<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://oliviermb.hautetfort.com/ma-mere/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Un jardin d'Adonis - ma-mere</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/ma-mere/</link>
<lastBuildDate>Mon, 07 Dec 2009 13:34:26 +0100</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/07/dimanche-6-decembre-2009.html</guid>
<title>Dimanche 6 décembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/07/dimanche-6-decembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Cyrnos</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mon père</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Thalie</category>
<category>Tirésias</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 13:34:26 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'ai appris la mort du chat de ma mère quelques heures après avoir parlé de lui lors de la trente-troisième séance chez Tirésias, jeudi dernier. Parce qu'il était trop affaibli pour s'échapper, le chat, contrairement à son habitude, m'avait laissé l'approcher&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/03/1c452d4fda64fa5a19f4e2cb713f3c79.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l'avant-veille&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, retour du restaurant. «&amp;nbsp;Et pourquoi s'échappe-t-il, d'habitude&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», m'a demandé Tirésias. «&amp;nbsp;Que lui avez-vous fait, à ce chat&amp;nbsp;? - Rien. - Vous-êtes sûr&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» (J'éclate de rire.) «&amp;nbsp;J'aime lui faire peur. - Pourquoi donc&amp;nbsp;? - Je ne sais pas... Peut-être parce que le chat, c'est mon père, comme j'ai déjà dû l'évoquer,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lors d'une précédente séance&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;... - Ou c'est parce que vous ne supportez pas que votre mère aime un autre être que vous, ce chat, en l'occurrence.&amp;nbsp;» Ouais... «&amp;nbsp;Je déteste que ma mère me touche ou même que sa main soit trop près de moi, comme quand elle caresse ma chienne. C'est presque toujours lorsqu'elle caresse ma chienne assise entre elle et moi que ma mère me frôle involontairement, ce qui me met hors de moi. Pourtant, ma chienne est une sorte de terrain d'entente entre nous deux. - Oui, c'est parce que c'est votre chienne. Elle vous appartient et vous appréciez que votre mère s'intéresse à quelque chose qui est à vous. Mais dans le même temps, comme vous avez le désir d'échapper à son emprise, la trop grande proximité de votre mère lorsqu'elle caresse votre chienne vous est particulièrement pénible.&amp;nbsp;» Je ne sais si j'oserai dire à Tirésias que je n'aurai pas les moyens de le revoir avant le mois de janvier. Mon compte en banque est déjà vide et je n'ai encore acheté aucun cadeau pour Noël. Je me suis même endetté jusqu'au mois de juillet prochain, en achetant à Thalie quatre des toiles qu'elle exposait au vernissage où nous étions, vendredi soir, Tityre, Cyrnos et moi. Elle veut bien que je la paie en huit mensualités. (Cette Thalie n'est autre que la Camille (de son véritable nom) avec qui j'avais sympathisé l'année dernière,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/07/samedi-6-decembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;à la même époque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;.) En regardant ses toiles de plus près, hier soir, en les accrochant, je me suis aperçu que les matières qui semblent prises dans une toile d'araignée recouvraient en fait (ce dont je ne m'étais pas avisé d'abord) des souliers de tout petit enfant, sans doute ceux de sa propre fille. J'ai trouvé ce détail émouvant&amp;nbsp;: Thalie se sert donc dans ses œuvres des affaires devenues trop petites pour son enfant. Les filaments blanchâtres qui recouvrent le tout ne tissent sans doute pas seulement les toiles d'araignées du temps qui passe sur les choses abandonnées, mais peut-être aussi les chrysalides au sortir desquelles l'enfant doit abandonner les affaires pour lesquelles elle est devenue trop grande.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/03/1c452d4fda64fa5a19f4e2cb713f3c79.html</guid>
<title>Mercredi 2 décembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/12/03/1c452d4fda64fa5a19f4e2cb713f3c79.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Alfred</category>
<category>Ascagne</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Callias</category>
<category>Camille</category>
<category>Cléomédon</category>
<category>Clinias</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Cyrnos</category>
<category>Elithios</category>
<category>Equalis</category>
<category>Eryximaque</category>
<category>Hieronymus</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Nicagoras</category>
<category>Osman</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 02:29:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier&amp;nbsp;: anniversaire de ma mère, qu’il a fallu inviter au restaurant. Dans ma famille, nous naissons à des dates symboliques, pour ne pas dire fatidiques. Ainsi l’anniversaire de ma sœur tombe-t-il le quatorze juillet&amp;nbsp;; le mien le deux novembre&amp;nbsp;; si bien que, tandis que ma sœur avait droit aux feux d’artifice pour sa fête, je me contentais des fleurs des tombes. Quant à ma mère, elle est née un jour qui est devenu depuis celui de la foire au Sida. Il n’y a pas de hasard. Sans doute la Providence a-t-elle voulu lui rappeler chaque année la grande part de responsabilité qu’elle avait dans la contamination de ma sœur. Si, d’après cette dernière, c’est à cause de sa mère (qui le traita toujours comme s’il n’était qu’hémophile et non pas également sidéen) que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; fut à ce point dans le déni de sa maladie, qu’il cacha donc à Julie, jusqu’à ce qu’elle se découvre un jour contaminée, l’inconscience de celle-ci fut, à l’évidence, encouragée par notre propre mère, qui l’exhortait à ne pas tenir compte de la rumeur selon laquelle le garçon était séropositif. Car dans ma famille, non seulement nous ne naissons pas à des dates ordinaires, mais encore mettons-nous un point d’honneur à ne pas partager le sens commun (qui nous paraît sans doute trop vulgaire), quitte à en perdre tout bon sens. C’est la raison pour laquelle, plutôt que d’ajouter foi à ce qui se peut dire sur eux, à ce dont on les suspecte, aux mauvaises intentions qu’on leur prête, nous laissons des &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; nous empoisonner le sang ou des Cyrille détourner nos biens, pervertis que nous sommes par l’éducation que nous a donnée une mère complètement folle et qui, depuis, ne trouve plus paradoxal de détester néanmoins un Cyrille et toute sa famille, pour les raisons même que son enseignement nous incitait naguère encore à les aimer&amp;nbsp;: lorsque j’étais enfant, ma mère était par exemple très fière de me savoir, à l’école, le seul ami d’une gitane plus vieille que moi de cinq bonnes années, incroyablement insolente, bagarreuse et probablement voleuse. Ce qui faisait sa fierté, c’était que je ne partageasse pas les mêmes aversions, pourtant légitimes, que mes petits camarades de classe. Une folle, disais-je&amp;nbsp;! C’est sans doute encore à cause de cette éducation (du moins en partie) que j’ai pu me laisser aller à tellement vouloir prendre sous mon aile le pauvre Camille, qui serait sans doute ce qui se fait de plus véreux et gâté en matière de garçons, n’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui me le vola, et avec qui je n’ai toujours pas réussi à couper entièrement les ponts, sans doute encore pour les mêmes raisons. Julie nous a appris sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;, lors du dîner que nous avons offert à notre mère hier soir, quelque chose qui m’a fait tomber des nues et qui, pourtant, avec le recul, me semble une évidence. Longtemps nous avions cru que le grand train que menait celui-ci lui était rendu possible par l’argent de l’indemnité qu’il avait reçue en compensation de sa contamination. S’il est bien vrai qu’il fut indemnisé, c’est à son activité de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; devait d’être si magnifique. J’avais toujours trouvé que la foule qui fréquentait la maison que ma mère lui louait était anormalement nombreuse et systématiquement de mauvais genre. Je savais bien que tous ces gens se droguaient, mais jamais il ne m’était venu à l’esprit que c’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; qui leur vendait leur drogue (du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;shit&lt;/em&gt; ou de l’‘‘herbe’’ uniquement, car il était un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; qui prétendait avoir des principes (nous a rapporté Julie), c’est à savoir, en l’occurrence, qu’il refusait de vendre de la cocaïne ou d’autres drogues réputées, à tort ou à raison, plus dangereuses…). Il paraît que son cousin (car le cousin s’adonnait au même genre de commerce) fut&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’homme les plus heureux du monde lorsque des paquets entiers de drogue s’échouèrent comme par miracle, il y a quelques années, sur les plages des Landes, à moins que ce ne fût du Pays Basque. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; et lui eurent la peur de leur vie lorsqu’une de leurs connaissances communes, qui était dans la même branche qu’eux, fut arrêtée par la police à cause de son trafic. Ils cessèrent alors &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;de fréquenter&lt;/span&gt; personne pendant un assez long temps. Je ne sais où ils en sont aujourd’hui de leurs activités. (Inutile d’écrire que je réprouve non seulement le commerce de la drogue, mais même sa seule consommation. Cela va d’autant plus sans dire qu’ils sont justement le fait de types comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;. Moi qui suis respectueux des lois, je me contente parfaitement des litres de vodka et surtout de vin que le bel Ascagne veut bien me servir dans son bar, et en toute légalité, lui, au moins. J’ai d’ailleurs passé la fin de la soirée d’hier avec lui, n’ayant pas trouvé l’insatiable &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; à son domicile, où j’avais espéré le rejoindre après le dîner. (Sans doute était-il encore à la rocade, même s’il pleuvait, je m’en avise à présent…)&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il n’y avait pas foule chez Ascagne, et je l’avais donc à peu près pour moi seul, car Osman, qui a fait une apparition vers minuit, n’est pas resté bien longtemps. (Il m’a confié qu’il n’avait plus lu mon journal depuis le mois de juillet et que c’était donc pour plaisanter qu’il avait jusqu’alors prétendu continuer à le faire. En revanche, il avait récemment &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatté&lt;/em&gt; avec le terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui lui aurait dit qu’il me détestait, à cause de ce que j’avais écrit sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; et lui dans ce blogue. J’ai eu l’occasion de revoir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, il y a quelque temps, et je dois dire que je ne m’étais pas alors avisé de la détestation que je lui inspire désormais. Il est vrai que j’étais probablement soûl, ce soir-là, et que mon état ne me permettait donc pas d’interpréter avec beaucoup de bonheur les signes qui pouvaient m’être envoyés par les uns et les autres, moi qui le fais déjà si mal quand je suis sobre. Ascagne, qui a toujours une oreille qui traîne, comme tous les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;barmen&lt;/em&gt;, sais donc probablement désormais que je tiens un blogue sur Internet. (Voulait-il me faire comprendre qu’il n’aimerait pas savoir que je parle de lui dans ce journal quand il m’a dit qu’il n’aimait pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour ce que c’était à ses yeux un site où la vie privée était constamment violée&amp;nbsp;?) &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Eryximaque&lt;/span&gt;, une autre des connaissances que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; voudrait me refourguer, a lui aussi entendu parler de ce journal. Quand je lui ai proposé de venir dîner un soir chez moi, il m’a répondu, un peu cavalièrement, tout de même, qu’il ne voulait pas figurer dans mon tableau de chasse ni que d’autres l’apprennent dans ce blogue. J’avais cru que c’était lui qui me tournait autour. J’avais apparemment encore fort mal interprété les signes. Pourquoi donc m’avait-il invité à dîner chez lui, l’autre jour, avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il demandé mon numéro de téléphone&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il écrit tous ces SMS&amp;nbsp;? Mystère&amp;nbsp;! Passons.) J’étais heureux d’entendre mon barman préféré me raconter un peu sa vie. J’avais l’impression d’avoir de l’importance pour lui, d’être son confident. Nous restions de longs instants à nous regarder dans les yeux, qu’il a très beaux, et j’essayais de relever de quel côté il finissait par détourner le regard, pour savoir s’il se pouvait qu’il fût attiré par moi, comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cyrnos&lt;/span&gt;, un ami de ma sœur, prétend qu’on peut le deviner. Hélas, je ne me rappelais plus s’il aurait fallu qu’il tournât les yeux vers la gauche ou vers la droite… Et quand j’étais le premier à vouloir les détourner, je ne savais plus trop dans quelle direction le faire, de peur de révéler mes intentions, si jamais Ascagne avait entendu parler lui aussi de la théorie des regards insoutenables. Avec deux autres habitués, je suis encore resté une heure après la fermeture de l’endroit. Ascagne m’a alors demandé où j’habitais, ou plutôt s’il était vrai que j’habitais non loin de chez l’amant du sublime Callias. Comment pouvait-il savoir cela&amp;nbsp;? Sans doute Callias le lui avait-il dit. Cela veut donc dire qu’il arrive aux deux garçons de parler de moi en mon absence. Mais pourquoi le font-ils&amp;nbsp;? Est-ce à dire que l’un des deux au moins est intéressé par moi&amp;nbsp;? Je ne mens vraiment pas lorsque je dis que je suis incapable d’interpréter les signes. D’ailleurs, quelle interprétation faut-il donner à cet autre fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, que j’avais salué plus tôt dans la soirée en l’apercevant à une autre table du restaurant, ait éprouvé le besoin (alors qu’il m’a fait tout récemment comprendre que je ne l’intéressait ni sexuellement, ni sentimentalement) de dire à Ascagne qu’il m’y avait vu à l’heure du dîner&amp;nbsp;? Comme il avait croisé ma sœur dans l’après-midi, Ascagne se vantait de savoir presque tout de la soirée que j’avais passée avant d’arriver dans son bar. «&amp;nbsp;Alors, m’avait-il demandé à peine la porte refermée derrière moi, comment s’est passé l’anniversaire de ta mère&amp;nbsp;? Avez-vous bien dîné dans tel restaurant&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Etaient-ce des paroles anodines ou leur but était-il de me faire entendre qu’Ascagne avait de la curiosité pour moi&amp;nbsp;? Je ne sais.) Je me demande si le bel &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Equalis&lt;/span&gt;, dont l’haleine chargée n’est pas sans évoquer les substances dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; faisait commerce, était un client de celui-ci. Ma sœur m’a dit qu’elle avait bien remarqué, lors de la dernière soirée où nous sommes tombés sur lui, que nous nous étions beaucoup rapprochés l’un de l’autre, lui et moi, tellement qu’elle avait cru que nous finirions la nuit ensemble, ce que je n’avais pas été loin de croire moi-même, d’autant qu’il m’avait fait l’aveu, cette fois, qu’il n’était en effet pas sûr de ne pas aimer également les garçons pour d’autres raisons que purement sexuelles. Mais la rencontre dans je ne sais plus quelle boîte de nuit du sieur Alfred, l’ancien très grand ami auquel il avait volé ma sœur, a fini par le faire fuir. De toute façon, je crois que je n’aurais pas osé coucher avec un ancien amant de celle-ci, encore que j’aie cru comprendre qu’elle m’en avait donné la permission.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/28/vendredi-27-novembre-2009.html</guid>
<title>Vendredi 27 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/28/vendredi-27-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Callias</category>
<category>Journal</category>
<category>Laura</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mon père</category>
<category>Nicagoras</category>
<category>Sabylinthe</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 03:24:19 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Voici le compte rendu de ma trente-deuxième séance chez Tirésias, qui a eu lieu mardi dernier. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; m’a écrit tout récemment sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour me dire de ne pas me faire d’illusions&amp;nbsp;: nous ne serions rien de plus que des amis. Il aimait parler avec moi, mais c’était tout. J’en ai été d’autant plus surpris que je trouve quant à moi nos conversations souverainement ennuyeuses. Mais surtout, j’avais sincèrement cru que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; était attiré par moi. Certains des ses regards me l’avaient fait penser. Même ma sœur Julie me disait qu’il ne semblait pas être insensible à mon charme. Si je ne me sens pas très affecté par cette déconvenue (ce qui est indubitablement le signe que je vais mieux, à moins que le fait d’avoir déjà couché avec lui, il y a un peu moins d’un an, ne me soit une consolation suffisante), le constat qu’il me faut bien faire de l’incapacité totale où je suis de reconnaître et d’interpréter les signes qu’on m’envoie me désole. Il est peu vraisemblable que je sois un meilleur interprète des signes que m’envoient les autres garçons, par exemple le sublime Callias, auprès de qui je pressens qu’une déconvenue, pourtant courue d’avance, m’affecterait beaucoup plus. «&amp;nbsp;Attendez de pouvoir comparer, me dit Tirésias. A force de garçons, vous finirez bien par les reconnaître, tous ces signes.&amp;nbsp;» Ouais… J’ai reparlé avec ma sœur Laura du mauvais coup que lui avait fait mon père. Si elle a fini par se réconcilier avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Sabylinthe&lt;/span&gt;, elle est toujours aussi furieuse contre son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;géniteur&lt;/em&gt;, comme elle l’a appelé sur ‘‘son &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;’’. Ce dernier est tellement égoïste, me dit Laura, qu’elle ne serait pas étonnée qu’il ne se soit pas seulement aperçu qu’elle avait rompu avec lui, ce qui lui ressemble en effet beaucoup… Eh là, tiens-toi bien, mon blond lecteur, voici ce que m’a dit Tirésias&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Oui, très bien. Vous voyez qu’il faut laisser libre cours à votre parole, lors de nos séances, et les associations se font d’elles-mêmes. (Je me demandais bien quel rapport il pouvait y avoir entre ce que j’avais raconté sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt; et ce que sur ma sœur et mon père…) Votre père est trop égoïste, a poursuivi Tirésias, pour voir votre sœur, comme vous n’avez pas été capable de voir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, puisque vous n’avez pas su voir quelles étaient ses véritables intentions&amp;nbsp;! (Ce que Tirésias disait là ne devait pas être complètement faux, parce que, en l’entendant, j’ai senti mon cœur battre plus vite.) Cela est d’autant plus problématique, pour vous, que votre père est à vos yeux l’anti-modèle par excellence. – Oui, vous avez peut-être raison. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, je me suis encore une fois disputé, cette semaine, avec ma mère. Je m’étais très soudainement emporté contre elle à cause d’une remarque injuste qu’elle m’avait faite (mais que la remarque fût injuste n’a guère d’importance, car toutes les remarques qu’elle fait me mettent hors de moi.) Rancunière, ma mère est restée longtemps sans plus m’adresser la parole. Plus tard, je lui ai demandé pourquoi elle ne me parlait plus. Elle a répondu qu’elle ne voulait pas déchaîner de nouveau ma colère en disant quelque chose qui me déplairait. J’ai eu l’impression, en l’entendant, qu’elle pensait, à part soi, que je ressemblais à mon père par la soudaineté des colères que je pouvais avoir. Mais j’ai trouvé cette pensée que je lui prêtais contrariante et injuste&amp;nbsp;: contrariante, parce qu’il me déplaît fort, en effet, de ressembler à mon père, et injuste, parce que, s’il est vrai que nos colère peuvent être très soudaines, les miennes sont sans violence. Mon père hausse la voix, fait de grands gestes terrifiants, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;parle avec son corps&lt;/em&gt;, se montre sciemment menaçant&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;; alors que mes colères à moi son purement verbales. Mon père est violent&amp;nbsp;; je suis méprisant. Mais ma mère adopte apparemment dans les deux cas le même système de défense&amp;nbsp;: elle se soumet pour éviter le déclenchement de la colère.&amp;nbsp;» Je n’y pense qu’au moment d’écrire ces lignes&amp;nbsp;: si ma mère se protège de moi de la même façon qu’elle faisait de mon père, c’est donc qu’elle continue de penser que tous les hommes se valent, c’est-à-dire qu’ils sont comme lui et que, moi, je ne vaux pas mieux que lui, ce qu’elle m’a toujours fait ressentir. Mais si, durant mon enfance et mon adolescence, elle me le faisait ressentir dans le but de me modeler à l’image qu’elle voulait (c’est-à-dire dans le but de faire de moi un émasculé), elle semble désormais avoir renoncé à son projet, qu’elle a pourtant presque entièrement réussi, puisque c’est en grande partie à cause d’elle que je m’estime si… si… si comme je suis&amp;nbsp;! Elle voit apparemment en moi un homme aussi terrifiant pour elle que le serait n’importe quel autre homme, c’est-à-dire aussi terrifiant que mon père. C’est à la fois pour moi une victoire et une défaite. Victoire, parce que ma mère n’a pas réussi à faire de moi ce qu’elle aurait voulu. Défaite, parce qu’elle continue de voir en moi ce que je ne suis pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/26/jeudi-26-novembre-2009.html</guid>
<title>Jeudi 26 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/26/jeudi-26-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Journal</category>
<category>Laura</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mon père</category>
<category>Sabylinthe</category>
<category>Stéphanie</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 16:50:47 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Voici donc enfin la relation de ma trente et unième séance chez Tirésias&amp;nbsp;: Ma sœur Laura m’avait rapporté quelques jours plus tôt la traîtrise de notre père. L’été dernier, elle l’avait accompagné en Tunisie pour son inspection des travaux d’une maison qu’il fait construire dans ce pays. L’ami qui lui avait proposé cette bonne affaire n’est autre que le père de Sabylinthe, le garçon dont elle s’était alors éprise et qui n’était apparemment pas qu’une amourette de vacances, puisque Laura a continué à le voir une fois rentrée en France. Le garçon vit avec sa mère (une Allemande) à Paris, où il travaille avec mon père, sur la recommandation du sien, que ses affaires retiennent en Tunisie, dont il est natif. Les parents de Sabylinthe sont séparés de fait, même s’ils ne sont pas divorcés. Bien qu’elle partage déjà la vie de quelqu’un, Laura rend visite au garçon aussi souvent qu’elle le peut. Elle a l’intention de quitter bientôt Nice pour reprendre ses études à Paris et s’installer à cette occasion avec Sabylinthe. J’imagine que c’est alors qu’elle quittera son amant ‘‘officiel’’. Quant à l’‘‘officieux’’, il est bien sûr informé de la situation actuelle de ma sœur. Il se trouve que le père de Sabylinthe n’aime pas du tout Laura. Elle avait découvert, lors de son séjour en Tunisie, que celui-ci avait une maîtresse. Sans doute craint-il qu’elle en fasse la révélation à sa femme, dont il ne veut pas divorcer (contre la volonté de l’intéressée), probablement parce qu’il a en France des affaires au nom de celle-ci&amp;nbsp;: je crois savoir, par exemple, qu’il refuse de payer certaines dettes à cause desquelles cette dame, qui voudrait retourner s’installer en Allemagne, doit rester en France pour l’instant. Je ne connais pas le père de Sabylinthe, que je n’ai jamais rencontré, mais tout ce que j’ai entendu dire sur lui me fait penser qu’il est ce qu’on appelle un personnage douteux. Un jour, Sabylinthe a révélé à ma sœur que son père avait confié à sa femme que notre père lui avait dit que Laura était une fille &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;vénale&lt;/em&gt; et une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;mangeuse d’hommes&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! Sans doute, pensait alors Laura, le père de Sabylinthe avait-il inventé cela pour monter contre elle son fils et sa femme, pour la raison que j’ai dite. Quelques jours plus tard, Sabylinthe a téléphoné à son père, pour lui dire qu’il avait décidé de quitter la maison familiale et qu’il souhaitait que celui-ci se décide enfin à payer les dettes à cause desquelles sa mère était retenue en France&amp;nbsp;; ce qu’apprenant, le père est aussitôt rentré à Paris. Le lendemain de son arrivée, Laura a reçu un coup de téléphone de notre père. Elle a immédiatement senti, m’a-t-elle confié, que quelque chose n’allait pas. Sa voix était différente. Il s’est permis de lui faire la morale et de lui demander de cesser de tromper son amant de Nice (ce qui est vraiment un comble (mes deux sœurs et moi sommes entièrement d’accord sur ce point), venant d’un homme tel que notre père, qui n’a jamais cessé de tromper toutes ses femmes, de ma mère jusqu’à celle dont il partage actuellement la vie). Il exigeait que Laura vînt au plus vite à Paris, pour qu’une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;explication&lt;/em&gt; puisse avoir lieu entre Sabylinthe, son père et le nôtre&amp;nbsp;! Elle a refusé. Après avoir raccroché, elle a téléphoné à Sabylinthe, pour lui demander d’essayer de savoir où était alors son père, car le soupçon lui était venu qu’il pouvait fort bien se trouver avec le nôtre au moment de son appel téléphonique, ce qui aurait pu expliquer la drôle de voix qu’il avait eue pendant leur conversation. Sabylinthe devait la rappeler aussitôt après, pour lui dire ce qu’il en était. Il ne le fit pas. C’est Laura qui finit par lui téléphoner, le soir venu.&amp;nbsp;Lui répondit un Sabylinthe hors de lui. Il savait tout, prétendait-il, son père l’avait éclairé&amp;nbsp;: elle n’était qu’une menteuse, qui n’avait cherché qu’à lui ‘‘pomper son fric’’, à lui ‘‘baiser la gueule’’ et qui n’avait jamais eu l’intention de s’installer à Paris avec lui&amp;nbsp;! Laura tenta bien de lui faire comprendre que son père lui avait menti, mais Sabylinthe ne voulait rien entendre. Si vraiment Laura n’était pas une menteuse, disait-il, elle devait venir à Paris pour une confrontation, ce qu’ayant refusé catégoriquement, elle s’entendit traiter de lâche. Fin de la conversation. Puis elle n’eut plus de nouvelles du garçon pendant plusieurs jours. A l’évidence, les deux pères avaient manœuvré pour détourner Sabylinthe de Laura. A cause de cette traitrise, celle-ci a décidé de couper les ponts avec notre père. Bien que j’aie toujours cru qu’elle avait eu avec ce dernier une ‘‘relation privilégiée’’, Laura m’a confié qu’elle avait depuis longtemps de nombreux griefs contre lui. Cette traitrise était la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On la comprend… Ce qu’on comprend beaucoup moins, c’est ce qui a pu pousser notre père, qui n’est pourtant pas quelqu’un qui se laisse facilement influencer, à commettre une telle trahison. Nous ne voyons qu’une explication qui se tienne&amp;nbsp;: c’est que l’affaire de Tunisie n’était pas si bonne que cela et que le père de Sabylinthe tient le nôtre par les couilles&amp;nbsp;! J’ai tellement tardé à noter le compte-rendu de cette séance chez Tirésias (même dans mon autre journal, où je me contente, le plus souvent, de recopier ce que j’écris dans celui-ci), que j’en ai depuis oublié une bonne part. Je ne sais plus par quel chemin j’étais arrivé à cette conclusion que ma mère, malgré son divorce d’avec lui, il y a plus de vingt ans, était toujours sous l’influence de mon père. C’est un lieu commun, dans ma famille, de dire que mes parents sont restés en bons termes. Mais, je m’en avise depuis quelque temps, la vérité est que ma mère est restée complètement soumise à son ex-mari. Elle dit elle-même qu’elle n’aurait jamais osé divorcer, si ce n’avait pas été lui qui avait demandé à le faire. Elle a toujours eu peur de lui et parce qu’elle n’a jamais eu l’occasion de surmonter sa peur en tenant tête à mon père (ce que le divorce ne lui a pas permis de faire, puisqu’il eut lieu d’un commun accord), elle en est restée l’esclave, je veux dire l’esclave de sa peur, et donc de mon père. Ainsi, plus de vingt ans après leur divorce, celui-ci peut téléphoner à n’importe quel moment pour annoncer son arrivée&amp;nbsp;: ma mère ne saura pas lui refuser l’hospitalité&amp;nbsp;: plutôt que de lui dire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;non&lt;/em&gt; (ce que, soit dit en passant, elle n’a cessé de faire avec moi depuis son divorce), elle l’accueillera, le logera, le nourrira, le craindra et se taira donc de peur de déclencher ses colères. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/12/mercredi-11-novembre-2009.html</guid>
<title>Mercredi 11 novembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/11/12/mercredi-11-novembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Aribaze</category>
<category>Callias</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Elithios</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mon père</category>
<category>Osman</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Pharnace</category>
<category>Tirésias</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 04:44:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Dans le feu de l’action, avant-hier, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; m’a dit qu’il m’aimait. N’étant pas sûr de l’avoir bien entendu, je lui ai demandé de me le répéter, ce qu’il a fait avec une conviction déconcertante, pour une seconde rencontre. «&amp;nbsp;Qu’avez-vous ressenti à ce moment&amp;nbsp;», m’a demandé Tirésias, hier, lors de ma trentième séance avec lui. «&amp;nbsp;J’aurais bien pris mes jambes à mon cou. Et pourtant je me sens bien avec lui.&amp;nbsp;» J’aime le regarder dans les yeux sans rien dire. Je ne suis pas sûr d’avoir dit grand-chose pendant cette séance chez Tirésias. Je ne savais pas de quoi lui parler, parce qu’il s’est passé peu de choses ces derniers temps, exception faite de la cuite impressionnante d’Osman, le week-end dernier, qui avait appris la mort de son grand-père peu après nous avoir rejoints, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, ma sœur et moi, au bar du bel Ascagne, et surtout de la longue conversation que j’ai eue sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, dans la nuit de vendredi à samedi, avec Callias, que j’avais vu plus tôt dans la soirée (avant l’effondrement d’Osman, qu’on a même pu croire un moment dans le coma), et qui s’est beaucoup confié à moi, sans que je sache vraiment s’il l’a fait précisément parce que c’était moi (parce que c’était lui&amp;nbsp;!) ou parce qu’il avait seulement besoin de se confier. Son vieux chat de quinze ans, qu’il avait depuis sa plus tendre enfance, venait de mourir. Il pleurait, à cause de la mort de cet animal, à cause de la violence du deuil d’Osman, en comparaison duquel il trouvait le sien un peu ridicule, et à cause de l’indifférence de son amant (qui est d’ailleurs serveur dans le bar que tient Pharnace, celui-là même&amp;nbsp;au sujet duquel&amp;nbsp;le grand C*** prétendait (mais sans doute était-ce un mensonge) qu’il faisait courir sur moi le bruit que je faisais ‘‘la pute à Toulouse’’). Callias, qui avait fait bonne figure toute la soirée, cachait en réalité les idées les plus sombres derrière son lumineux sourire. Ma sœur dit qu’il est un ‘‘écorché vif’’. Il peut avoir des accès de violence, dont Osman a été une fois le témoin&amp;nbsp;: Callias voulait battre son amant, dont il se sent mal aimé. Et donc, cette nuit-là, j’étais touché d’être celui à qui il confiait son mal-être. Le lendemain, Callias a prétendu que tout était oublié, qu’il allait beaucoup mieux, que c’était l’alcool ingurgité plus tôt dans la soirée qui l’avait fait s’épancher. Tirésias m’a dit que je n’étais pas obligé de lui parler de ce qui s’était passé entre cette séance et la précédente. «&amp;nbsp;Je sais bien, lui ai-je répondu, mais c’est tout de même plus facile pour moi d’appuyer mon discours sur les faits qui se sont produits récemment, comme je fais d’habitude. – Mais justement, c’est peut-être trop facile. Parlez-moi plutôt de vous.&amp;nbsp;» Voici donc ce que j’ai dit&amp;nbsp;: que j’étais plutôt heureux, ces temps-ci, mais que je perdais beaucoup de temps dans la fréquentation de mes amis. Je ne lis plus ni n’écris autant que naguère encore, même si, sans doute, ce journal est devenu plus fourni depuis que j’ai commencé mon analyse&amp;nbsp;; non pas qu’il soit souvent question d’elle dans ce blogue, mais parce que ses heureuses conséquences sur ma vie sociale et peut-être même sentimentale font que j’ai désormais plus de choses à y raconter. Ma vie d’écrivain est un échec. N’était ce journal, je pourrais dire que j’ai quasi renoncé à écrire. Je n’ai jamais été capable de mener à son terme l’un des romans dont j’ai eu l’idée et commencé le travail. L’impossibilité dans laquelle je suis, pendant l’écriture, d’avoir simultanément à l’esprit l’ensemble de ce qui a déjà été écrit et de ce qui doit l’être encore, me donne une sensation de vertige que je trouve insoutenable. C’est comme si j’étais à la fois en train d’errer dans un immense désert, de chercher mon chemin dans un labyrinthe et de tenter de garder l’équilibre au bord d’un gouffre. Je suis devenu incapable de mener à bien tout travail qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;aurait&lt;/span&gt; quelque ampleur. (Déjà, pendant mes études, je m’étais soudain trouvé dans l’impossibilité de terminer mes dissertations.) Plutôt que de subir ce vertige, je préfère détourner le regard et ne pas travailler. «&amp;nbsp;Ne pas travailler… – Oui, ne pas travailler. Ah&amp;nbsp;! Vous pensez sans doute que c’est pour le même genre de raison que je n’ai pas de véritable travail…&amp;nbsp;» De même que j’étais devenu incapable de terminer une dissertation en temps limité, de même, la pensée de mener un travail dans l’urgence, par exemple, ce qui peut arriver dans la vie professionnelle, me terrifie&amp;nbsp;: j’aurais trop peur que la qualité de mon travail ne satisfasse pas mon employeur. L’organisation hiérarchique de tous les milieux professionnels me semble impossible à affronter. Si j’aime mon travail de distributeur de prospectus, c’est parce que je peux l’organiser à ma guise (du moment qu’il soit fait dans les temps) et l’effectuer en étant absolument seul. «&amp;nbsp;Ce que vous n’aimez pas, me dit Tirésias, c’est que la volonté d’un autre s’impose à vous. – Oui, c’est possible, d’ailleurs, je n’ai pas beaucoup aimé qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; me dise, hier soir, qu’il était tombé amoureux de moi. Je n’aimais pas l’entendre m’imposer son amour.&amp;nbsp;» Les garçons me reprochent souvent de leur préférer la chienne Pélagie, qui a le droit de dormir dans ma chambre, contrairement à eux. J’aime beaucoup les chiens. Ils sont comme des peluches vivantes qu’on peut aimer sans danger. L’amour de ces bêtes ne s’impose pas à leurs maîtres. Je dis que j’aime les chiens, mais c’est les chiennes que j’aime surtout, les femelles et non pas les mâles. «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;? Pourquoi donc les femelles&amp;nbsp;? – Pourquoi&amp;nbsp;? Je ne sais pas… – C’est probablement parce que vous aimez dominer et qu’il vous semble plus facile de dominer une femelle. – Oui, c’est possible. D’ailleurs, j’ai toujours aimé terroriser les chats. Or je vous avais dit,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;au début de cette analyse&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, que j’associais les chats à mon père, qui avait dessiné l’une de ces bêtes, un jour de ma plus tendre enfance, sur le mur de ma chambre. J’étais dans les bras de ma mère, et j’avais fait un caprice, parce que je ne comprenais pas pourquoi mon père avait sali mon mur.&amp;nbsp;» (Avais-je interprété ce dessin comme une marque que mon père voulait m’imposer, une marque de sa volonté concurrente&amp;nbsp;?) Terroriser les chats, dans mon enfance, c’était sans doute, inconsciemment, me venger de mon père, le dominer enfin. Est-ce à dire que les chiennes sont le symbole de ma mère&amp;nbsp;? Je n’ai pas pensé à dire à Tirésias que Pélagie était le nom de ma chienne. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pélagie&lt;/em&gt;, c’est la mer. De la mer à la mère, il n’y a qu’un pas, que le psychanalyste franchirait aisément. «&amp;nbsp;C’est vous qui venez de le franchir, m’aurait-il sans doute répliqué, puisque c’est vous qui l’avez dit.&amp;nbsp;» J’ai écrit tout à l’heure que j’aimais regarder &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; dans les yeux sans rien dire. C’est peut-être parce qu’il a le regard simple et franc d’un bon chien. J’aime aussi regarder Pélagie dans les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/03/vendredi-2-septembre-2009.html</guid>
<title>Vendredi 2 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/03/vendredi-2-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Frédéric P***</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Phidippide</category>
<category>Sabine</category>
<category>Sandrine F***</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Sat, 03 Oct 2009 03:31:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Vingt-huitième séance chez Tirésias&amp;nbsp;: Il m’est arrivé une chose étrange,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/01/mercredi-30-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;mercredi après-midi&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, à la bibliothèque. J’y ai aperçu Sandrine F***. Elle avait laissé sa sublime rousseur lui tomber jusqu’aux hanches. Nous ne nous sommes salués que d’un signe de nos têtes. J’aurais voulu me lever de ma chaise pour aller jusqu’à elle, mais au moment de le faire, je me suis trouvé comme cloué à mon siège. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Mes bras et mes jambes tremblaient. J’ai dû poser sur la table de lecture le crayon que j’ai toujours à la main, que je n’arrivais plus à tenir. Je me suis senti littéralement foudroyé par cette divinité, dont le passage en ces livres m’a fait le même effet que certaines de ces fulgurances dont on est parfois saisi au détour d’une page, qui empêchent la poursuite de la lecture, le temps qu’il faut pour se remettre de leur pénétration, à moins que ce ne soit précisément le temps qu’elles mettent à se frayer dans la chair une plaie jusqu’aux tréfonds… En même temps est arrivé celui&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/12/vendredi-11-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que j’ai appelé le jeune dieu tutélaire de cette bibliothèque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Il s’est assis face à moi, mais à une autre table. Il était tard et le soleil, bas et peut-être un peu roux lui aussi, illuminait les genoux, les mollets, les chevilles du garçon, dont la chair, splendide, radieuse, me semblait presque inhumaine, adorable, proprement divine. Je ne pouvais plus lire. Je ne pouvais plus rien. Sabine, en Allemagne, et Frédéric P***, que j’aimais tous deux, m’avaient fait croire un jour, par jeu, qu’ils étaient épris l’un de l’autre. Déjà cette fois, j’avais perdu le contrôle de moi-même&amp;nbsp;: exactement comme mercredi, devant Sandrine F***, pure idée jaillie des livres, et le garçon, son page entre les pages. Il est tout de même curieux que ces deux êtres, étrangers l’un à l’autre, m’aient causé le même accablement qu’avaient fait Sabine et Frédéric, qui se connaissaient entre eux. Mes deux divinités avaient pourtant bien une chose en commun, c’était le regard indifférent&amp;nbsp;; le regard sans chaleur de Sandrine, qui ne semblait pas même joyeuse, pas même surprise (preuve de sa divinité&amp;nbsp;?), de retrouver un ancien camarade de classe, comme si nous nous étions quittés la veille&amp;nbsp;; quant au jeune dieu tutélaire, son regard était celui de quelqu’un qui lève un instant le nez de son livre pour y replonger aussitôt les yeux&amp;nbsp;: c’était un regard presque absent. J’étais regardé sans être vu. «&amp;nbsp;‘‘Divinité’’, ‘‘dieu tutélaire’’&amp;nbsp;», me dit Tirésias. «&amp;nbsp;Bien sûr&amp;nbsp;: tout cela me renvoie à ma propre condition d’être bassement humain.&amp;nbsp;» Je ne suis que cette boue toujours indigne de ce qui m’inspire du désir. Et ma mère, qui m’a interdit de toucher les femmes, trop sacrées pour que j’aie le droit d’y porter la main. Non seulement je ne me sens pas le droit de toucher, mais même de regarder ce que je trouve beau. Ma grande peur est que mon regard soit surpris par ce que je regarde. Dans le même temps, je prends plaisir à regarder ce que je sais ne pas être conscient de mon regard. Je suis un peu voyeur. Paradoxe&amp;nbsp;: je ne supporte pas d’être regardé, mais c’était précisément les ‘‘regards sans me voir’’ de Sandrine F*** et du garçon qui m’accablaient. C’est peut-être de ne pas être vu tel que je suis ou tel que je voudrais être qui m’accable. «&amp;nbsp;Le regard, le &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;regaaaard&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Dites-moi les pensées qui vous viennent à ce sujet, m’a demandé Tirésias. – Ce qui me vient à ce sujet&amp;nbsp;? Je ne sais pas, moi… C’est ce que je viens de vous dire, qui me vient à l’esprit&amp;nbsp;! (Un silence.) Là, par exemple, ce qui vient de me traverser l’esprit, c’est mon reflet dans la glace. Il me semble que depuis que j’ai commencé cette analyse, je me vois vieillir. Ou plutôt, je suis en train de m’apercevoir que j’avais commencé de vieillir avant de vous consulter, car je ne peux pas croire que toutes les rides que je me découvre, toutes ces petites imperfections de la peau, me soient venues en moins de six mois&amp;nbsp;! &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En me regardant dans le miroir, je me vois désormais tel que je suis sans doute. – Oui, c’est tout à fait normal. Commencer une analyse, c’est accepter de regarder en soi, et donc de se regarder en face.&amp;nbsp;» Pourtant, nombreux sont ceux qui me disent qu’ils me croyaient beaucoup plus jeune ou qui, connaissant mon âge, trouvent que je ne le fais pas. A dire le vrai, les avis sont fort &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;partagés&lt;/span&gt; quant à cette question des plus délicates. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, par exemple, se moque de moi lorsque je lui dis que je fais croire, sur Internet, que je n’ai que vingt-sept ans. «&amp;nbsp;Tu dois en décevoir beaucoup, me dit-il, si tu leur annonce cet âge. Tu fais beaucoup plus vieux&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Mais don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, qui a regardé dernièrement les photos de moi que j’ai publiées sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, me disait encore tout récemment que je semblais avoir trouvé une seconde jeunesse. Un garçon beaucoup plus jeune que moi prétendait hier encore, en toute bonne foi, qu’il avait cru que je n’avais pas vingt-trois ans&amp;nbsp;! Je ne sais plus quel est mon âge. Quand je me regarde dans le miroir, je commence à voir en effet quelqu’un qui pourrait avoir l’âge du Christ. Mais celui que j’aperçois dans les yeux de mon prochain, ou du moins le reflet que j’apprête spécialement pour ses yeux, à grand renfort de crèmes cosmétiques, de repos et de sommeil (qui est le secret de la fraîcheur), est encore un tout jeune homme. En revanche, si je ferme les yeux, pour mieux considérer ma solitude et mon inadaptation dans le monde où je suis, j’ai l’impression d’avoir mille ans. Ou plutôt, j’ai l’impression d’être un tout petit enfant de mille ans. Je n’avais rien dit de plus, lors de la vingt-septième séance, jeudi 24 septembre, que ce que j’avais noté dans ce journal&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/21/dimanche-20-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le dimanche 20&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Mais Tirésias a cru bon d’ajouter que &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;noli me tangere&lt;/em&gt;, «&amp;nbsp;ne me touche pas&amp;nbsp;», signifiait peut-être aussi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;ne m’émeus pas, ne m’atteins pas, ne me blesse pas, ne me fais pas souffrir&amp;nbsp;». Je ne voudrais plus souffrir à cause de cette femme, ma mère, qui me l’a déjà fait tant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/21/dimanche-20-septembre-2009.html</guid>
<title>Dimanche 20 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/21/dimanche-20-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mon père</category>
<category>Osman</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 00:22:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Et si c’était parce que je suis dans mon âge du Christ que tout cela s’était passé, que tout cela se passait maintenant, c’est-à-dire depuis que Camille m’a quitté, le&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/04/lundi-3-novembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;2 novembre 2008&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, date anniversaire de ma naissance, jour des morts, où je suis donc entré en cet âge symbolique, l’âge de mourir et de renaître&amp;nbsp;? J’assistais hier au concert d’orgue qui était donné en l’église de Saint-Pierre-du-Mont. Comme c’étaient ce week-end les journées du patrimoine, des tableaux étaient exposés dans ladite église. L’un de ces tableaux, qui fait en réalité partie de la collection permanente, était intitulé &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Noli me tangere&lt;/em&gt;. J’ai reçu comme une gifle ce titre prononcé par le curé qui commentait les œuvres. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Noli me tangere&lt;/em&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;nondum&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;enim&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;ascendi&lt;/span&gt; ad &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Patrem&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;meum&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Tirésias m’avait dit que j’avais manqué d’un père pour me détacher de ma mère. C’est peut-être parce que j’ai atteint cet âge où l’on meurt et renaît que le contact physique avec ma mère, qui m’est pénible depuis si longtemps, m’est devenu cette année à ce point insupportable. Il me semble avoir remarqué, lors de sa récente visite, que mes sentiments pour mon père s’étaient beaucoup apaisés. J’ai infiniment moins de dégoût pour lui que naguère encore, comme si l’‘‘ascension’’ vers mon père était l’autre condition de ma renaissance (la première étant la séparation d’avec ma mère). C’est encore parce que je viens probablement d’atteindre la moitié de ma vie. Je suis retourné cet après-midi dans la même église, accompagné cette fois d’Osman, pour assister à la lecture du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Chemin de Croix&lt;/em&gt; de Claudel, sur lequel Pierre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Pincemaille&lt;/span&gt; improvisait à l’orgue. Il m’a semblé que presque tout le texte de la septième station parlait très précisément de moi&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Ce n’est pas la pierre sous le pied, ni le licou tiré trop fort, c’est l’âme qui fait défaut tout à coup. Ô milieu de notre vie&amp;nbsp;! Ô chute que l’on fait spontanément&amp;nbsp;! Quand l’aimant n’a plus de pôle et la foi plus de firmament, parce que la route est longue et parce que le terme est loin, parce que l’on est tout seul et que la consolation n’est point&amp;nbsp;! Longueur du temps&amp;nbsp;! Dégoût en secret qui s’accroît de l’injonction inflexible et de ce compagnon de bois&amp;nbsp;! C’est pourquoi on étend les deux bras à la fois comme quelqu’un qui nage&amp;nbsp;! Ce n’est plus sur les genoux qu’on tombe, c’est sur le visage. Le corps tombe, il est vrai, et l’âme en même temps a consenti. Sauvez-nous de la seconde chute que l’on fait volontairement par ennui.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» Camille a été ma croix. C’était un garçon d’une grande nervosité. La tension en lui était telle que son corps semblait chaque jour se raidir un peu plus, peut-être à cause de moi, qui ne savais pas y faire avec lui. Il était si passif, au lit, que je n’aurais sans doute pas été surpris de le voir les bras en croix&amp;nbsp;! Camille fut pour moi littéralement «&amp;nbsp;ce compagnon de bois&amp;nbsp;» dont parle Claudel. C’est lorsqu’il s’est échappé, croix tombant de mon épaule, à laquelle il était venu s’appuyer, que j’ai moi-même chuté. Mais tout cela était&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;sans doute la condition de ma lente résurrection.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/18/jeudi-17-septembre-2009.html</guid>
<title>Jeudi 17 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/18/jeudi-17-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Aribaze</category>
<category>Ascagne</category>
<category>Bérélise</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mnasyle</category>
<category>Thessalonice</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Fri, 18 Sep 2009 01:35:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; La vingt-sixième séance chez Tirésias aujourd’hui fut sans doute celle où j’ai le moins parlé. Mes phrases, dont je peinais à trouver l’‘‘inspiration’’, étaient séparées par de très longs silences. Je n’ai absolument rien dit de nouveau&amp;nbsp;mais n’ai fait que répéter, me semble-t-il, des choses que j’avais déjà dites. J’ai commencé par raconter que je suis sorti hier soir avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Thessalonice&lt;/span&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Bérélise&lt;/span&gt; et ma sœur. Nous sommes allés dans le bar que tient le bel Ascagne. (Long silence.) Il y avait dans ce bar un jeune-homme qui me plaisait. (Long silence.) Pourtant, depuis &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;, j’ai rarement envie d’avoir des relations physiques. Je ne vais même plus &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatter&lt;/em&gt;, comme il m’arrivait parfois, pour faire des rencontres sexuelles. (Long silence.) Je supporte toujours aussi mal la proximité physique de ma mère. Quand elle est à côté de moi, j’ai toujours peur qu’elle m’effleure par inadvertance. Dans ces moments-là, toute mon attention est focalisée sur les moindres gestes de ma mère, à cause desquels elle pourrait me toucher sans le vouloir (car je le lui ai bien sûr interdit). Tirésias me demande d’en dire plus sur ce que je ressens dans ces cas-là. (Long silence.) «&amp;nbsp;J’éprouve à la fois le besoin de prendre la fuite…et… et une sensation de dégoût… (Dit dans cet ordre&amp;nbsp;: fuite, dégoût.) – Oui, à la fois du dégoût et quoi d’autre&amp;nbsp;? – Du dégoût et le besoin de fuir. – Vous ressentez à la fois le besoin de fuir, dites-vous, et quoi d’autre&amp;nbsp;? – Vous avez raison, je me suis mal exprimé. Le besoin de fuir est la conséquence de mon dégoût. Je n’aurais pas dû dire ‘‘à la fois’’, qui vous a fait croire que j’allais ajouter quelque chose en balancement de ce que j’avais déjà dit.&amp;nbsp;» Suit encore un silence pour le coup réellement à la fois buté et gêné de ma part. Puis Tirésias me délivre en disant ceci&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous éprouvez à la fois le besoin de fuir votre mère et la sensation d’être happé par elle.&amp;nbsp;» Je réprime alors difficilement un rire nerveux. «&amp;nbsp;Vous devez avoir raison. D’ailleurs, j’ai les mêmes sortes de sentiments avec mes relations amoureuses. J’ai tendance à fuir ceux qui m’attirent, comme je fuis en ce moment &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;. – &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ouiiii&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ouiiii&lt;/span&gt;, très bien&amp;nbsp;! Nous allons nous arrêter là pour aujourd’hui.&amp;nbsp;» Ouf&amp;nbsp;! Je ne comprends pas pourquoi j’ai tellement peiné à dire cette chose que j’ai déjà plusieurs fois écrite dans ce journal et même dite à Tirésias lors d’autres séances. Se peut-il que des choses dont l’analyse a permis de prendre conscience (en l’occurrence, le fait que je ne supporte d’être sous l’emprise de personne, ni de ma mère, ni d’un &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;) soient de nouveau refoulées au cours même de l’analyse&amp;nbsp;? Et pourquoi cela&amp;nbsp;? Est-ce que cela signifie quelque chose&amp;nbsp;? Il faudrait que je pose la question à Tirésias la prochaine fois. Cela me fera au moins une chose à lui dire. Ou si je ne veux pas admettre que je suis, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;horresco referens&lt;/em&gt;, attiré, mais oui, ce doit être ça, je m’en rends compte en l’écrivant, que je suis &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;attiré&lt;/em&gt; par ma mère&amp;nbsp;? Quelle horreur&amp;nbsp;! J’avais d’abord parlé de mon besoin de fuir. La tournure commençant par les mots ‘‘à la fois’’ annonçait en balancement du premier, un second élément, paradoxal. Or j’ai parlé de dégoût, qui ne peut être, en bonne logique, que la cause du besoin que j’éprouve de prendre la fuite. Ce qui aurait dû venir en balancement des premiers termes, c’est quelque chose comme leur contraire. Mais qu’est-ce que ce peut bien être que le contraire de fuir&amp;nbsp;? Se réfugier&amp;nbsp;? Est-ce que j’aurais aussi le désir de trouver refuge dans les bras de ma mère, ces bras dont je ne supporte pas le contact&amp;nbsp;? Je n’arrive pas à croire que, même inconsciemment, j’éprouve un désir si contraire à mes instincts. Comment pourrais-je désirer d’être embrassé par ma mère (pris dans ses bras), alors que je ne supporte pas son emprise, pas même un simple baiser sur la joue&amp;nbsp;? Par contre, il est possible que, pour avoir eu une telle mère, j’aie manqué d’une mère, c’est-à-dire d’une véritable mère, dans les jupes de laquelle j’aurais pu trouver refuge.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/10/jeudi-10-septembre-2009.html</guid>
<title>Jeudi 10 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/10/jeudi-10-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Aribaze</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mnasyle</category>
<category>Mon père</category>
<category>Phidippide</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 03:12:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; (Je ne recopie que le 14 septembre 2009 ces notes (prises un peu rapidement), que je publie néanmoins dans ce blogue à la date où je les avais écrites (le jour-même) dans le journal de mon analyse.) Vingt-cinquième séance chez Tirésias. Inconsciemment, j’avais décalé mon rendez-vous d’une heure, auquel je suis donc arrivé très en retard. «&amp;nbsp;Pensez-vous que c’est un acte manqué, ai-je demandé à Tirésias. – Je ne sais pas. Dites-moi ce qui vous fait croire qu’il s’agit peut-être d’un acte manqué. – Depuis quelque temps, je me demande ce que je vais bien pouvoir vous raconter pendant ces séances. – Alors il s’agit bien d’un acte manqué.&amp;nbsp;» Suis sorti hier avec ma sœur et des amies. Avons parlé de sexe. Les femmes sont vraiment très crues quand elles parlent de sexe. Vie sexuelle apparemment très active de ma sœur, contrairement à moi, qui n’ai pas très envie d’aventures depuis Mnasyle. (A cause de mes ‘‘amis’’, qui voudraient tous me voler les garçons sur lesquels j’ai des vues.) J’ai tout de même rencontré Aribaze, à qui je plais et qui me plaît aussi. Mais je remets à plus tard le début d’une éventuelle relation entre nous. (Nous n’avons pas même eu de relation sexuelle.) Aribaze pourrait me convenir parce qu’il a un très fort caractère, grâce auquel il est bien armé pour supporter le mien. Mais il me déplaît de l’avoir rencontré par l’intermédiaire de mes ‘‘amis’’. J’ai peur de me le faire voler. Je ne me sens pas à la hauteur d’une telle compétition. Dans le même temps, je trouve cette compétition indigne de moi. J’aime encore mieux laisser un garçon qui me plaît à ceux qui veulent me le prendre. C’est d’ailleurs ce que j’avais fait avec Camille et Mnasyle, le premier abandonné à ce chien d’Ascylte, le second abandonné à son sort, parce que les gens autour de moi m’avaient trop fait voir le désir qu’ils avaient pour lui. Tirésias&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;‘‘Laisser’’, ‘‘prendre’’…&amp;nbsp;» Grand sourire de ma part&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je me rends compte, en effet, que pour moi, ‘‘aimer’’, c’est posséder.&amp;nbsp;» Et de fait, je ne suis sexuellement qu’actif, jamais passif. «&amp;nbsp;Vous n’arrivez pas à vous faire posséder. – Non&amp;nbsp;: je n’arrive pas à me donner entièrement.&amp;nbsp;» Je ne supporte pas d’être sous quelque emprise que ce soit. L’emprise de ma mère a été absolue sur moi. Aribaze plaît beaucoup à cette dernière. Si Aribaze m’attire, c’est sans doute parce qu’il n’est pas attaché exclusivement à moi. Je sais qu’il a couché avec Phidippide et un garçon que nous avons rencontré à la fameuse plage des Casernes, à Seignosse, dont tous ne cessaient de me parler et que je ne connaissais pas. La saine ‘‘infidélité’’ d’Aribaze me rassure. Qu’il ne soit pas attaché exclusivement à moi me permet de ne pas me sentir trop lié à lui, trop sous son emprise. De même, son désir de retourner en Nouvelle-Calédonie, d’où il est, me fait penser qu’il ne risque pas de s’installer définitivement dans ma vie. Mon père était très infidèle. Ai-je le sentiment que ma mère attend de moi que je sois fidèle à Aribaze (qui lui plaît tellement, comme elle me l’a bien fait comprendre)&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/03/jeudi-3-septembre-2009.html</guid>
<title>Jeudi 3 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/03/jeudi-3-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Aribaze</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mon père</category>
<category>Sabylinthe</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 03:08:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; (Je ne recopie que le 14 septembre 2009 ces notes (prises un peu rapidement), que je publie néanmoins dans ce blogue à la date où je les avais écrites (le jour-même) dans le journal de mon analyse.) Vingt-quatrième séance chez Tirésias. Ai parlé des ennuis que Julie a eus avec Cyrille. Une fois de plus, j’avais raison&amp;nbsp;: raison de me méfier de lui. Une fois de plus, elle avait tort. Sentiment que ma sœur sera toujours mineure (parce qu’elle est ma cadette&amp;nbsp;?). Grandes tensions entre ma mère et moi, atténuées par la mauvaise opinion que nous avons toujours eue de Cyrille, dont il est souvent question entre nous, maintenant qu’il cause tant d’ennuis à ma sœur. Je ne supporte pas, non seulement que ma mère me dise &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;non&lt;/em&gt;, mais encore qu’elle me face la moindre remarque. Rencontre d’Aribaze (dont je m’avise que je n’avais encore jamais parlé dans ce journal). Ma mère l’apprécie. Me trompais-je sur le regard qu’elle porte sur les hommes&amp;nbsp;? Tous ne la dégoûtent apparemment pas. Il est vrai qu’Aribaze n’est pas exactement le prototype des hommes tels que les conçoit et déteste ma mère. C’est un véritable boute-en-train, qui se moque souvent de lui-même et qui, donc, en un sens, se moque des hommes&amp;nbsp;: d’où que ma mère l’apprécie&amp;nbsp;; elle l’apprécie en tant qu’elle ressent qu’il a la même opinion des hommes qu’elle… Quel est le type d’hommes de ma mère&amp;nbsp;? Les efféminés tels que celui qu’elle m’a fait devenir&amp;nbsp;ou les véritables hommes, tels mon père, celui qu’elle avait épousé, après tout&amp;nbsp;? Les admirateurs de mon père plus jeunes que lui (comme Sabylinthe). Est-ce que ma mère pourrait être une lesbienne et mon père un pédé&amp;nbsp;? Tirésias m’a demandé quels étaient mes rapports avec mon père, durant mon enfance. Il me semble qu’ils étaient ‘‘normaux’’. Nous jouions souvent ensemble, aux jeux que les pères ont avec les fils. Mais sans doute préférais­-je ma mère, comme c’est souvent le cas des petits garçons. Tirésias voudrait que j’analyse mes souvenirs de cette époque (l’enfance) où la personnalité se forme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
</channel>
</rss>