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07/05/2008

Mardi 6 mai 2008

            Ah mon Dieu quelle journée ! Les chiennes Sappho et Pélagie, pendant que ma mère et une sienne amie les promenaient, ont été attaquées par une espèce de molosse qui avait réussi à s’échapper du jardin qu’il gardait au moment où ces dames passaient devant. Ma chienne n’a pas vraiment été mordue, même si elle m’est revenue trempée de la salive du molosse. Par contre, Sappho ne s’en est pas si bien tirée. Ma mère s’est soudain retrouvée avec une laisse dans la main sans plus de chienne au bout : il ne restait que le collier et du vide à l’intérieur. Sappho, qui en avait été littéralement arrachée, était prisonnière de la gueule du molosse, qui la secouait violemment, comme fait souvent Pélagie lorsqu’elle joue avec une de ses peluches. Quand enfin le chien, sans raison apparente, l’a relâchée, sa victime a pris la fuite et est rentrée directement chez ma mère, où c’est moi qui, me trouvant alors dans le jardin, lui ai ouvert le portail. Puis je suis sorti dans la rue, pour voir ce qui se passait, car il est très alarmant de trouver cette bête, qui est la passion de ma mère, sans cette dernière au bout de la laisse. Et c’est à ce moment que je l’ai aperçue au loin, complètement catastrophée, à la recherche de sa chienne adorée, qu’elle s’imaginait retrouver agonisant dans le caniveau. Quand je pense qu’elle se fichait complètement de savoir si j’avais attrapé la rage, la fois où j’ai moi-même été attaqué par un chien ! Il a fallu conduire Sappho chez le vétérinaire, qui a dû l’endormir, à cause de la douleur et pour pouvoir recoudre ses nombreuses plaies, qui sont profondes. Elle s’y trouve encore au moment où j’écris ces lignes. Ma mère devrait pouvoir aller la chercher demain. Quant à Pélagie, elle est restée prostrée tout le reste de la journée. Ce soir, mon voisin du dessus, le nouveau, faisait trop de bruit. Je suis monté le lui dire. Il était ivre, évidemment et, en bon ivrogne qu’il est, il a voulu ‘‘parlementer’’, mais je n’étais pas d’humeur à respirer davantage sa mauvaise haleine. Passablement énervé, je suis rentré chez moi en claquant la porte un peu trop fort. Il est donc descendu à son tour, après avoir renvoyé son invitée chez elle, pour poursuivre notre explication. Il était fort contrarié, parce que je venais de lui ‘‘casser son coup avec la meuf qu’il avait levée’’. Je puis comprendre sa déception, mais qu’a-t-il besoin de déplacer tous les meubles de chez lui, de courir dans tous les sens et de tomber par terre pour faire son affaire à une fille apparemment aussi soûle que lui ? Moi, quand je baise quelqu’un chez moi, c’est généralement moins bruyant, ce qui ne veut pas dire moins intense, du moins je l’espère ! (Hier, par exemple, j’ai couché sans faire trop de bruit avec un garçon qui se trouvait d’ailleurs être le frère de mon ancien voisin, celui qui s’était amusé à pisser sur ma véranda depuis les fenêtres de son appartement, qu’occupe aujourd’hui l’ivrogne dont il est ici question. Le monde est tout de même petit. Fin de la parenthèse.) Comme il parlait un peu fort, et que moi aussi, une autre voisine, la lesbienne, est sortie à son tour de chez elle, pour nous demander de faire moins de bruit. Mais comme elle est elle-même très virile, elle a fait cette demande en parlant encore plus fort que nous, ce qui as attiré hors de son appartement un quatrième voisin, une espèce de ‘‘punk à chien’’, comme je crois qu’il faut dire, qui s’est d’ailleurs fait très copain avec mon vaurien de voisin du dessus, dont je parlais d’abord, mais qui a sa propre querelle de voisinage avec la ‘‘camionneuse’’, qui s’est mise à lui brailler dessus, de concert avec sa propre chienne, Utopie, si ma mémoire est bonne, qui aboyait derrière la porte de son appartement. C’était à qui crierait le plus fort. J’ai vite compris que l’affligeant spectacle qui se donnait devant moi pourrait peut-être servir mes intérêts. Je suis donc discrètement retourné dans mon appartement, pour téléphoner à la police qui, espérais-je, arriverait à temps pour constater le tapage nocturne. Quand l’agent qui me répondit m’assura qu’il envoyait une patrouille immédiatement, je suis retourné dans le couloir, pour entretenir discrètement le feu, qui avait déjà bien pris. La police a fini par arriver, nombreuse, mais trop tard, hélas : quatre policiers en civil et quatre autres en uniforme, à qui j’ai dû dire qu’ils arrivaient après la bataille. Il ne restait plus dans le couloir que mon voisin du dessus et moi… Evidemment, les policiers ne pouvaient plus constater aucun tapage nocturne. Ils m’ont seulement conseillé de ne pas commencer par aller voir mon voisin quand j’avais à me plaindre de son bruit, mais de leur téléphoner directement, comme s’ils étaient habituellement si prompts qu’ils semblaient l’insinuer à venir constater du tapage ! C’était déjà un miracle qu’ils daignent venir ce soir. Mais sans doute étaient-ils particulièrement désoeuvrés, ce que laissait croire leur grand nombre. Quant à mon voisin, il continuait de faire l’ivrogne devant les policiers, ce qui n’est pas un crime, ni un délit, mais tendait au moins à prouver ma bonne foi.

Commentaires

Vous devriez peut-être songer à éviter les chiens inconnus durant quelque temps : ils ne semblent pas vous réussir...

Ecrit par : Didier Goux | 07/05/2008

Vous ne croyez pas si bien dire, cher Didier, car quelques heures après que la chienne de ma mère se faisait (presque) assassiner, pendant ma distribution de prospectus, j'ai moi-même été attaqué par un autre chien, à qui j'ai dû donner un grand coup de pied dans la gueule ! Je n'ai pas pris la peine de le rapporter ici, parce qu'on aurait dit que j'invente toutes ces coïncidences ! Il est pourtant bien vrai que la réalité dépasse souvent la fiction. Les distributeurs de prospectus, comme les facteurs, ne seront jamais très aimés des chiens, j'en ai peur.

Ecrit par : Olivier Bruley | 08/05/2008

La réalité dépasse souvent l'affliction ... comme c'est bien dit Olivier, toujours le mot juste !

Ecrit par : iPidiblue, les fesses comme après une tournée de facteur | 08/05/2008

Ah ! Tout de même ! J'étas inquiet de ne pas vous voir commenter. J'avais peur que vous n'ayez fini par rencontrer un garçon... J'avais peur pour le garçon, bien sûr !

Ecrit par : Olivier Bruley | 08/05/2008

Savez-vous pourquoi les chiens en ont après les facteurs (ou les distributeurs de prospectus, accessoirement) ? Parce que ce sont des gens qui s'approchent un peu trop près de chez eux et, surtout QUI S'ÉLOIGNENT DÈS QU'ILS SE METTENT À ABOYER. Donc, le chien, dans sa petite cervelle de chien, se dit quelque chose comme "Tiens ! ça marche ! " Et, le lendemain, très content de lui, il recommence.

(Je tiens cela d'un "éducateur canin", comme on dit de nos jours : je ne garantis donc pas l'explication.)

Ecrit par : Didier Goux | 08/05/2008

Putain ! tu as le don de double vue ... oui j'ai passé la nuit à baiser avec un garçon très simple voire simplet ! c'est ce qui me réussit le mieux semble-t-il, d'ailleurs son métier c'est de s'occuper des petits vieux à domicile c'est te dire qu'il était dans son élément !

Ecrit par : iPidiblue et la petite maison de vieux | 08/05/2008

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