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<title>Un jardin d'Adonis - cyrille</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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<title>Mercredi 2 décembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 02:29:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier&amp;nbsp;: anniversaire de ma mère, qu’il a fallu inviter au restaurant. Dans ma famille, nous naissons à des dates symboliques, pour ne pas dire fatidiques. Ainsi l’anniversaire de ma sœur tombe-t-il le quatorze juillet&amp;nbsp;; le mien le deux novembre&amp;nbsp;; si bien que, tandis que ma sœur avait droit aux feux d’artifice pour sa fête, je me contentais des fleurs des tombes. Quant à ma mère, elle est née un jour qui est devenu depuis celui de la foire au Sida. Il n’y a pas de hasard. Sans doute la Providence a-t-elle voulu lui rappeler chaque année la grande part de responsabilité qu’elle avait dans la contamination de ma sœur. Si, d’après cette dernière, c’est à cause de sa mère (qui le traita toujours comme s’il n’était qu’hémophile et non pas également sidéen) que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; fut à ce point dans le déni de sa maladie, qu’il cacha donc à Julie, jusqu’à ce qu’elle se découvre un jour contaminée, l’inconscience de celle-ci fut, à l’évidence, encouragée par notre propre mère, qui l’exhortait à ne pas tenir compte de la rumeur selon laquelle le garçon était séropositif. Car dans ma famille, non seulement nous ne naissons pas à des dates ordinaires, mais encore mettons-nous un point d’honneur à ne pas partager le sens commun (qui nous paraît sans doute trop vulgaire), quitte à en perdre tout bon sens. C’est la raison pour laquelle, plutôt que d’ajouter foi à ce qui se peut dire sur eux, à ce dont on les suspecte, aux mauvaises intentions qu’on leur prête, nous laissons des &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; nous empoisonner le sang ou des Cyrille détourner nos biens, pervertis que nous sommes par l’éducation que nous a donnée une mère complètement folle et qui, depuis, ne trouve plus paradoxal de détester néanmoins un Cyrille et toute sa famille, pour les raisons même que son enseignement nous incitait naguère encore à les aimer&amp;nbsp;: lorsque j’étais enfant, ma mère était par exemple très fière de me savoir, à l’école, le seul ami d’une gitane plus vieille que moi de cinq bonnes années, incroyablement insolente, bagarreuse et probablement voleuse. Ce qui faisait sa fierté, c’était que je ne partageasse pas les mêmes aversions, pourtant légitimes, que mes petits camarades de classe. Une folle, disais-je&amp;nbsp;! C’est sans doute encore à cause de cette éducation (du moins en partie) que j’ai pu me laisser aller à tellement vouloir prendre sous mon aile le pauvre Camille, qui serait sans doute ce qui se fait de plus véreux et gâté en matière de garçons, n’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui me le vola, et avec qui je n’ai toujours pas réussi à couper entièrement les ponts, sans doute encore pour les mêmes raisons. Julie nous a appris sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;, lors du dîner que nous avons offert à notre mère hier soir, quelque chose qui m’a fait tomber des nues et qui, pourtant, avec le recul, me semble une évidence. Longtemps nous avions cru que le grand train que menait celui-ci lui était rendu possible par l’argent de l’indemnité qu’il avait reçue en compensation de sa contamination. S’il est bien vrai qu’il fut indemnisé, c’est à son activité de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; devait d’être si magnifique. J’avais toujours trouvé que la foule qui fréquentait la maison que ma mère lui louait était anormalement nombreuse et systématiquement de mauvais genre. Je savais bien que tous ces gens se droguaient, mais jamais il ne m’était venu à l’esprit que c’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; qui leur vendait leur drogue (du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;shit&lt;/em&gt; ou de l’‘‘herbe’’ uniquement, car il était un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; qui prétendait avoir des principes (nous a rapporté Julie), c’est à savoir, en l’occurrence, qu’il refusait de vendre de la cocaïne ou d’autres drogues réputées, à tort ou à raison, plus dangereuses…). Il paraît que son cousin (car le cousin s’adonnait au même genre de commerce) fut&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’homme les plus heureux du monde lorsque des paquets entiers de drogue s’échouèrent comme par miracle, il y a quelques années, sur les plages des Landes, à moins que ce ne fût du Pays Basque. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; et lui eurent la peur de leur vie lorsqu’une de leurs connaissances communes, qui était dans la même branche qu’eux, fut arrêtée par la police à cause de son trafic. Ils cessèrent alors &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;de fréquenter&lt;/span&gt; personne pendant un assez long temps. Je ne sais où ils en sont aujourd’hui de leurs activités. (Inutile d’écrire que je réprouve non seulement le commerce de la drogue, mais même sa seule consommation. Cela va d’autant plus sans dire qu’ils sont justement le fait de types comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;. Moi qui suis respectueux des lois, je me contente parfaitement des litres de vodka et surtout de vin que le bel Ascagne veut bien me servir dans son bar, et en toute légalité, lui, au moins. J’ai d’ailleurs passé la fin de la soirée d’hier avec lui, n’ayant pas trouvé l’insatiable &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; à son domicile, où j’avais espéré le rejoindre après le dîner. (Sans doute était-il encore à la rocade, même s’il pleuvait, je m’en avise à présent…)&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il n’y avait pas foule chez Ascagne, et je l’avais donc à peu près pour moi seul, car Osman, qui a fait une apparition vers minuit, n’est pas resté bien longtemps. (Il m’a confié qu’il n’avait plus lu mon journal depuis le mois de juillet et que c’était donc pour plaisanter qu’il avait jusqu’alors prétendu continuer à le faire. En revanche, il avait récemment &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatté&lt;/em&gt; avec le terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui lui aurait dit qu’il me détestait, à cause de ce que j’avais écrit sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; et lui dans ce blogue. J’ai eu l’occasion de revoir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, il y a quelque temps, et je dois dire que je ne m’étais pas alors avisé de la détestation que je lui inspire désormais. Il est vrai que j’étais probablement soûl, ce soir-là, et que mon état ne me permettait donc pas d’interpréter avec beaucoup de bonheur les signes qui pouvaient m’être envoyés par les uns et les autres, moi qui le fais déjà si mal quand je suis sobre. Ascagne, qui a toujours une oreille qui traîne, comme tous les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;barmen&lt;/em&gt;, sais donc probablement désormais que je tiens un blogue sur Internet. (Voulait-il me faire comprendre qu’il n’aimerait pas savoir que je parle de lui dans ce journal quand il m’a dit qu’il n’aimait pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour ce que c’était à ses yeux un site où la vie privée était constamment violée&amp;nbsp;?) &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Eryximaque&lt;/span&gt;, une autre des connaissances que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; voudrait me refourguer, a lui aussi entendu parler de ce journal. Quand je lui ai proposé de venir dîner un soir chez moi, il m’a répondu, un peu cavalièrement, tout de même, qu’il ne voulait pas figurer dans mon tableau de chasse ni que d’autres l’apprennent dans ce blogue. J’avais cru que c’était lui qui me tournait autour. J’avais apparemment encore fort mal interprété les signes. Pourquoi donc m’avait-il invité à dîner chez lui, l’autre jour, avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il demandé mon numéro de téléphone&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il écrit tous ces SMS&amp;nbsp;? Mystère&amp;nbsp;! Passons.) J’étais heureux d’entendre mon barman préféré me raconter un peu sa vie. J’avais l’impression d’avoir de l’importance pour lui, d’être son confident. Nous restions de longs instants à nous regarder dans les yeux, qu’il a très beaux, et j’essayais de relever de quel côté il finissait par détourner le regard, pour savoir s’il se pouvait qu’il fût attiré par moi, comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cyrnos&lt;/span&gt;, un ami de ma sœur, prétend qu’on peut le deviner. Hélas, je ne me rappelais plus s’il aurait fallu qu’il tournât les yeux vers la gauche ou vers la droite… Et quand j’étais le premier à vouloir les détourner, je ne savais plus trop dans quelle direction le faire, de peur de révéler mes intentions, si jamais Ascagne avait entendu parler lui aussi de la théorie des regards insoutenables. Avec deux autres habitués, je suis encore resté une heure après la fermeture de l’endroit. Ascagne m’a alors demandé où j’habitais, ou plutôt s’il était vrai que j’habitais non loin de chez l’amant du sublime Callias. Comment pouvait-il savoir cela&amp;nbsp;? Sans doute Callias le lui avait-il dit. Cela veut donc dire qu’il arrive aux deux garçons de parler de moi en mon absence. Mais pourquoi le font-ils&amp;nbsp;? Est-ce à dire que l’un des deux au moins est intéressé par moi&amp;nbsp;? Je ne mens vraiment pas lorsque je dis que je suis incapable d’interpréter les signes. D’ailleurs, quelle interprétation faut-il donner à cet autre fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, que j’avais salué plus tôt dans la soirée en l’apercevant à une autre table du restaurant, ait éprouvé le besoin (alors qu’il m’a fait tout récemment comprendre que je ne l’intéressait ni sexuellement, ni sentimentalement) de dire à Ascagne qu’il m’y avait vu à l’heure du dîner&amp;nbsp;? Comme il avait croisé ma sœur dans l’après-midi, Ascagne se vantait de savoir presque tout de la soirée que j’avais passée avant d’arriver dans son bar. «&amp;nbsp;Alors, m’avait-il demandé à peine la porte refermée derrière moi, comment s’est passé l’anniversaire de ta mère&amp;nbsp;? Avez-vous bien dîné dans tel restaurant&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Etaient-ce des paroles anodines ou leur but était-il de me faire entendre qu’Ascagne avait de la curiosité pour moi&amp;nbsp;? Je ne sais.) Je me demande si le bel &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Equalis&lt;/span&gt;, dont l’haleine chargée n’est pas sans évoquer les substances dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; faisait commerce, était un client de celui-ci. Ma sœur m’a dit qu’elle avait bien remarqué, lors de la dernière soirée où nous sommes tombés sur lui, que nous nous étions beaucoup rapprochés l’un de l’autre, lui et moi, tellement qu’elle avait cru que nous finirions la nuit ensemble, ce que je n’avais pas été loin de croire moi-même, d’autant qu’il m’avait fait l’aveu, cette fois, qu’il n’était en effet pas sûr de ne pas aimer également les garçons pour d’autres raisons que purement sexuelles. Mais la rencontre dans je ne sais plus quelle boîte de nuit du sieur Alfred, l’ancien très grand ami auquel il avait volé ma sœur, a fini par le faire fuir. De toute façon, je crois que je n’aurais pas osé coucher avec un ancien amant de celle-ci, encore que j’aie cru comprendre qu’elle m’en avait donné la permission.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 11 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 04:44:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Dans le feu de l’action, avant-hier, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; m’a dit qu’il m’aimait. N’étant pas sûr de l’avoir bien entendu, je lui ai demandé de me le répéter, ce qu’il a fait avec une conviction déconcertante, pour une seconde rencontre. «&amp;nbsp;Qu’avez-vous ressenti à ce moment&amp;nbsp;», m’a demandé Tirésias, hier, lors de ma trentième séance avec lui. «&amp;nbsp;J’aurais bien pris mes jambes à mon cou. Et pourtant je me sens bien avec lui.&amp;nbsp;» J’aime le regarder dans les yeux sans rien dire. Je ne suis pas sûr d’avoir dit grand-chose pendant cette séance chez Tirésias. Je ne savais pas de quoi lui parler, parce qu’il s’est passé peu de choses ces derniers temps, exception faite de la cuite impressionnante d’Osman, le week-end dernier, qui avait appris la mort de son grand-père peu après nous avoir rejoints, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, ma sœur et moi, au bar du bel Ascagne, et surtout de la longue conversation que j’ai eue sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, dans la nuit de vendredi à samedi, avec Callias, que j’avais vu plus tôt dans la soirée (avant l’effondrement d’Osman, qu’on a même pu croire un moment dans le coma), et qui s’est beaucoup confié à moi, sans que je sache vraiment s’il l’a fait précisément parce que c’était moi (parce que c’était lui&amp;nbsp;!) ou parce qu’il avait seulement besoin de se confier. Son vieux chat de quinze ans, qu’il avait depuis sa plus tendre enfance, venait de mourir. Il pleurait, à cause de la mort de cet animal, à cause de la violence du deuil d’Osman, en comparaison duquel il trouvait le sien un peu ridicule, et à cause de l’indifférence de son amant (qui est d’ailleurs serveur dans le bar que tient Pharnace, celui-là même&amp;nbsp;au sujet duquel&amp;nbsp;le grand C*** prétendait (mais sans doute était-ce un mensonge) qu’il faisait courir sur moi le bruit que je faisais ‘‘la pute à Toulouse’’). Callias, qui avait fait bonne figure toute la soirée, cachait en réalité les idées les plus sombres derrière son lumineux sourire. Ma sœur dit qu’il est un ‘‘écorché vif’’. Il peut avoir des accès de violence, dont Osman a été une fois le témoin&amp;nbsp;: Callias voulait battre son amant, dont il se sent mal aimé. Et donc, cette nuit-là, j’étais touché d’être celui à qui il confiait son mal-être. Le lendemain, Callias a prétendu que tout était oublié, qu’il allait beaucoup mieux, que c’était l’alcool ingurgité plus tôt dans la soirée qui l’avait fait s’épancher. Tirésias m’a dit que je n’étais pas obligé de lui parler de ce qui s’était passé entre cette séance et la précédente. «&amp;nbsp;Je sais bien, lui ai-je répondu, mais c’est tout de même plus facile pour moi d’appuyer mon discours sur les faits qui se sont produits récemment, comme je fais d’habitude. – Mais justement, c’est peut-être trop facile. Parlez-moi plutôt de vous.&amp;nbsp;» Voici donc ce que j’ai dit&amp;nbsp;: que j’étais plutôt heureux, ces temps-ci, mais que je perdais beaucoup de temps dans la fréquentation de mes amis. Je ne lis plus ni n’écris autant que naguère encore, même si, sans doute, ce journal est devenu plus fourni depuis que j’ai commencé mon analyse&amp;nbsp;; non pas qu’il soit souvent question d’elle dans ce blogue, mais parce que ses heureuses conséquences sur ma vie sociale et peut-être même sentimentale font que j’ai désormais plus de choses à y raconter. Ma vie d’écrivain est un échec. N’était ce journal, je pourrais dire que j’ai quasi renoncé à écrire. Je n’ai jamais été capable de mener à son terme l’un des romans dont j’ai eu l’idée et commencé le travail. L’impossibilité dans laquelle je suis, pendant l’écriture, d’avoir simultanément à l’esprit l’ensemble de ce qui a déjà été écrit et de ce qui doit l’être encore, me donne une sensation de vertige que je trouve insoutenable. C’est comme si j’étais à la fois en train d’errer dans un immense désert, de chercher mon chemin dans un labyrinthe et de tenter de garder l’équilibre au bord d’un gouffre. Je suis devenu incapable de mener à bien tout travail qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;aurait&lt;/span&gt; quelque ampleur. (Déjà, pendant mes études, je m’étais soudain trouvé dans l’impossibilité de terminer mes dissertations.) Plutôt que de subir ce vertige, je préfère détourner le regard et ne pas travailler. «&amp;nbsp;Ne pas travailler… – Oui, ne pas travailler. Ah&amp;nbsp;! Vous pensez sans doute que c’est pour le même genre de raison que je n’ai pas de véritable travail…&amp;nbsp;» De même que j’étais devenu incapable de terminer une dissertation en temps limité, de même, la pensée de mener un travail dans l’urgence, par exemple, ce qui peut arriver dans la vie professionnelle, me terrifie&amp;nbsp;: j’aurais trop peur que la qualité de mon travail ne satisfasse pas mon employeur. L’organisation hiérarchique de tous les milieux professionnels me semble impossible à affronter. Si j’aime mon travail de distributeur de prospectus, c’est parce que je peux l’organiser à ma guise (du moment qu’il soit fait dans les temps) et l’effectuer en étant absolument seul. «&amp;nbsp;Ce que vous n’aimez pas, me dit Tirésias, c’est que la volonté d’un autre s’impose à vous. – Oui, c’est possible, d’ailleurs, je n’ai pas beaucoup aimé qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; me dise, hier soir, qu’il était tombé amoureux de moi. Je n’aimais pas l’entendre m’imposer son amour.&amp;nbsp;» Les garçons me reprochent souvent de leur préférer la chienne Pélagie, qui a le droit de dormir dans ma chambre, contrairement à eux. J’aime beaucoup les chiens. Ils sont comme des peluches vivantes qu’on peut aimer sans danger. L’amour de ces bêtes ne s’impose pas à leurs maîtres. Je dis que j’aime les chiens, mais c’est les chiennes que j’aime surtout, les femelles et non pas les mâles. «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;? Pourquoi donc les femelles&amp;nbsp;? – Pourquoi&amp;nbsp;? Je ne sais pas… – C’est probablement parce que vous aimez dominer et qu’il vous semble plus facile de dominer une femelle. – Oui, c’est possible. D’ailleurs, j’ai toujours aimé terroriser les chats. Or je vous avais dit,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/13/jeudi-12-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;au début de cette analyse&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, que j’associais les chats à mon père, qui avait dessiné l’une de ces bêtes, un jour de ma plus tendre enfance, sur le mur de ma chambre. J’étais dans les bras de ma mère, et j’avais fait un caprice, parce que je ne comprenais pas pourquoi mon père avait sali mon mur.&amp;nbsp;» (Avais-je interprété ce dessin comme une marque que mon père voulait m’imposer, une marque de sa volonté concurrente&amp;nbsp;?) Terroriser les chats, dans mon enfance, c’était sans doute, inconsciemment, me venger de mon père, le dominer enfin. Est-ce à dire que les chiennes sont le symbole de ma mère&amp;nbsp;? Je n’ai pas pensé à dire à Tirésias que Pélagie était le nom de ma chienne. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Pélagie&lt;/em&gt;, c’est la mer. De la mer à la mère, il n’y a qu’un pas, que le psychanalyste franchirait aisément. «&amp;nbsp;C’est vous qui venez de le franchir, m’aurait-il sans doute répliqué, puisque c’est vous qui l’avez dit.&amp;nbsp;» J’ai écrit tout à l’heure que j’aimais regarder &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; dans les yeux sans rien dire. C’est peut-être parce qu’il a le regard simple et franc d’un bon chien. J’aime aussi regarder Pélagie dans les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 8 octobre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Fri, 09 Oct 2009 02:46:12 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; En dînant avec Alfred, mardi soir, chez ma sœur (car il est de nouveau possible à Julie de le fréquenter depuis qu’elle a quitté le grand con, qui était tellement jaloux&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/13/samedi-12-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’il avait voulu, découvrant qu’elle lui avait téléphoné, ‘‘casser les genoux’’, selon ses propres termes, à ce pauvre Alfred&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;), j’en ai appris une autre bien bonne sur ledit grand con. Alfred connaît à peu près tout le monde à Mont-de-Marsan, et pas seulement à Mont-de-Marsan, d’ailleurs&amp;nbsp;: ne s’est-il pas vanté, au cours du repas, d’avoir été longtemps l’amant de la fille d’un député du cru (l’autre grand amour de sa vie, paraît-il, avec ma sœur, que tout le monde semble d’ailleurs aimer, en ce moment, tant elle a de prétendants, dont le meilleur ami d’Osman, depuis peu, qui est fort beau…), ce qui lui donna l’occasion de rencontrer parfois tel ancien premier ministre ou tel président de conseil général dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; aime à dire qu’il le connaît assez bien lui aussi, depuis l’époque où il militait dans un certain parti politique. (Quelle déception, d’ailleurs, que ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Je lui avais beaucoup confié les reproches que je faisais souvent à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, par exemple, d’avoir couché avec Camille, alors qu’il m’en savait épris. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; avait prétendu être aussi atterré que moi par la fausseté de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, qui s’était longtemps comporté avec moi comme si de rien n’était, tentant de me cacher cette bassesse même après que je l’avais apprise, bien plus tard, de la bouche de Camille. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; était différent, lui, c’est du moins ce qu’il m’assurait, et c’est pourquoi il avait également été scandalisé, sans en être surpris du tout, de la fausseté des déclarations d’amitié du terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui venait tout juste, sans même attendre que mon odeur ait quitté la peau du beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;, que j’avais un peu vite chassé hors de mon lit, de le prendre pour laisser à son tour sur lui sa salive, à côté de la mienne encore humide&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! Ce n’est pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; qui se serait si mal comporté avec moi, lui qui m’était un véritable ami, me jurait-il, contrairement à ces &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et ces &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui ne sont que des vieillards ou des lubriques&amp;nbsp;! Je suis tombé de bien haut quand &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, sur lequel il était notoire que j’avais des vues, m’a confié que la veille d’une coucherie que j’avais eue avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, c’était avec lui que ce dernier avait couché, lui faisant promettre de ne rien me dire, ce qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, en véritable ami, lui, s’était empressé de me rapporter, le plus naturellement du monde et pour notre plus grand rire, puisque nous nous étions aperçus que n’ayant pas pu tout faire avec l’un, qui n’avait été que passif avec lui ce soir-là, c’était par l’autre que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; s’était fait enculer&amp;nbsp;: le lendemain&amp;nbsp;! Moi qui avais cru pouvoir faire de lui un nouveau meilleur ami, maintenant que don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; n’est plus aussi près de moi que je le voudrais, je m’aperçois qu’il était en réalité le pire de tous&amp;nbsp;! C’est le plus faux, le plus immoral et surtout le moins excusable, parce qu’il se pique d’avoir un certain vernis de culture, grâce auquel il devrait donc être le mieux armé de mes amis pour se conduire le moins mal. Ce qui me fâche le plus n’est pas tant le fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; ait couché avec un garçon sur lequel il savait que j’avais des vues que le secret qu’il a voulu m’en faire, alors que je lui avais dit d’abord combien j’avais été blessé que des amis ou prétendus tels m’aient délibérément laissé dans l’ignorance où j’étais de leur traitrise. (Ma sœur me demande comment il se fait que je ne cherche pas davantage à rencontrer l’âme sœur. C’est à cause de mes amis&amp;nbsp;! J’en suis à me demander s’il me faudra leur cacher ma prochaine conquête, pour être sûr de ne pas en être aussitôt dépouillé&amp;nbsp;!) Je ne sais si c’est parce que j’ai le sentiment que le fruit que je convoitais a été gâté par l’avidité de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, comme j’ai dit un soir à ce dernier, mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; n’a plus sur moi l’attrait des premiers jours. Au contraire, j’ai désormais le plus grand mal à en supporter seulement la présence. Ma sœur m’a dit qu’elle avait été interloquée par mon comportement avec lui lors d’un dîner que donnait chez lui &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, samedi dernier, durant lequel je me serais montré un peu dur… J’aurais dit à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; que je trouvais qu’il était une ‘‘agression permanente’’ et, comme il se demandait s’il resterait en France après avoir terminé sa formation d’élagueur (car il a de l’ambition et ne veut pas rester dans sa condition de bûcheron&amp;nbsp;!), je lui aurais conseillé de retourner dans son pays, tant me paraissait évidente son inadaptation au nôtre. «&amp;nbsp;Mais le problème, a-t-il répondu, c’est qu’il n’y a pas d’arbres à élaguer là-bas&amp;nbsp;», ce qui, je crois, n’est pas vrai. Plus tard dans la soirée, mais chez Osman, cette fois, où nous étions allés continuer à boire, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; m’a mis tellement hors de moi, que j’ai préféré partir avant d’imploser où de me jeter par la fenêtre. Mon humeur s’était déjà passablement dégradée depuis que le sublime Callias, qui nous avait rejoints avec un sien ami chez Osman, était reparti sans me dire au revoir, une fois de plus, alors qu’il l’avait fait même à ma sœur, qu’il avait pourtant rencontrée pour la première fois ce soir-là. Cette contrariété et les pitreries incessantes d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; ont fini par m’achever. Mes amis sont habitués à ces départs soudains dont ils ont fait un sujet de plaisanterie&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Arrêtez, disent-ils souvent, sinon Olivier va s’en aller&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Attention&amp;nbsp;! Taisez-vous, ou Olivier va partir&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»… (Telle pourrait être ma définition&amp;nbsp;: Olivier, celui qui s’en va… &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Aphanisme&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; est le sous-titre de ce blogue.) J’aurais d’ailleurs mieux fait de rester, parce que le bel Ascagne, peu après avoir fermé son bar, a rejoint la compagnie que je venais de quitter pour passer avec elle le reste de la nuit. Tout le monde, sauf peut-être &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, a finalement couché chez Osman, dont Ascagne, donc, qui est beau comme… comme… comme un barman, et près de qui j’aurais peut-être pu dormir, moi aussi, quoique sans doute assez inconfortablement, puisqu’il m’a rapporté hier soir qu’il avait tout de même vomi trois fois cette courte nuit-là. Je crois savoir que c’est au cours de cette soirée que ma sœur est devenue l’amante du meilleur ami d’Osman.) Alfred donc, qui connaît tout le monde, nous disait qu’il avait entendu dire à un agent immobilier que le grand con, environ deux semaines avant d’être quitté, avait cherché à savoir si les propriétaires ne voulaient pas vendre l’appartement que venait de quitter son frère et qui se trouve à côté de celui de ma sœur. (C’est d’ailleurs à cause de ce voisinage que tout a commencé pour cette dernière. Le grand con l’avait aperçue depuis le balcon de l’appartement de son frère. Il avait vite appris qu’elle était propriétaire du sien, ce qui signifiait dans son cervelet &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;gigolétique&lt;/span&gt; qu’elle était solvable, et c’est ainsi qu’il lui a mis le grappin dessus, entrant du jour au lendemain dans sa vie et réussissant vite, grâce à quelques bouquets de fleurs et coups de bite bien envoyés, à se faire entretenir par elle pendant deux ans.) Si le grand con s’était informé de l’intention des propriétaires de l’appartement qu’avait occupé son frère, c’était parce que ma sœur, a-t-il prétendu, envisageait de le racheter, pour agrandir le sien&amp;nbsp;! Que tramait-il encore&amp;nbsp;? Telle était sa façon de procéder&amp;nbsp;: il semait le trouble dans les esprits, en prêchant souvent le faux, pour s’assurer de nouveaux appuis. Il est ainsi plus que probable qu’il a imaginé que Pharnace, ce patron de bar qui m’est tellement antipathique,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/30/lundi-29-juin-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lui avait dit que je faisais &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;la pute à Toulouse&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. C’était simplement pour me faire croire que je pouvais compter sur lui, ce grand con qui n’hésitait pas à me rapporter ce qui se disait de pire sur moi. On est toujours tenté de croire davantage ce dont on est le plus blessé. Ce faisant, il se rendait indispensable, car je fais partie de ces personnes qui ne peuvent s’empêcher de chercher à savoir ce qu’on pense d’elles… De même a-t-il très probablement inventé que des gens qui savaient ma sœur séropositive changeaient de trottoir lorsqu’ils la croisaient dans la rue. Une telle révélation, contribuant à ébranler l’une, consolidait d’autant le soutien que voulait lui être l’autre&amp;nbsp;: non seulement il ne changeait pas de trottoir, lui, mais encore dormait-il tout contre elle&amp;nbsp;! Prétendre que Julie était assez prospère pour vouloir agrandir son appartement, c’était faire croire au monde que lui-même ne manquait pas d’argent, et qu’on pouvait donc lui faire confiance en affaires, qu’il menait pourtant de façon désastreuse. Tous autant que nous sommes, nous avons été pigeonnés par ce remarquable imposteur et néanmoins minuscule escroc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Mardi 29 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/30/mardi-29-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Cyrille</category>
<category>Equalis</category>
<category>Hieronymus</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Phidippide</category>
<category>Thessalonice</category>
<pubDate>Wed, 30 Sep 2009 03:32:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Peut-être un autre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Equalis&lt;/span&gt; viendra-t-il un jour (c’est-à-dire une nuit où j’aurai bu, comme&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/28/dimanche-27-septembre-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;celle&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;où j’ai croisé le fantôme de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;) me faire croire que Cyrille, lui aussi, a aimé ma sœur comme la femme de sa vie&amp;nbsp;! Il doit bien y avoir deux mois que cette dernière l’a quitté. J’ai tellement tardé à rapporter dans ce journal tous les mauvais coups que ce pendard lui a faits depuis lors que je risque fort d’en oublier, maintenant que je veux les écrire ici. Il n’y a d’ailleurs pas qu’à ma sœur qu’il en ait &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;faits&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Peu de temps après avoir été quitté, Cyrille, qui s’était installé chez ses frères, avait demandé à Julie d’apporter chez eux une télévision lui appartenant mais qui se trouvait chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Thessalonice&lt;/span&gt;, à laquelle il ne voulait plus avoir affaire. Quand Cyrille est donc venu ouvrir la porte à ma sœur qui, comme convenu entre eux, lui rapportait l’appareil, quelqu’un, sortant d’une voiture qui était garée dans la rue, s’est précipité sur eux comme un furieux. C’est après le grand C qu’il en avait. Celui-ci lui devait en effet plus de 4000 EUR en paiement d’un matériel censé servir à ses employés (dont deux l’ont déjà traîné devant les prud’hommes) mais qu’il avait probablement revendu depuis belle lurette. Ses créanciers sont nombreux dans les environs, se connaissent entre eux, et rêvent tous de lui refaire le portrait, à défaut d’en être payé, d’après ce que j’ai appris de ma sœur, qui le tient du furieux que le hasard lui avait fait rencontrer ce jour-là et avec lequel elle a sympathisé, depuis qu’il est venu s’excuser chez elle (dont il connaissait l’adresse, pour ce que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;ç’avait&lt;/span&gt; été celle du siège social de l’entreprise de Cyrille) de l’avoir peut-être effrayée lors de leur première et fortuite rencontre. Cyrille, qui a tout d’un mythomane, pour obtenir de ses créanciers de nouveaux délais, n’a cessé de leur faire toutes sortes de mensonges. Mais comme ces mensonges n’étaient jamais les mêmes de l’un à l’autre, ses pigeons, qui se connaissent entre eux, comme j’ai dit, Mont-de-Marsan n’étant pas bien grand, s’en sont vite aperçus, ce qui n’a fait qu’exciter un peu plus leur colère&amp;nbsp;: ce n’est pas pour rien que je l’appelais le grand con&amp;nbsp;! Aux uns il faisait dire qu’il était en vacances à Arcachon, à d’autres à Carcassonne. (Il faut d’ailleurs avoir beaucoup d’aplomb pour se faire dire en vacances quand on a tant de dettes à cause de la mauvaise gestion de son entreprise&amp;nbsp;!) Ou bien il était en convalescence, à cause de son cancer des poumons. A nous aussi, ma mère, ma sœur et moi, il avait réussi à faire croire qu’il avait un cancer, un cancer dont il prétendait ne plus vouloir se soigner, ce qui ne l’empêchait pas d’être en très bonne forme. Malgré les questions de ma sœur, qui avait quelquefois demandé à voir (toujours en vain) des radios de ses poumons ou à connaître le nom du médecin qui s’occupait de son cas, Cyrille avait réussi à dissiper les soupçons dont il était l’objet. Sans doute aveuglé par mes propres préjugés, je m’étais dit que ce cancer était terriblement vraisemblable, parce que je n’imaginais pas qu’une sidéenne pût s’attirer personne d’autre qu’un cancéreux, un moribond, un condamné à mort&amp;nbsp;! C’est dire si l’énergumène a du talent&amp;nbsp;! Il utilise à son profit les idées reçues de ses victimes. Même sa bêtise, qui est abyssale en lui, est une forme d’intelligence&amp;nbsp;: elle lui permet de passer pour inoffensif. Qui donc irait en effet se méfier d’un tel con&amp;nbsp;? Quoique illettré et dyslexique au dernier degré, il avait réussi à nous faire croire, même à moi, qui ne m’intéressais pas assez à lui pour seulement imaginer que ce crétin pouvait chercher à m’en imposer par des mensonges (car je n’ai jamais eu que du mépris pour cet imposteur), qu’il était bachelier, et même qu’il avait un bac S, il y tenait beaucoup&amp;nbsp;! Depuis, Julie a retrouvé dans son ordinateur des lettres de motivation et des C.V. entièrement copiés sur les siens, dans lesquels Cyrille avait seulement mis son nom à la place de celui de ma sœur, s’attribuant ainsi des diplômes que, bien sûr, il n’a jamais eus, dont un bac, encore, mais qui n’était plus un bac S, cette fois. Je me demande comment Julie a pu se laisser si totalement abuser pendant deux années entières, elle qui vivait avec lui, et l’entendait par exemple régulièrement lui demander, comme elle me l’a confié depuis, de lui expliquer le sens des lettres administratives qu’il recevait souvent en tant que chef d’entreprise. Ces lettres, il ne les comprenait pas, tout simplement parce qu’il ne sait pas lire, ou à peine&amp;nbsp;! C’est probablement aussi pour cette raison qu’il ne voulait jamais lire d’histoires à son fils, à l’heure du coucher. C’est ma sœur qui devait le faire, elle qui est pourtant loin d’avoir la fibre maternelle. Depuis quelque temps, Cyrille semble avoir changé de stratégie et, suprême salauderie, donne à ses créanciers ce même gage de bonne foi&amp;nbsp;: s’il a si mal géré son entreprise, prétend-t-il, au point de s’endetter tellement, c’est à cause de ma sœur, qui l’ayant contaminé (ce qui est entièrement faux, bien sûr), l’aurait plongé dans un profond désarroi, qui lui aurait fait perdre tous ses moyens&amp;nbsp;! Pire, pour les rassurer, il leur fait croire que Julie, rongée par la culpabilité, aurait l’intention de vendre son appartement, pour l’aider à éponger ses dettes&amp;nbsp;! Peu après l’avoir quitté, ma sœur s’est aperçu qu’il l’avait volé. Son compte en banque avait été débité de petites sommes allant de 10 à 15 EUR, une centaine d’euros au total. Après une rapide enquête de sa part, elle a compris qu’elles avaient servi à acheter du crédit téléphonique, mais pour un téléphone qui n’était pas le sien. Elle est donc allée porter plainte contre X, en précisant bien aux policiers qu’elle soupçonnait fort Cyrille, qui s’était déjà servi&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; de sa carte bancaire une fois, mais avec sa permission, pour faire un achat sur Internet, d’être l’auteur de ces vols. Quelques jours plus tard, sans doute après avoir été contacté par la police, Cyrille s’est rendu dans la parfumerie où travaille ma sœur, pour lui faire prendre une fois de plus des vessies pour des lanternes. «&amp;nbsp;Julie, tu ne vas jamais me croire. Je me suis aperçu qu’en voulant acheter du crédit téléphonique avec la carte de crédit de ma mère, je m’étais en réalité servi de la tienne&amp;nbsp;! Il faudra que tu me dises combien d’argent je te dois. Mais ne vas pas porter plainte contre moi, s’il te plaît. – Mais j’ai déjà porté plainte, lui a-t-elle répondu, non pas contre toi en particulier, mais conte X.&amp;nbsp;» Cyrille, d’après ma sœur, était dans un état comme second, très inquiétant&amp;nbsp;: il suait à grosses gouttes et le débit de ses paroles était anormalement rapide. Sans doute se sentait-il encore un peu plus acculé. Les explications qu’il a données à ma sœur ne tiennent évidemment pas. Il a bien fallu qu’il relève à l’avance les différents numéros qui se trouvent sur la carte bancaire de ma sœur pour pouvoir s’en servir plusieurs jours après leur séparation. C’est donc qu’il avait prémédité de la voler. Julie a dû faire changer la serrure de son appartement, parce qu’il lui semblait que Cyrille y pénétrait en son absence. Elle a retrouvé plusieurs fois une certaine photo, toujours la même, dans son cadre, posée par terre au lieu d’être à sa place habituelle. Il lui semblait aussi trouver le soir son lit imprégné du parfum du grand con, que l’une de ses amies a d’ailleurs une fois surpris en train de rôder non loin du lieu de résidence de ma sœur. Environ un mois après leur séparation, sans doute après avoir vu sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Facebook&lt;/span&gt; des photos de ma sœur en galante compagnie lors de la fête qu’elle et moi avions donnée chez notre mère au mois d’août, Cyrille s’est mis à écrire sur les ‘‘murs’’ de tous les contacts de ma sœur, pour l’y diffamer (en disant par exemple sur le mien qu’elle avait préféré se faire avorter plutôt que d’avoir un enfant de lui (ce qui aurait été fort compréhensible, compte tenu du risque évident qu’il y avait de mettre au monde un être aussi dégénéré que le père, mais est entièrement faux, en l’occurrence))&amp;nbsp;; pour dire à tous qu’elle était séropositive, car certains l’ignoraient&amp;nbsp;; et pour lui nuire en inventant des confidences qu’elle lui aurait faites au sujet de ses contacts, toutes plus déplaisantes les unes que les autres. A l’une de ses meilleures amies, par exemple, excellente cuisinière, consciente et fière de l’être, qui se demandait récemment pourquoi elle voyait si rarement Julie depuis quelque temps, Cyrille avait expliqué, sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Facebook&lt;/span&gt;, donc, que c’était parce que ma sœur trouvait sa cuisine immangeable&amp;nbsp;! Voilà qui en dit long sur la bassesse du personnage, que sa mère, il est vrai, que j’ai déjà rencontrée, n’avait pas, en le jetant au monde, fait tomber de bien haut&amp;nbsp;! Il est donc assez petit pour croire que ma sœur s’arrête à de telles considérations… En même temps que Cyrille souillait les ‘‘murs’’ des amis de ma sœur sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Facebook&lt;/span&gt;, il a laissé à celle-ci plusieurs messages sur son répondeur téléphonique et lui a écrit de nombreux SMS, dont le contenu était nettement menaçant. Il lui écrivait par exemple qu’il allait, je le cite&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;la démolir&amp;nbsp;» et encore lui rendre la vie tellement impossible à Mont-de-Marsan qu’elle n’aurait plus d’autre choix que te quitter la ville. Pour ces menaces et ces diffamations, les policiers, qui se disent surchargés de travail, n’ont pas voulu recevoir la plainte de ma sœur et se sont contentés d’inscrire ses griefs dans la main courante en lui conseillant de s’adresser directement au procureur de la République. Ils ont tout de même consenti à convoquer Cyrille dans leurs locaux, pour lui demander de s’expliquer et le remettre à sa place. Celui-ci ne s’est évidemment pas rendu à la convocation. Environ deux semaines plus tard, il est allé encore plus loin en se faisant passer pour un client mécontent, sur le site Internet de la société employant ma sœur. Il a prétendu que celle-ci vendait des parfums à des prix inférieurs à ce qu’ils devraient être et qu’elle gardait l’argent de ces ventes pour elle&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;La vendeuse s’appelle Julie, écrivait-il dans une orthographe que j’ai bien évidemment corrigée, et ne jouit déjà pas d’une bonne réputation, suite à sa maladie, etc.&amp;nbsp;» C’est parce que Cyrille a fait allusion au Sida de ma sœur que ses employeurs ont compris que la plainte du client n’était pas à prendre au sérieux et que celui-ci avait seulement l’intention de lui nuire, car on voit mal ce que la maladie de celle-là et sa réputation ont à voir avec la qualité de son travail. Pour cette dénonciation calomnieuse et l’atteinte à la vie privée de ma sœur, la police, toujours aussi surchargée de travail, n’a pas non plus voulu recevoir la plainte de Julie. Encore une fois, elle lui a conseillé de s’adresser directement au procureur de la République. Il y avait d’ailleurs un article, aujourd’hui, dans le journal local, consacré au surcroît de travail de la police occasionné par l’ouverture à Mont-de-Marsan d’un centre pénitentiaire de plus de six cents places, il y a un peu moins d’un an. C’est la police qui doit traiter les nombreux délits qui sont commis dans cette prison comme dans toute autre&amp;nbsp;; c’est encore elle qui doit assurer les transferts de prévenus de la prison à l’hôpital&amp;nbsp;; et c’est toujours elle qui doit mener les enquêtes qui sont nécessairement ouvertes lorsque quelqu’un meurt en détention (il y a déjà eu cinq décès dans cette prison depuis l’ouverture, à moins que ce ne soit que trois, je n’ai plus le chiffre en tête). Le représentant d’un syndicat de police prétendait que le commissariat de Mont-de-Marsan manquait de trente policiers au moins&amp;nbsp;! Alors les petites tracasseries de ma sœur… Je lui ai conseillé de recourir aux services de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, qui est avocat, et saura faire en sorte de transmettre ses plaintes au parquet. Ma mère, qui est très remontée contre le grand con, est prête à payer, si ma sœur n’en a pas les moyens. Car on en revient toujours là&amp;nbsp;: l’argent est le nerf de la guerre. Il faut avoir les moyens de faire respecter ses droits.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 3 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/03/jeudi-3-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Aribaze</category>
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<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Mon père</category>
<category>Sabylinthe</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 03:08:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; (Je ne recopie que le 14 septembre 2009 ces notes (prises un peu rapidement), que je publie néanmoins dans ce blogue à la date où je les avais écrites (le jour-même) dans le journal de mon analyse.) Vingt-quatrième séance chez Tirésias. Ai parlé des ennuis que Julie a eus avec Cyrille. Une fois de plus, j’avais raison&amp;nbsp;: raison de me méfier de lui. Une fois de plus, elle avait tort. Sentiment que ma sœur sera toujours mineure (parce qu’elle est ma cadette&amp;nbsp;?). Grandes tensions entre ma mère et moi, atténuées par la mauvaise opinion que nous avons toujours eue de Cyrille, dont il est souvent question entre nous, maintenant qu’il cause tant d’ennuis à ma sœur. Je ne supporte pas, non seulement que ma mère me dise &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;non&lt;/em&gt;, mais encore qu’elle me face la moindre remarque. Rencontre d’Aribaze (dont je m’avise que je n’avais encore jamais parlé dans ce journal). Ma mère l’apprécie. Me trompais-je sur le regard qu’elle porte sur les hommes&amp;nbsp;? Tous ne la dégoûtent apparemment pas. Il est vrai qu’Aribaze n’est pas exactement le prototype des hommes tels que les conçoit et déteste ma mère. C’est un véritable boute-en-train, qui se moque souvent de lui-même et qui, donc, en un sens, se moque des hommes&amp;nbsp;: d’où que ma mère l’apprécie&amp;nbsp;; elle l’apprécie en tant qu’elle ressent qu’il a la même opinion des hommes qu’elle… Quel est le type d’hommes de ma mère&amp;nbsp;? Les efféminés tels que celui qu’elle m’a fait devenir&amp;nbsp;ou les véritables hommes, tels mon père, celui qu’elle avait épousé, après tout&amp;nbsp;? Les admirateurs de mon père plus jeunes que lui (comme Sabylinthe). Est-ce que ma mère pourrait être une lesbienne et mon père un pédé&amp;nbsp;? Tirésias m’a demandé quels étaient mes rapports avec mon père, durant mon enfance. Il me semble qu’ils étaient ‘‘normaux’’. Nous jouions souvent ensemble, aux jeux que les pères ont avec les fils. Mais sans doute préférais­-je ma mère, comme c’est souvent le cas des petits garçons. Tirésias voudrait que j’analyse mes souvenirs de cette époque (l’enfance) où la personnalité se forme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vendredi 17 juillet 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 04:15:29 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Que je dise à présent avec quel genre d’individu ma sœur partage sa vie. Cyrille n’a pas voulu être du dîner que donnait Julie lundi dernier pour fêter son anniversaire&amp;nbsp;: ne voulant pas voir l’une des invités, avec laquelle il est en froid, il a préféré aller passer la soirée chez l’un de ses frères. Mais comme ce frère s’est couché tôt, le grand C s’est retrouvé seul à attendre dans sa voiture (celle de ma sœur, en réalité, puisque la sienne est en panne) que cette dernière lui téléphone pour lui annoncer le départ de ses hôtes. A minuit, c’est lui qui a téléphoné, parce qu’il n’en pouvait plus d’attendre dans la voiture. Ma sœur l’a envoyé paître&amp;nbsp;: il lui avait déjà gâché&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/13/samedi-12-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le jour où elle avait obtenu son diplôme&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, il n’allait pas non plus lui gâcher ses trente ans&amp;nbsp;! Vers une heure, il est entré dans l’appartement, sans avoir un regard pour personne. Il a seulement pris une cigarette dans le paquet de ma sœur, puis est allé s’enfermer dans la chambre. «&amp;nbsp;Pourvu qu’il n’en ressorte pas avec son fusil&amp;nbsp;», me suis-je dit. Le lendemain, mardi 14 juillet, c’était ma mère qui nous avait invités à dîner, pour fêter cette fois en famille l’anniversaire de ma sœur. Curieusement, il ne fut question à aucun moment du cadeau que lui avait fait Cyrille. Ayant revu Julie hier après-midi, je lui ai donc demandé ce que celui-ci lui avait offert. «&amp;nbsp;Il doit m’offrir un CD, quand il aura de l’argent. Et autrement, il m’a offert il y a quelques jours une moto qui ne roule pas. Il devait la réparer, mais elle est toujours en panne. De toute façon, je lui ai demandé de la revendre, parce que je n’ai pas envie de payer ni le casque ni l’assurance.&amp;nbsp;» Cyrille s’était offert il y a un peu plus d’un an une espèce d’épave roulante qu’il appelle une voiture de collection. Evidemment, il est impossible de faire un peu de route avec un tel véhicule, et encore moins d’y transporter le matériel nécessaire au fonctionnement de l’entreprise qu’il a créée il y a quelques mois. Il a donc acheté récemment un 4x4 d’occasion, mais qui est déjà en panne, comme je disais. Son entreprise bat de l’aile. Il a très rapidement employé trop de personnes. Je crois savoir qu’il ne pourra bientôt plus faire face aux nombreuses charges qu’impliquent pour son entreprise l’emploi de cinq bûcherons. Un ancien employé, qui ne travaille plus pour lui, le traîne déjà devant les prud’hommes. Un autre est prêt à témoigner en faveur du premier. Cyrille, qui est un vrai panier percé, a cruellement besoin d’argent. Il voudrait revendre sa ‘‘voiture de collection’’. Il en demande 3000 EUR. Comme elle ne les vaut pas, il ne trouve évidemment pas d’acheteur, pas même chez les amateurs, et il n’y a guère que des amateurs pour vouloir acheter de telles épaves. Peut-être Cyrille est-il un brave type (ce dont je dois dire que je doute beaucoup pour ma part, comme d’ailleurs la personne qu’il ne voulait pas voir lundi dernier, et précisément parce qu’elle nourrit de grands soupçons à son encontre, cause de leur brouille), mais il a tout d’un tocard&amp;nbsp;! Le plus attristant est qu’il est sans doute ce que sa famille a produit de plus évolué&amp;nbsp;! Il vit très clairement aux crochets de ma sœur. C’est un aventurier de bas étage, de province, sans aucune envergure, un menteur, un profiteur, probablement infidèle, et se permettant néanmoins d’être jaloux. Peut-être même est-il un peu pédé sur les bords, si j’en crois ce que m’avait dit Camille de&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/15/dimanche-14-septembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’épisode de la salle-de-bain&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Cyrille me fait d’ailleurs parfois des descriptions un peu trop inspirées de tel de ses bûcherons, qui serait bisexuel et dans les bras duquel il voudrait me jeter… Tout cela est fort suspect. Mais je dois bien reconnaître à cet imposteur qu’abstraction faite de sa tête, il est plutôt bien fait. J’ai eu des nouvelles de ce chien d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, autre grand imposteur devant l’éternel&amp;nbsp;! Il doit se faire opérer dans quelques jours de la vésicule biliaire, je crois, mais doit rester hospitalisé une bonne dizaine de jours, à cause du mauvais état général de sa santé. Le pauvre doit y subir aussi toute une série d’examens, dans l’espoir d’expliquer enfin l’inexplicable, c’est à savoir pourquoi, comment et peut-être aussi combien de temps peut exister, ou seulement tenir debout, une créature si évidemment peu viable que lui&amp;nbsp;! Il est malade. Tout dans son corps se dérègle, à ce qu’il me raconte. «&amp;nbsp;J’ai peur&amp;nbsp;», m’a-t-il dit, exactement en ces termes, qui ont l’impudeur du désespoir, «&amp;nbsp;voudras-tu bien me rendre visite, pendant mon hospitalisation&amp;nbsp;? – Non, je n’ai pas assez d’argent pour venir à Bordeaux, et puis, de toute façon, j’ai rencontré quelqu’un. J’aime mieux passer du temps avec lui.&amp;nbsp;» Je ne m’explique pas comment &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; peut croire encore à notre amitié, après tout ce qu’il m’a fait (le détournement de Camille), après les multiples déclarations de haine que je lui ai faites, après les menaces, le chantage, et surtout mon mépris, que je ne me donne même plus la peine de lui cacher. Quand je pense qu’il n’a pas seulement été capable de bander,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/12/mercredi-11-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;la dernière fois qu’il est entré dans mon lit&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;! Et il ose se rappeler à mon souvenir, apparemment sans rougir du tout. Je ne le comprends vraiment pas. Peut-être est-il tout bêtement d’une connerie abyssale. Mon ami &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, qui a été amené à le croiser quelquefois chez des amis d’amis, me dit que ce grotesque (il est d’accord avec moi sur ce point) est sans doute beaucoup plus vieux qu’il ne veut bien le reconnaître. Comment donc n’y ai-je pas pensé tout seul&amp;nbsp;? C’est pourtant l’évidence,&amp;nbsp;et la preuve qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; est, paradoxalement (c’est-à-dire malgré tout ce qu’il y a d’impuissance en lui), un imposteur de génie. (Il est vrai que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; est une mauvaise langue&amp;nbsp;: hier encore, il me disait avec un plaisir évident qu’il trouvait que j’avais beaucoup vieilli depuis un an que nous nous connaissons&amp;nbsp;! Il faisait plus particulièrement allusion à mes pattes d’oies, dont je ne saurais nier l’évidence, mais qu’il pourrait tout de même avoir la délicatesse d’ignorer… Plus je sors tard, plus je bois d’alcool, plus on fume autour de moi, et plus ces odieuses petites rides me paraissent voyantes le lendemain matin. Il faudrait que je ne rie plus du tout, ni même ne sourie&amp;nbsp;! Mais les occasions me semblent hélas justement chaque jour plus nombreuses de rire, non plus même de tous ces hommes auquel je me mêle de nouveau, mais de rire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avec&lt;/em&gt; eux, parmi lesquels j’ai fini par trouver sans doute tout ce que je méritais d’amis&amp;nbsp;! C’est dire si je suis tombé bas&amp;nbsp;!) C’est probablement parce qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; a bien dix ans de plus qu’il ne le dit qu’il est déjà si décrépit&amp;nbsp;! Comme disait mon arrière-grand-mère, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;crois-le ou non&lt;/em&gt;, mon blond lecteur, mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aschenbach&lt;/span&gt; agonisant dans le film de Visconti a encore l’air plus pimpant que mon &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui se fait aux cheveux la même teinture d’un noir de jais, alors qu’il est déjà si pâle, puisque toujours malade&amp;nbsp;! C’est probablement la bonne humeur qui me fait écrire tant de méchancetés. Les fêtes de la Madeleine ont commencé aujourd’hui. Demain soir, après le dîner chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, je dois aller chercher à Pau le petit &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;, pour le ramener avec moi à Mont-de-Marsan. Nous irons sans doute faire un tour à la fête, peut-être avec ma sœur, ou bien avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, Osman, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et compagnie. Dimanche, nous sommes invités à passer le début de la soirée chez Osman, où il devrait y avoir foule. (Je m’entends très bien avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;. Il est une espèce de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt; que l’obésité de menacerait pas encore. Je perds un temps fou à parler avec lui sur MSN, à le regarder ‘‘en &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;cam&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;’’ me faire de grands sourires ou me montre sa queue. J’ai l’impression de le connaître depuis des lustres, alors qu’il ne doit pas y avoir plus de quinze jours.) A l’une de ses amies, qui lui conseillait de quitter son Cyrille pour quelqu’un de plus mûr, ma sœur, répondant que les hommes plus mûrs étaient généralement déjà mariés, a fait cette étrange confidence qu’elle avait depuis longtemps le pressentiment qu’elle terminerait sa carrière amoureuse en tant que la maîtresse d’un homme marié. Il me semble que c’est justement ce que je suis en train de devenir moi-même&amp;nbsp;: la ‘‘maîtresse’’ d’un jeune homme (&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;) déjà marié (c’est-à-dire lié à un autre homme depuis six ans déjà). Je m’amuse souvent à appeler l’amant de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; ‘‘la légitime’’. La légitime refuse absolument de rencontrer personne et porte le même prénom que moi, ce qui excite encore un peu plus ma curiosité et mon désir de connaître un jour cette sorte d’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;alter ego&lt;/em&gt;, cette espèce de négatif de moi, qui ne suis, en l’occurrence, que ‘‘la favorite’’, condition qu’on pourrait croire préférable, mais dans laquelle je ne puis m’empêcher de finir par penser que, malgré tout ce qui fait mon charme, je suis apparemment entièrement dépourvu de ce qu’on recherche habituellement chez un homme pour en faire sa légitime épouse, si du moins mon lecteur veut bien me permettre de mélanger ainsi les genres, ce que, bien sûr, je ne fais que pour plaisanter, car il n’y a pas moins adepte que moi de la religion &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;homosexualo&lt;/span&gt;-&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;trans-genre&lt;/span&gt; et de toutes les bouffonneries conceptuelles que la fierté mal placée de ses disciples leur inspire. C’est simple, je crois bien que j’ai aussi peu d’affinités avec eux qu’avec les sectateurs de Mahomet. Si je ne craignais pas d’être encore convoqué par la police, qui est donc apparemment aussi une police de la pensée et lit peut-être toujours ces pages, j’écrirais à propos de ceux-ci comme de ceux-là que je ne comprends vraiment pas comment ils ne se sentent pas plus confus d’exposer si haut leurs fondements, que ce soit pour se soumettre davantage à leur Allah ou pour mieux se faire mettre après leur grand tralala. Parfois, je me dis que, si les mahométans se prosternent comme ils font, c’est pour enfouir leurs têtes dans le sol, pareils à des autruches qui auraient honte d’avoir la religion la plus conne du monde, comme je crois qu’avait dit Michel Houellebecq. Et d’autrefois, je souhaiterais presque aux plus fiers participants des défilés homosexuels d’adopter certain costume islamique, dont il a beaucoup été question&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090630175852/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;dernièrement&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;et dans lequel, finalement, ils me feraient sans doute moins honte. Mais bien sûr, tout cela, que je viens certes d’écrire, je ne le pense pas &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;vraiment&lt;/em&gt;, cela dit (si du moins c’est suffisant) pour me mettre en conformité avec la loi&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Lundi 25 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/26/lundi-25-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Tue, 26 May 2009 04:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai sans doute trop tardé à rendre compte de ma quatorzième séance chez Tirésias, qui a eu lieu mardi dernier. Ce sera demain la quinzième, déjà. Ce n’est pas la première fois que je tarde à consigner dans ce journal ce qui se dit lors de mes séances sur le divan. Au début, si je remettais toujours au lendemain ce petit devoir que je me suis fixé de tenir à jour la chronique de mon analyse, c’est parce qu’il m’était pénible de faire une seconde fois ces sortes d’aveux qui touchent souvent à des choses qui me sont très personnelles. Il est parfois plus difficile de soutenir le propre regard qu’on a sur soi que celui qu’y porte autrui. J’ai souvent le même déplaisir (mais il y a dans ce déplaisir un plaisir ambigu) à écrire ces rapports sur mon analyse qu’à scruter dans le miroir l’apparition de nouvelles rides sur mon visage, au coin de mes yeux, encore si imperceptibles que je ne sais jamais si elles viennent tout juste de s’ajouter aux autres ou si elles étaient là depuis longtemps déjà. Je ressens, avant de me mettre à cet ordinateur pour faire la relation de la dernière séance chez mon analyste, la même angoisse, mais le mot est sans doute trop fort, disons la même inquiétude qu’avant de vérifier que n’ont pas poussé pendant la nuit d’autres de ces taches qui m’étaient venues juste après avoir failli baiser avec Phédon, qui est noir, et qui m’avait littéralement donné la nausée (je n’en reviens pas moi-même d’être ainsi fait (ou contrefait) qu’il me faille écrire&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;de telles choses&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;sur mes relations avec des Noirs&amp;nbsp;!). C’est aussi ce genre d’inquiétude que j’ai avant de me peser et que je sais, pour avoir trop bu ou trop mangé dans la semaine, que le cadran de la balance indiquera un kilo de trop. Un kilo, sur un total de cinquante-six, ce n’est presque rien, bien sûr, et la silhouette ne s’en trouve pas changée du tout. Pourtant, ce petit rien, ce seul kilo devient obsédant, tellement qu’à lui seul, il semble peser plus lourd que les cinquante-cinq autres&amp;nbsp;! On n’est pas loin de ne plus songer qu’à ce kilo, qui est le signe écrit, la preuve qu’on a changé, qu’on a grossi, et que le risque est donc là, kilos après kilos, de devenir obèse. L’indication d’un simple kilo en trop fait prendre conscience de quelque chose qu’on ne voyait pas ni ne ressentait. Il n’y a donc pas de raison, après cette prise de conscience, de le voir davantage, ce kilo supplémentaire qui ne change rien à la silhouette. Et pourtant, on ne peut plus s’empêcher de le garder à l’esprit, il devient une gêne, petite mais constante. Ce dont je suis censé prendre conscience grâce aux libres associations que je fais au cours de mon analyse a de semblables conséquences. Je découvre des choses qui étaient invisibles, auxquelles j’ai du mal à croire moi-même et que je ne parviens pas à ressentir, à éprouver (même si je dois bien admettre que c’est à cause d’elles, précisément, que mes sentiments sont tels qu’ils sont). La découverte de ces choses ne me semble donc changer absolument rien en moi. Pour reprendre l’image de la pesée, ma silhouette est inchangée&amp;nbsp;: mon caractère, mes qualités, mes défauts, ma pente, ont l’air d’être rigoureusement les mêmes. Et pourtant, Cyrille, l’ami de ma sœur, et certains lecteurs de ce blogue me disent qu’à leurs yeux, j’ai déjà changé, en deux ou trois mois d’analyse seulement. Et de fait, j’ai moi-même constaté en moi une espèce de meilleure humeur générale, mais sans parvenir à lier résolument cette amélioration à mon analyse. Je l’y lie parce que j’ai commencé cette analyse précisément dans le but d’aller mieux, mais, à strictement parler, je n’arrive pas à faire le lien, justement. Je ne vois pas plus de rapport entre mon amélioration et mon analyse que, par exemple, entre les marées et la lune. L’influence de mon analyse sur mon humeur m’est aussi imperceptible que l’attraction de la lune sur les océans. Je sais qu’elles existent, mais il m’est impossible de les éprouver. C’est comme si la prise de conscience, qui me semble d’ailleurs souvent toute relative, avait pour conséquence des changements inconscients à leur tour&amp;nbsp;! Il se passe quelque chose qui échappe à mon contrôle, alors même que c’est pour garder ou reprendre le contrôle de ma vie que j’ai décidé de faire cette psychanalyse&amp;nbsp;! Les relations dans ce journal de mes séances chez Tirésias sont comme le kilo de trop qui s’affiche sur le cadran de la balance. Il y a une part de moi qui me dit qu’il serait bien plus simple de ne pas me peser. Sans pesée, je n’aurais pas connaissance de ce kilo supplémentaire, qui n’existe pas vraiment, puisqu’il ne change rien à la vision que j’ai de ma silhouette, mais qui est pourtant d’un poids infiniment supérieur aux cinquante-cinq autres kilos, puisqu’il est le signe inquiétant que je change sans le voir, sans l’éprouver, et presque sans le savoir, n’était l’indication de la balance. Savoir, ou avoir conscience, c’est ici bien différent d’avoir le sentiment, ou d’avoir l’impression, la sensation. La balance m’indique que je change malgré moi, ou plutôt, sans moi, en mon absence&amp;nbsp;! Sentiment fort désagréable qui m’a donc fait souvent, disais-je, remettre au dernier moment la rédaction du compte rendu des séances chez Tirésias. Mais depuis quelques semaines, il me semble qu’il y a une autre raison à ces ajournements. Lors des deux ou trois dernières séances, j’ai l’impression de n’avoir dit que des choses dépourvues du moindre intérêt, même pour moi&amp;nbsp;! C’est plutôt parce que je trouve désormais la relation de ces séances d’un grand ennui que je répugne tant à la faire&amp;nbsp;! Que j’en sois pour l’instant à trouver tout cela sans intérêt ne signifie pas que Tirésias ne parvienne pas à me faire dire, comme lors de cette quatorzième séance, des choses qui me sont très pénibles. Mais preuve qu’il ne se passe décidément rien de nouveau, en ce moment, dans cette analyse&amp;nbsp;: ces choses si pénibles, cette fois, il ne me les a pas fait dire, à strictement parler, mais répéter. Je les lui avais déjà dites lors de la énième séance&amp;nbsp;! Mais, je m’en avise à présent&amp;nbsp;: non, c’est lui, cette fois, qui a formulé les choses à ma place, plutôt que vraiment moi&amp;nbsp;: je me suis contenté d’acquiescer, furieux d’avoir à revenir sur des choses que j’avais dites dès le début de cette analyse, précisément pour ne plus avoir à les dire. Tout cela (je n’en dirai pas plus) est pour moi tellement indicible qu’il y a des mots que je ne peux absolument pas prononcer, même pour dire des choses tout autres&amp;nbsp;! Je me demande d’ailleurs si je les avais vraiment prononcés devant Tirésias, ces mots, je ne sais plus lors de quelle séance, l’une des premières, comme j’ai dit. Sans doute m’étais-je perdu dans d’interminables circonvolutions et c’est plus vraisemblablement Tirésias qui avait reformulé tout cela en une phrase, probablement assez courte, d’ailleurs. Ce sentiment que j’ai de m’ennuyer lors de ces dernières séances est peut-être la conséquence d’un sursaut du refoulement. J’imagine que c’est pour combattre ce refoulement que Tirésias m’a forcé à revenir sur des choses dont je ne veux pas parler. J’avais d’ailleurs prévu, pour cette séance, de parler de tout autre chose, de choses sans grand intérêt, donc. Voici ce que j’ai eu le temps de dire d’inintéressant, tout de même, avant que la séance n’échappe complètement à mon contrôle&amp;nbsp;: Sophronie, une amie du lycée, a retrouvé ma trace, grâce à un site d’anciens élèves, sur Internet. Elle m’a dit, dans son courriel, qu’elle avait voulu reprendre contact avec moi après avoir retrouvé dans sa chambre de jeune fille les nombreuses lettres que je lui avais écrites. Il y a des pans entiers de ma vie que j’ai totalement oubliés. Je ne me souvenais plus du toute de cette correspondance. Ce n’est pas seulement le contenu de cette correspondance, que j’avais oublié, mais l’existence même d’une correspondance échangée avec elle. Depuis cette quatorzième séance, j’ai revu Sophronie, qui m’a prêté ces lettres, que je n’ai d’ailleurs pas encore pris le temps de lire (encore un ajournement qui, probablement, n’est pas sans rapport avec le refoulement), mais dont j’ai bien reconnu le papier&amp;nbsp;! La meilleure amie de Sophronie n’est autre qu’Hermione, l’une de&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090403004933/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;mes petites amoureuses&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;de l’école primaire, celle qui, sans doute, succéda immédiatement à «&amp;nbsp;Florence, ma seconde&amp;nbsp;». Je me rappelais que nous avions été camarades de classe, Hermione et moi, mais j’avais complètement oublié que nous avions également pris des cours de piano ensemble. Sophronie m’a dit qu’Hermione se souvenait de moi comme d’un enfant qui inventait des contes de fées à faire pâlir de jalousie les Perrault et autres Andersen&amp;nbsp;! Lorsque j’étais en terminale, un certain Cléocrite, qui avait la passion du théâtre, était tombé amoureux de moi. Il m’avait écrit une lettre, lui aussi, dans laquelle il me déclarait sa flamme, mais comme il ne connaissait pas mon adresse, il avait demandé à la conseillère principale d’éducation de me la transmettre&amp;nbsp;! J’ai perdu cette lettre, comme d’ailleurs celles de Sophronie. Le pauvre Cléocrite ne pouvait pas tenter de m’aborder à plus mauvais moment&amp;nbsp;! L’année de terminale fut pour moi l’une des pires de ma vie, durant laquelle ma phobie sociale a atteint l’un de ses paroxysmes. Je n’ai donc jamais répondu à Cléocrite, mais ai beaucoup souffert d’avoir à passer tous les jours, pour me rendre aux cours de philosophie, non seulement devant lui, mais encore devant tous ses camarades de classes, à qui il ne faisait pas mystère de son homosexualité ni des vues qu’il avait sur moi. Je ne pouvais m’empêcher de penser que tout ce petit monde me dévisageait pendant toute ma traversée du couloir, fort long, qu’il me fallait emprunter pour me rendre en classe de philosophie qui, bien sûr, se trouvait tout au bout. Ce n’est pas parce que j’avais honte d’être homosexuel, comme me l’a demandé Tirésias, que j’avais peur d’aborder Cléocrite ou de me laisser aborder par lui (pas consciemment du moins&amp;nbsp;; quant à savoir ce qui se passait alors dans mon inconscient&amp;nbsp;! Mystère&amp;nbsp;!)&amp;nbsp;; c’est parce que je ne supportais pas d’être regardé et que, bien sûr, un abordage n’aurait pas manqué de jeter sur moi tous les yeux, ne serait-ce que ceux des camarades de Cléocrite, dont il me semblait déjà surprendre constamment des regards réprobateurs (à eux inspirés, selon mon délire du moment, soit par ma pédérastie manifeste (car je n’étais pas bien viril à l’époque, ce qui suffit généralement à faire un pédé, au moins de réputation), soit par mon indifférence, qui causait beaucoup de peine au garçon qui s’était épris de moi, et qui était fort aimé dans sa classe). C’était déjà bien assez pénible, pour moi, de devoir subir les regards implorants de Cléocrite, qui semblait vouloir me dire en pensée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Regarde-moi, Olivier&amp;nbsp;! Je suis le garçon qui t’a écrit cette lettre d’amour&amp;nbsp;! Tu me dois bien donner cet amour en retour, puisque tu es manifestement pédé, toi aussi&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Et la pensée m’était insupportable de la vraisemblable nouveauté des regards qu’en cas d’abordage, tous les autres auraient portés sur moi et que j’imaginais devoir se dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;! Quand même&amp;nbsp;! Il se décide enfin à répondre à notre Cléocrite, ce petit pédé qui regarde tout le monde de haut&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Car à cette époque, je n’avais pas le courage ni la force de regarder les gens dans les yeux&amp;nbsp;: aussi les regardais-je généralement au-dessus de la tête, s’ils venaient me parler, faiblesse qu’on prenait généralement pour de la superbe, ce qui, d’ailleurs n’a jamais vraiment changé depuis lors&amp;nbsp;! J’étais complètement aliéné&amp;nbsp;! J’étais l’esclave du regard insensé que je portais sur les regards qu’il arrivait inévitablement qu’on portât sur moi&amp;nbsp;! Je vivais un cauchemar éveillé. J’étais en enfer et, donc, assez peu disposé à l’amour. C’est pourtant sans doute ce qui aurait pu me sauver. Quand je repense à Cléocrite, je ne puis m’empêcher de croire que tout aurait été différent, si je l’avais laissé entrer dans ma vie et m’aimer. J’aurais trouvé en lui un soutien dans cette épreuve qu’étaient pour moi tous ces regards insoutenables, ces averses d’yeux dont je me sentais littéralement lapidé&amp;nbsp;; car, paradoxalement, c’est d’un regard qu’on a besoin, dans ces sortes de phobies, pour se protéger des regards. Grâce à l’aide de Cléocrite, j’aurais sans doute abordé différemment la vie&amp;nbsp;; j’aurais probablement vécu autrement&amp;nbsp;: j’aurais vécu, tout simplement, ce qui, pour l’instant, n’a jamais été vraiment le cas. Parfois je cherche la trace de Cléocrite en tapant son nom dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Google&lt;/em&gt;. C’est ainsi que j’ai appris qu’il était devenu comédien et metteur en scène. Sans doute est-il heureux, ce qui, peut-être, n’aurait pas été possible, s’il était tombé dans ma vie. C’est quand j’ai dit que l’année de terminale avait été pour moi l’une des pires de ma vie que Tirésias a pris le contrôle de la séance pour me faire parler de ce que je ne peux pas dire. «&amp;nbsp;Pourquoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», m’a-t-il demandé, et de fil en aiguille… J’avais tout de même eu le temps de lui dire qu’il m’était également resté de cette terrible époque de paralysie un grand respect, une grande crainte de l’autorité. Quand j’étais enfant, ma mère, cette usurpatrice de l’autorité de mon père, me façonnait de ses paroles de femme, comme le Verbe qu’il y avait au commencement, comme Dieu créant le monde en le disant. Il avait fallu, par exemple, lorsque j’avais une dizaine d’années et qu’elle venait de me faire changer de coiffure, qu’elle me dise qu’elle préférait que les cheveux sur mes tempes tiennent derrière mes oreilles, pour que je fusse pris d’une espèce de TOC, qui me faisait passer constamment mes mains dans les cheveux, pour les passer derrière les oreilles, comme le voulait ma mère. C’est probablement à cause de ce geste éminemment viril que les autres enfants de l’école se sont mis à me traiter de tapette&amp;nbsp;! Merci maman&amp;nbsp;! Tirésias m’a dit que j’étais donc, encore aujourd’hui, complètement à la merci de la volonté d’autrui, comme, par exemple, lors de mon récent enlèvement des Sabines pendant Phédon&amp;nbsp;! Il m’a dit la même chose&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/13/samedi-13-decembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’Ascylte à propos de Camille&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous ne savez pas dire non&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Cette vérité surprendra mes lecteurs qui, à force de lire ce journal, où je suis le seul maître, doivent me prêter beaucoup de volonté. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, lorsque je recherchais des plans et que je tombais sur quelqu’un qui n’était pas à mon goût, que je trouvais trop vieux, trop gros, trop sale, que sais-je encore, je n’osais pas le renvoyer ou m’en aller sans avoir baisé avec lui&amp;nbsp;: j’avais peur de me comporter mal en coupant court, de ne pas faire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;ce qu’il fallait&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! En réalité, j’étais complètement soumis à la volonté d’autrui. Par exemple, lorsque j’étais encore étudiant à Bordeaux, j’ai baisé une fois avec un garçon qui était beau, mais qui vivait manifestement dans la rue et puait comme clochard. J’avais l’estomac tellement retourné que j’ai failli lui vomir dessus. Et je m’étouffais à moitié, parce que l’odeur de ses pieds était tellement épouvantable que je devais m’interdire de respirer par le nez pendant que je lui suçais la queue&amp;nbsp;! J’aurais pu lui demander d’aller se doucher, m’objectera-t-on… Mais non&amp;nbsp;! Je ne le pouvais pas, parce que ç’aurait été &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;manquer&lt;/span&gt; de savoir vivre&amp;nbsp;! J’ai écrit que j’étais complètement soumis à la volonté d’autrui. Mais ce n’est pas tout à fait cela. Il serait plus juste de dire qu’il y a des volontés auxquelles je me soumets entièrement. Car c’est sans doute à l’époque où je me forçais à baiser avec ce puant SDF que je faisais, de la Poupotte, ou la Glotte, comme je l’avais appelée, ma tête de Turc, tout à fait volontairement, et précisément parce que je la trouvais malodorante et sale. C’est elle, l’héroïne du «&amp;nbsp;grossier méchant&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090425155511/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;conte&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;» que j’avais imaginé pour l’anniversaire de mon amie Laurence. J’inventais souvent des phrases dont la Poupotte était le sujet et qui faisaient beaucoup rire Myriam et Laurence, qui en inventaient d’ailleurs elles aussi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Glotte en bas-résilles&amp;nbsp;: rôti prêt à cuir&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Savez-vous pourquoi Glotte à les yeux qui brillent&amp;nbsp;? Parce qu’elle est si grosse que son godemiché, c’est le Phare des Baleines&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Quand la Glotte a ses règles, ce n’est pas des tampons qu’il lui faut acheter, mais des rouleaux de Sopalin&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Car je disais les noms des marques, dans mes beaux discours d’alors. C’est dire si j’étais tombé bas. Finalement, l’ordurière inspiration qui me faisait m’en prendre à la Glotte n’était pas bien différente de celle qui m’a fait imaginer les injures adressées à Monsieur Véto. Peut-être cette veine-là de mon inspiration est-elle un symptôme, elle aussi. Sans doute d’ailleurs ne faut-il pas être un bien fin psychologue pour comprendre que, probablement, la facilité avec laquelle j’injurie les Glotte et les Messieurs Véto et celle avec laquelle je subis l’injure de certains hommes sont les deux extrémités d’un même nœud que je suis apparemment encore bien loin d’avoir défait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Lundi 18 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/19/lundi-18-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Jean-Paul Marcheschi</category>
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<pubDate>Tue, 19 May 2009 02:33:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’apprends à l’instant que Guillaume Cingal est accusé de violences contre un policier. Je n’ai rencontré cet homme qu’une fois,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2007/04/02/dimanche-1er-avril-2007.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;en avril 2007&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, chez Jean-Paul Marcheschi, et c’est à peine si je lui ai parlé, mais je ne crois pas beaucoup m’avancer en disant que Guillaume Cingal ne peut être soupçonné de la moindre violence. Le texte de la&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.mesopinions.com/Petition-de-soutien-a-Guillaume-Cingal--enseignant-chercheur-de-Tours-victime-de-repression-policiere-petition-petitions-d8960ceeb48aae3247f8be6f85861a5d.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;pétition&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;de soutien à Cingal, que j’invite mes lecteurs à signer eux aussi, relate dans quelles circonstances ce pacifique universitaire s’est retrouvé accusé de violences dont il est manifestement innocent. Voilà qui me fait relativiser, comme on dit, mes propres démêlés avec la justice&amp;nbsp;! Et puis moi, au moins, je suis coupable&amp;nbsp;! Enfin&amp;nbsp;: coupable des injures proférées à l’encontre de Monsieur Véto, et non pas de l’apologie qu’on prétend que j’aurais faite de la prostitution. Ce sera demain mon quatorzième rendez-vous chez Tirésias. Mais je n’avais pas encore parlé de la treizième séance (jeudi dernier) dans ce journal. Contrairement à mon habitude, je n’avais pas beaucoup ‘‘préparé’’ cette séance pendant la semaine qui la précédait. Je n’ai pas été aussi ‘‘ouvert’’, pour parler comme Tirésias, aux associations que j’aurais pu faire autrement. «&amp;nbsp;Ce n’est pas grave, m’a répondu le psychanalyste, vous allez faire maintenant, devant moi, ces associations.&amp;nbsp;» Le&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.e4.com/skins/series3/pictures-episode10-preview.html?decorator-index=10&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;personnage&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;d’&lt;/span&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.e4.com/skins/series3/pictures-episode8.html?decorator-index=15&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Effy&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;dans la série télévisée intitulée &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.e4.com/skins/&quot;&gt;Skins&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, que je regarde sur Internet, en &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;streaming&lt;/em&gt;. Sa grande beauté, que je trouve envoûtante, et à laquelle je suis particulièrement sensible. Ce personnage me fait penser à&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/photo.php?pid=1360641&amp;amp;id=714491529&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;ma&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/photo.php?pid=435891&amp;amp;op=9&amp;amp;o=global&amp;amp;view=global&amp;amp;subj=714491529&amp;amp;id=714491529&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;sœur&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/photo.php?pid=389171&amp;amp;op=10&amp;amp;o=global&amp;amp;view=global&amp;amp;subj=714491529&amp;amp;id=714491529&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Laura&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, très soucieuse de son apparence, elle aussi. Peut-être même est-elle un peu superficielle, mais je me rends compte que je ne la connais pas assez pour pouvoir en juger.&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.e4.com/picture/0E4B3697-DBDF-444A-8E98-AD27F7B2532C/view.e4&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Leur&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.facebook.com/photo.php?pid=1406291&amp;amp;op=2&amp;amp;o=global&amp;amp;view=global&amp;amp;subj=714491529&amp;amp;id=714491529&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;maquillage&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. (Je crois que Laura aime aussi cette série télévisée. Sur MSN, à côté de son pseudo, il y a écrit&amp;nbsp;: &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Skins&lt;/em&gt;.) Peut-être m’a-t-il manqué de vivre près d’elle. J’ai longtemps trouvé Julie, mon autre sœur, très belle, elle aussi. Mais moins depuis quelque temps. Je trouve qu’elle devient vulgaire. Je n’aime pas ses manières ni son rire. Je ne sais si c’est lié au fait qu’elle soit avec Cyrille, qui me fait plutôt mauvaise impression. Julie ressemble de plus en plus à mon père. Je regrette d’avoir dit si ouvertement à ma sœur la mauvaise opinion que j’avais de Cyrille. Lors d’une conversation un peu tendue entre elle, ma mère et moi, blessée, elle m’en a fait le tacite reproche&amp;nbsp;; tacite, parce que Cyrille assistait à la conversation. C’est à cause de la tension qu’il y avait à ce moment-là qu’elle s’est &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;laissée&lt;/span&gt; aller à faire à demi-mot cet aveu. Autrement, si elle avait gardé son sang froid, elle n’aurait rien dit et l’aurait gardé pour elle. Ça m’est particulièrement déplaisant, parce que, d’habitude, c’est à ma mère, à qui je ressemble décidément beaucoup, qu’on cache les choses, pour ne pas avoir à subir son silence et son regard réprobateurs et méprisants. Tirésias m’a demandé si j’aimais mes sœurs. Je lui ai répondu que je n’étais pas quelqu’un de très aimant. Mon attachement à elles est d’un autre ordre. Avec Julie, qui a grandi près de moi, c’est le sentiment de possession, mon espèce de droit d’aînesse, qui me tient lieu d’amour. Avec Laura, c’est la fierté que m’inspire sa beauté. Je regrette qu’elle n’ait pas grandi elle aussi près de moi&amp;nbsp;: ç’aurait flatté mon amour propre. J’aurais pu dire au monde&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voyez le beau patrimoine génétique que nous avons en commun, elle et moi&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» J’avais couché,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/13/mardi-12-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;deux jours avant cette séance&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, avec un garçon qui se trouve être le fils de voisins de ma mère. Il m’a dit qu’à l’époque où nous étions adolescents, lorsqu’il vivait chez ses parents et ma sœur et moi chez notre mère, il rêvait de coucher avec Julie, mais aussi avec moi. (Inceste&amp;nbsp;?) Il m’est désagréable que les garçons avec lesquels je couche se connaissent tous. Sentiment d’enfermement. Où que j’aille, je retombe toujours au même endroit. Il n’y a qu’un même et unique réseau de personnes, surtout dans le milieu homosexuel, et tout particulièrement dans une petite ville comme Mont-de-Marsan. Tout se sait. Le garçon qui est le fils de voisin de ma mère connaît Phédon, par exemple, ce Noir avec qui j’ai couché&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;il y a une quinzaine de jours&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, et avec qui il avait lui-même couché, un mois plus tôt. Quant à Damis, que je suis retourné voir l’autre nuit dans sa boulangerie, il connaît l’ami de ma sœur, avec qui il avait sympathisé du temps que celui-ci était serveur dans le bar de cet homosexuel qui m’est tellement antipathique et qui avait fait courir le bruit que j’allais faire la pute à Toulouse, ce qui est entièrement faux. Je pourrais multiplier les exemples. (Damis et moi sommes tombés d’accord sur le fait que nous ne nous étions pas connus au bon moment. J’aurais dû le rencontrer deux ans plus tôt, quand il était encore mince&amp;nbsp;; et lui aurait dû faire ma connaissance dans dix ans&amp;nbsp;: quand j’aurai terminé mon analyse&amp;nbsp;! Alors nous aurions pu nous aimer. Ça s’est joué à peu de choses, finalement&amp;nbsp;: douze années seulement&amp;nbsp;!) «&amp;nbsp;Pourquoi le fait que tout le monde connaisse tout le monde vous dérange-t-il tant&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», m’a demandé Tirésias. Je ne suis pas sûr de le savoir même. Je n’aime pas ce que cette réalité implique, c’est-à-dire que tout se sache, que tout soit répété, qu’il ne soit pas possible de voir ses secrets gardés. «&amp;nbsp;C’est encore le regard des autres, ce regard qui vous est toujours si pénible et qui vous angoisse tant. – Non, ce n’est pas de l’angoisse, que j’éprouve ici, ce n’est pas la peur d’être regardé comme je peux la ressentir dans la rue, dans les bars, dans les discothèques. C’est plutôt de la déception. Je trouve décevant que tous ces gens trahissent si naturellement tant de secrets. Mais si je dois être honnête, il me faut bien reconnaître que je suis affligé du même vice&amp;nbsp;: moi non plus je ne garde pas les secrets, qu’on dirait n’avoir été inventés que pour être trahis.&amp;nbsp;» Puis je suis revenu sur le mensonge que j’avais fait plus tôt au sujet du bruit qu’avait fait courir ce patron de bar sur le fait que j’irais me prostituer à Toulouse. «&amp;nbsp;En fait, je ne vous ai pas tout dit, ai-je avoué à Tirésias. – Vraiment&amp;nbsp;? Dites-moi donc ce que vous ne m’avez pas dit. – Je vous ai déjà expliqué que je ne pouvais pas vraiment avoir de relations avec des hommes de mon âge. C’est presque toujours avec des garçons plus jeunes que je couche, ou avec des hommes plus âgés que moi. Mais avec ces hommes plus âgés, souvent, mais non pas toujours, je me prostitue. Bien sûr, c’est d’abord par nécessité que je le fais, occasionnellement, pour arrondir les fins de mois. Mais je me demande aussi si je ne le fais pas pour avoir un prix&amp;nbsp;: pour me donner du prix. – Bien&amp;nbsp;! Très bien&amp;nbsp;! Nous allons nous arrêter sur cette phrase&amp;nbsp;: ‘‘Avoir du prix’’, ‘‘AVOIR DU PRIX’’, c’est intéressant. C’est bien, que vous arriviez à me dire de telles choses&amp;nbsp;: vous vous prostituez pour avoir du prix…&amp;nbsp;» J’étais sûr que Tirésias apprécierait cette phrase, évidemment formulée en ces termes pour la lui faire relever comme particulièrement signifiante. C’est presque toujours sur ce genre de phrases, que j’ai généralement préparées à l’avance, qu’il clôt la séance. Plus tôt, il m’a fait cette remarque, au sujet de l’amour que j’ai ou n’ai pas vraiment pour mes sœurs&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous dites que vous ne savez pas aimer, c’est donc que vous savez ce que c’est qu’aimer, ce que c’est que l’amour, puisque vous êtes conscient d’en être incapable.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Vendredi 17 avril 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Fred</category>
<category>Hieronymus</category>
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<category>Tirésias</category>
<pubDate>Sat, 18 Apr 2009 02:35:21 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier soir, dixième séance chez Tirésias, durant laquelle il ne fut question presque que de ma sœur. Dimanche 12 avril, lors du dîner, Julie a dit qu’elle enviait l’étroitesse du lien qu’il y avait entre notre mère et moi. Selon ma sœur, nous serions parfois capables de nous comprendre sans même nous parler. Il y a certains de nos silences qu’elle ne comprend pas du tout, mais qu’elle voit bien qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;sont&lt;/span&gt; parlants pour nous. Comme Cyrille n’était pas présent à ce dîner, parce qu’il avait, ce week-end, la garde de son fils, dont la présence nous est insupportable, à ma mère et moi, qui avons l’agitation des enfants en horreur, je me suis fait la réflexion que nous étions bien égoïstes de ne pas faire l’effort de tolérer davantage le père et le fils. Je me suis également demandé si notre insistance à exhorter Julie à quitter son amant n’avait pas quelque chose de malsain. En quoi cela nous regarde-t-il donc&amp;nbsp;? Après tout, ma sœur est libre de mener sa vie comme elle l’entend. Il est décidément bien vrai que je ressemble énormément à ma mère, par mon intolérance et mes dégoûts, et cette réalité m’est pénible, car ma mère est une femme à qui je &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;n’aime(&lt;/span&gt;rais) vraiment pas ressembler&amp;nbsp;! Ce m’est d’autant plus pénible que je ne puis m’empêcher de penser que c’est à cause d’elle, et précisément de ses dégoûts, que je suis devenu cet être névrotique qui va s’allonger toutes les semaines sur un divan chez Tirésias. Ce dernier me demande quel type de relation j’entretiens avec ma sœur. Je lui réponds qu’elle est présente dans ma vie comme une évidence&amp;nbsp;: c’est comme si elle avait toujours été là. Peut-être aussi ai-je le sentiment qu’elle m’appartient, puisqu’il me déplaît tant qu’elle ait un Cyrille pour amant. Je ne suis pourtant pas amoureux d’elle, même si j’ai déjà eu l’occasion de parler à Tirésias d’une espèce d’éphémère inceste entre elle et moi, il y a fort longtemps. Comme Cyrille n’était pas là, dimanche dernier, Julie a profité de son absence pour nous faire quelques nouvelles révélations sur lui, grâce auxquelles ma mauvaise conscience n’a pas duré bien longtemps. Au contraire, ce qu’elle nous a appris n’a fait que nous conforter, ma mère et moi, dans la mauvaise opinion que nous avons de lui. Pour commencer, ma sœur nous a redit les forts soupçons que lui avaient inspirés certaines confidences de l’ex-femme de Cyrille sur le cancer des poumons dont il leur avait dit qu’il était atteint. Non seulement personne ne l’a jamais vu se soigner, mais encore serait-il malgré tout presque guéri… Ce n’est pas la première fois qu’un amant de ma sœur lui ment sur des sujets aussi graves. Déjà &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hiéronymus&lt;/span&gt; lui avait caché qu’il était séropositif. «&amp;nbsp;L’ami de votre sœur serait donc un affabulateur&amp;nbsp;», me dit Tirésias. C’est cela&amp;nbsp;: un affabulateur, qui profite de la crédulité de Julie, crédulité qui n’est d’ailleurs pas loin de me laisser pantois. Pour avoir avec elle des relations sexuelles sans préservatif, celui-ci a en effet réussi à lui faire croire, je ne sais comment, qu’il se faisait prescrire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;un traitement préventif contre le Sida&amp;nbsp;&lt;/em&gt;! Ce n’est qu’en parlant de ce prétendu traitement au médecin qui la suit que ma sœur, cette sotte, a compris que Cyrille s’était probablement fichu d’elle. Si ce dernier faisait allusion au traitement prophylactique prescrit en cas d’urgence après une exposition au virus, son docteur a expliqué à ma sœur qu’aucun médecin digne de ce nom ne le prescrirait à quelqu’un qui ne cacherait pas qu’il voudrait le recevoir &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dans le but&lt;/em&gt; d’avoir des relations sexuelles non protégées avec une personne séropositive, ne serait-ce que parce que son efficacité n’est pas assurée (aux dernières nouvelles, lui a rappelé son docteur, il n’y a toujours pas de vaccin contre le Sida&amp;nbsp;!). D’autre part, ce traitement coûte une fortune, et ce serait une aberration économique que de le prescrire dans un tel but, surtout avec tant de risques. Soit Cyrille a menti à ma sœur, soit il ment régulièrement à des médecins pour se faire prescrire ledit traitement, soit enfin il a trouvé un médecin véreux qui a bien voulu entrer dans son jeu. Autrement dit&amp;nbsp;: soit il ment, soit il vole, soit il ment et vole. Au cas où il serait bien un voleur, ce qui ne m’étonnerait guère, ma sœur lui a montré ses propres feuilles de remboursement, pour qu’il ait une idée de l’importance des sommes qu’il détourne et cesse de le faire, parce qu’elle croit sans doute qu’il a une conscience… Apparemment, Cyrille et ma sœur ont déjà ‘‘pris des risques’’, comme on dit pudiquement, parce que celle-ci semble craindre de l’avoir contaminé. Elle nous a en effet parlé, à ma mère et moi, de son désir de lui faire signer un document dans lequel il reconnaîtrait avoir toujours été conscient de la séropositivité de ma sœur et n’avoir donc pu être contaminé, le cas échéant, qu’en connaissance de cause… Elle craint en effet qu’en cas de séparation (et de contamination), Cyrille l’attaque en justice, influencé par sa mère et sa sœur, qui la détestent et seraient ‘‘deux vraies connes’’, à ce que dit ma sœur, ce qui n’aurait rien d’étonnant, puisqu’elles sont du même moule que le grand C. Il me paraît évident que ma sœur, qui n’a jamais été éprise de Cyrille, comme je l’ai toujours dit, n’ose pas le quitter pour plusieurs raisons, dont cette peur de l’avoir contaminé et d’être inquiétée pour cela. Julie semble d’autre part être entièrement sous l’emprise de Cyrille, qui est un affabulateur, comme j’ai déjà dit, et un manipulateur, comme l’était d’ailleurs Camille. Pour l’instant, ma sœur n’admet pas qu’elle est manipulée&amp;nbsp;: elle croit naïvement être celle des deux qui porte la ceinture, parce qu’elle a littéralement entretenu Cyrille pendant plus d’un an et que c’est encore elle qui tient les cordons de leurs deux bourses, parce qu’elle estime que l’argent qu’il gagne pour l’instant lui revient en remboursement des dépenses qu’elle a faites auparavant pour lui. Mais elle ne comprend pas que l’espèce de confort matériel qu’elle a donné à Cyrille et que les ‘‘facilités de caisse’’ qu’elle lui permet encore sont l’heureuse conséquence pour lui d’une manipulation à laquelle elle ne veut pas croire justement parce qu’elle lui donne l’illusion d’être celle qui manie l’argent. Mais encore récemment, elle a vu sa facture de téléphone multipliée par quatre parce que Cyrille avait passé des appels professionnels vers des téléphones portables depuis la ligne fixe de ma sœur. Parce qu’il ne lui avait rien dit, celle-ci ne s’en est aperçue qu’en recevant sa facture. Comme elle a pu lui faire une mercuriale, elle croit être celle qui mène la barque mais, en attendant, c’est bien Cyrille qui &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;a&lt;/span&gt; profité de l’espèce d’avance que ma sœur lui a faite et dont la dette s’ajoute à toutes les autres, dont il a tout le loisir de remettre le remboursement aux calendes grecques. Il semblerait enfin que Cyrille garde ma sœur sous son emprise par la terreur. Il y a eu en effet une suite au&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/13/samedi-12-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;grotesque épisode de juillet 2008&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;durant lequel Cyrille avait voulu, par jalousie, ‘‘casser les genoux’’ de Fred, l’ancien amant de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;julie&lt;/span&gt;, suite que cette dernière ne nous a donc apprise que dimanche. Une fois rentrée chez elle, ce soir-là, celle-ci a retrouvé un Cyrille qui, toujours aussi furieux, a sorti de sous leur lit un fusil de chasse avec lequel il est allé s’asseoir dans le salon, laissant dans leur chambre, dont il avait refermé la porte, ma sœur complètement terrorisée, qui se demandait s’il préparait son suicide ou son meurtre… Quand enfin ma sœur a trouvé le courage de sortir de la chambre et de demander à ce furieux ce qu’il comptait faire avec son fusil, celui-ci, qui s’était apparemment un peu calmé, lui a répondu qu’il était tout simplement en train de nettoyer l’arme, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, à une heure si tardive, après avoir passé la plus grande partie de la soirée à errer dans les rues de Mont-de-Marsan à la recherche du pauvre Fred, dont il voulait tout de même casser les genoux, comme j’ai dit… Il me semble évident que Cyrille a voulu menacer ma sœur et que celle-ci garde désormais à l’esprit qu’elle dort au-dessus d’un fusil qui pourrait servir un jour à l’assassiner ou à repeindre en rouge les murs de son salon, si le grand C choisissait plutôt de mettre fin à ses propres jours, ce qui serait un moindre mal et aurait le mérite de régler le problème que constitue cet encombrant amant dont ma sœur ne sait comment se défaire. «&amp;nbsp;Vous êtes donc inquiet pour votre sœur&amp;nbsp;», me dit Tirésias. Je lui réponds que je le suis en effet, mais que mon inquiétude pour elle n’est pas aussi grande que l’indignation que m’inspire le comportement de Cyrille. J’imagine que si j’étais quelqu’un de normal, ce serait la peur pour elle qui l’emporterait. Mais il n’y a rien à faire, c’est l’indignation qui prend le plus de place dans mes pensées, et ma colère contre ce sinistre individu, dont je n’aime ni l’extraction (il faut voir le père et la mère, qui sont réellement &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;plouquissimes&lt;/span&gt;), ni les manières (dormir avec un fusil sous son lit, c’est d’un goût&amp;nbsp;!), et qui s’est introduit dans ma famille, pour en détourner ma sœur, qui m’appartient, oui, c’est bien le sentiment que j’ai, ce qui n’est sans doute pas normal, je veux bien en convenir. Je me sens personnellement humilié que ma propre sœur puisse s’abaisser à frayer avec ce ressortissant de Franche-Comté qui est surtout franchement con, comme je dis souvent à ma mère. C’est paradoxal, puisque je me suis moi-même laissé chavirer par un Camille, qui est un peu l’équivalent Landais et pédé de l’amant de ma sœur, il faut bien le dire. Il se peut donc qu’elle et moi nous ressemblions beaucoup par nos amants, comme ma mère et moi par nos dégoûts. Nous avons tous les deux un goût prononcé pour les grands minces et de santé fragile comme sont ou sont censés l’être &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hiéronymus&lt;/span&gt;, Cyrille ou Camille. Nous nous prenons d’affection pour des menteurs et des manipulateurs. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hiéronymus&lt;/span&gt; et Cyrille se ressemblent en effet en cela qu’ils ont fait de très graves mensonges à ma sœur, le premier sur son Sida, qu’il lui cachait, le second sur son cancer, qu’il a sans doute inventé&amp;nbsp;! Tous les deux en sont venus à se passer du préservatif dans leurs relations sexuelles avec elle, quoique, sans doute, pour des raisons différentes. C’est probablement le déni de sa propre maladie qui a fait agir si mal &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hiéronymus&lt;/span&gt;, au point de donner le Sida à ma sœur. Quant à Cyrille, il ne m’étonnerait pas qu’il ait l’intention de l’attraper, sans doute dans le but de se lier encore plus ma sœur, par la mauvaise conscience et la culpabilité que la contamination du garçon ne manquerait pas de causer à celle-ci. Peut-être aussi manœuvre-t-il pour la faire tomber enceinte, là encore dans le but de l’enchaîner à lui. Camille aussi m’a menti, quoique que sur des sujets moins graves. Il m’a également beaucoup manipulé. Il est amusant de noter que Cyrille a sans doute été séduit, lui aussi, par ce Camille dans lequel il s’est peut-être reconnu,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/15/dimanche-14-septembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le fameux soir&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;où il l’a tripoté dans la salle-de-bain, chez ma sœur. Mais comme c’est précisément de Camille, autre grand affabulateur, que je tiens cela, il se peut fort bien que tout soit faux. Je comprends d’autant moins la réticence de ma sœur à quitter son amant qu’elle semble être bien consciente que Cyrille est quelqu’un de fort peu recommandable, puisqu’elle le soupçonne déjà d’être capable de lui faire les pires ennuis si, l’ayant laissé se faire contaminer par elle (ce qui est en soi une folie), elle se décidait enfin à quitter cet illuminé. Sinon, pourquoi donc voudrait-elle lui faire signer ce papier qui n’aurait probablement pas bien grande valeur aux yeux d’un juge&amp;nbsp;? Tout cela sent la névrose plein nez et d’ailleurs ma sœur m’a elle-même prié de demander à Tirésias s’il n’avait pas un confrère à lui recommander.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Mercredi 15 avril 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/04/16/mercredi-15-avril-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>''Richelieu''</category>
<category>2009</category>
<category>Anaximandre</category>
<category>Camille</category>
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<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Ma soeur</category>
<category>Tirésias</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Thu, 16 Apr 2009 03:32:26 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je rentre à l’instant de chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, où le beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; et le terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt; passent quelques jours de vacances. Je les avais déjà vus, lundi soir dernier, lors d’un dîner chez le même, auquel participait également Anaximandre ‘‘de Paris’’, comme dit &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, pour le distinguer du cinquième convive, qui porte le même nom, mais qui, se faisant appeler de celui d’un célèbre cardinal français, sera nommé ‘‘Richelieu’’ dans ce journal, si jamais il doit en être de nouveau question. Don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; et d’autres avant lui m’ont dit qu’ils se perdaient dans les noms de tous mes personnages et souhaiteraient donc que je crée un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;index&lt;/em&gt; pour les aider dans leur lecture. Peut-être devrais-je suivre leur conseil. M’y perdant moi-même, j’ai d’ailleurs déjà créé depuis longtemps, pour mon usage personnel, une &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;tabula &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;nominum&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; qui m’aide à retrouver à qui appartiennent les invraisemblables noms que je donne aux personnes évoquées dans ces pages. J’ai appris de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, lundi soir, que son &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; était circoncis&amp;nbsp;! Je devrais peut-être parler à Tirésias de mon aversion pour les sexes circoncis, aversion toute relative, il est vrai, car je n’arrêtais pas de penser, une fois cette révélation faite, qu’il me plairait fort de voir celui du beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt;, que je trouvais d’ailleurs encore plus beau rougissant de l’indiscrétion de son terrible amant. En l’observant ce soir, je me suis tout de même demandé pourquoi je le trouvais si attirant. Quelque chose dans sa façon de se tenir et de se taire, son accent quand il parlait, le col relevé de son polo rentré dans le pantalon, me faisaient penser qu’il avait quelque chose et d’un plouc et d’un demeuré. Mais dans le même temps, je me disais que sa réserve était peut-être une démonstration d’intelligence faite aux intarissables &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt; qui, plus âgés que nous, n’apprécient guère qu’on leur réponde&amp;nbsp;: ils préfèrent qu’on acquiesce à ce qu’ils disent, quand ils entendent qu’on acquiesce, car le plus souvent, ils sont tout à leurs dialogues de sourds et, même, ils ne s’entendent pas eux-mêmes, préférant se contredire plutôt que de ne pas avoir le dernier mot&amp;nbsp;! Sans doute &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; n’est-il pour moi qu’un fantasme, comme l’était déjà Camille, cette autre créature indéfinissable, incompréhensible, inexistante et pourtant l’obsession de mes pensées. Mais il est peu probable que j’aie le temps de parler demain de mon aversion tout relative pour les sexes circoncis. J’aurai sans doute bien trop à dire sur ce que ma sœur nous a confié, à ma mère et moi, dimanche dernier à propos du grand C, qui est apparemment quelqu’un de beaucoup plus inquiétant que j’aurais cru.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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