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20/03/2008
Mercredi 19 mars 2008
Finalement, Esteban s’est excusé ! Paradoxe de ma mère, qui fut avec moi une femme libérale et néanmoins castratrice. C’était une espèce de Révolution française à elle seule : parce qu’elle me voulait libre, elle me coupa, non la tête, mais les couilles ! Elle tenait tant à me voir jouir de la liberté qui m’était laissée de sortir le soir avec des amis que je n’avais pas que je suis devenu phobique social. Elle avait pressenti si tôt que je serais homosexuel que je me demande parfois si je ne le suis pas devenu pour lui faire plaisir. Elle était si heureuse de pouvoir se montrer libérale et tolérante avec ce fils qu’elle détestait néanmoins, pour ce qu’il ressemblait encore trop aux hommes, qu’elle a en horreur, tout efféminé et homosexuel qu’il était. C’est sans doute pourquoi elle me terrorisait à la maison, en me giflant plusieurs fois par jour, prétextant de tout et de n’importe quoi, de ma paresse, de mes mauvaises notes, de la mauvaise tenue de mes cahiers, du bruit que je faisais. C’est sans doute aussi pour cette raison que lorsque je fus devenu trop grand pour être battu elle m’incita tellement à sortir le soir : parce qu’elle ne supportait pas de me voir. Pourtant, je ne mettais jamais le nez hors de ma chambre… J’eus une mère injuste et libérale, sévère et tolérante. Et pendant qu’elle était occupée à être avec moi tout cela, pendant qu’elle œuvrait à me rendre libre parce qu’elle ne savait pas comment se débarrasser de moi, ma sœur avait la paix. Elle était vraiment libre, fréquentait de nombreux amis, sortait le soir, se soûlait, rencontrait des garçons. Elle finit par s’amouracher d’un hémophile que tout le monde soupçonnait d’être séropositif, ce qui, aux yeux de ma mère, était la preuve de l’éducation réussie de sa fille, qui n’avait que faire de la rumeur, mais était capable de s’éprendre d’un infirme et n’avait pas une peur irrationnelle de la contagion. En somme, loin de préserver ses enfants d’un monde dont ils auraient à souffrir bien assez tôt, cette mère libérale et tolérante leur promettait des vies/vits avec préservatifs ! Il a fallu que ma sœur attrape malgré tout le sida pour que ma mère commence à avoir mauvaise conscience. C’est cette mauvaise conscience qui me permettra peut-être de lui soutirer un peu plus d’argent, pour l’ajouter au produit de la vente de cet appartement où j’aime de moins en moins vivre. Je pourrais aussi lui rappeler les deux voitures qu’elle a offertes à ma sœur, sans que me fût donné la somme équivalant à leur prix, contrairement à ce qui avait été fait en faveur de cette dernière, au moment de l’achat de mon appartement, que j’ai payé avec l’argent qui m’avait été donné. Esteban, qui est le centre de son univers, comme tout le monde, est persuadé que si je ne lui ai jamais présenté ma mère, c’est parce que j’ai honte de lui. Il ne lui vient pas à l’esprit que je pourrais avoir honte d’elle. Ou plutôt, que je préfère nous préserver d’elle. Je ne tiens pas à ce qu’elle vienne entacher notre relation déjà peu reluisante de sa merveilleuse ouverture d’esprit. La différence d’âge la mettrait dans tous ses états : car elle a le culte de la différence ! Elle est d’ailleurs très satisfaite que je sois un peu ‘‘pute sur les bords’’, comme elle en est persuadée. Elle y voit en effet une façon différente de me mener ma vie ! Le pire est qu’Esteban pourrait s’enticher d’elle. Déjà, mes camarades de classe trouvaient que j’avais la mère la plus ‘‘sympa’’ de l’école, la plus jolie, la plus ‘‘jeune’’ même : je me rappelle qu’on me disait souvent qu’elle faisait jeune ! Moi qui savais, je trouvais ça très injuste.
14:07 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Ah cette mère castatrice, tu es quand même bien content de la trouver pour lui soutirer de l'argent !
Ecrit par : tinou | 21/03/2008
Si tu partais faire "Pékin-Express" avec elle, un accident est si vite arrivé ...
Ecrit par : iPidiblue appelle un chat un chat et Olivier un fripon ! | 21/03/2008
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