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<title>Un jardin d'Adonis - camille</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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<title>Mercredi 2 décembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 02:29:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier&amp;nbsp;: anniversaire de ma mère, qu’il a fallu inviter au restaurant. Dans ma famille, nous naissons à des dates symboliques, pour ne pas dire fatidiques. Ainsi l’anniversaire de ma sœur tombe-t-il le quatorze juillet&amp;nbsp;; le mien le deux novembre&amp;nbsp;; si bien que, tandis que ma sœur avait droit aux feux d’artifice pour sa fête, je me contentais des fleurs des tombes. Quant à ma mère, elle est née un jour qui est devenu depuis celui de la foire au Sida. Il n’y a pas de hasard. Sans doute la Providence a-t-elle voulu lui rappeler chaque année la grande part de responsabilité qu’elle avait dans la contamination de ma sœur. Si, d’après cette dernière, c’est à cause de sa mère (qui le traita toujours comme s’il n’était qu’hémophile et non pas également sidéen) que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; fut à ce point dans le déni de sa maladie, qu’il cacha donc à Julie, jusqu’à ce qu’elle se découvre un jour contaminée, l’inconscience de celle-ci fut, à l’évidence, encouragée par notre propre mère, qui l’exhortait à ne pas tenir compte de la rumeur selon laquelle le garçon était séropositif. Car dans ma famille, non seulement nous ne naissons pas à des dates ordinaires, mais encore mettons-nous un point d’honneur à ne pas partager le sens commun (qui nous paraît sans doute trop vulgaire), quitte à en perdre tout bon sens. C’est la raison pour laquelle, plutôt que d’ajouter foi à ce qui se peut dire sur eux, à ce dont on les suspecte, aux mauvaises intentions qu’on leur prête, nous laissons des &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; nous empoisonner le sang ou des Cyrille détourner nos biens, pervertis que nous sommes par l’éducation que nous a donnée une mère complètement folle et qui, depuis, ne trouve plus paradoxal de détester néanmoins un Cyrille et toute sa famille, pour les raisons même que son enseignement nous incitait naguère encore à les aimer&amp;nbsp;: lorsque j’étais enfant, ma mère était par exemple très fière de me savoir, à l’école, le seul ami d’une gitane plus vieille que moi de cinq bonnes années, incroyablement insolente, bagarreuse et probablement voleuse. Ce qui faisait sa fierté, c’était que je ne partageasse pas les mêmes aversions, pourtant légitimes, que mes petits camarades de classe. Une folle, disais-je&amp;nbsp;! C’est sans doute encore à cause de cette éducation (du moins en partie) que j’ai pu me laisser aller à tellement vouloir prendre sous mon aile le pauvre Camille, qui serait sans doute ce qui se fait de plus véreux et gâté en matière de garçons, n’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui me le vola, et avec qui je n’ai toujours pas réussi à couper entièrement les ponts, sans doute encore pour les mêmes raisons. Julie nous a appris sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;, lors du dîner que nous avons offert à notre mère hier soir, quelque chose qui m’a fait tomber des nues et qui, pourtant, avec le recul, me semble une évidence. Longtemps nous avions cru que le grand train que menait celui-ci lui était rendu possible par l’argent de l’indemnité qu’il avait reçue en compensation de sa contamination. S’il est bien vrai qu’il fut indemnisé, c’est à son activité de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; devait d’être si magnifique. J’avais toujours trouvé que la foule qui fréquentait la maison que ma mère lui louait était anormalement nombreuse et systématiquement de mauvais genre. Je savais bien que tous ces gens se droguaient, mais jamais il ne m’était venu à l’esprit que c’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; qui leur vendait leur drogue (du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;shit&lt;/em&gt; ou de l’‘‘herbe’’ uniquement, car il était un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; qui prétendait avoir des principes (nous a rapporté Julie), c’est à savoir, en l’occurrence, qu’il refusait de vendre de la cocaïne ou d’autres drogues réputées, à tort ou à raison, plus dangereuses…). Il paraît que son cousin (car le cousin s’adonnait au même genre de commerce) fut&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’homme les plus heureux du monde lorsque des paquets entiers de drogue s’échouèrent comme par miracle, il y a quelques années, sur les plages des Landes, à moins que ce ne fût du Pays Basque. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; et lui eurent la peur de leur vie lorsqu’une de leurs connaissances communes, qui était dans la même branche qu’eux, fut arrêtée par la police à cause de son trafic. Ils cessèrent alors &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;de fréquenter&lt;/span&gt; personne pendant un assez long temps. Je ne sais où ils en sont aujourd’hui de leurs activités. (Inutile d’écrire que je réprouve non seulement le commerce de la drogue, mais même sa seule consommation. Cela va d’autant plus sans dire qu’ils sont justement le fait de types comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;. Moi qui suis respectueux des lois, je me contente parfaitement des litres de vodka et surtout de vin que le bel Ascagne veut bien me servir dans son bar, et en toute légalité, lui, au moins. J’ai d’ailleurs passé la fin de la soirée d’hier avec lui, n’ayant pas trouvé l’insatiable &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; à son domicile, où j’avais espéré le rejoindre après le dîner. (Sans doute était-il encore à la rocade, même s’il pleuvait, je m’en avise à présent…)&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il n’y avait pas foule chez Ascagne, et je l’avais donc à peu près pour moi seul, car Osman, qui a fait une apparition vers minuit, n’est pas resté bien longtemps. (Il m’a confié qu’il n’avait plus lu mon journal depuis le mois de juillet et que c’était donc pour plaisanter qu’il avait jusqu’alors prétendu continuer à le faire. En revanche, il avait récemment &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatté&lt;/em&gt; avec le terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui lui aurait dit qu’il me détestait, à cause de ce que j’avais écrit sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; et lui dans ce blogue. J’ai eu l’occasion de revoir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, il y a quelque temps, et je dois dire que je ne m’étais pas alors avisé de la détestation que je lui inspire désormais. Il est vrai que j’étais probablement soûl, ce soir-là, et que mon état ne me permettait donc pas d’interpréter avec beaucoup de bonheur les signes qui pouvaient m’être envoyés par les uns et les autres, moi qui le fais déjà si mal quand je suis sobre. Ascagne, qui a toujours une oreille qui traîne, comme tous les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;barmen&lt;/em&gt;, sais donc probablement désormais que je tiens un blogue sur Internet. (Voulait-il me faire comprendre qu’il n’aimerait pas savoir que je parle de lui dans ce journal quand il m’a dit qu’il n’aimait pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour ce que c’était à ses yeux un site où la vie privée était constamment violée&amp;nbsp;?) &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Eryximaque&lt;/span&gt;, une autre des connaissances que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; voudrait me refourguer, a lui aussi entendu parler de ce journal. Quand je lui ai proposé de venir dîner un soir chez moi, il m’a répondu, un peu cavalièrement, tout de même, qu’il ne voulait pas figurer dans mon tableau de chasse ni que d’autres l’apprennent dans ce blogue. J’avais cru que c’était lui qui me tournait autour. J’avais apparemment encore fort mal interprété les signes. Pourquoi donc m’avait-il invité à dîner chez lui, l’autre jour, avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il demandé mon numéro de téléphone&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il écrit tous ces SMS&amp;nbsp;? Mystère&amp;nbsp;! Passons.) J’étais heureux d’entendre mon barman préféré me raconter un peu sa vie. J’avais l’impression d’avoir de l’importance pour lui, d’être son confident. Nous restions de longs instants à nous regarder dans les yeux, qu’il a très beaux, et j’essayais de relever de quel côté il finissait par détourner le regard, pour savoir s’il se pouvait qu’il fût attiré par moi, comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cyrnos&lt;/span&gt;, un ami de ma sœur, prétend qu’on peut le deviner. Hélas, je ne me rappelais plus s’il aurait fallu qu’il tournât les yeux vers la gauche ou vers la droite… Et quand j’étais le premier à vouloir les détourner, je ne savais plus trop dans quelle direction le faire, de peur de révéler mes intentions, si jamais Ascagne avait entendu parler lui aussi de la théorie des regards insoutenables. Avec deux autres habitués, je suis encore resté une heure après la fermeture de l’endroit. Ascagne m’a alors demandé où j’habitais, ou plutôt s’il était vrai que j’habitais non loin de chez l’amant du sublime Callias. Comment pouvait-il savoir cela&amp;nbsp;? Sans doute Callias le lui avait-il dit. Cela veut donc dire qu’il arrive aux deux garçons de parler de moi en mon absence. Mais pourquoi le font-ils&amp;nbsp;? Est-ce à dire que l’un des deux au moins est intéressé par moi&amp;nbsp;? Je ne mens vraiment pas lorsque je dis que je suis incapable d’interpréter les signes. D’ailleurs, quelle interprétation faut-il donner à cet autre fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, que j’avais salué plus tôt dans la soirée en l’apercevant à une autre table du restaurant, ait éprouvé le besoin (alors qu’il m’a fait tout récemment comprendre que je ne l’intéressait ni sexuellement, ni sentimentalement) de dire à Ascagne qu’il m’y avait vu à l’heure du dîner&amp;nbsp;? Comme il avait croisé ma sœur dans l’après-midi, Ascagne se vantait de savoir presque tout de la soirée que j’avais passée avant d’arriver dans son bar. «&amp;nbsp;Alors, m’avait-il demandé à peine la porte refermée derrière moi, comment s’est passé l’anniversaire de ta mère&amp;nbsp;? Avez-vous bien dîné dans tel restaurant&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Etaient-ce des paroles anodines ou leur but était-il de me faire entendre qu’Ascagne avait de la curiosité pour moi&amp;nbsp;? Je ne sais.) Je me demande si le bel &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Equalis&lt;/span&gt;, dont l’haleine chargée n’est pas sans évoquer les substances dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; faisait commerce, était un client de celui-ci. Ma sœur m’a dit qu’elle avait bien remarqué, lors de la dernière soirée où nous sommes tombés sur lui, que nous nous étions beaucoup rapprochés l’un de l’autre, lui et moi, tellement qu’elle avait cru que nous finirions la nuit ensemble, ce que je n’avais pas été loin de croire moi-même, d’autant qu’il m’avait fait l’aveu, cette fois, qu’il n’était en effet pas sûr de ne pas aimer également les garçons pour d’autres raisons que purement sexuelles. Mais la rencontre dans je ne sais plus quelle boîte de nuit du sieur Alfred, l’ancien très grand ami auquel il avait volé ma sœur, a fini par le faire fuir. De toute façon, je crois que je n’aurais pas osé coucher avec un ancien amant de celle-ci, encore que j’aie cru comprendre qu’elle m’en avait donné la permission.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 5 novembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 20:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Ce n’était aujourd’hui que ma vingt-neuvième séance chez Tirésias, quand ç’aurait pu être la trente et unième. Mais la séance de jeudi dernier, qui aurait dû être la trentième, avait été annulée, parce qu’ayant manqué notre rendez-vous du huit octobre (pour n’avoir pas eu le temps de dessoûler de la veille), je n’avais pu confirmer le suivant (pris à l’avance) pour le vingt-neuf (si longtemps après, parce que Tirésias devait s’absenter entre temps). J’aurais pu faire en sorte de téléphoner, pour maintenir cette seconde séance ratée, mais ma mauvaise volonté m’en a empêché. J’ai donc passé un peu plus d’un mois sans voir mon analyste. Peut-être avais-je besoin de suspendre momentanément un travail d’analyse auquel je n’arrive pas toujours à m’intéresser. J’ai commencé par parler aujourd’hui de l’étrange rencontre que j’ai faite hier soir chez Tityre. Ce dernier m’avait invité à dîner chez lui pour me présenter un certain Elithios, qu’il avait rencontré quelques jours plus tôt à la rocade, comme on dit ici, c’est-à-dire dans ce baisodrome à ciel ouvert que je suis un des rares, semble-t-il, à ne pas fréquenter, mais dont j’ai sans doute déjà parlé dans ce journal. Ce garçon, prétendait mon hôte, avait une vingtaine d’années, était plein de charme et fort porté sur la chose, et me conviendrait peut-être, même s’il était loin d’avoir inventé la poudre. Osman, qui était également là, et qui connaissait la bête, lui aussi, pour l’avoir pratiquée quelques mois plus tôt, était d’accord avec Tityre sur ce point&amp;nbsp;: Elithios était un garçon franchement limité. En comparaison, me disaient-ils, la simplesse de Camille eût pu passer pour de la vivacité d’esprit&amp;nbsp;: aussi le risque pour moi était-il assez grand de m’éprendre du garçon, ajoutèrent-ils perfidement, quoique assez justement. Elithios arriva donc vers onze heures, après son travail (il est plongeur dans un restaurant). J’ai assez vite compris qu’il était encore plus bête que tout ce qu’on m’avait dit&amp;nbsp;: la déficience mentale d’Elithios est caractérisée. Par exemple, il a le plus grand mal à se situer dans le temps. Il a d’abord en effet prétendu, quand je lui ai posé la question, ne travailler que deux heures par jours. Mais quand je lui ai demandé de me dire à quelle heure il commençait et terminait son travail, j’ai compris qu’il y passait beaucoup plus de temps qu’il m’avait dit. Seulement, comme il a une pause de plusieurs heures, tous les jours, chaque mi-temps de son travail représente, dans son esprit de simplet, ce qu’il appelle une heure. Il ne sait pas non plus à quelle époque il a commencé à travailler. C’était il y a longtemps, voilà tout. Mais qu’est-ce que longtemps, pour lui&amp;nbsp;? Des mois, des années&amp;nbsp;? Elithios est incapable de dire quel est le montant de son salaire. Ce n’est pas lui qui s’occupe de ça, comme il dit, mais son frère, dont il est sous la tutelle. Le plus frappant est qu’il rit pour des choses qui ne devraient faire rire personne, si ce n’est des adolescents de quatorze ans à peine, et encore&amp;nbsp;: même des enfants de treize ans n’en riraient peut-être déjà plus&amp;nbsp;! L’extrême candeur d’Elithios, qui illumine littéralement son visage, le fait paraître beaucoup plus jeune qu’il n’est. Mais il a les mêmes rides que moi au coin des yeux, plus prononcées encore, sans doute parce qu’il a déjà beaucoup plus travaillé que moi dans la vie, et beaucoup plus baisé également, puisqu’il passe habituellement toutes ses soirées à la fameuse rocade, où il fait toutes ses rencontres, parce qu’il refuse de s’abonner à Internet et qu’il n’a pas de téléphone (à moins que ce ne soit son tuteur qui lui ait mis dans la tête qu’il n’en avait pas besoin). En réalité, il a mon âge. Il n’est né qu’un mois après moi, en décembre 1975&amp;nbsp;! A la fin de la semaine, il quitte toujours Mont-de-Marsan, pour passer le week-end chez ses parents. Je me suis finalement levé pour rentrer chez moi quand, me voyant faire, Elithios s’est écrié&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu t’en vas&amp;nbsp;? – Oui, je dois me lever tôt demain, j’ai la séance chez mon psy à midi&amp;nbsp;! Pourquoi, tu voulais que je reste encore un peu&amp;nbsp;? – Bah oui&amp;nbsp;! – Oh&amp;nbsp;! Comme il est mignon, il veut que je reste encore avec lui. Mais regarde donc Tityre, c’est son heure, il est en train de piquer du nez, il faut qu’on le laisse dormir. – On n’a qu’à aller chez moi…&amp;nbsp;» Car tout débile léger qu’il soit, Elithios a son propre appartement (dans l’immeuble en face de celui qu’habitait Nicandre naguère encore, qu’il a d’ailleurs beaucoup observé depuis son balcon, assez pour savoir qu’il fréquentait assidûment un petit noir qui n’était autre, sans doute, que mon Phédon, de sinistre mémoire et qui semble avoir définitivement quitté la ville), il conduit un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;scooter&lt;/em&gt; et a littéralement le feu au cul, mais d’une façon tout à fait gracieuse, et comme allant de soi, sans doute du fait de sa stupidité. Avec lui, on est bien loin de l’obscénité calculée d’un Phédon, dont la perpétuelle ondulation, sur la piste de danse, semblait le retentissement, dans tout le corps, d’un péristaltisme de son cul, mais d’un péristaltisme inverse, servant non pas à expulser, mais à aspirer des bites, dont il n’est probablement jamais repu. Quand Elithios dit tout de même des obscénités, pour inviter à le sucer ou à l’enculer, c’est d’une façon qui sonne si faux que c’en devient tout à fait juste&amp;nbsp;: on dirait un enfant qui répète des obscénités dont il ne comprend pas le sens. Ce qui échappe entièrement à Elithios, c’est la part d’ordure qu’il y a dans les termes qu’il emploie et, l’ignorant, il en reste comme vierge en prononçant ces mots&amp;nbsp;: il n’y a pas le plus petit reliquat de saleté dans l’intonation de sa voix, dans son regard, dans ses gestes, dans les poses pourtant très suggestives qu’il peut prendre pendant l’amour (mais qui ne sont justement pas du tout suggestives&amp;nbsp;: elles sont absolument naturelles). Le peu que j’ai vu de la sexualité d’Elithios (car je n’ai pas voulu trop en voir, pour l’instant) a quelque chose d’immaculé. La raison pour laquelle je n’ai d’abord pas voulu trop en voir a été le sujet de cette séance chez Tirésias. Même s’il est évident qu’Elithios est très demandeur, sexuellement, comment puis-je être sûr de ne pas abuser de lui, puisqu’il est intellectuellement si limité, puisqu’il est presque un enfant&amp;nbsp;? N’est-il pas anormal que je me sois senti si bien avec lui&amp;nbsp;? Pour une fois, je n’étais plus en représentation, contrairement à mon habitude, qui est de toujours veiller à bien jouer mon rôle, même et surtout au moment d’avoir des relations sexuelles. Je croyais que la prise de conscience libérait&amp;nbsp;? Comment se fait-il donc, dans ce cas, que je continue d’être attiré par les garçons plus jeunes ou plus bêtes que moi, ou de faible constitution physique ou intellectuelle (en un mot&amp;nbsp;: par des garçons qui me sont inférieurs), puisque j’ai découvert, au cours de cette analyse, la plupart des raisons de cette attirance, c’est à savoir, en l’occurrence, le fait que je me sente moins en danger avec eux (ce qui n’est que partiellement vrai, car dans le même temps, je puis me sentir très en danger avec de tels garçons, avec Callias, par exemple). Tirésias m’a répondu que le but de l’analyse n’était pas de ne plus se trouver bien avec les personnes auprès desquelles on se trouve bien, mais de cesser de se trouver mal avec les personnes auprès desquelles on se trouve mal… «&amp;nbsp;Ce qui est très important, dans ce que vous venez de dire, c’est qu’on peut retourner votre inquiétude&amp;nbsp;: vous craignez de jouir abusivement d’autrui parce que votre plus grande crainte est d’être abusé par autrui. C’est une très bonne chose que vous ayez ainsi le souci de votre prochain.&amp;nbsp;» Le garçon qui me fait sentir plus particulièrement en danger, ces temps-ci, comme j’ai dit à l’instant, c’est Callias. Je ne sais pas interpréter les signes qu’il peut donner de son attirance pour moi ou, contraire, de son indifférence. Ou plutôt, j’ai tendance à sur-interpréter tout ce qui se produit comme d’éventuels signes de quelque chose que je ne comprends pas. Mon long retrait du monde a fait que je ne possède pas le code qui me permettrait de déchiffrer les garçons (puisque les garçons sont des livres&amp;nbsp;!). Vendredi soir, par exemple, après la fête chez Iolaos, dans la rue, pourquoi Callias, s’adressant à Osman et moi, a-t-il dit plaisamment que j’étais gros et qu’Osman était tout mince, alors que c’est évidemment le contraire&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais non, voyons&amp;nbsp;! Tout le monde sait que c’est Osman le petit gros de la bande&amp;nbsp;! – Mais non, Osman est trop maigre, il ne pourrait pas me porter dans ses bras jusque chez moi, il n’est pas assez fort. Toi tu pourrais&amp;nbsp;! – Te porter jusque chez toi&amp;nbsp;? Mais non, c’est trop loin&amp;nbsp;! – Quoi&amp;nbsp;? Tu veux dire que tu me trouves trop gros&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Callias voulait-il dire quelque chose de précis, peut-être sans le savoir lui-même, en faisant une telle allusion à nos corps, ou si c’est moi qui en ai le fantasme&amp;nbsp;? Nous n’avons finalement pas suivi les autres invités de Iolaos, Callias et moi, et plutôt que d’aller avec eux au bar d’Ascagne, où devait se poursuivre la soirée, nous avons préféré rentrer chacun chez soi, c’est-à-dire, pour lui, dans l’appartement de son amant, chez qui je l’ai donc raccompagné. Nous avons fait le chemin à pied. Quand nous fûmes arrivés presque à destination, Callias a fait cette remarque que son amant ne serait peut-être pas chez lui, sorti qu’il était de son côté. Puis, une fois que nous fûmes parvenus au pied de l’immeuble, il m’a demandé de lui expliquer de nouveau où j’habitais, ce que je lui avais déjà dit un peu plus tôt dans la soirée. Ce n’est qu’après l’avoir salué que je me suis dit qu’il m’avait peut-être tendu des perches pour que je l’invitasse à venir chez moi, ce que m’a sœur, à qui j’ai rapporté cet épisode le lendemain, m’a dit être en effet vraisemblable. Mais comment y penser, sur le moment, et, surtout, comment en être sûr&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Mais ce n’est pas si grave, si tu te trompes&amp;nbsp;», dit Julie. Le problème est pourtant bien là&amp;nbsp;: la pensée du plus petit échec dans ces situations prend chez moi une ampleur inouïe. Tout ce passe précisément comme si c’était une affaire très grave. Je suis incapable de légèreté dans la conduite de mes amourettes. C’est très pénible. Ma paralysie devient peut-être plus grande encore lorsqu’il y a des témoins de mes invisibles tentatives de séduction. Le plus terrible est que, même si nous nous trouvons seuls, le garçon que je désire est encore un témoin de la scène qui, de ce fait, ne peut avoir lieu. Même si le garçon était tout à fait bienveillant, mon malheur est si grand qu’il y aurait encore un témoin dont le regard me figerait&amp;nbsp;: c’est moi&amp;nbsp;! Si le regard d’autrui m’est si pénible, c’est parce que je le ressens comme malveillant (moqueur ou convoitant de me dépouiller de ce que je convoite moi-même). «&amp;nbsp;Encore une fois, me dit Tirésias, vous avez peur d’être abusé ou dépouillé, comme vous avez dit, par un autre méchant. Pour vous, l’autre est presque toujours méchant.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 28 octobre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 29 Oct 2009 01:40:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; «&amp;nbsp;Valérie, Olivier. Vois ces deux initiales&amp;nbsp;: / L’une à l’autre accouplée, et voici qu’apparaît, / Ainsi qu’au cinéma sur un drap le reflet, / Le nom de mon amour&amp;nbsp;: Version Originale.&amp;nbsp;» Je ne sais pourquoi, tout à l’heure, en écoutant&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.deezer.com/fr/music/yann-tiersen/le-phare-304472?song=3171583&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;ce morceau&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;d’un chanteur que m’avait fait découvrir la Valérie de ce piètre quatrain, dont j’étais chastement épris, à l’époque, je ne pouvais m’empêcher de penser à Callias. (Il est vrai que je pense un peu trop souvent à lui ces temps-ci.) Puis je me suis souvenu que le nom patronymique de Valérie, qui m’était sorti de l’esprit, était le même que celui de Callias. Même si c’était en toute chasteté, j’avais été sincèrement amoureux de Valérie. Je ne cessais d’imaginer de nouvelles façons de lui rendre hommage, sans jamais craindre le ridicule, comme un enfant. J’avais même réussi à faire croire à tout le monde, un jour, que j’avais cueilli une rose blanche de derrière son oreille. Aujourd’hui encore, je me demande comment j’avais réussi ce tour, auquel tous les témoins s’étaient laissé prendre. J’aimais Valérie comme on aime une vierge, comme Hippolyte, peut-être, aima la sauvage Artémis. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Vierge&lt;/em&gt; est d’ailleurs l’épithète que je lui avais donnée dans la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090403004933/&quot;&gt;Ballade de mes petites amoureuses&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. (Beauté virginale de Callias&amp;nbsp;? Qu’il m’intimide tellement parce qu’il est une Artémis, comme Valérie, comme Sandrine F***&amp;nbsp;? Il porte à son cou la menace du sort qui fut fait à Actéon&amp;nbsp;: les suçons que lui fait son amant, qui sont pour moi des morsures. Callias m’a dit &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/26/dimanche-25-octobre-2009.html&quot;&gt;l’autre soir&lt;/a&gt; (j’avais oublié de le noter dans ce journal), sur le ton de la plaisanterie (mais il l’a dit tout de même…), que si je continuais à lui tourner ainsi autour (ce qu’il avait donc bien remarqué), il le rapporterait à son amant, qui viendrait me ‘‘casser la gueule’’. Se peut-il qu’il y ait un lien de parenté entre Callias et Valérie&amp;nbsp;? J’ai dit que Callias était le frère d’une célébrité locale, au sujet de laquelle j’ai encore lu, tout récemment, un article dans le journal. Peu après avoir relevé ce lien de parenté dans mon blogue, je me suis aperçu que le nom dudit frère avait disparu du ‘‘mur’’ de Callias, sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;, dont l’une des indispensables fonctionnalités est justement de pouvoir dire de qui&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’on est le frère ou la sœur. Je me suis demandé si ce dernier avait fait exprès de l’effacer. Etait-ce son frère qui lui avait demandé de le faire disparaître, parce qu’il ne voulait pas être associé à quelqu’un d’efféminé&amp;nbsp;? Cette disparition était-elle seulement liée aux récents changements opérés sur le site &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt; et qui n’ont pas été sans occasionner quelques &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;bugs&amp;nbsp;&lt;/em&gt;? Je suis même allé jusqu’à imaginer que Callias avait lu mon journal, et que la gêne qu’il avait peut-être éprouvée en trouvant le nom de son frère dans ma prose l’avait poussé à le retirer de son ‘‘mur’’, pour effacer les traces. C’est dire si je suis déjà gravement atteint… Il n’est pas normal que je pense tellement à lui, que je me pose autant de questions, que sa pensée me fasse faire autant d’associations d’idées. D’ailleurs, ce ne sont pas des associations, ce sont des fantasmes. A l’heure où j’écris ces lignes, le nom du frère est miraculeusement réapparu sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;. Lorsque Callias m’avait dit qu’il était le frère de quelqu’un d’assez connu dans le monde de la tauromachie (qui est ici, avec celui du rugby, presque &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;tout&lt;/em&gt; le monde), ç’avait été sur un ton particulier, légèrement méprisant, comme s’il y avait de réelles tensions entre les deux garçons, comme s’ils n’approuvaient pas leurs modes de vie respectifs. D’ailleurs, toujours sur &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;, Callias écrit qu’il aime toutes les ‘‘musiques’’, «&amp;nbsp;sauf le métal (qu’est-ce donc&amp;nbsp;?) et les musiques de férias&amp;nbsp;». (A chaque fois qu’un garçon qui veut apprendre à me connaître davantage me demande quel est le genre de musique que j’aime, je ne puis m’empêcher de penser que je suis foutu, que je n’ai aucune chance, qu’il ne pourra rien y avoir de sérieux entre nous. Je ne sais jamais quoi répondre à sa question, non seulement parce que je ne suis pas assez versé dans la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;petite&lt;/em&gt; musique pour en connaître tous les genres, mais surtout parce que la néfaste lecture de Renaud Camus m’a fait prendre le parti, pourtant intenable dans le milieu complètement décervelé qui est le mien, de dire, par bravade, la musique tout court où le garçon qui m’interroge dirait comiquement la &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;grande&lt;/em&gt; musique ou la musique &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;classique&lt;/em&gt;. «&amp;nbsp;Et toi alors, me demande le joli garçon, quelle musique aimes-tu&amp;nbsp;? – Comment ça, quelle musique j’aime&amp;nbsp;? J’aime la musique, voilà tout&amp;nbsp;! – Oui, mais quelle musique&amp;nbsp;? – Eh bien la musique&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» J’ai généralement l’air d’un fou, dans ces moments-là, ou de quelqu’un qui se moque. D’ailleurs je ne suis pas bien sûr, rinaldo-camusiennement parlant, que ce soit tout à fait la musique que j’aime. J’aime surtout cette partie de la musique ancienne, de la Renaissance et du Moyen Age, qui est essentiellement de la chanson. Evidemment, mes termes sont fort imprécis&amp;nbsp;: ce sont ceux d’un inculte, car je ne suis guère plus savant en grande qu’en petite musique. N’est-ce pas sous la plume de Camus (mais je n’en jurerais pas, d’autant qu’il citait peut-être quelqu’un d’autre) que j’ai lu cette phrase que je cite à mon tour de mémoire, et sans doute fort imparfaitement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La musique baroque, n’est-ce pas la musique qu’aiment ceux qui n’aiment pas la musique&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Alors la musique de la Renaissance ou du Moyen Age…) Callias ne porte pas le même nom patronymique que ses frères, qui ne sont que des demi-frères. Il est le fils d’un autre père. Cela, plus le fait qu’il ne s’entende (peut-être) pas avec son frère célèbre, me fait croire (je dis bien croire, car je ne fais que supposer tout ce que j’écris, et encore, supposer est trop dire, je fantasme, voilà tout) qu’il est possible que Callias ait manqué d’un frère, ce qui me semble avoir été toujours aussi mon cas. L’attirance que j’ai pour Callias n’est pas tellement sexuelle&amp;nbsp;: mais je me verrais bien devenir son ‘‘grand’’ frère, comme il ne faudrait pas dire dans un texte où Renaud Camus vient d’être évoqué. Cela dit, si Callias avait été mon frère, je ne sais pas si je l’aurais aimé comme un frère. Sans doute l’aurais-je aimé comme j’aime les garçons, l’inceste étant, dans mon ‘‘système’’, la quintessence de l’homosexualité. Mais peut-être aurait-il été le seul garçon que j’aurais aimé comme j’aime aujourd’hui les garçons. Parce que j’aurais trouvé en lui ce que je ne trouverai jamais entièrement auprès des autres garçons, c’est à savoir un frère, j’aurais pu, outre lui, me consacrer à l’amour des filles. J’ai appris qu’il se préparait au Brésil &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=3DVa2DKSnU0&amp;amp;feature=player_embedded&quot;&gt;un film&lt;/a&gt; consacré à deux frères qui s’aiment plus qu’ils ne devraient, ou d’une façon qui n’est pas permise, bref, qui ont l’un pour l’autre, autant le dire, un amour incestueux. Je suis très curieux de voir ce film, s’il est un jour projeté sur les écrans. (Inutile de dire à mes délateurs et aux procureurs et policiers qui, les ayant écoutés, viendraient surveiller ce blogue, que je réprouve et condamne l’inceste avec autant de force que la prostitution&amp;nbsp;! Et, s’il a pu m’arriver de donner l’impression, dans ces pages, d’être tenté par l’un et l’autre, ou même d’avoir cédé à la tentation, je tiens à l’écrire de nouveau&amp;nbsp;: je ne dirai jamais assez combien je me désapprouve et condamne, oh là là, non, jamais assez&amp;nbsp;!) Le désordre du texte de ce jour sera sans doute la matière de ma séance demain chez Tirésias. Beaucoup d’éléments relatifs à Callias font remonter en moi de ces choses enfouies dont parle Tirésias, comme ç’avait déjà été le cas avec Camille, qu’il y aura tout juste un an, le deux novembre, qui m’a quitté. Camille, roux comme Sandrine F***&amp;nbsp;; Callias, ‘‘vierge’’ comme Valérie. Callias me sera-t-il un second Camille&amp;nbsp;? Comme je le souhaiterais&amp;nbsp;! Pourvu que non&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 21 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/22/mercredi-21-octobre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Phidippide</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 03:24:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J’ai dîné hier soir chez Tityre. Je lui avais dit que je voulais lui reparler de Phidippide. Mon intention était de le prévenir contre lui. Je lui ai donc rapporté les choses épouvantables, vraies ou fausses, que ce dernier m’avait dites à son sujet. Il avait prétendu avoir entendu parler de Tityre bien avant que je le lui eusse présenté&amp;nbsp;: il prétendait avoir lu plusieurs fois son nom dans les procès verbaux d’affaires qu’il avait eues à traiter. «&amp;nbsp;J’ignore si ce qu’il m’a dit est vrai. Je me doute bien, Tityre, que tu vas me dire que c’est faux. Peu m’importe. Mais sache que, si ces faits sont vrais, Phidippide n’a pas hésité un seul instant à me les rapporter, alors qu’ils ne me regardaient en rien. Il voulait me faire avoir une mauvaise opinion de toi. Si, au contraire, ces faits sont faux, Phidippide, qui les aura donc inventés, n’en est que plus méprisable encore. Voilà quel est le genre d’individu avec qui tu ne veux pas te brouiller. Je ne comprends vraiment pas que tu veuilles rester son ami.&amp;nbsp;» Ce qui n’est vrai qu’en partie. Sans doute, en effet, puis-je le comprendre, puisque je suis moi-même resté l’ami d’Ascylte, que j’ai toujours méprisé. Celui-ci m’a d’ailleurs récemment présenté des excuses. Il voulait se réconcilier avec moi. Il a prétendu regretter de&amp;nbsp;m’avoir volé Camille. Je ne crois pas un instant en la sincérité de ses excuses. C’est parce qu’il se croyait atteint d’un cancer qu’il voulait se faire pardonner. La pensée de sa mort prochaine lui donnait mauvaise conscience. Il m’a dit depuis qu’il n’avait pas de cancer. Il n’en reste pas moins vrai que sa santé est très mauvaise et que les médecins ne savent pas vraiment ce dont il est atteint. A l’annonce de ce cancer qui n’en est finalement pas un, j’avais cru que la Providence avait voulu me rendre justice. A présent, je me dis que si la santé d’Ascylte est si mauvaise, c’est à cause de sa conscience, qui est pire encore. Il semblerait que c’est en pensant à Ascylte que Joseph de Maistre a écrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le mal a tout souillé, &lt;em&gt;et l’homme entier n’est qu’une maladie&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». J’ignore si mon entreprise auprès de Tityre a porté ses fruits. Mais lorsque je lui ai demandé si je pouvais noter dans ce journal la nature des faits que Phidippide s’était permis de me faire savoir ou, pire encore, de me faire croire, Tityre m’a demandé d’être le plus vague possible, ce qui tendrait à prouver qu’il pense que Phidippide est allé trop loin, puisqu’il ne veut pas que j’en dise autant. Je me demande si je n’ai pas mal agi en dénonçant ainsi Phidippide à celui qui voudrait rester son ami. Après tout, Phidippide est un homme lui aussi. Il lui faut bien vivre, avec ses propres maladies, sa bipolarité, sa mythomanie, son aphrodisie&amp;nbsp;! J’essaie de me dire que c’est pour le bien de Tityre que j’ai agi ainsi. Mais si vraiment c’était son bien qui me tenait à cœur, c’est bien plus tôt que j’aurais dû le prévenir contre Phidippide, et non pas seulement hier. J’ai doublement mal agi&amp;nbsp;: d’avoir tout dit à Tityre et de l’avoir dit si tard.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 8 octobre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/10/09/jeudi-8-octobre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Fri, 09 Oct 2009 02:46:12 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; En dînant avec Alfred, mardi soir, chez ma sœur (car il est de nouveau possible à Julie de le fréquenter depuis qu’elle a quitté le grand con, qui était tellement jaloux&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/13/samedi-12-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’il avait voulu, découvrant qu’elle lui avait téléphoné, ‘‘casser les genoux’’, selon ses propres termes, à ce pauvre Alfred&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;), j’en ai appris une autre bien bonne sur ledit grand con. Alfred connaît à peu près tout le monde à Mont-de-Marsan, et pas seulement à Mont-de-Marsan, d’ailleurs&amp;nbsp;: ne s’est-il pas vanté, au cours du repas, d’avoir été longtemps l’amant de la fille d’un député du cru (l’autre grand amour de sa vie, paraît-il, avec ma sœur, que tout le monde semble d’ailleurs aimer, en ce moment, tant elle a de prétendants, dont le meilleur ami d’Osman, depuis peu, qui est fort beau…), ce qui lui donna l’occasion de rencontrer parfois tel ancien premier ministre ou tel président de conseil général dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; aime à dire qu’il le connaît assez bien lui aussi, depuis l’époque où il militait dans un certain parti politique. (Quelle déception, d’ailleurs, que ce &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! Je lui avais beaucoup confié les reproches que je faisais souvent à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, par exemple, d’avoir couché avec Camille, alors qu’il m’en savait épris. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; avait prétendu être aussi atterré que moi par la fausseté de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, qui s’était longtemps comporté avec moi comme si de rien n’était, tentant de me cacher cette bassesse même après que je l’avais apprise, bien plus tard, de la bouche de Camille. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; était différent, lui, c’est du moins ce qu’il m’assurait, et c’est pourquoi il avait également été scandalisé, sans en être surpris du tout, de la fausseté des déclarations d’amitié du terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui venait tout juste, sans même attendre que mon odeur ait quitté la peau du beau &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;, que j’avais un peu vite chassé hors de mon lit, de le prendre pour laisser à son tour sur lui sa salive, à côté de la mienne encore humide&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! Ce n’est pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; qui se serait si mal comporté avec moi, lui qui m’était un véritable ami, me jurait-il, contrairement à ces &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et ces &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui ne sont que des vieillards ou des lubriques&amp;nbsp;! Je suis tombé de bien haut quand &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, sur lequel il était notoire que j’avais des vues, m’a confié que la veille d’une coucherie que j’avais eue avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, c’était avec lui que ce dernier avait couché, lui faisant promettre de ne rien me dire, ce qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt;, en véritable ami, lui, s’était empressé de me rapporter, le plus naturellement du monde et pour notre plus grand rire, puisque nous nous étions aperçus que n’ayant pas pu tout faire avec l’un, qui n’avait été que passif avec lui ce soir-là, c’était par l’autre que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; s’était fait enculer&amp;nbsp;: le lendemain&amp;nbsp;! Moi qui avais cru pouvoir faire de lui un nouveau meilleur ami, maintenant que don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; n’est plus aussi près de moi que je le voudrais, je m’aperçois qu’il était en réalité le pire de tous&amp;nbsp;! C’est le plus faux, le plus immoral et surtout le moins excusable, parce qu’il se pique d’avoir un certain vernis de culture, grâce auquel il devrait donc être le mieux armé de mes amis pour se conduire le moins mal. Ce qui me fâche le plus n’est pas tant le fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; ait couché avec un garçon sur lequel il savait que j’avais des vues que le secret qu’il a voulu m’en faire, alors que je lui avais dit d’abord combien j’avais été blessé que des amis ou prétendus tels m’aient délibérément laissé dans l’ignorance où j’étais de leur traitrise. (Ma sœur me demande comment il se fait que je ne cherche pas davantage à rencontrer l’âme sœur. C’est à cause de mes amis&amp;nbsp;! J’en suis à me demander s’il me faudra leur cacher ma prochaine conquête, pour être sûr de ne pas en être aussitôt dépouillé&amp;nbsp;!) Je ne sais si c’est parce que j’ai le sentiment que le fruit que je convoitais a été gâté par l’avidité de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, comme j’ai dit un soir à ce dernier, mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; n’a plus sur moi l’attrait des premiers jours. Au contraire, j’ai désormais le plus grand mal à en supporter seulement la présence. Ma sœur m’a dit qu’elle avait été interloquée par mon comportement avec lui lors d’un dîner que donnait chez lui &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, samedi dernier, durant lequel je me serais montré un peu dur… J’aurais dit à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; que je trouvais qu’il était une ‘‘agression permanente’’ et, comme il se demandait s’il resterait en France après avoir terminé sa formation d’élagueur (car il a de l’ambition et ne veut pas rester dans sa condition de bûcheron&amp;nbsp;!), je lui aurais conseillé de retourner dans son pays, tant me paraissait évidente son inadaptation au nôtre. «&amp;nbsp;Mais le problème, a-t-il répondu, c’est qu’il n’y a pas d’arbres à élaguer là-bas&amp;nbsp;», ce qui, je crois, n’est pas vrai. Plus tard dans la soirée, mais chez Osman, cette fois, où nous étions allés continuer à boire, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; m’a mis tellement hors de moi, que j’ai préféré partir avant d’imploser où de me jeter par la fenêtre. Mon humeur s’était déjà passablement dégradée depuis que le sublime Callias, qui nous avait rejoints avec un sien ami chez Osman, était reparti sans me dire au revoir, une fois de plus, alors qu’il l’avait fait même à ma sœur, qu’il avait pourtant rencontrée pour la première fois ce soir-là. Cette contrariété et les pitreries incessantes d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aribaze&lt;/span&gt; ont fini par m’achever. Mes amis sont habitués à ces départs soudains dont ils ont fait un sujet de plaisanterie&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Arrêtez, disent-ils souvent, sinon Olivier va s’en aller&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Attention&amp;nbsp;! Taisez-vous, ou Olivier va partir&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»… (Telle pourrait être ma définition&amp;nbsp;: Olivier, celui qui s’en va… &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Aphanisme&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; est le sous-titre de ce blogue.) J’aurais d’ailleurs mieux fait de rester, parce que le bel Ascagne, peu après avoir fermé son bar, a rejoint la compagnie que je venais de quitter pour passer avec elle le reste de la nuit. Tout le monde, sauf peut-être &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, a finalement couché chez Osman, dont Ascagne, donc, qui est beau comme… comme… comme un barman, et près de qui j’aurais peut-être pu dormir, moi aussi, quoique sans doute assez inconfortablement, puisqu’il m’a rapporté hier soir qu’il avait tout de même vomi trois fois cette courte nuit-là. Je crois savoir que c’est au cours de cette soirée que ma sœur est devenue l’amante du meilleur ami d’Osman.) Alfred donc, qui connaît tout le monde, nous disait qu’il avait entendu dire à un agent immobilier que le grand con, environ deux semaines avant d’être quitté, avait cherché à savoir si les propriétaires ne voulaient pas vendre l’appartement que venait de quitter son frère et qui se trouve à côté de celui de ma sœur. (C’est d’ailleurs à cause de ce voisinage que tout a commencé pour cette dernière. Le grand con l’avait aperçue depuis le balcon de l’appartement de son frère. Il avait vite appris qu’elle était propriétaire du sien, ce qui signifiait dans son cervelet &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;gigolétique&lt;/span&gt; qu’elle était solvable, et c’est ainsi qu’il lui a mis le grappin dessus, entrant du jour au lendemain dans sa vie et réussissant vite, grâce à quelques bouquets de fleurs et coups de bite bien envoyés, à se faire entretenir par elle pendant deux ans.) Si le grand con s’était informé de l’intention des propriétaires de l’appartement qu’avait occupé son frère, c’était parce que ma sœur, a-t-il prétendu, envisageait de le racheter, pour agrandir le sien&amp;nbsp;! Que tramait-il encore&amp;nbsp;? Telle était sa façon de procéder&amp;nbsp;: il semait le trouble dans les esprits, en prêchant souvent le faux, pour s’assurer de nouveaux appuis. Il est ainsi plus que probable qu’il a imaginé que Pharnace, ce patron de bar qui m’est tellement antipathique,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/30/lundi-29-juin-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;lui avait dit que je faisais &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;la pute à Toulouse&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. C’était simplement pour me faire croire que je pouvais compter sur lui, ce grand con qui n’hésitait pas à me rapporter ce qui se disait de pire sur moi. On est toujours tenté de croire davantage ce dont on est le plus blessé. Ce faisant, il se rendait indispensable, car je fais partie de ces personnes qui ne peuvent s’empêcher de chercher à savoir ce qu’on pense d’elles… De même a-t-il très probablement inventé que des gens qui savaient ma sœur séropositive changeaient de trottoir lorsqu’ils la croisaient dans la rue. Une telle révélation, contribuant à ébranler l’une, consolidait d’autant le soutien que voulait lui être l’autre&amp;nbsp;: non seulement il ne changeait pas de trottoir, lui, mais encore dormait-il tout contre elle&amp;nbsp;! Prétendre que Julie était assez prospère pour vouloir agrandir son appartement, c’était faire croire au monde que lui-même ne manquait pas d’argent, et qu’on pouvait donc lui faire confiance en affaires, qu’il menait pourtant de façon désastreuse. Tous autant que nous sommes, nous avons été pigeonnés par ce remarquable imposteur et néanmoins minuscule escroc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Dimanche 20 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/21/dimanche-20-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma mère</category>
<category>Mon père</category>
<category>Osman</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 00:22:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Et si c’était parce que je suis dans mon âge du Christ que tout cela s’était passé, que tout cela se passait maintenant, c’est-à-dire depuis que Camille m’a quitté, le&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/04/lundi-3-novembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;2 novembre 2008&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, date anniversaire de ma naissance, jour des morts, où je suis donc entré en cet âge symbolique, l’âge de mourir et de renaître&amp;nbsp;? J’assistais hier au concert d’orgue qui était donné en l’église de Saint-Pierre-du-Mont. Comme c’étaient ce week-end les journées du patrimoine, des tableaux étaient exposés dans ladite église. L’un de ces tableaux, qui fait en réalité partie de la collection permanente, était intitulé &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Noli me tangere&lt;/em&gt;. J’ai reçu comme une gifle ce titre prononcé par le curé qui commentait les œuvres. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Noli me tangere&lt;/em&gt;, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;nondum&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;enim&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;ascendi&lt;/span&gt; ad &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Patrem&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;meum&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. Tirésias m’avait dit que j’avais manqué d’un père pour me détacher de ma mère. C’est peut-être parce que j’ai atteint cet âge où l’on meurt et renaît que le contact physique avec ma mère, qui m’est pénible depuis si longtemps, m’est devenu cette année à ce point insupportable. Il me semble avoir remarqué, lors de sa récente visite, que mes sentiments pour mon père s’étaient beaucoup apaisés. J’ai infiniment moins de dégoût pour lui que naguère encore, comme si l’‘‘ascension’’ vers mon père était l’autre condition de ma renaissance (la première étant la séparation d’avec ma mère). C’est encore parce que je viens probablement d’atteindre la moitié de ma vie. Je suis retourné cet après-midi dans la même église, accompagné cette fois d’Osman, pour assister à la lecture du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Chemin de Croix&lt;/em&gt; de Claudel, sur lequel Pierre &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Pincemaille&lt;/span&gt; improvisait à l’orgue. Il m’a semblé que presque tout le texte de la septième station parlait très précisément de moi&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Ce n’est pas la pierre sous le pied, ni le licou tiré trop fort, c’est l’âme qui fait défaut tout à coup. Ô milieu de notre vie&amp;nbsp;! Ô chute que l’on fait spontanément&amp;nbsp;! Quand l’aimant n’a plus de pôle et la foi plus de firmament, parce que la route est longue et parce que le terme est loin, parce que l’on est tout seul et que la consolation n’est point&amp;nbsp;! Longueur du temps&amp;nbsp;! Dégoût en secret qui s’accroît de l’injonction inflexible et de ce compagnon de bois&amp;nbsp;! C’est pourquoi on étend les deux bras à la fois comme quelqu’un qui nage&amp;nbsp;! Ce n’est plus sur les genoux qu’on tombe, c’est sur le visage. Le corps tombe, il est vrai, et l’âme en même temps a consenti. Sauvez-nous de la seconde chute que l’on fait volontairement par ennui.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» Camille a été ma croix. C’était un garçon d’une grande nervosité. La tension en lui était telle que son corps semblait chaque jour se raidir un peu plus, peut-être à cause de moi, qui ne savais pas y faire avec lui. Il était si passif, au lit, que je n’aurais sans doute pas été surpris de le voir les bras en croix&amp;nbsp;! Camille fut pour moi littéralement «&amp;nbsp;ce compagnon de bois&amp;nbsp;» dont parle Claudel. C’est lorsqu’il s’est échappé, croix tombant de mon épaule, à laquelle il était venu s’appuyer, que j’ai moi-même chuté. Mais tout cela était&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;sans doute la condition de ma lente résurrection.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 10 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/10/jeudi-10-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Aribaze</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
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<category>Tirésias</category>
<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 03:12:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; (Je ne recopie que le 14 septembre 2009 ces notes (prises un peu rapidement), que je publie néanmoins dans ce blogue à la date où je les avais écrites (le jour-même) dans le journal de mon analyse.) Vingt-cinquième séance chez Tirésias. Inconsciemment, j’avais décalé mon rendez-vous d’une heure, auquel je suis donc arrivé très en retard. «&amp;nbsp;Pensez-vous que c’est un acte manqué, ai-je demandé à Tirésias. – Je ne sais pas. Dites-moi ce qui vous fait croire qu’il s’agit peut-être d’un acte manqué. – Depuis quelque temps, je me demande ce que je vais bien pouvoir vous raconter pendant ces séances. – Alors il s’agit bien d’un acte manqué.&amp;nbsp;» Suis sorti hier avec ma sœur et des amies. Avons parlé de sexe. Les femmes sont vraiment très crues quand elles parlent de sexe. Vie sexuelle apparemment très active de ma sœur, contrairement à moi, qui n’ai pas très envie d’aventures depuis Mnasyle. (A cause de mes ‘‘amis’’, qui voudraient tous me voler les garçons sur lesquels j’ai des vues.) J’ai tout de même rencontré Aribaze, à qui je plais et qui me plaît aussi. Mais je remets à plus tard le début d’une éventuelle relation entre nous. (Nous n’avons pas même eu de relation sexuelle.) Aribaze pourrait me convenir parce qu’il a un très fort caractère, grâce auquel il est bien armé pour supporter le mien. Mais il me déplaît de l’avoir rencontré par l’intermédiaire de mes ‘‘amis’’. J’ai peur de me le faire voler. Je ne me sens pas à la hauteur d’une telle compétition. Dans le même temps, je trouve cette compétition indigne de moi. J’aime encore mieux laisser un garçon qui me plaît à ceux qui veulent me le prendre. C’est d’ailleurs ce que j’avais fait avec Camille et Mnasyle, le premier abandonné à ce chien d’Ascylte, le second abandonné à son sort, parce que les gens autour de moi m’avaient trop fait voir le désir qu’ils avaient pour lui. Tirésias&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;‘‘Laisser’’, ‘‘prendre’’…&amp;nbsp;» Grand sourire de ma part&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je me rends compte, en effet, que pour moi, ‘‘aimer’’, c’est posséder.&amp;nbsp;» Et de fait, je ne suis sexuellement qu’actif, jamais passif. «&amp;nbsp;Vous n’arrivez pas à vous faire posséder. – Non&amp;nbsp;: je n’arrive pas à me donner entièrement.&amp;nbsp;» Je ne supporte pas d’être sous quelque emprise que ce soit. L’emprise de ma mère a été absolue sur moi. Aribaze plaît beaucoup à cette dernière. Si Aribaze m’attire, c’est sans doute parce qu’il n’est pas attaché exclusivement à moi. Je sais qu’il a couché avec Phidippide et un garçon que nous avons rencontré à la fameuse plage des Casernes, à Seignosse, dont tous ne cessaient de me parler et que je ne connaissais pas. La saine ‘‘infidélité’’ d’Aribaze me rassure. Qu’il ne soit pas attaché exclusivement à moi me permet de ne pas me sentir trop lié à lui, trop sous son emprise. De même, son désir de retourner en Nouvelle-Calédonie, d’où il est, me fait penser qu’il ne risque pas de s’installer définitivement dans ma vie. Mon père était très infidèle. Ai-je le sentiment que ma mère attend de moi que je sois fidèle à Aribaze (qui lui plaît tellement, comme elle me l’a bien fait comprendre)&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Samedi 8 août 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/08/09/samedi-8-aout-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Camille</category>
<category>Cléomédon</category>
<category>Journal</category>
<category>Mnasyle</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Sun, 09 Aug 2009 01:30:08 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Pardonne-moi, journal, et toi, mon blond lecteur, si j’ai moins donné, ces derniers temps, le spectacle de ma dissolution. A cause de&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/23/mercredi-22-juillet-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’indiscrétion&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;du petit Mnasyle, qui était venu s’y répandre après que je l’avais chassé de chez moi, le fameux soir où, m’avoua-t-il par la suite, dans l’une de nos dernières conversations, il n’avait finalement pas couché avec le terrible Cléomédon,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/25/vendredi-24-juillet-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;contrairement à ce que m’avait fait croire Tityre&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, dont c’est apparemment le jeu favori de m’égarer dans la brume qu’il s’amuse à souffler sur moi, la foule où se dissout ma vie ayant entendu parler de ce blogue, j’aime mieux, le temps de l’en faire oublier, ne plus trop y écrire. Et d’ailleurs, qu’y pourrais-je dire de nouveau&amp;nbsp;? C’est la même histoire qui semble devoir se répéter indéfiniment&amp;nbsp;: sans encore connaître son nom, son visage, son parfum, la couleur de ses yeux, le son de sa voix, je sais déjà que le prochain garçon que j’aimerai, et qui m’aimera, me fera sérieusement m’agiter du bocal avant même d’avoir passé un nycthémère entier près moi. Et s’il ne me fuit pas avant la fin d’un second, c’est, comme je fis avec Camille, comme avec Mnasyle, c’est moi qui le chasserai ou le pousserai dans les griffes de ces hyènes, de ces charognards ou de ces piteux ramasseurs de miettes que sont tous les pédés, mes semblables, que je laisse graviter autour de ma pauvre existence, parce que je voudrais apprendre à voler comme eux, ces vautours.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vendredi 17 juillet 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/18/vendredi-17-juillet-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 04:15:29 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Que je dise à présent avec quel genre d’individu ma sœur partage sa vie. Cyrille n’a pas voulu être du dîner que donnait Julie lundi dernier pour fêter son anniversaire&amp;nbsp;: ne voulant pas voir l’une des invités, avec laquelle il est en froid, il a préféré aller passer la soirée chez l’un de ses frères. Mais comme ce frère s’est couché tôt, le grand C s’est retrouvé seul à attendre dans sa voiture (celle de ma sœur, en réalité, puisque la sienne est en panne) que cette dernière lui téléphone pour lui annoncer le départ de ses hôtes. A minuit, c’est lui qui a téléphoné, parce qu’il n’en pouvait plus d’attendre dans la voiture. Ma sœur l’a envoyé paître&amp;nbsp;: il lui avait déjà gâché&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/13/samedi-12-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le jour où elle avait obtenu son diplôme&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, il n’allait pas non plus lui gâcher ses trente ans&amp;nbsp;! Vers une heure, il est entré dans l’appartement, sans avoir un regard pour personne. Il a seulement pris une cigarette dans le paquet de ma sœur, puis est allé s’enfermer dans la chambre. «&amp;nbsp;Pourvu qu’il n’en ressorte pas avec son fusil&amp;nbsp;», me suis-je dit. Le lendemain, mardi 14 juillet, c’était ma mère qui nous avait invités à dîner, pour fêter cette fois en famille l’anniversaire de ma sœur. Curieusement, il ne fut question à aucun moment du cadeau que lui avait fait Cyrille. Ayant revu Julie hier après-midi, je lui ai donc demandé ce que celui-ci lui avait offert. «&amp;nbsp;Il doit m’offrir un CD, quand il aura de l’argent. Et autrement, il m’a offert il y a quelques jours une moto qui ne roule pas. Il devait la réparer, mais elle est toujours en panne. De toute façon, je lui ai demandé de la revendre, parce que je n’ai pas envie de payer ni le casque ni l’assurance.&amp;nbsp;» Cyrille s’était offert il y a un peu plus d’un an une espèce d’épave roulante qu’il appelle une voiture de collection. Evidemment, il est impossible de faire un peu de route avec un tel véhicule, et encore moins d’y transporter le matériel nécessaire au fonctionnement de l’entreprise qu’il a créée il y a quelques mois. Il a donc acheté récemment un 4x4 d’occasion, mais qui est déjà en panne, comme je disais. Son entreprise bat de l’aile. Il a très rapidement employé trop de personnes. Je crois savoir qu’il ne pourra bientôt plus faire face aux nombreuses charges qu’impliquent pour son entreprise l’emploi de cinq bûcherons. Un ancien employé, qui ne travaille plus pour lui, le traîne déjà devant les prud’hommes. Un autre est prêt à témoigner en faveur du premier. Cyrille, qui est un vrai panier percé, a cruellement besoin d’argent. Il voudrait revendre sa ‘‘voiture de collection’’. Il en demande 3000 EUR. Comme elle ne les vaut pas, il ne trouve évidemment pas d’acheteur, pas même chez les amateurs, et il n’y a guère que des amateurs pour vouloir acheter de telles épaves. Peut-être Cyrille est-il un brave type (ce dont je dois dire que je doute beaucoup pour ma part, comme d’ailleurs la personne qu’il ne voulait pas voir lundi dernier, et précisément parce qu’elle nourrit de grands soupçons à son encontre, cause de leur brouille), mais il a tout d’un tocard&amp;nbsp;! Le plus attristant est qu’il est sans doute ce que sa famille a produit de plus évolué&amp;nbsp;! Il vit très clairement aux crochets de ma sœur. C’est un aventurier de bas étage, de province, sans aucune envergure, un menteur, un profiteur, probablement infidèle, et se permettant néanmoins d’être jaloux. Peut-être même est-il un peu pédé sur les bords, si j’en crois ce que m’avait dit Camille de&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/15/dimanche-14-septembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’épisode de la salle-de-bain&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Cyrille me fait d’ailleurs parfois des descriptions un peu trop inspirées de tel de ses bûcherons, qui serait bisexuel et dans les bras duquel il voudrait me jeter… Tout cela est fort suspect. Mais je dois bien reconnaître à cet imposteur qu’abstraction faite de sa tête, il est plutôt bien fait. J’ai eu des nouvelles de ce chien d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, autre grand imposteur devant l’éternel&amp;nbsp;! Il doit se faire opérer dans quelques jours de la vésicule biliaire, je crois, mais doit rester hospitalisé une bonne dizaine de jours, à cause du mauvais état général de sa santé. Le pauvre doit y subir aussi toute une série d’examens, dans l’espoir d’expliquer enfin l’inexplicable, c’est à savoir pourquoi, comment et peut-être aussi combien de temps peut exister, ou seulement tenir debout, une créature si évidemment peu viable que lui&amp;nbsp;! Il est malade. Tout dans son corps se dérègle, à ce qu’il me raconte. «&amp;nbsp;J’ai peur&amp;nbsp;», m’a-t-il dit, exactement en ces termes, qui ont l’impudeur du désespoir, «&amp;nbsp;voudras-tu bien me rendre visite, pendant mon hospitalisation&amp;nbsp;? – Non, je n’ai pas assez d’argent pour venir à Bordeaux, et puis, de toute façon, j’ai rencontré quelqu’un. J’aime mieux passer du temps avec lui.&amp;nbsp;» Je ne m’explique pas comment &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; peut croire encore à notre amitié, après tout ce qu’il m’a fait (le détournement de Camille), après les multiples déclarations de haine que je lui ai faites, après les menaces, le chantage, et surtout mon mépris, que je ne me donne même plus la peine de lui cacher. Quand je pense qu’il n’a pas seulement été capable de bander,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/12/mercredi-11-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;la dernière fois qu’il est entré dans mon lit&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;! Et il ose se rappeler à mon souvenir, apparemment sans rougir du tout. Je ne le comprends vraiment pas. Peut-être est-il tout bêtement d’une connerie abyssale. Mon ami &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, qui a été amené à le croiser quelquefois chez des amis d’amis, me dit que ce grotesque (il est d’accord avec moi sur ce point) est sans doute beaucoup plus vieux qu’il ne veut bien le reconnaître. Comment donc n’y ai-je pas pensé tout seul&amp;nbsp;? C’est pourtant l’évidence,&amp;nbsp;et la preuve qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; est, paradoxalement (c’est-à-dire malgré tout ce qu’il y a d’impuissance en lui), un imposteur de génie. (Il est vrai que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; est une mauvaise langue&amp;nbsp;: hier encore, il me disait avec un plaisir évident qu’il trouvait que j’avais beaucoup vieilli depuis un an que nous nous connaissons&amp;nbsp;! Il faisait plus particulièrement allusion à mes pattes d’oies, dont je ne saurais nier l’évidence, mais qu’il pourrait tout de même avoir la délicatesse d’ignorer… Plus je sors tard, plus je bois d’alcool, plus on fume autour de moi, et plus ces odieuses petites rides me paraissent voyantes le lendemain matin. Il faudrait que je ne rie plus du tout, ni même ne sourie&amp;nbsp;! Mais les occasions me semblent hélas justement chaque jour plus nombreuses de rire, non plus même de tous ces hommes auquel je me mêle de nouveau, mais de rire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avec&lt;/em&gt; eux, parmi lesquels j’ai fini par trouver sans doute tout ce que je méritais d’amis&amp;nbsp;! C’est dire si je suis tombé bas&amp;nbsp;!) C’est probablement parce qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; a bien dix ans de plus qu’il ne le dit qu’il est déjà si décrépit&amp;nbsp;! Comme disait mon arrière-grand-mère, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;crois-le ou non&lt;/em&gt;, mon blond lecteur, mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aschenbach&lt;/span&gt; agonisant dans le film de Visconti a encore l’air plus pimpant que mon &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui se fait aux cheveux la même teinture d’un noir de jais, alors qu’il est déjà si pâle, puisque toujours malade&amp;nbsp;! C’est probablement la bonne humeur qui me fait écrire tant de méchancetés. Les fêtes de la Madeleine ont commencé aujourd’hui. Demain soir, après le dîner chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, je dois aller chercher à Pau le petit &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;, pour le ramener avec moi à Mont-de-Marsan. Nous irons sans doute faire un tour à la fête, peut-être avec ma sœur, ou bien avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, Osman, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et compagnie. Dimanche, nous sommes invités à passer le début de la soirée chez Osman, où il devrait y avoir foule. (Je m’entends très bien avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;. Il est une espèce de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt; que l’obésité de menacerait pas encore. Je perds un temps fou à parler avec lui sur MSN, à le regarder ‘‘en &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;cam&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;’’ me faire de grands sourires ou me montre sa queue. J’ai l’impression de le connaître depuis des lustres, alors qu’il ne doit pas y avoir plus de quinze jours.) A l’une de ses amies, qui lui conseillait de quitter son Cyrille pour quelqu’un de plus mûr, ma sœur, répondant que les hommes plus mûrs étaient généralement déjà mariés, a fait cette étrange confidence qu’elle avait depuis longtemps le pressentiment qu’elle terminerait sa carrière amoureuse en tant que la maîtresse d’un homme marié. Il me semble que c’est justement ce que je suis en train de devenir moi-même&amp;nbsp;: la ‘‘maîtresse’’ d’un jeune homme (&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;) déjà marié (c’est-à-dire lié à un autre homme depuis six ans déjà). Je m’amuse souvent à appeler l’amant de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; ‘‘la légitime’’. La légitime refuse absolument de rencontrer personne et porte le même prénom que moi, ce qui excite encore un peu plus ma curiosité et mon désir de connaître un jour cette sorte d’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;alter ego&lt;/em&gt;, cette espèce de négatif de moi, qui ne suis, en l’occurrence, que ‘‘la favorite’’, condition qu’on pourrait croire préférable, mais dans laquelle je ne puis m’empêcher de finir par penser que, malgré tout ce qui fait mon charme, je suis apparemment entièrement dépourvu de ce qu’on recherche habituellement chez un homme pour en faire sa légitime épouse, si du moins mon lecteur veut bien me permettre de mélanger ainsi les genres, ce que, bien sûr, je ne fais que pour plaisanter, car il n’y a pas moins adepte que moi de la religion &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;homosexualo&lt;/span&gt;-&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;trans-genre&lt;/span&gt; et de toutes les bouffonneries conceptuelles que la fierté mal placée de ses disciples leur inspire. C’est simple, je crois bien que j’ai aussi peu d’affinités avec eux qu’avec les sectateurs de Mahomet. Si je ne craignais pas d’être encore convoqué par la police, qui est donc apparemment aussi une police de la pensée et lit peut-être toujours ces pages, j’écrirais à propos de ceux-ci comme de ceux-là que je ne comprends vraiment pas comment ils ne se sentent pas plus confus d’exposer si haut leurs fondements, que ce soit pour se soumettre davantage à leur Allah ou pour mieux se faire mettre après leur grand tralala. Parfois, je me dis que, si les mahométans se prosternent comme ils font, c’est pour enfouir leurs têtes dans le sol, pareils à des autruches qui auraient honte d’avoir la religion la plus conne du monde, comme je crois qu’avait dit Michel Houellebecq. Et d’autrefois, je souhaiterais presque aux plus fiers participants des défilés homosexuels d’adopter certain costume islamique, dont il a beaucoup été question&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090630175852/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;dernièrement&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;et dans lequel, finalement, ils me feraient sans doute moins honte. Mais bien sûr, tout cela, que je viens certes d’écrire, je ne le pense pas &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;vraiment&lt;/em&gt;, cela dit (si du moins c’est suffisant) pour me mettre en conformité avec la loi&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mardi 14 juillet 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/07/15/mardi-14-juillet-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Camille</category>
<category>Journal</category>
<category>Lydie</category>
<category>Ma soeur</category>
<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 04:07:40 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai finalement dû répondre à Camille, qui me demandait des nouvelles, parce que je devais lui dire que j’avais reçu chez moi une lettre pour lui de la mission locale. Il est retourné s’installer dans un petit village tout près de celui où vit son père, auquel il est très lié, malgré les grandes tensions qu’il a pu y avoir entre eux. Il va bien. Je lui conserve une grande affection, qui n’a pas vraiment lieu d’être mais que je m’explique assez bien. Julie donnait hier un petit dîner chez elle, parce que c’était aujourd’hui son anniversaire. Je suis arrivé le premier. Comme elle me parlait de ceux des invités que je n’étais pas censé connaître, j’ai assez rapidement reconnu dans la grande ‘‘copine de beuverie’’ qu’elle m’a décrite cette Lydie qui m’avait offert tant de coups à boire,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/02/dimanche-1er-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;un soir&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, il y a quelques mois, en me passant la main dans les cheveux, sans doute dans l’espoir de se faire baiser, ce que mon ébriété m’aurait empêché de faire, de toute façon. Elle a fini par sonner à la porte&amp;nbsp;: c’était bien elle, toute gênée de se retrouver sous mes yeux amusés&amp;nbsp;: elle était tout de même allée jusqu’à pisser devant moi, même si elle prétendait avoir tout oublié&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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