en devient tout à fait juste&amp;nbsp;: on dirait un enfant qui répète des obscénités dont il ne comprend pas le sens. Ce qui échappe entièrement à Elithios, c’est la part d’ordure qu’il y a dans les termes qu’il emploie et, l’ignorant, il en reste comme vierge en prononçant ces mots&amp;nbsp;: il n’y a pas le plus petit reliquat de saleté dans l’intonation de sa voix, dans son regard, dans ses gestes, dans les poses pourtant très suggestives qu’il peut prendre pendant l’amour (mais qui ne sont justement pas du tout suggestives&amp;nbsp;: elles sont absolument naturelles). Le peu que j’ai vu de la sexualité d’Elithios (car je n’ai pas voulu trop en voir, pour l’instant) a quelque chose d’immaculé. La raison pour laquelle je n’ai d’abord pas voulu trop en voir a été le sujet de cette séance chez Tirésias. Même s’il est évident qu’Elithios est très demandeur, sexuellement, comment puis-je être sûr de ne pas abuser de lui, puisqu’il est intellectuellement si limité, puisqu’il est presque un enfant&amp;nbsp;? N’est-il pas anormal que je me sois senti si bien avec lui&amp;nbsp;? Pour une fois, je n’étais plus en représentation, contrairement à mon habitude, qui est de toujours veiller à bien jouer mon rôle, même et surtout au moment d’avoir des relations sexuelles. Je croyais que la prise de conscience libérait&amp;nbsp;? Comment se fait-il donc, dans ce cas, que je continue d’être attiré par les garçons plus jeunes ou plus bêtes que moi, ou de faible constitution physique ou intellectuelle (en un mot&amp;nbsp;: par des garçons qui me sont inférieurs), puisque j’ai découvert, au cours de cette analyse, la plupart des raisons de cette attirance, c’est à savoir, en l’occurrence, le fait que je me sente moins en danger avec eux (ce qui n’est que partiellement vrai, car dans le même temps, je puis me sentir très en danger avec de tels garçons, avec Callias, par exemple). Tirésias m’a répondu que le but de l’analyse n’était pas de ne plus se trouver bien avec les personnes auprès desquelles on se trouve bien, mais de cesser de se trouver mal avec les personnes auprès desquelles on se trouve mal… «&amp;nbsp;Ce qui est très important, dans ce que vous venez de dire, c’est qu’on peut retourner votre inquiétude&amp;nbsp;: vous craignez de jouir abusivement d’autrui parce que votre plus grande crainte est d’être abusé par autrui. C’est une très bonne chose que vous ayez ainsi le souci de votre prochain.&amp;nbsp;» Le garçon qui me fait sentir plus particulièrement en danger, ces temps-ci, comme j’ai dit à l’instant, c’est Callias. Je ne sais pas interpréter les signes qu’il peut donner de son attirance pour moi ou, contraire, de son indifférence. Ou plutôt, j’ai tendance à sur-interpréter tout ce qui se produit comme d’éventuels signes de quelque chose que je ne comprends pas. Mon long retrait du monde a fait que je ne possède pas le code qui me permettrait de déchiffrer les garçons (puisque les garçons sont des livres&amp;nbsp;!). Vendredi soir, par exemple, après la fête chez Iolaos, dans la rue, pourquoi Callias, s’adressant à Osman et moi, a-t-il dit plaisamment que j’étais gros et qu’Osman était tout mince, alors que c’est évidemment le contraire&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais non, voyons&amp;nbsp;! Tout le monde sait que c’est Osman le petit gros de la bande&amp;nbsp;! – Mais non, Osman est trop maigre, il ne pourrait pas me porter dans ses bras jusque chez moi, il n’est pas assez fort. Toi tu pourrais&amp;nbsp;! – Te porter jusque chez toi&amp;nbsp;? Mais non, c’est trop loin&amp;nbsp;! – Quoi&amp;nbsp;? Tu veux dire que tu me trouves trop gros&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Callias voulait-il dire quelque chose de précis, peut-être sans le savoir lui-même, en faisant une telle allusion à nos corps, ou si c’est moi qui en ai le fantasme&amp;nbsp;? Nous n’avons finalement pas suivi les autres invités de Iolaos, Callias et moi, et plutôt que d’aller avec eux au bar d’Ascagne, où devait se poursuivre la soirée, nous avons préféré rentrer chacun chez soi, c’est-à-dire, pour lui, dans l’appartement de son amant, chez qui je l’ai donc raccompagné. Nous avons fait le chemin à pied. Quand nous fûmes arrivés presque à destination, Callias a fait cette remarque que son amant ne serait peut-être pas chez lui, sorti qu’il était de son côté. Puis, une fois que nous fûmes parvenus au pied de l’immeuble, il m’a demandé de lui expliquer de nouveau où j’habitais, ce que je lui avais déjà dit un peu plus tôt dans la soirée. Ce n’est qu’après l’avoir salué que je me suis dit qu’il m’avait peut-être tendu des perches pour que je l’invitasse à venir chez moi, ce que m’a sœur, à qui j’ai rapporté cet épisode le lendemain, m’a dit être en effet vraisemblable. Mais comment y penser, sur le moment, et, surtout, comment en être sûr&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais ce n’est pas si grave, si tu te trompes&amp;nbsp;», dit Julie. Le problème est pourtant bien là&amp;nbsp;: la pensée du plus petit échec dans ces situations prend chez moi une ampleur inouïe. Tout ce passe précisément comme si c’était une affaire très grave. Je suis incapable de légèreté dans la conduite de mes amourettes. C’est très pénible. Ma paralysie devient peut-être plus grande encore lorsqu’il y a des témoins de mes invisibles tentatives de séduction. Le plus terrible est que, même si nous nous trouvons seuls, le garçon que je désire est encore un témoin de la scène qui, de ce fait, ne peut avoir lieu. Même si le garçon était tout à fait bienveillant, mon malheur est si grand qu’il y aurait encore un témoin dont le regard me figerait&amp;nbsp;: c’est moi&amp;nbsp;! Si le regard d’autrui m’est si pénible, c’est parce que je le ressens comme malveillant (moqueur ou convoitant de me dépouiller de ce que je convoite moi-même). «&amp;nbsp;Encore une fois, me dit Tirésias, vous avez peur d’être abusé ou dépouillé, comme vous avez dit, par un autre méchant. Pour vous, l’autre est presque toujours méchant.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Lundi 26 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/27/lundi-26-octobre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Callias</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma soeur</category>
<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 00:04:14 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je l’ai croisé par hasard hier dans l’immeuble de son ami. Aujourd’hui, c’était au tour de ma sœur de le croiser, qui me l’a dit tout à l’heure. Et j’ai lu dans le journal, cet après-midi, un article consacré à son frère, qui est une célébrité locale. Même si je le voulais, je ne pourrais pas me le sortir de la tête. Il le faudrait pourtant. Callias n’a probablement aucun sentiment pour moi. C’est l’évidence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dimanche 25 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/26/dimanche-25-octobre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 02:18:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Le dîner chez ma sœur hier soir était annulé, Aribaze et Osman en ayant chacun donné chez soi. Tityre et moi sommes allés à celui d’Osman (ainsi que Cléomédon, mais sans son Clinias, qui n’a paraît-il pas du tout apprécié certaines choses que j’ai dites sur lui dans ce journal), ma sœur et Iolaos (qui est le meilleur ami d’Osman et, depuis peu, le chevalier servant de Julie) à celui d’Aribaze. Ceux du côté d’Aribaze nous ont plus tard rejoints chez Osman, d’où nous sommes ensuite allés dans le bar que tient le bel Ascagne et, de là, pour finir, à Parthénon. Une certaine Nidalie, qui est une grande habituée d’Ascagne, était également des nôtres. Bien que je ne la connusse pas vraiment avant hier soir, où je la voyais pour la première fois chez l’un de nous plutôt qu’en ville, j’ai pu constater, pour avoir longuement parlé avec elle, qu’elle me connaissait apparemment très bien, et en particulier, qu’elle savait déjà que c’était à cause de moi que Phidippide était tombé dans l’espèce de disgrâce d’où personne ne semble très désireux de le sortir, à l’exception de Tityre. Osman, qui était pourtant absent,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/19/dimanche-18-octobre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le soir de notre rupture&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, m’a même fait remarquer qu’il ne lui avait pas du tout coûté de ne pas inviter Phidippide à son dîner. En m’assurant ainsi de leur soutien, mes amis ne se doutaient sans doute pas qu’ils ne faisaient qu’accroître ma mauvaise conscience. Pauvre Phidippide, après tout… D’autres personnes étaient encore chez Osman, dont je n’ai pas retenu les noms, trop aviné que j’étais sans doute, et surtout trop affairé à cultiver le sublime Callias, qui nous honora de son angélique présence. Il était soul et, durant tout le temps de son absence, ne cessa de me demander quand arriverait enfin ma sœur, qu’il aime passionnément, quoique d’un amour tout platonique évidemment. Il l’a pourtant embrassée (à ce que m’a dit Tityre, chez qui je suis allé dîner ce soir), ainsi qu’un autre des invités d’Osman, celui d’entre eux (encore un pédé) qui était célibataire et bien loin d’être un prix de beauté&amp;nbsp;! Il faut dire que Callias embrassait et caressait tout le monde. L’ivresse le rendait débordant d’amour. Plus d’une fois il s’est jeté dans mes bras ou m’a pris dans les siens, me serrant si fort que je pouvais à peine respirer ou lui répondre quand il m’a demandé pourquoi je le touchais ainsi, alors que c’était lui qui… De toute façon, je n’aurais rien su répondre d’intelligent, ni même d’idiot. Je continue de me demander si la relative indifférence que Callias me montre un peu trop ostensiblement n’est pas plutôt de l’intérêt péniblement dissimulé. Lors d’une fois précédence, il m’avait dit cette chose étrange&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Olivier, je n’oublie jamais un visage. Il me semblait bien que je t’avais déjà vu quelque part, mais je n’arrivais pas à me rappeler où. Et puis ça m’est revenu tout à coup. C’est chez Osman que je t’avais vu la première fois&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» C’était une remarque complètement absurde. Aux premiers temps de notre fréquentation actuelle (et qui n’a jamais été qu’actuelle), nous ne nous sommes toujours vus que chez Osman ou du moins en sa présence. Qu’Osman soit celui qui nous a présentés l’un à l’autre est une évidence. En bonne logique, Callias aurait dû me dire qu’il m’avait déjà vu &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avant&lt;/em&gt; de me rencontrer chez Osman, ailleurs que chez ce dernier (ce dont je me serais nécessairement souvenu, de toute façon, parce qu’il correspond parfaitement à mon type de garçons&amp;nbsp;; c’est d’ailleurs bien pourquoi il me fait perdre tous mes moyens&amp;nbsp;: la peur de perdre ce que je désire le plus me paralyse. Je me demande si l’un des nœuds de ma névrose n’est pas que je ne me sente pas le droit de prétendre à ce qui serait le plus fait pour me combler. Je perds tous mes moyens devant le bel être que je voudrais séduire, parce que je ne m’en sens pas digne. Le sentiment que je serais un voleur, pour ne pas dire un violeur (violant quelque loi supérieure, qui m’interdirait d’y prétendre), m’empêche de seulement esquisser le plus petit geste pour séduire la personne qui m’inspire du désir. Il faudrait que j’en parle à Tirésias.) Je me demande donc si Callias n’a pas inventé cette invraisemblable réminiscence pour me dire à sa manière qu’il m’avait remarqué, qu’il avait pour moi un intérêt qu’il n’ose pas me dire trop explicitement, d’autant qu’il est déjà l’amant de quelqu’un, je ne sais plus si je l’avais dit&amp;nbsp;: il s’agit d’un jeune homme de trente ans, avec qui j’ai paraît-il déjà chatté, avec qui j’avais même sympathisé, mais que je n’ai jamais rencontré physiquement. Le fait que Callias soit l’amant d’un garçon de trente ans m’affole complètement&amp;nbsp;: je me dis qu’entre toutes les barrières qu’il y a entre nous, celle de l’âge n’en est pas une. Hier soir, il m’a fait une autre remarque, et précisément au sujet du tout premier jour de notre rencontre. Comme il me demandait si je ne voulais pas danser avec lui&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;! Non&amp;nbsp;! C’est impossible, je ne danse jamais&amp;nbsp;! – Comment ça, tu ne danses jamais&amp;nbsp;? Je t’ai vu danser, une fois, je ne sais plus où. – Moi&amp;nbsp;? J’aurais dansé&amp;nbsp;? Ah oui&amp;nbsp;! Ce devait être avec Phédon, mais c’est uniquement parce qu’il m’y avait forcé et parce que j’étais soul. – Oui, et vous étiez allés faire des choses dans les toilettes aussi. – Euh… Oui, mais non… Là encore, c’est lui qui m’avait entraîné. De toute façon, moi, je ne fais jamais rien dans les toilettes. C’est bien simple, je n’y vais jamais&amp;nbsp;! Je suis au-dessus de ces choses-là&amp;nbsp;! Ç’avait été&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;une très mauvaise soirée&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;pour moi. J’aime autant ne pas en parler, d’ailleurs, je suis sûr que tu sais déjà tout, puisque tout finit toujours pas se savoir.&amp;nbsp;» Callias, qui avait prétendu, quelques jours plus tôt, ne s’être rappelé que tout récemment le premier jour de notre rencontre, semblait donc s’en souvenir désormais très précisément. Mais le plus surprenant, c’est donc qu’il m’avait apparemment observé, ce premier jour, alors que j’avais été si affecté par son indifférence à mon égard. Aussi bien suis-je en train de me faire des idées. Il est tout à fait possible que j’interprète trop les choses. Ma sœur me dit que, Callias étant plus jeune que moi et donc le plus inexpérimenté, c’est à moi de mener la danse, c’est-à-dire de faire précisément ce que je ne sais pas. «&amp;nbsp;Mais je n’y arriverai jamais&amp;nbsp;! Je ne sais même pas danser, au propre comme au figuré&amp;nbsp;! Alors mener la danse… Pourquoi crois-tu que je me saigne aux quatre veines pour m’offrir les services d’un Tirésias&amp;nbsp;? – Mais justement, est-ce que vous ne travaillez pas sur tes difficultés relationnelles, avec ce Tirésias&amp;nbsp;? – Si, bien sûr. Et j’ai fait beaucoup de progrès, mais uniquement dans mes relations avec les groupes. Avec les individus, je suis encore complètement incapable. – Tu te poses trop de questions au sujet de Callias. Tu devrais te contenter de jouir du plaisir d’avoir un beau garçon dans ton entourage et prendre le temps d’apprendre à le connaître, sans penser à autre chose.&amp;nbsp;» Je le sais bien, mais c’était délicieusement affolant de sentir le corps enivré de Callias se presser contre moi. Comment donc penser à autre chose après cela&amp;nbsp;? J’ai de nouveau croisé Callias, par hasard, cet après-midi, pendant ma distribution hebdomadaire. Il avait dessoûlé et semblait fatigué et un peu gêné de me rencontrer (il faut dire que cette rencontre s’est passée dans le hall de l’immeuble où vit son amant (immeuble qui est également celui de la mère de Tityre)). Aucun produit cosmétique n’avait été mis dans ses cheveux, qui étaient tout propres. Il avait l’air plus blond et plus flou. C’était presque quelqu’un d’autre. Je me suis avisé que je ne l’avais vu jusqu’alors que de nuit. «&amp;nbsp;Le jour et la nuit.&amp;nbsp;» Je ne sais pourquoi m’est venue à l’esprit cette expression. Tout nous sépare. Il est le jour, je suis la nuit. Comment donc pourrions-nous vraiment nous rencontrer&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dimanche 18 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/19/dimanche-18-octobre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Thessalonice</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 04:15:35 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’en suis encore tout retourné. Hier soir, en sortant du bar que tient le bel Ascagne, à la suite d’Aribaze et de ma sœur, qui voulaient fumer dehors leurs cigarettes, comme c’est désormais l’usage, juste après avoir encore une fois failli me prendre la porte (qui se referme toujours trop vite) dans la figure, j’ai trouvé entre mes deux fumeurs, qui venait d’arriver, le sublime Callias, tout sourire et dont les invraisemblables paroles, me faisant l’effet d’un coup de poing, m’ont presque fait tomber à la renverse, ou dans ses bras, ou à ses pieds, je ne sais plus&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je suis ravi de te revoir, Olivier&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», m’a-t-il dit, sincèrement enthousiaste, réellement ravi. Peu de temps après, ma sœur m’a demandé si elle n’avait pas rêvé, ou si le petit Callias, dont elle a su se faire un ami bien plus vite que moi, si l’adorable Callias, dont je me plaignais d’avoir été oublié les deux récentes fois où nous nous étions vus et que, sur le départ, il avait salué tout le monde, sauf moi, si donc Callias avait bien dit qu’il était ravi de me revoir. «&amp;nbsp;Oui, c’est bien ce qu’il semble avoir dit. Peut-être le fait que je sois passé dignement devant lui sans un mot, la dernière fois, alors que tout le monde était en train de le saluer, l’a-t-il fait réfléchir et comprendre que j’avais été blessé qu’il m’ait ignoré plusieurs fois si ostensiblement.&amp;nbsp;» Quand ensuite, prenant mon courage à deux mains, j’ai dit à Callias que, par deux fois, il avait oublié de me saluer, lorsque nous nous étions vus, les semaines précédentes, il a prétendu ne pas s’en être rendu compte, ce qui, lui ai-je fait remarquer (ne sachant trop s’il me fallait le croire), était encore plus vexant&amp;nbsp;! Plus tard, dans la soirée, comme j’étais en train de parler avec le gros et rubicond Léonard, un Allemand de Pologne venu se réfugier avec ses parents dans les Landes après la guerre et devenu, depuis, cultivateur le jour et, le soir, un habitué du bar du bel Ascagne, j’ai senti la main de Callias me caresser doucement le dos, puis, quelques instants après, les cheveux, pour attirer gracieusement mon attention. Je lui ai répondu par des sourires. Il a demandé à son ami Nicagoras de nous prendre en photo l’un à côté de l’autre et presque tête contre tête. J’ai fait inviter Callias au dîner chez ma sœur, samedi prochain. Il en était encore une fois ravi. «&amp;nbsp;Ravissant et ravi&amp;nbsp;» pourrait être sa devise. Puisque j’ai parlé de Nicagoras (peut-être d’ailleurs l’ai-je déjà évoqué dans ce journal, mais probablement sans être allé jusqu’à lui donner de nom), je vais en dire un peu plus sur lui&amp;nbsp;: c’est un ancien ‘‘plan cul’’, comme on dit, avec qui je m’étais très bien entendu sexuellement, et réciproquement, comme il me l’avait lui-même assuré, mais qui, pour une raison que j’ignore (sans doute à cause d’une parole maladroite ou déplacée de ma part (c’est du moins le sentiment que j’en ai)) n’avait plus voulu me revoir. Lui aussi est un habitué du bar du bel Ascagne. Ce dernier m’avait d’ailleurs demandé, il y a quelque temps, s’il n’y avait pas eu quelque chose entre ce Nicagoras et moi. «&amp;nbsp;Si, lui avais-je répondu. C’est un ancien ‘‘plan’’. Mais pourquoi me poses-tu cette question&amp;nbsp;? – J’en étais sûr&amp;nbsp;! Lorsqu’il lui arrive de venir seul ici, après son travail, il reste toujours au moins une petite heure, à parler avec moi ou avec des clients. Mais si tu arrives à ton tour, alors il se dépêche de boire son verre et s’en va… – Oui, je ne sais pas ce que je lui ai fait, mais, soudain, il n’a plus du tout voulu me revoir, sans raison, alors que nous nous étions pourtant mis d’accord pour remettre le couvert.&amp;nbsp;» Quelque chose a dû se passer, tout récemment, qui a permis mon retour en grâce, parce que Nicagoras me parle de nouveau. Peut-être est-ce seulement parce qu’il ne peut pas faire autrement, s’étant avisé que je connaissais Callias, qu’il connaît et fréquente lui aussi. C’est aussi une connaissance de Tityre, qui fut hier soir le premier témoin de ce qui sera probablement une rupture définitive entre Phidippide et moi. Quand je pense que j’ai encore&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/09/jeudi-8-octobre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;tout récemment&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;écrit que j’avais espéré me faire de lui un nouveau meilleur ami&amp;nbsp;! Il y a quelque temps déjà que je le soupçonnais de nous cacher son véritable visage, qu’il a donc fini par nous faire voir hier soir. Avant de rejoindre Aribaze, Thessalonice, Bérélise et ma sœur dans le bar du bel Ascagne, j’étais allé faire un saut chez Phidippide, où se trouvait également Tityre. Je les ai écoutés me raconter la fin de la soirée précédente, à laquelle je n’ai pas participé jusqu’au bout, trop fatigué que j’étais par les efforts que m’avait demandé la préparation du dîner que j’avais donné chez moi et qui s’est d’ailleurs très bien passé. J’avais préféré rentrer me coucher, quand Ascagne, chez qui nous étions allés après dîner, avait fermé son bar. Ce dernier et mes invités avaient continué la nuit à Parthénon, qui est l’endroit qui a leur préférence, depuis qu’il a rouvert. Ils étaient ensuite presque tous allés se coucher chez Osman, Aribaze dans le même lit que Phidippide. Or ce dernier s’est vanté de l’avoir encore une fois possédé, ce qui m’a un peu contrarié, non pas tant le fait qu’Aribaze se laisse posséder par Phidippide que le fait que ce dernier s’en vante, en grande partie pour m’être désagréable, s’imaginant sans doute que j’enrage de ne pas avoir ce que lui croit (bien à tort, comme on va voir) pouvoir prendre quand bon lui semble. Craignant d’être de mauvaise compagnie, j’ai préféré rejoindre les autres chez le bel Ascagne, où Phidippide et Tityre ne sont arrivés que bien plus tard. Là, j’ai rapporté à Aribaze, qui en est tombé des nues, les vantardises de Phidippide. S’il est bien arrivé à Aribaze de coucher quelques fois avec ce dernier, nous nous sommes vite aperçus, en comparant la réalité aux vanteries dont j’avais été le témoin, que Phidippide était bien le vaniteux que je soupçonnais, car Aribaze m’affirme n’avoir couché avec lui que trois ou quatre fois tout au plus. J’ai été à mon tour atterré de ce que Phidippide avait pu dire sur moi à Aribaze. Il a prétendu que je me rendais souvent chez lui, le soir, avec l’envie de le baiser ou de me faire sucer, et qu’il consentait à me satisfaire parce qu’il était pris de pitié pour moi, comme si je ne pouvais pas trouver de ‘‘plan’’ tout seul, alors que je suis objectivement beaucoup plus beau, beaucoup plus jeune et bien moins con que lui&amp;nbsp;! Si je me suis en effet laissé sucer par Phidippide, ce n’est arrivé qu’une fois, parce qu’il le fait aussi bien que Tityre, c’est-à-dire très mal&amp;nbsp;! Phidippide, qui est bipolaire, du moins à ce qu’il prétend (car il est tellement vantard qu’il serait même capable de s’enorgueillir d’avoir des maladies&amp;nbsp;!), ne semble pas avoir compris, sans doute parce qu’il est dans une période de manie, que si des garçons comme Aribaze et moi daignent coucher avec des hommes tels que lui, c’est-à-dire bedonnants et dégarnis, c’est uniquement par commodité&amp;nbsp;: faute de temps ou d’énergie, plutôt que de chercher mieux, il arrive qu’on préfère aller se vider, comme dirait Damis, au plus près, c’est-à-dire dans cet ami entre deux âges qu’on sait disponible, parce qu’il ne laisserait jamais passer une telle occasion, non pas de coucher avec des garçons (ce qu’il peut faire encore), mais de coucher avec des garçons qui le connaissent et qu’il connaît, et surtout qu’il trouve désirables. Aribaze était si furieux qu’il a immédiatement envoyé un SMS à Phidippide pour lui demander ‘‘de l’oublier’’&amp;nbsp;! Quant à moi, un peu plus tard, quand enfin Phidippide nous eut rejoints, je me suis entendu traiter par lui (qui était sans doute contrarié d’avoir été si sèchement congédié par Aribaze) de «&amp;nbsp;putasse&amp;nbsp;» (je le cite) devant Tityre qui l’accompagnait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;T’as encore fait ta putasse, hein, &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;tu peux&lt;/span&gt; pas t’en empêcher, sale putasse&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Je ne sais si ce mot de putasse peut s’appliquer aux personnes ayant fait ce que Phidippide me reprochait (c’est-à-dire d’avoir cherché à confondre, il est vrai, quelqu’un que je soupçonnais fort de n’être qu’une canaille, absolument malhonnête, fausse et probablement dangereuse) ou s’il a choisi ce mot pour me blesser davantage, par allusion à l’origine peu reluisante d’une partie de mes revenus. Dans tous les cas, sans bien sûr vouloir défendre la prostitution, que je réprouve absolument et condamne de toutes mes forces, cela devrait aller sans dire et ce n’est pas moi qu’on prendra en train d’en faire l’apologie, ah ça non&amp;nbsp;! plutôt crever (même si, bien sûr, je suis contre le meurtre ou le suicide, oh là&amp;nbsp;! attention, on ne plaisante pas avec ces choses-là), je préfère infiniment me laisser aimer à vil prix plutôt que de recevoir le mépris de Phidippide en paiement de tout ce que j’ai fait pour lui, c’est à savoir lui présenter toutes les personnes grâce auxquelles il n’est pas totalement seul dans cette ville, seul avec cet amant qui porte le même nom que moi, qu’il n’a jamais voulu nous présenter (si jamais il existe vraiment) et qui ne voudrait plus coucher avec lui depuis plus d’un an, nous dit-il&amp;nbsp;! Phidippide affecte de ne pas comprendre pourquoi cet Olivier qui n’est pas moi, cet &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;alter ego&lt;/em&gt;, ai-je parfois pensé, à cause des confidences que me faisait sur lui Phidippide, qui s’amusait de la curiosité qu’il excitait en moi, ne veut pas coucher avec lui… Mais c’est parce qu’il est complètement fou, parce qu’il est profondément mauvais et parce que, malgré toute l’application qu’il met à s’attacher ce garçon qu’il prétend qu’il l’aime, il n’a pas encore su détruire en lui l’instinct de conservation&amp;nbsp;! Connaissant Tityre, qui était le seul témoin des insultes que m’adressait Phidippide, mais qui ne veut jamais se brouiller avec personne, je suis allé chercher les autres à l’intérieur du bar (car cette scène se passait encore une fois dehors, pendant que Phidippide et Tityre fumaient des cigarettes), pour les prendre tous à témoin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Regardez le vrai visage de Phidippide. C’est moi qui vous l’ai présenté, je le sais bien, mais je le regrette infiniment. Si vraiment vous êtes mes amis, je vous demande de ne plus être le sien.&amp;nbsp;». Je n’ai pas eu beaucoup à insister (sauf, bien sûr, avec Tityre, pour la raison que j’ai dite), parce que tous les présents (Osman mis à part, qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;n’était&lt;/span&gt; pas des nôtres hier soir) m’ont dit que la fourberie de Phidippide se voyait de loin, qu’il la portait pour ainsi dire sur la figure. Thessalonice a même ajouté que nous n’avions vraiment pas besoin d’un second Cyrille, autre grand menteur et manipulateur devant l’Eternel, mais dont c’est ma sœur qui a eu à souffrir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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