12/09/2009
Vendredi 11 septembre 2009
Hier soir, en buvant du rosé à la terrasse d’un café, j’ai pu voir un gros rat qui traversait en courant la place Saint-Roch. Preuve que ma psychanalyse est efficace, moi qu’une peur irrationnelle empêcha pendant si longtemps de demeurer dans un tel endroit, j’avais passé l’après-midi à la bibliothèque municipale, pour jouir non pas tant de la richesse toute relative des fonds que du calme que j’étais sûr de trouver dans un lieu que mes encombrants amis ne fréquentent évidemment pas. J’eus enfin la paix pour quelques heures. Un garçon qui lisait, mollets nus et chevilles, / Jouait de ses orteils avec ses espadrilles. Comme il était beau ! Il se levait parfois, pour aller choisir d’autres livres, et s’arrêtant gracieusement devant tel rayonnage en ne faisant porter le poids de son corps que sur une jambe, il me faisait penser au célèbre David de Donatello. De retour à sa table de lecture, il libérait de nouveau ses pieds du tissu des espadrilles et faisait peser son front sur sa main, dont les doigts jouaient à leur tour inconsciemment avec ses cheveux en bataille. C’était la grâce faite garçon. Parfois il me regardait, sans la moindre expression sur le visage. Peut-être était-il le jeune dieu tutélaire de cette bibliothèque.
02:26 Publié dans 2009, Journal, Rimes et vers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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