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15/03/2008

Vendredi 14 mars 2008

            La recherche d’un fuckbuddy de qualité me prend énormément de temps et d’énergie. Il faut d’abord prospecter sur les différents sites Internet de rencontre, puis prendre rendez-vous, pour faire passer le casting, en quelque sorte. L’offre étant insuffisante à Mont-de-Marsan, j’ai rapidement dû élargir ma recherche à toutes les Landes, et même aux Pyrénées-Atlantiques, dont Biarritz, Bayonne et Pau offrent de fort jolis garçons. Mais ceux-là n’ont aucune raison de venir jusqu’ici, puisqu’ils ont du choix sur place. Quant à moi, je veux bien me rendre chez eux, mais à condition qu’ils soient vraiment très frais : autrement, le déplacement m’occasionnerait de trop grands frais d’essence pour bien peu de satisfaction. Jusqu’à maintenant, tout ce que j’ai réussi à trouver dans ma recherche, c’est du dégoût et du découragement. Les gens mangent trop. Conséquence : ils sont de plus en plus gras, voire franchement gros. On croit que les relations sexuelles sont purement physiques. Il n’en est rien. Ce sont aussi, et je dirais même d’abord, des relations morales. Un homme nu ne peut plus cacher son embonpoint ni ses poignées d’amour qui, loin d’être la trace désastreuse de l’emprise du temps sur son corps, sont au contraire la preuve, très souvent, que c’est lui qui a renoncé à en avoir encore sur soi-même. Car s’il est une chose du corps à laquelle la volonté peut commander, c’est bien le poids ! On ne sait peut-être pas tout d’un homme à sa façon d’avoir un commerce charnel avec soi, mais on en connaît sans doute l’essentiel. Ce n’est pas Esteban qui me contredirait : je ne me conduis jamais aussi mal avec lui qu’au lit ! S’il est si sûr que l’égoïsme et la méchanceté sont les traits les plus marqués de mon caractère, c’est essentiellement à cause de ce que je fais et surtout de ce que je ne veux pas faire avec lui dans le secret de l’alcôve. Quant à moi, je trouve que, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la laideur physique des hommes que je connais est le reflet plutôt fidèle de leur laideur morale : ils sont très souvent mauvais baiseurs, c’est-à-dire de méchants hommes. (Je sais bien qu’il faut être deux pour baiser mal ou bien, mais j’ai déjà dit que la bonté n’était pas mon fort !) J’ai su qu’Yvain mentait encore en m’avouant peser 76 kilos, quand j’ai couché avec un autre garçon, de la même taille que lui, et qui m’a dit peser le même poids, alors qu’il était beaucoup moins gros ! Est-ce qu’il ne faut pas être dépourvu de la plus élémentaire dignité pour mentir encore sur son poids, quand on est nu, et que l’ampleur des dégâts est si manifeste que la chiffrer n’a plus la moindre espèce d’importance ? Quel père avance à hier soir un rendez-vous prévu pour lundi, alors que ses enfants se trouvaient justement chez lui à ce moment-là, parce que son ex-femme avait elle-même un rendez-vous amoureux, d’après ce que j’ai compris, et ne pouvait pas s’occuper d’eux ? Est-il donc à ce point l’esclave de sa bite ? Quel genre d’homme plonge dans une bouche cette langue dure comme un second petit phallus et touille à l’intérieur comme dans un pot de soupe ? Et quel est donc ce mari qui avale le foutre d’inconnus, comme un autre me racontait ? Est-ce qu’il compte la vie de sa femme pour rien ? Et tous ces hommes qui ne veulent que se faire enculer, qui ne considèrent en vous que la rigidité de la bite et s’étonnent que vous débandiez à peine enfilée la capote. Ce n’est pas seulement dû à la ‘‘malédiction du préservatif’’, comme me disait encore un autre ! Mais il n’y a pas plus directif que certains ‘‘passifs’’. Or je trouve cela insupportable, et même répugnant : non pas qu’on soit directif, mais qu’on le soit avec des inconnus ! Quel manque de courtoisie ! Et surtout qu’il faut être présomptueux ! Comment des hommes peuvent-ils croire que leur cul soit si désirable ? La partie la plus vile du corps ! Il faut l’aveuglement de l’amour ou du moins la familiarité des bons camarades pour souffrir un autre cul que le sien ! Il est vrai qu’on peut se trouver bons camarades dès le premier jour, mais cela reste rare. La preuve : c’est ce que je cherche et je ne trouve pas.

Commentaires

Tu sais si tu n'as rien d'autre à faire je t'invite à venir à l'hôpital Foch avec moi, mon médecin voudrait organiser un groupe de parole sur la sexualité des séropositifs - comme tu es toi-même très positif sur ces questions - tu vas pouvoir remonter le moral de tout le monde, du moins de ceux qui ne se seront pas suicidés entre-temps !

Ecrit par : iPidiblue gentleman agreement | 15/03/2008

Oh mon Dieu ! J'ai honte. J'ai ri aux éclats à la lecture de ce commentaire ! Heureusement que vous êtes-là, vous me faites rire, au moins...

Ecrit par : Olivier Bruley | 15/03/2008

Je viens de me payer toute une conversation avec Esteban. Je peux vous dire que ça rigole pas !

Ecrit par : Olivier Bruley | 15/03/2008

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