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15/09/2008

Dimanche 14 septembre 2008

            Camille m’a rapporté que le grand C était allé le retrouver dans la salle de bain, hier soir, chez ma sœur… Il voulait lui faire admirer ses muscles abdominaux et pectoraux, et les comparer à ceux de mon ami, qu’il est allé jusqu’à toucher ! Puis il a fait cette confidence à Camille que si ma sœur était avec lui, c’était uniquement parce qu’il avait une grosse bite ! Pendant que ma sœur était en train de s’occuper de ses invités, Cyrille a donc réussi à tripoter mon Camille, à lui faire voir une partie de sa nudité et à lui parler de la taille de sa bite… Il est tout de même inquiétant qu’il me faille protéger mes mignons même des amants de ma sœur ! Je ne sais si je suis amoureux de Camille, mais je me suis aperçu que j’arrivais à dormir avec lui, au grand dam de la chienne Pélagie, dont il occupe au lit la place qu’elle avait pris l’habitude de prendre, à mon insu, une fois que je suis endormi. J’ignore si c’est parce qu’il est roux ou diabétique, mais je trouve parfois qu’il pue. Or je m’accommode aussi bien de son odeur que de sa présence dans mon lit. C’est lui qui s’est occupé de préparer le dîner ce soir, pour Corydon, notre invité, et moi. Il avait apporté des produits de la ferme de son père : des escalopes de foie gras, du magret de canard, des pâtes assaisonnées d’une excellente sauce de sa grand-mère, le tout précédé de tartines de fromage de Brie légèrement fondu. Pour finir, ma mère, qui s’est retrouvée seule pour le repas dominical, ma sœur ayant eu elle aussi d’autres obligations, m’avait donné de sa salade de pêches à la menthe, un dessert sans doute beaucoup trop sucré pour Camille, à cause du sirop de canne dont cette salade est accommodée, mais dont il ne s’est pas privé non plus. Je lui ai demandé un peu plus tard de se faire un dextro, pour voir quel était le retentissement d’un tel repas sur sa glycémie : 3,34 gramme, ce qui, je crois, n’est pas un bon résultat du tout. Une espèce d’angoisse s’est emparée de moi. Je ne sais si je suis amoureux de Camille, mais je me fais du souci pour lui, sa mauvaise santé m’inquiète. Je ne puis m’empêcher d’associer tous ses défauts à sa maladie. Est-ce à cause du diabète qu’il a de mauvaises dents et qu’il pue ? Est-ce à cause du diabète qu’il a toujours si chaud et qu’il transpire tellement ? Est-ce à cause du diabète qu’il a tous ces boutons sur la figure ? Est-ce à cause du diabète que ses petites plaies semblent ne jamais devoir guérir ? Est-ce à cause du diabète que les ongles de ses mains sont comme recouverts d’un vernis qui aurait sauté par endroits ? Est-ce à cause du diabète que les ongles de ses pieds… Mon Dieu ! Les ongles de ses pieds ! Est-ce à cause du diabète qu’il peine à jouir ? Etait-ce à cause du diabète qu’il était tout desséché, la nuit de notre première rencontre, et que j’avais l’impression d’embrasser un cendrier, avec les mégots et la cendre ? Deviendra-t-il laid ? Mourra-t-il jeune ? A-t-il peur ? Est-il inquiet ? Corydon et lui sont restés longtemps à surfer sur Internet et j’essayais de photographier les mains de Camille.

Commentaires

Il m'a fallu du temps pour démêler les fils de ma pensée, pour intégrer l'absence de Dominique et lui donner sa (juste?) place au fond de moi. Si la consolation tarde à venir, une certaine énergie vitale retrouvée me permet aujourd'hui de vous remercier des paroles que vous m'avez adressées. Il avait de l'affection pour vous.

Ecrit par : Sylvie | 17/09/2008

3,34 grammes ? C'est pas bon du tout, ça ! Il s'est fait au moins une injection d'insuline ?
L'amputation le guette tôt ou tard... La cécité également !

Ecrit par : tinou | 18/09/2008

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