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21/04/2008
Lundi 21 avril 2008
Après m’en être passé pendant tant d’années, j’ai fini par acheter, il y a quinze jours, mon tout premier téléphone portable. Il m’en fallait un pour pouvoir prévenir Emilien de mon arrivée dans son village quand je vais le voir. Pour notre première rencontre, j’avais emprunté celui de ma mère… Je ne pouvais donc pas décemment continuer ainsi. Il n’a fallu qu’un sourire pour qu’un garçon de dix-sept ans vienne à bout de mes derniers principes, auxquels il est vrai que je ne tenais pas tant que cela. Samedi après-midi, sur MSN, il m’a expliqué que je ne pourrais pas venir le soir, parce qu’il recevait chez lui des amis. Je lui ai répondu que je préférais venir le dimanche, de toute façon, où les gens se couchent tôt pour aller travailler le lendemain. Car, le samedi précédent, j’avais fait le trajet pour rien, à cause de ses voisines, qui avaient organisé une petite fête sur leur terrasse, devant laquelle Emilien devait nécessairement passer pour me rejoindre à notre lieu de rendez-vous. On l’aurait surpris et peut-être dénoncé à sa mère. Samedi dernier, je lui ai donc dit que j’aimais mieux venir le lendemain, c’est-à-dire hier dimanche. Je devais tout de même lui téléphoner avant de prendre la route, pour être sûr qu’il n’y avait pas d’empêchement de dernière minute. Après avoir composé son numéro de téléphone, j’ai entendu une voix féminine me dire qu’il n’était pas attribué ! Sur le moment, je ne me suis pas trop inquiété. Emilien m’avait déjà dit que sa mère n’avait pas payé son abonnement. Je me suis même fait cette réflexion que j’économiserais de l’essence. Puis je me suis mis à attendre un message d’Emilien, sur Internet, dans lequel il me dirait ce qu’il en était exactement. Evidemment, je n’avais toujours pas reçu ce message au moment d’aller me coucher. Entre temps, j’avais demandé à l’un de mes contacts MSN, qui connaît mieux que moi les téléphones portables, s’il était possible de faire croire uniquement à quelqu’un dont on ne veut plus avoir de nouvelles que son numéro est désormais hors service. Il m’a dit que c’était possible en effet et, bien sûr, je me suis immédiatement imaginé que c’était ce qu’Emilien avait fait avec moi ! Pourtant, la dernière fois que nous nous étions vus, il semblait très désireux de me revoir et de conduire encore ma voiture. Et puis il y avait quelque chose de si honnête et de si franc dans son regard et dans toute sa personne ! Est-il donc possible qu’un si doux, qu’un si gentil garçon ait déjà toute la lâcheté d’un homme pour me congédier de la sorte ? Finalement, le message m’est arrivé aujourd’hui. C’est bien son téléphone qui est hors service. Emilien dit qu’il essaiera d’arranger les choses avant la fin de la semaine. A moins qu’il ne soit plus fourbe encore que je ne l’ai imaginé et qu’il ne me fasse croire que son téléphone ne fonctionne pas le temps de ses vacances, parce qu’il logerait chez lui, par exemple, un camarade de classe, plus jeune, plus joli et donc plus désirable que moi. Si, comme je l’ai craint, Emilien m’avait ‘‘quitté’’ (je l’écris entre guillemets, parce qu’on ne peut pas vraiment dire que nous nous soyons engagé ni juré fidélité, grâce à quoi je ne me considère pas vraiment comme infidèle quand je rencontre d’autres garçons), si vraiment j’avais dû ne plus le revoir, je me rends compte que nous ne nous serions jamais trouvé debout côte à côte, nous qui ne nous connaissons qu’assis ou couchés dans ma voiture. Je sais qu’il est plus grand que moi de quelques centimètres et je n’aurais jamais connu la sensation que c’est d’être dominé en taille par cet être plus jeune, plus fin, plus léger, plus gracieux et moins grave que moi. Je regrette de l’avoir appelé dans ce journal Emilien, qui est bien l’un de ses prénoms, mais non pas celui, ceux, même, qu’il porte quotidiennement, car il s’agit d’un nom composé. Ce n’est pas Emilien que j’aime serrer dans mes bras, c’est ***-***. Ce n’est pas Ultraviolette que j’aime caresser, mais Pélagie. On s’attache aux mignons aussi vite qu’aux petits chiens. En un regard, ils vous font croire qu’ils sont à vous depuis toujours et vous n’imaginez plus la vie possible sans en être regardé ni sans pouvoir y porter la main. Car il faut être regardé pour exister, si ce n’est par Dieu, du moins par l’une de ses créatures. Il faut pouvoir toucher un être qui vous attache au monde pour tenir à la vie.
21:56 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires
Adonis va se regarder dans son téléphone portable ... quelle merveille !
Ecrit par : iPidiblue bouchée du Roi | 22/04/2008
Comment ? Je lis dans votre journal qu'il vous arrive de vous bagarrer ? Mais racontez-nous donc !
Ecrit par : Olivier Bruley | 24/04/2008
Un peu de lutte après l'amour ... cela ne fait de mal à personne n'est-ce pas ?
Ecrit par : iPidiblue érotomane | 24/04/2008
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