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15/01/2009

Mercredi 14 janvier 2009

            Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre ! (Et je dois bien m’inclure, si je veux être honnête, dans ce lot de coquins et de crapules, même si j’en suis le plus candide, comme je disais récemment.) Je ne sais par où commencer. Je ne sais même pas s’il y a un quelconque intérêt à rapporter tout cela et risque fort d’en oublier beaucoup. Polémon me disait l’autre jour qu’il avait eu la visite d’un certain Philostrate, qui vit à Aire, comme lui. « Un Philostrate de vingt et un ans et qui vit à Aire, me suis-je dit, ce pourrait bien être celui avec qui je chatte depuis peu, et qui est d’Aire également. » Je me suis donc empressé d’aller demander à ce Philostrate s’il était bien celui dont m’avait parlé Polémon. C’était bien lui ! « Mais est-il vrai que vous êtes tombés passionnément amoureux l’un de l’autre et que vous avez échangé de fougueux baisers, comme Polémon le prétend ? – Quoi ? Il a dit ça ? Mais pas du tout. Nous ne nous sommes jamais embrassés et je lui ai d’ailleurs fait cette visite en toute amitié. » Quand j’ai demandé à Polémon pourquoi il m’avait fait ce mensonge, il m’a répondu que c’était pour ne pas me dire qu’il s’était remis avec Camille ! « Tu comprends, je me doutais que tu le prendrais mal. Mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour qu’il quitte Ascylte. » Comme si Camille avait besoin de personne pour quitter tout le monde ! Je préfère infiniment savoir Camille entre les bras de Polémon qu’entre ceux d’Ascylte. Mais il m’est pénible d’être pris pour un idiot par tous ces garçons. Polémon m’avait juré qu’il ne se remettrait plus jamais avec Camille, parce qu’il avait trop souffert à cause de lui. Bien sûr, je ne l’avais pas cru et le lui avais d’ailleurs fait remarquer : « Te remettre avec lui, peut-être pas, mais y remettre un petit coup pour tuer le temps, je suis sûr que tu le feras à la première occasion », ce dont il était convenu. Pourquoi donc m’avoir juré qu’il ne voulait pas se remettre avec lui, s’il ne le pensait pas ? Sans doute était-ce pour me mettre moi-même dans son lit, mais enfin, je n’avais pas besoin de ces sortes de promesses pour y entrer ! Lorsqu’il me disait que Camille avait quitté Ascylte et qu’il était déjà avec quelqu’un d’autre, c’était de lui-même que parlait Polémon. Et lorsque, je ne sais plus quel jour de la semaine dernière, Camille m’a dit qu’il ne pouvait pas venir me voir à telle heure, comme prévu, ce n’était pas parce qu’il avait été appelé pour son travail, mais parce qu’il était en sa compagnie. Le plus triste ou le plus amusant est que Polémon ne se rend pas compte que Camille n’est pas plus avec lui qu’il a jamais été avec Ascylte ou moi-même. Il n’est avec personne, ou avec tout le monde, si l’on préfère. Surtout, il ne cesse de mentir et s’emmêle dans ses mensonges. Par exemple, il m’avait dit que le nouvel amant de Flipote, la fille-mère, s’appelait Hermogène. En réalité, il s’appelle Alcidor. « Mais je croyais que l’amant de Flipote s’appelait Hermogène ! – Mais non, voyons, c’est Alcidor, son nom ! », m’a répondu Camille au téléphone, tout à l’heure, avec un aplomb incroyable, comme je l’appelais pour lui demander si je pouvais le retrouver chez lui. « Attends-moi à l’appartement, Alcidor t’ouvrira la porte, j’arrive le plus vite possible. » J’ai profité de ce que j’étais seul avec ce pauvre garçon, qui m’a accueilli presque nu, pour lui demander quel était son véritable nom : Alcidor, a-t-il reconnu, tout penaud, car Camille fait participer son entourage à tous ses mensonges. Encore cet après-midi, quand il fut enfin revenu dans son appartement, celui-ci s’est amusé à téléphoner à Ascylte, pour lui demander s’il avait des nouvelles de moi. Il voulait lui faire croire que lui n’en avait plus depuis longtemps. Flipote (qui nous avait rejoints tous les trois), Alcidor et moi, nous ne devions faire aucun bruit, parce que Camille, qui avait mis le haut-parleur de son téléphone, voulait faire croire au traitre qu’il était seul chez lui, pour mieux le faire parler. « Non, disait Ascylte, je n’ai pas de nouvelles de ce naze, etc. » Voilà comment Ascylte parle de moi ! (Alcidor et Flipote ne faisaient pas grand bruit, en effet : ils étaient en train de baiser aussi discrètement que possible dans le lit de Camille, non sans en avoir d’abord demandé la permission à Camille. « Moi, ça ne me dérange pas, avait-il répondu, c’est Olivier qui pourrait en être incommodé. – Ah mais pas du tout, faites donc comme chez vous ! » Que dire d’autre ? Ces créatures sont si bestiales ! Il fallait d’ailleurs voir la saleté de l’appartement de Camille. Je la lui ai fait remarquer et, comme si mon opinion avait pour lui quelque importance, il s’est mis à faire du rangement et à passer le balais, tandis que les deux parasites, qui sont sans doute ceux qui ont réellement sali l’endroit (car je n’ai pas souvenir que Camille était si salissant que cela lorsqu’il habitait chez moi) commençaient à se tripoter sous les couvertures.) Pendant une pause de leur conversation (car Ascylte, qui conduisait sa voiture, a dû poser son téléphone le temps de faire une manœuvre), Camille s’est moqué de lui devant nous : « Qu’il est bête, disait-il, il croit qu’on est encore ensemble… ». Camille voulait aussi savoir si, en son absence, l’abstinence n’était pas trop pénible à cet obsédé sexuel d’Ascylte, qui se croyait donc, ou plutôt affectait de se croire encore avec Camille. « Crois-tu vraiment qu’Ascylte ne va pas baiser à droite et à gauche en ton absence ? », ai-je ensuite demandé à Camille. « Oh ! Il ne m’a sûrement pas déjà remplacé, puisque j’ai toujours le double des clés de son appartement. S’il avait quelqu’un d’autre, il aurait voulu les reprendre. – Non, sans doute ne t’a-t-il pas encore remplacé, mais crois-moi, je le connais bien, et je suis sûr qu’il a déjà plus souvent baisé avec d’autres garçons qu’avec toi-même, depuis que vous vous êtes rencontrés ! » Je lui ai aussi rapporté ce qu’Ascylte raconte aux amis que nous avons en commun lui et moi. Christophe, le sidéen psychotique, m’a rapporté qu’Ascylte disait à qui voulait l’entendre que Camille lui avait volé 2000 EUR, ainsi qu’une espèce de lecteur MP3, ou quelque chose de ce genre. « Moi ? J’aurais volé 2000 EUR à Ascylte ? Et comment ça ? – Tu as dit toi-même, l’autre jour, que ce crétin t’avait donné le code de sa carte bancaire. – Oui, mais il l’a toujours avec lui… – Ce ne doit pas être bien difficile de la lui prendre sans qu’il s’en aperçoive. Mais tu sais, Camille, tu peux bien l’avoir volé, moi je m’en fiche complètement. Au contraire, je trouve qu’il l’a bien mérité. Et puis ça te ressemble bien, de voler les gens. Polémon m’avait déjà dit que tu étais un voleur et que tu avais volé ton propre père ! – Oui, mais c’était il y a longtemps ! Je ne sais pas ce que c’est que ces 2000 EUR. Peut-être que c’est le total de tout ce que je lui ai coûté, entre la bague, les bouquets, les vacances à la neige… » Camille ne voulait pas en démordre : il jurait n’avoir pas volé Ascylte. Je ne sais qui d’Ascylte ou de Camille dit la vérité. Et d’ailleurs, quelle importance ? Je sais bien, moi, qu’ils sont aussi perdus de vice l’un que l’autre, quoique différemment : l’un l’est comme en toute innocence, alors que le traître l’est par vice à proprement parler. Comme nous étions en train de parler de vol, et que Camille avait encore avec lui les clés de l’appartement de l’autre, il s’est mis à s’imaginer dépouillant vraiment ce pigeon d’Ascylte ! Je ne saurais dire s’il plaisantait ou s’il n’était pas un peu sérieux. Je crois surtout qu’il n’a aucun bon sens ni aucune morale. « Tu m’aiderais, Alcidor ! Il n’y aurait pas d’effraction, puisque j’ai les clés. Et puis le gardien de l’immeuble me connaît. – Mais justement, réfléchis, si le gardien te connaît et qu’il te voit, Ascylte saura que tu es le voleur ! Ne crois pas qu’il est aussi bête qu’il en a l’air. Tu sais qu’il serait prêt à tout pour se défendre. Méfie-toi de lui. Tu as bien vu qu’il a menacé de recourir aux pires mensonges pour se défendre de moi, quand j’ai menacé de le dénoncer à la justice, pour avoir violé le secret de l’instruction. – Oui, je sais, mais c’est parce qu’il avait peur. Tu lui as fait très peur, tu sais. » La pensée de la peur d’Ascylte m’est d’un très grand réconfort. Du coup, je n’ai pas résisté au plaisir de la raviver en lui envoyant des vœux pour la nouvelle année : « Mon cher Ascylte, / Ce n’est pas parce que tu essaies de te faire oublier de moi (comme en me bloquant sur MSN, par exemple), que je vais effectivement oublier de te souhaiter une bonne et heureuse année 2009. Je souhaite sincèrement que cette année ne soit pas la dernière à te voir exercer ce métier que tu aimes tant. J’espère de tout cœur que tu pourras encore trahir le secret de l’instruction aussi longtemps que tu le voudras et que des juges continueront à te donner de nombreuses missions d’expertise partout en France, pour que tu puisses encore te faire accompagner de ces jolis garçons que tu séduis à coups de voyages, de dîners et de chambres d’hôtel (sais-tu que tu es connu pour cela, dans le petit milieu de la justice ?). Puisse tout cela ne pas se terminer en 2009 ! / Ton ami, comme tu osais m’appeler encore tout récemment, / ‘‘ce naze’’, comme tu dis à notre jeune ami commun, / Olivier. » Je sais que le traitre m’a ‘‘bloqué’’ sur MSN, parce que, en me connectant sur le compte de Camille, dont je connais le code et où je vais régulièrement vérifier qui lui a écrit et qui se trouve parmi ses contacts, j’ai pu constater qu’Ascylte paraissait connecté quand, au même moment, mon propre compte m’indiquait qu’il était déconnecté. Preuve que je n’inventais rien, lorsque je parlais de la laideur d’Ascylte, l’autre jour : Camille a dit tout à l’heure qu’il avait l’air plus vieux que son père, qui n’a pourtant pas loin de vingt ans de plus ! « Il est tout ridé, tout chiffonné, tout pelé ! – C’est bien vrai qu’il est tout pelé », a confirmé Flipote. Je crois bien que je suis tombé sur un nid. J’ai passé presque ma vie entière à vaguer sur des chemins solitaires et suis finalement tombé sur un nid de guêpes. Ils sont tous aussi mauvais les uns que les autres.

Commentaires

cette vacuité me fascine, je dois bien l'avouer...

Ecrit par : ben | 15/01/2009

J'abdique ... je suis comme un roi découronné devant l'art avec lequel Olivier nous retire tout espoir de nous élever en sa compagnie, ô vous qui entrez sur son blog, quittez fierté, joie et espérance, ici l'âme est désolée devant les sombres avenues de l'engeance humaine ! Rendez les armes, il n'y a que piperies sur Terre ... il nous reste à visiter le royaume des morts pour y retrouver nos frères défunts.

Ecrit par : iPidiblue et le royaume d'Olivier | 15/01/2009

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