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26/09/2008
Jeudi 25 septembre 2008
Finalement, Camille avait été rendu à sa famille avant que je n’aille le voir à l’hôpital, hier après-midi. Il me l’avait dit sur MSN, à mon lever, pour m’éviter de faire inutilement le trajet, mais, craignant qu’il ne m’ait encore menti, pour une de ses obscures raisons, qui m’échappent entièrement et me causent bien des tourments, je suis tout de même allé jusqu’à l’hôpital, demander à l’accueil qu’on m’indique le numéro de sa chambre, où je l’imaginais se morfondant dans une solitude peut-être imposée par son père. Comme son nom se trouvait encore dans le système informatique de l’hôpital, mais sans que fût indiqué de numéro de chambre, on m’a suggéré d’aller m’informer directement dans le service de diabétologie, où une infirmière m’a dit qu’il avait été ‘‘enregistré en hospitalisation de jour’’ et était reparti la veille. Il était prévu que Camille revienne ultérieurement, mais l’infirmière, s’avisant tout à coup que les informations qu’elle me donnait ne me regardaient probablement pas, ne m’a pas dit pour quand était prévu ce nouveau rendez-vous. A quelle heure avait-il bien pu repartir, la veille ? Il était fort tard, quand nous avions chatté ensemble et qu’il m’avait dit qu’il se trouvait encore à l’hôpital. Est-ce qu’une hospitalisation de jour peut durer jusqu’à onze heures du soir ? Etait-ce un autre mensonge ? Il m’a juré plus tard, au téléphone, m’avoir dit la vérité. Je ne sais si je puis le croire. Une part de moi voudrait m’assurer qu’il est trop bête pour défendre bien longtemps ses mensonges, une autre me rappelle ce que me disait un jour Esteban, que je regarde les gens de plus haut que je devrais, ou plutôt qu’une faiblesse de mes vues me les fait croire plus bas qu’il ne sont vraiment, et que cela me perdra. Ma peur d’être abandonné l’emporte enfin, qui me crie que Camille me ment, si peu capable qu’il en soit, et l’anomalie de cette gageure m’angoisse et me désespère un peu plus à chaque instant. A peine sorti de l’hôpital, sans faire aucune réflexion et sans savoir quel était mon dessein, comme le duc de Nemours apprenant qu’il était proche de Coulommiers, j’allai ‘‘« à toute bride »’’ du côté de D***, le village après Saint-Sever non loin duquel vit Camille. Mon intention n’était pas d’aller le trouver et j’ignore d’ailleurs où sont exactement, dans cette campagne qui me parut si belle, les terres dont son père lui veut faire une prison. Mais j’eus la douce impression d’être un peu plus sous le même ciel que Camille, comme j’avais eu plus tôt l’espoir, à l’hôpital, de me trouver dans le même endroit que lui. Et je me suis senti rassuré, et presque apaisé, de savoir qu’il avait pour agrémenter ses promenades à cheval, qui sont sa seule occupation, une lumière encore si chaude, et ce paysage certes peu vaste, et même un peu étroit, mais presque varié, de collines, de champs et de bosquets. J’ai compris que je ne devais pas lui manquer autant que je voudrais, même si j’ai réussi à lui en faire faire l’aveu, tout à l’heure, au téléphone, car il a de quoi s’emplir les yeux d’autre chose que moi, de plus simple que moi, de plus beau, de moins prétentieux et de plus apaisant. Et puis il a ses bêtes pour m’oublier.
01:30 Publié dans 2008, Camille, Don Esteban, Journal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
C'est palpitant, monsieur le duc de Nemours !
Ecrit par : iPidiblue et la princesse de Clèves | 26/09/2008
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