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07/04/2008

Dimanche 6 avril 2008

            « C’est quand que tu t’es branlé pour la dernière fois ? » « Je vais peut-être me branler avant que tu viennes, sinon je risque de jouir trop vite. » Etc. Il me semble que ces sortes de phrases sont le reflet de préoccupations et d’inquiétudes typiquement garçonnières. Même des amis qui aimeraient l’autre sexe, mais qui seraient assez intimes pour n’avoir pas entre eux d’excessive pudeur, pourraient les dire. Je ne pense pas qu’il en existe d’équivalentes chez les filles et j’imagine mal des hommes faits les prononcer encore, même s’il est probable que leurs préoccupations soient les mêmes : seulement, ils ont sans doute fini par en rougir et appris à les taire ; à moins qu’ils n’aient trop de mal à trouver où baiser (cf. Michel Houellebecq) pour avoir encore vraiment de telles inquiétudes. Mais je me trompe peut-être… J’aimerais me tromper ! J’ai rencontré ce soir le plus beau garçon du monde. Il vit au fin fond du Pays Basque et est interne à Bayonne, pendant la semaine. C’est un métis : moitié Français de France, moitié Martiniquais. Il y a, parmi ses nombreux prénoms, celui de Pierre, qui est éminemment rinaldo-camusien. Les mots de notre langue sont passés par trop de bouches pour pouvoir dire encore la beauté d’Emilien. D’ailleurs, c’est une beauté qui m’est encore pleine de mystère, car si je ne compte pas les quelques photos que j’avais reçues du garçon avant de le rencontrer physiquement tout à l’heure, je n’ai pu le voir que dans le noir ou dans la brève et aveuglante lumière du plafonnier de ma voiture. Les photos prises sans art sont rarement fidèles à la vérité de l’être : je ne me suis aperçu qu’en rouvrant la portière, pour le regarder mieux, qu’il ressemblait beaucoup au garçon qui se fait assassiner dans La Loi du désir. Il avait la même abondance de cheveux bouclés et noirs comme la nuit dont il était sorti un peu plus tôt pour me retrouver. Il ressemblait aussi, m’a-t-il semblé, au jeune Astro, le petit serveur de Delphes. Nous n’avions pas d’endroit où nous aimer, c’est pourquoi nous sommes restés dans la voiture, que je suis allé garer au bout d’un long chemin forestier, près d’une maison en ruine. Il existe bien encore des endroits où la nuit est totale. Les étoiles nous épiaient. Comme je regrettais la tournure que prenait notre rencontre, qui commençait à ressembler à un vulgaire ‘‘plan’’, il a proposé qu’on n’aille pas jusqu’à la jouissance, si bien que c’est le sperme fabriqué pendant que j’étais avec lui qui coule encore dans mes couilles au moment où j’écris ces lignes. Son corps s’enroulait autour de moi. Je plongeais mon nez dans sa chevelure, en me disant que j’étais peut-être en train d’éprouver la même sensation que celle qu’ont pu connaître les amants d’Hervé Guibert en faisant le même geste. Toute la barbe qu’il avait aux joues, c’était la mienne ! Emilien m’a semblé se livrer entièrement à moi, recherchant son plaisir et s’y adonnant sans aucune retenue, que celle de ne pas aller jusqu’au bout, comme nous étions convenus. Il allait dans ma bouche ou dans ma main comme si elles avaient été les siennes. Il était dans ces parties de mon corps comme dans son propre corps. Il voulait que je l’encule. Je lui ai dit que je le ferais peut-être la prochaine fois que nous nous verrions. C’était son caleçon préféré qu’il portait, m’a-t-il appris, quand je lui ai demandé de me le donner jusqu’à notre prochaine rencontre. « Si tu veux revoir ton caleçon, il faudra me revoir aussi ! » Au moment de retourner à l’endroit où nous nous étions donné rendez-vous, nous nous sommes aperçus que la voiture était enlisée. Je n’aurais pas cru que cette frêle brindille aurait la force de pousser ainsi à l’arrière du véhicule. « Je perds mon pantalon et je n’ai même plus de caleçon en dessous ! », criait-il entre deux tentatives. C’est un Emilien couvert de boue qui est revenu s’asseoir à côté de moi. Je n’ai peut-être pas encore trouvé d’homme, pour parler comme Diogène, mais j’ai vu un garçon non loin de Bidache, Lacédémone de mon cœur ! Je ne sais si je le reverrai, même si j’ai son linge le plus intime avec moi. L’aime-t-il autant qu’il l’a prétendu ? Je plonge mon nez dedans, et je retrouve le parfum de ses cheveux.

Commentaires

Ah ! Olivier tu as encore incendié un coeur ... es-tu content des ravages que tu fais partout dans le pays jusqu'aux fonds des bois ?

Ecrit par : iPidiblue et le pompon des Landais | 07/04/2008

Je crois qu'il y avait déjà le feu. Du moins couvait-il depuis longtemps. Je n'ai eu qu'à souffler un peu dessus !

Ecrit par : Olivier Bruley | 07/04/2008

Pour ta peine tu seras condamné à quelque bûcher éternel réservé tout spécialement aux sodomites ... sinon gare !

Ecrit par : iPidiblue crime et châtiment | 08/04/2008

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