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07/06/2008
Vendredi 6 juin 2008
C’était aujourd’hui la première fois de ma vie que j’écrivais une lettre de condoléances. Le garçon d’hier soir était un enchantement de grâce, de méchanceté et de sottise. On eût dit que cet illettré s’était mis à l’école de Socrate : avant de venir chez moi, il m’avait en effet prévenu qu’il s’offrait rarement à d’autres, surtout le premier soir, parce qu’il ne voulait pas qu’on l’aime pour sa beauté, mais pour son esprit, dont il m’a semblé pourtant fort dépourvu ! C’était pourquoi je ne devais surtout pas lui faire boire d’alcool, m’avait-il dit, qui ne manquerait pas de l’échauffer : une fois gris, il risquerait de ‘‘m’allumer’’, selon ses termes, et n’était pas sûr de pouvoir me résister, si, répondant à ses provocations, je devenais trop entreprenant à mon tour. En réalité, c’est un vrai petit roué du livre XII de l’Anthologie palatine qui est venu frapper à ma porte. Tel un Alcibiade faisant le cômos, il était déjà fin soûl quand il est arrivé chez moi. Il m’a fait boire avec lui de la vodka, en m’expliquant qu’il nous fallait en passer par là pour tester nos volontés respectives. Malgré l’ivresse, je me suis montré irréprochable, jusqu’à ce que le garçon, trop fatigué pour rentrer chez lui, décide de dormir avec moi. Une fois au lit, nous sommes tombés d’accord pour nous prendre dans les bras l’un de l’autre en toute innocence. Et de fil en aiguille, nous nous sommes rendus coupables de presque tout ce que nous voulions éviter. Je ne suis qu’un pauvre mortel et je dois dire pour ma défense que même un dieu n’aurait su résister à la splendeur de ce corps déposé dans l’obscurité de ma chambre ! Peut-être le garçon n’était-il pas si roué que j’avais cru. Car une fois commis notre crime, il me reprocha beaucoup de l’y avoir entraîné. La tristesse de la journée, que j’avais presque oubliée, s’est abattue de nouveau sur moi. Le cruel a préféré rentrer chez lui, après m’avoir tout de même laissé le serrer encore un peu dans mes bras. L’amour des garçons est le plus gai comme il est le plus triste. C’est même un amour tragique, en cela que son objet est condamné à disparaître tôt. L’âge de garçon est éphémère. Il n’y a que le garçon qui ne le sache pas. Cet inconscient est un avare qui, comptant le moindre plaisir qu’il peut donner, ne voit pas que ce sont ses heures qui sont comptées.
03:26 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
Bravo pour les premiers coups de pédale de l'été (je ne parle pas du Tour de France) hihi !
Ecrit par : iPidublue, beauf hétéro | 07/06/2008
iPidiblue, ce n'est pas très chic de votre part de vous arroger le rôle du beauf hétéro, le seul que je puisse espérer tenir correctement...
iPidigoux en séminaire de reconversion
Ecrit par : Didier Goux | 07/06/2008
Didier Goux vous vous êtes avoir comme une bleusaille, iPidublue n'a rien à faire avec iPidiblue, c'est quelqu'un qui vient troubler mon onde claire ... et les rapports fréquents que nous entretenons Olivier et moi, quoique je sois un sois un barbon chenu et égrotant !
Ecrit par : iPidiblue et les griffes de velours | 07/06/2008
Eh oui, cher Didier, Pierre Driout a désormais un clone ! Il est si réussi, si ressemblant que même moi, je m'y suis laissé prendre quelquefois.
Ecrit par : Olivier Bruley | 07/06/2008
Il y a quelques différences néanmoins, mais elles appartiennent à notre intimité, n'est-ce pas Olivier ?
Ecrit par : iPidiblue noir de clown | 07/06/2008
Bien sûr, cher Pierre, il n'y a que chez vous que je trouve ces jolies devises que vous me dédiez !
Ecrit par : Olivier Bruley | 07/06/2008
Ah ! zut ! Et pourtant, j'aurais dû me méfier : j'ai moi-même droit à quelque contrefaçon iPidibluesy, chez moi...
Ecrit par : Didier Goux | 08/06/2008
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