04/11/2009

Ista cum lingua (d'après Catulle, 98)

A qui donc mieux qu’à toi, ô mon puant Dorante,

S’applique ce dicton qu’on fit contre les fats,

Ces bavards ne sachant que nous donner le… fa :

« Avecques une langue aussi malodorante,

S’il en était besoin, tu pourrais pourlécher

Des chattes et des culs ou de crasses babouches. » ?

Sais-tu que tu n’aurais qu’à entrouvrir la bouche,

Si tu nous voulais tous sous la lame coucher ?

Dorante, ouvre-la donc, et ta fétide haleine

Ne fera qu’un désert et des monts et des plaines.

16:02 Publié dans 2009, Dorante, Rimes et vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

14/10/2009

Mardi 13 octobre 2009

            O rem ridiculam, mon journal, et iocosam ! Voici la charmante scène, mais qui m’a paru fort étrange, dont je fus cet après-midi le témoin. Sans doute est-ce l’époque qui me la fait trouver étrange. J’étais en train de décharger de ma voiture, qui était honteusement garée sur un trottoir, une partie de ma cargaison de prospectus, pour les distribuer dans le quartier. Quand arrive une colonne d’écoliers, précédée de l’instituteur. En passant devant moi, certains enfants me saluent poliment. Je leur réponds le plus indifféremment possible, de peur, sans doute, par les temps qui courent, de passer pour un pédophile ! Il me suffit largement d’être raciste, homophobe, incitateur de haine et promoteur de la prostitution. Je laisse aux ministres et autres cinéastes la pédophilie (que je condamne évidemment, comme d’ailleurs la prostitution, le racisme, l’homophobie et ainsi de suite !). Mais voici ce que j’ose à peine écrire qui m’a ému, dont je fus le témoin. Deux garçons semblaient fermer volontairement la colonne, pour pouvoir se tenir enlacés comme des amoureux, sans être vus du reste des élèves, ai-je pensé. Car je me suis souvenu de ma propre enfance : à l’âge de ces garçons, qui n’avaient que dix ou onze ans, jamais je ne me serais permis d’enlacer ainsi un camarade de classe. J’étais déjà trop conscient de ma ‘‘différence’’, pour parler comme tous ces pédés, pour risquer de la faire découvrir aux autres en ayant de tels gestes. Mais je me suis demandé si ces autres, de mon temps, ceux qui n’avaient pas de ‘‘différence’’, ou du moins pas de différence de cet ordre, se laissaient aller à de telles démonstrations d’amitié entre eux, comme il paraît qu’il est fréquent dans certains pays, du Maghreb en particulier, et jusque bien au-delà de l’enfance. Ces deux garçons n’étaient-ils que de bons camarades, des frères, peut-être, qui ne cherchaient absolument pas à se cacher, mais que le hasard avait fait fermer la marche de cette classe ; ou s’ils étaient bien de petits amants profitant du retour vers l’école toute proche pour se donner des marques d’affection ? Le fait que je me pose de telles questions me classe-t-il parmi ces malheureux parias que l’époque abhorre ? Se servira-t-on du texte que je viens d’écrire pour briser ma carrière politique, dans vingt ans, quand je serai ministre du prince qui règnera sur une France devenue plus schizophrène encore, peut-être même carrément musulmane ? (Cela dit sans vouloir offenser les musulmans, bien sûr, pour lesquels je m’empresse d’ajouter que j’ai beaucoup de respect, pour ne pas dire le plus grand amour, et même la plus folle passion : c’est leur religion que je n’aime pas, si du moins il est encore permis de ne pas l’aimer, ce qui n’est peut-être déjà plus le cas, comme m’a laissé récemment entendre un internaute complice de l’islam, c’est à savoir Dorante, comme je crois qu’il m’est arrivé de le nommer dans ce journal. Si vraiment il n’est plus permis de ne pas l’aimer, soyons prudent, et disons plutôt que je ne la connais pas encore assez intimement pour m’être avisé de tout ce qu’elle recélait de si aimable, de si désirable, de si préférable, pour nous autres Français qui nous étions jusqu’alors si bien passé d’elle. Délire franchouillard, dirait Félicité-Coupable, qui a probablement raison. Ah ! Vivement que j’emprunte mon propre chemin de Damas, un chemin de Damas mahométan, ce qui, d’un point de vue strictement géographique, devrait aller sans dire.)

13:41 Publié dans 2009, Dorante, Félicité-Coupable, Journal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

25/09/2009

Jeudi 24 septembre 2009

            Tityre, qui n’a toujours pas de connexion Internet digne de ce nom mais envisage sérieusement d’en acquérir, ne serait-ce que pour trouver plus facilement de quoi baiser (« je suis de la vieille école, moi, dit-il encore, mais sans plus vraiment y croire, je vais donc dans les bois et les saunas ! »), a profité de son séjour à Bordeaux, ce week-end, chez le terrible Cléomédon, pour lire en partie ce journal. « J’ai lu ton journal, Olivier. Ce Tityre, c’est moi, n’est-ce pas ? – Ah ? Je ne sais pas, c’est possible… – Tout de même, tu y vas fort ! A un moment, tu écris que Clinias est un paysan et un demeuré. Non, pas un paysan, mais quelque chose comme ça. » J’en suis moi-même tombé des nues. J’aurais donc médit du beau Clinias ? J’en ai peur. Voici ce que j’écrivais en effet le quinze avril dernier : « Quelque chose dans sa façon de se tenir et de se taire, son accent quand il parlait, le col relevé de son polo rentré dans le pantalon, me faisaient penser qu’il avait quelque chose et d’un plouc et d’un demeuré. » Mais j’ajoutais aussitôt : « dans le même temps, je me disais que sa réserve était peut-être une démonstration d’intelligence faite aux intarissables Tityre et Cléomédon qui, plus âgés que nous, n’apprécient guère qu’on leur réponde : ils préfèrent qu’on acquiesce à ce qu’ils disent, quand ils entendent qu’on acquiesce, car le plus souvent, ils sont tout à leurs dialogues de sourds et, même, ils ne s’entendent pas eux-mêmes, préférant se contredire plutôt que de ne pas avoir le dernier mot ! » Je veux bien croire que ma plume semble un peu acérée à ceux de mes amis qui me lisent. « C’est que ce journal, ai-je dit à Tityre, pour ma défense (molle défense, j’en conviens, mais il est vrai que celui-ci ne m’accusait de rien, ce qui m’a d’ailleurs un peu surpris, car je l’aurais cru plus contrarié du portrait peu reluisant qu’il a pu m’arriver de faire de lui), c’est que ce journal est un ‘‘défouloir’’ pour moi. » La vérité est que s’il est un sujet dont je n’ai pas la moindre envie de parler avec mes amis, c’est bien ce journal. Libre à eux de le lire, s’ils connaissent son existence, mais libre à moi de ne pas répondre à ce qu’ils ont à m’en dire. Cette attitude est d’ailleurs peu défendable, puisqu’elle revient finalement à ne pas vouloir assumer entièrement la responsabilité de ce que j’écris… En portant plainte contre moi, Monsieur Véto ne s’est pourtant pas privé de me rappeler cette responsabilité ! Tout récemment encore, mais sur mon autre blogue, des internautes, membres du site de pédés habituel, ont manœuvré pour me faire effacer un texte qu’ils considéraient comme raciste (selon une certaine Félicité-Coupable (dont je prends soin, pour ne pas la froisser (car il faut se méfier de ces bêtes-là) de changer le faux nom derrière lequel elle se cache) et incitant à la haine, selon un autre internaute, que nous appellerons prudemment Dorante. Le webmestre du site sur lequel je publie mon autre blogue, écoutant évidemment ces délateurs, s’est empressé d’exiger que j’efface le texte en question, de façon tout à fait arbitraire, puisque tout cela s’est passé sans qu’aucune forme légale soit respectée. La loi n° 2004-575 stipule, en effet, dans son article 6-I-5 : « La connaissance des faits litigieux est présumée acquise par les personnes désignées au 2 [en l’occurrence, le webmestre] lorsqu’il leur est notifié les éléments suivants : - la date de la notification ; - si le notifiant est une personne physique : ses nom, prénoms, profession, domicile, nationalité, date et lieu de naissance ; si le requérant est une personne morale : sa forme, sa dénomination, son siège social et l’organe qui la représente légalement ; - les nom et domicile du destinataire ou, s’il s’agit d’une personne morale, sa dénomination et son siège social ; - la description des faits litigieux et leur localisation précise ; - les motifs pour lesquels le contenu doit être retiré, comprenant la mention des dispositions légales et des justifications de faits ; - la copie de la correspondance adressée à l’auteur ou à l’éditeur des informations ou activités litigieuses demandant leur interruption, leur retrait ou leur modification, ou la justification de ce que l’auteur ou l’éditeur n’a pu être contacté. » Comme je n’ai pas été contacté par mes délateurs, je doute que le webmestre ait reçu copie de la correspondance qui aurait dû m’être adressée, dans laquelle etc. A strictement parler, le webmestre n’avait pas connaissance des faits litigieux. Il n’avait donc pas à exiger de moi le retrait du texte qu’il m’était reproché d’avoir écrit. D’un autre côté, puisque j’ai effacé ledit texte malgré le caractère pour le moins irrégulier de la demande qui m’en était faite, sans doute pourrait-on considérer que je me suis censuré de mon plein gré ! Enfin, non pas tout à fait de mon plein gré, car le message électronique du webmestre n’était pas sans me menacer des foudres de la loi, même si, paradoxalement et comme j’ai dit, il le faisait sans respecter aucune forme légale… J’ai demandé à mes délateurs de me dire très précisément ce qui, dans mon texte (je dis bien dans le texte et non pas dans leur esprit), était répréhensible. Soit ils en ont été incapables, soit ils ne l’ont pas voulu, tout simplement parce qu’ils n’y trouvaient réellement rien de répréhensible. C’est la raison pour laquelle j’estime qu’ils pourraient eux aussi « faire l’objet de poursuites », pour reprendre les mots qu’a utilisés le webmestre, mais au sujet de mon texte. La même loi, dans son article 6-I-4, prévoit en effet que « Le fait, pour toute personne, de présenter aux personnes mentionnées au 2 [toujours le webmestre ici] un contenu ou une activité comme étant illicite dans le but d’en obtenir le retrait ou d’en faire cesser la diffusion, alors qu’elle sait cette information inexacte, est puni d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 15000 EUR d’amende ». Mais je suis bien trop pauvre, moi qui gagne moins de 600 EUR par mois, pour recourir aux services d’un avocat et faire valoir mes droits. J’envierais presque Juan Asensio, qui semble avoir les moyens, lui, de se défendre en ce moment contre des ennemis pourtant bien plus déterminés que les miens ! (La scigalomachie fait rage.) L’argent est toujours le nerf de la guerre, et c’est précisément parce que je n’en ai pas que des internautes sous pseudonymes, c’est-à-dire des corbeaux, de vulgaires auteurs de lettres anonymes (car je doute qu’ils aient donné au webmestre, comme l’exigerait pourtant la loi, leurs nom, prénoms, profession et domicile !), sont parvenus une fois à me museler, ce qui me semble être une grave atteinte, paraît-il fréquente sur Internet, à la liberté d’expression, conséquence immédiate de la liberté de penser, qui est, avec celui de vivre, l’un des plus grands droits de l’homme. Tout cela faute de moyens ! C’est vraiment rageant. Et c’est dire si cet imbécile d’Aribaze me met hors de moi lorsqu’il s’amuse à dire à tout le monde que je ne suis qu’un faignant qui vit des rentes de ses parents ! Quel con ! (Même s’il est vrai que je ne suis pas toujours très vaillant, la preuve…) Plus que jamais, ces temps-ci, je ressens la précarité de ce blogue, qui pourrait disparaître du jour au lendemain, sans laisser aucune trace. Peut-être faudrait-il que j’envisage d’être mon propre hébergeur, si c’est possible, ou d’acheter un ‘‘nom de domaine’’, comme je crois qu’on dit. Mais évidemment, tout cela doit coûter de l’argent, dont je suis fort dépourvu. A cause des misères qui m’ont été faites, j’en viendrais presque à souhaiter une liberté d’expression totale pour tous, sans aucune espèce de limitation, non pas parce que je suis indifférent aux souffrances réelles que peuvent causer à certaines personnes des affirmations choquantes (la négation de crimes contre l’humanité, par exemple, ou même, plus simplement, les injures), mais parce que le risque d’être aveuglé par ses propres opinions pour juger des opinions d’autrui est trop grand, parce qu’on ne peut pas juger des idées comme des faits. Mon argument en faveur d’une liberté d’expression totale serait à peu près le même que peuvent avancer ceux qui sont contre la peine de mort : s’il y a toujours un risque de condamner à mort un innocent, le risque me semble infiniment plus grand (parce qu’il est doublé d’une tentation évidente) de faire taire quelqu’un dont l’opinion heurte, choque ou inquiète, alors que c’est pourtant son droit d’avoir une telle opinion. C’est le propre de la pensée, surtout de la pensée en cours, que de ‘‘flirter’’ avec les idées dangereuses ou interdites. L’époque est tellement ennemie de la pensée que la seule expression de ‘‘flirter avec une idée’’ peut servir à faire condamner celui dont l’opinion déplaît. Pourtant, penser, ce n’est peut-être que cela : flirter, tourner autour, chercher, s’approcher, risquer d’être séduit… Je ne connais pas grand-chose à la loi, dont je trouve la matière peu attrayante, mais il me semble qu’au sujet des délits d’opinion, on marche sur la tête. Par exemple, mes délateurs ont prétendu que j’avais tenu des propos illicites (racistes ou incitant à la haine) et pouvant donc faire l’objet de poursuites. Mais justement, s’ils peuvent faire l’objet de poursuites, c’est donc bien que c’est à un juge de dire s’ils sont illicites ou s’ils ne le sont pas. Tant qu’un juge n’a pas rendu de jugement relatif à ces propos litigieux, leur auteur devrait donc être présumé innocent, c’est-à-dire les propos présumés licites… Comment donc peuvent-ils être censurés avant qu’il y ait eu jugement ? Et est-ce que les accusateurs (mes délateurs) n’ont pas à rendre des comptes pour ne pas avoir respecté la présomption d’innocence et pour avoir diffamé (tant qu’il n’a pas été reconnu coupable) celui qu’ils accusent ? Il me semble évident qu’une Félicité-Coupable, en me traitant de raciste, me diffame. Mais, si je veux être en accord avec moi-même, c’est-à-dire avec le principe d’une liberté d’expression totale et entière, cette même Félicité-Coupable ne devrait pas plus être inquiétée par la justice pour cette diffamation que moi pour mes prétendus propos racistes. Cela dit, le principe de liberté entière n’ayant pas cours en France, quelle conduite morale devrais-je adopter (si j’avais les moyens de toutes) ? Rester en accord avec le principe que ‘‘j’appelle de mes vœux’’ (malgré que j’en aie, faute de mieux, par ‘‘principe de précaution’’, comme on dit) et ne pas poursuivre ceux qui m’ont nui ? Ou me défendre, puisque le régime sous lequel on est ne protège pas des attaques ? Heureusement, la question ne se pose pas, puisque je suis pauvre.

02:49 Publié dans 2009, Aribaze, Cléomédon, Clinias, Dorante, Félicité-Coupable, Journal, Juan Asensio, Monsieur Véto, Tityre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note