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24/09/2008

Mardi 23 septembre 2008

            Les dernières nouvelles de Camille ne sont pas très bonnes. Quand j’ai voulu lui téléphoner ce soir, j’ai eu la mauvaise surprise d’entendre Barthénoïde me répondre, qui m’a dit que Camille lui avait tout bonnement donné son téléphone portable, plus tôt dans la journée, avant de se rendre à l’hôpital, où il croyait n’avoir que quelques examens à subir, mais dont les résultats étaient si mauvais qu’on n’a pas voulu le laisser repartir. Barthénoïde a ajouté qu’elle était surprise de me voir m’inquiéter encore pour Camille, qui lui avait dit quelques jours plus tôt que nous n’étions plus ensemble, lui et moi ! J’étais atterré de l’apprendre dans de telles conditions, comme par accident, et surtout de la bouche de pareille créature, qui semble vraiment n’avoir aucun cœur, aucune âme, aucune conscience : elle était toute à la joie d’avoir enfin son propre téléphone, la pauvre méchante fille… Pourquoi donc Camille n’avait-il pas conservé son téléphone avec lui ? Répugnait-il tant à me voir l’appeler ? Son père lui avait-il ordonné de s’en défaire ? Et pourquoi donc Barthénoïde savait-elle avant moi que je n’étais plus l’amant de Camille ? Etait-ce un mensonge de celui-ci à celle-là ? Ou bien était-ce lâcheté de sa part ? Mon angoisse était à son comble quand j’ai vu mon Camille se connecter à MSN, tout à l’heure. Il m’a dit qu’il était à l’hôpital et qu’il m’écrivait avec son ordinateur portable. C’est de nouveau son cœur qui prend l’eau ! S’il a fait croire à Barthénoïde que nous n’étions plus ensemble, c’est parce qu’elle ne cessait de lui demander de la conduire à Mont-de-Marsan (car elle n’a pas de moyen de locomotion non plus) : comme il renâclait, elle pensait le décider en lui suggérant de venir chez moi pendant qu’elle vaquerait à ses occupations. Pour couper court, il lui a donc fait ce mensonge. Mais je croyais que la voiture de Camille était en panne ! N’était-ce pas une raison suffisante pour ne pas conduire Barthénoïde en ville ? Et si la voiture n’était pas en panne, la pensée de me voir était-elle donc si pénible à Camille ? Je sais qu’il me ment et me cache bien des choses, mais j’ignore sur quels points portent exactement ses mensonges et quelles en sont les vraies raisons. Est-ce qu’il ne sait pas comment me dire qu’il ne veut plus de l’amitié que j’ai pour lui ? Est-ce qu’il craint la jalousie et la colère de son père ? Corydon commence à croire lui aussi que, peut-être, père et fils ont entre eux des relations coupables. Il pense comme moi, qu’il est malsain qu’un fils doive accompagner son père à la rocade, ce baisodrome en plein air. Mais si cela était ce qu’il y a de moins malsain dans leurs rapports ? J’ai conscience d’être probablement complètement égaré par mes sentiments, et surtout par cette peur d’être abandonné qui, paraît-il, me caractérise. Peut-être ai-je trop d’imagination. Qui sait si, en confiant trop mes soupçons à Corydon, je ne suis pas à l’origine d’épouvantables rumeurs, dont je devrais avoir honte… Camille veut bien que je vienne le voir à l’hôpital, demain, s’il s’y trouve toujours. J’en suis donc réduit à espérer qu’il soit encore assez malade pour ne pas être rendu trop tôt à la liberté ! J’ai le sentiment qu’il me faut le voir physiquement pour faire la lumière sur tous ces mystères. Ou est-ce que j’ai besoin de boire encore à la source de mon délire ? Tout cela m’inquiète un peu. Je ne suis plus le maître de moi.

Commentaires

Quelle patience. Je me serai barré au triple galop depuis bien longtemps.

Ecrit par : Ron | 24/09/2008

Cela vaut mieux que la bourse qui prend l'eau ! Un coeur cela se répare, un bon petit pace-maker et un plan de relance par derrière et tes grands amours te seront rendues ...

Ecrit par : iPidiblue, le manège enchanté | 24/09/2008

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