22/01/2009

Mercredi 21 janvier 2009

            Je me sens abattu. Tout est rentré dans l’ordre depuis la grande catastrophe causée par Ascylte, qui est à présent si méprisé, si malmené par Camille, que je le plaindrais presque si je n’avais pas tant de haine pour lui. Bien sûr, il m’amuse beaucoup d’écouter Camille se jouer d’Ascylte au téléphone en inventant mille et une obligations, toutes plus fausses les unes que les autres, pour dissuader ce dernier de venir à Mont-de-Marsan. (Camille semble craindre une confrontation qu’il ne cesse de remettre à plus tard. Peut-être est-ce parce qu’il a beaucoup à se reprocher et qu’il s’est encore plus mal comporté avec Ascylte que je le soupçonnais. Pourtant, il ne se donne même plus la peine de donner l’apparence de la vérité à ses mensonges. Ascylte doit bien s’en rendre compte, ce qui ne fait sans doute qu’accroître ses griefs et rendra plus pénible la confrontation dont lui semble très désireux, si j’en juge par l’insistance avec laquelle il demande à Camille de pouvoir le revoir. Je soupçonne aussi Camille de vouloir presser encore un peu plus cet agrume à la fraîcheur plus que douteuse d’Ascylte, qui est déjà tout pelé, comme dit Flipote, au cas où il y resterait du jus. Quand celui-ci lui a demandé combien lui avait coûté sa nouvelle voiture, Camille a répondu 2500 EUR au lieu des 300 qu’il a vraiment payés. Je me suis dit qu’il espérait qu’Ascylte, pour lui plaire et le garder, voudrait finalement lui offrir cette voiture à ce prix-là et l’ai donc bien sûr encouragé à en tirer le plus d’argent possible, tant qu’il le pouvait encore. Après tout, il faut bien faire payer aux traîtres, d’une manière ou d’une autre.) Oui, je ris méchamment des méchancetés de Camille. J’aime passer du temps avec lui, j’aime dîner chez lui, j’aime le confit de canard de son père, dont nous nous sommes nourris ce soir, j’aime lui faire la vaisselle, pendant qu’il passe le balai et que le néanderthalien Alcidor, qui est toujours presque nu et que j’aime aussi, parce qu’il est dans l’intimité de Camille, est parti digérer sous les couvertures, dans le lit, comme une bête repue. Mais je ne puis m’empêcher d’être un peu abattu à cette pensée déplaisante : ce n’est donc que ça, mon bonheur ? Etait-ce bien d’avoir perdu si peu que ma douleur était si grande ? Mais non, c’était ma colère, qui était grande, la colère d’avoir été trahi par l’autre. Tirésias, le psychanalyste dont mon médecin m’avait donné l’adresse et que je voyais aujourd’hui pour la première fois, m’a demandé si j’étais amoureux de Camille. Non, je ne peux pas me dire amoureux de lui. J’ai déjà été amoureux, par le passé. Ce n’était pas cela. Camille est une amourette. Mais je l’ai déjà écrit dans ce journal : cette amourette, c’est tout l’amour dont je me sens capable désormais. Cette amourette, Camille, c’est toute ma vie. Toute ma vie est à l’échelle de cette amourette. D’ailleurs, Tirésias a eu ces mots : il a dit que je menais une vie réduite. Il a raison. (Mais, mais, mais : Camille n’est pas qu’une amourette. Cela aussi, je l’ai déjà dit dans ce journal : je ne l’aime pas seulement comme un amoureux, mais aussi comme un jeune frère et peut-être même comme un fils. Je l’aime d’une infinité de façons. C’est pourquoi je l’aime énormément.)

Commentaires

Et puis voici des fleurs pour Camille :

http://fr.youtube.com/watch?v=yb8MKTelXMs

Ecrit par : iPidiblue comme le bouclier de Brennus | 22/01/2009

Tout l'amour que j'ai pour toi !

http://fr.youtube.com/watch?v=HtKIpclTVOc

Ecrit par : iPidiblue tout l'amour ! | 22/01/2009

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