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28/06/2008
Vendredi 27 juin 2008
Je suis devenu le Nicandre d’un autre Olivier. J’essaie de lui faire le moins de mal possible, tout en m’efforçant d’en retirer le plus de bien que je puis espérer. L’affaire est délicate. Mais j’avais probablement besoin de cela, de devenir le Nicandre d’un autre garçon, pour guérir complètement de mon Nicandre à moi et, surtout, du regret que j’ai encore un peu de son corps. Je n’étais pas vraiment amoureux de lui. D’ailleurs, je crois qu’à l’amour, je préfère l’amourette, que je place entre la camaraderie et l’amitié, la première étant rehaussée, la seconde légèrement dégradée par le sexe. J’aurais pu avoir de cette moindre amitié pour Nicandre, mais quant à l’aimer, c’était impossible : il est perdu pour l’amour, perdu dans l’époque, dont il lui plaît d’être entièrement le jouet. Je n’ai nourri que peu de temps l’espoir de lui faire prendre conscience de sa bassesse, de l’élever, de le rendre digne de sa beauté et de l’amour d’un Olivier. Dès que j’ai vu la personne qui, dans son groupe d’amis, avait le plus d’influence et que ce pauvre Nicandre m’avait dit prendre pour modèle, j’ai compris que déjà, si jeune, il était perdu. L’arbitre des inélégances de cette méchante troupe est évidemment amoureux de lui (ses yeux le trahissent) et Nicandre m’a dit que ce Pétrone du pauvre était fort contrarié de savoir que je n’avais eu aucun mal à coucher avec le garçon de ses rêves, alors que lui n’avait jamais pu y parvenir, malgré tous ses efforts et même l’ascendant qu’il a sur ce malheureux être qui le prend pour exemple. Ces petites satisfactions-là valent bien toutes les fins, toutes les pertes et tous les chagrins du monde. J’ai la chance d’avoir conservé ce qui m’avait été donné de beauté en ne faisant que dormir et en ne travaillant presque pas, d’avoir retrouvé ma taille de jouvencel en me contentant de manger moins, d’être déjà tout bronzé à force de me prélasser chez ma mère au bord de la piscine, de paraître intelligent en parlant peu et regardant de haut ; mais mon Pétrone, quoique plus jeune que moi d’une année, et malgré tous ses efforts, est un indécrottable Trimalcion, tout gras et laid. (Il fallait voir sa tête, quand, lors de la conversation (conversation de son niveau, bien sûr), il s’est aperçu que je considérais mon ancien poids (le sien actuellement) comme le mauvais souvenir d’une époque révolue. « Ah oui ? m’avait-il demandé, mais combien mesures-tu donc ? – Un mètre soixante et onze, avais-je répondu. Et toi ? – Un mètre soixante-dix… » L’espèce de sourire narquois que j’ai eu à ce moment-là a sans doute fini de me rendre détestable à ses yeux. Quinze kilos nous séparent, qui sont comme quinze années, quinze millions ou quinze générations. (Je me fais honte à moi-même d’avoir dans ce journal de telles considérations ! Ce que c’est, tout de même, d’avoir été élevé par des femmes !)) Bête et méchant, entouré d’une nombreuse cour à son image, baisant à droite à gauche, le pauvre est incapable de tremper sa petite queue dans le seul être qu’il voudrait vraiment posséder. Il est plutôt rassurant de constater que, même et peut-être surtout à notre époque, certaines choses ne changent pas. Finalement, en ne se faisant pas le giton de ce ‘‘mène-petit’’, Nicandre se montre sans doute plus honnête garçon que j’avais cru. Si mon chagrin était si grand, c’était parce que cette rose pleine d’épines refusait de se laisser cueillir entièrement. J’aurais voulu en jouir davantage, un peu plus longtemps seulement, comme de ***-***, mais à la réflexion, savoir qu’un certain autre n’en a pas joui du tout me suffit largement !
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21/06/2008
Vendredi 20 juin 2008
Miracle ! Enfin ! Je suis guéri de Nicandre. Je suis allé le voir, nous avons parlé, il a même dit quelque chose sur lui, rien d’extraordinaire, mais je me suis senti libéré. Nous avons regardé des albums de photos et je suis rentré chez moi.
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20/06/2008
Jeudi 19 juin 2008
J’ai sans doute abdiqué toute ma dignité pour Nicandre. Les plus beaux garçons le méritent bien. Et puis il est sans doute ma punition, pour toutes les fois où je me suis comporté avec d’autres comme il fait avec moi. Peut-on rien imaginer de plus ridicule de nos jours : j’en suis à lui écrire des vers qu’il ne comprend probablement pas, étant comme tous ses semblables, et comme moi, à un degré à peine moindre, la victime de l’Education nationale. Il faudrait pendre tous ces professeurs de français, ou de lettres, comme je crois qu’ils veulent qu’on les appelle, qui, préférant enseigner le rap comme si c’était de la poésie ou faire du tourisme à Auschwitz, ont fait de la jeunesse française une belle illettrée, incapable de comprendre les mots de l’amour et de la mort. Ces gens sont des criminels : en les rendant sourds et muets, incapables de lire et d’entendre, ils ont tué l’homme qu’ils avaient la mission de faire naître dans leurs élèves. Ils ont réussi à faire disparaître de l’homme ce qui n’existait nulle part ailleurs dans la nature : la richesse de sa voix, de ses intonations, reflets des sentiments humains. En fabriquant des illettrés, l’école n’a pas seulement rendu les grands textes inaccessibles aux hommes, mais aussi la profondeur, la complexité ou même la vanité des sentiments. A quoi donc sert l’amour, ce sentiment inutile, si ce n’est à écrire de mauvais petits vers sur la nécessité de son inutilité ? Comment se faire aimer de quelqu’un qui ne sait pas lire ? Comment le séduire ? L’amour est un sentiment qui rend bête. Mais les illettrés sont incapables même de cette heureuse bêtise ! La bestialité est leur lot. Ma chienne Pélagie est mieux éduquée qu’un homme d’aujourd’hui ! J’ai réussi à lui inculquer la honte de faire ses besoins dans la rue, sur le trottoir. Quand elle n’a pas su résister à sa bestialité et qu’elle me voit ramasser ce qu’elle a fait, la honte et la peur de moi se lisent sur son visage (car les chiens ont un visage). Pendant ce temps, autour de nous, des jeunes et des étrangers éructent et crachent par terre. Peut-être suis-je un peu sévère avec les professeurs. C’est l’école, l’institution, qui est coupable, en n’enseignant plus les humanités, de ce crime inouï qu’est la déshumanisation de la jeunesse et de l’avenir, un peu comme l’Etat s’était rendu coupable de crimes plus grands encore pendant la guerre. Mais il a bien fallu des collabos pour que le crime une fois ordonné soit commis ! L’école s’est rendue coupable d’enseigner la tolérance avant la grammaire, qui est pourtant indispensable à l’intelligence de la tolérance, de ce qui la fonde, et à sa bonne pratique. Le résultat est que quelques jeunes gens (et quelques autres personnes de mon âge et même d’autres plus âgées), à qui j’avais tenté d’expliquer ma phobie sociale, se sont montrés si compréhensifs, si tolérants avec moi, le différent (et c’est bien le nec plus ultra que de l’être), qu’ils se sont tous moqués de moi, une ou deux fois ouvertement, et beaucoup plus dans mon dos. Et pourtant, c’étaient des pédés, quelques filles (dont des lesbiennes) et un arabe (en situation régulière, mais non français). Je les aurais crus plus concernés par la difficulté d’être différent, d’avoir à subir le regard des autres, etc., etc., cf. la rhétorique habituelle… C’est bien la preuve que tous ces discours sur la tolérance ne sont qu’une sinistre farce, de belles paroles que personne n’écoute, ou du moins que personne n’entend. La tolérance n’est pas plus enseignée à l’école que la lecture ou la grammaire, puisqu’on n’y apprend absolument rien. C’est une honte de voir tant d’argent dépensé en pure perte. L’Education nationale et ses collèges et lycées flambant neufs, ces temples du temps perdu, du rabaissement des élèves et de la vanité vaniteuse des professeurs, sont un gouffre dont l’argent serait infiniment mieux employé à la construction de prisons plus spacieuses et plus humaines, pour recevoir aussi bien les responsables de cette gabegie que la partie de la jeunesse gaspillée par eux et qui, sans doute, ne manquera pas de commettre à son tour bien des crimes, par défaut de sentiments et d’humanité, celle-ci étant la victime de ceux-là, qui se sont ainsi rendus coupables de rien moins que le crime des crimes. Heureusement que le soleil semble enfin s’être installé sur la ville : j’en avais grand besoin, pour me reconstituer. Je vais me baigner chez ma mère et passe des heures à ne penser à rien au bord de la piscine.
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18/06/2008
Merdredi 18 juin 2008
Je croyais bêtement, je croyais sincèrement, quoique en dépit de tout bon sens, être guéri de cette phobie sociale qui m’a gâché la vie pendant tant d’années. Je m’étais seulement habitué à une existence entièrement réglée pour ne pas avoir à revivre les nombreuses situations qui m’étaient et qui me sont encore insupportables. Vendredi soir, dans cette discothèque, je me suis retrouvé comme dans les pires années de mon adolescence, quand même aller dans une bibliothèque publique était un supplice : parce que le silence y était de rigueur, j’osais à peine respirer, ou même déglutir, persuadé que tout le monde me regardait et m’entendait être là, dans ce corps incontrôlable et figé. Mais c’est bien à cause de cette névrose phobique que je n’ai toujours pas de travail aujourd’hui, que je n’ai plus d’amis ni d’avenir. Paradoxalement, c’est aussi grâce à elle que, sans travail, je jouis de toute cette liberté, de tout ce temps libre et si mal employé. C’est à cause d’elle, surtout, que les plus beaux garçons m’échappent. Nicandre m’a rapporté les pensées qui se cachaient sous les sourires que me faisaient ses amis, vendredi soir, et les jugements qui ont été portés sur moi après mon départ : j’ai fait très mauvaise impression, comme je m’y attendais. A présent, j’imagine que je me sens dans le même état qu’un obèse ou qu’un bègue dont on aurait cruellement moqué la disgrâce, ou que ces garçons à qui je dis que je ne veux pas coucher avec eux, seulement parce qu’ils sont circoncis. (Et j’ai sans doute tort d’agir ainsi, car Nicandre, qui ne m’avait rien dit, se trouve justement l’être. Cette imperfection de son corps vient comme s’ajouter au tatouage qu’il a sur la hanche gauche ou aux deux piercings qu’il porte aux coins des lèvres et qui, de loin, lui donnent l’air d’un vampire : ces petites laideurs rehaussent l’éclat de sa beauté.) Que vais-je faire, maintenant que je sais que je n’ai pas changé, que je suis le même qu’à quinze ans ? Depuis lors, quinze années n’ont pas été vécues. De l’adolescence et du premier âge adulte, je n’ai connu que les peurs et les angoisses, exacerbées par la névrose. Esteban me dit que déjà le démon de midi s’est emparé de moi, qui me fait courir les garçons : comme si je voulais vivre aujourd’hui les joies et les bonheurs d’un âge que je n’ai pas su quitter, faute d’en avoir épuisé toutes les ressources.
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14/06/2008
Samedi 14 juin 2008
Les amis de Nicandre sont plutôt gentils : leur violence et leur méchanceté ne sont que celles de l’époque. Je les ai suivis jusque dans une discothèque, lieu que ma phobie sociale me fait tout particulièrement détester. Je leur avais expliqué plus tôt en quoi consistait ce genre de phobie, mais une fois que nous fûmes dans la discothèque, ils venaient tous me dire, à tour de rôle, de ne pas ‘‘me prendre la tête’’ et de m’amuser comme eux. Je leur avais parlé de phobie, ils me répondaient ‘‘prise de tête’’ ; c’est dire si la qualité d’écoute est grande chez ces gens. Les pédés qui ne veulent pas qu’on leur ‘‘prenne la tête’’ me sont toujours un peu suspects. Je ne peux m’empêcher de me faire à chaque fois cette réflexion qu’ils n’acceptent sans doute de se faire prendre que le cul ! Mais c’est moi qui étais le véritable suspect : Homo festivus est un véritable tyran, qui ne tolère pas qu’on ne s’amuse pas avec lui. Il incitera toujours le rabat-joie à faire la fête avec les autres, contre son gré, et sans se soucier du malaise ou de l’angoisse qu’il cause à sa victime. D’un autre côté, il est vrai que je n’étais pas obligé de suivre la troupe des fêtards… J’ai demandé à Nicandre s’il voulait passer avec moi la journée du solstice d’été, le jour le plus long. J’ai toujours désiré être accompagné d’un joli garçon pour cette belle occasion. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas, parce que c’était la fête de la musique, et qu’il voulait écouter chanter sa nièce, sur la place du commissariat. « Ah oui ? Et que chantera-t-elle, ta nièce ? – Du rap avec son copain. – Ah ! Parce que tu appelles ça chanter ! » (Je considère désormais Jack Lang comme un ennemi personnel.) C’est cela que j’appelle la méchanceté et la violence de l’époque. Une des filles à qui j’ai été présenté m’a répondu : « C’est donc toi, Olivier ! », ce qui pourrait vouloir dire que je suis assez important aux yeux de Nicandre pour qu’il ait parlé de moi à ses amis. Mais le fait qu’il ait répondu, quand je l’ai invité, qu’il ne pouvait pas passer la journée du solstice avec moi montre plutôt qu’il ne tient pas beaucoup à me faire une place dans sa vie, car je ne vois pas en quoi le fait d’assister à cette farce de fête de la musique est incompatible avec le fait de demeurer avec moi. Je suis bien allé dans une discothèque pour Nicandre, alors pourquoi pas à la fête de la musique ? Sans doute Nicandre a-t-il parlé de moi en mal à ses amis, car celui chez qui se passait le début de la soirée d’hier m’a tout à coup demandé s’il pouvait mettre les pieds dans le plat : « Ce n’est pas bien, a-t-il dit, d’avoir menti sur ton âge. – Oui, a poursuivi Nicandre, surtout que tu n’as pas à avoir honte, puisque tu fais plus jeune… » Comme si j’avais honte de mon âge ! Mais tout à mal commencé avec Nicandre. J’avais menti sur mon âge, sur le site où je l’ai rencontré, parce que, quelque temps plus tôt, je voulais coucher avec une personne qui ne s’intéressait qu’aux garçons ayant entre dix-huit et vingt-huit ans. Je m’étais dit que, pour une partie de jambes en l’air, je pouvais bien mentir sur mon âge à quelqu’un qui n’y verrait que du feu. Ensuite, ayant constaté que mon nouvel âge m’attirait beaucoup plus de prétendants, j’ai décidé de rester aussi jeune que j’en ai l’air, non pas dans mon propre intérêt, mais en pensant à celui de mon prochain qui, parce qu’il est trop soumis à la tyrannie du ‘‘jeunisme’’, risquerait bêtement de passer à côté de moi ! J’ai donc fait la connaissance de Nicandre en étant censé avoir vingt-cinq ans. Après, je n’ai plus su comment lui dire la vérité. Il est si susceptible, si tracassier… Et puis je savais qu’il avait compris que je lui avais menti, parce que le soir où nous avons couché ensemble, l’ivresse m’ayant rendu moins vigilent, je m’étais laissé aller à parler de l’année de mes vingt-huit ans, je ne sais plus à quel sujet. « Comment, m’avait-il dit, tu n’as donc pas vingt-cinq ans ? – Ah ! Euh… Je ne sais plus… Quel âge t’ai-je dit que j’avais, déjà, je ne dis jamais le même d’une rencontre à l’autre. » Mon mensonge, alors, n’avait pas eu l’air de le déranger. Mais Nicandre semble avoir décidé de me torturer. C’est pourquoi il m’a reparlé de mes faux vingt-cinq ans, il y a quelques jours, quand une connaissance que nous avons en commun lui a appris quel âge j’avais vraiment. Cette connaissance commune n’est autre que le ‘‘plan’’ dont je parlais tout à l’heure, celui qui ne s’intéressait qu’aux garçons ayant entre dix-huit et vingt-huit ans, et qui est d’ailleurs le frère de mon ancien voisin, qui avait pissé depuis sa fenêtre sur les vitres de ma véranda. Mont-de-Marsan n’est décidément pas bien grand ! Nous avions sympathisé, ce garçon et moi, et couché ensemble à plusieurs autres occasions. Je lui avais vite dit que j’avais en réalité trente-deux ans. Apprenant cela, Nicandre m’a donc téléphoné, uniquement pour le plaisir de me faire savoir qu’il avait découvert quelque chose que, pourtant, je ne cachais pas beaucoup. Il voulait me faire passer pour un plus grand coupable que je n’étais vraiment. C’est un jeune chat qui s’amuse du moineau qu’il n’a qu’à moitié tué. Il ne daigne pas mettre un terme aux souffrances qu’il inflige (en rompant, par exemple, mais il est vrai que nous ne sommes pas vraiment ensemble). Il joue. C’est le moment de raconter l’horrible mauvais tour qu’il ma fait l’autre jour, que je ne voulais pas rapporter dans ce journal. Nous avions eu une conversation difficile sur le fait que j’aie osé lui demander si je n’avais été pour lui qu’un vulgaire ‘‘plan cul’’, ce qu’il avait très mal pris, ne comprenant pas que je puisse le soupçonner d’avoir si peu de considération pour moi, alors qu’il continuait de me parler, même après nos ébats, ce qu’il ne faisait pas habituellement avec des ‘‘plans cul’’, qui étaient d’ailleurs fort rares et vite oubliés. Je me sentais profondément désespéré de m’y prendre si mal avec Nicandre et de le voir toujours réagir avec tant de cruauté. Par faiblesse, par habitude, par bêtise, je me suis mis à la recherche d’un autre garçon, sur le même site Internet, uniquement dans l’espoir d’être un peu consolé. C’était d’autant plus idiot que je n’aurais pas été en état de rien faire de sexuel, ayant eu rendez-vous dans la matinée chez le dentiste, pour un détartrage au cours duquel mes pauvres gencives avaient été blessées : j’avais mal et ma bouche était une plaie ouverte ! Malgré cela, j’ai chatté pendant un petit moment avec un certain Maxime, qui a fini par me donner rendez-vous devant le lycée Duruy, non loin de ma future maison. Ce Maxime n’est jamais venu à notre rendez-vous, comme il arrive assez souvent. Un peu plus tard, Nicandre s’est de nouveau connecté à MSN et s’est mis à me parler gentiment, pendant un petit moment, après quoi nous sommes allés nous coucher. Le lendemain, nous eûmes lui et moi une nouvelle conversation, très pénible, sur le sujet qui l’avait déjà rendu si furieux. Nicandre me faisait reproches sur reproches, jusqu’à ce qu’il me dise tout à coup qu’il m’avait fait passer un test, la veille, que je n’avais pas réussi. (C’est la grande affaire de Nicandre : il prétend tester les gens à leur insu, pour mieux les connaître…) « Un test ? Mais quand ça ? Je ne me suis rendu compte de rien… » Et Nicandre de répondre : « Maxime, ça te dit quelque chose ? » J’avais été piégé. S’étant fait passer pour un autre, il avait de nouveaux reproches à me faire. Je n’avais pas compris que nous nous étions déjà jurés fidélité, puisque nous n’étions pas encore vraiment ‘‘ensemble’’, faute d’une réelle volonté de sa part. Mais il affectait d’être profondément blessé (et peut-être l’était-il vraiment) de me voir chercher des ‘‘plans’’ alors que je prétendais le désirer lui. Mais c’est moi qui étais le plus blessé de nous deux. Lors de la gentille conversation que nous avions eue avant de nous coucher, la veille, et qui m’avait fait tant plaisir, Nicandre était en réalité venu mesurer l’étendue de ma fourberie : il m’écoutait lui parler comme si de rien n’était, alors qu’il savait que je rentrais d’un rendez-vous raté avec une personne qui n’était pas censée être lui. Il faut être un monstre pour se jouer à ce point de quelqu’un pour qui l’on prétend avoir de la considération ! Mais c’était aussi une belle leçon. D’ailleurs, je suis sûr que mes lecteurs se diront qu’en me comportant aussi mal, j’ai bien mérité de subir la vengeance de Nicandre. Comme on voit, je ne suis pas très doué pour la duplicité. Je me laisse prendre facilement, parce que je ne me cache pas sérieusement. Peut-être Nicandre avait-il raison d’attendre une plus grande fidélité de la part du prétendant que je dis être. Mais aussi, qu’est-ce que c’est que cette jeunesse qui boit, qui se drogue, qui fréquente les discothèques et qui veut des prétendants exemplaires ? Et Nicandre dit lui-même qu’il recherche des ‘‘plans’’, parfois, même si c’est sans doute pour me blesser encore un peu davantage. Et d’ailleurs, comment donc a-t-il pu rencontrer mon délateur, si ce n’est à l’occasion d’un ‘‘plan’’ ? Cette fiente parmi les fiottes, qui a été le ‘‘plan’’ de tous les ‘‘plans’’, s’est tellement fait élargir le cul que c’est à peine si j’en touche les bords, moi qui n’ai pourtant pas à me plaindre des proportions qu’a voulu me donner la nature, cela dit en toute modestie ! Nicandre m’a profondément blessé. Il se comporte très mal avec moi. Pourquoi donc ai-je besoin de parler de lui, alors qu’il ne pense probablement pas à moi, en ce moment ? C’est à peine s’il m’a adressé la parole plus de deux fois hier soir et cette nuit. Quand je me suis retrouvé seul dans mon lit, ce matin, blessé, épuisé, désespéré, je me suis mis à pleurer, pour la première fois depuis longtemps. Je ne savais plus comment il fallait faire. J’avais mis les mains sur mon visage (pour le cacher à qui ?), et les larmes coulaient entre mes doigts. C’était si difficile qu’on aurait pu croire que je riais. Il me semble que j’essaie de tourner une page, depuis quelque temps. Tout le problème est que je ne sais pas exactement quelle est la page que je veux tourner. Et d’ailleurs, depuis quand exactement le veux-je ? Est-ce depuis que je sais que la venue d’Esteban est devenue fort improbable ? Depuis que je dois bientôt vivre dans un nouvel endroit ? Depuis la mort de Dominique Autié ? J’ai voulu trouver quelqu’un à aimer pour ne pas avoir à regarder la mort en face. Mais je me demande si, en tombant sur un Nicandre, et en m’attachant à lui, je ne cherchais pas à me donner de nouvelles chances de faire venir les larmes à mes yeux toujours si secs. Pleurer est une purge. Mais je n’ai pas encore le sentiment d’être assez purgé. Je n’ai pas réussi à pleurer totalement. Je me sens vraiment très mal.
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12/06/2008
Jeudi 12 juin 2008
Bien sûr que Nicandre est un être de larmes : elles forment la glace de son cœur ! C’est un monstre de froideur, calculateur et manipulateur. Je le croyais bête parce qu’illettré, parce que très jeune, parce que de son époque, mais la peur, la bêtise et la méchanceté ont leur propre intelligence. Nicandre vient de me jouer un mauvais tour et de me donner une leçon que la honte, pour l’instant, m’empêche d’écrire dans ce journal. Un moineau m’a vu dans toute ma bêtise et m’a fait voir ma propre méchanceté. Je devrais le fuir, mais je suis retenu par le souvenir et l’espoir de la chaleur dont il est capable, même si ce n’est peut-être qu’en état d’ébriété. Plus que jamais, je pourrais écrire, comme le pauvre Catulle : odi et amo, quoique je ne sois pas encore amoureux. Mais les affres de l’amour peuvent précéder l’amour même. Son espoir, son désir font tomber autant que lui. L’amour est souvent la répétition d’une comédie, qui fait couler aux acteurs plus de larmes et de sueur que la vie réelle, où l’on s’ennuie le plus souvent.
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10/06/2008
Lundi 9 juin 2008
J’ai reçu cet après-midi la visite de Laurent, qu’accompagnait son nouveau petit ami, un Chinois de Macao, qui ne parlait que l’anglais et le cantonnais, comme ma grand-mère. Nous avons dîné ensemble. J’ai voulu inviter Nicandre à se joindre à nous, qui m’a répondu qu’il était nourri, pour reprendre l’expression qui avait tant impressionné la famille de Renaud Camus. Après le dîner, l’ami a joué avec la chienne Pélagie pendant que Laurent le dévorait des yeux. Au moment de partir, ce dernier à voulu m’embrasser sur la bouche, ce qui m’a paru très déplacé, surtout devant l’autre garçon. Je suis ensuite allé retrouver Nicandre sur MSN, qui m’a dit qu’il avait faim et voulait se préparer quelque chose à manger. « Comment ? Mais je croyais que tu avais déjà dîné. – J’ai bien dîné, mais j’ai encore faim. – Est-ce que je peux venir te tenir compagnie ? J’aimerais voir le lieu où tu vis. Je peux t’apporter des crêpes de ma mère, si tu veux. – Non, je n’ai pas besoin de crêpes. C’est des cigarettes qu’il me faut. Dommage que les bureaux de tabac soient fermés. – Mais non ! Je suis sûr que je vais pouvoir te trouver des cigarettes ! Si j’en trouve, me laisseras-tu venir ? – Oui, mais tu n’en trouveras pas. – Mais si j’en trouve malgré tout, tiendras-tu parole ? – Oui. » J’en ai trouvé bien sûr, dans le bar le plus mal famé de la ville, où toute la gitanerie locale semblait s’être donné rendez-vous. J’ai donc retrouvé Nicandre chez lui, dans sa tenue de sport, qu’il avait remise à la hâte avant mon arrivée. Il ne s’était pas non plus douché depuis ses exercices de musculation de l’après-midi. Il était plus beau que la dernière fois, parce que moins apprêté, sans autre parfum que celui de sa légère sueur. La peau de ses fins bras était légèrement collante lorsque j’y passais la main. J’ai pu voir la couleur naturelle de ses cheveux, sans gel, plus clairs. Il m’a fait voir le blogue de l’ami chez qui nous devons aller vendredi. C’est un de ces Skyblogs hideux où l’on ne trouve que des photos des fêtes auxquelles participent la bande d’amis de l’auteur. Pauvre de moi ! Que je suis malheureux d’être tombé, peut-être pas encore amoureux, mais déjà si bas ! Nicandre volette autour de moi comme un bel oiseau sans cervelle, en me regardant toujours d’un peu trop haut. D’habitude, c’est moi qui ai de ces regards. Je ne me suis jamais senti plus à la merci d’un garçon depuis Augustin. Nicandre est un cruel, qui veut faire croire qu’il n’a pas de cœur, de ce cœur qui s’emballe à chacune de ses crises de panique ! Sa seule passion semble être d’emporter la victoire sur les cœurs des autres, sur le mien, en ce moment. C’est un vainqueur impitoyable. Je me suis retrouvé tout à l’heure agenouillé devant lui, ma main touchant ses genoux, à lui demander, d’une voix implorante, de me répondre franchement, pour en avoir le cœur net : n’avais-je été pour lui qu’un vulgaire ‘‘plan’’, l’autre nuit ? « Non », a-t-il évidemment répondu, c’est-à-dire ce que je voulais entendre, pour me soumettre davantage encore, par l’espoir. J’aurais fait de même, à sa place. Je l’ai déjà fait si souvent… Mais quelque chose m’émeut dans ce méchant petit guerrier, cet Eros inflexible, amusé. Voir son misérable logis m’a bouleversé. Je sais qu’il y a des larmes, profondément enfouies sous les roches de son apparence. Je voudrais être le sourcier de Nicandre. Et le peu qu’il m’a déjà donné est un tel nectar. Il y a eu ce moment, chez moi, où la main de Nicandre, que je caressais, s’est lentement animée, pour saisir la mienne. Et plus tard, dans l’obscurité de ma chambre, une ou deux gouttes de lait, légèrement plus tièdes que ma joue…
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09/06/2008
Dimanche 8 juin 2008
Nicandre, puisque tel est désormais son nom dans ce journal, voudrait me présenter à ses amis vendredi prochain. Moi qui me croyais guéri de ma phobie sociale, il me semble avoir retrouvé, depuis l’annonce de cette présentation, toutes mes pensées obsédantes d’autrefois. Je suis déjà occupé à rechercher la meilleure stratégie d’évitement. Sans doute serai-je très observé par ces personnes que je ne connais pas et dont Nicandre veut probablement connaître l’opinion qu’ils auront de moi. D’un côté, je me réjouis de cette présentation, qui pourrait vouloir dire que le garçon tient assez à moi pour m’introduire dans son petit monde. De l’autre, je suis désespéré de devoir me retrouver au milieu d’inconnus que, probablement, je n’aimerai pas. Et ce goujat de Nicandre voulait que je le retrouve directement chez tel de ses amis, vendredi soir, sans même m’accompagner, indélicatesse qui me fait douter un peu de ses bonnes intentions. Il a fallu que j’insiste pour que nous arrivions ensemble. C’est tout de même incroyable qu’un garçon qui souffre de trouble panique soit tellement indifférent à la phobie sociale de son ami ! O tempora ! O mores ! Ce que je dois faire pour un garçon que je n’aime pas encore, mais que je désire, et qui, sans doute, ne me mérite pas ! Il faudra bien que j’aille à cette soirée où Nicandre veut me traîner ! Je devrai boire beaucoup d’alcool, pour en avoir la force, ce qui me fera sans doute passer pour un type étrange aux yeux des autres. Mais ce sera l’occasion de connaître un peu mieux Nicandre, de l’observer dans son milieu naturel : je pourrai ainsi vérifier s’il est vraiment digne d’intérêt. Peut-être aussi trouverai-je un garçon plus désirable encore…
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07/06/2008
Samedi 7 juin 2008
Hier soir, avant d’écrire dans ce journal, j’ai eu la visite d’un garçon qui n’a vraiment pas été gâté par la nature, mais que je laisse me connaître, par charité, et peut-être également parce qu’il sait s’y prendre. Il voulait absolument me présenter un ami à lui, qui a habité dans cet immeuble, lui aussi, il y a quelques années. Une fois que ce dernier m’eut confirmé, en racontant ses propres anecdotes, que la mauvaise opinion que j’avais de mes voisins n’était pas qu’une vue déformée de mon esprit malade, la conversation serait devenue des plus ennuyeuses, si elle n’avait été profondément grotesque. J’oscillais intérieurement entre l’exaspération et l’hilarité. J’en suis à me demander s’il n’y a pas deux formes d’homosexualité, dont l’une ne serait qu’une orientation sexuelle quand l’autre serait une véritable désorientation de l’esprit ! Lorsqu’ils furent enfin repartis et que j’eus écrit quelques lignes ici-même, j’étais en train de lire dans mon lit quand j’ai reçu un SMS du garçon d’avant-hier soir, dont le prénom, fort inhabituel dans la forêt landaise, est un diminutif anglais, qui le ferait probablement reconnaître immédiatement aux personnes de son entourage qui viendraient lire par hasard ce blogue, et par extraordinaire, car je doute beaucoup qu’on en trouve autour de lui qui sachent vraiment lire. Donnons-lui plutôt le nom d’un personnage de La Muse garçonnière, appelons-le Nicandre, par exemple. Nicandre s’excusait de n’avoir pas répondu à l’SMS que je lui avais envoyé plus tôt dans la soirée : il venait de passer trois heures à l’hôpital, où l’avait conduit une nouvelle attaque de panique, comme celle qu’il avait eue déjà quelques jours avant notre rencontre. Il m’écrivait depuis les rues de la ville, qu’il parcourait seul, rentrant chez lui, où personne ne l’attendait, sa mère travaillant toute la semaine quelque part près de Bordeaux. Je crois que Nicandre et sa mère, qui ont coupé les ponts avec le reste de leur famille, vivent très chichement, dans un tout petit appartement, une espèce de studio, dans lequel j’ai appris qu’ils devaient dormir dans la même pièce ! Nicandre me dit, dans l’un des SMS qui suivirent, qu’il pensait avoir avancé, parce que le médecin qui, à l’hôpital, avait pris le temps de s’intéresser à lui, avait réussi à le faire pleurer. « Mais moi aussi je m’intéresse à toi ! ». Je lui ai proposé de venir chez moi, mais il était trop fatigué. Il préférait rentrer chez lui. J’aurais aimé qu’il ait besoin de moi. Nicandre est apparemment atteint de ‘‘trouble panique’’. Et de fait, quelque chose en lui semble trembler, une peur sans doute profondément enfouie, mais qui fait comme vibrer tout son être. Et sa peur est contagieuse : on a peur de lui faire peur ! Quelle belle invention que les SMS : on croirait qu’ils ont été créés pour envoyer de petits mots gentils aux jolis garçons.
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Vendredi 6 juin 2008
C’était aujourd’hui la première fois de ma vie que j’écrivais une lettre de condoléances. Le garçon d’hier soir était un enchantement de grâce, de méchanceté et de sottise. On eût dit que cet illettré s’était mis à l’école de Socrate : avant de venir chez moi, il m’avait en effet prévenu qu’il s’offrait rarement à d’autres, surtout le premier soir, parce qu’il ne voulait pas qu’on l’aime pour sa beauté, mais pour son esprit, dont il m’a semblé pourtant fort dépourvu ! C’était pourquoi je ne devais surtout pas lui faire boire d’alcool, m’avait-il dit, qui ne manquerait pas de l’échauffer : une fois gris, il risquerait de ‘‘m’allumer’’, selon ses termes, et n’était pas sûr de pouvoir me résister, si, répondant à ses provocations, je devenais trop entreprenant à mon tour. En réalité, c’est un vrai petit roué du livre XII de l’Anthologie palatine qui est venu frapper à ma porte. Tel un Alcibiade faisant le cômos, il était déjà fin soûl quand il est arrivé chez moi. Il m’a fait boire avec lui de la vodka, en m’expliquant qu’il nous fallait en passer par là pour tester nos volontés respectives. Malgré l’ivresse, je me suis montré irréprochable, jusqu’à ce que le garçon, trop fatigué pour rentrer chez lui, décide de dormir avec moi. Une fois au lit, nous sommes tombés d’accord pour nous prendre dans les bras l’un de l’autre en toute innocence. Et de fil en aiguille, nous nous sommes rendus coupables de presque tout ce que nous voulions éviter. Je ne suis qu’un pauvre mortel et je dois dire pour ma défense que même un dieu n’aurait su résister à la splendeur de ce corps déposé dans l’obscurité de ma chambre ! Peut-être le garçon n’était-il pas si roué que j’avais cru. Car une fois commis notre crime, il me reprocha beaucoup de l’y avoir entraîné. La tristesse de la journée, que j’avais presque oubliée, s’est abattue de nouveau sur moi. Le cruel a préféré rentrer chez lui, après m’avoir tout de même laissé le serrer encore un peu dans mes bras. L’amour des garçons est le plus gai comme il est le plus triste. C’est même un amour tragique, en cela que son objet est condamné à disparaître tôt. L’âge de garçon est éphémère. Il n’y a que le garçon qui ne le sache pas. Cet inconscient est un avare qui, comptant le moindre plaisir qu’il peut donner, ne voit pas que ce sont ses heures qui sont comptées.
03:26 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
05/06/2008
Jeudi 5 juin 2008
Suis allé voir ma sœur, cet après-midi, pour m’excuser de m’être emporté dimanche, lors du dîner familial, au cours duquel nous devions subir le fils de son actuel amoureux, qui est absolument insupportable. Ma sœur me dit que cet enfant est en réalité des plus sages, comparé aux autres. J’en tombe des nues. Moi qui croyais qu’il était particulièrement mal élevé ! Il l’est, mais apparemment beaucoup mieux que la plupart des autres enfants ! L’époque est donc encore pire que je le pensais. Je ne supporte personne, en ce moment. Même Esteban m’exaspère. On croirait qu’il s’amuse à me faire perdre mon sang froid. Il me répète que notre complicité d’autrefois s’est totalement évaporée. Il faut dire qu’il y a déjà plus de deux ans que nous ne nous sommes pas vus. Ma rencontre avec Dominique Autié, à Toulouse, est plus récente : elle remonte à un peu moins d’un an. Sa disparition m’a plus affecté que j’aurais cru. Mon humeur s’en ressent. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas suivre son exemple que d’ainsi laisser libre cours à cette mauvaise humeur. J’attends un garçon de dix-huit ans, très beau, dont la venue devrait me réjouir, mais j’ai presque envie d’annuler notre rendez-vous, parce que je pressens qu’il va m’exaspérer, lui aussi, d’être à ce point de son époque. Il est très mal élevé, mais je me comporterais sans doute aussi mal que lui, en annulant tout au dernier moment. Je voudrais aller me coucher. Je dors toujours beaucoup. Le sommeil est le remède à tous mes maux.
23:34 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03/06/2008
Nouvelle remarque sur l'annulation d'un mariage
16:21 Publié dans 2008, Hévrèse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note