19/09/2008

Vendredi 19 septembre 2008

            J’étais très inquiet de n’avoir plus de nouvelles de Camille depuis hier soir. Je craignais que Nicandre, par jeu, n’ait réussi à se mettre entre nous, ou même l’abominable Trimalcion, qui doit avoir plus de qualités que je veux bien le croire pour être capable de jouer comme il fait les chefs de meute. Mais c’est encore pire que tout ce que je redoutais. Camille, que j’ai enfin retrouvé tout à l’heure sur MSN, m’a dit que son père n’était pas favorable à notre jeune histoire ! Il me trouve trop vieux pour son fils, l’hypocrite ! Car c’est un hypocrite ! Il est lui-même homosexuel et a déjà couché plusieurs fois avec Corydon, qui se trouve être plus jeune que lui de plus d’années que Camille l’est de moi ! Et si la situation était plus grave encore que je le crois ? Peut-être que Camille n’a pas osé m’avouer qu’il était l’amant de son père… Il y a de tels dégénérés dans les campagnes ! La mère de Camille le battait lorsqu’il était enfant et, quand il était adolescent, elle aurait tenté de le tuer : j’ai vu les marques du couteau sur les bras de mon ami. Ce serait depuis cette tentative que Camille souffrirait du diabète qui est, selon Corydon, une maladie causée parfois (mais je ne sais si c’est vrai) par une très violente émotion. Qui sait si le père, qui ne se cache plus que depuis tout récemment, n’assouvissait pas jusqu’alors ses besoins avec le fils ? Je me fais sûrement des idées, mais il est tout de même étrange que ce soit Camille qui ait si souvent à conduire son père à la rocade, comme on dit ici, c’est-à-dire en un lieu de débauche à ciel ouvert ! Comme si celui-ci ne pouvait pas s’y rendre seul ! Et pourquoi donc refuse-t-il de lui prêter sa voiture pour que Camille, qui a la sienne en panne, puisse venir me voir ? J’ai dit à ce dernier que je pouvais aller le chercher avec la mienne. Il m’a répondu qu’il en était bien conscient, mais sans me demander de le faire ! Est-il la proie, le prisonnier de son père ? Le craint-il tellement ? L’aime-t-il tant qu’il le préfère à moi ? Le fait que son père me le refuse me le rend encore plus désirable. L’amertume que nous éprouvons de ne pouvoir être ensemble en ce moment, Camille et moi, est d’une étrange douceur : elle est comme la promesse de retrouvailles plus délicieuses encore. Et j’aime cette idée, qui n’est probablement qu’un fantasme, d’être peut-être un refuge pour Camille.

Commentaires

Ca se complique ... mais n'est-ce pas, il faut beaucoup d'ingrédients pour faire un bon plat ?

Ecrit par : iPidiblue la bourse ou le blog | 20/09/2008

Bon ça avance cette idylle en ce beau dimanche ? Le mariage c'est pour quand ? Je voulais dire le pacs ?

Ecrit par : iPidiblue et les mirages de l'amour | 21/09/2008

Je me demande si ça ne recule pas...

Ecrit par : Olivier Bruley | 21/09/2008

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