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05/04/2008

Vendredi 4 avril 2008

            Le danger ne vient pas tant des mauvaises rencontres que l’on pourrait faire que de la situation dans laquelle on s’est volontairement mis de se rendre compte qu’il est impossible d’en faire de bonnes. La vérité est qu’autrui est presque toujours inoffensif. Mais comment échapper au piège qu’on s’est tendu à soi-même ? J’avais commencé par écrire, en poseur, en cynique, peut-être, dans le mauvais sens du terme, que je cherchais un homme, ce que faisant, j’ai vite constaté que je n’en trouvais pas. Tant que je n’en cherchais pas, la solitude m’était douce. A présent que je sais qu’on n’éprouve aucun désir de me revoir, une fois le plaisir consommé, je m’aperçois que je me sens bien seul. C’est horrible à dire, mais je ne me rappelle déjà plus pourquoi je me suis mis à baiser davantage. Est-ce seulement parce que l’appétit vient en mangeant ? Etait-ce pour me divertir de l’attente où je suis d’Esteban ? Pourquoi, d’ailleurs, rechercher le commerce d’un homme, quand il y a tant de corps mis à disposition ? Et qui suis-je, au fond, pour espérer trouver plus qu’un corps ? Moi-même, si je me rencontrais, je ne suis pas sûr que je reconnaîtrais un homme en moi ! Je me conduis souvent très mal avec les garçons qui sont trop gras à mon goût ou dont les queues sont circoncises. Esteban ne me cache plus son mépris, qui dit que baiser avec des inconnus est digne d’« un grand malade » ! Je sens qu’il se détourne de moi. C’est à peine s’il répond à mes courriels, quand je lui en envoie. Il ne se connecte plus jamais à MSN, comme autrefois. Si je veux lui parler, c’est à moi de me connecter à Seconde Life, qu’il fréquente assidûment, où je fais ensuite tapisserie pendant qu’il bavarde avec ses nouveaux amis ‘‘virtuels’’ qui, je le crains, n’ont pas beaucoup de sympathie pour moi, ne serait-ce que parce que je connais Esteban ‘‘en RL’’ comme ils disent, c’est-à-dire ‘‘dans Real Life’’, ce qui me rend suspect à leurs yeux. L’un d’eux, à qui il arrive de lire ce blogue, me disait trouver dans mon journal une vision provinciale et chabrolienne du monde ! Il m’aura sans doute mal lu, même si je me considère en effet comme un provincial ! Si j’ai parfois le sentiment de m’abaisser, c’est d’avoir à fréquenter les ombres de SL pour entrapercevoir Esteban, beaucoup plus que de baiser avec des inconnus au corps bien réel dans l’espoir de trouver un homme. Qui est le plus égaré ? L’homme des ombres ou celui du nombre ?

Commentaires

Rien ne vaut la banlieue !

Ecrit par : iPidiblue retour des Champs | 05/04/2008

Tiens, tu fréquentes Seconde Life , on se rencontrera peut-être au détour d'une rue...

Ecrit par : tinou | 06/04/2008

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