28/10/2008
Mardi 28 octobre 2008
C’était presque prévisible. L’appartement qui doit être attribué à Camille n’est pas encore disponible, parce qu’il faut d’abord y faire des travaux, pour réparer les dégâts qu’y a faits l’ancien locataire, qui était probablement un jeune ou un étranger, comme sont tous ces ‘‘cas sociaux’’ qu’on couvre d’aides et d’or, autant dire des barbares, des vandales ! Camille est sorti promener sa chienne, qui pisse partout dans la maison. Ces promenades durent généralement fort longtemps. Je ne crois pas l’avoir encore dit dans ce journal, mais Camille est un grand marcheur. Il peut se promener pendant des heures, la nuit, pour se ‘‘vider la tête’’ comme il dit, c’est-à-dire sans doute pour penser, ce qui le rattache à tout une tradition qu’il ignore. Il connaît la plupart des rues d’Aire-sur-l’Adour, ou il a vécu quelques mois, et déjà presque toutes celles de Mont-de-Marsan, alors que je ne dois pas en connaître le dixième, prisonnier que je suis, depuis tant d’années, des itinéraires qui me sont familiers, à cause de ma névrose phobique. Mais je sais aussi, pour l’avoir accompagné un soir, avec la chienne Pélagie, qu’il rend visite à ses connaissances, lorsqu’il passe devant leur porte et qu’il n’est pas trop tard, comme par exemple à cette famille que j’évoquais hier, qui est d’une vulgarité que je croyais n’exister que dans les œuvres de fiction ! Cela dit, cette famille est aussi foncièrement gentille et, finalement, sympathique, qu’elle est sale et grossière. Et puis il y a chez ces gens un adorable chiot qui s’appelle Bandit et avec qui la chienne Pélagie s’entend très bien. Cette dernière est également devenue très amie avec Violette, qui reste encore un peu distante, très grande dame : elle ne ressemble pas du tout à son maître, qui n’est jamais qu’un cul-terreux avec un joli minois. Celui-ci a croisé Damis, cet après-midi, et s’est étonné d’apprendre, en parlant avec lui, qu’il connaissait aussi Trimalcion, qui passait d’ailleurs par là, et cette Féliciane qui est une lesbienne de ses amies. On s’imagine toujours que, parce qu’il est contraint de travailler la nuit dans sa boulangerie et de dormir quand il fait jour, ce pauvre Damis ne connaît personne. Au contraire, c’est un habitué de la rocade, ce baisodrome à ciel ouvert, par où passent tous les mâles de ce petit monde, qui sont donc sans doute aussi tous passés par le cul de Damis. Tout le monde l’a connu, même moi ! Trimalcion a dit à Camille que Nicandre avait quitté la ville. Il vit désormais à Bordeaux, chez son nouvel amant, qui est bien à plaindre, à mon avis, sans doute autant que je le suis.
23:04 Publié dans 2008, Bandit, Camille, Damis, Féliciane, Journal, Nicandre, Pélagie, Trimalcion, Violette | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note