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<title>Un jardin d'Adonis - ascylte</title>
<description>(Aphanisme - Journal d'Olivier Bruley)</description>
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<title>Mercredi 2 décembre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 02:29:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Hier&amp;nbsp;: anniversaire de ma mère, qu’il a fallu inviter au restaurant. Dans ma famille, nous naissons à des dates symboliques, pour ne pas dire fatidiques. Ainsi l’anniversaire de ma sœur tombe-t-il le quatorze juillet&amp;nbsp;; le mien le deux novembre&amp;nbsp;; si bien que, tandis que ma sœur avait droit aux feux d’artifice pour sa fête, je me contentais des fleurs des tombes. Quant à ma mère, elle est née un jour qui est devenu depuis celui de la foire au Sida. Il n’y a pas de hasard. Sans doute la Providence a-t-elle voulu lui rappeler chaque année la grande part de responsabilité qu’elle avait dans la contamination de ma sœur. Si, d’après cette dernière, c’est à cause de sa mère (qui le traita toujours comme s’il n’était qu’hémophile et non pas également sidéen) que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; fut à ce point dans le déni de sa maladie, qu’il cacha donc à Julie, jusqu’à ce qu’elle se découvre un jour contaminée, l’inconscience de celle-ci fut, à l’évidence, encouragée par notre propre mère, qui l’exhortait à ne pas tenir compte de la rumeur selon laquelle le garçon était séropositif. Car dans ma famille, non seulement nous ne naissons pas à des dates ordinaires, mais encore mettons-nous un point d’honneur à ne pas partager le sens commun (qui nous paraît sans doute trop vulgaire), quitte à en perdre tout bon sens. C’est la raison pour laquelle, plutôt que d’ajouter foi à ce qui se peut dire sur eux, à ce dont on les suspecte, aux mauvaises intentions qu’on leur prête, nous laissons des &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; nous empoisonner le sang ou des Cyrille détourner nos biens, pervertis que nous sommes par l’éducation que nous a donnée une mère complètement folle et qui, depuis, ne trouve plus paradoxal de détester néanmoins un Cyrille et toute sa famille, pour les raisons même que son enseignement nous incitait naguère encore à les aimer&amp;nbsp;: lorsque j’étais enfant, ma mère était par exemple très fière de me savoir, à l’école, le seul ami d’une gitane plus vieille que moi de cinq bonnes années, incroyablement insolente, bagarreuse et probablement voleuse. Ce qui faisait sa fierté, c’était que je ne partageasse pas les mêmes aversions, pourtant légitimes, que mes petits camarades de classe. Une folle, disais-je&amp;nbsp;! C’est sans doute encore à cause de cette éducation (du moins en partie) que j’ai pu me laisser aller à tellement vouloir prendre sous mon aile le pauvre Camille, qui serait sans doute ce qui se fait de plus véreux et gâté en matière de garçons, n’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui me le vola, et avec qui je n’ai toujours pas réussi à couper entièrement les ponts, sans doute encore pour les mêmes raisons. Julie nous a appris sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;, lors du dîner que nous avons offert à notre mère hier soir, quelque chose qui m’a fait tomber des nues et qui, pourtant, avec le recul, me semble une évidence. Longtemps nous avions cru que le grand train que menait celui-ci lui était rendu possible par l’argent de l’indemnité qu’il avait reçue en compensation de sa contamination. S’il est bien vrai qu’il fut indemnisé, c’est à son activité de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; devait d’être si magnifique. J’avais toujours trouvé que la foule qui fréquentait la maison que ma mère lui louait était anormalement nombreuse et systématiquement de mauvais genre. Je savais bien que tous ces gens se droguaient, mais jamais il ne m’était venu à l’esprit que c’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; qui leur vendait leur drogue (du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;shit&lt;/em&gt; ou de l’‘‘herbe’’ uniquement, car il était un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;dealer&lt;/em&gt; qui prétendait avoir des principes (nous a rapporté Julie), c’est à savoir, en l’occurrence, qu’il refusait de vendre de la cocaïne ou d’autres drogues réputées, à tort ou à raison, plus dangereuses…). Il paraît que son cousin (car le cousin s’adonnait au même genre de commerce) fut&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’homme les plus heureux du monde lorsque des paquets entiers de drogue s’échouèrent comme par miracle, il y a quelques années, sur les plages des Landes, à moins que ce ne fût du Pays Basque. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; et lui eurent la peur de leur vie lorsqu’une de leurs connaissances communes, qui était dans la même branche qu’eux, fut arrêtée par la police à cause de son trafic. Ils cessèrent alors &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;de fréquenter&lt;/span&gt; personne pendant un assez long temps. Je ne sais où ils en sont aujourd’hui de leurs activités. (Inutile d’écrire que je réprouve non seulement le commerce de la drogue, mais même sa seule consommation. Cela va d’autant plus sans dire qu’ils sont justement le fait de types comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt;. Moi qui suis respectueux des lois, je me contente parfaitement des litres de vodka et surtout de vin que le bel Ascagne veut bien me servir dans son bar, et en toute légalité, lui, au moins. J’ai d’ailleurs passé la fin de la soirée d’hier avec lui, n’ayant pas trouvé l’insatiable &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Elithios&lt;/span&gt; à son domicile, où j’avais espéré le rejoindre après le dîner. (Sans doute était-il encore à la rocade, même s’il pleuvait, je m’en avise à présent…)&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il n’y avait pas foule chez Ascagne, et je l’avais donc à peu près pour moi seul, car Osman, qui a fait une apparition vers minuit, n’est pas resté bien longtemps. (Il m’a confié qu’il n’avait plus lu mon journal depuis le mois de juillet et que c’était donc pour plaisanter qu’il avait jusqu’alors prétendu continuer à le faire. En revanche, il avait récemment &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;chatté&lt;/em&gt; avec le terrible &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, qui lui aurait dit qu’il me détestait, à cause de ce que j’avais écrit sur &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Clinias&lt;/span&gt; et lui dans ce blogue. J’ai eu l’occasion de revoir &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cléomédon&lt;/span&gt;, il y a quelque temps, et je dois dire que je ne m’étais pas alors avisé de la détestation que je lui inspire désormais. Il est vrai que j’étais probablement soûl, ce soir-là, et que mon état ne me permettait donc pas d’interpréter avec beaucoup de bonheur les signes qui pouvaient m’être envoyés par les uns et les autres, moi qui le fais déjà si mal quand je suis sobre. Ascagne, qui a toujours une oreille qui traîne, comme tous les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;barmen&lt;/em&gt;, sais donc probablement désormais que je tiens un blogue sur Internet. (Voulait-il me faire comprendre qu’il n’aimerait pas savoir que je parle de lui dans ce journal quand il m’a dit qu’il n’aimait pas &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Facebook&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; pour ce que c’était à ses yeux un site où la vie privée était constamment violée&amp;nbsp;?) &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Eryximaque&lt;/span&gt;, une autre des connaissances que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; voudrait me refourguer, a lui aussi entendu parler de ce journal. Quand je lui ai proposé de venir dîner un soir chez moi, il m’a répondu, un peu cavalièrement, tout de même, qu’il ne voulait pas figurer dans mon tableau de chasse ni que d’autres l’apprennent dans ce blogue. J’avais cru que c’était lui qui me tournait autour. J’avais apparemment encore fort mal interprété les signes. Pourquoi donc m’avait-il invité à dîner chez lui, l’autre jour, avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il demandé mon numéro de téléphone&amp;nbsp;? Pourquoi m’a-t-il écrit tous ces SMS&amp;nbsp;? Mystère&amp;nbsp;! Passons.) J’étais heureux d’entendre mon barman préféré me raconter un peu sa vie. J’avais l’impression d’avoir de l’importance pour lui, d’être son confident. Nous restions de longs instants à nous regarder dans les yeux, qu’il a très beaux, et j’essayais de relever de quel côté il finissait par détourner le regard, pour savoir s’il se pouvait qu’il fût attiré par moi, comme &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Cyrnos&lt;/span&gt;, un ami de ma sœur, prétend qu’on peut le deviner. Hélas, je ne me rappelais plus s’il aurait fallu qu’il tournât les yeux vers la gauche ou vers la droite… Et quand j’étais le premier à vouloir les détourner, je ne savais plus trop dans quelle direction le faire, de peur de révéler mes intentions, si jamais Ascagne avait entendu parler lui aussi de la théorie des regards insoutenables. Avec deux autres habitués, je suis encore resté une heure après la fermeture de l’endroit. Ascagne m’a alors demandé où j’habitais, ou plutôt s’il était vrai que j’habitais non loin de chez l’amant du sublime Callias. Comment pouvait-il savoir cela&amp;nbsp;? Sans doute Callias le lui avait-il dit. Cela veut donc dire qu’il arrive aux deux garçons de parler de moi en mon absence. Mais pourquoi le font-ils&amp;nbsp;? Est-ce à dire que l’un des deux au moins est intéressé par moi&amp;nbsp;? Je ne mens vraiment pas lorsque je dis que je suis incapable d’interpréter les signes. D’ailleurs, quelle interprétation faut-il donner à cet autre fait que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Nicagoras&lt;/span&gt;, que j’avais salué plus tôt dans la soirée en l’apercevant à une autre table du restaurant, ait éprouvé le besoin (alors qu’il m’a fait tout récemment comprendre que je ne l’intéressait ni sexuellement, ni sentimentalement) de dire à Ascagne qu’il m’y avait vu à l’heure du dîner&amp;nbsp;? Comme il avait croisé ma sœur dans l’après-midi, Ascagne se vantait de savoir presque tout de la soirée que j’avais passée avant d’arriver dans son bar. «&amp;nbsp;Alors, m’avait-il demandé à peine la porte refermée derrière moi, comment s’est passé l’anniversaire de ta mère&amp;nbsp;? Avez-vous bien dîné dans tel restaurant&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Etaient-ce des paroles anodines ou leur but était-il de me faire entendre qu’Ascagne avait de la curiosité pour moi&amp;nbsp;? Je ne sais.) Je me demande si le bel &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Equalis&lt;/span&gt;, dont l’haleine chargée n’est pas sans évoquer les substances dont &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hieronymus&lt;/span&gt; faisait commerce, était un client de celui-ci. Ma sœur m’a dit qu’elle avait bien remarqué, lors de la dernière soirée où nous sommes tombés sur lui, que nous nous étions beaucoup rapprochés l’un de l’autre, lui et moi, tellement qu’elle avait cru que nous finirions la nuit ensemble, ce que je n’avais pas été loin de croire moi-même, d’autant qu’il m’avait fait l’aveu, cette fois, qu’il n’était en effet pas sûr de ne pas aimer également les garçons pour d’autres raisons que purement sexuelles. Mais la rencontre dans je ne sais plus quelle boîte de nuit du sieur Alfred, l’ancien très grand ami auquel il avait volé ma sœur, a fini par le faire fuir. De toute façon, je crois que je n’aurais pas osé coucher avec un ancien amant de celle-ci, encore que j’aie cru comprendre qu’elle m’en avait donné la permission.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mercredi 21 octobre 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 03:24:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J’ai dîné hier soir chez Tityre. Je lui avais dit que je voulais lui reparler de Phidippide. Mon intention était de le prévenir contre lui. Je lui ai donc rapporté les choses épouvantables, vraies ou fausses, que ce dernier m’avait dites à son sujet. Il avait prétendu avoir entendu parler de Tityre bien avant que je le lui eusse présenté&amp;nbsp;: il prétendait avoir lu plusieurs fois son nom dans les procès verbaux d’affaires qu’il avait eues à traiter. «&amp;nbsp;J’ignore si ce qu’il m’a dit est vrai. Je me doute bien, Tityre, que tu vas me dire que c’est faux. Peu m’importe. Mais sache que, si ces faits sont vrais, Phidippide n’a pas hésité un seul instant à me les rapporter, alors qu’ils ne me regardaient en rien. Il voulait me faire avoir une mauvaise opinion de toi. Si, au contraire, ces faits sont faux, Phidippide, qui les aura donc inventés, n’en est que plus méprisable encore. Voilà quel est le genre d’individu avec qui tu ne veux pas te brouiller. Je ne comprends vraiment pas que tu veuilles rester son ami.&amp;nbsp;» Ce qui n’est vrai qu’en partie. Sans doute, en effet, puis-je le comprendre, puisque je suis moi-même resté l’ami d’Ascylte, que j’ai toujours méprisé. Celui-ci m’a d’ailleurs récemment présenté des excuses. Il voulait se réconcilier avec moi. Il a prétendu regretter de&amp;nbsp;m’avoir volé Camille. Je ne crois pas un instant en la sincérité de ses excuses. C’est parce qu’il se croyait atteint d’un cancer qu’il voulait se faire pardonner. La pensée de sa mort prochaine lui donnait mauvaise conscience. Il m’a dit depuis qu’il n’avait pas de cancer. Il n’en reste pas moins vrai que sa santé est très mauvaise et que les médecins ne savent pas vraiment ce dont il est atteint. A l’annonce de ce cancer qui n’en est finalement pas un, j’avais cru que la Providence avait voulu me rendre justice. A présent, je me dis que si la santé d’Ascylte est si mauvaise, c’est à cause de sa conscience, qui est pire encore. Il semblerait que c’est en pensant à Ascylte que Joseph de Maistre a écrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le mal a tout souillé, &lt;em&gt;et l’homme entier n’est qu’une maladie&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». J’ignore si mon entreprise auprès de Tityre a porté ses fruits. Mais lorsque je lui ai demandé si je pouvais noter dans ce journal la nature des faits que Phidippide s’était permis de me faire savoir ou, pire encore, de me faire croire, Tityre m’a demandé d’être le plus vague possible, ce qui tendrait à prouver qu’il pense que Phidippide est allé trop loin, puisqu’il ne veut pas que j’en dise autant. Je me demande si je n’ai pas mal agi en dénonçant ainsi Phidippide à celui qui voudrait rester son ami. Après tout, Phidippide est un homme lui aussi. Il lui faut bien vivre, avec ses propres maladies, sa bipolarité, sa mythomanie, son aphrodisie&amp;nbsp;! J’essaie de me dire que c’est pour le bien de Tityre que j’ai agi ainsi. Mais si vraiment c’était son bien qui me tenait à cœur, c’est bien plus tôt que j’aurais dû le prévenir contre Phidippide, et non pas seulement hier. J’ai doublement mal agi&amp;nbsp;: d’avoir tout dit à Tityre et de l’avoir dit si tard.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jeudi 10 septembre 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/09/10/jeudi-10-septembre-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 03:12:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; (Je ne recopie que le 14 septembre 2009 ces notes (prises un peu rapidement), que je publie néanmoins dans ce blogue à la date où je les avais écrites (le jour-même) dans le journal de mon analyse.) Vingt-cinquième séance chez Tirésias. Inconsciemment, j’avais décalé mon rendez-vous d’une heure, auquel je suis donc arrivé très en retard. «&amp;nbsp;Pensez-vous que c’est un acte manqué, ai-je demandé à Tirésias. – Je ne sais pas. Dites-moi ce qui vous fait croire qu’il s’agit peut-être d’un acte manqué. – Depuis quelque temps, je me demande ce que je vais bien pouvoir vous raconter pendant ces séances. – Alors il s’agit bien d’un acte manqué.&amp;nbsp;» Suis sorti hier avec ma sœur et des amies. Avons parlé de sexe. Les femmes sont vraiment très crues quand elles parlent de sexe. Vie sexuelle apparemment très active de ma sœur, contrairement à moi, qui n’ai pas très envie d’aventures depuis Mnasyle. (A cause de mes ‘‘amis’’, qui voudraient tous me voler les garçons sur lesquels j’ai des vues.) J’ai tout de même rencontré Aribaze, à qui je plais et qui me plaît aussi. Mais je remets à plus tard le début d’une éventuelle relation entre nous. (Nous n’avons pas même eu de relation sexuelle.) Aribaze pourrait me convenir parce qu’il a un très fort caractère, grâce auquel il est bien armé pour supporter le mien. Mais il me déplaît de l’avoir rencontré par l’intermédiaire de mes ‘‘amis’’. J’ai peur de me le faire voler. Je ne me sens pas à la hauteur d’une telle compétition. Dans le même temps, je trouve cette compétition indigne de moi. J’aime encore mieux laisser un garçon qui me plaît à ceux qui veulent me le prendre. C’est d’ailleurs ce que j’avais fait avec Camille et Mnasyle, le premier abandonné à ce chien d’Ascylte, le second abandonné à son sort, parce que les gens autour de moi m’avaient trop fait voir le désir qu’ils avaient pour lui. Tirésias&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;‘‘Laisser’’, ‘‘prendre’’…&amp;nbsp;» Grand sourire de ma part&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je me rends compte, en effet, que pour moi, ‘‘aimer’’, c’est posséder.&amp;nbsp;» Et de fait, je ne suis sexuellement qu’actif, jamais passif. «&amp;nbsp;Vous n’arrivez pas à vous faire posséder. – Non&amp;nbsp;: je n’arrive pas à me donner entièrement.&amp;nbsp;» Je ne supporte pas d’être sous quelque emprise que ce soit. L’emprise de ma mère a été absolue sur moi. Aribaze plaît beaucoup à cette dernière. Si Aribaze m’attire, c’est sans doute parce qu’il n’est pas attaché exclusivement à moi. Je sais qu’il a couché avec Phidippide et un garçon que nous avons rencontré à la fameuse plage des Casernes, à Seignosse, dont tous ne cessaient de me parler et que je ne connaissais pas. La saine ‘‘infidélité’’ d’Aribaze me rassure. Qu’il ne soit pas attaché exclusivement à moi me permet de ne pas me sentir trop lié à lui, trop sous son emprise. De même, son désir de retourner en Nouvelle-Calédonie, d’où il est, me fait penser qu’il ne risque pas de s’installer définitivement dans ma vie. Mon père était très infidèle. Ai-je le sentiment que ma mère attend de moi que je sois fidèle à Aribaze (qui lui plaît tellement, comme elle me l’a bien fait comprendre)&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vendredi 17 juillet 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 04:15:29 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Que je dise à présent avec quel genre d’individu ma sœur partage sa vie. Cyrille n’a pas voulu être du dîner que donnait Julie lundi dernier pour fêter son anniversaire&amp;nbsp;: ne voulant pas voir l’une des invités, avec laquelle il est en froid, il a préféré aller passer la soirée chez l’un de ses frères. Mais comme ce frère s’est couché tôt, le grand C s’est retrouvé seul à attendre dans sa voiture (celle de ma sœur, en réalité, puisque la sienne est en panne) que cette dernière lui téléphone pour lui annoncer le départ de ses hôtes. A minuit, c’est lui qui a téléphoné, parce qu’il n’en pouvait plus d’attendre dans la voiture. Ma sœur l’a envoyé paître&amp;nbsp;: il lui avait déjà gâché&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/13/samedi-12-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le jour où elle avait obtenu son diplôme&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, il n’allait pas non plus lui gâcher ses trente ans&amp;nbsp;! Vers une heure, il est entré dans l’appartement, sans avoir un regard pour personne. Il a seulement pris une cigarette dans le paquet de ma sœur, puis est allé s’enfermer dans la chambre. «&amp;nbsp;Pourvu qu’il n’en ressorte pas avec son fusil&amp;nbsp;», me suis-je dit. Le lendemain, mardi 14 juillet, c’était ma mère qui nous avait invités à dîner, pour fêter cette fois en famille l’anniversaire de ma sœur. Curieusement, il ne fut question à aucun moment du cadeau que lui avait fait Cyrille. Ayant revu Julie hier après-midi, je lui ai donc demandé ce que celui-ci lui avait offert. «&amp;nbsp;Il doit m’offrir un CD, quand il aura de l’argent. Et autrement, il m’a offert il y a quelques jours une moto qui ne roule pas. Il devait la réparer, mais elle est toujours en panne. De toute façon, je lui ai demandé de la revendre, parce que je n’ai pas envie de payer ni le casque ni l’assurance.&amp;nbsp;» Cyrille s’était offert il y a un peu plus d’un an une espèce d’épave roulante qu’il appelle une voiture de collection. Evidemment, il est impossible de faire un peu de route avec un tel véhicule, et encore moins d’y transporter le matériel nécessaire au fonctionnement de l’entreprise qu’il a créée il y a quelques mois. Il a donc acheté récemment un 4x4 d’occasion, mais qui est déjà en panne, comme je disais. Son entreprise bat de l’aile. Il a très rapidement employé trop de personnes. Je crois savoir qu’il ne pourra bientôt plus faire face aux nombreuses charges qu’impliquent pour son entreprise l’emploi de cinq bûcherons. Un ancien employé, qui ne travaille plus pour lui, le traîne déjà devant les prud’hommes. Un autre est prêt à témoigner en faveur du premier. Cyrille, qui est un vrai panier percé, a cruellement besoin d’argent. Il voudrait revendre sa ‘‘voiture de collection’’. Il en demande 3000 EUR. Comme elle ne les vaut pas, il ne trouve évidemment pas d’acheteur, pas même chez les amateurs, et il n’y a guère que des amateurs pour vouloir acheter de telles épaves. Peut-être Cyrille est-il un brave type (ce dont je dois dire que je doute beaucoup pour ma part, comme d’ailleurs la personne qu’il ne voulait pas voir lundi dernier, et précisément parce qu’elle nourrit de grands soupçons à son encontre, cause de leur brouille), mais il a tout d’un tocard&amp;nbsp;! Le plus attristant est qu’il est sans doute ce que sa famille a produit de plus évolué&amp;nbsp;! Il vit très clairement aux crochets de ma sœur. C’est un aventurier de bas étage, de province, sans aucune envergure, un menteur, un profiteur, probablement infidèle, et se permettant néanmoins d’être jaloux. Peut-être même est-il un peu pédé sur les bords, si j’en crois ce que m’avait dit Camille de&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/09/15/dimanche-14-septembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’épisode de la salle-de-bain&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Cyrille me fait d’ailleurs parfois des descriptions un peu trop inspirées de tel de ses bûcherons, qui serait bisexuel et dans les bras duquel il voudrait me jeter… Tout cela est fort suspect. Mais je dois bien reconnaître à cet imposteur qu’abstraction faite de sa tête, il est plutôt bien fait. J’ai eu des nouvelles de ce chien d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, autre grand imposteur devant l’éternel&amp;nbsp;! Il doit se faire opérer dans quelques jours de la vésicule biliaire, je crois, mais doit rester hospitalisé une bonne dizaine de jours, à cause du mauvais état général de sa santé. Le pauvre doit y subir aussi toute une série d’examens, dans l’espoir d’expliquer enfin l’inexplicable, c’est à savoir pourquoi, comment et peut-être aussi combien de temps peut exister, ou seulement tenir debout, une créature si évidemment peu viable que lui&amp;nbsp;! Il est malade. Tout dans son corps se dérègle, à ce qu’il me raconte. «&amp;nbsp;J’ai peur&amp;nbsp;», m’a-t-il dit, exactement en ces termes, qui ont l’impudeur du désespoir, «&amp;nbsp;voudras-tu bien me rendre visite, pendant mon hospitalisation&amp;nbsp;? – Non, je n’ai pas assez d’argent pour venir à Bordeaux, et puis, de toute façon, j’ai rencontré quelqu’un. J’aime mieux passer du temps avec lui.&amp;nbsp;» Je ne m’explique pas comment &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; peut croire encore à notre amitié, après tout ce qu’il m’a fait (le détournement de Camille), après les multiples déclarations de haine que je lui ai faites, après les menaces, le chantage, et surtout mon mépris, que je ne me donne même plus la peine de lui cacher. Quand je pense qu’il n’a pas seulement été capable de bander,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/12/mercredi-11-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;la dernière fois qu’il est entré dans mon lit&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;! Et il ose se rappeler à mon souvenir, apparemment sans rougir du tout. Je ne le comprends vraiment pas. Peut-être est-il tout bêtement d’une connerie abyssale. Mon ami &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, qui a été amené à le croiser quelquefois chez des amis d’amis, me dit que ce grotesque (il est d’accord avec moi sur ce point) est sans doute beaucoup plus vieux qu’il ne veut bien le reconnaître. Comment donc n’y ai-je pas pensé tout seul&amp;nbsp;? C’est pourtant l’évidence,&amp;nbsp;et la preuve qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; est, paradoxalement (c’est-à-dire malgré tout ce qu’il y a d’impuissance en lui), un imposteur de génie. (Il est vrai que &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; est une mauvaise langue&amp;nbsp;: hier encore, il me disait avec un plaisir évident qu’il trouvait que j’avais beaucoup vieilli depuis un an que nous nous connaissons&amp;nbsp;! Il faisait plus particulièrement allusion à mes pattes d’oies, dont je ne saurais nier l’évidence, mais qu’il pourrait tout de même avoir la délicatesse d’ignorer… Plus je sors tard, plus je bois d’alcool, plus on fume autour de moi, et plus ces odieuses petites rides me paraissent voyantes le lendemain matin. Il faudrait que je ne rie plus du tout, ni même ne sourie&amp;nbsp;! Mais les occasions me semblent hélas justement chaque jour plus nombreuses de rire, non plus même de tous ces hommes auquel je me mêle de nouveau, mais de rire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avec&lt;/em&gt; eux, parmi lesquels j’ai fini par trouver sans doute tout ce que je méritais d’amis&amp;nbsp;! C’est dire si je suis tombé bas&amp;nbsp;!) C’est probablement parce qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; a bien dix ans de plus qu’il ne le dit qu’il est déjà si décrépit&amp;nbsp;! Comme disait mon arrière-grand-mère, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;crois-le ou non&lt;/em&gt;, mon blond lecteur, mais &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Aschenbach&lt;/span&gt; agonisant dans le film de Visconti a encore l’air plus pimpant que mon &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, qui se fait aux cheveux la même teinture d’un noir de jais, alors qu’il est déjà si pâle, puisque toujours malade&amp;nbsp;! C’est probablement la bonne humeur qui me fait écrire tant de méchancetés. Les fêtes de la Madeleine ont commencé aujourd’hui. Demain soir, après le dîner chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, je dois aller chercher à Pau le petit &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;, pour le ramener avec moi à Mont-de-Marsan. Nous irons sans doute faire un tour à la fête, peut-être avec ma sœur, ou bien avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt;, Osman, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; et compagnie. Dimanche, nous sommes invités à passer le début de la soirée chez Osman, où il devrait y avoir foule. (Je m’entends très bien avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;. Il est une espèce de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Damis&lt;/span&gt; que l’obésité de menacerait pas encore. Je perds un temps fou à parler avec lui sur MSN, à le regarder ‘‘en &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;cam&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;’’ me faire de grands sourires ou me montre sa queue. J’ai l’impression de le connaître depuis des lustres, alors qu’il ne doit pas y avoir plus de quinze jours.) A l’une de ses amies, qui lui conseillait de quitter son Cyrille pour quelqu’un de plus mûr, ma sœur, répondant que les hommes plus mûrs étaient généralement déjà mariés, a fait cette étrange confidence qu’elle avait depuis longtemps le pressentiment qu’elle terminerait sa carrière amoureuse en tant que la maîtresse d’un homme marié. Il me semble que c’est justement ce que je suis en train de devenir moi-même&amp;nbsp;: la ‘‘maîtresse’’ d’un jeune homme (&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Mnasyle&lt;/span&gt;) déjà marié (c’est-à-dire lié à un autre homme depuis six ans déjà). Je m’amuse souvent à appeler l’amant de &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Phidippide&lt;/span&gt; ‘‘la légitime’’. La légitime refuse absolument de rencontrer personne et porte le même prénom que moi, ce qui excite encore un peu plus ma curiosité et mon désir de connaître un jour cette sorte d’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;alter ego&lt;/em&gt;, cette espèce de négatif de moi, qui ne suis, en l’occurrence, que ‘‘la favorite’’, condition qu’on pourrait croire préférable, mais dans laquelle je ne puis m’empêcher de finir par penser que, malgré tout ce qui fait mon charme, je suis apparemment entièrement dépourvu de ce qu’on recherche habituellement chez un homme pour en faire sa légitime épouse, si du moins mon lecteur veut bien me permettre de mélanger ainsi les genres, ce que, bien sûr, je ne fais que pour plaisanter, car il n’y a pas moins adepte que moi de la religion &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;homosexualo&lt;/span&gt;-&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;trans-genre&lt;/span&gt; et de toutes les bouffonneries conceptuelles que la fierté mal placée de ses disciples leur inspire. C’est simple, je crois bien que j’ai aussi peu d’affinités avec eux qu’avec les sectateurs de Mahomet. Si je ne craignais pas d’être encore convoqué par la police, qui est donc apparemment aussi une police de la pensée et lit peut-être toujours ces pages, j’écrirais à propos de ceux-ci comme de ceux-là que je ne comprends vraiment pas comment ils ne se sentent pas plus confus d’exposer si haut leurs fondements, que ce soit pour se soumettre davantage à leur Allah ou pour mieux se faire mettre après leur grand tralala. Parfois, je me dis que, si les mahométans se prosternent comme ils font, c’est pour enfouir leurs têtes dans le sol, pareils à des autruches qui auraient honte d’avoir la religion la plus conne du monde, comme je crois qu’avait dit Michel Houellebecq. Et d’autrefois, je souhaiterais presque aux plus fiers participants des défilés homosexuels d’adopter certain costume islamique, dont il a beaucoup été question&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090630175852/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;dernièrement&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;et dans lequel, finalement, ils me feraient sans doute moins honte. Mais bien sûr, tout cela, que je viens certes d’écrire, je ne le pense pas &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;vraiment&lt;/em&gt;, cela dit (si du moins c’est suffisant) pour me mettre en conformité avec la loi&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Mardi 23 juin 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/06/24/mardi-23-juin-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Journal</category>
<category>Monsieur Véto</category>
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<category>Tirésias</category>
<pubDate>Wed, 24 Jun 2009 02:15:50 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’attendais désespérément des nouvelles de Camille, qui ne m’en a pas données depuis peut-être bien deux mois. Je voulais avoir une chance de lui montrer du dédain&amp;nbsp;: ne pas décrocher le téléphone, s’il avait appelé&amp;nbsp;; ne pas répondre à son SMS, s’il m’en avait écrit&amp;nbsp;; ne pas aller à un rendez-vous qu’il m’aurait donné&amp;nbsp;; ne pas lui rendre un service qu’il m’aurait demandé. Ce fut chose faite cet après-midi. Mon ami Phidippide m’avait invité à venir l’écouter plaider tout à l’heure, dans une affaire en correctionnelle. Je ne l’ai hélas presque pas entendu, parce que j’ai dû m’absenter une grosse demi-heure, pour me rendre à ma dix-neuvième séance chez Tirésias, dont la maison est heureusement tout près du palais de justice. Phidippide concluait quand je suis revenu. Je ne sais donc toujours pas s’il est aussi talentueux que je voudrais croire mon futur avocat, si je dois recourir à ses services, au cas où l’on me jugerait pour les délits que j’ai moi-même commis et dont le pauvre Monsieur Véto, ce poète si délicat mais que j’ai maudit, fut l’innocente victime. L’autre jour, comme Phidippide se réjouissait d’avoir un nouveau client pour une &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;‘‘très grosse affaire’’ au pénal, j’ai dit tout à coup pour moi-même, mais à voix haute&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tiens&amp;nbsp;! Ça me rappelle quelque chose… Est-ce que ce ne serait pas cette sordide affaire dans laquelle un sinistre individu aurait fait ceci et cela, mais dans le but unique et planifié longtemps à l’avance de parvenir à faire cette troisième chose, plus répugnante encore&amp;nbsp;? – Mais si&amp;nbsp;! Comment peux-tu donc avoir entendu parler de tout cela&amp;nbsp;? – Ne me croyais-tu donc pas, lorsque je te disais qu’Ascylte ne pouvait s’empêcher de parler au premier venu des expertises dont il était chargé par les juges, violant ainsi allègrement le secret de l’instruction&amp;nbsp;? Si vraiment tu ne me croyais pas&amp;nbsp;: la preuve est maintenant faite de ma bonne foi. Tu n’auras qu’à regarder les noms des experts qui figurent au dossier et tu trouveras sûrement celui d’Ascylte&amp;nbsp;», ce que m’a confirmé tout à l’heure Phidippide, qui a vérifié la chose. C’est sans doute&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/12/mercredi-11-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le soir où je l’ai présenté à Tityre&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’Ascylte a parlé de cette affaire. C’est dire s’il est con, tout de même. Après la frayeur que je lui avais faite au sujet des rapports d’expertise qu’il m’avait fait lire en toute illégalité, il continue donc de se mettre hors la loi, et devant un témoin cette fois&amp;nbsp;! Cela dit, je ne suis pas beaucoup moins imprudent que lui, moi qui rapporte tout cela dans ce journal, pour le publier aussitôt&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Lundi 25 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/26/lundi-25-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Tirésias</category>
<pubDate>Tue, 26 May 2009 04:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’ai sans doute trop tardé à rendre compte de ma quatorzième séance chez Tirésias, qui a eu lieu mardi dernier. Ce sera demain la quinzième, déjà. Ce n’est pas la première fois que je tarde à consigner dans ce journal ce qui se dit lors de mes séances sur le divan. Au début, si je remettais toujours au lendemain ce petit devoir que je me suis fixé de tenir à jour la chronique de mon analyse, c’est parce qu’il m’était pénible de faire une seconde fois ces sortes d’aveux qui touchent souvent à des choses qui me sont très personnelles. Il est parfois plus difficile de soutenir le propre regard qu’on a sur soi que celui qu’y porte autrui. J’ai souvent le même déplaisir (mais il y a dans ce déplaisir un plaisir ambigu) à écrire ces rapports sur mon analyse qu’à scruter dans le miroir l’apparition de nouvelles rides sur mon visage, au coin de mes yeux, encore si imperceptibles que je ne sais jamais si elles viennent tout juste de s’ajouter aux autres ou si elles étaient là depuis longtemps déjà. Je ressens, avant de me mettre à cet ordinateur pour faire la relation de la dernière séance chez mon analyste, la même angoisse, mais le mot est sans doute trop fort, disons la même inquiétude qu’avant de vérifier que n’ont pas poussé pendant la nuit d’autres de ces taches qui m’étaient venues juste après avoir failli baiser avec Phédon, qui est noir, et qui m’avait littéralement donné la nausée (je n’en reviens pas moi-même d’être ainsi fait (ou contrefait) qu’il me faille écrire&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;de telles choses&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;sur mes relations avec des Noirs&amp;nbsp;!). C’est aussi ce genre d’inquiétude que j’ai avant de me peser et que je sais, pour avoir trop bu ou trop mangé dans la semaine, que le cadran de la balance indiquera un kilo de trop. Un kilo, sur un total de cinquante-six, ce n’est presque rien, bien sûr, et la silhouette ne s’en trouve pas changée du tout. Pourtant, ce petit rien, ce seul kilo devient obsédant, tellement qu’à lui seul, il semble peser plus lourd que les cinquante-cinq autres&amp;nbsp;! On n’est pas loin de ne plus songer qu’à ce kilo, qui est le signe écrit, la preuve qu’on a changé, qu’on a grossi, et que le risque est donc là, kilos après kilos, de devenir obèse. L’indication d’un simple kilo en trop fait prendre conscience de quelque chose qu’on ne voyait pas ni ne ressentait. Il n’y a donc pas de raison, après cette prise de conscience, de le voir davantage, ce kilo supplémentaire qui ne change rien à la silhouette. Et pourtant, on ne peut plus s’empêcher de le garder à l’esprit, il devient une gêne, petite mais constante. Ce dont je suis censé prendre conscience grâce aux libres associations que je fais au cours de mon analyse a de semblables conséquences. Je découvre des choses qui étaient invisibles, auxquelles j’ai du mal à croire moi-même et que je ne parviens pas à ressentir, à éprouver (même si je dois bien admettre que c’est à cause d’elles, précisément, que mes sentiments sont tels qu’ils sont). La découverte de ces choses ne me semble donc changer absolument rien en moi. Pour reprendre l’image de la pesée, ma silhouette est inchangée&amp;nbsp;: mon caractère, mes qualités, mes défauts, ma pente, ont l’air d’être rigoureusement les mêmes. Et pourtant, Cyrille, l’ami de ma sœur, et certains lecteurs de ce blogue me disent qu’à leurs yeux, j’ai déjà changé, en deux ou trois mois d’analyse seulement. Et de fait, j’ai moi-même constaté en moi une espèce de meilleure humeur générale, mais sans parvenir à lier résolument cette amélioration à mon analyse. Je l’y lie parce que j’ai commencé cette analyse précisément dans le but d’aller mieux, mais, à strictement parler, je n’arrive pas à faire le lien, justement. Je ne vois pas plus de rapport entre mon amélioration et mon analyse que, par exemple, entre les marées et la lune. L’influence de mon analyse sur mon humeur m’est aussi imperceptible que l’attraction de la lune sur les océans. Je sais qu’elles existent, mais il m’est impossible de les éprouver. C’est comme si la prise de conscience, qui me semble d’ailleurs souvent toute relative, avait pour conséquence des changements inconscients à leur tour&amp;nbsp;! Il se passe quelque chose qui échappe à mon contrôle, alors même que c’est pour garder ou reprendre le contrôle de ma vie que j’ai décidé de faire cette psychanalyse&amp;nbsp;! Les relations dans ce journal de mes séances chez Tirésias sont comme le kilo de trop qui s’affiche sur le cadran de la balance. Il y a une part de moi qui me dit qu’il serait bien plus simple de ne pas me peser. Sans pesée, je n’aurais pas connaissance de ce kilo supplémentaire, qui n’existe pas vraiment, puisqu’il ne change rien à la vision que j’ai de ma silhouette, mais qui est pourtant d’un poids infiniment supérieur aux cinquante-cinq autres kilos, puisqu’il est le signe inquiétant que je change sans le voir, sans l’éprouver, et presque sans le savoir, n’était l’indication de la balance. Savoir, ou avoir conscience, c’est ici bien différent d’avoir le sentiment, ou d’avoir l’impression, la sensation. La balance m’indique que je change malgré moi, ou plutôt, sans moi, en mon absence&amp;nbsp;! Sentiment fort désagréable qui m’a donc fait souvent, disais-je, remettre au dernier moment la rédaction du compte rendu des séances chez Tirésias. Mais depuis quelques semaines, il me semble qu’il y a une autre raison à ces ajournements. Lors des deux ou trois dernières séances, j’ai l’impression de n’avoir dit que des choses dépourvues du moindre intérêt, même pour moi&amp;nbsp;! C’est plutôt parce que je trouve désormais la relation de ces séances d’un grand ennui que je répugne tant à la faire&amp;nbsp;! Que j’en sois pour l’instant à trouver tout cela sans intérêt ne signifie pas que Tirésias ne parvienne pas à me faire dire, comme lors de cette quatorzième séance, des choses qui me sont très pénibles. Mais preuve qu’il ne se passe décidément rien de nouveau, en ce moment, dans cette analyse&amp;nbsp;: ces choses si pénibles, cette fois, il ne me les a pas fait dire, à strictement parler, mais répéter. Je les lui avais déjà dites lors de la énième séance&amp;nbsp;! Mais, je m’en avise à présent&amp;nbsp;: non, c’est lui, cette fois, qui a formulé les choses à ma place, plutôt que vraiment moi&amp;nbsp;: je me suis contenté d’acquiescer, furieux d’avoir à revenir sur des choses que j’avais dites dès le début de cette analyse, précisément pour ne plus avoir à les dire. Tout cela (je n’en dirai pas plus) est pour moi tellement indicible qu’il y a des mots que je ne peux absolument pas prononcer, même pour dire des choses tout autres&amp;nbsp;! Je me demande d’ailleurs si je les avais vraiment prononcés devant Tirésias, ces mots, je ne sais plus lors de quelle séance, l’une des premières, comme j’ai dit. Sans doute m’étais-je perdu dans d’interminables circonvolutions et c’est plus vraisemblablement Tirésias qui avait reformulé tout cela en une phrase, probablement assez courte, d’ailleurs. Ce sentiment que j’ai de m’ennuyer lors de ces dernières séances est peut-être la conséquence d’un sursaut du refoulement. J’imagine que c’est pour combattre ce refoulement que Tirésias m’a forcé à revenir sur des choses dont je ne veux pas parler. J’avais d’ailleurs prévu, pour cette séance, de parler de tout autre chose, de choses sans grand intérêt, donc. Voici ce que j’ai eu le temps de dire d’inintéressant, tout de même, avant que la séance n’échappe complètement à mon contrôle&amp;nbsp;: Sophronie, une amie du lycée, a retrouvé ma trace, grâce à un site d’anciens élèves, sur Internet. Elle m’a dit, dans son courriel, qu’elle avait voulu reprendre contact avec moi après avoir retrouvé dans sa chambre de jeune fille les nombreuses lettres que je lui avais écrites. Il y a des pans entiers de ma vie que j’ai totalement oubliés. Je ne me souvenais plus du toute de cette correspondance. Ce n’est pas seulement le contenu de cette correspondance, que j’avais oublié, mais l’existence même d’une correspondance échangée avec elle. Depuis cette quatorzième séance, j’ai revu Sophronie, qui m’a prêté ces lettres, que je n’ai d’ailleurs pas encore pris le temps de lire (encore un ajournement qui, probablement, n’est pas sans rapport avec le refoulement), mais dont j’ai bien reconnu le papier&amp;nbsp;! La meilleure amie de Sophronie n’est autre qu’Hermione, l’une de&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090403004933/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;mes petites amoureuses&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;de l’école primaire, celle qui, sans doute, succéda immédiatement à «&amp;nbsp;Florence, ma seconde&amp;nbsp;». Je me rappelais que nous avions été camarades de classe, Hermione et moi, mais j’avais complètement oublié que nous avions également pris des cours de piano ensemble. Sophronie m’a dit qu’Hermione se souvenait de moi comme d’un enfant qui inventait des contes de fées à faire pâlir de jalousie les Perrault et autres Andersen&amp;nbsp;! Lorsque j’étais en terminale, un certain Cléocrite, qui avait la passion du théâtre, était tombé amoureux de moi. Il m’avait écrit une lettre, lui aussi, dans laquelle il me déclarait sa flamme, mais comme il ne connaissait pas mon adresse, il avait demandé à la conseillère principale d’éducation de me la transmettre&amp;nbsp;! J’ai perdu cette lettre, comme d’ailleurs celles de Sophronie. Le pauvre Cléocrite ne pouvait pas tenter de m’aborder à plus mauvais moment&amp;nbsp;! L’année de terminale fut pour moi l’une des pires de ma vie, durant laquelle ma phobie sociale a atteint l’un de ses paroxysmes. Je n’ai donc jamais répondu à Cléocrite, mais ai beaucoup souffert d’avoir à passer tous les jours, pour me rendre aux cours de philosophie, non seulement devant lui, mais encore devant tous ses camarades de classes, à qui il ne faisait pas mystère de son homosexualité ni des vues qu’il avait sur moi. Je ne pouvais m’empêcher de penser que tout ce petit monde me dévisageait pendant toute ma traversée du couloir, fort long, qu’il me fallait emprunter pour me rendre en classe de philosophie qui, bien sûr, se trouvait tout au bout. Ce n’est pas parce que j’avais honte d’être homosexuel, comme me l’a demandé Tirésias, que j’avais peur d’aborder Cléocrite ou de me laisser aborder par lui (pas consciemment du moins&amp;nbsp;; quant à savoir ce qui se passait alors dans mon inconscient&amp;nbsp;! Mystère&amp;nbsp;!)&amp;nbsp;; c’est parce que je ne supportais pas d’être regardé et que, bien sûr, un abordage n’aurait pas manqué de jeter sur moi tous les yeux, ne serait-ce que ceux des camarades de Cléocrite, dont il me semblait déjà surprendre constamment des regards réprobateurs (à eux inspirés, selon mon délire du moment, soit par ma pédérastie manifeste (car je n’étais pas bien viril à l’époque, ce qui suffit généralement à faire un pédé, au moins de réputation), soit par mon indifférence, qui causait beaucoup de peine au garçon qui s’était épris de moi, et qui était fort aimé dans sa classe). C’était déjà bien assez pénible, pour moi, de devoir subir les regards implorants de Cléocrite, qui semblait vouloir me dire en pensée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Regarde-moi, Olivier&amp;nbsp;! Je suis le garçon qui t’a écrit cette lettre d’amour&amp;nbsp;! Tu me dois bien donner cet amour en retour, puisque tu es manifestement pédé, toi aussi&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Et la pensée m’était insupportable de la vraisemblable nouveauté des regards qu’en cas d’abordage, tous les autres auraient portés sur moi et que j’imaginais devoir se dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;! Quand même&amp;nbsp;! Il se décide enfin à répondre à notre Cléocrite, ce petit pédé qui regarde tout le monde de haut&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Car à cette époque, je n’avais pas le courage ni la force de regarder les gens dans les yeux&amp;nbsp;: aussi les regardais-je généralement au-dessus de la tête, s’ils venaient me parler, faiblesse qu’on prenait généralement pour de la superbe, ce qui, d’ailleurs n’a jamais vraiment changé depuis lors&amp;nbsp;! J’étais complètement aliéné&amp;nbsp;! J’étais l’esclave du regard insensé que je portais sur les regards qu’il arrivait inévitablement qu’on portât sur moi&amp;nbsp;! Je vivais un cauchemar éveillé. J’étais en enfer et, donc, assez peu disposé à l’amour. C’est pourtant sans doute ce qui aurait pu me sauver. Quand je repense à Cléocrite, je ne puis m’empêcher de croire que tout aurait été différent, si je l’avais laissé entrer dans ma vie et m’aimer. J’aurais trouvé en lui un soutien dans cette épreuve qu’étaient pour moi tous ces regards insoutenables, ces averses d’yeux dont je me sentais littéralement lapidé&amp;nbsp;; car, paradoxalement, c’est d’un regard qu’on a besoin, dans ces sortes de phobies, pour se protéger des regards. Grâce à l’aide de Cléocrite, j’aurais sans doute abordé différemment la vie&amp;nbsp;; j’aurais probablement vécu autrement&amp;nbsp;: j’aurais vécu, tout simplement, ce qui, pour l’instant, n’a jamais été vraiment le cas. Parfois je cherche la trace de Cléocrite en tapant son nom dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Google&lt;/em&gt;. C’est ainsi que j’ai appris qu’il était devenu comédien et metteur en scène. Sans doute est-il heureux, ce qui, peut-être, n’aurait pas été possible, s’il était tombé dans ma vie. C’est quand j’ai dit que l’année de terminale avait été pour moi l’une des pires de ma vie que Tirésias a pris le contrôle de la séance pour me faire parler de ce que je ne peux pas dire. «&amp;nbsp;Pourquoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», m’a-t-il demandé, et de fil en aiguille… J’avais tout de même eu le temps de lui dire qu’il m’était également resté de cette terrible époque de paralysie un grand respect, une grande crainte de l’autorité. Quand j’étais enfant, ma mère, cette usurpatrice de l’autorité de mon père, me façonnait de ses paroles de femme, comme le Verbe qu’il y avait au commencement, comme Dieu créant le monde en le disant. Il avait fallu, par exemple, lorsque j’avais une dizaine d’années et qu’elle venait de me faire changer de coiffure, qu’elle me dise qu’elle préférait que les cheveux sur mes tempes tiennent derrière mes oreilles, pour que je fusse pris d’une espèce de TOC, qui me faisait passer constamment mes mains dans les cheveux, pour les passer derrière les oreilles, comme le voulait ma mère. C’est probablement à cause de ce geste éminemment viril que les autres enfants de l’école se sont mis à me traiter de tapette&amp;nbsp;! Merci maman&amp;nbsp;! Tirésias m’a dit que j’étais donc, encore aujourd’hui, complètement à la merci de la volonté d’autrui, comme, par exemple, lors de mon récent enlèvement des Sabines pendant Phédon&amp;nbsp;! Il m’a dit la même chose&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/13/samedi-13-decembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’Ascylte à propos de Camille&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous ne savez pas dire non&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Cette vérité surprendra mes lecteurs qui, à force de lire ce journal, où je suis le seul maître, doivent me prêter beaucoup de volonté. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, lorsque je recherchais des plans et que je tombais sur quelqu’un qui n’était pas à mon goût, que je trouvais trop vieux, trop gros, trop sale, que sais-je encore, je n’osais pas le renvoyer ou m’en aller sans avoir baisé avec lui&amp;nbsp;: j’avais peur de me comporter mal en coupant court, de ne pas faire &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;ce qu’il fallait&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! En réalité, j’étais complètement soumis à la volonté d’autrui. Par exemple, lorsque j’étais encore étudiant à Bordeaux, j’ai baisé une fois avec un garçon qui était beau, mais qui vivait manifestement dans la rue et puait comme clochard. J’avais l’estomac tellement retourné que j’ai failli lui vomir dessus. Et je m’étouffais à moitié, parce que l’odeur de ses pieds était tellement épouvantable que je devais m’interdire de respirer par le nez pendant que je lui suçais la queue&amp;nbsp;! J’aurais pu lui demander d’aller se doucher, m’objectera-t-on… Mais non&amp;nbsp;! Je ne le pouvais pas, parce que ç’aurait été &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;manquer&lt;/span&gt; de savoir vivre&amp;nbsp;! J’ai écrit que j’étais complètement soumis à la volonté d’autrui. Mais ce n’est pas tout à fait cela. Il serait plus juste de dire qu’il y a des volontés auxquelles je me soumets entièrement. Car c’est sans doute à l’époque où je me forçais à baiser avec ce puant SDF que je faisais, de la Poupotte, ou la Glotte, comme je l’avais appelée, ma tête de Turc, tout à fait volontairement, et précisément parce que je la trouvais malodorante et sale. C’est elle, l’héroïne du «&amp;nbsp;grossier méchant&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://blog.olivier-bruley.gayattitude.com/20090425155511/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;conte&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;» que j’avais imaginé pour l’anniversaire de mon amie Laurence. J’inventais souvent des phrases dont la Poupotte était le sujet et qui faisaient beaucoup rire Myriam et Laurence, qui en inventaient d’ailleurs elles aussi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Glotte en bas-résilles&amp;nbsp;: rôti prêt à cuir&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Savez-vous pourquoi Glotte à les yeux qui brillent&amp;nbsp;? Parce qu’elle est si grosse que son godemiché, c’est le Phare des Baleines&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Quand la Glotte a ses règles, ce n’est pas des tampons qu’il lui faut acheter, mais des rouleaux de Sopalin&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Car je disais les noms des marques, dans mes beaux discours d’alors. C’est dire si j’étais tombé bas. Finalement, l’ordurière inspiration qui me faisait m’en prendre à la Glotte n’était pas bien différente de celle qui m’a fait imaginer les injures adressées à Monsieur Véto. Peut-être cette veine-là de mon inspiration est-elle un symptôme, elle aussi. Sans doute d’ailleurs ne faut-il pas être un bien fin psychologue pour comprendre que, probablement, la facilité avec laquelle j’injurie les Glotte et les Messieurs Véto et celle avec laquelle je subis l’injure de certains hommes sont les deux extrémités d’un même nœud que je suis apparemment encore bien loin d’avoir défait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Jeudi 14 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/15/jeudi-14-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Don Esteban</category>
<category>Journal</category>
<category>Monsieur Véto</category>
<category>Tirésias</category>
<pubDate>Fri, 15 May 2009 01:59:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Monsieur Véto a donc répondu à la lettre électronique dans laquelle je lui demandais de retirer sa plainte contre moi. Il m’a rappelé que j’avais mis en ligne sur mon blogue un texte nominatif extrêmement violent à son égard (c’est hélas entièrement vrai), et accessible à tous sur un simple clic (d’ailleurs, je constate qu’en lançant dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;Google&lt;/em&gt; une recherche sur Monsieur Véto, des liens mènent toujours aux pages où je le nommais et l’injuriais, même si j’ai effacé son nom de mon blogue depuis une bonne quinzaine de jours, maintenant)&amp;nbsp;; il a ajouté qu’il m’avait demandé de retirer ce nom et que je n’en avais rien fait&amp;nbsp;; qu’il n’avait donc pas pu faire autrement que de porter plainte contre moi. «&amp;nbsp;Le Web, concluait-il triomphalement, n’est pas une zone de non-droit.&amp;nbsp;» J’ai mis en doute,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/01/vendredi-1er-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;vendredi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, la bonne foi de Monsieur Véto qui, pensais-je, m’avait tendu un piège dans lequel j’étais lamentablement tombé. Je ne croyais pas, je ne crois toujours pas, d’ailleurs, qu’il ait eu sincèrement le désir de me voir retirer de mon blogue son nom ni les injures que je lui avais adressées. Tant que ces preuves de ma culpabilité se trouvaient dans mon journal, Monsieur Véto avait en effet une bonne raison de porter plainte contre moi (puisque, je le répète, il est entièrement dans son bon droit), c’est-à-dire de me nuire. Cela dit, même si je ne crois pas en la sincérité de Monsieur Véto, je dois à la vérité de dire ce qu’il m’a lui-même rappelé, dans une autre lettre électronique, c’est à savoir que, contrairement à ce que j’avais dit dans ce journal, il m’avait envoyé un courriel, le 4 janvier 2009, dont voici la texte&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Cher Olivier, je vous demande de retirer toute référence à ma personne de votre blog. Cordialement, Monsieur Véto.&amp;nbsp;» Il s’était mis à me voussoyer pour cette grave occasion, dans laquelle, néanmoins, je restais son ‘‘cher Olivier’’, qu’il saluait d’ailleurs &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;cordialement&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! N’est-ce pas délicieux&amp;nbsp;? C’est donc le 4 janvier qu’il m’avait envoyé cette lettre, c’est-à-dire, si ma mémoire est bonne, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;avant&lt;/em&gt; que je ne bloque son adresse électronique, pour ne plus avoir à subir l’irritante démangeaison de ce pou du pubis. Je n’ai aucun souvenir de ce courriel, dont je ne mets cependant pas en doute la réalité. Seulement, je ne me rappelle qu’à présent que l’exaspération m’avait fait effacer sans les lire certains des messages de Monsieur Véto. C’était d’ailleurs précisément pour ne plus les recevoir que j’avais bloqué aussitôt après son adresse électronique. Tout cela ne m’excuse en rien, puisque je suis responsable de ce qui est publié dans mon blogue. Mais ce courriel que j’avais donc bien reçu, sans pour autant le lire, montre, je le crains, à quel point je suis décidément indéfendable&amp;nbsp;! Même ma petite théorie de la mauvaise foi de Monsieur Véto, à laquelle je crois toujours autant et qui aurait pu être à mon bénéfice une circonstance atténuante, ne tient pas vraiment. Quelle admirable vérité que ce Web qui n’est pas une zone de non-droit&amp;nbsp;! Elle est de ces vérités qui font comme donner corps aux imbéciles, à la fois leur tenant lieu de profondeur (proprement abyssale) et d’indépendance d’esprit (quelle nouveauté, en effet, que cette idée&amp;nbsp;si originale, si audacieuse, si courageuse, même, que le Web n’est pas etc.)&amp;nbsp;! Non, le Web n’est pas une zone de non-droit. C’est en vertu de telles lois que les Messieurs Véto peuvent sévir en toute impunité sur Internet&amp;nbsp;: ils mettent tout leur art à pousser leurs ennemis dans les derniers retranchements de l’infraction, pour pouvoir ensuite les menacer de recourir à la justice, quand ils ne le font pas tout bonnement, sans crainte du ridicule. C’est ainsi qu’a procédé Monsieur Véto, qui a tout fait pour se faire injurier (ce qui, je le redis, ne m’excuse en rien, certes, mais peut tout de même expliquer la violence de ma réaction), pour affecter ensuite d’être tout étonné de l’avoir été&amp;nbsp;! Encore une fois&amp;nbsp;: c’était un piège&amp;nbsp;; je suis tombé dedans. Après tout, c’est la pure vérité, et c’est une bonne chose pour la paix civile (cela dit sans aucune ironie)&amp;nbsp;: le Web n’est pas ni ne doit être une zone de non-droit. Quant à moi, je voudrais faire entendre cette autre vérité, beaucoup plus petite, il est vrai, et qui n’a certes pas force de loi, que ma vie ni le récit que j’en fais ne sont des pissotières. Quel besoin Monsieur Véto avait-il donc de venir pisser sur moi la désapprobation, le mépris que lui inspiraient la façon que j’ai de mener ma vie, de la juger ou d’en faire étalage dans mon blogue&amp;nbsp;?&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/04/dimanche-3-avril-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;J’ai déjà dit&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;qu’il y avait un malentendu entre mes lecteurs et moi&amp;nbsp;: ce n’est pas parce que je publie cette relation de ma vie, ce n’est pas non plus parce que la possibilité est laissée aux internautes d’écrire des commentaires dans mon blogue, qu’ils ont moralement le droit de m’y faire part (ou dans des lettres électroniques) de tout le mal qu’ils pensent de moi&amp;nbsp;; du bien qu’ils en pensent, à la rigueur, mais c’est tout&amp;nbsp;! Peut-être la crudité de certains de mes propos fait-elle croire aux plus ou aux moins sensibles de mes lecteurs, aux moins humains d’entre eux, serais-je tenté d’écrire, que j’ai le cœur particulièrement bien accroché, et que je puis donc tout entendre sur mon compte sans m’en émouvoir. Eh bien&amp;nbsp;! Je vais peut-être en décevoir beaucoup, mais il n’en est rien&amp;nbsp;! Ce n’est pas parce que je suis méchant, comme don &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Esteban&lt;/span&gt; le prétend, sans doute d’ailleurs à juste titre, ce n’est pas non plus parce que j’affecte parfois ou souvent, je ne sais, d’être un cynique (mais je dis bien que je l’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;affecte&lt;/em&gt; seulement), ce n’est pas enfin parce que je suis plus enclin à montrer la partie la plus dure, je veux dire la plus indurée et la plus endurcie, de mon cœur, que je suis pour autant dépourvu de cette tendresse, de cette fragilité, peut-être même de cette gentillesse qu’il y a dès la naissance au cœur de tout homme et qui en font d’ailleurs sans doute la force paradoxale, la densité, la teneur. (Par exemple, ce n’est pas parce que je ne me cache pas d’aller occasionnellement me prostituer, le plus souvent ‘‘pour arrondir les fins de mois’’, que je ne rêve pas aussi de l’amour le plus pur et de l’eau la plus fraîche&amp;nbsp;! Il me semblait évident que les putes pouvaient avoir les mêmes aspirations que les jeunes filles en fleur. Même en pratiquant ce métier qui passe pour honteux, il arrive qu’elles s’attendent, comme n’importe qui d’autre et tout simplement parce qu’elles en méritent autant, à du respect, pour écrire un mot à la mode. (Mais qu’on n’aille pas s’imaginer que je me considère réellement comme une pute. Je ne me définis en effet pas plus comme tel que comme un distributeur de prospectus, par exemple. Mes deux travails, purement alimentaires et prenant relativement peu de mon temps, ne constituent qu’une part marginale de mon mode de vie. Si j’osais, je dirais que je ne pratique pas assez assidûment le noble métier de pute pour pouvoir me prévaloir du si beau titre qu’il confère&amp;nbsp;! C’est tout de même le plus vieux métier du monde&amp;nbsp;! Mais j’imagine que qualifier de noble un tel métier est déjà condamnable&amp;nbsp;! Je m’empresse donc d’ajouter que je ne pense pas vraiment ce que je viens d’écrire…) Je le disais l’autre jour&amp;nbsp;: je n’en suis pas moins homme&amp;nbsp;! C’est sur un homme que l’incontinent Monsieur Véto est venu se soulager de la mauvaise opinion qu’il avait de moi. Et c’est également un homme que j’ai honteusement injurié. Comment expliquer que je me sois laissé tomber si bas&amp;nbsp;? Les quelques phrases qui font l’objet du délit étaient réellement épouvantables et dignes d’être proférées par les pires canailles issues des ‘‘cités’’ les plus &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;diverses&lt;/em&gt; ou les plus &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;sensibles&lt;/em&gt;, je ne sais comment dire&amp;nbsp;: dignes d’un assassin (cela dit sans vouloir faire d’&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;amalgame&lt;/em&gt;, comme je crois qu’on appelle la chose, ni de généralisations abusives… Je crains que les &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;amalgames&lt;/em&gt; ne soient aussi condamnés, ou du moins aussi condamnables, que les discriminations ou que certaines incitations ou apologies dont je me serais également rendu coupable et dont il me faudra reparler. (Fin de cette parenthèse écrite à l’attention de la police, qui veille et lit peut-être encore ce blogue.)) Pourquoi suis-je tombé si bas&amp;nbsp;? Probablement parce que c’est dans une mauvaise période de ma vie que Monsieur Véto est venu déverser sur moi la tiède urine qui lui sert de conscience. Je venais d’être trahi par &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; et Camille, et ceux qui me lisent vraiment savent sans doute combien j’en ai souffert. C’est cet événement, et la radicalité de la réaction qu’il a failli m’inspirer, qui m’ont finalement décidé à commencer mon analyse avec Tirésias. J’étais donc à ce moment dans un tel état que la haine, la violence, le mépris, les grossièretés, les noms d’oiseau qu’il y avait en moi ne demandaient qu’à en sortir. Il ne fallait qu’un mot pour me faire exploser, et ce sont des lettres que Monsieur Véto m’écrivait, des lettres qui, je crois l’avoir déjà dit, auraient tout eu de vulgaires lettres anonymes, si je n’avais pas connu l’identité de leur auteur… Evidemment, Monsieur Véto ne pouvait pas savoir dans quel état je me trouvais, puisqu’il n’était plus un lecteur régulier de mon blogue, comme il me l’avait dit lui-même dans l’une de ses ‘‘lettres anonymes’’. Non, Monsieur Véto ne venait plus jeter un œil à mon journal que très occasionnellement, c’est-à-dire lorsqu’il ne pouvait plus se retenir de déverser les flots de sa bonne conscience ammoniaquée sur moi, de me pisser dessus, donc, ce qui me fait dire qu’il prenait ma vie et le récit que j’en faisais pour des pissotières. J’avais dit&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/07/08/lundi-7-juillet-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;un jour&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;que j’avais la naïveté de croire que le fait d’écrire sous son véritable nom incitait à plus de retenue, à plus d’égards envers la personne qu’on juge mal. «&amp;nbsp;On est sans doute moins tenté, poursuivais-je, de se laisser aller à l’injure ou la diffamation. On est moins tenté par le style ‘‘lettre anonyme’’, en somme. Le nom rend plus responsable. On pourrait m’objecter que même en écrivant sous mon véritable nom, j’ai souvent dans ce journal des considérations peu respectueuses de mon entourage. Sans doute. Mais il y a une différence énorme entre un Monsieur Véto et moi : j’écris sous mon véritable nom des horreurs sur des gens que je protège en leur donnant des pseudonymes ; il écrit sur moi des horreurs en se protégeant derrière son faux prénom (car à ce moment-là, il n’écrivait pas encore ses commentaires sous sa véritable identité) ! Lui qui trouve que je tombe chaque jour un peu plus bas dans ce journal est tombé bien plus bas que moi, me semble-t-il&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» J’ai donc fini par tomber aussi bas que Monsieur Véto, en l’injuriant fort, mais à un moment où il avait eu le petit courage de ne plus cacher sa véritable identité sur ce blogue. (Depuis, il semble avoir perdu ce courage, pourtant si petit, du nom. Car c’est bien de retirer de mon blogue toute référence à sa personne, qu’il m’avait demandé, dans sa lettre du 4 janvier, et non seulement les injures dont il était victime.) Dans la deuxième des lettres électroniques qu’il m’a tout récemment envoyées, Monsieur Véto m’écrit ceci&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu veux (car il s’est remis à me tutoyer), tu veux que je sorte de ta vie (Dieu sait que je ne demande pas mieux) et, à la fois, tu ne parles que de moi. Règle tes propres contradictions une bonne fois pour toutes.&amp;nbsp;» Sans doute est-il vrai que je me contredis souvent dans ce blogue. Cela dit, je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de surprenant dans le fait que je parle beaucoup, dans mon journal intime, de l’homme qui, en portant plainte contre moi pour injures, a attiré l’attention de la police sur d’autres délits dont je pourrais être accusé, c’est à savoir la prétendue apologie de la prostitution que j’aurais faite dans une ou deux phrases qui, d’ailleurs, n’avaient sans doute pas échappées à Monsieur Véto, qui ne doit pas peu se réjouir, je pense, d’avoir fait d’une pierre deux coups&amp;nbsp;! (J’expliquerai un autre jour pourquoi cette accusation-là, au moins, ne tient pas debout, selon moi.) Il n’y a vraiment rien d’étonnant à ce qu’un homme qui tient un journal intime y parle beaucoup de la personne qu’il juge responsable des deux heures qu’il a passées au commissariat de police, à débattre avec deux inspecteurs de littérature (je n’invente rien), d’homosexualité, de prostitution et de l’apologie que j’aurais donc faite de cette dernière. Je n’irai certes pas jusqu’à dire que l’expérience fut traumatisante, mais elle fut fort désagréable. Par contre, je pourrais probablement dire qu’il y a en effet quelque chose de traumatisant dans le fait de se sentir complètement à la merci d’un Monsieur Véto, c’est-à-dire de la bêtise la plus ordinaire, partagée, triomphante, et qui, non contente d’avoir raison, semble encore vouloir avoir raison de moi. C’est au procureur de la république que revient la décision de me poursuivre ou pas. Pour l’instant, je ne sais absolument pas quelle sera cette décision. J’imagine que je ne serais pas même informé du choix qu’il ferait de me laisser tranquille… Probablement n’est-on informé que si l’on est poursuivi. (Monsieur Véto, quant à lui, n’a pas daigné me dire s’il consentait à retirer sa plainte contre moi.) Mais quand donc cela se produira-t-il&amp;nbsp;? Il s’est tout de même écoulé presque la moitié d’une année entre le dépôt de plainte de Monsieur Véto et mon audition par les policiers. C’est donc comme s’il y avait une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Mais cette épée, pour moi, c’est l’épée de Monsieur Véto&amp;nbsp;: c’est pourquoi je parle de lui dans ce journal. Il est tellement con qu’il y voit une contradiction. J’ajoute, mais je crois l’avoir déjà dit, que le Monsieur Véto de ce journal n’est plus tout à fait seulement le Monsieur Véto qui a porté plainte contre moi. C’est un type humain. C’est une allégorie de la bêtise humaine. Mais son &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;ego&lt;/em&gt; est tellement démesuré qu’il croit que c’est uniquement de lui que je parle. A-t-il seulement compris pourquoi je m’étais mis à l’appeler Monsieur Véto&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Jeudi 7 mai 2009</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<pubDate>Fri, 08 May 2009 02:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Lu cet après-midi dans le journal local&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L’experte était sans diplôme. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Autodéclarée&lt;/span&gt; psychologue, cette femme de 53 ans a berné les tribunaux pendant plusieurs années, où elle avait la qualité d’expert. Elle a été mise en examen pour usage de faux et placée sous contrôle judiciaire.&amp;nbsp;» Dans l’article consacré à cette affaire, il y a cette phrase&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Comment cette femme a-t-elle réussi &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;a&lt;/span&gt; obtenir l’avis favorable du parquet général pour être inscrite sur la liste des experts&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Je ne cesse de me poser la même question au sujet d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Acylte&lt;/span&gt;, qui est, comme cette dame, expert-psychologue près la cours d’appel de Bordeaux. Les enquêtes de moralité ni les vérifications ne doivent pas être menées bien loin dans cette ville&amp;nbsp;! L’honnêteté, la moralité, la compétence d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; me semblent plus que douteuses. Il a plusieurs fois trahi le secret professionnel et le secret de l’instruction. Christophe prétendait même qu’il n’avait pas les diplômes requis pour faire partie du collège des experts. Il m’avait dit que c’était &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; lui-même qui le lui avait confié, mais je ne l’avais pas cru. Je dois garder à l’esprit le mauvais exemple de Monsieur Véto et ne pas tomber aussi bas que lui. Cet après-midi, j’ai vendu mon appartement de la rue de Cordeliers. Il faudra que j’en reparle. Il y a beaucoup de choses dont je dois reparler dans ce journal. De la vente de mon appartement, de Monsieur Véto, qui a répondu à ma lettre électronique, de la raison pour laquelle il est consigné dans les archives du centre communal d’action social que j’ai été radié du ‘‘dispositif RMI’’ en décembre 2007, du RSA, de l’apologie que la police prétend que j’ai faite de la prostitution. Mais pas ce soir. Le petit Osman m’a fait trop boire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Lundi 4 mai 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/05/lundi-4-mai-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
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<category>Camille</category>
<category>Didymias</category>
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<category>Mon père</category>
<category>Phédon</category>
<category>Tirésias</category>
<category>Tityre</category>
<pubDate>Tue, 05 May 2009 03:45:06 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Je dois me rendre demain à ma douzième séance chez Tirésias et je m’aperçois que je n’ai pas encore parlé de ce dont il avait été question lors de la onzième, la semaine dernière. Quant à la semaine précédente, il n’y eut pas de séance du tout, Tirésias ayant dû s’absenter. Je sais déjà qu’il sera beaucoup question, demain, de ce que j’ai écrit dans ce journal,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/05/02/samedi-2-mai-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;samedi 2 mai&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;, à propos de Phédon, le petit Guyanais, de sa peau noire, de ma nausée, des tâches marron apparues sur ma peau le lendemain et de ma grande angoisse en les découvrant. J’avais d’ailleurs oublié de préciser, ce jour-là, pensant naïvement que c’était inutile, que l’espèce de dégoût que, très probablement, Phédon m’a inspiré, au point que j’en ai eu la nausée et que j’ai cru que toutes ces tâches étaient apparues sur ma peau dans mon sommeil, comme par contamination, trouve son origine dans mes entrailles. Je ne faisais que tirer les conséquences des associations que j’ai faites, et qui semblent indiquer que c’est parce que Phédon est noir qu’il m’a été impossible de coucher avec lui, c’est-à-dire parce qu’il est tout le contraire du roux et pâle Camille. Mais ces conclusions (ma préférence pour le blanc plutôt que pour le noir) que je me suis permis de tirer ne sont fondées qu’en psychanalyse&amp;nbsp;! Elles n’ont aucune valeur politique, sociale, intellectuelle, je ne sais comment dire. Il y a pourtant un internaute qui s’est permis de me faire remarquer (sur le site de pédé habituel) que ce que j’avais écrit était «&amp;nbsp;à gerber&amp;nbsp;», pour reprendre ses mots. Et il ne croyait pas si bien dire, car on peut être amené à beaucoup parler en effet des productions de ses entrailles, lors d’une analyse. Est-ce que l’antiracisme s’est déjà si totalement imposé que, même dans les psychanalyses, il faille faire comme si les races n’existaient pas, je veux dire ces différences de couleur qui sautent aux yeux et peuvent avoir une très grande importance pour l’inconscient&amp;nbsp;? Pourquoi serait-il choquant d’écrire que c’est &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;parce qu&lt;/em&gt;’il avait la peau noire qu’on a eu du dégoût pour tel garçon, comme j’ai fait, s’il ne l’est pas de dire, comme ce semble être le cas, puisque personne ne m’en a fait la remarque, qu’on a eu du désir pour tel autre (Camille, en l’occurrence), &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;parce qu&lt;/em&gt;’il était roux et qu’il avait la peau très blanche&amp;nbsp;? J’espère que l’antiracisme ne nous mènera pas si loin, je veux dire jusqu’au point de nous imposer des quotas de Noirs ou d’arabes dans nos relations sexuelles&amp;nbsp;! Cela dit, si vraiment il me fallait coucher avec un Noir pour prouver ma stricte orthodoxie antiraciste, je crois que je serais tout à fait capable de surmonter mon dégoût, quand une fois j’aurais résolu de le faire. Après tout, je n’ai que rarement du goût pour mes ‘‘clients’’ et je réussis pourtant assez facilement, d’habitude, à faire comme si j’en avais. Mais c’est précisément parce que je ne m’étais pas foncièrement avisé de ce dégoût que je me suis laissé submerger par lui, avec Phédon. J’avais pour ce garçon une curiosité non feinte, parce qu’il me semblait être très différent de l’idée que je m’étais faite jusqu’alors des Noirs, parce que le trouvais réellement attirant lorsqu’il était habillé, et que le désire qu’il m’avait inspiré était sincère. C’est parce que je ne m’attendais pas à ce dégoût qu’il m’a terrassé. D’autant que je n’en ai pris conscience que le lendemain, en tentant d’analyser ma réaction. Sur le moment, j’étais entièrement inconscient de la cause de ce dégoût, ce qui explique que j’y aie si totalement succombé. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;, à qui j’ai raconté ma débandade, me dit qu’il trouve surprenant que je parvienne, par instants, à avoir du désir pour des gens qui ne m’en inspirent pas d’ordinaire. (Peut-être devrais-je parler de ce désir paradoxal à Tirésias.) Ce n’est pas la première fois, en effet, que je confiais à &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt; avoir couché avec des gens qui me déplaisent. Je l’ai d’ailleurs encore fait récemment avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, après l’avoir invité à nous rejoindre chez &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Tityre&lt;/span&gt;,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/03/12/mercredi-11-mars-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;le onze mars dernier&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. (Tant que j’en suis à parler d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: il m’a rejoint hier soir, sur MSN, pour me dire qu’il avait retrouvé les vœux que je lui avais envoyés&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/01/15/mercredi-14-janvier-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;au mois de janvier&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Il voulait savoir s’il avait pensé à m’en remercier&amp;nbsp;! J’ai beau tourner notre conversation dans tous les sens, il semble bien qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; ait pris cette lettre, qui était pourtant odieuse, pour de véritables vœux de bonheur&amp;nbsp;! Il m’a parlé de nouveau de ses problèmes de santé et dit souffrir d’une insuffisance &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;corticosurrénalienne&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;. Je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut être. Tout ce que je sais, qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; m’a appris, c’est que cette insuffisance a pour conséquence de lui rendre très difficile de bander, de jouir ou même d’avoir du désir. Mais je me demande si cette insuffisance n’a pas aussi de fâcheux effets sur ses capacités intellectuelles. Comment expliquer autrement qu’il ait cru que mes vœux partaient d’un bon sentiment&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Comme un Romain d’une Sabine.&amp;nbsp;» Comme j’avais repris à côté de mon nom, sur MSN, ces quelques mots, dont la tournure me plaisait, &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; m’a demandé ce qu’ils signifiaient pour moi&amp;nbsp;? Il voulait savoir si j’étais amoureux. (Sans doute y voyait-il, lui aussi, le nom de Camille, qui s’appelle Romain, en réalité, comme j’ai déjà dit.) Je lui ai donc expliqué que c’était une allusion à l’enlèvement des Sabines, parce qu’un garçon s’était récemment emparé de moi, dans une discothèque, ‘‘comme un Romain d’une Sabine’’, pour me faire tourner dans ses bras sur la piste de danse.&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Ah&amp;nbsp;! &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;m’a&lt;/span&gt;-t-il répondu, je n’ai jamais entendu parler de cet épisode.&amp;nbsp;» Il ne voyait réellement pas à quoi je faisais allusion&amp;nbsp;! Est-ce que ce n’est pas effrayant, tout de même, de savoir que les juges d’instruction confient des expertises psychologiques à des hommes qui ne savent pas ce que c’est que l’enlèvement des Sabines&amp;nbsp;? On ne peut s’empêcher de se demander s’ils ont déjà entendu parler de ce prince de l’antiquité, qui s’appelait Œdipe, et qui avait tué son père et couché avec sa mère… Mais je crois avoir déjà dit dans ce journal qu’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt; était un imposteur. &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;, c’est Tartuffe à l’époque des cellules psychologiques&amp;nbsp;! Il voudrait me revoir, pour m’inviter à dîner… Alors qu’il n’a même pas été fichu de bander, lors de notre dernière entrevue&amp;nbsp;!) &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Voici donc la relation de ma onzième séance avec Tirésias&amp;nbsp;: Je lui ai parlé de&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/04/26/samedi-25-avril-2009.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;ma relation sexuelle avec &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Didymias&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Il m’embrassait trop. C’en était oppressant. (Est-ce qu’il ne me traitait pas comme une femme&amp;nbsp;?) Je ne supporte pas non plus que ma mère m’embrasse ni me touche. D’ailleurs, je lui ai demandé de ne plus le faire depuis une ou deux années. Elle avait en particulier l’habitude, en m’embrassant, de poser&amp;nbsp;la main sur mon épaule ou de me toucher le cou, ce qui m’était particulièrement pénible. Pendant les relations sexuelles, je trouve angoissant qu’on m’embrasse dans le cou. Cette sorte de plaisir est pour moi une épreuve difficile à affronter. On ne peut pas me faire de suçons à cet endroit (n’ont plus qu’ailleurs, je m’en avise). Ils me donnent l’impression d’être vampirisé. C’est absolument insoutenable. J’ai lu que Freud expliquait en partie l’antisémitisme par le complexe de castration. Je ne suis pas antisémite, mais j’ai une certaine défiance envers l’Islam (circoncision/castration, comme pour l’antisémitisme&amp;nbsp;?). J’ai plusieurs fois regardé sur Internet des vidéos dans lesquelles des hommes se font trancher la tête par des islamistes (en Afghanistan, le plus souvent). Je me demande si, inconsciemment, une connexion ne s’est pas faite entre le complexe de castration et ces images de décapitation. De là viendrait la difficulté que j’ai à me laisser toucher le cou. Ma mère a tout d’une mère castratrice. Il m’était pénible de me faire toucher le cou par elle parce que je n’aimais pas la sensation qu’il en résultait d’être sous son emprise (et&amp;nbsp;aussi&amp;nbsp;: courber la tête). «&amp;nbsp;Vous avez le sentiment d’être vampirisé par votre mère&amp;nbsp;», me dit Tirésias. Un garçon circoncis est pour moi l’étranger par excellence. Or j’ai déjà dit que c’est aussi un frère que je voudrais trouver dans l’être aimé, c’est-à-dire quelqu’un de ma race, au sens de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal&quot;&gt;famille&lt;/em&gt;. Le sexe de mon père&amp;nbsp;: j’ai toujours eu le sentiment que mon père et moi, d’après mon souvenir, avions des sexes de même forme et de même taille, comme s’ils étaient ce par quoi nous pouvons nous considérer de même race. A une époque, ma mère me laissait entendre que c’était à cause de moi qu’elle n’avait pas pu reprendre de vie sentimentale après son divorce d’avec mon père. Elle prétendait qu’à l’époque où elle fréquentait Jacob, le seul amant qu’elle ait eu, immédiatement après le divorce, je leur faisais des scènes terribles lorsqu’ils allaient s’enfermer dans la chambre de ma mère. Je suis presque sûr à présent qu’elle m’a menti. Je n’ai le souvenir d’avoir frappé qu’une fois à leur porte, parce que je ne comprenais pas pourquoi ils s’enfermaient dans la chambre. Ils m’expliquèrent alors qu’ils voulaient être seuls, et je n’ai plus refait de scène. J’imagine à présent que ma mère a inventé que j’avais été excessivement jaloux, pour me rendre responsable de son échec avec les hommes. Ou bien&amp;nbsp;: le refoulement m’a fait oublier que ma mère a raison de me faire ces reproches&amp;nbsp;? Jacob était photographe. Ses photos, ainsi que celles qu’avaient faites l’un de ses amis, photographe lui aussi, montrent deux enfants malheureux&amp;nbsp;: ma sœur et moi. Ma mère, qui a toujours aimé la beauté de ces photos, les faisait admirer à ses amies. Tout le monde ne voyait que la beauté des photos. Personne ne voyait les enfants malheureux qu’elles &lt;span class=&quot;GramE&quot;&gt;représentaient&lt;/span&gt;&amp;nbsp;! (Ma sœur me dit au contraire que c’est ce qui frappait ses propres amies, lorsqu’elles venaient chez nous&amp;nbsp;: notre tristesse sur ces photos.) Maintenant que j’y repense, je me demande si Phédon n’était pas circoncis. J’ai vu sa queue, je l’ai sucée, mais j’avais tellement bu que je ne me souviens plus de ce détail crucial. C’est absurde d’écrire que je me demande si, inconsciemment, une connexion ne s’est pas faite entre le complexe de castration et ces images de décapitation, d’où s’expliquerait la difficulté que j’ai à me laisser toucher le cou. Cette difficulté est antérieure aux vidéos de décapitation. Sans doute ces dernières ne font-elles que renforcer, d’une part, la difficulté que je disais, et, d’autre part, la défiance que j’ai envers l’Islam, en redoublant en quelque sorte la peur de la castration.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Mercredi 22 avril 2009</title>
<link>http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2009/04/23/mercredi-22-avril-2009.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Olivier Bruley)</author>
<category>2009</category>
<category>Ascylte</category>
<category>Camille</category>
<category>Hieronymus</category>
<category>Journal</category>
<category>Ma soeur</category>
<pubDate>Thu, 23 Apr 2009 01:55:45 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Tout à l’heure, coup de téléphone de la police, qui était fort étonnée de mon absence à un rendez-vous prévu depuis longtemps, m’assura-t-elle, mais auquel je n’ai jamais reçu la convocation, qui s’est peut-être perdue au milieu des prospectus de ma boîte aux lettres, à moins qu’elle n’ait été égarée par la poste, ce qui est tout de même plus vraisemblable. Un nouveau rendez-vous a été pris pour le jeudi 30 avril. «&amp;nbsp;Cette convocation, puis-je vous demander à quel sujet&amp;nbsp;? – Non&amp;nbsp;», me fut-il répondu par la policière, «&amp;nbsp;on vous le dira quand vous serez venu.&amp;nbsp;» Peut-être est-ce qu’on veut me confronter à&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/12/07/samedi-6-decembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;ce basané qui m’avait rossé parce que j’avais osé traverser la rue sur les clous&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;; peut-être à&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2008/11/18/lundi-17-novembre-2008.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;l’excité qui avait arraché le rétroviseur de ma voiture&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;. Peut-être, au contraire, est-ce moi qui ai commis un délit sans le savoir. Ou peut-être que quelqu’un, qui a lu quelque chose de répréhensible dans les pages de ce journal, a décidé de me dénoncer&amp;nbsp;? Ce chien d’&lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Ascylte&lt;/span&gt;&amp;nbsp;? Camille, diabolique minet de gouttière&amp;nbsp;? &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hiéronymus&lt;/span&gt;, l’empoisonneur&amp;nbsp;? Je verrai bien. Nous avons décidément les mêmes goûts en matière de garçons, ma sœur et moi&amp;nbsp;: dînant avec moi, ce soir, Julie m’a fait en effet cette confidence qu’elle avait été fort ébranlée, le jour où je lui avais présenté Camille&amp;nbsp;: non seulement il correspondait parfaitement à son type de garçons, mais encore lui rappelait-il énormément &lt;span class=&quot;SpellE&quot;&gt;Hiéronymus&lt;/span&gt; ou cet autre jeune homme dont elle a été très amoureuse, qui s’appelait Julien,&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://oliviermb.hautetfort.com/archive/2006/03/11/vendredi-10-mars-2006.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;et qui me trouvait beau&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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