02/09/2008
Mardi 2 septembre 2008
Hier, vers midi, visite impromptue de Damis, qui m’a surpris en train de prendre le petit déjeuner (car je ne serai sans doute jamais de cette France qui, paraît-il, se lève tôt). Il avait du temps à tuer en attendant l’ouverture de sa banque, dans laquelle il voulait déposer l’argent de la prime pour l’emploi à laquelle il a eu droit cette année, afin d’avoir sur son compte de quoi établir un chèque de caution pour emprunter une voiture au garage où il a laissé la sienne à réparer (si du moins elle est réparable, ce dont il n’est pas encore sûr). « Qu’est-ce que tu as encore fait avec cette voiture ? – J’ai écrasé un blaireau. – Mais c’est affreux ! C’est mignon comme tout, les blaireaux ! Et il est mort ? – J’aurais pu me tuer, moi aussi. – Oui, enfin ce n’est pas comme si tu étais rentré dans un sanglier ou dans un chevreuil ! Si tu habitais en ville, ça n’arriverait pas. Il n’y a pas de blaireaux, dans les rues de la ville. Tu serais bien le seul ! » J’ai cru que Damis allait me demander de le reconduire chez lui ou de lui rendre quelque autre service du même ordre. Je l’en ai vite dissuadé, en lui reparlant de l’argent qu’il me devait et qu’il ne m’a toujours pas remboursé. Il m’a dit qu’il le ferait peut-être à la fin de la semaine. « Tout ce que je peux faire pour toi, c’est t’héberger chez moi, si tu ne trouves pas de moyen de locomotion. Tu n’auras qu’à aller à ton travail à pied, ce soir. – Mais non, je ne travaille pas ce soir ni demain. Il faut que je rentre chez moi. – Alors il ne te reste plus qu’à espérer que la banque soit ouverte », ce qui est loin d’être assuré, un lundi à Mont-de-Marsan, où tout est fermé ! En entendant mon ivrogne de voisin descendre les escaliers, je me suis précipité vers le judas, comme à mon habitude, pour voir dans quel état il s’était mis, ‘‘de si bon matin’’ (et sans doute un peu pour l’admirer aussi, car il est bien beau, tout alcoolique qu’il soit ! Et il s’appelle Tristan, vraiment Tristan : ce n’est pas un nom que je viens de lui inventer pour ce journal…). Mais lesté du corps de Damis qui, sans doute émoustillé par ma tenue si légère qu’elle n’était pas loin d’être celle d’Adam, m’avait suivi et s’était agrippé à moi pour mimer le geste de m’enculer, je me suis fort peu discrètement écrasé contre la porte, sur laquelle le faux enculeur me faisait rebondir, en produisant les sons caractéristiques du coït, ce qui a eu l’air d’amuser mon voisin, que le judas m’a montré souriant, avec l’air de penser quelque chose comme : « Eh bien, mon salaud, tu ne t’emmerdes pas ! ». J’étais furieux et suffocant sous le poids de Damis, qui n’est décidément pas léger ! Tout à l’heure, sur MSN, Corydon m’a envoyé un message pour me donner, de sa part, la nouvelle adresse électronique de Damis. Je l’avais fort contrarié, hier, en lui faisant l’aveu que j’avais découvert le mot de passe de son ancienne adresse. Sa grande crainte n’était pas vraiment que je lise son courrier, mais plutôt que je séduise les quelques garçons parmi ses ‘‘contacts’’ qu’il voudrait mettre dans son lit ! Il craint que je ne recommence avec eux ce que j’avais fait avec Alcide, un soir d’ivresse. Mais pour qui me prend-il donc ? Il est vrai que certains desdits ‘‘contacts’’ sont plus que consommables. J’ai été amusé de voir que Damis était abonné à une espèce de site qui publie des recettes de cuisine. Il ne pense vraiment qu’à bouffer ! Je me demande parfois si Damis n’est pas un peu simplet… Comme il ne sait pas comment s’y prendre pour changer le mot de passe de son adresse hotmail, il s’en crée une nouvelle ! Et quelle idée, quand on joue au basket et que c’est une des premières choses qu’on m’a dites, de choisir le nom de ce sport comme mot de passe ! Cela dit, je n’ai aucune leçon à donner en matière d’informatique. Pendant très longtemps, je me suis servi d’une seule et même adresse pour toutes mes correspondances, si bien que le jour où je me suis retrouvé victime d’une attaque de spam, les destinataires des messages pirates pouvaient voir que, sur la liste d’envoi (qui n’était pas masquée), à côté d’adresses électroniques très dignes, comme par exemple renaud.camus@etc., s’en trouvaient de beaucoup plus exotiques, comme pipasse@etc. ou cularemplir@etc.
22:36 Publié dans 2008, Alcide, Corydon, Damis, Journal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
"cularemplir" ... quel choc Olivier ! Moi qui te voyais comme une figure de vitrail ...
Ecrit par : iPidiblue le petit baigneur | 03/09/2008
Que je vous rassure tout de suite, cher Pierre, le propriétaire de cette adresse électronique ne fut jamais rencontré ! De toute façon, moi, je ne remplis pas les culs, je comble les garçons !
Ecrit par : Olivier Bruley | 03/09/2008
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