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28/06/2008

Vendredi 27 juin 2008

            Je suis devenu le Nicandre d’un autre Olivier. J’essaie de lui faire le moins de mal possible, tout en m’efforçant d’en retirer le plus de bien que je puis espérer. L’affaire est délicate. Mais j’avais probablement besoin de cela, de devenir le Nicandre d’un autre garçon, pour guérir complètement de mon Nicandre à moi et, surtout, du regret que j’ai encore un peu de son corps. Je n’étais pas vraiment amoureux de lui. D’ailleurs, je crois qu’à l’amour, je préfère l’amourette, que je place entre la camaraderie et l’amitié, la première étant rehaussée, la seconde légèrement dégradée par le sexe. J’aurais pu avoir de cette moindre amitié pour Nicandre, mais quant à l’aimer, c’était impossible : il est perdu pour l’amour, perdu dans l’époque, dont il lui plaît d’être entièrement le jouet. Je n’ai nourri que peu de temps l’espoir de lui faire prendre conscience de sa bassesse, de l’élever, de le rendre digne de sa beauté et de l’amour d’un Olivier. Dès que j’ai vu la personne qui, dans son groupe d’amis, avait le plus d’influence et que ce pauvre Nicandre m’avait dit prendre pour modèle, j’ai compris que déjà, si jeune, il était perdu. L’arbitre des inélégances de cette méchante troupe est évidemment amoureux de lui (ses yeux le trahissent) et Nicandre m’a dit que ce Pétrone du pauvre était fort contrarié de savoir que je n’avais eu aucun mal à coucher avec le garçon de ses rêves, alors que lui n’avait jamais pu y parvenir, malgré tous ses efforts et même l’ascendant qu’il a sur ce malheureux être qui le prend pour exemple. Ces petites satisfactions-là valent bien toutes les fins, toutes les pertes et tous les chagrins du monde. J’ai la chance d’avoir conservé ce qui m’avait été donné de beauté en ne faisant que dormir et en ne travaillant presque pas, d’avoir retrouvé ma taille de jouvencel en me contentant de manger moins, d’être déjà tout bronzé à force de me prélasser chez ma mère au bord de la piscine, de paraître intelligent en parlant peu et regardant de haut ; mais mon Pétrone, quoique plus jeune que moi d’une année, et malgré tous ses efforts, est un indécrottable Trimalcion, tout gras et laid. (Il fallait voir sa tête, quand, lors de la conversation (conversation de son niveau, bien sûr), il s’est aperçu que je considérais mon ancien poids (le sien actuellement) comme le mauvais souvenir d’une époque révolue. « Ah oui ? m’avait-il demandé, mais combien mesures-tu donc ? – Un mètre soixante et onze, avais-je répondu. Et toi ? – Un mètre soixante-dix… » L’espèce de sourire narquois que j’ai eu à ce moment-là a sans doute fini de me rendre détestable à ses yeux. Quinze kilos nous séparent, qui sont comme quinze années, quinze millions ou quinze générations. (Je me fais honte à moi-même d’avoir dans ce journal de telles considérations ! Ce que c’est, tout de même, d’avoir été élevé par des femmes !)) Bête et méchant, entouré d’une nombreuse cour à son image, baisant à droite à gauche, le pauvre est incapable de tremper sa petite queue dans le seul être qu’il voudrait vraiment posséder. Il est plutôt rassurant de constater que, même et peut-être surtout à notre époque, certaines choses ne changent pas. Finalement, en ne se faisant pas le giton de ce ‘‘mène-petit’’, Nicandre se montre sans doute plus honnête garçon que j’avais cru. Si mon chagrin était si grand, c’était parce que cette rose pleine d’épines refusait de se laisser cueillir entièrement. J’aurais voulu en jouir davantage, un peu plus longtemps seulement, comme de ***-***, mais à la réflexion, savoir qu’un certain autre n’en a pas joui du tout me suffit largement !

Commentaires

Mais quelle Gay-Pride à Mont-de-Marsan ! La mal nommée d'ailleurs, on devrait la rebaptiser Mont-de-Vénus depuis que tu y habites ...

Ecrit par : iPidiblue, ah ! ça ira ça ira ça ira ... | 28/06/2008

Mont-de-Marsan semble être le nouvel Eldorado du libertinage homosexuel de la France profonde, depuis que Morterolles a enterré ce cher Pascal S. On aurait presque envie d'en faire un lieu de retraite, comme Marguerite de Navarre !

Ecrit par : Racam | 01/07/2008

Oui et depuis que Frédéric Mitterrand a emménagé à la Villa Médicis, le dive Ollivier n'a plus de concurrents sur le territoire national pour draguer les beaux jeunes gens ...

Ecrit par : iPidiblue villa Monte-en-l'air | 01/07/2008

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