13/12/2008
Samedi 13 décembre 2008
J’écrivais avant-hier qu’Ascylte et Camille étaient meilleurs que moi, mais je l’écrivais tout de même un peu vite. Je ne suis pas sûr qu’ils vaillent beaucoup mieux que je le disais. Quand j’ai menacé Ascylte de le dénoncer à la justice, celui-ci s’est défendu en me menaçant à son tour de m’accuser d’avoir volé dans son ordinateur les documents qu’il n’avait pas le droit de me faire lire. Il est bien normal qu’il se défende. C’est de bonne guerre. Mais moi, je l’ai attaqué en menaçant de dire la vérité ; lui s’est défendu en menaçant de recourir au mensonge. Qui donc est le plus immoral de nous deux ? Celui qui veut dire la vérité par méchanceté, ou celui qui ment parce qu’il s’y sent acculé ? Il est normal que mon lecteur me trouve le plus immoral des deux, puisque c’est moi qui ai menacé le premier. Ascylte passant pour l’amant qu’on veut punir d’aimer attire nécessairement la sympathie. Mais c’est oublier un peu vite qu’il a trahi de lui-même le secret auquel il était soumis en me faisant lire ses rapports d’expertise. Et il l’a fait pour l’une des plus mauvaises raisons qui soient : par arrogance, pour m’éblouir de la qualité de son travail, comme si la prose d’un psychologue pouvait avoir un quelconque intérêt en dehors du cabinet d’un juge ou d’un avocat ! Ascylte n’est tout bonnement pas prêt à assumer ses actes, trop conscient qu’il est d’avoir mal agi en toute liberté et de n’avoir donc aucune excuse. Sa carrière est en jeu, sa réputation et peut-être même sa liberté. Pour les défendre, après avoir trahi le secret professionnel et le secret de l’instruction, il est prêt à mentir, pour me faire passer, moi, dont il a d’ailleurs également trahi l’amitié, pour le véritable menteur de l’affaire, pour un voleur et pour un maître-chanteur de longue date ! Car les plus anciens documents en question remontent à l’année 2006 et je me suis rendu chez Ascylte en une seule occasion, il doit y avoir plus d’un an. Selon ce dernier, j’aurais donc commis ce vol, dans l’éventualité d’avoir à faire chanter beaucoup plus tard quelqu’un que je considérais alors comme un ami… Il veut me faire passer pour un bien plus grand calculateur que je ne suis vraiment ! Si j’ai bien fait chanter ce traître d’Ascylte, c’était sous le coup de la colère, et pendant moins de vingt-quatre heures ! J’ai mis fin de moi-même à ce chantage indigne de ma personne, parce que je ne supportais pas de voir la douleur du pauvre Camille. Les documents les plus récents sont postérieurs à mon unique passage chez Ascylte à Bordeaux. Je me demande comment il expliquerait le fait qu’ils sont en ma possession. Comment m’y serais-je pris pour les voler ? Il est vrai que je ne sais pas comment je pourrais moi-même démontrer que je ne me suis jamais plus rendu chez lui après cette première fois… Et puis ces documents relèvent de la justice d’un pays étranger. Je ne crois pas qu’ils intéresseraient un juge français. Ce serait donc ma parole contre la sienne. Or on sait ce que vaut la parole d’un obscur citoyen en comparaison de celle d’un expert : qu’on songe donc à l’affaire d’Outreau ! Mais il y a pire. Ascylte, qui est un immonde manipulateur, comme je crois l’avoir déjà écrit dans ce journal, fait désormais dire à Camille, qui est sous son influence, que je me serais livré sur lui à des attouchements contre sa volonté. Ascylte parle d’atteinte sexuelle (pas de viol, tout de même !), exercée sans violence, contrainte, menace ni surprise, comme je crois que dit la loi, mais sur un garçon de vingt ans ! (Il me semble que l’atteinte sexuelle concerne habituellement des victimes mineures…) « Sans violence, contrainte, menace ni surprise, dis-tu ? Mais comment donc est-ce possible ? S’il n’y a rien de tout cela, c’est donc qu’il y a l’accord de la prétendue victime ? Ou bien parle-t-on de nécrophilie, les cadavres ayant généralement le plus grand mal à faire connaître leur volonté à leurs agresseurs, qui n’ont donc généralement pas à recourir à la violence, la contrainte, la menace ni la surprise ? Je sais bien que Camille n’a pas une très bonne santé. Mais il n’est tout de même pas déjà réduit à l’état de cadavre ! Tu vois bien qu’il bouge encore. Regarde-le donc se trémousser sur sa chaise, avec sa mauvaise conscience et son air coupable ! » Tout mon crime est de m’être parfois glissé dans le lit de Camille, le matin, quand il habitait encore chez moi, et de l’avoir caressé, lorsqu’il me laissait faire, c’est-à-dire lorsqu’il le voulait bien, car ce garçon qu’Ascylte prétend ne pas savoir dire non, pouvait pourtant me le dire très clairement et tout simplement : c’était quand il n’avait pas envie d’être touché ou quand il n’en avait pas le temps, à cause de ses obligations, qui étaient nombreuses à ce moment-là, puisqu’il venait d’être chassé de chez lui par son père, et qu’il avait à s’occuper de trouver du travail et un logement. Mais ce n’est pas tout, mon blond lecteur, je peux nous faire tomber encore plus bas dans le sordide. Ascylte m’a dit que Camille et lui avaient le plus grand mal à avoir des relations sexuelles équilibrées ! Il y aurait selon lui deux explications possibles à cela : soit c’est le diabète qui a les effets les plus néfastes sur la libido de Camille, soit ce dernier a été traumatisé par l’atteinte sexuelle dont il a été victime chez moi ! J’ai suggéré à ce fin psychologue d’Ascylte qu’il pouvait y avoir une troisième explication, tout aussi plausible : c’est que Camille a peut-être et depuis bien avant de nous avoir rencontrés, Ascylte et moi, certaines inhibitions sexuelles, parfaitement indépendantes de son diabète et de mes attouchements de vieux satyre lubrique ! Ascylte est tombé d’accord avec moi pour dire que c’était en effet possible. Le con ! Je n’ai pas osé dire que si Camille n’était pas très épanoui avec lui, sexuellement, c’était peut-être aussi parce que, plus simplement encore, il le trouvait laid ou le jugeait un ‘‘mauvais coup’’. Une telle remarque n’aurait fait qu’accroître inutilement la tension qu’il y avait dans la pièce à ce moment-là ! J’ai demandé à Ascylte comment il expliquait que Camille, qui prétend avoir été victime de mes attouchements, n’était pas plus dégoûté par moi ? « Pourquoi donc, Camille, es-tu revenu vers moi, deux semaines après m’avoir quitté, le jour de mon anniversaire ? Pourquoi donc veux-tu que nous restions amis, encore aujourd’hui, si j’ai abusé de toi ? Pourquoi voulais-tu m’inviter à dîner, le soir où tu as finalement rencontré Ascylte ? Et surtout, dis-moi pourquoi tu as eu plusieurs fois envie de coucher avec moi, entre ton départ et ta rencontre avec Ascylte, lorsque tu étais en manque de sexe ? C’est toi-même qui l’as reconnu devant Ascylte, lorsqu’il affectait de nous faire parler pour nous remettre ensemble, avant de te séduire et de t’enlever à moi. Pourquoi vouloir coucher avec moi ? Pourquoi pas avec un autre ? Moi je devrais te dégoûter, tu ne devrais penser qu’à me fuir ! » Intervention d’Ascylte : « Oui, ce n’est pas normal, cette réaction, ce n’est pas sain du tout, c’est pervers. Ça veut dire qu’il allait vraiment très mal. » (Je ne suis pas sûr qu’Ascylte ait bien dit pervers.) « Ah bon ? C’est ça, la conclusion de l’expert psychologue auprès des tribunaux ? Moi j’en ai une autre : c’est tout simplement que Camille n’a jamais été victime de moi ! Hein Camille ! Dis-moi pourquoi je ne te dégoûte pas, pourquoi tu ne penses pas qu’à me fuir. – C’est parce que je t’aime bien. Je veux qu’on reste amis. » Pauvre Camille, qui est devenu notre jouet, coincé qu’il est entre ce monstre de manipulation qu’est Ascylte et cet autre monstre que je suis : un monstre de sincérité. Ascylte et moi sommes à la merci l’un de l’autre. Je le tiens par la vérité ; lui par ses mensonges. Nous sommes contraints de rester bons amis. Je n’ai aucune confiance en lui. C’est pourquoi j’écris tout cela. Je veux que ma version des faits soit publiée, au cas où Ascylte voudrait me nuire. Nous avons dîné ensemble hier, sans Camille, finalement, qui as trouvé une espèce de travail, pour lequel il peut être appelé à tout moment du jour et de la nuit. C’était un dîner pénible. Nous n’avons plus rien à nous dire. En rentrant chez moi, vers une heure du matin, j’ai reçu ce SMS d’Ascylte : « Merci d’être passé. C’était une soirée sympa » ! Il faut dire qu’il était contrarié de voir Camille partir travailler juste au moment où lui rentrait de Bordeaux. Ascylte trouve que Camille ne sait pas dire non à son patron. C’est la grande explication d’Ascylte : « Camille ne sait pas dire non » ! Notre bon psy, qui a les pieds sur terre, voudrait que Camille, à qui son petit salaire est indispensable, tienne tête à un patron qui l’a embauché depuis moins d’un mois ! Quand je pense qu’Ascylte voudrait se faire passer pour quelqu’un d’entièrement dévoué à son prochain, pour une espèce de saint, mais très porté sur la chose, alors qu’il n’est qu’un monstre d’égoïsme ! Pendant notre conversation, hier soir, il m’a parlé de tous les amis de Camille qu’il avait rencontrés. Il dressait la liste de ceux qui lui paraissaient dignes d’être conservés et de ceux qu’il estimait ne pas l’être. Il y a beaucoup d’amis de Camille que je n’aime pas du tout moi non plus, mais je ne pense pas avoir jamais envisagé de l’en détourner. Au contraire, c’est moi qui m’éloignais d’eux, ce qui, dans le même temps, m’éloignait de Camille. J’ai dit que je n’étais pas un bon calculateur. Je suis ma pente, plutôt que mes intérêts. Par exemple, tout ce que j’ai écrit dans ce journal depuis quelques jours est très loin de les servir !
18:41 Publié dans 2008, Ascylte, Camille, Journal | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
Trouve-toi un jeune esclave sexuel en Thaïlande et puis tu l'exhiberas à la barbe de tous les vieux pervers psychologues de Mont-de-Marsan qui en baveront de jalousie ...
Ecrit par : iPidiblue et la traite des jeunes gens | 13/12/2008
Ta vie est certes difficile et compliquée, tu peux en analyser et re-analyser toutes les péripéties.
Je te dis, moi, aujourd'hui, que j'ai le coeur malade : on a incinéré Victoria ce matin. Elle avait 13 ans, ses parents l'ont retrouvée, le week end dernier, pendue dans sa chambre. Premières constatations : suicide.
"Heureusement" non, ce n'était qu'un accident stupide, une suite de "jeu du foulard", qui a très mal tourné. C'était la fille d'amis de mes enfants, j'en suis restée sans souffle et encore plus démoralisée.
C'est tellement difficile à vivre pour nous, les amis, faut pas demander pour les parents.
Avant de dormir, stp, consacre quelques minutes à Victoria, tu sentiras bien qu'il y bien d'autres peines que des peines de coeur !
Ses cendres sont parties à Montpellier, où elle était née.
Ecrit par : maola | 13/12/2008
franchement Maola on s'en fout. On vient ici pour lire les pensées d'olivier, pas pour pleurer les faits divers.
Ecrit par : ben | 15/12/2008
franchement, ben, je m'en fous que tu t'en foutes.
Je m'émeus aussi sur les pensées d'Olivier ... parce que j'ai un coeur, et que ces faits "divers" me touchent, du moment que quelqu'un est en train de souffrir. Les pensées d'Olivier, c'est certain, c'est beaucoup plus intéressant du côté voyeurisme !
Encore, faut-il vraiment souffrir ? ou croire qu'on souffre. Je ne continue pas, c'est trop con.
Ecrit par : maola | 15/12/2008
Cher Olivier, la nuit m'ayant porté conseil, je viens de décider de m'abstenir à l'avenir de tout commentaire sur ton site. C'est vrai que je n'y suis pas à ma place et que ce que j'y dis n'intéresse en aucune façon tes lecteurs habituels. On n'a qu'à vivre sa vie chacun de son côté, pourquoi donc se soucier des chagrins d'autrui, surtout tellements différents de soi ... ?
Cela ne m'empêchera évidemment pas de lire la suite de ton blog, et avec intérêt.
Je te souhaite le meilleur des avenirs et te garde toute mon amitié.
Ecrit par : maola | 16/12/2008
Chère Maola, Ben n'est pas tous mes lecteurs (qui ne sont pas très nombreux, il est vrai), mais libre à vous. Vous nous manquerez.
Ecrit par : Olivier Bruley | 16/12/2008
C'est curieux ce travers de blogués qui consiste à recadrer les émetteurs de commentaires. Il me semble que cette tâche appartient au rôle du blogueur.
ArD
Ecrit par : ArD | 16/12/2008
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