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07/08/2008
Jeudi 7 août 2008
Ne nous voient tels que nous sommes vraiment, secrètement, sans pudeur ou honteusement, que nos animaux les plus chers et, s’il existe, Dieu, comme on l’appelle ici ; les premiers, parce qu’ils sont dépourvus d’un jugement qui, s’ils en avaient, ne manquerait pas de les aveugler ; le second, parce qu’il est le Juge suprême et voit tout. L’homme, c’est bien souvent celui qui, parce qu’il regarde, ne voit pas ; celui aussi à qui l’on ne se montre pas, de qui l’on se cache. Si la mort de l’animal le plus cher, le plus proche, est aussi traumatisante que celle d’un dieu (qu’y a-t-il de plus bouleversant que la mort d’Adonis, avec qui c’est la nature entière qui semble disparaître sous terre ?), c’est parce que se ferment à jamais les seuls yeux au monde qui nous voyaient vraiment, grâce auxquels nous nous savions vus complètement, auxquels nous nous offrions entièrement à voir, c’est-à-dire jusqu’en notre plus profond secret, et même jusqu’en notre absence, comme on sait que telle chaise placée dans une pièce où n’est nul homme pour la voir continue d’exister grâce à Dieu qui, voyant tout, la regarde elle aussi. Avec l’animal chéri, l’on perd l’assurance et l’occasion qu’il nous donnait de ne pas exister partiellement. Aux yeux des autres hommes, on n’existe pas vraiment : on a l’air d’exister. Mais à peine leurs regards se portent-ils ailleurs que déjà l’on est oublié. On n’existe plus. Et dès que leurs regards se portent sur soi, on existe moins ! On n’est plus que ce qu’ils voient, c’est-à-dire presque rien. On est tout dans les yeux de son chien. On y est même deux fois !
18:21 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Et si ton chien est assis sur la chaise, il existe 4 fois ?
Grosses bises.
Ecrit par : iPidublue, à la Chaise Dieu | 08/08/2008
Guy Lux se surpasse, n'est-ce pas ma chère Simone ?
Ecrit par : iPidiblue dit le gros Léon | 08/08/2008
Ne lui conserve pas un chien de ta chienne, mon cher Olivier, il oublie tout ce qu'il dit à peine a-t-il tourné les talons !
J'aime bien tes histoires naturelles, tu n'imites pas Jules Renard, mais il faudrait les réunir en recueil en attendant qu'un musicien mette quelques notes sous les mots.
Ecrit par : iPidiblue, Léon ! Léon ! | 08/08/2008
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