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21/07/2008

Dimanche 20 juillet 2008

            J’étais si peiné de la peine que j’avais faite à Damis que je l’ai invité, hier, à passer l’après-midi chez ma mère au bord de la piscine. Il avait peur que je me moque de lui, parce qu’il prétendait ne pas savoir nager ! Mais c’était faux : Il a fini par me montrer qu’il le savait tout de même, mais très mal, en effet : je ne pouvais plus m’arrêter de rire en le regardant faire. Il ne s’éloignait jamais du bord et respirait très fort, en poussant de ces espèces de gémissements qu’ont les enfants qui barbotent. Si ses bras imitaient bien la grenouille, ses jambes faisaient le petit chien ! Il restait très longtemps dans l’eau, pour s’entraîner à la nage, et sans doute aussi parce qu’il ne voulait pas se montrer à ma mère bandant dans son maillot de bain. « N’as-tu pas froid, à rester dans l’eau si longtemps ? – Non, l’eau n’est pas froide ! – C’est parce que tu es comme les phoques, la graisse que tu as en trop te tient chaud. C’est le signe qu’il te faut faire un régime ! Après, il sera trop tard, et c’est à une baleine qu’on te comparera ! » Il s’amusait parfois à mettre la tête sous l’eau en se bouchant le nez. Son grand plaisir fut ensuite de venir dormir profondément à côté de moi qui somnolais. J’ai pu vérifier ce que je soupçonnais : Damis est un ronfleur, ce qui l’éloigne encore un peu plus de mon lit. Mais s’il lui suffit de dormir au bord de la piscine avec moi pour être content, comme il m’a écrit dans un SMS après son départ (« je suis content, merci », m’y disait-il, tout simplement), je n’ai pas à m’inquiéter davantage de cette histoire de lit. Seulement, je ne pourrai contenter Damis que l’été. C’est sans doute pourquoi l’on parle d’amours de vacances ! Les fêtes de la Madeleine ont commencé. Toute la ville est comme en état de siège, les boutiques sont barricadées et ceux qui le peuvent, comme moi, sont allés s’installer loin du centre, dans le calme des quartiers résidentiels, où les familles semblent se retrouver pour l’occasion, dressant de grandes tables pour dîner dans les jardins. Il paraît que la population de la ville est multipliée par dix pendant ces fêtes. Le fait est que le nombre de beaux garçons errant torses nus, pissant contre les murs, dormant dans les caniveaux, campant sur les pelouses explose en cette période de l’année. Celui que j’appelais l’autre jour ‘‘mon délateur’’, mais à qui je devrais trouver un nom, car il semble que je doive souvent parler de lui dans ce journal – en attendant, appelons-le ‘‘mon petit marchand de couronnes’’ (car il vend des fleurs, comme le garçon de l’épigramme de Straton (Anthologie palatine, XII, 8), même s’il est bien moins farouche que lui) –, mon petit marchand de couronnes me disait donc qu’il aimait tout particulièrement les fêtes de la Madeleine pour ce qu’elles lui permettraient de sucer beaucoup de jeunes gens qui, n’ayant pas réussi à se trouver de fille, se contenteraient de garçons pour être vidés, comme dit aussi Damis lorsqu’il me raconte certains de ses exploits. Ces jeunes gens, paraît-il, se rendraient dans de certaines rues et, affectant de pisser contre de certains murs, sans rien pisser du tout, attendraient que ce signal soit reconnu par les pédés qui, généralement, ne passent pas là par hasard. Je ne puis que croire mon petit marchand de fleurs sur parole, n’étant pas pour ma part aussi sexuellement sociable que lui, sans doute en raison de ma phobie particulière. Et puis je suis une fine bouche, ces friandises sont un peu trop corsées à mon goût : il faut dire, en effet, que le festayre, ou le hestayre, comme je crois qu’on dit mieux en patois (comme du moins je le trouve écrit depuis cette année dans la presse locale), n’est pas toujours très frais, surtout quand le jour se lève, et qu’il a bu toute la nuit, et beaucoup pissé par les rues de la ville.

Commentaires

Comme c'est bu-colique ...

Ecrit par : iPidiblue lui aussi Céladon | 21/07/2008

On croirait un jeu de mots de Raphaël Juldé !

Ecrit par : Olivier Bruley | 22/07/2008

Alors ça, c'est méchant.

Enfin, je crois ?

Ecrit par : Raphaël | 22/07/2008

Le jeu de mot de Pierre Driout est-il donc si mauvais que cela ? C'est vous qui êtes méchant avec lui, Raphaël !

Ecrit par : Olivier Bruley | 22/07/2008

Oups ! toutes mes confuses à Olivier et Raphaël pour avoir empiété sur leurs plates-bandes, je le referai plus ! A vous de jouer les petits gars, envoyer les vannes !

Ecrit par : iPidiblue ouvrez les vannes ! | 22/07/2008

J'utilise peu le trait d'union dans mes jeux de mots. Mais bon, y'a deux écoles...

Ecrit par : Raphaël | 24/07/2008

Y'a trop d'écoles moi je vous le dit !

Ecrit par : iPidiblue petit gars tout simple à qui on ne la fait pas | 24/07/2008

Pour les fautes de conjugaison on demandera au répétiteur de Laval-la-savante de passer par derrière et de corriger le tout ....

Ecrit par : iPidiblue pas tapez sur la tête monsieur ! | 24/07/2008

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