13/05/2009

Mardi 12 mai 2009

            Un jeune homme avec qui j’ai chatté, et qui se trouve être le fils de voisins de ma mère, m’a dit tout à l’heure : « Tu vois, toi, quand tu avais dix-huit ans, je rêvais de rentrer à six heures du matin et de te croiser sur mon chemin ». Est-ce qu’il ne pouvait pas prendre son courage à deux mains, cet idiot ? Entre cette phrase et la précédente, quinze ans plus tard, je suis allé chez lui pour exaucer le vœu de ce garçon. « Voudrais-tu que nous nous croisions ce soir ? », lui ai-je demandé. Il le voulait toujours, en effet. Nous avions déjà chatté une première fois ensemble, il y a quelques mois. Cette fois-là, c’est lui qui était venu chez moi, mais nous n’avions rien fait. Il avait prétendu que je n’étais pas son style de garçons, ce qui est sans doute faux, puisque j’étais le sien à dix-huit ans. Il m’avait alors parlé de ma sœur, qu’il avait également remarquée à l’époque où il vivait chez ses parents, et qu’il rêvait de croiser elle aussi au petit matin… Je crois que c’est un des ces bisexuels qui ne s’assument pas entièrement, ce qui pourrait expliquer sa retenue, la fois où il est venu chez moi. Je ne puis que redire ce que tout à l’heure, avant d’aller chez lui : il aurait dû prendre son courage à deux mains à l’époque. Sans doute alors l’épaisseur de ses manières et de son caractère était-elle tempérée par la finesse et la grâce des corps et cœurs adolescents. Je devine à ses vestiges qu’il dut être éminemment garçon, c’est-à-dire, pour moi, éminemment désirable. Mais je vois à présent un jeune homme empâté, fatigué, désenchanté. C’est terrible, le temps qui passe. Il n’a pas la même emprise sur tous les êtres. Au début, du moins.

Commentaires

Bonjour,

Je viens de découvrir votre blogue graçe à WRejault.
Je tenais juste à vous dire que j'aime beaucoup votre prose même si parfois il est difficile de vous suivre tant les articles sont condensés!

Bonne continuation, la sincèrité manque et vous êtes à votre place ici!

G

Ecrit par : Gwen | 20/05/2009

Ecrire un commentaire