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14/05/2008
Mardi 13 mai 2008
« O chienne Pélagie, publiais-je à l’instant dans mon blogue, Toi qui fus la vigie / De nos brèves amours, / Approche ton pelage, / Que je respire autour / Un peu de son passage… », ce que lisant, Pierre Driout, mon commentateur le plus assidu, et qui sait comment soigner les accès de lyrisme, s’est empressé de me demander si mon amour sentait le chien mouillé ! Or c’est un détail que je n’avais pas noté dans ce journal, mais la première fois que j’ai rencontré ***-***, il avait sur lui, et en particulier dans ses cheveux, une légère odeur de moisi. Je m’étais dit qu’il habitait sûrement dans une maison très humide. Mais je viens de penser que, probablement, l’odeur qu’avait ***-*** cette nuit-là m’avait rappelé, plus ou moins consciemment, celle de livres d’Hervé Guibert que j’avais commandés sur un site de vente aux enchères, il y a quelque temps, et qui, ayant peut-être été cachés dans une cave, avaient fini par avoir cette même odeur de moisi. C’est sans doute cette odeur qui m’avait fait faire une association entre les cheveux bouclés de ***-*** et ceux de Guibert. A la réception des quelques livres de Guibert, j’avais écrit que je savais déjà que cette odeur de moisi serait pour moi l’odeur du sida. Je me trompais. Pas une seule fois je n’ai pensé au sida, lorsque je serrais ***-*** dans mes bras. Mais sans doute la mort rôdait-elle en effet, car je pressentais déjà que je ne pourrais pas le retenir, n’était-ce que parce que, même en le tenant entre mes bras, je ne le touchais pas vraiment. J’ai écrit l’autre jour que nous n’étions pas du même siècle, lui et moi ! Notre rencontre était un peu comme cette illusion d’optique grâce à laquelle un photographe peut faire croire que c’est le personnage au premier plan de l’image qui empêche la tour de Pise à l’arrière plan de s’effondrer. Nous nous sommes croisés sans jamais nous rencontrer vraiment : nous n’avons fait que nous effleurer, que nous traverser, comme se traverseraient les ombres d’hommes morts à des époques différentes. Je suis allé vérifier que l’odeur était restée entre les pages des livres de Guibert. Je ne l’ai pas retrouvée. J’écrivais un jour que les garçons sont des livres. ***-*** avait l’odeur d’un livre caché dans une cave, oublié dans un grenier. Qu’on trouve le livre, et c’est l’odeur qui finit par se perdre…
01:05 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Commentaires
Mon Dieu, la France moisie, on y arrive !
Ecrit par : iPidublue, qui sent touours la rose | 14/05/2008
iPudublue n'est pas mon cousin ...
Ecrit par : iPidiblue règne mais ne gouverne pas Olivier | 14/05/2008
Je suis un peu inquiet.
Ecrit par : Pierre Tombale | 22/05/2008
Inquiet ? Pourquoi donc ?
Ecrit par : Olivier Bruley | 22/05/2008
Inquiet de l'absence d'entrée depuis plus d'une semaine.
C'est que l'autre Pierre n'est peut-être pas votre lecteur le plus fidèle... Le plus interventionniste assurément ; mais pour ce qui est de la fidélité, j'ai des droits à faire valoir !
Ecrit par : Pierre Tombale | 23/05/2008
Salut Pierre, ça roule ?
Ecrit par : iPidiblue n'amasse pas mousse | 24/05/2008
Ça va. Je suis comme vous, j'attends la suite (je me dis qu'avec un peu de chance nous aurons du un peu plus croustillant bientôt, même si ce n'est pas vraiment indispensable). Bref, Olivier a tout pour me séduire et moi je n'ai rien. Alors, comme dans la chanson, je vis l'aventure par procuration.
Mais, chut, j'ai déjà beaucoup écrit : six mois de silence vont m'être nécessaires pour me remettre de ma loghorrée.
Ecrit par : Pierre Tombale | 24/05/2008
Ah ! c'est pas Pékin-Express ! C'est plutôt un petit tortillard landais qui chemine au milieu des grands pins et des étangs - on a le temps d'être piqué par les moustiques ...
Ecrit par : iPidiblue n'amasse pas mousse | 24/05/2008
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