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01/03/2008

Vendredi 29 février 2008

            « Je ferais mieux d’écrire un blog qui raconterait mes petits tracas du quotidien, les affres de l’amour et les pirouettes sexuelles, quoique non, je suis trop vieux et hétéro pour ce genre de confession à l’ego qui sent le pipi. » Je ne sais si Guillaume Orignac faisait allusion à ce blogue en écrivant cela, mais le fait est que je me reconnais tout à fait dans cette espèce de définition : depuis quelque temps en effet, je pratique souvent « ce genre de confession à l’ego qui sent le pipi ». (Pourtant, je suis loin de pratiquer l’exhaustivité chère à Renaud Camus en matière de journaux intimes. En réalité, ce journal est soumis à la plus arbitraire des censures : la mienne. Si, malgré cela, il reste une odeur de pipi, ce ne peut être que par l’effet de l’art, et d’un art dont j’étais bien loin ne me savoir capable !) Je cite souvent Le Sexe et l’Effroi de Pascal Quignard, selon qui « le soi le plus intime de l’homme (vir) n’est jamais à l’intérieur de sa tête ni dans les traits de son visage : le soi, écrit-il, est là où va la main masculine quand le corps se sent menacé. » Il est donc bien normal que l’ego sente un peu le pipi. Un ego qui ne sentirait pas le pipi serait celui d’une femme, qu’on imagine plutôt avoir une odeur de menstrues ! C’est une vérité difficilement acceptable que l’ego d’un homme n’est que ce petit appendice qu’il cache dans du linge, qui suinte, coule et pue à la fin de la journée. Tout le reste, les désirs, les goûts, la passion du cinéma, par exemple, les pensées, la philosophie, l’amour, sont d’autres linges qui servent à cacher cette hideuse vérité. (D’ailleurs, n’y a-t-il pas à l’origine même de la philosophie cette méprise de Socrate, qui prend sans doute pour le phallus de Phèdre sous son vêtement ce qui n’est que le discours de Lysias ?) Ç’a n’a rien à voir avec le fait d’être homo ou hétérosexuel. Qu’on trempe sa bite dans une fille ou dans un garçon, l’odeur est à peu près la même. C’est le même ego que j’introduisais dans Anne il y a des années et dans Yvain il y a quelques jours. Par contre, si vraiment on veut établir une sorte de différence essentielle entre hinarces et achriens, peut-être celle-ci se trouve-t-elle en effet dans l’espèce de pudeur si ce n’est même d’aveuglement des premiers que n’auraient pas les seconds. Car il me semble avoir observé que les pédés étaient généralement plus conscients que les hétéros, qu’ils assumaient mieux qu’eux le fait de n’être fondamentalement que des ‘‘bites montées sur pattes’’. Il est vrai qu’ils n’ont pas à jouer aux filles la comédie des sentiments et de la beauté intérieure à laquelle sont condamnés à participer ces pauvres mâles hétérosexuels, qu’on imagine, sans doute à tort, sportifs plus souvent qu’artistes (encore que le sida a sans doute profondément ‘‘hétérosexualisé’’ les relations homosexuelles ! Après tout, moi aussi, j’attends qu’on me joue cette comédie…). Je sais qu’il y a au moins un internaute qui aime vraiment ce blogue, et peut-être même plus que moi, puisqu’il écrit que c’est « l’un des très rares qui mériteraient d’être publiés sur papier par un grand éditeur ». Je suis presque sûr que mon journal perdrait de sa qualité (s’il en a) une fois imprimé. Il faudrait commencer par le récrire, c’est-à-dire le polir, ce qui reviendrait à policer son auteur. Or le secret de ce journal réside dans sa grossièreté, dans son imperfection, qui est l’image même de l’imperfection (ou de l’humanité) de l’homme qui l’écrit. L’auto-édition et la parution immédiate (l’urgence) sont les conditions de cette imperfection : ce sont celles de la vie. Il faut se faire à l’idée que toute une part à venir de la littérature aura son lieu naturel sur la toile, sera faite pour être lue sur l’écran, et non plus dans les livres. Certaines allusions, dans ces pages, par exemple à des remarques de mes lecteurs, ou à certains sites Internet fréquentés n’auraient aucun sens dans un livre. Elles auraient un sens, mais qui appellerait des notes de bas de page, lesquelles sont, en un certain sens, tout le contraire du lien hypertextuel (que je ne pratique d’ailleurs pas assez, par pure paresse !).

Commentaires

Moi je t'ai mis dans ma catégorie des nanard-blogs !

Mais tu sais j'ai surtout méchant esprit et j'adore les nanards ...

Ecrit par : iPidiblue drôle de pistolet ! | 01/03/2008

Mais qu'est-ce que c'est donc qu'un nanard-blog ? Rien de très aimable, apparemment... De toute façon, à vous, je pardonne tout, puisque vous êtes mon unique commentateur régulier ! Vous savez, un peu comme ces plans réguliers à qui l'on pardonne leurs nombreux défauts, faute d'avoir trouvé mieux ou par habitude !

Ecrit par : Olivier Bruley | 01/03/2008

Demande à Ludovic Maubreuil ce que c'est qu'un nanar ! Un nanar-blog selon moi par exemple c'est celui d'une folle vieillissante de province qui s'attife de fleurs de rideaux et courtise tous les jeunes minets qui passe à sa porte ... mais cela peut-être bien autre chose encore, c'est la féérie du quotidien, un Jacques Chazot qui raconte sa vie privée pour mieux s'en moquer !
L'important c'est d'avoir le sens de la dérision et l'esprit bien affûté !
En tous cas rassure-toi c'est pas un truc de prof ... il faut avoir l'esprit d'un saltimbanque et faire jongler les évidences tout le contraire d'un abruti normalien qui se prend au sérieux comme Guillaume Cingal !

Ecrit par : iPidiblue merle moqueur ! | 01/03/2008

Il est vrai qu'on se prend ici moins au sérieux qu'il n'y paraît. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de folle vieillissante ??? Parlez pour vous ! Je suis la fraîcheur même ! Quant aux minets, il en passe beaucoup derrière ma porte, mais il ne font que passer, justement, pour se rendre chez mon sauvageon de voisin, lui-même très aimable, pour ne pas dire franchement consommable, mais tellement détestable à la fois. Pour un peu, il me dégoûterait des garçons. Le garçon idéal ne fait aucun bruit. D'ailleurs, comme vous disiez l'autre jour, il faut qu'il soit muet.

Ecrit par : Olivier Bruley | 01/03/2008

Dis-moi mon Adonis pourquoi ne montes-tu pas une boite de nuit gay dans les parages de Biarritz comme un Gérald Nanty de notre temps ? Je suis persuadé que tu nous ferais quelque chose de chic, distingué pour happey few et que cela marcherait très bien.
Je vais réveiller la bosse des affaires qui sommeille en toi ... marchand de nuits blanches, beau titre n'est-ce pas ?

Cf http://www.elle.fr/?page=loisirs_livres_coups_de_coeur_articles&id_article=843

Ecrit par : iPidiblue oiseau de Nuit | 01/03/2008

Ouh ouh ? Je t'assure Olivier plutôt que d'attendre que Don Esteban se remette en selle ou retrouve l'énergie de ses vingt ans ce qui n'arrivera peut-être jamais, tu ferais peut-être mieux de retrousser tes manches, je te vois bien à la tête d'un "Gai Moulin" de Biarritz accueillant la clientèle homo avec ton large sourire et ton air avenant et leur cuisinant des sushis puisque tu as la vocation ayant une grand-mère chinoise !
Enfin je vois ton avenir radieux, la plonge pour les petits serveurs et les marmitons, let e rôle social du marieur gay, tu n'es pas loin de chez Noël Mamère après tout, les nouveaux mariés de Bègles tout ça quoi ... depuis la mort de Brialy nous n'avons plus de gay de choix, friendly ... et puis les banques c'est fait pour leur emprunter de l'argent !

Ecrit par : iPidiblue cuisinier du dimanche | 01/03/2008

Me retrousser les manches ? Mais tout ce que j'ai dû retrousser, dans ma vie, ce sont les jupes de mes petites camarades de classe, quand j'étais à l'école maternelle ! J'ai réussi à faire fuir mes meilleurs amis (sauf Esteban, qui est un saint (d'ailleurs, il sera furieux, s'il vous lit, mauvaise langue !)) : comment donc voulez-vous que des clients m'apprécient et restent fidèles à mon établissement ? Même Esteban, je le soupçonne de m'aimer, ou de faire comme si, uniquement parce qu'il vit aux antipodes : ça me rend beaucoup plus supportable. A la limite, si j'étais assez costaud, je ferais un excellent videur. Mais vous, je ne sais pas pourquoi, je vous verrais très bien en tenancière de bordel. Si vous vous lancez dans un tel commerce, je veux bien tenir la caisse pour vous.

Ecrit par : Olivier Bruley | 01/03/2008

L'idée d'Ipidiblue n'est pas si mauvaise que cela. Je suis en train de m'entrainer sur simulateur avec mon beach club gay sur secondlife et je dois dire, en toute modestie, que je rencontre un franc succès! J'ai même du installer des batteries anti-aériennes pour repousser des hooligans homophobes! Quant à l'énergie, j'en ai beaucoup plus, heureusement, qu'à vingt ans. Qu'as-tu encore raconté de desagréable sur mon compte, Olivier? C'est juste côté finance que ça coince...pour l'instant.

Ecrit par : don esteban | 02/03/2008

Et moi, vous m'oubliez alors ? Je veux bien tenir le rôle de "madame pipi" au sous sol. Je suis certaine que le spectacle vaut le coup !

Ecrit par : tinou | 02/03/2008

Esteban, je jure que je n'ai rien dit sur toi. Pierre Driout est une langue de vipère. D'ailleurs, que va-t-on faire de lui si c'est Tinou (je la reconnais bien là !) qui joue le rôle de dame pipi ?

Ecrit par : Olivier Bruley | 02/03/2008

T'inquiète moi je sais très bien faire les comptes, je surveillerais la recette !

Si tu n'es bon à rien Olivier, tu feras comme d'hab, la distribution des petits prospectus publicitaires en ville et dans la région ....

Ecrit par : iPidiblue caissier principal | 02/03/2008

Ah non! La caisse, c'est moi ! L'argent est ce que j'aime le plus tenir entre mes mains, avec les garçons. Il faut dire aussi que garçons et argent sont les deux choses au monde dont je manque le plus, pauvre de moi.

Ecrit par : Olivier Bruley | 02/03/2008

Bon , alors réveille-toi si tu veux voir la couleur de l'un et des autres avant que tes cheveux ne blanchissent ...

Ecrit par : iPidiblue quand le dormeur s'éveillera | 02/03/2008

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