28/07/2008

Lundi 28 juillet 2008

            Il y a déjà longtemps que le ménage est mal fait dans les parties communes de mon immeuble. Depuis que j’ai mis en vente mon appartement, je m’en plains régulièrement au syndic, car je voudrais que l’accès à mon logement paraisse propre aux éventuels acheteurs. Mais j’ai beau me plaindre, le ménage est toujours aussi mal fait, et encore, quand il est fait, car il n’est pas rare que la femme de ménage, le jour prévu, ne vienne tout bonnement pas. Le problème est que le syndic se fait gruger par la société de nettoyage, et ladite société par la femme de ménage chargée du travail. Ainsi, il était prévu de longue date que le ménage soit exceptionnellement fait le vendredi suivant immédiatement la fin des fêtes de la Madeleine. Il n’a été fait qu’aujourd’hui, et après que je me suis plaint deux fois au syndic de ce qu’il n’en était rien ! La société de nettoyage comptait sans doute nous faire payer un travail qu’elle n’avait pas même pris la peine de faire faire à la femme de ménage ! Je le sais pour avoir justement rencontré cette dame à midi, peu de temps après mon second coup de téléphone au syndic : on ne pouvait rien lui reprocher, se défendait-elle, parce qu’on ne lui avait rien dit : elle venait tout juste d’être prévenue. Très sûre d’elle, pour ne pas dire proprement effrontée, elle a continué en me demandant si le sac-poubelle qui traînait au pied de l’escalier menant à mon palier était à moi. « Non, il appartient sûrement à mon ivrogne de voisin. – Eh bien ! Je ne touche pas à ça, ça ne fait pas partie de mon travail. » Admettons. Est-ce une raison pour me demander si je suis l’auteur d’une telle incivilité ? Pour qui me prend-elle donc ? J’ai profité de ce que la conversation était si bien engagée entre nous pour lui demander comment elle s’y prenait exactement pour que le ménage soit si mal fait dans les parties communes. Que n’avais-je pas dit ! Elle s’est mise à jouer les outragées, levant la voix au ciel, plutôt que les yeux, comme on imagine que font souvent les africaines (c’en est une), qui n’aiment pas beaucoup qu’on leur tienne tête. En regardant le matériel qu’elle avait apportée pour accomplir sa tâche, j’ai compris pourquoi le ménage était si mal fait. Elle n’était équipée que d’un balai et d’un balai-serpillière. « Comment ? Vous n’avez pas de balai-brosse ? Mais c’est pour ça que le ménage est si mal fait ! Après avoir balayé et avant de passer la serpillière, il vous faut brosser le sol, en le mouillant avec une eau dans laquelle vous aurez versé l’un de ces produits ménagers qu’on vous donne. Si vous ne passez que la serpillière, les tâches les plus tenaces, l’alcool qui a séché, toutes ces humeurs douteuses et laissées dans les coins ne partent pas. – Ah ! Mais vous croyez que j’ai le temps de faire tout ça ? Vous savez combien je suis payée ? Je ne suis payée que pour une heure de travail. – Ah ! Non ! Sûrement pas ! Vous êtes payée pour faire, en une heure, le ménage, correctement, dans toutes les parties communes. Vous n’avez qu’à travailler plus vite ! » Comme le ton était monté, la plus hommasse de mes voisines lesbiennes, toujours à l’affût d’un scandale, toujours prête à défendre la veuve et l’orphelin, est évidemment sortie de derrière sa porte pour demander : « Comment ? Qu’est-ce que j’entends ? Le ménage serait mal fait ? Le ménage est très bien fait, Monsieur. N’avez- vous pas honte de parler comme vous faites à cette pauvre dame qui a la gentillesse de venir faire le ménage ici, et deux fois par semaines, encore ? – Mais ce n’est pas par gentillesse qu’elle le fait ! Elle est payée pour ça ! C’est son travail. Si je parle un peu fort, c’est parce qu’elle s’est mise la première à parler plus fort que moi, comme vous faites vous-même en ce moment. Je demande juste que le travail soit bien fait. Je lui explique comment procéder. – Ah ! Parce que vous savez comment on fait le ménage, peut-être ? Moi, j’ai déjà fait des ménages, et je peux vous dire que… – Mais moi aussi, j’en ai déjà fait, justement, et… – Quoi ? Vous, vous avez fait des ménages ? Ah ! Ça m’étonnerait ! J’aimerais bien voir ça ! – Et quel âge vous avez, d’abord, reprit l’africaine, vous n’êtes pas un peu jeune pour nous dire comment faire les choses, non ? » Si bien que je suis reparti de très bonne humeur, heureux de voir que j’avais toujours l’air aussi outrageusement jeune et frais, comme j’ai déjà dû l’écrire, en toute modestie, même s’il est vrai que j’en doute de plus en plus.

Commentaires

Oh, le ménage... laissons ça aux portuguèches.

Ecrit par : iPidublue, pas Mme Pereira | 29/07/2008

Finalement tu te marierais avec une bonne grosse négresse cela te ferait un joli teint pour toute l'année ...

Ecrit par : iPidiblue et les vocations tardives | 29/07/2008

Quand Africaine fâchée, elle toujours faire ainsi...

Ecrit par : Didier Goux | 29/07/2008

Monsieur Bruley, je continue à beaucoup aimer votre blogue. Le texte d'hier était également très agréable à lire.

spontanément,

un lecteur

czyk

Ecrit par : czyk | 29/07/2008

Redescends sur terre Olivier maintenant que tu sais que tu as les voix du petit peuple tu peux tout te permettre !

Ecrit par : iPidiblue honni soit qui mal y pense ! | 29/07/2008

oui, redescendez !

un lecteur issu du petit peuple

czyk

Ecrit par : czyk | 29/07/2008

Personne n'a plus les pieds sur terre que moi. Je les ai pour ainsi dire déjà dans la tombe !

Ecrit par : Olivier Bruley | 30/07/2008

Je vois, cher Pierre, que vous avez fini par m'entendre et ouvrir une nouvelle page de votre journal ! Mais faites attention, on commence par coucher mon nom sur le papier ou sur la Toile, en l'occurrence, et c'est mon corps qu'on finit par étendre sur son drap ! Demandez donc à don Esteban, il en a perdu la langue ! On ne l'entend plus depuis.

Ecrit par : Olivier Bruley | 30/07/2008

Pour ma langue mon cher Olivier je me la garde j'ai mieux à faire avec, d'ailleurs elle pourrait te rendre des services sais-tu ?

Ecrit par : iPidiblue florilège | 30/07/2008

Tu boudes ou tu baises ?

Ecrit par : iPidiblue le bon docteur | 01/08/2008

Je bronze.

Ecrit par : Olivier Bruley | 02/08/2008

Hum ! pas bon pour la santé, n'oublie pas de te faire passer par une main délicate et sensible - et masculine de préfèrence - une crème protectrice pour ta petite peau fragile ...

Ecrit par : iPidiblue pimpom uv ! | 02/08/2008

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