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07/06/2008

Samedi 7 juin 2008

            Hier soir, avant d’écrire dans ce journal, j’ai eu la visite d’un garçon qui n’a vraiment pas été gâté par la nature, mais que je laisse me connaître, par charité, et peut-être également parce qu’il sait s’y prendre. Il voulait absolument me présenter un ami à lui, qui a habité dans cet immeuble, lui aussi, il y a quelques années. Une fois que ce dernier m’eut confirmé, en racontant ses propres anecdotes, que la mauvaise opinion que j’avais de mes voisins n’était pas qu’une vue déformée de mon esprit malade, la conversation serait devenue des plus ennuyeuses, si elle n’avait été profondément grotesque. J’oscillais intérieurement entre l’exaspération et l’hilarité. J’en suis à me demander s’il n’y a pas deux formes d’homosexualité, dont l’une ne serait qu’une orientation sexuelle quand l’autre serait une véritable désorientation de l’esprit ! Lorsqu’ils furent enfin repartis et que j’eus écrit quelques lignes ici-même, j’étais en train de lire dans mon lit quand j’ai reçu un SMS du garçon d’avant-hier soir, dont le prénom, fort inhabituel dans la forêt landaise, est un diminutif anglais, qui le ferait probablement reconnaître immédiatement aux personnes de son entourage qui viendraient lire par hasard ce blogue, et par extraordinaire, car je doute beaucoup qu’on en trouve autour de lui qui sachent vraiment lire. Donnons-lui plutôt le nom d’un personnage de La Muse garçonnière, appelons-le Nicandre, par exemple. Nicandre s’excusait de n’avoir pas répondu à l’SMS que je lui avais envoyé plus tôt dans la soirée : il venait de passer trois heures à l’hôpital, où l’avait conduit une nouvelle attaque de panique, comme celle qu’il avait eue déjà quelques jours avant notre rencontre. Il m’écrivait depuis les rues de la ville, qu’il parcourait seul, rentrant chez lui, où personne ne l’attendait, sa mère travaillant toute la semaine quelque part près de Bordeaux. Je crois que Nicandre et sa mère, qui ont coupé les ponts avec le reste de leur famille, vivent très chichement, dans un tout petit appartement, une espèce de studio, dans lequel j’ai appris qu’ils devaient dormir dans la même pièce ! Nicandre me dit, dans l’un des SMS qui suivirent, qu’il pensait avoir avancé, parce que le médecin qui, à l’hôpital, avait pris le temps de s’intéresser à lui, avait réussi à le faire pleurer. « Mais moi aussi je m’intéresse à toi ! ». Je lui ai proposé de venir chez moi, mais il était trop fatigué. Il préférait rentrer chez lui. J’aurais aimé qu’il ait besoin de moi. Nicandre est apparemment atteint de ‘‘trouble panique’’. Et de fait, quelque chose en lui semble trembler, une peur sans doute profondément enfouie, mais qui fait comme vibrer tout son être. Et sa peur est contagieuse : on a peur de lui faire peur ! Quelle belle invention que les SMS : on croirait qu’ils ont été créés pour envoyer de petits mots gentils aux jolis garçons.

Commentaires

Il panique sa mère, quoi.

Ecrit par : iPidublue, Joey Starr en goguette | 08/06/2008

Tu es bien sûr que tes mots doux ne sont pas des cataplasmes à la moutarde ?

Ecrit par : iPidiblue comme un gerfaut hors du charnier natal | 08/06/2008

Non, non, je peux être beaucoup plus aimable que j'en ai l'air, quand je veux...

Ecrit par : Olivier Bruley | 08/06/2008

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