26/04/2009

Samedi 25 avril 2009

            « Je pourrais te regarder pendant des heures », me disait-il de sa voix énamourée, entre deux plongeons de sa bouche au fond de la mienne. Mais le pire, c’est qu’il l’a fait ! Pendant des heures, il m’a littéralement dévoré des yeux, quand ce n’était pas de la bouche. Il enfonçait sa langue si loin dans ma gorge que j’ai l’impression que son haleine de fumeur y est restée ! Mon corps n’est plus qu’une plaie à vif, à cause de sa barbe de trois jours, dont il a fouillé chaque parcelle de ma peau. J’ai l’impression d’avoir fait l’amour avec une râpe à fromage. Il s’intéressait apparemment à la psychanalyse. « Crois-tu que tu pourrais devenir hétérosexuel, au terme de ton analyse ? », m’a-t-il demandé, l’air inquiet. Ce serait fort souhaitable, car l’homosexualité est du plus mauvais effet sur ma peau. « Quelle perte ce serait pour nous autres », a-t-il ajouté, ce qui n’était pas pour me déplaire. Il connaissait Osman, dont il se prétendait amoureux, jusqu’à ce que, jaloux, je me mette à faire le garçon qui s’offre entièrement. L’affectation d’un certain regard, le plus bleu possible, transparent et vert par instants, lancé par en-dessous, c’est-à-dire, le plus souvent, du creux du bras de celui qu’on veut captiver, un silence intense et fasciné suffisent généralement à donner cette illusion. Qu’on feigne alors de vouloir reprendre ses esprits en se redressant un peu, mais pour aussitôt laisser tomber une tête définitivement vaincue sur la poitrine de la victime : le nez dans mes cheveux, c’est alors sa propre défaite qu’elle respire, son propre abandon. A peine avait-il joui qu’il me parlait déjà de faire avec moi sa vie, ce grand fou ! « Mais tu m’as dit tout à l’heure que tu étais amoureux d’Osman ! C’est donc cela, ta technique ? Feindre l’amour avec les garçons dont tu veux venir à bout ? » J’ai prétexté d’être offensé pour m’en aller sans trop passer pour un salaud. Car je n’arrive toujours pas à dormir avec quelqu’un dans le même lit que moi : Camille était une exception. Il connaissait aussi Géronte et avait entendu parler du père de Camille, sans néanmoins savoir qu’il était aussi pédé que son fils.

Commentaires

j'aime bien vous lire.

Ecrit par : Galfaro | 26/04/2009

Vous êtes bien le seul, en ce moment ! On n'avait plus commenté ce blogue depuis le 16 mars. Mon ami don Esteban peut même se permettre de se moquer de moi : mes aventures sont apparemment encore moins suivies que les siennes !

Ecrit par : Olivier Bruley | 26/04/2009

Je suis moi aussi vos histoires (votre histoire) avec intérêt, et ce depuis plusieurs années!

Ecrit par : sangibir | 26/04/2009

Rassurez-vous Sangibir, je sais bien que les blogues ont généralement plus de lecteurs que de commentateurs. Je ne disais cela que pour plaisanter et taquiner don Esteban : c'est surtout lui qui est obsédé par le nombre de ses commentateurs ! Moi, ce qui m'obsède, c'est plutôt le nombre de mes "amis" sur Facebook. Je suis péniblement parvenu à 30, depuis peu, quand d'autres en ont des centaines. Mais comment font-ils donc ?

Ecrit par : Olivier Bruley | 26/04/2009

A voté !

Ecrit par : Pierre Tombale | 27/04/2009

Pierre Tombale. Un de mes plus anciens lecteurs ! Son nom me rappelle que je suis mortel.

Ecrit par : Olivier Bruley | 28/04/2009

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