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<title>Un jardin d'Adonis - don-esteban</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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<title>Vendredi 23 octobre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>La Quadrature du cercle</category>
<category>Le temple de Polhymnie</category>
<category>Madame L***</category>
<category>Monsieur Véto</category>
<category>Parthénon</category>
<category>Philerme</category>
<category>Sandrine F***</category>
<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 03:35:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; En plus de madame L***, mon ancien professeur de piano, qui est devenue presque aveugle, j’ai encore aperçu Sandrine F***, au concert donné ce soir au tout récent et horriblement nommé ‘‘Pôle culturel du Marsan’’. Et pourquoi pas le Pôle emploi pour les intermittents du spectacle, tant qu’on y est&amp;nbsp;? Dieu merci, c’est encore bien &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;le&lt;/em&gt; Pôle culturel du Marsan qu’on dit, et non pas Pôle culturel tout court, comme se fait appeler Pôle emploi, justement, qui se prend peut-être pour une personne, à moins qu’il ne soit une espèce de dieu des temps &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;post-modernes&lt;/span&gt;, qu’on prie pour avoir du travail. De même que je rebaptise les personnes dans ce journal, j’ai décidé de donner de nouveaux noms aux lieux les plus hideusement nommés de ma vie.&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/19/dimanche-18-octobre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Déjà Parthénon&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, la boîte de nuit où j’ai dit que mes amis préféraient aller ces temps-ci, ne s’appelle évidemment pas Parthénon, ni bien sûr tel repaire associatif de citoyens concernés la Quadrature du cercle. (Après une rapide recherche, je n’ai pas trouvé de trace de cette Quadrature du cercle dans mon journal… Il est assez fréquent que je croie avoir noté dans ce blogue des choses que je n’ai pourtant jamais écrites et, la plupart du temps, j’ai oublié presque tout ce qu’il a pu m’arriver d’y dire. D’où parfois (j’exagère&amp;nbsp;: une fois seulement, pour l’instant) que je tombe littéralement des nues à cause de plaintes qu’un Monsieur Véto contrarié va déposer contre moi. Je m’avise à présent que j’ai moi-même dit Parthénon tout court («&amp;nbsp;mes invités avaient continué la nuit &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;à&lt;/em&gt; Parthénon&amp;nbsp;»), comme s’il s’agissait, non pas d’une personne, mais d’une petite ville, ou d’un quartier&amp;nbsp;; sans doute est-ce Somaize qui m’a fait parler ainsi, que j’aime entendre dire «&amp;nbsp;à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Léolie&lt;/span&gt;&amp;nbsp;» pour «&amp;nbsp;dans le Marais du Temple&amp;nbsp;». Je me sens aussi peu à ma place dans une discothèque que dans l’un de ces quartiers qui sont colonisés par les étrangers. Peut-être est-ce aussi pourquoi j’ai choisi de traiter, dans ce journal, le nom que j’ai donné à cette discothèque comme s’il s’agissait de celui d’un quartier. Mon ‘‘à Parthénon’’ oscille entre l’‘‘à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Léolie&lt;/span&gt;’’ des précieuses de Somaize et l’‘‘à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Pigale&lt;/span&gt;’’ des filles de joies. Mais au lieu du Pôle culturel du Marsan, c’est bien &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;du&lt;/em&gt; temple de Pol…, de Pol…, disons de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Polhymnie&lt;/span&gt;, que je parlerai désormais, ce qui est peut-être aussi ridicule que de parler &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;de&lt;/em&gt; Pôle emploi comme d’une personne ou d’un dieu, mais est néanmoins beaucoup plus dans l’esprit… &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;bucolique&lt;/span&gt; de ce journal. J’ai donc encore aperçu ce soir Sandrine F*** au temple de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Polhymnie&lt;/span&gt;. Avec mon espèce de passion pour elle, je me fais un peu penser à ce pauvre Frédéric Mitterrand, dont j’avais lu &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;La Mauvaise&lt;/em&gt; &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;vie&lt;/em&gt;, que don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; m’avait demandé d’acheter pour lui&amp;nbsp;: car vivant aux Marquises, il n’a guère souvent l’occasion d’entrer dans des librairies. Je ne sais pourquoi don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; avait voulu lire ce livre en particulier. Peut-être était-ce le fait que l’auteur vient d’un milieu assez semblable au sien qui l’avait attiré. Peut-être est-ce parce que tout deux, enfants, passaient leurs vacances au bord du Léman. Mais ce n’est pas mon sujet. Je disais que je me faisais penser à ce pauvre Frédéric Mitterrand, dont la passion pour Catherine Deneuve et &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Chiara&lt;/span&gt; Mastroianni le rend à peu près aussi ridicule que moi. La scène dans laquelle, témoin d’un accident de la circulation, en pleine nuit, à Paris, l’auteur tombe nez à nez avec une Catherine Deneuve sortant, accompagnée de sa fille, d’une berline qui passait par-là et lui demandant, en l’appelant par son prénom, de prévenir les secours au lieu de rester planté sans rien faire (paralysé qu’il était par l’apparition de ces deux divinités) était réellement pathétique, ou comique, je ne me rappelle plus. Il faudrait que don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, qui a le livre avec lui, me dise ce qu’il en est exactement. J’aurais d’ailleurs aimé qu’il écrive sur ‘‘l’affaire Frédéric Mitterrand’’. Je l’ai toujours trouvé meilleur lorsqu’il traitait, hélas si rarement, de questions d’économie (qui fut la matière de ses études), plutôt que lorsqu’il travaille à ses&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://manutara.hautetfort.com/index.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;mémoires&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;! Il s’agit bien d’économie, après tout, même si ce n’est pas par le tourisme sexuel auquel on reproche à Mitterrand de s’être adonné que j’avais été le plus ‘‘choqué’’. A dire le vrai, je n’ai gardé aucun souvenir de cette partie du livre. Par contre, j’avais trouvé surprenant que Mitterrand aille acheter des enfants au Maghreb, ou plutôt les louer à des familles miséreuses, pour les élever seul en France. D’ailleurs, la première chose qui m’était venue à l’esprit quand Frédéric Mitterrand était devenu ministre de la culture, c’est précisément qu’il y aurait sûrement très vite une ‘‘affaire Mitterrand’’. Je m’étais demandé si le Président de la République et son premier ministre n’étaient pas un peu fous d’arrêter leur choix sur un homme à de si étranges pratiques. Mais je le répète, les pratiques que je trouvais étranges, ce n’était pas le tourisme sexuel, mais le tourisme de l’adoption, ou de la location d’enfants, pour être plus précis, que je n’étais pas loin de trouver foncièrement immorale. Mais qui suis-je pour juger mon prochain, moi qui loue mes sourires, mes soupirs, mes caresses et d’autres choses encore à des messieurs (pratique que je réprouve et condamne évidemment&amp;nbsp;! D’ailleurs, je ne dirai jamais assez combien je me désapprouve.)&amp;nbsp;? Pour le dire un peu grossièrement (mais c’est parce que je trouvais grossière sa démarche), je trouvais surprenant qu’on nomme ministre de la culture un homme qui louait à leurs familles de jeunes Maghrébins parce qu’il voulait faire des enfants ‘‘toute seule’’… Et c’est le tourisme sexuel qu’on lui reproche&amp;nbsp;! C’est dire si l’on marche sur la tête&amp;nbsp;! La preuve est faite qu’il est parfaitement entré dans les mœurs d’acheter des enfants à l’étranger pour les élever en France. C’est ce que font déjà la plupart des parents français qui adoptent des enfants. Sans doute sont-ils plus à plaindre qu’à blâmer. Le concert de ce soir était donné en hommage à Francis Planté, qui est &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;le&lt;/em&gt; grand homme du pays. Il a vécu à Mont-de-Marsan. Une partie du Conseil général des Landes est d’ailleurs installée dans l’hôtel Planté. La grande place qui se trouve devant mon ancien Lycée, tout près de chez moi, porte son nom. Il a été le maire de Saint-Avit, un village tout proche, pendant près de vingt ans. Sa carrière pianistique a duré plus de quatre-vingts ans. Né à Orthez, il fut un enfant virtuose et est mort en 1938 à quatre-vingt-quinze ans, dans les Landes, qu’il aima passionnément, parce qu’il avait la passion de la chasse, qu’il y pouvait pratiquer tout à loisir. Parce qu’il était l’un des rares à en avoir la capacité technique, il fut parmi les premiers à interpréter de nouveau Franz Liszt (que beaucoup trouvaient injouable), du vivant de ce dernier, et même, avec lui, des transcriptions pour deux pianos d’œuvres pour orchestres. Il fut aussi l’un des premiers pianistes à être &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;enrigistrés&lt;/span&gt;. Un enregistrement de lui a d’ailleurs été réédité et joint à la biographie du pianiste (que j’ai acquise tout à l’heure, après le concert) écrite par Roseline &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Kassap&lt;/span&gt;-Riefenstahl. Je me contente de répéter ce qu’elle avait probablement déjà dit lors &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;d’une récente conférence à laquelle je n’ai malheureusement pas eu le temps d’assister, et de nouveau ce soir, pendant l’entracte. «&amp;nbsp;Ayant pris le flambeau pianistique des mains d’artistes nés au XVIIIe siècle, écrit madame &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Kassap&lt;/span&gt;-Riefenstahl dans son livre (et &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Philerme&lt;/span&gt; ne devrait pas être insensible à la synchronie ici relevée), avant de le tendre à son tour à ceux qui tissèrent le XXe siècle, il [Planté] traversa un siècle de piano en y rencontrant tous les acteurs de la vie musicale et artistique. Il eut pour partenaires tous les grands chefs d’orchestre, violonistes, violoncellistes, pianistes et autres musiciens de son temps. Témoin remarquable des transformations qui s’opérèrent à la fois sur les instruments, sur la musique elle-même, sur l’interprétation pianistique en France et à l’étranger, Francis Planté rayonna sur plusieurs générations de musiciens […]&amp;nbsp;». Ecouter cet enregistrement de Francis Planté, c’est un peu comme regarder&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederictison.over-blog.com/article-36394678.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;certaine photo&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Philerme&lt;/span&gt; a récemment publiée sur son blogue. Ici, Planté est à Liszt ce qu’à Mozart la Constance de la photo&amp;nbsp;: on se prend à rêver à de possibles enregistrements d’un autre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 8 octobre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Fri, 09 Oct 2009 02:46:12 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; En dînant avec Alfred, mardi soir, chez ma sœur (car il est de nouveau possible à Julie de le fréquenter depuis qu’elle a quitté le grand con, qui était tellement jaloux&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/13/samedi-12-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’il avait voulu, découvrant qu’elle lui avait téléphoné, ‘‘casser les genoux’’, selon ses propres termes, à ce pauvre Alfred&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;), j’en ai appris une autre bien bonne sur ledit grand con. Alfred connaît à peu près tout le monde à Mont-de-Marsan, et pas seulement à Mont-de-Marsan, d’ailleurs&amp;nbsp;: ne s’est-il pas vanté, au cours du repas, d’avoir été longtemps l’amant de la fille d’un député du cru (l’autre grand amour de sa vie, paraît-il, avec ma sœur, que tout le monde semble d’ailleurs aimer, en ce moment, tant elle a de prétendants, dont le meilleur ami d’Osman, depuis peu, qui est fort beau…), ce qui lui donna l’occasion de rencontrer parfois tel ancien premier ministre ou tel président de conseil général dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; aime à dire qu’il le connaît assez bien lui aussi, depuis l’époque où il militait dans un certain parti politique. (Quelle déception, d’ailleurs, que ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Je lui avais beaucoup confié les reproches que je faisais souvent à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, par exemple, d’avoir couché avec Camille, alors qu’il m’en savait épris. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; avait prétendu être aussi atterré que moi par la fausseté de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, qui s’était longtemps comporté avec moi comme si de rien n’était, tentant de me cacher cette bassesse même après que je l’avais apprise, bien plus tard, de la bouche de Camille. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; était différent, lui, c’est du moins ce qu’il m’assurait, et c’est pourquoi il avait également été scandalisé, sans en être surpris du tout, de la fausseté des déclarations d’amitié du terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui venait tout juste, sans même attendre que mon odeur ait quitté la peau du beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;, que j’avais un peu vite chassé hors de mon lit, de le prendre pour laisser à son tour sur lui sa salive, à côté de la mienne encore humide&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! Ce n’est pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; qui se serait si mal comporté avec moi, lui qui m’était un véritable ami, me jurait-il, contrairement à ces &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et ces &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui ne sont que des vieillards ou des lubriques&amp;nbsp;! Je suis tombé de bien haut quand &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, sur lequel il était notoire que j’avais des vues, m’a confié que la veille d’une coucherie que j’avais eue avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, c’était avec lui que ce dernier avait couché, lui faisant promettre de ne rien me dire, ce qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, en véritable ami, lui, s’était empressé de me rapporter, le plus naturellement du monde et pour notre plus grand rire, puisque nous nous étions aperçus que n’ayant pas pu tout faire avec l’un, qui n’avait été que passif avec lui ce soir-là, c’était par l’autre que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; s’était fait enculer&amp;nbsp;: le lendemain&amp;nbsp;! Moi qui avais cru pouvoir faire de lui un nouveau meilleur ami, maintenant que don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; n’est plus aussi près de moi que je le voudrais, je m’aperçois qu’il était en réalité le pire de tous&amp;nbsp;! C’est le plus faux, le plus immoral et surtout le moins excusable, parce qu’il se pique d’avoir un certain vernis de culture, grâce auquel il devrait donc être le mieux armé de mes amis pour se conduire le moins mal. Ce qui me fâche le plus n’est pas tant le fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; ait couché avec un garçon sur lequel il savait que j’avais des vues que le secret qu’il a voulu m’en faire, alors que je lui avais dit d’abord combien j’avais été blessé que des amis ou prétendus tels m’aient délibérément laissé dans l’ignorance où j’étais de leur traitrise. (Ma sœur me demande comment il se fait que je ne cherche pas davantage à rencontrer l’âme sœur. C’est à cause de mes amis&amp;nbsp;! J’en suis à me demander s’il me faudra leur cacher ma prochaine conquête, pour être sûr de ne pas en être aussitôt dépouillé&amp;nbsp;!) Je ne sais si c’est parce que j’ai le sentiment que le fruit que je convoitais a été gâté par l’avidité de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, comme j’ai dit un soir à ce dernier, mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; n’a plus sur moi l’attrait des premiers jours. Au contraire, j’ai désormais le plus grand mal à en supporter seulement la présence. Ma sœur m’a dit qu’elle avait été interloquée par mon comportement avec lui lors d’un dîner que donnait chez lui &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, samedi dernier, durant lequel je me serais montré un peu dur… J’aurais dit à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; que je trouvais qu’il était une ‘‘agression permanente’’ et, comme il se demandait s’il resterait en France après avoir terminé sa formation d’élagueur (car il a de l’ambition et ne veut pas rester dans sa condition de bûcheron&amp;nbsp;!), je lui aurais conseillé de retourner dans son pays, tant me paraissait évidente son inadaptation au nôtre. «&amp;nbsp;Mais le problème, a-t-il répondu, c’est qu’il n’y a pas d’arbres à élaguer là-bas&amp;nbsp;», ce qui, je crois, n’est pas vrai. Plus tard dans la soirée, mais chez Osman, cette fois, où nous étions allés continuer à boire, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; m’a mis tellement hors de moi, que j’ai préféré partir avant d’imploser où de me jeter par la fenêtre. Mon humeur s’était déjà passablement dégradée depuis que le sublime Callias, qui nous avait rejoints avec un sien ami chez Osman, était reparti sans me dire au revoir, une fois de plus, alors qu’il l’avait fait même à ma sœur, qu’il avait pourtant rencontrée pour la première fois ce soir-là. Cette contrariété et les pitreries incessantes d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; ont fini par m’achever. Mes amis sont habitués à ces départs soudains dont ils ont fait un sujet de plaisanterie&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Arrêtez, disent-ils souvent, sinon Olivier va s’en aller&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Attention&amp;nbsp;! Taisez-vous, ou Olivier va partir&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»… (Telle pourrait être ma définition&amp;nbsp;: Olivier, celui qui s’en va… &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Aphanisme&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; est le sous-titre de ce blogue.) J’aurais d’ailleurs mieux fait de rester, parce que le bel Ascagne, peu après avoir fermé son bar, a rejoint la compagnie que je venais de quitter pour passer avec elle le reste de la nuit. Tout le monde, sauf peut-être &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, a finalement couché chez Osman, dont Ascagne, donc, qui est beau comme… comme… comme un barman, et près de qui j’aurais peut-être pu dormir, moi aussi, quoique sans doute assez inconfortablement, puisqu’il m’a rapporté hier soir qu’il avait tout de même vomi trois fois cette courte nuit-là. Je crois savoir que c’est au cours de cette soirée que ma sœur est devenue l’amante du meilleur ami d’Osman.) Alfred donc, qui connaît tout le monde, nous disait qu’il avait entendu dire à un agent immobilier que le grand con, environ deux semaines avant d’être quitté, avait cherché à savoir si les propriétaires ne voulaient pas vendre l’appartement que venait de quitter son frère et qui se trouve à côté de celui de ma sœur. (C’est d’ailleurs à cause de ce voisinage que tout a commencé pour cette dernière. Le grand con l’avait aperçue depuis le balcon de l’appartement de son frère. Il avait vite appris qu’elle était propriétaire du sien, ce qui signifiait dans son cervelet &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;gigolétique&lt;/span&gt; qu’elle était solvable, et c’est ainsi qu’il lui a mis le grappin dessus, entrant du jour au lendemain dans sa vie et réussissant vite, grâce à quelques bouquets de fleurs et coups de bite bien envoyés, à se faire entretenir par elle pendant deux ans.) Si le grand con s’était informé de l’intention des propriétaires de l’appartement qu’avait occupé son frère, c’était parce que ma sœur, a-t-il prétendu, envisageait de le racheter, pour agrandir le sien&amp;nbsp;! Que tramait-il encore&amp;nbsp;? Telle était sa façon de procéder&amp;nbsp;: il semait le trouble dans les esprits, en prêchant souvent le faux, pour s’assurer de nouveaux appuis. Il est ainsi plus que probable qu’il a imaginé que Pharnace, ce patron de bar qui m’est tellement antipathique,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/30/lundi-29-juin-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lui avait dit que je faisais &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;la pute à Toulouse&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. C’était simplement pour me faire croire que je pouvais compter sur lui, ce grand con qui n’hésitait pas à me rapporter ce qui se disait de pire sur moi. On est toujours tenté de croire davantage ce dont on est le plus blessé. Ce faisant, il se rendait indispensable, car je fais partie de ces personnes qui ne peuvent s’empêcher de chercher à savoir ce qu’on pense d’elles… De même a-t-il très probablement inventé que des gens qui savaient ma sœur séropositive changeaient de trottoir lorsqu’ils la croisaient dans la rue. Une telle révélation, contribuant à ébranler l’une, consolidait d’autant le soutien que voulait lui être l’autre&amp;nbsp;: non seulement il ne changeait pas de trottoir, lui, mais encore dormait-il tout contre elle&amp;nbsp;! Prétendre que Julie était assez prospère pour vouloir agrandir son appartement, c’était faire croire au monde que lui-même ne manquait pas d’argent, et qu’on pouvait donc lui faire confiance en affaires, qu’il menait pourtant de façon désastreuse. Tous autant que nous sommes, nous avons été pigeonnés par ce remarquable imposteur et néanmoins minuscule escroc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Vendredi 2 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/03/vendredi-2-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Sat, 03 Oct 2009 03:31:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Vingt-huitième séance chez Tirésias&amp;nbsp;: Il m’est arrivé une chose étrange,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/01/mercredi-30-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;mercredi après-midi&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, à la bibliothèque. J’y ai aperçu Sandrine F***. Elle avait laissé sa sublime rousseur lui tomber jusqu’aux hanches. Nous ne nous sommes salués que d’un signe de nos têtes. J’aurais voulu me lever de ma chaise pour aller jusqu’à elle, mais au moment de le faire, je me suis trouvé comme cloué à mon siège. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Mes bras et mes jambes tremblaient. J’ai dû poser sur la table de lecture le crayon que j’ai toujours à la main, que je n’arrivais plus à tenir. Je me suis senti littéralement foudroyé par cette divinité, dont le passage en ces livres m’a fait le même effet que certaines de ces fulgurances dont on est parfois saisi au détour d’une page, qui empêchent la poursuite de la lecture, le temps qu’il faut pour se remettre de leur pénétration, à moins que ce ne soit précisément le temps qu’elles mettent à se frayer dans la chair une plaie jusqu’aux tréfonds… En même temps est arrivé celui&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/12/vendredi-11-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que j’ai appelé le jeune dieu tutélaire de cette bibliothèque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Il s’est assis face à moi, mais à une autre table. Il était tard et le soleil, bas et peut-être un peu roux lui aussi, illuminait les genoux, les mollets, les chevilles du garçon, dont la chair, splendide, radieuse, me semblait presque inhumaine, adorable, proprement divine. Je ne pouvais plus lire. Je ne pouvais plus rien. Sabine, en Allemagne, et Frédéric P***, que j’aimais tous deux, m’avaient fait croire un jour, par jeu, qu’ils étaient épris l’un de l’autre. Déjà cette fois, j’avais perdu le contrôle de moi-même&amp;nbsp;: exactement comme mercredi, devant Sandrine F***, pure idée jaillie des livres, et le garçon, son page entre les pages. Il est tout de même curieux que ces deux êtres, étrangers l’un à l’autre, m’aient causé le même accablement qu’avaient fait Sabine et Frédéric, qui se connaissaient entre eux. Mes deux divinités avaient pourtant bien une chose en commun, c’était le regard indifférent&amp;nbsp;; le regard sans chaleur de Sandrine, qui ne semblait pas même joyeuse, pas même surprise (preuve de sa divinité&amp;nbsp;?), de retrouver un ancien camarade de classe, comme si nous nous étions quittés la veille&amp;nbsp;; quant au jeune dieu tutélaire, son regard était celui de quelqu’un qui lève un instant le nez de son livre pour y replonger aussitôt les yeux&amp;nbsp;: c’était un regard presque absent. J’étais regardé sans être vu. «&amp;nbsp;‘‘Divinité’’, ‘‘dieu tutélaire’’&amp;nbsp;», me dit Tirésias. «&amp;nbsp;Bien sûr&amp;nbsp;: tout cela me renvoie à ma propre condition d’être bassement humain.&amp;nbsp;» Je ne suis que cette boue toujours indigne de ce qui m’inspire du désir. Et ma mère, qui m’a interdit de toucher les femmes, trop sacrées pour que j’aie le droit d’y porter la main. Non seulement je ne me sens pas le droit de toucher, mais même de regarder ce que je trouve beau. Ma grande peur est que mon regard soit surpris par ce que je regarde. Dans le même temps, je prends plaisir à regarder ce que je sais ne pas être conscient de mon regard. Je suis un peu voyeur. Paradoxe&amp;nbsp;: je ne supporte pas d’être regardé, mais c’était précisément les ‘‘regards sans me voir’’ de Sandrine F*** et du garçon qui m’accablaient. C’est peut-être de ne pas être vu tel que je suis ou tel que je voudrais être qui m’accable. «&amp;nbsp;Le regard, le &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;regaaaard&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Dites-moi les pensées qui vous viennent à ce sujet, m’a demandé Tirésias. – Ce qui me vient à ce sujet&amp;nbsp;? Je ne sais pas, moi… C’est ce que je viens de vous dire, qui me vient à l’esprit&amp;nbsp;! (Un silence.) Là, par exemple, ce qui vient de me traverser l’esprit, c’est mon reflet dans la glace. Il me semble que depuis que j’ai commencé cette analyse, je me vois vieillir. Ou plutôt, je suis en train de m’apercevoir que j’avais commencé de vieillir avant de vous consulter, car je ne peux pas croire que toutes les rides que je me découvre, toutes ces petites imperfections de la peau, me soient venues en moins de six mois&amp;nbsp;! &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En me regardant dans le miroir, je me vois désormais tel que je suis sans doute. – Oui, c’est tout à fait normal. Commencer une analyse, c’est accepter de regarder en soi, et donc de se regarder en face.&amp;nbsp;» Pourtant, nombreux sont ceux qui me disent qu’ils me croyaient beaucoup plus jeune ou qui, connaissant mon âge, trouvent que je ne le fais pas. A dire le vrai, les avis sont fort &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;partagés&lt;/span&gt; quant à cette question des plus délicates. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, par exemple, se moque de moi lorsque je lui dis que je fais croire, sur Internet, que je n’ai que vingt-sept ans. «&amp;nbsp;Tu dois en décevoir beaucoup, me dit-il, si tu leur annonce cet âge. Tu fais beaucoup plus vieux&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Mais don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, qui a regardé dernièrement les photos de moi que j’ai publiées sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, me disait encore tout récemment que je semblais avoir trouvé une seconde jeunesse. Un garçon beaucoup plus jeune que moi prétendait hier encore, en toute bonne foi, qu’il avait cru que je n’avais pas vingt-trois ans&amp;nbsp;! Je ne sais plus quel est mon âge. Quand je me regarde dans le miroir, je commence à voir en effet quelqu’un qui pourrait avoir l’âge du Christ. Mais celui que j’aperçois dans les yeux de mon prochain, ou du moins le reflet que j’apprête spécialement pour ses yeux, à grand renfort de crèmes cosmétiques, de repos et de sommeil (qui est le secret de la fraîcheur), est encore un tout jeune homme. En revanche, si je ferme les yeux, pour mieux considérer ma solitude et mon inadaptation dans le monde où je suis, j’ai l’impression d’avoir mille ans. Ou plutôt, j’ai l’impression d’être un tout petit enfant de mille ans. Je n’avais rien dit de plus, lors de la vingt-septième séance, jeudi 24 septembre, que ce que j’avais noté dans ce journal&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/21/dimanche-20-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le dimanche 20&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Mais Tirésias a cru bon d’ajouter que &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;noli me tangere&lt;/em&gt;, «&amp;nbsp;ne me touche pas&amp;nbsp;», signifiait peut-être aussi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;ne m’émeus pas, ne m’atteins pas, ne me blesse pas, ne me fais pas souffrir&amp;nbsp;». Je ne voudrais plus souffrir à cause de cette femme, ma mère, qui me l’a déjà fait tant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 27 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/28/mercredi-27-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 28 May 2009 03:52:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il y a un an que Dominique Autié est mort. Hier soir, rencontre de Dioclès et dîner avec lui. C’est un Internaute avec qui je &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatte&lt;/em&gt; depuis longtemps. Il est revenu vivre un mois chez ses parents, à Mont-de-Marsan, en attendant de partir pour le Nouveau Monde, en juin. Nous avons profité de sa présence ici pour nous voir. Il était curieux du nom que je lui donnerais dans ce journal et se demandait d’ailleurs suivant quel système je nommais mes personnages. La vérité est que je n’ai pas vraiment de système. Souvent, mais non pas toujours, j’essaie de donner aux faux noms les mêmes initiales qu’aux vrais. Parfois, mais assez rarement, finalement, je joue sur les étymologies. D’autres fois encore, je ne fais que garder, s’il me plaît, le nom qui m’est venu à l’esprit, comme c’est par exemple le cas ce soir, pour Dioclès. En ce moment, je vais régulièrement chercher de nouvelles idées de noms dans le &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Dictionnaire des Précieuses&lt;/em&gt;. Ainsi, c’est pour sa passion du théâtre que j’ai donné le sien à Cléocrite, qui est celui que porte Corneille dans ce dictionnaire. Puisque j’en suis à parler des noms qui ont cours dans ce journal, je tiens à rassurer mes lecteurs, et plus particulièrement un, qui était membre du site de pédés habituel, mais qui s’est fait apparemment renvoyer par le Webmestre, pour une raison qui m’échappe&amp;nbsp;: j’ai bien toujours l’intention de créer un index des noms, pour aider les paresseux dans leur lecture. Mais n’étant pas moi-même un bien grand courageux, je n’ai pas encore trouvé l’énergie nécessaire à la création d’un tel index. Patience, donc. Osman m’a accompagné ce soir à l’église de Saint-Médard où était donné un concert de musique ancienne (celle de la Renaissance est ma préférée). Pensée pour don Esteban pendant l’interprétation des cantiques du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=IlyXWpGTY0E&quot;&gt;Livre Vermeil de Montserrat&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. J’ai enfin pris le temps de lire les lettres prêtées par Sophronie, que je lui avais écrites lorsque j’étais adolescent. Celle-ci m’avait dit, en me reparlant de ces lettres, qu’elle s’était régalée d’y retrouver complètement le garçon qu’elle avait connu au lycée. Quant à moi, je ne m’y retrouve pas du tout&amp;nbsp;! Je suis atterré par la lecture que je viens de faire et j’ai vraiment peine à croire que le garçon prétentieux et détestable, obsessionnel et prodigieusement bête, qui a écrit ces torchons, c’est moi. Je ne me rappelais pas que j’avais été si soucieux de mes études, si inquiet de ma réussite scolaire, ce qui ne fut plus du tout le cas par la suite, une fois le lycée terminé. J’avais oublié presque tout ce dont il est question dans ces lettres, qui sont donc un précieux document sur les débuts de ma névrose. Elles sont d’abord un petit roman, je veux dire&amp;nbsp;: le roman de Julien, dont je parle beaucoup. J’y apprends par exemple que je l’avais fait naître un 23 mars (soit la veille de l’anniversaire de ma sœur Laura)&amp;nbsp;; que je le faisais mourir un 26 février et que je faisais remonter notre rencontre à un 24 août. Je parle également dans ces lettres d’une amie censée avoir occupé dans mon cœur autant de place que Sophronie ou Anja, qui faisait apparemment de la danse, et dont je ne garde absolument aucun souvenir. Par contre, je me suis souvenu, grâce à cette lecture, des scarifications que je me faisais aux poignets et qui m’étaient complètement sorties de la tête. Dans ces lettres, je parlais énormément de suicide&amp;nbsp;: de celui de Julien, mais aussi du mien, dont je n’avais pas le courage. «&amp;nbsp;Si je dois me suicider, écrivais-je par exemple, ce ne sera pas par les veines.&amp;nbsp;» (Cela dit, à moins que ma mémoire ne m’abuse, il me semble ne jamais avoir réellement été tenté par le suicide. Je &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;parlais&lt;/em&gt; du suicide, sans du tout l’envisager sérieusement&amp;nbsp;: c’était encore du roman. Mais il y a pire encore&amp;nbsp;: j’allais jusqu’à exhorter Sophronie à mettre fin à ses jours, à ‘‘partir’’, comme j’écrivais, non seulement elle, mais aussi son jeune amant de l’époque, qui est devenu depuis son mari et le père de ses enfants, dont un garçonnet de trois ans et demie à peine, mais d’une grâce et d’une intelligence incroyables. Dès cette époque, la pensée de mon propre sang, de mes veines et de mon pouls me tourmentait. Je rapporte ainsi cette anecdote, dont je me souviens très bien, maintenant que je l’ai relue&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Parfois, à mon cours de piano, quand mon professeur me tient le poignet pour me faire battre la mesure, je suis pris d’un rire nerveux et de bouffées de chaleur qui ne s’arrêtent plus.&amp;nbsp;» Il m’était très pénible de me faire ausculter par le médecin, dont les palpations me faisaient perdre toute maîtrise de moi. Encore aujourd’hui, je déteste me faire prendre la tension&amp;nbsp;: j’ai l’impression que mes artères vont éclater. Avais-je dit que Phédon,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lorsqu’il m’avait embrassé dans les commodités de la discothèque&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, avait exercé une succion sur ma lèvre inférieure qui avait failli me faire évanouir&amp;nbsp;? C’était comme s’il m’avait pris la tension&amp;nbsp;! Comme s’il m’avait ouvert les veines&amp;nbsp;! C’était un vampire qui me suçait le sang. L’écrire me donne encore des suées. Assurément, il y aurait dans ces lettres de quoi nourrir plusieurs séances chez Tirésias&amp;nbsp;!&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090425155511/&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(J’y ai par exemple trouvé une formulation, à propos de Julien, très proche de ce que j’ai pu dire plus récemment au sujet de Camille. J’avais en effet écrit à Sophronie que Julien était mon enfant, mais aussi mon père, et mon frère.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Jeudi 14 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/15/jeudi-14-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
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<category>Camille</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Monsieur Véto</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Fri, 15 May 2009 01:59:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Monsieur Véto a donc répondu à la lettre électronique dans laquelle je lui demandais de retirer sa plainte contre moi. Il m’a rappelé que j’avais mis en ligne sur mon blogue un texte nominatif extrêmement violent à son égard (c’est hélas entièrement vrai), et accessible à tous sur un simple clic (d’ailleurs, je constate qu’en lançant dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Google&lt;/em&gt; une recherche sur Monsieur Véto, des liens mènent toujours aux pages où je le nommais et l’injuriais, même si j’ai effacé son nom de mon blogue depuis une bonne quinzaine de jours, maintenant)&amp;nbsp;; il a ajouté qu’il m’avait demandé de retirer ce nom et que je n’en avais rien fait&amp;nbsp;; qu’il n’avait donc pas pu faire autrement que de porter plainte contre moi. «&amp;nbsp;Le Web, concluait-il triomphalement, n’est pas une zone de non-droit.&amp;nbsp;» J’ai mis en doute,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/01/vendredi-1er-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;vendredi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, la bonne foi de Monsieur Véto qui, pensais-je, m’avait tendu un piège dans lequel j’étais lamentablement tombé. Je ne croyais pas, je ne crois toujours pas, d’ailleurs, qu’il ait eu sincèrement le désir de me voir retirer de mon blogue son nom ni les injures que je lui avais adressées. Tant que ces preuves de ma culpabilité se trouvaient dans mon journal, Monsieur Véto avait en effet une bonne raison de porter plainte contre moi (puisque, je le répète, il est entièrement dans son bon droit), c’est-à-dire de me nuire. Cela dit, même si je ne crois pas en la sincérité de Monsieur Véto, je dois à la vérité de dire ce qu’il m’a lui-même rappelé, dans une autre lettre électronique, c’est à savoir que, contrairement à ce que j’avais dit dans ce journal, il m’avait envoyé un courriel, le 4 janvier 2009, dont voici la texte&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Cher Olivier, je vous demande de retirer toute référence à ma personne de votre blog. Cordialement, Monsieur Véto.&amp;nbsp;» Il s’était mis à me voussoyer pour cette grave occasion, dans laquelle, néanmoins, je restais son ‘‘cher Olivier’’, qu’il saluait d’ailleurs &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;cordialement&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! N’est-ce pas délicieux&amp;nbsp;? C’est donc le 4 janvier qu’il m’avait envoyé cette lettre, c’est-à-dire, si ma mémoire est bonne, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avant&lt;/em&gt; que je ne bloque son adresse électronique, pour ne plus avoir à subir l’irritante démangeaison de ce pou du pubis. Je n’ai aucun souvenir de ce courriel, dont je ne mets cependant pas en doute la réalité. Seulement, je ne me rappelle qu’à présent que l’exaspération m’avait fait effacer sans les lire certains des messages de Monsieur Véto. C’était d’ailleurs précisément pour ne plus les recevoir que j’avais bloqué aussitôt après son adresse électronique. Tout cela ne m’excuse en rien, puisque je suis responsable de ce qui est publié dans mon blogue. Mais ce courriel que j’avais donc bien reçu, sans pour autant le lire, montre, je le crains, à quel point je suis décidément indéfendable&amp;nbsp;! Même ma petite théorie de la mauvaise foi de Monsieur Véto, à laquelle je crois toujours autant et qui aurait pu être à mon bénéfice une circonstance atténuante, ne tient pas vraiment. Quelle admirable vérité que ce Web qui n’est pas une zone de non-droit&amp;nbsp;! Elle est de ces vérités qui font comme donner corps aux imbéciles, à la fois leur tenant lieu de profondeur (proprement abyssale) et d’indépendance d’esprit (quelle nouveauté, en effet, que cette idée&amp;nbsp;si originale, si audacieuse, si courageuse, même, que le Web n’est pas etc.)&amp;nbsp;! Non, le Web n’est pas une zone de non-droit. C’est en vertu de telles lois que les Messieurs Véto peuvent sévir en toute impunité sur Internet&amp;nbsp;: ils mettent tout leur art à pousser leurs ennemis dans les derniers retranchements de l’infraction, pour pouvoir ensuite les menacer de recourir à la justice, quand ils ne le font pas tout bonnement, sans crainte du ridicule. C’est ainsi qu’a procédé Monsieur Véto, qui a tout fait pour se faire injurier (ce qui, je le redis, ne m’excuse en rien, certes, mais peut tout de même expliquer la violence de ma réaction), pour affecter ensuite d’être tout étonné de l’avoir été&amp;nbsp;! Encore une fois&amp;nbsp;: c’était un piège&amp;nbsp;; je suis tombé dedans. Après tout, c’est la pure vérité, et c’est une bonne chose pour la paix civile (cela dit sans aucune ironie)&amp;nbsp;: le Web n’est pas ni ne doit être une zone de non-droit. Quant à moi, je voudrais faire entendre cette autre vérité, beaucoup plus petite, il est vrai, et qui n’a certes pas force de loi, que ma vie ni le récit que j’en fais ne sont des pissotières. Quel besoin Monsieur Véto avait-il donc de venir pisser sur moi la désapprobation, le mépris que lui inspiraient la façon que j’ai de mener ma vie, de la juger ou d’en faire étalage dans mon blogue&amp;nbsp;?&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/04/dimanche-3-avril-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;J’ai déjà dit&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’il y avait un malentendu entre mes lecteurs et moi&amp;nbsp;: ce n’est pas parce que je publie cette relation de ma vie, ce n’est pas non plus parce que la possibilité est laissée aux internautes d’écrire des commentaires dans mon blogue, qu’ils ont moralement le droit de m’y faire part (ou dans des lettres électroniques) de tout le mal qu’ils pensent de moi&amp;nbsp;; du bien qu’ils en pensent, à la rigueur, mais c’est tout&amp;nbsp;! Peut-être la crudité de certains de mes propos fait-elle croire aux plus ou aux moins sensibles de mes lecteurs, aux moins humains d’entre eux, serais-je tenté d’écrire, que j’ai le cœur particulièrement bien accroché, et que je puis donc tout entendre sur mon compte sans m’en émouvoir. Eh bien&amp;nbsp;! Je vais peut-être en décevoir beaucoup, mais il n’en est rien&amp;nbsp;! Ce n’est pas parce que je suis méchant, comme don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; le prétend, sans doute d’ailleurs à juste titre, ce n’est pas non plus parce que j’affecte parfois ou souvent, je ne sais, d’être un cynique (mais je dis bien que je l’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;affecte&lt;/em&gt; seulement), ce n’est pas enfin parce que je suis plus enclin à montrer la partie la plus dure, je veux dire la plus indurée et la plus endurcie, de mon cœur, que je suis pour autant dépourvu de cette tendresse, de cette fragilité, peut-être même de cette gentillesse qu’il y a dès la naissance au cœur de tout homme et qui en font d’ailleurs sans doute la force paradoxale, la densité, la teneur. (Par exemple, ce n’est pas parce que je ne me cache pas d’aller occasionnellement me prostituer, le plus souvent ‘‘pour arrondir les fins de mois’’, que je ne rêve pas aussi de l’amour le plus pur et de l’eau la plus fraîche&amp;nbsp;! Il me semblait évident que les putes pouvaient avoir les mêmes aspirations que les jeunes filles en fleur. Même en pratiquant ce métier qui passe pour honteux, il arrive qu’elles s’attendent, comme n’importe qui d’autre et tout simplement parce qu’elles en méritent autant, à du respect, pour écrire un mot à la mode. (Mais qu’on n’aille pas s’imaginer que je me considère réellement comme une pute. Je ne me définis en effet pas plus comme tel que comme un distributeur de prospectus, par exemple. Mes deux travails, purement alimentaires et prenant relativement peu de mon temps, ne constituent qu’une part marginale de mon mode de vie. Si j’osais, je dirais que je ne pratique pas assez assidûment le noble métier de pute pour pouvoir me prévaloir du si beau titre qu’il confère&amp;nbsp;! C’est tout de même le plus vieux métier du monde&amp;nbsp;! Mais j’imagine que qualifier de noble un tel métier est déjà condamnable&amp;nbsp;! Je m’empresse donc d’ajouter que je ne pense pas vraiment ce que je viens d’écrire…) Je le disais l’autre jour&amp;nbsp;: je n’en suis pas moins homme&amp;nbsp;! C’est sur un homme que l’incontinent Monsieur Véto est venu se soulager de la mauvaise opinion qu’il avait de moi. Et c’est également un homme que j’ai honteusement injurié. Comment expliquer que je me sois laissé tomber si bas&amp;nbsp;? Les quelques phrases qui font l’objet du délit étaient réellement épouvantables et dignes d’être proférées par les pires canailles issues des ‘‘cités’’ les plus &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;diverses&lt;/em&gt; ou les plus &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;sensibles&lt;/em&gt;, je ne sais comment dire&amp;nbsp;: dignes d’un assassin (cela dit sans vouloir faire d’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;amalgame&lt;/em&gt;, comme je crois qu’on appelle la chose, ni de généralisations abusives… Je crains que les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;amalgames&lt;/em&gt; ne soient aussi condamnés, ou du moins aussi condamnables, que les discriminations ou que certaines incitations ou apologies dont je me serais également rendu coupable et dont il me faudra reparler. (Fin de cette parenthèse écrite à l’attention de la police, qui veille et lit peut-être encore ce blogue.)) Pourquoi suis-je tombé si bas&amp;nbsp;? Probablement parce que c’est dans une mauvaise période de ma vie que Monsieur Véto est venu déverser sur moi la tiède urine qui lui sert de conscience. Je venais d’être trahi par &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; et Camille, et ceux qui me lisent vraiment savent sans doute combien j’en ai souffert. C’est cet événement, et la radicalité de la réaction qu’il a failli m’inspirer, qui m’ont finalement décidé à commencer mon analyse avec Tirésias. J’étais donc à ce moment dans un tel état que la haine, la violence, le mépris, les grossièretés, les noms d’oiseau qu’il y avait en moi ne demandaient qu’à en sortir. Il ne fallait qu’un mot pour me faire exploser, et ce sont des lettres que Monsieur Véto m’écrivait, des lettres qui, je crois l’avoir déjà dit, auraient tout eu de vulgaires lettres anonymes, si je n’avais pas connu l’identité de leur auteur… Evidemment, Monsieur Véto ne pouvait pas savoir dans quel état je me trouvais, puisqu’il n’était plus un lecteur régulier de mon blogue, comme il me l’avait dit lui-même dans l’une de ses ‘‘lettres anonymes’’. Non, Monsieur Véto ne venait plus jeter un œil à mon journal que très occasionnellement, c’est-à-dire lorsqu’il ne pouvait plus se retenir de déverser les flots de sa bonne conscience ammoniaquée sur moi, de me pisser dessus, donc, ce qui me fait dire qu’il prenait ma vie et le récit que j’en faisais pour des pissotières. J’avais dit&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/08/lundi-7-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;un jour&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que j’avais la naïveté de croire que le fait d’écrire sous son véritable nom incitait à plus de retenue, à plus d’égards envers la personne qu’on juge mal. «&amp;nbsp;On est sans doute moins tenté, poursuivais-je, de se laisser aller à l’injure ou la diffamation. On est moins tenté par le style ‘‘lettre anonyme’’, en somme. Le nom rend plus responsable. On pourrait m’objecter que même en écrivant sous mon véritable nom, j’ai souvent dans ce journal des considérations peu respectueuses de mon entourage. Sans doute. Mais il y a une différence énorme entre un Monsieur Véto et moi : j’écris sous mon véritable nom des horreurs sur des gens que je protège en leur donnant des pseudonymes ; il écrit sur moi des horreurs en se protégeant derrière son faux prénom (car à ce moment-là, il n’écrivait pas encore ses commentaires sous sa véritable identité) ! Lui qui trouve que je tombe chaque jour un peu plus bas dans ce journal est tombé bien plus bas que moi, me semble-t-il&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» J’ai donc fini par tomber aussi bas que Monsieur Véto, en l’injuriant fort, mais à un moment où il avait eu le petit courage de ne plus cacher sa véritable identité sur ce blogue. (Depuis, il semble avoir perdu ce courage, pourtant si petit, du nom. Car c’est bien de retirer de mon blogue toute référence à sa personne, qu’il m’avait demandé, dans sa lettre du 4 janvier, et non seulement les injures dont il était victime.) Dans la deuxième des lettres électroniques qu’il m’a tout récemment envoyées, Monsieur Véto m’écrit ceci&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu veux (car il s’est remis à me tutoyer), tu veux que je sorte de ta vie (Dieu sait que je ne demande pas mieux) et, à la fois, tu ne parles que de moi. Règle tes propres contradictions une bonne fois pour toutes.&amp;nbsp;» Sans doute est-il vrai que je me contredis souvent dans ce blogue. Cela dit, je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de surprenant dans le fait que je parle beaucoup, dans mon journal intime, de l’homme qui, en portant plainte contre moi pour injures, a attiré l’attention de la police sur d’autres délits dont je pourrais être accusé, c’est à savoir la prétendue apologie de la prostitution que j’aurais faite dans une ou deux phrases qui, d’ailleurs, n’avaient sans doute pas échappées à Monsieur Véto, qui ne doit pas peu se réjouir, je pense, d’avoir fait d’une pierre deux coups&amp;nbsp;! (J’expliquerai un autre jour pourquoi cette accusation-là, au moins, ne tient pas debout, selon moi.) Il n’y a vraiment rien d’étonnant à ce qu’un homme qui tient un journal intime y parle beaucoup de la personne qu’il juge responsable des deux heures qu’il a passées au commissariat de police, à débattre avec deux inspecteurs de littérature (je n’invente rien), d’homosexualité, de prostitution et de l’apologie que j’aurais donc faite de cette dernière. Je n’irai certes pas jusqu’à dire que l’expérience fut traumatisante, mais elle fut fort désagréable. Par contre, je pourrais probablement dire qu’il y a en effet quelque chose de traumatisant dans le fait de se sentir complètement à la merci d’un Monsieur Véto, c’est-à-dire de la bêtise la plus ordinaire, partagée, triomphante, et qui, non contente d’avoir raison, semble encore vouloir avoir raison de moi. C’est au procureur de la république que revient la décision de me poursuivre ou pas. Pour l’instant, je ne sais absolument pas quelle sera cette décision. J’imagine que je ne serais pas même informé du choix qu’il ferait de me laisser tranquille… Probablement n’est-on informé que si l’on est poursuivi. (Monsieur Véto, quant à lui, n’a pas daigné me dire s’il consentait à retirer sa plainte contre moi.) Mais quand donc cela se produira-t-il&amp;nbsp;? Il s’est tout de même écoulé presque la moitié d’une année entre le dépôt de plainte de Monsieur Véto et mon audition par les policiers. C’est donc comme s’il y avait une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Mais cette épée, pour moi, c’est l’épée de Monsieur Véto&amp;nbsp;: c’est pourquoi je parle de lui dans ce journal. Il est tellement con qu’il y voit une contradiction. J’ajoute, mais je crois l’avoir déjà dit, que le Monsieur Véto de ce journal n’est plus tout à fait seulement le Monsieur Véto qui a porté plainte contre moi. C’est un type humain. C’est une allégorie de la bêtise humaine. Mais son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;ego&lt;/em&gt; est tellement démesuré qu’il croit que c’est uniquement de lui que je parle. A-t-il seulement compris pourquoi je m’étais mis à l’appeler Monsieur Véto&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Samedi 9 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/09/samedi-9-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Lambert</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mme P***</category>
<category>Mon père</category>
<category>Monsieur Véto</category>
<category>Pélagie</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Sat, 09 May 2009 22:51:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je n’ose plus trop écrire dans ce journal&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/17/lundi-16-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que je suis pauvre&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, puisqu’il y a toujours une lectrice pour me dire que je ne le suis pas&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;Pauvre toi&amp;nbsp;?, me disait celle à laquelle je pense. N’es-tu pas propriétaire de ta nouvelle demeure&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Non mais rends-toi compte, mon blond lecteur&amp;nbsp;: je suis &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;propriétaire&amp;nbsp;&lt;/em&gt;! Comment donc pourrais-je être pauvre&amp;nbsp;? Mais il y a pire encore. A l’époque où j’avais écrit ce qui avait inspiré son commentaire à ma lectrice, j’étais encore moins pauvre qu’aujourd’hui, puisque je n’étais pas seulement propriétaire de ma nouvelle demeure, mais encore de l’ancienne, que j’ai donc vendue avant-hier. J’étais un riche propriétaire, comme disait plaisamment Tityre. Et maintenant que j’ai vendu mon appartement de la rue des Cordeliers, non seulement je suis toujours le ‘‘riche propriétaire’’ de la maison que j’occupe depuis octobre ou novembre 2008, mais encore ai-je un compte en banque de plusieurs dizaines de milliers d’euros&amp;nbsp;! Cela dit, comme je dois rembourser mes dettes à la banque, à ma mère et à mon père, à qui j’ai emprunté l’argent nécessaire à l’achat de ma demeure actuelle, j’aurai tout reperdu la semaine prochaine. Mais à strictement parler, une fois mes dettes remboursées, je ne serai pas redevenu pauvre pour autant, si je comprends bien la pensée de ma lectrice, puisque je serai toujours propriétaire de ma maison, enfin, d’une partie de ma maison, pour être exact, puisque c’est ma mère qui possède le reste&amp;nbsp;; mais justement, comment donc pourrais-je me prétendre pauvre, puisque je peux toujours compter sur mes parents pour faire l’avance, d’une part, des milliers d’euros qui me manquent pour acheter mes palais, et, d’autre part, pour placer leurs liquidités ‘‘dans la pierre’’, comme on dit, dans le reste des pierres de ces palais que je n’ai pas les moyens de m’offrir entièrement&amp;nbsp;? Grâce à ma mère, la maison où je vis a plus d’un mur&amp;nbsp;! Le plus petit m’appartient&amp;nbsp;; les trois autres sont à elle&amp;nbsp;! C’est donc grâce à elle qu’il y a un toit au-dessus de ma tête, car, bien que je ne sois pas architecte, je crois pouvoir dire sans trop m’avancer qu’il est peu vraisemblable que j’en aurais eu, s’il n’y avait eu qu’un mur, le seul dont j’avais les moyens, pour le soutenir. C’est donc bien, je le répète, grâce à ma mère, à ma chère mère, qui est si bonne pour moi, si tendre et si aimante, que je ne suis pas pauvre, puisqu’un pauvre, c’est quelqu’un qui, selon ma lectrice, «&amp;nbsp;ne possède rien, ni maison, ni boulot, ni voiture, bref, rien du tout&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! Et comme j’ai aussi une voiture et un travail, je suis décidément très loin d’être pauvre. Mon travail me rapporte en effet un peu plus de 300 EUR par mois, tout de même&amp;nbsp;! C’est dire si je suis un nanti&amp;nbsp;! Il est vrai qu’avec ces 320 EUR, j’avais à payer l’essence pour ma voiture (quel luxe, quand j’y pense&amp;nbsp;!), la nourriture, pour moi et pour ma chienne (car j’ai une chienne, autre luxe d’un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bling-bling&lt;/em&gt; éhonté, comme disent les journalistes et tous ces veaux qui braient comme eux (mais ce sont les ânes qui braient)), l’abonnement de mon téléphone portable et celui d’Internet (qui sont deux dépenses de pur agrément&amp;nbsp;!), les charges de la maison que j’occupe et les charges de copropriété dont la possession de l’appartement de la rue des Cordeliers me rendait redevable. Mais même en payant tout cela, il est arrivé plusieurs fois qu’il reste plus de 10 EUR sur mon compte en banque à la fin du mois. C’était généralement parce que je m’étais prostitué. En vérité, ce n’est pas toujours parce qu’on possède un petit patrimoine qu’on est riche. Mais c’est souvent parce qu’on a de très faibles revenus qu’on est pauvre. Ce que voulait dire cette lectrice indécente, je crois, ce n’était pas que je n’étais pas pauvre, mais que je n’étais pas à plaindre, point sur lequel je la rejoins entièrement. Il y a des gens qui sont réellement dans le besoin, contrairement à moi&amp;nbsp;: ce sont ceux-là qui seraient bien à plaindre. Mais moi, certainement pas. (Et qu’on ne s’imagine pas que je sois à plaindre pour cette autre raison qu’il m’arrive de me prostituer. Je le fais en toute liberté et parce que j’ai sans doute la chance, car j’imagine que c’est une chance, qui ne durera qu’un temps, de pouvoir me le permettre. D’ailleurs, à ce sujet, je dois dire que j’ai le plus grand mal à comprendre le ton misérabiliste de ces reportages que l’on voit parfois à la télévision et qui sont consacrés à ce qu’on appelle, je crois, la nouvelle prostitution, c’est à savoir celle de ces étudiantes, par exemple, qui offrent leurs charmes en prospectant sur Internet pour financer leurs études et qu’on voudrait faire passer pour des Cosettes. Quant à moi, je trouve qu’elles devraient s’estimer heureuses d’être assez bien faites pour pouvoir subvenir à leurs besoins de la sorte. Ce sont les mochetés ou, si l’on me permet cette expression, les coincées du cul, qui, aussi pauvres qu’elles, sont bien à plaindre. Comment font-elles donc, celles-là, pour subvenir à leurs besoins&amp;nbsp;? Cela dit, je ne suis pas une fille. Peut-être la chose leur est-elle plus pénible qu’aux garçons&amp;nbsp;; ce qui pourrait expliquer pourquoi elles s’estiment bien à plaindre elles aussi. Et puis la prostitution, chez les pédés, c’est une espèce d’institution, comme le sont les travestis, les folles ou la fornication dans les bois. L’opprobre n’est pas aussi grand. Cela dit, bien sûr, sans vouloir faire l’apologie de la prostitution, comme on m’en a accusé. Il faudra d’ailleurs que j’en reparle (ainsi que de Monsieur Véto, qui a répondu à la lettre électronique que je lui ai envoyée dernièrement), mais pas ce soir, faute de temps.) Comme ma lectrice fait vraisemblablement partie (car je ne vois pas d’autre explication à sa remarque si déplacée, si fausse, surtout), comme elle fait vraisemblablement partie de ces gens qui sont tellement absorbés par les possibilités de consommation qui s’offrent à eux de toutes parts, et dont ils ont les moyens, qu’ils ne savent plus faire la différence entre des pauvres et des miséreux (comme si c’était nécessairement être miséreux que de ne pas pouvoir consommer autant que ces gens incapables de concevoir qu’il est possible de vivre chichement et néanmoins décemment), elle avait cru qu’en me prétendant pauvre, je cherchais à me faire plaindre comme si j’avais été véritablement miséreux&amp;nbsp;! Il n’y a pas de mots assez forts pour dire l’indignation, le dégoût, que m’inspire une pareille tournure d’esprit, que je trouve infiniment plus obscène, par exemple, que celle du chef de l’état, dont il est de bon ton de mépriser le dit &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bling-bling&lt;/em&gt; (comme si ce mot voulait dire quelque chose (mais c’est sans doute parce qu’on ne sait pas vraiment ce qu’on lui reproche exactement, quand on parle de son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bling-bling&lt;/em&gt;, qui n’est d’ailleurs pas si différent de celui du premier venu, après tout, qu’on recourt à ce mot vide de sens…)) ou que celle de ces patrons qui se font attribuer des ‘‘parachutes dorés’’ ou organisent leurs assemblées dans des palaces ou sur des îles paradisiaques, comme si le coût de ces largesse peu morales (mais je trouve beaucoup plus immorale et indubitablement illégale la séquestration des patrons dans les usines, et parfaitement injustifiable l’impunité des ouvriers ou employés voyous (comme on dit des patrons voyous) qui se rendent coupables de tels faits), comme si ces largesses, disais-je, étaient la cause de la crise économique ou de la crise de l’emploi, ce qui me semble plus que douteux. Il me faut bien le confesser&amp;nbsp;: le fait qu’il y ait des miséreux ne me révolte pas autant que le fait qu’il y ait des gens assez indécents pour ne plus savoir faire la différence entre des miséreux et de simples pauvres. La discrète obscénité de ces gens, d’un faux bon sens, quotidienne, banale, est bien plus grande que celle, si m’as-tu-vu, si ‘‘nouveau riche’’, des ‘‘riches’’, tout simplement parce qu’elle est plus répandue, étant entendu qu’il y a beaucoup moins de ‘‘riches’’ que d’hommes appartenant à la classe moyenne, si c’est bien ainsi qu’il faut dire. Et cette obscénité supérieure par sa médiocrité même rend caduque la réprobation dont il est convenu de faire montre à l’encontre de celle du petit nombre des plus riches. Quelle différence y a-t-il, en effet, entre un bouffon qui croit qu’on a raté sa vie si l’on ne possède pas de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Rolex&lt;/em&gt; à cinquante ans (pauvre don Esteban, qui a la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Rolex&lt;/em&gt; depuis des lustres, mais plus les moyens de l’entretenir&amp;nbsp;!), et quelqu’un qui croit qu’à tout âge on est miséreux si l’on n’est que pauvre, c’est-à-dire si l’on n’a pas les moyens d’acheter les mêmes choses que lui, sans lesquelles on ne vit pourtant pas misérablement, que je sache&amp;nbsp;? Tout ce que montrent ces gens qui voient la misère où elle n’est pas, c’est leur propre immoralité. Ce n’est que par jalousie qu’ils réprouvent l’étalage de richesses de ceux qui possèdent plus qu’eux et c’est par la même arrogance que celle qu’ils condamnent chez les ‘‘riches’’ qu’ils prennent de simples pauvres pour des miséreux. Ils me dégoûtent. Cette lectrice me fait un peu penser à Lambert, ce travailleur social, comme je crois qu’on dit, qui suivait mon dossier de Rmiste au centre communal d’action sociale de Mont-de-Marsan. Quand il avait appris que j’étais propriétaire de l’appartement de la rue des Cordeliers, que j’occupais encore à l’époque (car c’était avant d’avoir acheté la nouvelle maison), il m’avait dit le plus sérieusement du monde que plus rien ne justifiait que je reste à Mont-de-Marsan, où le marché du travail était fort limité. Je n’avais qu’à mettre mon appartement en location, m’avait-il expliqué, et partir dans une autre ville, où il y aurait eu plus de travail et où j’aurais pu me loger, selon lui, grâce au revenu que m’aurait apporté mon appartement loué&amp;nbsp;! Je trouve de telles paroles proprement scandaleuses. Ce n’était que grâce à la propriété de cet appartement que je pouvais vivre décemment malgré la faiblesse de mes revenus, et ce travailleur social voulait m’inciter à me faire partir à l’aventure et devenir ailleurs locataire. Il s’imaginait peut-être que j’aurais trouvé sans la moindre difficulté un locataire pour mon propre appartement. Sans doute n’avait-il jamais entendu parler de ces locataires qu’il est impossible d’expulser et qui ne paient jamais leur loyer. N’est-ce pas le ministre Boutin, qui, tout récemment encore, voulait interdire les expulsions, s’il n’y avait pas de solution de relogement pour les mauvais payeurs&amp;nbsp;? De tels projets font des locataires, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;de facto&lt;/em&gt;, des propriétaires, mais des propriétaires entièrement exemptés des charges impliquées par la propriété, comme, par exemple, le paiement de taxes foncières. Il y avait une telle ‘‘incompatibilité d’humeur’’, pour le dire en trois mots, entre Lambert et moi, que j’avais moi-même demandé à être radié de la liste des allocataires du RMI, parce que je ne voulais pas subir une nouvelle fois l’arbitraire de cet homme qui m’a toujours détesté, sans que je sache pourquoi, peut-être parce qu’il n’aime pas les pédés. La mauvaise foi des reproches qu’il me faisait est évidente, parce que, dans la même période, sa collègue, une jeune Mme P***, me trouvait irréprochable&amp;nbsp;! Si j’ai demandé dernièrement à redevenir allocataire du RMI, ce n’est que parce que j’ai appris, en allant m’informer à la CAF sur le futur RSA, que Lambert ne travaillait plus au centre communal d’action social et que je ne risquais donc pas d’avoir affaire à lui&amp;nbsp;: il a été muté à la maison d’accueil spécialisée, ce que je trouve si surprenant que je me suis même demandé si cette mutation n’était pas une conséquence disciplinaire de la lettre que j’avais écrite au président du conseil général pour lui demander ma radiation. J’ai pensé qu’on avait peut-être demandé à Lambert de s’expliquer sur cet allocataire qui demandait lui-même à être radié, pour ‘‘incompatibilité d’humeur’’, donc... Mais ç’aurait tout de même été sans doute beaucoup de bruit pour rien, c’est-à-dire pour ma petite personne. Il y a pourtant quelque chose d’étrange dans cette affaire, car quand je suis retourné au centre communal d’action social, le mois dernier, pour remplir un nouveau ‘‘dossier RMI’’, Mme P***, qui, m’ayant demandé pour qu’elle raison j’avais été radié la dernière fois et s’étonnant fort, en entendant ma réponse, qu’on pût l’être sur sa propre demande et pour ‘‘incompatibilité d’humeur’’, a vérifié quelle était la raison consignée dans les archives du centre, a trouvé finalement qu’il était écrit que j’avais été radié en décembre 2007 (ce qui est vrai), parce que mes revenus étaient devenus trop grands pour que je pusse prétendre encore au RMI, ce qui est entièrement faux, puisque entre décembre 2007 et avril 2009, si mon salaire le plus élevé fut, en mai 2008, de 417 EUR (une fortune, diront certaines), le plus bas fut, en janvier 2008, de 138 EUR&amp;nbsp;! Quant à la moyenne des dix-sept mois, elle est de 317 EUR. Mes revenus n’ont donc pas été trop élevés pendant cette période pour que je puisse prétendre au RMI. Quand je lui ai fait part à mon tour de mon grand étonnement, Mme P*** s’est empressée de passer à autre chose, comme si elle était embarrassée (mais j’ai peut-être imaginé cet embarras). Quelqu’un a pourtant fait une espèce de fausse déclaration, ou créé un faux document, dont la conséquence est que la véritable raison de ma radiation n’apparaît pas dans les archives du centre communal d’action sociale. A moins qu’il n’y ait effectivement pas, comme l’étonnement de Mme P*** pourrait l’indiquer, de formulation prévue lorsque la radiation a eu lieu à la demande de l’allocataire lui-même. Mais dans ce cas, puisque c’est pour éviter d’avoir à subir l’arbitraire de Lambert qui, j’en suis sûr, m’aurait fait convoquer devant la commission d’insertion (si c’est bien son nom, car je n’en suis pas certain) pour me faire radier, comme il avait déjà fait une fois, que j’ai moi-même demandé à l’être, je trouve qu’il aurait été plus fidèle à la vérité de dire que je l’avais été à cause de la faiblesse des moyens que Lambert prétendait, à tort, certes, que je mettais en œuvre pour m’insérer dans la société, plutôt que sous le faux prétexte de mes prétendus trop grands revenus. Il faudrait que je mène ma petite enquête, pour savoir ce qu’il en est exactement, mais je dois bien reconnaître que je ne suis pas sûr d’en trouver l’énergie nécessaire. Si j’ai demandé à redevenir allocataire du RMI,&amp;nbsp;c’est d’abord parce que je suis intéressé par le RSA, qui n’est pas encore appliqué, mais auquel auront automatiquement droit tous les bénéficiaires du RMI, le moment venu, et, surtout, parce que ma situation financière est devenue vraiment délicate depuis que j’ai commencé mon analyse, qui me coûte presque un tiers de mes revenus&amp;nbsp;! Pour faire face à toutes ces dépenses, il faudrait que je me prostitue davantage, ce qui n’est pas du tout mon intention. Au contraire, j’aurais plutôt le désir d’arrêter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Dimanche 3 mai 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Monsieur Véto</category>
<category>Pierre Driout</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Mon, 04 May 2009 03:22:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Au fond, tout ce que demandait Monsieur Véto, c’est de pouvoir me dire, dans les commentaires de mon propre blogue, tout le mal qu’il pensait de moi, tout le mépris que je lui inspirais, mais sans qu’en retour je bronchasse du tout. Est-ce que ce n’est pas le droit de tout homme, après tout, que de provoquer son prochain, de le pousser à bout, et de n’en subir aucune riposte&amp;nbsp;? Mais dans quelle époque vit-on&amp;nbsp;? Ce droit que voulait exercer Monsieur Véto, c’est celui de se comporter et d’être traité comme une femme, comme une de ces femmes qui se réservent le droit de rendre la vie impossible à des maris qui ont quant à eux le devoir de garder le sourire ou de baisser la tête&amp;nbsp;! Il arrive parfois que l’homme la relève, le temps de donner une gifle et d’être conduit en prison. Cela dit sans vouloir tenir de propos discriminatoires à l’encontre des femmes ni faire l’apologie de la violence conjugale, comme on dit de nos jours&amp;nbsp;! (Attention&amp;nbsp;! La police veille et lit peut-être encore ce blogue…) Monsieur Véto, c’est un de ces hommes-femmes comme il y en a de plus en plus&amp;nbsp;: c’est un homme émasculé qui, n’en revenant pas d’avoir pris des coups qu’il a tout fait pour recevoir, est allé pleurer dans les bras de sa mère la police. En d’autres temps, heureusement révolus, dois-je m’empresser de préciser, car je n’ai pas non plus l’intention de faire l’apologie des pratiques qui avaient cours alors, cette ridicule affaire se serait probablement terminée par un duel. Mais il est vrai qu’en ces temps, un être aussi petit, aussi pleutre, aussi vile que Monsieur Véto n’aurait sans doute jamais été du nombre de ceux qui portaient l’épée et, d’ailleurs, il n’y aurait pas eu d’affaire, parce que les injures qui me sont reprochées n’auraient jamais été prononcées&amp;nbsp;: une simple bastonnade les aurait remplacées&amp;nbsp;! Je crois qu’il y a un énorme malentendu relativement au fait que je laisse à mes lecteurs la possibilité de commenter ce blogue. Si les commentaires sont ‘‘ouverts’’, c’est surtout pour laisser à un éventuel prince charmant, pour parler comme un pédé (cela dit sans vouloir offenser la communauté homosexuelle, bien sûr, oh la la, loin de moi cette idée&amp;nbsp;!), pour lui laisser la possibilité, disais-je, de se faire connaître à moi. Evidemment, vue la tournure que ce blogue a prise depuis quelques mois, la venue de cet hypothétique prince charmant est très compromise et ce d’autant plus que je l’ai déjà rencontré, il y a quelques années. Il avait hélas perdu son royaume et sa fortune&amp;nbsp;: c’était don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! La Providence serait tout de même bien généreuse, et bien indulgente, en me permettant d’en rencontrer un second grâce à ce blogue. Je devrais sans doute m’estimer heureux de tomber sur un maquereau, compte tenu de ce que j’ai pu y écrire&amp;nbsp;! Je plaisante, évidemment. Moi vivant, jamais il ne sera fait l’apologie de la prostitution dans les pages de ce journal&amp;nbsp;! Si je laisse ouverts les commentaires, c’est aussi parce que j’aimais lire ceux de Pierre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Driout&lt;/span&gt;, qui semble hélas avoir définitivement cessé de fréquenter ces lieux. C’est enfin pour ne pas décevoir un peu plus don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, qui ne cesse de me dire que c’est une lâcheté que de les ‘‘fermer’’&amp;nbsp;! Le malentendu porte également sur la raison qui me fait publier ce journal sur Internet. Je ne pensais pas avoir à l’écrire, mais enfin, il semble que ce soit nécessaire&amp;nbsp;: si je le publie, ce n’est absolument parce que je suis curieux des réflexions que sa lecture peut inspirer aux internautes, même s’il est vrai qu’il peut m’être agréable de les connaître, lorsqu’elles sont aussi flatteuses que dans&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/01/vendredi-1er-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le commentaire&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que m’a laissé par exemple hier un certain Philip. Tout internaute est libre de l’opinion, bonne ou mauvaise, que je lui inspire, bien sûr, mais je trouve fort indélicat qu’on tienne absolument à me dire la mauvaise ici-même&amp;nbsp;: pourquoi donc le faire, si ce n’est pour me blesser, pour me nuire, c’est-à-dire pour assouvir ses plus bas instincts, comme a fait Monsieur Véto, quoique en toute bonne conscience&amp;nbsp;? On n’a qu’à l’écrire dans son propre blogue&amp;nbsp;! Non, si je publie le mien, c’est parce qu’il est aux confidences ce que le &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;fuckbuddy&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; est aux amours&amp;nbsp;! C’est le propre de l’homme que d’avoir à se confier. Et pour être ce que je suis ou ce que je semble être à tous les Monsieur Véto qui lisent peut-être encore ce journal, c’est-à-dire pour leur être le plus souvent des plus détestables, je n’en suis pas moins homme&amp;nbsp;! Mais j’ai peu d’amis à qui me confier. Dans la confidence, le plus important n’est pas le secrétaire et, d’ailleurs, mes lecteurs les plus attentifs auront bien vu que j’ai peu de secrets pour eux&amp;nbsp;! Non, le plus important, c’est que ces secrets soient dits. Qu’ils soient dévoilés, chassés de moi, jetés dans l’air ambiant. Dans un tel but, écrire pour soi seul n’est pas suffisant&amp;nbsp;: ce n’est pas tout à fait dire. Je publie donc tout ce que j’écris parce que j’ai besoin de le dire. Il me semble d’ailleurs que c’est également l’un des fondements de la psychanalyse. Je pourrais bien découvrir seul tout ce que je fais depuis que j’ai commencé nos séances avec Tirésias. Mais l’important est de le dire, du moins pour cheminer jusqu’au point de découvrir ce qui a toutes les chances d’être proprement indicible. J’écris ce journal sur Internet parce que je n’ai personne à qui le dire. Même ma mère ne me prêterait pas l’oreille qu’il y faudrait, surtout pas elle, d’ailleurs, qui est complètement folle et probablement la racine de tous mes maux. Pour que mon lecteur puisse se faire une idée de cette marâtre, qu’il songe seulement qu’elle est la première à me dire d’aller me prostituer quand, depuis qu’elle a décidé de devenir avec moi moins prodigue de son argent, je lui demande encore, sans grand espoir, de m’en donner un peu. «&amp;nbsp;Tu n’as qu’à te trouver un vieux riche ou bien aller faire la pute&amp;nbsp;», me répond-elle souvent. Elle le dit sans aucun dégoût pour la pratique qu’elle me recommande, mais comme si c’était la chose la plus naturelle du monde et le métier le plus fait pour moi, qui ne sais pas faire grand-chose ni de mes mains ni de ma tête, il est vrai, et je ne vois d’ailleurs pas comment je pourrais le nier, ce journal en étant la preuve, ou plutôt l’aveu… Je n’ai pas particulièrement envie de me confier à une mère si disposée à se satisfaire que son fils fasse le plus vieux métier du monde, auquel seule l’antiquité, peut-être, pourrait donner un peu de prestige. Allons&amp;nbsp;! Il va de soi que je n’y trouve aucun prestige, non plus que de honte. J’espère qu’on voit bien qu’il n’y a dans ce journal nulle apologie de la prostitution. Je ne fais que la constater dans ma vie et dans le monde.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Mercredi 15 avril 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/04/16/mercredi-15-avril-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>''Richelieu''</category>
<category>2009</category>
<category>Anaximandre</category>
<category>Camille</category>
<category>Cléomédon</category>
<category>Clinias</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Tirésias</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Thu, 16 Apr 2009 03:32:26 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je rentre à l’instant de chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, où le beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; et le terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt; passent quelques jours de vacances. Je les avais déjà vus, lundi soir dernier, lors d’un dîner chez le même, auquel participait également Anaximandre ‘‘de Paris’’, comme dit &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, pour le distinguer du cinquième convive, qui porte le même nom, mais qui, se faisant appeler de celui d’un célèbre cardinal français, sera nommé ‘‘Richelieu’’ dans ce journal, si jamais il doit en être de nouveau question. Don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; et d’autres avant lui m’ont dit qu’ils se perdaient dans les noms de tous mes personnages et souhaiteraient donc que je crée un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;index&lt;/em&gt; pour les aider dans leur lecture. Peut-être devrais-je suivre leur conseil. M’y perdant moi-même, j’ai d’ailleurs déjà créé depuis longtemps, pour mon usage personnel, une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;tabula &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;nominum&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; qui m’aide à retrouver à qui appartiennent les invraisemblables noms que je donne aux personnes évoquées dans ces pages. J’ai appris de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, lundi soir, que son &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; était circoncis&amp;nbsp;! Je devrais peut-être parler à Tirésias de mon aversion pour les sexes circoncis, aversion toute relative, il est vrai, car je n’arrêtais pas de penser, une fois cette révélation faite, qu’il me plairait fort de voir celui du beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt;, que je trouvais d’ailleurs encore plus beau rougissant de l’indiscrétion de son terrible amant. En l’observant ce soir, je me suis tout de même demandé pourquoi je le trouvais si attirant. Quelque chose dans sa façon de se tenir et de se taire, son accent quand il parlait, le col relevé de son polo rentré dans le pantalon, me faisaient penser qu’il avait quelque chose et d’un plouc et d’un demeuré. Mais dans le même temps, je me disais que sa réserve était peut-être une démonstration d’intelligence faite aux intarissables &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt; qui, plus âgés que nous, n’apprécient guère qu’on leur réponde&amp;nbsp;: ils préfèrent qu’on acquiesce à ce qu’ils disent, quand ils entendent qu’on acquiesce, car le plus souvent, ils sont tout à leurs dialogues de sourds et, même, ils ne s’entendent pas eux-mêmes, préférant se contredire plutôt que de ne pas avoir le dernier mot&amp;nbsp;! Sans doute &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; n’est-il pour moi qu’un fantasme, comme l’était déjà Camille, cette autre créature indéfinissable, incompréhensible, inexistante et pourtant l’obsession de mes pensées. Mais il est peu probable que j’aie le temps de parler demain de mon aversion tout relative pour les sexes circoncis. J’aurai sans doute bien trop à dire sur ce que ma sœur nous a confié, à ma mère et moi, dimanche dernier à propos du grand C, qui est apparemment quelqu’un de beaucoup plus inquiétant que j’aurais cru.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Lundi 16 février 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/02/17/lundi-16-fevrier-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Anja</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Julien</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Tue, 17 Feb 2009 01:37:51 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai retrouvé les fausses lettres de Julien. Elles étaient rangées avec celles qu’il me reste d’Anja. J’ai également retrouvé la lettre que la mère de cette dernière m’avait écrite après sa mort. Toutes ces lettres n’étaient pas perdues. Elles étaient restées pendant des années dans une boîte que je n’ouvrais jamais. Puis, sans doute au moment d’emménager dans l’appartement de la rue des Cordeliers, que j’ai quitté depuis, je les avais classées dans une chemise rouge intitulée «&amp;nbsp;Anja et autres lettres&amp;nbsp;». Ayant beaucoup perdu de mon allemand, j’ai demandé à don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, dont la mère était autrichienne, de retraduire pour moi la lettre de la mère d’Anja. &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: EN-GB&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nach&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ostern&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;werden&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;wir&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;unsere&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;geliebte&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Anja&lt;/span&gt; auf &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;dem&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Friedhof&lt;/span&gt; in Rostock &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;beisetzen&lt;/span&gt;&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; J’avais complètement oublié que sa mère m’avait dit qu’Anja était enterrée à Rostock. Je n’avais bien sûr pas relu cette lettre avant&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/decalage_horaire/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le voyage que nous fîmes en Allemagne&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; et moi, en 2005, si bien que,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2005/09/23/vendredi-23-septembre-2005.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le jour que nous consacrâmes à sa recherche&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, nous ne trouvâmes évidemment pas la tombe de mon amie, que je croyais enterrée à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Dummerstorf&lt;/span&gt;, son village natal. Il n’y avait d’ailleurs pas de cimetière à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Dummerstorf&lt;/span&gt;. Il fallait aller à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Kavelstorf&lt;/span&gt;, un village voisin, pour rendre hommage aux morts de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Dummerstorf&lt;/span&gt;. Mais bien sûr, dans le cimetière de ce village, point de tombe d’Anja&amp;nbsp;! Don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt;, en traduisant la lettre de sa mère, a dû se dire que je n’étais vraiment qu’un imbécile. Je recopierai peut-être cette lettre ici, dans les jours qui viennent. Quant aux autres, les fausses lettres de Julien, elles me font trop honte&amp;nbsp;! Voilà typiquement le genre de contenu qui n’aura sa place que dans mon autre journal, celui de mon analyse. Plus de quinze ans séparent les rencontres d’Anja et de Camille. Et pourtant, je crois pouvoir dire que si je n’avais pas connu Anja, il y a tant d’années, je n’aurais sans doute jamais pu m’attacher à ce point à Camille. J’en parlerai bientôt, après ma prochaine séance chez Tirésias, à qui je réserve la primeur de mes découvertes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Lundi 12 janvier 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/01/13/lundi-12-janvier-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Polémon</category>
<pubDate>Tue, 13 Jan 2009 03:23:40 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai beaucoup parlé de ma méchanceté dans ce journal, souvent avec complaisance. Don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; me disait encore tout récemment qu’il bénissait la crise immobilière, financière, économique et mondiale&amp;nbsp;d’avoir rendu impossible la vente de ce terrain des Baléares qui devait le remettre à flot&amp;nbsp;: grâce à la crise, il n’a pas eu les moyens de commettre ce qui, estime-t-il, aurait sans doute été la plus grande erreur de sa vie&amp;nbsp;: se rapprocher du monstre d’égoïsme et de méchanceté qui se donne à lire dans les pages de ce journal&amp;nbsp;! Je n’ai pas de raison de douter de la sincérité de son soulagement. Mais je me demande si mes lecteurs les plus attentifs ont remarqué cet autre trait de mon caractère, dont je n’ai peut-être jamais parlé ici, mais qui se laisse probablement voir à chaque ligne que j’écris&amp;nbsp;: je parle de ma naïveté, de la très grande candeur qui, sans doute, fait paraître encore plus sombre tout ce qui n’est pas elle, c’est-à-dire tout le reste de moi. Je suis un candide&amp;nbsp;: je n’ai découvert que ces tout derniers mois certaines hideurs des hommes et de la vie dont je savais l’existence, bien sûr, mais dont je n’avais aucune connaissance personnelle, faute d’expérience. Je suis tombé de très haut. La phobie qui m’empêchait de connaître le meilleur de la vie et des hommes m’avait aussi préservé du pire. Ma candeur est telle que je suis encore tout étonné de constater que ce pire était si près de moi et si fait pour moi, que non seulement il a pu entrer du jour au lendemain dans ma vie, dans mon lit, dans ma bouche, mais encore que c’est moi qui ai voulu l’y faire entrer, dans l’espoir il est vrai de trouver le meilleur, c’est moi qui ai voulu y goûter, y mettre la main. A présent, j’aurais beau me laver, comme après l’amour&amp;nbsp;: je sais que l’odeur à la fois délicieuse et dégoûtante qui reste sur ces doigts que j’ai moi-même glissés à l’intérieur de Camille, ce trou béant, je sais que le goût qui reste dans cette bouche que j’avais moi-même mise autour du braquemart d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, pour mon malheur, des années avant Camille, je sais que tout cela ne partira pas. La rencontre de Camille et d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; ne pouvait mener qu’à ma perte. Camille, c’est une poche où tout peut se loger, une béance qui ne tient à rien&amp;nbsp;; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, lui, voudrait tout pénétrer, tout posséder. Le premier a tout naturellement servi de fourreau au second. Mais trop lâche, aussitôt le poignard glissé en elle, cette gaine informe est tombée par terre, où d’autres viendront la ramasser (&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Polémon&lt;/span&gt; déjà) pour se fourrer dedans à leur tour. Il fallait donc que la lame restât dégainée&amp;nbsp;: elle voulait d’une victime. J’étais si candide que je me suis littéralement jeté sur elle. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; et Camille m’ont poignardé, non pas dans le dos, non, mais dans les yeux&amp;nbsp;: ils m’ont mis au monde.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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