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15/03/2008
Samedi 15 mars 2008
Esteban, ce don du ciel, est un si fin lecteur qu’il trouve que je me montre ici comme le ‘‘pédé type’’ en écrivant comme je fais sur ma recherche infructueuse. Pédé type, peut-être, sans doute même. Seulement, il croit que le pédé type est « quelqu’un qui ne recherche que de la barbaque », toujours selon ses termes. De ce que je n’ai en effet pu trouver jusqu’alors que de la bidoche, pour rester dans le même registre, il conclut que ce n’est que cela que je recherche. Alors que je suis comme Diogène : je cherche un homme ! Voilà qui est finement raisonné ! Esteban croit encore que je me prends pour un Apollon (il n’a tout de même pas dit pour un Adonis !) à cause de ce que je me permets d’écrire sur le physique d’autrui. Il est de ceux qui croient que les plus sévères critiques d’art se prennent nécessairement pour de très grands artistes ! Un honnête homme, dit-il, ne juge pas son prochain, alors que l’honnête homme est entièrement défini par la sûreté de son jugement ! Qui suis-je, me demande-t-il, pour regarder de si haut mes contemporains ? Qu’ai-je donc fait de plus que les autres pour me croire supérieur à eux ? On pourrait toujours lui répondre que c’est peut-être par ce que je ne fais pas, justement, que je suis supérieur. Michaëlle, mon petit soleil noir, me disait encore l’autre jour qu’elle m’admirait pour le choix paradoxal que j’avais fait de ne rien faire de ma vie. Mais la vérité est que je ne me sens absolument pas supérieur : mon sentiment de supériorité, s’il existe, est tout relatif, relatif aux hommes qui m’entourent, dont je ne puis m’empêcher de voir la bassesse : je suis petit, ils sont minuscules. Est-ce qu’Esteban n’a pas le sens de telles nuances ? Comment donc un lecteur attentif peut-il me diagnostiquer un complexe de supériorité alors que ce journal est presque entièrement consacré à fournir les preuves de ma petitesse et de ma mesquinerie ? Le titre même du blogue doit évoquer quelque chose d’éphémère et d’insignifiant ! Si mes jugements paraissent si sévères et si péremptoires, c’est le plus souvent parce que j’ai pris la peine de les formuler : ils semblent définitifs parce qu’ils sont écrits ! Mais Esteban fait partie de ces gens semble-t-il nombreux qui prétendent ne juger personne, si du moins la chose est possible. Disons qu’ils ne se mouillent pas beaucoup, c’est différent ! Comment ? Que dis-je ? Esteban s’est mouillé beaucoup plus que moi dans la vie ! Qu’on se le dise. Mais évidemment, qu’il s’est mouillé, c’est un marin ! Les marins, les aventuriers, les Esteban font autre chose que de se cacher derrière l’écran d’un ordinateur ! Comment donc peut-il dire cela, puisque je signe de mon véritable nom ce que j’écris ici ? Je n’en tire pas de fierté particulière d’ailleurs (car il ne me semble pas qu’il faille faire preuve d’un bien grand courage pour porter son propre nom !), mais j’aurais cru que cela me donnait au moins le droit de ne pas passer pour quelqu’un qui se cache derrière l’écran de son ordinateur ! Derrière les mots, peut-être, mais pas derrière l’écran. Les mots cachent plus qu’ils ne révèlent. Ils forment un écran entre le lecteur et moi. Plus j’écris, plus je dis je, et plus les malentendus sont grands, paradoxalement, moins le lecteur même le plus intime comme Esteban me voit comme il me semble que je suis vraiment. C’est sans doute que j’écris mal. Mais je ne me cache pas. Esteban me dit que les internautes se fichent de savoir si je suis Jean Dupont ou un autre ! Peut-être, mais c’est bien moi, Olivier Bruley, qui me fais régulièrement injurier et diffamer par des anonymes sur mon autre blogue, c’est bien à ma personne, à ma personnalité (comme disait encore tout à l’heure un corbeau qui prétendait me connaître mieux que je me connais moi-même !) qu’on préfère s’en prendre, plutôt que d’argumenter contre mes petits textes, qui devraient pourtant être aisément réfutables, si ce qu’ils disent est si faux. C’est bien de mon physique que se moquent d’autres, plus subtils encore, et c’est bien moi qui souffre, énormément, des comparaisons les plus épouvantables qui sont faites pour me nuire, ce n’est pas Jean Dupont. Je dois être plus sensible qu’il paraît, sans doute trop ! Finalement, Esteban, qui ne juge personne, lui, en honnête homme qu’il est, me juge tout de même assez sévèrement, je trouve, et surtout, il me juge mal. Je n’en conclus pas pour autant, comme il fait avec moi, qu’il se croit supérieur, mais que lui non plus n’est pas épargné par la bêtise. Je m’aperçois que j’attends depuis des années quelqu’un chez qui la bêtise est apparemment si profonde que je ne l’avais pas remarquée dès l’abord ! L’Ulysse de Pénélope était la ruse même. Le mien n’est qu’une buse ! Par chance, la compagnie des animaux m’est plus douce que celle des hommes, même si j’en cherche un ! Je devrais m’estimer heureux : plus j’en cherche, plus il me semble trouver qu’il n’y a que des bêtes.
21:50 Publié dans 2008, Journal | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Commentaires
Olivier, tu es ce que les américains appellent communément "a pompous ass". Le meilleure traduction qui me vient à l'esprit est crétin prétentieux, mais on peut surement trouver mieux. Ce sera ma dernière intervention sur ce blog qui sombre non seulement dans la lubricité la plus commune (enfin , ça c'est ton problème), mais également dans la délation la plus infecte quand tu publies des conversations privées sans m'en informer préalablement. Enfin, dénoncer les uns et les autres est une pratique pour laquelle tu sembles éprouver une délectation toute particulière. Quand j'étais gamin on parlait de cafards pour les camarades qui ne savaient pas tenir leur langue. Les cafards on les écrase et on passe son chemin...
Ecrit par : esteban: l'adieu aux carnes | 16/03/2008
Il faut dire aussi que les conversations sont presque toujours privées !
Ecrit par : Olivier Bruley | 16/03/2008
Ce qui est vrai c'est que si Saint-Simon avait publié de son vivant ses Mémoires il se serait fait écharper ... c'est si vrai qu'à sa mort en 1755 la police du roi a saisi tous ses papiers qui n'ont été édité qu'après la Révolution ...
Ecrit par : iPidiblue gentleman agreement | 16/03/2008
Le plus drôle c'est que Saint-Simon était un parfait honnête homme mais il se noyait dans sa bile et il jugeait tout de travers selon ses préjugés - notamment religieux !
Un incapable qui allait à la messe et qui qui était fidèle à sa femme était toujours supérieur pour lui à un type compétent mais qui avait des moeurs dissolues - ou qui horreur ! n'avait pas assez de quartiers de noblesse !
Ecrit par : iPidiblue gentleman agreement | 16/03/2008
Autres temps, autres moeurs. De nos jours, on publie ses mémoires avant même que d'avoir vécu !
Ecrit par : Olivier Bruley | 16/03/2008
Oui c'est vrai mon vieil Olivier, c'est tout toi ! Tu craches dans la soupe parce que tu ne l'as pas goûtée ! Mais au fond tu aurais dû être moine, première règle de Saint-Benoît : se détacher du monde. Il faut renoncer à sa volonté ... mot en or !
http://pagesperso-orange.fr/belloc/regle.htm
Si tu veux que je te tailles un bel habit de bure bien grossier ...
Ecrit par : iPidiblue gentleman agreement | 16/03/2008
Que dites-vous que vous voulez me tailler, Pierre ? C'est comme ça qu'on dit, maintenant ? Esteban, cet autre Saint-Simon, a parfaitement raison : ce blogue sombre dans la lubricité la plus commune !
Ecrit par : Olivier Bruley | 16/03/2008
Je sens qu'au fond tu aurais été parfaitement à ta place et heureux dans un ordre régulier au milieu de tous ces hommes en habit sombre !
Une vie simple et réglée, pas de souci du lendemain, un horizon entièrement dégagé et tourné vers le divin, la compagnie des hommes ...
Ecrit par : iPidiblue et le don des langues | 16/03/2008
Ah ! Ne me tentez pas, Pierre ! De toute façon, je risque de ne pas avoir le choix. Si même Esteban me tourne le dos, il ne me reste plus qu'à me retourner vers le Seigneur...
Ecrit par : Olivier Bruley | 16/03/2008
Le Seigneur ou le Chaos ! Esteban est mon maître, répète-toi cela tous les matins afin d'éviter de tomber dans de mauvaises mains (à la suite de tes mauvaises moeurs dixit Esteban).
Ecrit par : iPidiblue et le don de sa personne | 16/03/2008
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