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18/03/2008

Lundi 17 mars 2008

            Si j’étais un délateur, comme ose m’appeler Esteban dans un commentaire délicieusement intitulé L’Adieu aux carnes, je révèlerais son véritable nom dans ce journal ! Je suis sûr qu’il en ferait une jaunisse, même si les internautes ne se soucient probablement pas beaucoup plus de connaître son identité que la mienne ! Il verrait alors ce que c’est qu’un délateur ! Je ‘‘dénonce’’ dans ce blogue (encore que dénoncer soit un bien grand mot), je relève ce qui me semble être les travers et la bêtise de quelqu’un que je connais, et que j’appelle ici Esteban. Mais je ne le dénonce pas lui. A qui, d’ailleurs ? A la police ? Je ne le désigne pas à la vindicte populaire ni ne le livre nu à la bêtise et aux moqueries du monde qu’il a fui. Je préserve cet anonymat auquel il tient tant (car le nom est sans doute une autre forme de la nudité). Mais lui m’appelle un délateur. C’est digne d’un commentateur de mon autre blogue ! A pompous ass, un crétin prétentieux, un cafard, je veux bien. Un indiscret, peut-être. Mais un délateur, vraiment… Est-ce que les mots n’ont plus de sens ? Est-ce donc l’un de ces faux-monnayeurs de la langue que j’attends depuis si longtemps ? Le Littré définit ainsi le mot délateur : « 1° Terme d’histoire romaine. Celui qui, sous les empereurs, faisait métier de dénoncer auprès du prince les actes ou les paroles des personnages considérables : métier qui, ne servant que les passions du prince, était flétri par l’opinion publique. 2° Délateur, délatrice, s. m. et f. Celui, celle qui accuse et fait métier de dénoncer ; ce qui implique aussi une idée défavorable. 3° Terme de législation pénale. Celui qui porte à la connaissance de la justice un crime ou un délit ; ce qui, dans ce sens, est exempt de toute idée déshonorante [C’était vrai du temps de Littré, ce ne le serait plus nécessairement de nos jours]. On dit plutôt aujourd’hui dénonciateur. » Définition du Robert : « Celui, celle qui dénonce pour des motifs méprisables. » Il donne cet exemple : « Les délateurs sont utilisés par les régimes tyranniques » et renvoie à la citation 1 s. v. Abjection. Voici ladite citation, de Chateaubriand : « Lorsque, dans le silence de l’abjection, l’on n’entend plus retentir que la chaîne de l’esclavage ou la croix du délateur ; lorsque tout tremble devant le tyran, et qu’il est aussi dangereux d’encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l’historien paraît, chargé de la vengeance des peuples. C’est en vain que Néron prospère. Tacite est déjà né dans l’empire ; il croît inconnu auprès des cendres de Germanicus, et déjà l’intègre Providence a livré à un enfant obscur la gloire du maître du monde. » Définition du mot délation cette fois-ci, dans le Trésor de la langue française : « Dénonciation, généralement secrète, dictée par des motifs vils et méprisables. » Comme on voit, Esteban me tient en haute estime. J’ai déjà dit qu’on finissait toujours par me quitter, que ce n’était jamais moi qui partais (il est vrai que c’est essentiellement parce que, dans mon esprit, ne m’étant jamais réellement installé au côté de personne, je ne ressens pas vraiment le besoin ni la nécessité de m’en aller). Je découvre donc sans surprise qu’Esteban s’est déjà trouvé de nombreuses raisons de se détourner de moi. Ses raisons sont là (bonnes ou mauvaises) et ce n’est à présent qu’une question de temps, mais d’un temps qui pourrait encore être très long, car il s’agit désormais pour lui de connaître ses raisons et d’en tirer les conséquences, ce qui n’est pas toujours une chose aisée, d’autant que le cœur aussi a ses raisons ! Et d’autant moins aisée qu’Esteban est un entêté. D’ailleurs, il refuse de s’excuser, comme Myriam ne voulait pas reconnaître ses torts, par quoi c’est bien elle qui m’a quitté, qui a mis un terme à notre amité. Car même si j’ai pu écrire que je n’étais plus là pour elle, c’est-à-dire plus là où elle croyait sans doute que je l’attendais, j’étais tout à fait prêt à la retrouver où je me trouve à présent, si seulement elle avait voulu reconnaître ses torts.

Commentaires

Ouh là là là ! c'est ok corral ici ...

Ecrit par : iPidiblue consanguin | 18/03/2008

Oui, il y a de l'eau dans le gaz !

Ecrit par : tinou | 18/03/2008

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