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28/10/2008

Lundi 27 octobre 2008

            Camille devrait quitter la maison demain. Il se fait aider par toutes sortes d’organismes et d’associations caritatives, grâce auxquels il a trouvé un appartement qui doit être libéré demain et qu’on lui réserve en priorité. A moins que quelqu’un de moins chanceux que lui ne se soit fait connaître au même organisme, c’est-à-dire quelqu’un qui n’aurait pas même un ami pour l’héberger en attendant qu’il ait trouvé un logement, l’appartement devrait revenir à Camille, et sans qu’il ait rien à payer, puisqu’il appartient à l’association qui l’aide. Camille a également droit, tous les mois, à 80 EUR pour faire ses courses dans l’un de ces supermarchés où les produits sont moins chers et à 150 EUR pour ses frais d’essence. Et son avocat, qu’il n’a pas à payer non plus, va poursuivre ses parents pour qu’ils lui versent une pension de 600 EUR ! Moi qui avais pitié de Camille, je ne suis pas loin désormais d’envier son sort ! Il est temps qu’il parte. J’ai de plus en plus de mal à le supporter. J’ai parfois l’impression que je l’aime. Je le désire seulement et souffre du fait qu’il ne m’aime pas plus. Il se sert de mes sentiments pour s’assurer un toit jusqu’à demain. Il n’était pas nécessaire d’en passer par là. J’ai déjà dit dans ce journal que même les personnes qui le mériteraient le moins pouvaient avoir besoin d’être secourues. Je ne crois pas que je l’aiderais moins s’il se montrait plus indifférent, moins (faussement) sensible à mes charmes. Il se montre caressant avec moi quand il croit qu’il le faut, me laisse le caresser quand j’en ai le désir, mais sans jamais s’impliquer plus qu’il n’est nécessaire à l’illusion. La plupart du temps, il considère cette maison comme un hôtel et un restaurant. Il passe énormément de temps dehors, chez des amis, sans même songer à me demander si je voudrais l’accompagner… « Pourquoi donc ne demandes-tu pas à ces amis chez qui tu passes tellement de temps de t’héberger à leur tour, puisque tu te plais tant chez eux ? » Ce soir, il allait chez ces amis que j’ai vus pour la première fois il y a quelques jours et qui sont d’une vulgarité à peine croyable. (Si j’en avais la force, je rapporterais les propos épouvantables que j’ai entendus chez ces gens-là, les manières que j’y ai observées. Comparée à eux, la famille du grand C passerait pour honnête et civilisée !) Mais voici le pire : Trimalcion devait l’y rejoindre. Trimalcion ! Je suis anéanti. Heureusement que Camille doit partir demain. S’il restait chez moi plus longtemps, je crois que la jalousie me ferait aussi mal agir que son père. Je serais bien capable de le chasser moi aussi ! Quelle honte ce serait d’en arriver là.

Commentaires

Et, oui, mon lapin, on peut être exclu d'une société pour être trop cultivé ! Les pauvres - je veux dire les pauvres d'esprit - se plaignent tout le temps d'être relégués dans des ghettos mais ce sont eux qui les créent le plus souvent !
Moi je suis réfugié dans ma tanière si tu veux y passer un jour c'est volontiers que je te recevrai ...

Ecrit par : iPidiblue alias Fantomas | 28/10/2008

@ Ipidiblue : Comment voulez-vous espérer le recevoir, il vous a écrit qu'il serait volontiers venu chez vous si vous aviez été « solvable » (cf. billet du le 8 mai dernier).

Ecrit par : ArD | 28/10/2008

J'ai donc au moins un lecteur qui connaît par coeur mes oeuvres complètes !

Ecrit par : Olivier Bruley | 28/10/2008

Mais je n'avais pas l'intention de le traire !

Ecrit par : iPidiblue alias Fandor | 28/10/2008

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