22/05/2008
Jeudi 22 mai 2008
Ma mère et moi sommes allés signer cet après-midi le compromis de vente de la maison qui me plaisait tant. Finalement, comme il y a quatre ans pour cet appartement, la maison que nous nous apprêtons à acheter est la première que nous ayons visitée, et qui m’a plu tout de suite. Aucune de celles que nous avons vues par la suite n’était plus à mon goût. Il nous faudra finalement payer 10000 EUR de plus que ce que nous espérions, soit 7000 de moins que ce qu’en demandaient les vendeurs, une fois ôtée la valeur du garage, qui est de 8000 EUR, mais que nous n’achetons pas, parce qu’il se trouve plus haut dans la rue, et que je n’en ai pas vraiment besoin. Je suis donc en train de vivre mes dernières semaines à l’intérieur de cet appartement, qui est pourtant très agréable en cette saison, malgré les voisins, qui, eux, sont toujours aussi peu supportables : la formule de Chirac, sur le bruit et l’odeur, était très juste. J’entends en ce moment même les asiatiques marcher fort peu discrètement au-dessus de ma tête, et j’ai bien l’impression que le couple de lesbiennes, qui vivent sans doute aussi pauvrement que moi, ne se nourrit en ce moment que de pommes de terre frites et de sardines grillées ! L’odeur est indescriptible. La mixité sociale est une supercherie : elle ne profite qu’aux couches les plus basses de la société, qui ont de déplorables manières et en imposent les horribles effets sur autrui, et aux étrangers, qui n’ont évidemment pas les nôtres, c’est-à-dire les bonnes. Les gens comme il faut, dont je me pique d’être, malgré mes défauts et mon grand laisser-aller, sont les victimes de cette politique désastreuse. Car la mixité sociale existe de fait, ne serait-ce que parce que, comme le fait si justement remarquer Renaud Camus, il n’existe plus guère qu’une classe sociale, qui est celle des petits-bourgeois : il n’y a donc plus rien à mélanger, et c’est parce que tout l’a déjà été ! Le résultat de ce hideux mélange s’appelle petite bourgeoisie. En réalité, cette mixité sociale que les politiques appellent de leurs vœux, c’est la mixité raciale, qu’il n’est évidemment pas possible de nommer en des termes si crus. Mais j’ai pu constater lors d’une conversation récente, à propos d’un fait divers rapporté dans la presse locale, que l’expression ‘‘mixité sociale’’ avait bien le sens que je dis. A Mont-de-Marsan même, l’un des bâtiments de l’ancienne caserne Bosquet a été reconverti en logements sociaux, qui sont occupés depuis à peine un peu plus d’un an. La vie y est déjà devenue impossible. Des bandes de jeunes viennent boire de l’alcool et faire du tapage toutes les nuits sur l’ancienne place d’arme. Des chiens font leurs besoins à l’intérieur même de l’immeuble, dans les parties communes, dont les faux plafonds sont déjà crevés ! Une jeune fille rapportait que le maître d’un de ces chiens lui avait craché dessus avant de donner un coup de poing à son petit ami parce qu’elle avait tenté de faire partir une des bêtes qui, assise devant la porte, l’empêchait d’entrer dans l’immeuble. Un jeune homme (c’est le fait divers) a été poignardé pour n’avoir pas accepté de donner une cigarette au membre d’une bande ennemie ! La personne avec laquelle je parlais de cela me disait : « C’est étrange, tout de même, cette violence, puisque il y a bien la mixité sociale, dans cet immeuble. – Comment ça, la mixité sociale ? Puisque ce sont des logements sociaux… Les habitants ne sont-ils pas tous aussi pauvres les uns que les autres ? Tu voulais sûrement dire la mixité raciale. ». C’était en effet ce qu’elle avait voulu dire (et les nombreux prénoms cités dans l’article du journal laissaient entendre que la mixité raciale était en effet bien grande dans cet immeuble déjà devenu inhabitable ! Quoi qu’il en soit, sociale ou raciale, la mixité n’est pas la solution mais bien le problème ! C’est à cause d’elle que je dois fuir. Je me sens littéralement chassé de chez moi par des étrangers (je précise que ce sont sans doute des Français d’origine étrangère), par des malpropres et des malappris. Et mon appartement ne se trouve pas dans une ‘‘cité’’, mais au cœur même de Mont-de-Marsan. C’est bien simple, il n’est pas possible d’habiter plus au centre de la ville ! Dans ma nouvelle maison, j’aurai pour voisin, m’a-t-on dit, le président du tribunal de Grande instance : ce devrait être plus calme ! J’ai dit que je vivais pauvrement, ce qui ne signifie pas exactement que je suis pauvre (je n’irai tout de même pas jusqu’à dire, comme fait ce plaisantin d’Esteban, que je suis un nanti ; mais il est vrai que j’ai la chance d’avoir une famille, sur laquelle je peux compter). Ah ! Que mon malheur eût été grand si j’avais été vraiment pauvre et que je n’avais pas eu les moyens de fuir !
20:12 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
Merci maman hein.
Ecrit par : iPidublue, qui habite Neuilly | 23/05/2008
Salut Pidu ! Non, moi c'est Rueil ... c'est plus vert et puis nous sommes dans une cité impériale et cardinalice !
Ecrit par : iPidiblue dit l'homme en rouge | 23/05/2008
Olivier, voyons, vous devez être fou - ou inconscient - pour écrire des vérités de ce genre ! Il me semble entendre déjà le bruit sourd des marteaux édifiant votre bûcher : belle distraction en perspective pour les Montois - de souche ou non.
iPidigoux il grande inquisitore
Ecrit par : Didier Goux | 25/05/2008
Heureusement que vous êtes là, cher Didier, pour me ramener à la raison. Je pourrai dire désormais que, comme Renaud Camus a son petit Didier Eribon caché dans la mémoire de son ordinateur, j'ai mon petit Didier Goux !
Ecrit par : Olivier Bruley | 25/05/2008
La grande confrérie des Didier, que voulez-vous...
Ecrit par : Didier Goux | 25/05/2008
Boff, allons, allons... Olivier dit tout haut ce que tout le monde ( ou presque) pense tout bas mais n'ose pas dire de peur d'être aussitôt catalogué comme un affreux raciste.
Ecrit par : tinou | 26/05/2008
Coeur d'artichaut ...
Ecrit par : iPidiblue peuf ! peuf ! | 27/05/2008
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