14/10/2009
Mardi 13 octobre 2009
O rem ridiculam, mon journal, et iocosam ! Voici la charmante scène, mais qui m’a paru fort étrange, dont je fus cet après-midi le témoin. Sans doute est-ce l’époque qui me la fait trouver étrange. J’étais en train de décharger de ma voiture, qui était honteusement garée sur un trottoir, une partie de ma cargaison de prospectus, pour les distribuer dans le quartier. Quand arrive une colonne d’écoliers, précédée de l’instituteur. En passant devant moi, certains enfants me saluent poliment. Je leur réponds le plus indifféremment possible, de peur, sans doute, par les temps qui courent, de passer pour un pédophile ! Il me suffit largement d’être raciste, homophobe, incitateur de haine et promoteur de la prostitution. Je laisse aux ministres et autres cinéastes la pédophilie (que je condamne évidemment, comme d’ailleurs la prostitution, le racisme, l’homophobie et ainsi de suite !). Mais voici ce que j’ose à peine écrire qui m’a ému, dont je fus le témoin. Deux garçons semblaient fermer volontairement la colonne, pour pouvoir se tenir enlacés comme des amoureux, sans être vus du reste des élèves, ai-je pensé. Car je me suis souvenu de ma propre enfance : à l’âge de ces garçons, qui n’avaient que dix ou onze ans, jamais je ne me serais permis d’enlacer ainsi un camarade de classe. J’étais déjà trop conscient de ma ‘‘différence’’, pour parler comme tous ces pédés, pour risquer de la faire découvrir aux autres en ayant de tels gestes. Mais je me suis demandé si ces autres, de mon temps, ceux qui n’avaient pas de ‘‘différence’’, ou du moins pas de différence de cet ordre, se laissaient aller à de telles démonstrations d’amitié entre eux, comme il paraît qu’il est fréquent dans certains pays, du Maghreb en particulier, et jusque bien au-delà de l’enfance. Ces deux garçons n’étaient-ils que de bons camarades, des frères, peut-être, qui ne cherchaient absolument pas à se cacher, mais que le hasard avait fait fermer la marche de cette classe ; ou s’ils étaient bien de petits amants profitant du retour vers l’école toute proche pour se donner des marques d’affection ? Le fait que je me pose de telles questions me classe-t-il parmi ces malheureux parias que l’époque abhorre ? Se servira-t-on du texte que je viens d’écrire pour briser ma carrière politique, dans vingt ans, quand je serai ministre du prince qui règnera sur une France devenue plus schizophrène encore, peut-être même carrément musulmane ? (Cela dit sans vouloir offenser les musulmans, bien sûr, pour lesquels je m’empresse d’ajouter que j’ai beaucoup de respect, pour ne pas dire le plus grand amour, et même la plus folle passion : c’est leur religion que je n’aime pas, si du moins il est encore permis de ne pas l’aimer, ce qui n’est peut-être déjà plus le cas, comme m’a laissé récemment entendre un internaute complice de l’islam, c’est à savoir Dorante, comme je crois qu’il m’est arrivé de le nommer dans ce journal. Si vraiment il n’est plus permis de ne pas l’aimer, soyons prudent, et disons plutôt que je ne la connais pas encore assez intimement pour m’être avisé de tout ce qu’elle recélait de si aimable, de si désirable, de si préférable, pour nous autres Français qui nous étions jusqu’alors si bien passé d’elle. Délire franchouillard, dirait Félicité-Coupable, qui a probablement raison. Ah ! Vivement que j’emprunte mon propre chemin de Damas, un chemin de Damas mahométan, ce qui, d’un point de vue strictement géographique, devrait aller sans dire.)
13:41 Publié dans 2009, Dorante, Félicité-Coupable, Journal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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