07/05/2009

Mercredi 6 mai 2009

            Il y a parfois de ces coïncidences… C’est presque par hasard que je reparlais tout récemment du beau Nicandre, que je ne fréquente plus depuis longtemps. J’avais seulement dit que je l’avais reconnu sur une photo publiée sur le facebook du sublime Callias. Or la mère de Nicandre est venue me parler hier soir sur MSN. Elle voulait savoir si je n’avais pas de nouvelles de son fils. « Il a disparu depuis trois jours, m’a-t-elle dit. Il ne répond plus au téléphone. J’ai tellement peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. » « Nicandre n’est-il pas parti passer quelques jours à Bordeaux, ai-je donc demandé à Callias. – Si, pourquoi ? – Parce que je viens de parler à sa mère sur son MSN. Elle croit qu’il a disparu. Elle n’a plus de nouvelles de lui depuis trois jours. – Mais elle est complètement flippée, celle-là. Ce n’est pas parce qu’elle n’a plus de nouvelles de lui qu’il a disparu ! » Quelle sorte de mère peut donc bien être cette dame ? Monstrueusement aimante, j’imagine. Nicandre m’avait dit l’aimer intensément, lui aussi : « Je ne sais pas, m’avait-il même confié, je ne sais pas ce que je deviendrais, si ma mère mourait. » Pauvre Nicandre. Avais-je écrit, à l’époque, qu’il souffrait de trouble panique ? Tityre m’a dit tout à l’heure, au téléphone, qu’il avait dîné hier soir avec Osman, qu’il ne connaissait que de loin, mais qui se trouve être aussi l’ami d’un sien ami. C’est grâce à cette révélation que j’ai compris comment Osman avait pu être informé, comme il me l’a dit tout à l’heure, lui aussi, au téléphone, de ma récente déconvenue avec Phédon sans même m’avoir revu depuis. « Ah ? Tu sais déjà ?, m’étais-je étonné. Les nouvelles vont vite ! Je vais avoir une belle réputation, maintenant… » Tityre aime que je lui parle de mes victoires ou de mes défaites, ce que je fais donc souvent volontiers, par amitié. Mais Tityre est une mauvaise langue, qui ne sait pas la tenir. Pourquoi donc crois-tu, mon blond lecteur, que je me permette de dire tant de choses à ce journal, sans pudeur ou presque ? C’est parce que, la plupart du temps, ces choses sont déjà sues du monde avant même que je les écrive ! Ainsi Camille faisait-il lire à tout le monde mes lettres et mes SMS. Il racontait au premier venu que j’étais phobique social ! Polémon avait d’ailleurs entendu parler de mes névroses avant même de me rencontrer. L’autre soir, pour faire la conversation, Osman racontait ma psychanalyse à Callias et pourquoi j’étais tombé sous le charme de Camille : parce qu’il était roux et qu’il me rappelait une fille que j’avais connue, et parce que ceci, et parce que cela… Grâce à l’impudeur de ce journal, les judas qui me servent d’amis sont un peu moins coupables de leurs indiscrétions. Et comment pourrais-je les leur reprocher ? N’était-ce pas moi qui disais l’autre jour à Didymias qu’il n’avait qu’à tenir sa langue, s’il ne voulait pas que ses secrets fussent trahis ? En disant tout ou presque à ce journal, je me donne l’illusion d’avoir autorisé des révélations qui, de toute façon, seront faites en ma présence ou dans mon dos. Je peux croire ainsi que je garde le contrôle, si ce n’est sur ma vie, du moins sur les récits qui en sont faits ! C’est probablement parce que je ne tiens à personne, pas même à moi, que je me laisse regarder ainsi. S’il y avait quelqu’un qui me fût vraiment cher, sans doute alors reviendrais-je à plus de pudeur, parce que je ne me sentirais pas le droit de me montrer à d’autres yeux que ceux de l’être aimé. Et sans doute m’interdirais-je de parler de lui, pour le protéger des mauvais regards. Je tairais notre amour, ma vie, notre vie, notre bonheur, pour ne pas nous attirer le mauvais œil. Mais que mes lecteurs se rassurent : cela n’arrivera sans doute jamais et ce journal n’aura pas de fin.

03:10 Publié dans 2009, Callias, Didymias, Journal, Nicandre, Osman, Phédon, Polémon, Tityre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

05/05/2009

Lundi 4 mai 2009

            Je dois me rendre demain à ma douzième séance chez Tirésias et je m’aperçois que je n’ai pas encore parlé de ce dont il avait été question lors de la onzième, la semaine dernière. Quant à la semaine précédente, il n’y eut pas de séance du tout, Tirésias ayant dû s’absenter. Je sais déjà qu’il sera beaucoup question, demain, de ce que j’ai écrit dans ce journal, samedi 2 mai, à propos de Phédon, le petit Guyanais, de sa peau noire, de ma nausée, des tâches marron apparues sur ma peau le lendemain et de ma grande angoisse en les découvrant. J’avais d’ailleurs oublié de préciser, ce jour-là, pensant naïvement que c’était inutile, que l’espèce de dégoût que, très probablement, Phédon m’a inspiré, au point que j’en ai eu la nausée et que j’ai cru que toutes ces tâches étaient apparues sur ma peau dans mon sommeil, comme par contamination, trouve son origine dans mes entrailles. Je ne faisais que tirer les conséquences des associations que j’ai faites, et qui semblent indiquer que c’est parce que Phédon est noir qu’il m’a été impossible de coucher avec lui, c’est-à-dire parce qu’il est tout le contraire du roux et pâle Camille. Mais ces conclusions (ma préférence pour le blanc plutôt que pour le noir) que je me suis permis de tirer ne sont fondées qu’en psychanalyse ! Elles n’ont aucune valeur politique, sociale, intellectuelle, je ne sais comment dire. Il y a pourtant un internaute qui s’est permis de me faire remarquer (sur le site de pédé habituel) que ce que j’avais écrit était « à gerber », pour reprendre ses mots. Et il ne croyait pas si bien dire, car on peut être amené à beaucoup parler en effet des productions de ses entrailles, lors d’une analyse. Est-ce que l’antiracisme s’est déjà si totalement imposé que, même dans les psychanalyses, il faille faire comme si les races n’existaient pas, je veux dire ces différences de couleur qui sautent aux yeux et peuvent avoir une très grande importance pour l’inconscient ? Pourquoi serait-il choquant d’écrire que c’est parce qu’il avait la peau noire qu’on a eu du dégoût pour tel garçon, comme j’ai fait, s’il ne l’est pas de dire, comme ce semble être le cas, puisque personne ne m’en a fait la remarque, qu’on a eu du désir pour tel autre (Camille, en l’occurrence), parce qu’il était roux et qu’il avait la peau très blanche ? J’espère que l’antiracisme ne nous mènera pas si loin, je veux dire jusqu’au point de nous imposer des quotas de Noirs ou d’arabes dans nos relations sexuelles ! Cela dit, si vraiment il me fallait coucher avec un Noir pour prouver ma stricte orthodoxie antiraciste, je crois que je serais tout à fait capable de surmonter mon dégoût, quand une fois j’aurais résolu de le faire. Après tout, je n’ai que rarement du goût pour mes ‘‘clients’’ et je réussis pourtant assez facilement, d’habitude, à faire comme si j’en avais. Mais c’est précisément parce que je ne m’étais pas foncièrement avisé de ce dégoût que je me suis laissé submerger par lui, avec Phédon. J’avais pour ce garçon une curiosité non feinte, parce qu’il me semblait être très différent de l’idée que je m’étais faite jusqu’alors des Noirs, parce que le trouvais réellement attirant lorsqu’il était habillé, et que le désire qu’il m’avait inspiré était sincère. C’est parce que je ne m’attendais pas à ce dégoût qu’il m’a terrassé. D’autant que je n’en ai pris conscience que le lendemain, en tentant d’analyser ma réaction. Sur le moment, j’étais entièrement inconscient de la cause de ce dégoût, ce qui explique que j’y aie si totalement succombé. Tityre, à qui j’ai raconté ma débandade, me dit qu’il trouve surprenant que je parvienne, par instants, à avoir du désir pour des gens qui ne m’en inspirent pas d’ordinaire. (Peut-être devrais-je parler de ce désir paradoxal à Tirésias.) Ce n’est pas la première fois, en effet, que je confiais à Tityre avoir couché avec des gens qui me déplaisent. Je l’ai d’ailleurs encore fait récemment avec Ascylte, après l’avoir invité à nous rejoindre chez Tityre, le onze mars dernier. (Tant que j’en suis à parler d’Ascylte : il m’a rejoint hier soir, sur MSN, pour me dire qu’il avait retrouvé les vœux que je lui avais envoyés au mois de janvier. Il voulait savoir s’il avait pensé à m’en remercier ! J’ai beau tourner notre conversation dans tous les sens, il semble bien qu’Ascylte ait pris cette lettre, qui était pourtant odieuse, pour de véritables vœux de bonheur ! Il m’a parlé de nouveau de ses problèmes de santé et dit souffrir d’une insuffisance corticosurrénalienne. Je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut être. Tout ce que je sais, qu’Ascylte m’a appris, c’est que cette insuffisance a pour conséquence de lui rendre très difficile de bander, de jouir ou même d’avoir du désir. Mais je me demande si cette insuffisance n’a pas aussi de fâcheux effets sur ses capacités intellectuelles. Comment expliquer autrement qu’il ait cru que mes vœux partaient d’un bon sentiment ? « Comme un Romain d’une Sabine. » Comme j’avais repris à côté de mon nom, sur MSN, ces quelques mots, dont la tournure me plaisait, Ascylte m’a demandé ce qu’ils signifiaient pour moi ? Il voulait savoir si j’étais amoureux. (Sans doute y voyait-il, lui aussi, le nom de Camille, qui s’appelle Romain, en réalité, comme j’ai déjà dit.) Je lui ai donc expliqué que c’était une allusion à l’enlèvement des Sabines, parce qu’un garçon s’était récemment emparé de moi, dans une discothèque, ‘‘comme un Romain d’une Sabine’’, pour me faire tourner dans ses bras sur la piste de danse. « Ah ! m’a-t-il répondu, je n’ai jamais entendu parler de cet épisode. » Il ne voyait réellement pas à quoi je faisais allusion ! Est-ce que ce n’est pas effrayant, tout de même, de savoir que les juges d’instruction confient des expertises psychologiques à des hommes qui ne savent pas ce que c’est que l’enlèvement des Sabines ? On ne peut s’empêcher de se demander s’ils ont déjà entendu parler de ce prince de l’antiquité, qui s’appelait Œdipe, et qui avait tué son père et couché avec sa mère… Mais je crois avoir déjà dit dans ce journal qu’Ascylte était un imposteur. Ascylte, c’est Tartuffe à l’époque des cellules psychologiques ! Il voudrait me revoir, pour m’inviter à dîner… Alors qu’il n’a même pas été fichu de bander, lors de notre dernière entrevue !)  Voici donc la relation de ma onzième séance avec Tirésias : Je lui ai parlé de ma relation sexuelle avec Didymias. Il m’embrassait trop. C’en était oppressant. (Est-ce qu’il ne me traitait pas comme une femme ?) Je ne supporte pas non plus que ma mère m’embrasse ni me touche. D’ailleurs, je lui ai demandé de ne plus le faire depuis une ou deux années. Elle avait en particulier l’habitude, en m’embrassant, de poser la main sur mon épaule ou de me toucher le cou, ce qui m’était particulièrement pénible. Pendant les relations sexuelles, je trouve angoissant qu’on m’embrasse dans le cou. Cette sorte de plaisir est pour moi une épreuve difficile à affronter. On ne peut pas me faire de suçons à cet endroit (n’ont plus qu’ailleurs, je m’en avise). Ils me donnent l’impression d’être vampirisé. C’est absolument insoutenable. J’ai lu que Freud expliquait en partie l’antisémitisme par le complexe de castration. Je ne suis pas antisémite, mais j’ai une certaine défiance envers l’Islam (circoncision/castration, comme pour l’antisémitisme ?). J’ai plusieurs fois regardé sur Internet des vidéos dans lesquelles des hommes se font trancher la tête par des islamistes (en Afghanistan, le plus souvent). Je me demande si, inconsciemment, une connexion ne s’est pas faite entre le complexe de castration et ces images de décapitation. De là viendrait la difficulté que j’ai à me laisser toucher le cou. Ma mère a tout d’une mère castratrice. Il m’était pénible de me faire toucher le cou par elle parce que je n’aimais pas la sensation qu’il en résultait d’être sous son emprise (et aussi : courber la tête). « Vous avez le sentiment d’être vampirisé par votre mère », me dit Tirésias. Un garçon circoncis est pour moi l’étranger par excellence. Or j’ai déjà dit que c’est aussi un frère que je voudrais trouver dans l’être aimé, c’est-à-dire quelqu’un de ma race, au sens de famille. Le sexe de mon père : j’ai toujours eu le sentiment que mon père et moi, d’après mon souvenir, avions des sexes de même forme et de même taille, comme s’ils étaient ce par quoi nous pouvons nous considérer de même race. A une époque, ma mère me laissait entendre que c’était à cause de moi qu’elle n’avait pas pu reprendre de vie sentimentale après son divorce d’avec mon père. Elle prétendait qu’à l’époque où elle fréquentait Jacob, le seul amant qu’elle ait eu, immédiatement après le divorce, je leur faisais des scènes terribles lorsqu’ils allaient s’enfermer dans la chambre de ma mère. Je suis presque sûr à présent qu’elle m’a menti. Je n’ai le souvenir d’avoir frappé qu’une fois à leur porte, parce que je ne comprenais pas pourquoi ils s’enfermaient dans la chambre. Ils m’expliquèrent alors qu’ils voulaient être seuls, et je n’ai plus refait de scène. J’imagine à présent que ma mère a inventé que j’avais été excessivement jaloux, pour me rendre responsable de son échec avec les hommes. Ou bien : le refoulement m’a fait oublier que ma mère a raison de me faire ces reproches ? Jacob était photographe. Ses photos, ainsi que celles qu’avaient faites l’un de ses amis, photographe lui aussi, montrent deux enfants malheureux : ma sœur et moi. Ma mère, qui a toujours aimé la beauté de ces photos, les faisait admirer à ses amies. Tout le monde ne voyait que la beauté des photos. Personne ne voyait les enfants malheureux qu’elles représentaient ! (Ma sœur me dit au contraire que c’est ce qui frappait ses propres amies, lorsqu’elles venaient chez nous : notre tristesse sur ces photos.) Maintenant que j’y repense, je me demande si Phédon n’était pas circoncis. J’ai vu sa queue, je l’ai sucée, mais j’avais tellement bu que je ne me souviens plus de ce détail crucial. C’est absurde d’écrire que je me demande si, inconsciemment, une connexion ne s’est pas faite entre le complexe de castration et ces images de décapitation, d’où s’expliquerait la difficulté que j’ai à me laisser toucher le cou. Cette difficulté est antérieure aux vidéos de décapitation. Sans doute ces dernières ne font-elles que renforcer, d’une part, la difficulté que je disais, et, d’autre part, la défiance que j’ai envers l’Islam, en redoublant en quelque sorte la peur de la castration.

03:45 Publié dans 2009, Ascylte, Camille, Didymias, Jacob, Journal, Ma mère, Ma soeur, Mon père, Phédon, Tirésias, Tityre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

30/04/2009

Mercredi 29 avril 2009

            Je rentre à l’instant d’un petit dîner chez Tityre, avec Parthénie. Cet après-midi, comme j’étais au supermarché, coup de téléphone du petit Chrysanthe, qui voulait savoir si j’étais occupé, ce qui signifie qu’il avait envie de baiser. « Non, je suis dans tel supermarché, là. – Et moi, je ne suis pas loin, au dernier arrêt de bus avant la sortie de la ville. – Attends-moi, j’arrive. » J’aime beaucoup le petit Chrysanthe, je crois que c’est avec lui que je m’entends le mieux, sexuellement. Peut-être est-ce parce qu’il est très jeune (il a tout de même dix-huit ans, la morale est donc sauve !) et qu’il a en grande partie appris à baiser avec moi. Mais je crois que cela tient aussi à son caractère propre, à sa grande douceur, à ses sourires, à sa façon d’avoir presque toujours les yeux ouverts, et de regarder, de me regarder dans les yeux. D’habitude, quand j’embrasse (si j’embrasse, car il est très rare que j’aime embrasser, même si parfois, je consens à le faire, malgré mon dégoût), je le fais plutôt les yeux fermés. Mais non pas avec lui : même en nous embrassant, nous nous regardons dans les yeux. Il y a aussi quelque chose de rare, avec lui : c’est que j’en supporte la présence après avoir joui, et réciproquement. Il ne se rhabille pas tout de suite, continue de me caresser, de me regarder, de m’embrasser : et ça ne me gêne pas. Sans doute serais-je capable de dormir avec lui. Mais parce qu’il n’est libre que la journée, nous n’avons jamais baisé qu’en plein jour, dans ma chambre, qui est particulièrement lumineuse, contrairement à celle de la rue des Cordeliers. Chrysanthe est tout le contraire de Géronte, qui a peut-être bien trois ou quatre fois son âge et ne veut baiser que dans le noir complet, mais avec qui je m’entends également très bien sexuellement. J’ai également dîné chez Tityre, hier soir, avec Agathon, l’histrion rimailleur, et Polysarque, son énorme mignon. Pendant cette soirée, j’ai reçu un coup de téléphone de Didymias, l’énamouré de samedi, à qui il me faut bien donner un nom, puisque je suis amené à reparler de lui. Je n’ai pas décroché, puisque j’étais chez Tityre. Mais il m’a laissé un message sur mon répondeur, dans lequel il m’expliquait d’une voix d’outre-tombe que je n’avais rien compris, qu’il fallait que je fasse attention à ce que je dis, et à qui je le dis, et que j’en avais encore pour de nombreuses années d’analyse ! (C’est aussi la dernière trouvaille de ma mère : à chaque fois que je lui dis quelque chose qui lui déplaît, elle me dit que je suis loin d’en avoir terminé avec mon analyse !) Une fois rentré chez moi, je me suis donc connecté à MSN, pour savoir ce que me voulait exactement ce grand fou de Didymias, qui me fait un peu penser à ces femmes complètement hystériques que mon père prenait pour maîtresses. Il était furieux que j’aie rapporté à Géronte qu’il m’avait révélé qu’il était séropositif. Ce dernier, avec qui je continue de baiser une ou deux fois par mois, mais qui est apparemment dans le déni le plus complet et fait avec moi comme Hiéronymus avec ma sœur, me laissant entendre qu’il n’est pas contaminé sans jamais aller néanmoins jusqu’à me dire clairement qu’il est séronégatif, avait donné à Didymias, quelques heures plus tôt, également sur MSN, tous les noms d’oiseau qu’on peut imaginer, furieux qu’il était d’avoir été trahi par lui. Car Didymias était le premier à me dire qu’il était sûr que Géronte était séropositif. Tityre et Osman n’avaient fait que me dire que Géronte était réputé tel, ce qui n’est pas du tout la même chose. Didymias m’avait dit quant à lui qu’il le tenait de Géronte lui-même, qui s’était confié à lui. Je m’étais donc dit que, puisque la séropositivité de Géronte était avérée, c’était pour moi le moment de lui donner à mon tour l’occasion de se confier à moi. Car je trouvais injuste qu’il se soit confié à ce Didymias, avec qui il n’avait pas même désiré baiser, quand il le fait si volontiers avec moi, mais sans rien m’avoir dit. Bref ! Géronte se sentait trahi par Didymias et Didymias par moi. J’ai dit à Didymias qu’il n’avait qu’à s’en prendre à lui-même et qu’il devrait apprendre à tenir sa langue, s’il ne veut pas que ses secrets soient trahis ; que Géronte avait toujours été très gentil pour moi, que je m’entendais très bien avec lui et que j’avais voulu lui donner l’occasion de me faire des confidences, sans pour autant penser que c’était trahir celui qui m’en avait donné l’occasion, à qui je ne me sens d’ailleurs pas lié pour m’être une fois glissé dans son lit. C’est aussi pendant l’acte, que Didymias devrait tenir sa langue, parce qu’il avait une fâcheuse tendance à m’en encombrer la bouche, samedi soir, c’était vraiment très pénible. Cet après-midi, Chrysanthe m’embrassait parce qu’il voulait s’offrir un peu plus à moi : Didymias le faisait l’autre jour parce qu’il croyait que je lui appartenais déjà !

01:26 Publié dans 2009, Agathon, Chrysanthe, Didymias, Géronte, Hieronymus, Journal, Ma mère, Osman, Parthénie, Polysarque, Tityre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

26/04/2009

Samedi 25 avril 2009

            « Je pourrais te regarder pendant des heures », me disait-il de sa voix énamourée, entre deux plongeons de sa bouche au fond de la mienne. Mais le pire, c’est qu’il l’a fait ! Pendant des heures, il m’a littéralement dévoré des yeux, quand ce n’était pas de la bouche. Il enfonçait sa langue si loin dans ma gorge que j’ai l’impression que son haleine de fumeur y est restée ! Mon corps n’est plus qu’une plaie à vif, à cause de sa barbe de trois jours, dont il a fouillé chaque parcelle de ma peau. J’ai l’impression d’avoir fait l’amour avec une râpe à fromage. Il s’intéressait apparemment à la psychanalyse. « Crois-tu que tu pourrais devenir hétérosexuel, au terme de ton analyse ? », m’a-t-il demandé, l’air inquiet. Ce serait fort souhaitable, car l’homosexualité est du plus mauvais effet sur ma peau. « Quelle perte ce serait pour nous autres », a-t-il ajouté, ce qui n’était pas pour me déplaire. Il connaissait Osman, dont il se prétendait amoureux, jusqu’à ce que, jaloux, je me mette à faire le garçon qui s’offre entièrement. L’affectation d’un certain regard, le plus bleu possible, transparent et vert par instants, lancé par en-dessous, c’est-à-dire, le plus souvent, du creux du bras de celui qu’on veut captiver, un silence intense et fasciné suffisent généralement à donner cette illusion. Qu’on feigne alors de vouloir reprendre ses esprits en se redressant un peu, mais pour aussitôt laisser tomber une tête définitivement vaincue sur la poitrine de la victime : le nez dans mes cheveux, c’est alors sa propre défaite qu’elle respire, son propre abandon. A peine avait-il joui qu’il me parlait déjà de faire avec moi sa vie, ce grand fou ! « Mais tu m’as dit tout à l’heure que tu étais amoureux d’Osman ! C’est donc cela, ta technique ? Feindre l’amour avec les garçons dont tu veux venir à bout ? » J’ai prétexté d’être offensé pour m’en aller sans trop passer pour un salaud. Car je n’arrive toujours pas à dormir avec quelqu’un dans le même lit que moi : Camille était une exception. Il connaissait aussi Géronte et avait entendu parler du père de Camille, sans néanmoins savoir qu’il était aussi pédé que son fils.

05:35 Publié dans 2009, Camille, Didymias, Géronte, Journal, Osman | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note