04/11/2008
Lundi 3 novembre 2008
C’était hier mon anniversaire. Je n’aime guère ce jour où je vieillis officiellement d’une année. Mais pour une fois, j’étais heureux. Je me faisais une joie de passer cette journée avec Camille. Je suis d’abord allé le rejoindre comme tous les jours dans son lit pour le réveiller doucement en me rendormant à moitié. Puis il a fait comme s’il avait oublié que c’était mon anniversaire. « Le 2 novembre, disait-il, c’est le jour des morts. – Oui, c’est le jour des morts, mais c’est autre chose aussi… – Ah ? Il y a eu autre chose, le 2 novembre ? Je ne suis pas très bon en histoire. » Quand enfin il m’a fait comprendre, par une amusante allusion, qu’il savait que j’avais désormais un an de plus et que je me suis plaint qu’il ait oublié de me souhaiter un bon anniversaire, il a répondu qu’il avait toute la journée pour le faire ! Nous avons fait ensemble la liste des courses qu’il devait faire aujourd’hui, grâce à l’argent auquel il a droit, puis il est parti promener Violette, en me disant qu’il reviendrait quand il aurait fini la chose qu’il avait à faire ce jour-là. « Mais qu’est-ce que tu peux bien avoir à faire un dimanche ? – Je vais aider à démonter des radiateurs chez un ami. » Il a soigneusement plié en quatre une lettre que je lui avais écrite la veille, pour m’excuser d’avoir été si dur lors d’une dispute que nous avions eue, puis il est sorti sous la pluie. Trouvant un peu étrange qu’il ait pris cette lettre, je lui ai écrit un SMS, dans lequel je lui demandais de ne pas la faire lire à tout le monde. Quand il est revenu, quelques heures plus tard, il était accompagné de ces deux amies si vulgaires et braves filles, la mère et la fille, qui m’on fait comprendre, sans le faire exprès, que Camille, qui était en train de rassembler ses affaires, partait s’installer chez une amie d’enfance qu’il venait de retrouver et qui voulait bien le loger jusqu’à ce qu’il s’installe dans l’appartement qui lui est réservé. Je n’ai pas eu d’autres explications, en partie parce que je répugnais à en demander devant ces femmes. J’ai juste dit que c’était cruel de partir si soudainement, et le jour de mon anniversaire. « Ah ? C’est son anniversaire ? Ce n’est pas bien ça, Camille, de partir le jour de son anniversaire ! » J’étais effondré. Le soir, ma mère, chez qui nous devions dîner, m’a rapporté que Camille, qui était passé un peu plus tôt récupérer du linge qu’il avait laissé à laver, lui avait dit qu’il viendrait peut-être, que cela dépendrait de moi. Je lui ai donc téléphoné, pour lui dire que je l’attendais, que je voulais qu’il vienne, mais il m’a répondu qu’il ne le pouvait pas, parce qu’il avait déjà dîné. C’est alors qu’il m’a souhaité un bon anniversaire, et bon appétit, avant de raccrocher. Depuis, je n’ai plus de nouvelles, pas même une réponse aux SMS que je lui ai envoyés. Je suis complètement sonné. Je ne suis pas sûr de comprendre ce qui s’est passé. Je me dis que c’est à cause de la dispute et de la lettre d’excuses, qu’il est allé montrer à je ne sais qui. Mais tout c’était si bien passé depuis cette dispute, les excuses semblaient avoir été si pleinement acceptées ! Pourquoi donc ces caresses dans le lit, hier matin, et pourquoi faire ensemble la liste de nos courses, si Camille avait décidé de partir ? Je m’en veux énormément. Certains mots que j’ai eus, lors de notre dispute, me font penser que c’est quasiment moi qui l’ai jeté dehors. Parce qu’il était rentré bien après l’heure qu’il m’avait annoncée, samedi, au petit matin, je lui avais dit que la jalousie qu’il me causait et les états dans lesquels il me mettait étaient tellement douloureux que je n’étais pas sûr qu’il pourrait rester chez moi jusqu’à ce qu’il ait enfin les clefs de son appartement. « Puisque tu as tellement d’amis avec qui tu préfères passer tant de temps plutôt qu’avec moi, pourquoi donc ne vas-tu pas t’installer chez eux ? » En m’entendant prononcer ces mots, pris de remords, je m’étais jeté sur Camille, pour le prendre dans mes bras, comme pour l’empêcher de partir, en m’excusant, en le suppliant d’oublier les paroles que je venais de lui tenir dans le seul but de le blesser. Je croyais qu’il m’avait pardonné. J’avais encore écrit cette lettre, samedi soir, que j’avais déposée sur son oreiller. Tout semblait oublié hier matin. Tout était si doux. La journée avait merveilleusement commencé. Ce fut finalement le pire anniversaire de toute ma vie.
00:13 Publié dans 2008, Camille, Journal, Ma mère, Violette | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Commentaires
Tu vieillis ... enfin bon anniversaire !
Ecrit par : iPidiblue souffle les bougies | 04/11/2008
Heureusement que vous êtes là pour me réconforter, vous !
Ecrit par : Olivier Bruley | 04/11/2008
"Vivre, c'est vieillir, rien de plus". Simone de Beauvoir, L'invitée.
En vous souhaitant le meilleur pour votre anniversaire, bien attristé par le départ de Camille.
Ecrit par : racam | 04/11/2008
"Fidèle, fidèle, je suis resté fidèle ..." c'est moi ton vieux troubadour qui te console des infidélités de la belle et charmante Camille au coeur léger et au corps volage !
Ecrit par : iPidiblue souffle sur les braises | 04/11/2008
Finalement, Camille aurait un instinct de survie particulièrement prononcé alors...
Ecrit par : ArD | 04/11/2008
Parce que ta mère lave encore ton linge ??? Je rêve ou quoi...
Ecrit par : tinou | 04/11/2008
Ton petit cadeau : http://fr.youtube.com/watch?v=AIRcwjmXess
Ecrit par : iPidiblue souffle sur le feu et la glace | 04/11/2008
Chère Tinou, ma mère lave et repasse mon linge ! Cela vous paraît énorme, mais c'est tout ce qu'elle fait pour moi (si je ne compte pas l'appartement et la maison qu'elle m'a permis d'acquérir et d'habiter) ! Reconnaissez que c'est peu de choses !
Ecrit par : Olivier Bruley | 05/11/2008
un manipulateur a toujours besoin d'un manipulable. Olivier, voyons...
Ecrit par : ben | 05/11/2008
Ecrire un commentaire