11/08/2008
Dimanche 10 août 2008
J’ai dîné hier soir avec cet ami que je disais l’autre jour n’avoir pas été gâté par la nature. Appelons-le Corydon. Il aurait pu dire, comme celui de Virgile : nuper me in litore vidi. Car la nature, en vérité, n’a rien à voir avec la disgrâce de mon Corydon, qui n’était d’ailleurs pas loin d’être beau, il y a quelques années encore, comme j’ai pu le constater sur des photos qu’il m’a montrées. Mais il a pris beaucoup, énormément de poids depuis qu’il est dépressif (encore un !). Le pauvre a trop d’appétit depuis qu’il n’en a plus pour la vie. Corydon est le genre de personne qui connaît tout le monde, mais jamais bibliquement ; ce qui ne veut pas dire qu’il ne baise pas, mais il le fait uniquement avec des inconnus, à quelques exceptions près, dont je suis. (Je commence à croire que je suis de toutes les exceptions ! Est-ce à dire que je suis exceptionnel ?) Corydon m’a confié qu’il avait une crainte : si mon aventure avec Damis devenait sérieuse, celui-ci pourrait ne plus vouloir que nous continuions de nous voir, comme dit pudiquement mon anxieux, que je soupçonne d’être tombé amoureux de moi. Je ne m’explique pas pourquoi ces deux là se détestent tellement. Après dîner, nous sommes allés rendre visite au bel Alexis, que nous avons trouvé les mains dans le moteur de la voiture de son frère Alexandre qui l’aidait. Tout le monde s’accorde à dire qu’Alexandre est infiniment plus beau qu’Alexis, qui passe pour être laid. Mais c’est Ménalque qui est laid, l’amant d’Alexis ! Je ne comprends pas pourquoi, lorsqu’on parle du couple, on fait toujours allusion à la prétendue laideur d’Alexis, sans jamais évoquer celle de Ménalque, qui ne fait pourtant aucun doute, elle. Peut-être considère-t-on qu’elle va justement trop de soi pour être seulement relevée. Mais moi, je trouve Alexis charmant. Je le trouve même aussi beau que son frère, auquel il ressemble d’ailleurs beaucoup, contrairement à ce qu’on a l’habitude de prétendre là encore. Les pédés n’ont aucun goût. Parce qu’ils sont, pour la plupart, d’indécrottables conformistes, et dépourvus de toute imagination, ils ne savent reconnaître que la beauté manifeste, évidente, indéniable, et ne sont aucunement sensibles aux beautés plus subtiles. Le problème d’élocution d’Alexis est un enchantement et je suis émerveillé de voir qu’un petit pédé de ‘‘stricte obédience’’, comme disait Dominique Autié, puisse avoir la passion de la mécanique. Alexandre, quant à lui, n’est pas de cette stricte obédience… C’est un ancien bisexuel, qui ne se consacrerait plus qu’aux filles, au grand dam de tout ce petit monde dans lequel m’introduit peu à peu Corydon. A vrai dire, je rencontrais Alexandre pour la première fois hier soir. Mais j’avais bien sûr déjà entendu parler de lui, puisque tout le monde le trouve très beau ; je l’avais même déjà vu en photo, et dans le plus simple appareil, lors du cômos solitaire d’Alcide, qui nous avait fait voir, à Damis et moi, certaines photographies qu’avait prises Ménalque, la veille, d’Alexis, d’Alexandre et d’Alcide se baignant. Sur l’une des images, on pouvait voir Alexandre complètement nu, et presque complètement raide, ce qui, bien sûr, fait dire à tout le monde qu’il doit être tout de même encore un peu pédé sur les bords pour bander au milieu d’autres garçons. Comme si l’on ne pouvait pas bander sans raison ! Corydon, qui avait participé à cette soirée, m’a donné les photos, que je conserve précieusement dans les archives de mon ordinateur. Je me demande si les deux frères ont déjà couché ensemble. J’ai appris de Corydon qu’avant d’être avec Alexis, Ménalque était sorti avec Alcide. Comme Ménalque et Alexis sont ensemble depuis quatre ans et qu’Alcide en a dix-neuf, j’en déduis que ce dernier n’avait que quinze ans à l’époque où il était avec Ménalque. Alexis en avait seize au début de sa relation avec lui. On peut dire que Ménalque les aime jeunes, et qu’il est un pédéraste au sens le plus stricte, le plus étymologique du terme. Quittera-t-il Alexis, lorsqu’il le trouvera trop vieux à son goût ? Ou l’amour sera-t-il assez fort pour transformer un amoureux des garçons en l’amoureux d’un homme ? Ce que me dit Corydon d’Alcide, qu’il connaît depuis plus longtemps que moi, ne correspond pas du tout à l’idée que je m’étais faite de lui. A l’en croire, ce serait quelqu’un d’intéressé. Il œuvrerait d’ailleurs pour se remettre avec Ménalque, qui vient de s’offrir une grosse voiture. Alexis est-il conscient du danger ? Mais est-ce que tous les garçons ne sont pas intéressés à dix-neuf ans ? C’est dans l’ordre des choses, puisqu’on ne possède rien à cet âge.
03:41 Publié dans 2008, Alcide, Alexandre, Alexis, Corydon, Damis, Journal, Ménalque | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Commentaires
Tu t'arrêtes aux boulangers et aux garagistes, ou est-ce que tu vas jusqu'aux antiquaires et brocanteurs ?
Ecrit par : iPidiblue paillettes et cocotiers | 11/08/2008
J'adore les lignes suivantes: "Mais il a pris beaucoup, énormément de poids depuis qu’il est dépressif (encore un !). Le pauvre a trop d’appétit depuis qu’il n’en a plus pour la vie."
Ecrit par : czyk | 11/08/2008
Czyk ne l'encouragez pas à être méchant c'est par trop sa pente naturelle !
Ecrit par : iPidiblue thé et sympathie | 11/08/2008
iPidiblue, je dois avouer que les lignes suivantes, extraites du texte écrit le 3 juillet, me plaisent également beaucoup: "Mais ce sont tous les Français qui sont de plus en plus gros. C’est à n’y rien comprendre : ils semblent grossir d’autant que baisse leur pouvoir d’achat, ce qui ne les empêche d’ailleurs pas de partir en vacances ! Je ne compte plus les garçons qui m’ont dit, comme si c’était une excuse, qu’ils avaient pris du poids depuis peu seulement, généralement parce qu’ils sont dépressifs. Ah ! Si je les avais connus avant leur dépression, je n’aurais pas été déçu, m’assurent-ils ! C’est tout de même quelque chose que ces dépressifs ! Ils n’ont plus d’appétit pour leur pauvre existence, mais ce qu’ils peuvent bouffer !"
Mais j'aime aussi les textes où Mr Bruley fait preuve de gentillesse. Ils sont plus difficiles à retrouver, j'en conviens.
Ecrit par : czyk | 11/08/2008
Il est focalisé sur son ancien problème de poids ! C'est son côté intoxiqué par la lecture de magazines féminins.
Il ferait mieux de se focaliser sur le problème des caresses à distribuer ...
Ecrit par : iPidiblue thé et sympathie | 11/08/2008
Dans le texte du 3 juillet, j'aime aussi beaucoup la manière dont est évoquée la baisse du pouvoir d'achat des Français.
Mr Bruley, je l'ai toujours connu svelte!
Je vais rechercher dans les archives de son blogue les traces de son ancienne surcharge pondérale.
Ecrit par : czyk | 11/08/2008
Je n'ai pas d'ancien problème de poids ! Je commençais à avoir des poignées d'amour, c'est tout !
Ecrit par : Olivier Bruley | 11/08/2008
Olivier, bonjour. Ceci 'est pas vraiment un commentaire : je te lis toujours régulièrement, souvent avec étonnement, voire stupéfaction, mon grand âge ne me rend plus très accessible à ce genre de "sport" !
Je voudrais que tu me donnes la traduction latine de "La mort me délivrera", si j'ai bonne mémoire, ce serait "Mortis me liberabit" ?
Ceci par contre est plutôt commentaire, je te sens tellement douloureux, sache que je pense à toi avec amitié quanf même. A bientôt. Merci d'avance si tu me donnes la réponse.
Ecrit par : maola | 13/08/2008
Ne serait-ce pas plutôt "mors" au nominatif ??
Ecrit par : maola | 13/08/2008
Chère Maola, votre petit détour par ma page me fait bien plaisir, mais c'est vous que je sens douloureuse, qui me parlez de la mort... C'est bien "mors" au nominatif : Mors me liberabit.
Ecrit par : Olivier Bruley | 13/08/2008
Ce n'est pas une maman qu'il cherche, c'est un papa, voyons !
Ecrit par : iPidiblue et l'ouvreuse du petit théâtre d'Olivier | 14/08/2008
Ecrire un commentaire